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Hier — 21 octobre 2021L'EnerGeek

Electricité : le Parlement valide le « bouclier tarifaire», le président de la CRE s’interroge sur la fiscalité

21 octobre 2021 à 10:37
electricite parlement valide bouclier tarifaire cre fiscalite - L'Energeek

Alors que s’ouvre aujourd’hui un Sommet Européen consacré essentiellement à la hausse des prix de l’énergie, l’Assemblée Nationale a adopté, ce mardi 19 octobre 2021, le volet « recette » du budget 2022, et en particulier le « bouclier tarifaire » qui devrait contenir la hausse du prix du gaz et de l’électricité. Ce 20 octobre, le président de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) profitait du débat en cours pour appeler à une réforme de la fiscalité de l’énergie.

L’Assemblée Nationale adopte le bouclier tarifaire pour limiter la hausse des prix du gaz et de l’électricité

Ce 21 octobre 2021, les dirigeants de 27 Etats membres de l’Union Européenne se réunissent pour deux jours, dans un Sommet Européen centré sur la hausse du prix du gaz et, par contrecoup, de l’électricité sur les marchés de gros.

Cette question agite également la vie publique française. Ce mardi 19 octobre, les députés ont ainsi adopté en première lecture, avec uniquement les 349 voix de la majorité, le volet « recette » du budget 2022. Il comprend notamment le « bouclier tarifaire », promis par le gouvernement, et qui permettra de contenir la hausse des prix de l’électricité et du gaz. Sur la seule électricité, le gouvernement renonce à 5,1 milliards de recettes pour l’année 2022.

Le gouvernement va également se pencher sur la hausse des prix des carburants, qui rappelle la crise des gilets jaunes, à quelques mois de l’élection présidentielle. Ce 18 octobre 2021, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a évoqué la possible création d’un « chèque carburant », sur conditions de ressources, sur le modèle du « chèque énergie ». Si le dispositif aurait l’avantage de viser spécifiquement les ménages les plus modestes, le gouvernement part d’une page blanche sur le sujet.

Le président de la CRE appelle à revoir la fiscalité du gaz et de l’électricité

Ce 20 octobre 2021, le président de la CRE, Jean-François Carenco, a profité des débats en cours pour inviter l’exécutif à repenser, à moyen terme, la fiscalité du gaz et de l’électricité, les marchés que la CRE est chargée de réguler.

Dans un entretien au Monde, il valide le choix du gouvernement de ne pas baisser la TVA sur le gaz ou l’électricité, car, selon lui, “quand il y a une crise, on ne prend pas de mesures structurelles en urgence”. Il estime en revanche que « la question de la relation entre énergie et fiscalité doit se poser. Il va falloir y travailler ». Jean-François Carenco rappelle notamment que la transition énergétique « fera monter les prix », et que l’énergie ne peut plus être « la vache à lait de l’Etat ! ».

Sur la question du marché européen de l’électricité, fustigé par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire qui le juge « aberrant » et « obsolète », Jean-François Carenco a réclamé plus de mesure : « Je suis contre les raisonnements binaires. L’Europe permet d’abord à la France d’exporter notre électricité nucléaire. Il s’agit d’une source de revenus considérable. Ensuite, l’interconnexion européenne permet la sécurité d’approvisionnement : c’est indispensable à la France quarante jours par an. Sans le réseau européen, il faudrait construire une vingtaine de centrales au gaz dans le pays », rappelle le président de la CRE.

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À partir d’avant-hierL'EnerGeek

Pourquoi le Sénégal est-il épargné par les délestages électriques ?

19 octobre 2021 à 12:30
Pourquoi le Sénégal est-il épargné par les délestages électriques ?

Grâce aux réformes entreprises dans le secteur de l’énergie, le président du Sénégal Macky Sall a obtenu à la mi-septembre 550 millions de dollars des États-Unis afin d’accompagner la réalisation d’infrastructures ayant pour but d’améliorer la distribution d’électricité dans le pays, éliminant ainsi quasiment définitivement les risques de délestages, qui avaient contribué à la défaite électorale de l’ancien président, Abdoulaye Wade, en 2011.

Consacrée à la construction d’infrastructures afin d’améliorer l’accès à l’électricité, « la subvention de la Millennium Challenge Corporation (MCC), le principal fonds de développement du gouvernement américain, permettra au Sénégal de résoudre les problèmes critiques du secteur de l’électricité », a pronostiqué à la mi-septembre Mahmoud Bah, le directeur général par intérim de l’agence. En trame de fond pour Macky Sall, une volonté de répondre au défi de l’électrification et un engagement continu contre les délestages, réitéré en juillet par le ministère du Pétrole et des Énergies qui affirme que depuis 2012, les stratégies mises en place ont « permis de restaurer l’infrastructure électrique ». 

Macky Sall en passe de réussir son pari concernant l’électrification

En se donnant pour objectif d’atteindre l’accès universel à l’énergie d’ici à 2025, le Sénégal et Macky Sall se sont lancés dans un chantier de taille, qui pourrait bientôt aboutir.

S’il subsiste aujourd’hui des disparités entre le taux d’accès à l’électricité pour les populations urbanisées (94 %) et rurales (60 %), depuis 2019, plus de 71 % des Sénégalais disposent d’un accès au réseau électrique, plaçant de fait le pays dans le trio de tête des États les mieux électrifiés de la CEDEAO. Par ailleurs, malgré le Covid, l’évolution du taux d’électrification rurale demeure sur une dynamique positive : entre 2018 et 2019, il est passé de 43 % à 54 % et en 2021, selon la ministre du Pétrole et des Énergies, il atteint la barre des 60 % grâce aux liquidités mobilisées par le gouvernement via la Sénélec. La compagnie électrique nationale s’est d’ailleurs engagée à continuer d’améliorer l’accès de la population rurale dans les trois années qui viennent, puisqu’elle planifie d’investir 58 millions de dollars supplémentaires sur la période. 

A cela, s’ajoute l’exploitation du plus grand parc éolien d’Afrique de l’Ouest mis en place par le gouvernement en 2020, qui permet d’injecter 15 % d’énergie supplémentaire dans le réseau électrique.

Les délestages, un fléau pour d’autres pays africains

L’accès à l’électricité est une revendication persistante de la jeunesse sénégalaise portée notamment depuis 2011 par le mouvement « Y en a marre » qui avait contribué à la défaite électorale de l’ancien président, Abdoulaye Wade. Fadel Barro, un des fondateurs de ce mouvement, raconte : « notre nom est venu naturellement dans la discussion. On a dit : “Y en a marre !” Marre des coupures de courant, contre lesquelles le régime d’Abdoulaye Wade demeurait impuissant » et qui avaient même provoqué de véritables émeutes en juin de la même année, précipitant son départ.

Si au Sénégal les délestages (arrêts volontaires de l’approvisionnement pour éviter une coupure générale) ne sont plus un problème depuis 2012, ils demeurent intempestifs dans de nombreux pays comme au Congo-Brazzaville où la “lampe tempête” est même devenue l’emblème de la colère des Congolais confrontés aux fréquentes coupures d’électricité. En plus d’un faible taux d’électrification (47 % en zone urbaine et 5 % en zone rurale en 2020), le pays éprouve des difficultés à alimenter les populations ayant accès à l’électricité. Ainsi, Brazzaville et Pointe-Noire, la capitale économique, sont les villes les plus touchées par les délestages, désormais quotidiens.

C’est donc un pari doublement gagnant pour Macky Sall. En réformant le secteur de l’électricité, il a satisfait une revendication de la jeunesse et obtenu une subvention inédite des États-Unis, ce qui devrait lui permettre de fournir un accès universel à l’énergie à ses concitoyens dans un avenir proche et de faire de son pays un modèle pour l’Afrique subsaharienne.

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E. Leclerc énergies coupe l’électricité fin octobre

18 octobre 2021 à 15:36
E. Leclerc énergies coupe l'électricité fin octobre

La crise actuelle du secteur de l’énergie a déjà des conséquences sur le marché de l’électricité. Avec la hausse importante des prix de l’électricité, E. Leclerc énergies a décidé de stopper son activité de distributeur d’électricité. Dès la fin du mois, l’entreprise ne proposera plus d’électricité. Et ses clients sont d’ores et déjà encouragés à trouver un autre fournisseur.

“Nous arrêtons la fourniture d’électricité à compter du 15 octobre 2021. Cette décision a une conséquence importante : vous devez impérativement avoir changé de fournisseur d’électricité avant cette date.” C’est ainsi que E. Leclerc énergies a annoncé à ses clients la mauvaise nouvelle. Le distributeur a pris cette décision dès l’été. Face à la flambée des prix de l’électricité, il devenait impossible au fournisseur de maintenir ses tarifs de revente. Le “contexte de fluctuations sans précédent des prix de l’électricité” a donc eu raison de l’offre E. Leclerc qui se voulait pourtant une alternative attractive pour les consommateurs.

La crise de l’énergie balaye des ambitions de E. Leclerc énergies pour l’électricité

En 2018, E. Leclerc énergies se lançait sur le marché de la fourniture d’électricité. L’offre proposée aux particuliers se voulait intéressante en affichant un prix 20% inférieur aux tarifs réglementés. Cette réduction, les clients en bénéficiaient sous forme de bons d’achats valables dans les magasins E. Leclerc.

E. Leclerc énergies affichait alors une ambition : celle de devenir un des principaux distributeurs alternatifs d’électricité en France. L’entreprise espérait alors atteindre la barre des 3 millions de clients à l’horizon 2025. Elle aurait alors pu peser 10% du marché de la distribution d’électricité dans l’Hexagone.

Fin du contrat E. Leclerc le 31 octobre

E. Leclerc Energies a contacté ses clients dès le mois de juillet dernier. Sur près de 140 000 clients de l’offre d’électricité, E. Leclerc énergies estime qu’environ 90% ont déjà souscrit une offre de remplacement auprès d’un autre fournisseur. Et afin de laisser plus de temps aux derniers clients, le fournisseur s’est engagé auprès du Médiateur National de l’Energie a maintenir la distribution d’électricité jusqu’au 31 octobre.

En juillet dernier, E. Leclerc énergies proposait à ses clients de basculer sur une nouvelle offre dynamique réservée aux clients munis d’un compteur intelligent Linky. Le principe de l’offre : le tarif de l’électricité varie chaque heure pour suivre l’évolution du prix sur le marché de gros de l’électricité. L’offre était sensée être attractive pour profiter des baisses sur le marché. Mais la crise que traverse actuellement le marché de l’énergie l’a rendue caduque. A tel point que E. Leclerc énergies a décidé de reporter le lancement de cette offre d’électricité, sans préciser de date.

Quel avenir pour E. Leclerc énergies sur le marché de l’électricité ?

Malgré la fin de son offre actuelle, E. Leclerc Energies ne compte pas abandonner le marché de l’électricité. Sur son site officiel, E. Leclerc énergies communique actuellement sur une nouvelle offre dynamique à venir. La future offre proposera un abonnement avec “le kWh à prix coûtant” (sans marge, au prix du marché). Le principe se veut séduisant : “Nous ne payez que ce que vous consommez plus un abonnement pour accéder au service (+ frais liés aux obligations réglementaires), c’est tout !”

Cette future offre sera réservée aux foyers équipés d’un compteur communiquant Linky. Une application mobile servira à piloter la consommation électrique. Et les clients seront tenus au courant de l’évolution du tarif horaire de l’électricité 24 heures à l’avance. La future offre d’électricité E. Leclerc énergies se veut aussi éco-responsable. “Nous êtes avertis par votre application du meilleur moment pour consommer, lorsque le prix est le plus bas et lorsque l’électricité est issue d’énergies renouvelables.”

Mais actuellement, aucune date de lancement n’est avancée. Le contexte de la hausse continue des tarifs de l’électricité ne favorise pas le projet E. Leclerc énergies. Et d’ailleurs, les clients seront-ils pressés de revenir vers le fournisseur après la fin précipitée de la première offre ?

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Chine, COP26 et renouvelables : signaux contradictoires

18 octobre 2021 à 09:55
chine cop26 renouvelables signaux contradictoires - L'Energeek

Responsable de 27% des émissions de CO2 mondiale, la Chine va-t-elle sécher la COP26 ? Une source britannique a en effet annoncé, ce vendredi 15 octobre 2021, que le président chinois Xi Jinping pourrait ne pas se rendre à la conférence sur le climat, qui se tiendra à Glasgow du 31 octobre au 13 novembre 2021. Sans pour autant préjuger des éventuels futurs engagements climatiques de la Chine. Récemment, le pays a relancé sa production de charbon, mais aussi annoncé de très ambitieux projets dans les renouvelables.

Xi Jinping, le présent de la Chine, ne devrait pas se présenter à la COP26 de Glasgow

Une COP26 sans la Chine aurait-elle le moindre sens ? Le pays est en effet responsable de 27% des émissions de CO2 mondiales, un chiffre en hausse continuelle, malgré de sensibles efforts sur la production d’énergies renouvelables (chaque année, environ 40% de la puissance éolienne et photovoltaïque nouvellement installée dans le monde l’est en Chine).

Ce 15 octobre 2021, The Times a révélé que, selon des sources proches du gouvernement britanniques, des diplomates chinois auraient annoncé au premier ministre britannique, Boris Johnson, que le président chinois Xi Jinping ne se rendrait pas à la COP26, qui se tiendra à Glasgow du 31 octobre au 13 novembre 2021. Une annonce qui n’indique rien sur les engagements climatiques possibles de Pékin.

« Il est désormais très clair que Xi ne va pas venir et le Premier ministre a été informé de cela. Ce que nous ignorons encore, c’est la position qu’adopteront les Chinois », précise la source citée par le quotidien britannique.

La Chine envisage-t-elle de se désolidariser de la volonté mondiale de maintenir le réchauffement climatique sous les 1,5 °C ? Certes, le pays continue de s’affirmer comme un leader des renouvelables. Le 13 octobre 2021, lors de la quinzième conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB), à Pékin, Xi Jinping a présenté un plan de réduction et de neutralisation des émissions carbone chinoises, pour atteindre les objectifs du pays en 2030.

La Chine entame les travaux d’un parc éolien et photovoltaïque de 100 GW dans une zone désertique

Le soutien massif aux renouvelables intermittents demeure le fer de lance de cette stratégie. Le président chinois a notamment annoncé le lancement des travaux d’un parc éolien et photovoltaïque de 100 GWc de puissance, dans les zones désertiques du pays. Principal fabricant mondiale de panneaux solaires et de turbines éoliennes, premier fournisseur de matériaux clés dans la fabrication de ces équipements (silicium, verre, acier, cuivre, terres rares, etc.), Pékin est d’ailleurs le moteur de la croissance mondiale de ces renouvelables.

Pour autant, même si la Chine a surpris en annonçant en 2020 qu’elle visait la neutralité carbone en 2060 (la Russie s’est récemment aligné sur cet objectif), elle reste également une championne des énergies fossiles. En septembre 2021, le pays avait d’ailleurs promis de ne plus bâtir de centrales à charbon à l’étranger. Avant de se raviser, devant la crise énergétique mondiale et la pénurie d’électricité qui frappe le pays, et d’annoncer une augmentation de sa production de charbon.

La présence de la Chine et, surtout, ses éventuels engagements sont pourtant cruciaux pour crédibiliser cette COP26. En fin de semaine dernière, John Kerry, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour le climat, a d’ailleurs estimé que la conférence échouerait probablement à fixer des ambitions suffisantes de réduction de consommation des énergies fossiles.

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Nucléaire et hydrogène vert au cœur du plan France 2030 présenté par Emmanuel Macron

13 octobre 2021 à 07:46
nucleaire hydrogene vert france 2030 emmanuel macron - L'Energeek

Ce 12 octobre 2021, le président de la République Française Emmanuel Macron a dévoilé France 2030, un plan d’investissement de 30 milliards d’euros, qui vise à « rebâtir les termes d’une indépendance productive française et européenne ». Coté énergétique, les filières gagnantes de France 2030 sont le nucléaire, via un milliard d’euros accordé aux petits réacteurs modulaires (SMR) et l’hydrogène vert, dont la France ambitionne de devenir « le leader ».

Emmanuel Macron confirme sa volonté de faire émerger une filière française des SMR et de devenir le leader de l’hydrogène vert

Comme annoncé depuis une semaine, Emmanuel Macron a confirmé, ce 12 octobre 2021, sa volonté de constituer une filière française des petits réacteurs modulaires nucléaires («small modular réacteurs » ou SMR), via un soutien d’un milliard d’euros d’ici 2030, dans le cadre de France 2030.

«L’objectif numéro un, c’est de faire émerger en France d’ici 2030 des réacteurs nucléaires de petite taille innovants, avec une meilleure gestion des déchets pour nous préparer à des technologies de rupture et de formation profondes sur le nucléaire», a exposé le président de la République. Il a par ailleurs mis en avant la sûreté et le coût réduit des SMR – comme une réponse, par avance, à deux des principales critiques sur le nucléaire

Le plan France 2030 va accorder des aides de 30 milliards d’euros à des technologies «de rupture» pour « rebâtir les termes d’une indépendance productive française et européenne », dans l’ère post-Covid. Il confirme que l’hydrogène vert est une priorité nationale.

La filière avait déjà été largement soutenue par le plan France Relance, en 2020. Avec France 2030, Emmanuel Macron enfonce le clou : il veut faire de la France le « leader de l’hydrogène vert » d’ici 2030, en investissant massivement pour décarboner les transports lourds (camions, bus, trains, avions) et les secteurs industriels les plus dépendant de l’hydrogène gris, produit grâce aux énergies fossiles (acier, ciment, production chimique).

«Ce que nous devons faire absolument pour l’hydrogène, c’est ne pas répéter les erreurs que nous avons faites sur les énergies renouvelables. On a trop peu investi sur l’offre et la capacité à développer notre filière», a noté le président. L’objectif est notamment de compter «au moins deux Gigafactory d’électrolyseurs et produire massivement de l’hydrogène et l’ensemble des technologies utiles à son utilisation» d’ici 2030.

Cesser d’opposer énergies renouvelables et nucléaire

Emmanuel Macron a par ailleurs évoqué la nécessité de consommer de l’électricité nucléaire pour faire de l’électrolyse. En effet, produire de l’hydrogène vert impose de disposer d’électricité décarbonée. Et si la production d’hydrogène vert dispose d’une bonne synergie avec les centrales renouvelables intermittentes, le nucléaire peut aussi être une solution pour développer une filière d’hydrogène décarboné de grande ampleur. Le Royaume-Uni envisage d’ailleurs également cette solution.

Le président de la République n’a donc pas clairement annoncé la future construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France. La décision ne sera prise qu’après la prochaine présidentielle. Mais son programme énergétique semble imposer ce choix industriel.

C’est d’autant plus vrai que cette annonce survient dans un contexte où la France continue son intense lobbying pour inclure le nucléaire dans la taxonomie verte de l’Union Européenne. C’est le message, sans ambiguïté, de la tribune collective « Nous, les Européens, avons besoin du nucléaire », publiée ce 10 octobre 2021 dans dix journaux européens, dont le Figaro en France.

Le texte est signé par le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire, la ministre déléguée chargé de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher et quatorze de leurs homologues de neuf autres pays de l’Union européenne (Roumanie, Tchèquie, Finlande, Slovaquie, Croatie, Slovénie, Bulgarie, Pologne et Hongrie).

Cette même semaine, le 11 octobre 2021, le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) a appelé de ses vœux une campagne présidentielle s’appuyant, sur la question énergétique, sur des données scientifiques, et non sur « la désinformation, les idées reçues et les antagonismes factices ». Le SER pointe ainsi la complémentarité des renouvelables et du nucléaire dans la lutte contre le changement climatique : ces deux énergies sont en effet toutes deux faiblement émettrice de CO2, et des alternatives solides aux énergies fossiles.

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Bornes de recharge : Pari — presque — gagné pour le gouvernement ?

11 octobre 2021 à 11:22
bornes de recharge

Si l’objectif du plan 100 000 bornes ne devrait pas être atteint d’ici la fin de l’année, les perspectives sont encourageante grâce au dynamisme des ventes de véhicules électriques et l’écosystème créé sous l’impulsion du gouvernement composé de groupes privés ou de collectivités, comme E.Leclerc, LIDL, Système U, Green Yellow, la Métropole du Grand Paris, la FNCCR, ainsi que Izivia, Engie et ENEDIS.

L’année 2020 fut un tournant dans la transition énergétique du secteur automobile. Malgré la pandémie, la filière a constaté une progression inédite des immatriculations de véhicules électriques. Le pays devrait en compter à minima un million en 2022, qu’il sera nécessaire d’alimenter en « carburant ». Le plan 100 000 bornes, initié par les pouvoirs publics, avait pour but de répondre à ce défi et d’encourager la transition électrique du secteur de la mobilité, qui demeure le principal émetteur de gaz à effet de serre en France. L’exécutif voulait créer un écosystème dynamique et, si les 100 000 bornes ne seront pas atteintes un an après, le pari est plutôt réussi.

Un attrait toujours plus marqué pour la mobilité électrique 

Avec 13,5 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables en circulation en 2030, soit 95 % des ventes de véhicules neufs selon le cabinet d’études Delta-EE, l’objectif des 100 000 bornes de recharges sur le territoire était nécessaire, mais aussi ambitieux. S’il ne sera certainement pas rempli, le dynamisme du secteur de la vente de véhicules électriques devrait entraîner le développement du réseau de bornes électriques sur le territoire, créant ainsi un cercle vertueux. Pour rappel, la mobilité électrique a vocation à permettre une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre tout en diminuant la pollution sonore notamment dans les villes puisqu’un véhicule électrique émet 77 % d’émissions de CO2 en moins qu’une voiture à essence en France, de la production jusqu’à sa fin de vie, selon les conclusions d’une étude menée en 2020 par la Fédération européenne pour le transport et l’environnement.

Dans une démarche globale pour accentuer la mobilité électrique en France (primes à la conversion, etc.), le gouvernement avait souhaité soutenir le déploiement du réseau de bornes de recharge afin de quadriller le territoire, tout en assurant une diversité d’usages pour soutenir la transition vers le moteur électrique. Avec des acteurs issus du secteur privé comme E. Leclerc (1er CA parmi les enseignes de la distribution français) ou Izivia, une filiale d’EDF, premier exploitant de bornes publiques en France, mais aussi d’importantes collectivités comme la métropole du Grand Paris, des synergies entre les secteurs privé et public se sont lancées afin de créer un écosystème de haut niveau. Selon Olivier Durin, rédacteur en chef du Monde de l’Énergie et auteur d’une tribune sur le sujet publiée dans Le Cercle Les Échos, Izivia fait partie des rares acteurs « en capacité de maîtriser l’ensemble de la chaîne, depuis la partie conseil jusqu’à l’exploitation technique, en passant évidemment, par la fourniture et l’installation des bornes et également les services aux utilisateurs. Peu d’entreprises, en Europe, en sont capables. »

La France, très bon élève au niveau européen

Le dynamisme du secteur de la mobilité électrique en France et le volontarisme politique lui permettent désormais de se placer à la 2e position dans le classement des pays d’Europe les mieux équipés en matière d’infrastructures de recharge, derrière les Pays-Bas et devant l’Allemagne. L’Hexagone devrait même proposer à terme une borne pour 2 voitures électriques.

Sous l’impulsion du plan 100 000 bornes, la France a pu développer un écosystème qui dispose de l’expertise requise afin de réussir le pari du partenariat public/privé du gouvernement. En outre, en sollicitant les grandes enseignes françaises de la distribution, le gouvernement a avantageusement associé au plan des acteurs disposant d’une implantation plutôt homogène sur le territoire et notamment dans les zones rurales, parfois oubliées de la transition énergétique de la mobilité. Si tous les voyants sont au vert, les pouvoirs publics doivent maintenir leur soutien effectif à la filière, pour encourager les conducteurs à repenser leurs usages et à entamer leur transition vers la mobilité électrique.

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Dans l’Etat de New-York, la ville d’Utica s’équipe d’éclairage intelligent

11 octobre 2021 à 10:32
etat new-york. ville utica eclairage intelligent - L'Energeek

Ce 11 octobre 2021, la compagnie d’électricité NYPA a annoncé l’achèvement d’un programme d’éclairage public intelligent et d’efficacité énergétique dans la ville d’Utica, dans l’Etat de New-York (Etats-Unis). Il a permis l’installation de 7 140 lampadaires LED intelligents, pilotables à distance et permettant une détection automatique des pannes. En tout, l’Etat de New-York s’est déjà équipé de 286 000 lampadaires intelligents.

Le NYPA a déjà installé 7 140 lampadaires LED intelligents dans la ville d’Utica (Etat de New-York)

L’Etat de New-York (Etats-Unis) s’est donné pour objectif de réduire de 85% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport à leurs niveaux de 1990. Cette ambition est soutenue par un grand nombre de programmes de transition et d’efficacité énergétiques.

L’un d’entre eux, baptisé Smart Street Lighting NY, concerne ainsi l’éclairage public intelligent dans l’Etat de New-York. Il a déjà permis l’installation de 286 000 lampadaires intelligents dans l’ensemble de l’Etat, notamment dans les villes de d’Albany, Rochester, Syracuse ou White Plains.

Ce 11 octobre 2021, la compagnie publique d’électricité de l’Etat, la New York Power Authority (NYPA), a annoncé qu’elle avait terminé la première phase des travaux d’équipements d’éclairage public intelligent et d’efficacité énergétique dans la ville d’Utica.

En tout, la NYPA, qui est la plus importante compagnie publique d’électricité des Etats-Unis, a déjà installé 7 140 lampadaires LED intelligents dans la ville. Son objectif, dans le cadre du Smart Street Lighting NY, est de remplacer 50 000 lampadaires d’Utica par des modèles intelligents et économes en énergie d’ici 2025.

Réduire la consommation électrique de l’éclairage public

Les modèles LED installés consomment entre 50% et 65% de moins que les lampadaires existants. Les capteurs et les briques smart grids qui les accompagnent permettent par ailleurs de piloter leur intensité lumineuse en temps réel et de détecter les pannes à distance.

L’ensemble permettra d’offrir un éclairage mieux adapté aux besoins de la ville, en terme de luminosité et de sécurité en ville, tout en réalisant d’importantes économies. D’un coût global de 11,1 millions de dollars, financé intégralement par la NYPA, le remplacement de ces lampadaires devrait permettre à Utica d’économiser environ 1,5 millions de dollars par an.

Plus généralement, ces lampadaires intelligents sont la première brique d’un programme smart grid beaucoup plus large et ambitieux. En cas de succès sur le front de l’éclairage public, d’autres applications pourraient être implémentées.

« Smart Street Lighting NY est une franche réussite pour l’État et la NYPA a l’intention de poursuivre avec volontarisme l’installation d’éclairage public à LED. Nous sommes sur la bonne voie non seulement pour atteindre mais pour dépasser l’objectif du gouverneur », s’est ainsi félicité Gil C. Quiniones, CEO de NYPA.

Le maire d’Utica, Robert M. Palmieri, estime quant à lui que ce projet permet « d’améliorer nos infrastructures, de mettre à niveau notre technologie, de réduire notre empreinte carbone et de fournir un meilleur service client ».

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Barbara Pompili présente les mesures pour améliorer l’acceptabilité de l’éolien en France

7 octobre 2021 à 10:44
barbara pompili presente mesures ameliorer acceptabilite eolien france - L'Energeek

Ce 5 octobre 2021, la ministre de la Transition Ecologique, Barbara Pompili, a présenté 10 mesures élaborées avec la filière éolienne pour assurer un développement « maîtrisé et responsable » de cette énergie. Le but est d’améliorer l’acceptabilité des l’éolien en France. La veille, la ministre avait également dévoilé le nouveau tarif d’achat du photovoltaïque pour les installations en toitures de 100 à 500 kWc.

Améliorer l’acceptabilité de l’éolien en France : la ministre de la Transition Ecologique et la filière présentent enfin leurs 10 mesures

Si, en France, l’exécutif multiplie les signaux de soutien à sa filière nucléaire, le développement des renouvelables demeure une priorité gouvernementale. Ce 5 octobre 2021, la ministre de la Transition Ecologique, Barbara Pompili, a ainsi présenté les 10 mesures pour améliorer l’acceptabilité de l’éolien en France, décidées en collaboration avec la filière, et conclusion d’un travail entamé en 2019.

« Les énergies renouvelables, dont l’éolien, sont vitales pour garantir la sécurité énergétique de la France et lutter contre le dérèglement climatique. Mais mon devoir est de trouver les moyens d’un développement maîtrisé et responsable », a ainsi affirmé la ministre.

Ces mesures visent notamment à ne pas installer un parc éolien dans une zone où la population le refuserait, et multiplierait les recours. La ministre rappelle d’ailleurs qu’en la matière, « la France a une des législations les plus protectrices d’Europe ».

Pour ce faire, le ministère veut s’appuyer sur les préfets pour améliorer l’instruction et le choix des projets, notamment via des cartes régionales des zones propices, avec l’installation d’un médiateur au sein du ministère, pour aider à trancher les cas difficile.

S’appuyer davantage sur les élus et les citoyens des territoires

Barbara Pompili veut également rendre la consultation d’élus locaux obligatoires pour les porteurs de projets éoliens, et renforcer les compétences des comités régionaux de l’énergie. La filière souhaite également « faciliter l’émergence de projets directement portés par les habitants et les élus », par des « outils financiers et réglementaires ».

Le gouvernement entend aussi lutter contre les nuisances sonores des éoliennes, en imposant un contrôle du bruit dans les nouveaux parcs, et réduire leur impact lumineux, en n’allumant les signaux des éoliennes qu’en cas de passage d’avion. La filière éolienne va également financer, par une taxe sur ses ventes d’électricité, un « fonds de sauvegarde du patrimoine naturel et culturel » des territoires, doté de 30 à 40 millions d’euros par an.

Enfin, pour répondre aux critiques sur l’impact des parcs éoliens en fin de vie, le gouvernement va imposer, pour les parcs installés à partir de 2022, un recyclage à 90% en cas de démantèlement, et à 95% à partir de 2024.

La veille, le 4 octobre 2021, en marge de l’inauguration d’une centrale photovoltaïque au sol, développée par Engie Green à Marcoussis (Essonne), Barbara Pompili avait également confirmé un tarif d’achat de 9,8 €/MWh (soit 9,8 centimes/kWh) pour les centrales photovoltaïques en toiture entre 100 kWc et 500 kWc. De quoi débloquer de nombreux projets qui attendaient la publication de ce tarif (parfois depuis un an et demi), pour être validés et mis en œuvre.

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Emmanuel Macron veut remettre le nucléaire au cœur de la stratégie énergétique française

6 octobre 2021 à 12:05
emmanuel macron remettre nucleaire strategie energetique francaise - L'Energeek

Selon une information d’Europe 1, révélée ce lundi 4 octobre 2021, le président de la République Emmanuel Macron va prochainement annoncer sa volonté d’industrialiser le SMR, ce petit réacteur nucléaire modulaire. Conjointement au possible rachat par EDF de l’activité nucléaire de GE (ex-Alstom) et au soutien à plusieurs acteurs de la filière nucléaire dans les plans « France Relance » et « France 2030 », cette décision envoie des signaux très positifs à la filière nucléaire française. Sans pour autant se prononcer sur l’éventuelle construction de nouveaux EPR.

Emmanuel Macron veut industrialiser Nuward, le SMR d’EDF

En France, l’exécutif a répété qu’il ne prendrait aucune décision sur la construction d’EPR de nouvelle génération en France avant la mise en service de celui de Flamanville, fin 2022, soit après la prochaine élection présidentielle.

Mais dans un contexte de hausse des prix de l’énergie et de débats sur la place du nucléaire dans la transition énergétique, la question de l’avenir de la filière nucléaire française, à la pointe voici 30 ans, mais aujourd’hui en retard sur la Chine ou la Russie, devient brûlante.

Le président de la République, Emmanuel Macron, se montre donc offensif sur cette question du nucléaire. Tous les signaux récents vont dans ce sens. Ce 4 octobre 2021, Europe 1 révèle ainsi que le président a l’intention d’industrialiser la production de SMR (Small Modular Reactor, ou « petit réacteur modulaire »).

Allant de quelques dizaines de MW à 300 MW, un SMR propose une puissance beaucoup plus réduite qu’un réacteur de centrale « classique » (900 ou 1 450 MW en France). Mais il est aussi plus simple à produire en série et à assembler dans un site. Il permet un refroidissement sans intervention humaine et avec moins d’eau. Déjà utilisée pour la propulsion des sous-marins nucléaires, cette technologie est en train gagner le nucléaire civil.

EDF travaille d’ailleurs à la création de son propre SMR de 170 MW, Nuward, mais ne devrait pas pouvoir en produire en série avant 2035. De plus, Nuward a toujours été envisagé comme un produit d’export, et pas comme une solution adaptée à la situation énergétique de la France métropolitaine. Pour autant, c’est cette technologie que le président de la République voudrait mettre en avant.

Signaux positifs pour la filière nucléaire française

Médiatiquement, ce choix aurait l’avantage de ne pas se positionner sur de nouveaux EPR, tout en montrant son attachement la filière nucléaire française. Pour rappel, une trentaine d’acteurs clés de cette filière ont reçu un soutien financier de France Relance. Le plan d’investissement France 2030 pourrait lui aussi faire la part belle à l’industrie nucléaire. Certaines indiscrétions évoquent des aides de 20 à 30 milliards d’euros, notamment pour accélérer sur Nuward.

Dans le même temps, l’Elysée incite fortement EDF à racheter l’activité nucléaire de GE (ex-Alstom), en particulier la fabrication des turbines Arabelle qui équipent les centrales nucléaires françaises, afin de sécuriser les actifs énergétiques stratégiques du pays.

Le tout dans un contexte où l’avenir du nucléaire s’annonce comme une question-clé de la campagne présidentielle, et où le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, multiplie les déclarations de soutien, au niveau français et européen, à cette énergie.

La réunion des ministres de l’Economie de l’Union Européenne, ces 4 et 5 octobre 2021, a d’ailleurs débouché sur des orientations proches des positions françaises. La Commission Européenne a notamment ouvert la porte à un découplage des prix du gaz et de l’électricité, conformément à la demande de Bruno Le Maire, et semble plutôt favorable à l’intégration du nucléaire dans son Green New Deal.

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Union Européenne : les ministres de l’Economie face à la flambée des prix de l’énergie

5 octobre 2021 à 07:17
union europeenne ministres economie flambee prix energie - L'Energeek

L’augmentation des prix de l’énergie, en particulier du gaz naturel, est au cœur de la réunion des ministres de l’Economie de l’Union Européenne, ces 4 et 5 octobre 2021, à Luxembourg. Face à cette situation, l’Espagne propose notamment créer une réserve européenne de gaz. De son coté, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie français, appelle à réformer un marché de l’électricité « aberrant ».

Quelle réponse européenne à la hausse des prix de l’énergie ?

Les prix de l’énergie, carburants, gaz, électricité, ont fortement augmenté ces dernières semaines dans le monde. L’Union Européenne est particulièrement touchée, en particulier sur le front du gaz naturel, où les capacités de stockage européennes sont faibles, et où la Norvège et la Russie ont refusé d’augmenter leurs livraisons, malgré la reprise économique.

Cette problématique occupe largement la réunion des ministres de l’Economie de l’Union Européenne (en Eurogroupe puis en Ecofin), qui se tient, ces 4 et 5 octobre 2021, à Luxembourg, en préparation du prochain Conseil Européen des 21 et 22 octobre.

Ce 30 septembre 2021, le ministre de l’Economie français, Bruno Le Maire, a tiré le signal d’alarme dans un courrier à la Commission Européenne. Il y demandait notamment « que les pays de l’UE coordonnent leurs réponses, comme en 2005 et 2008 face à la forte hausse des prix du pétrole », après que plusieurs Etats aient pris des mesures nationales. La France a ainsi gelé le prix du gaz naturel, pour qu’il ne dépasse pas, de tout l’hiver 2021-2022, le tarif d’octobre 2021.

Bruno Le Maire invite par ailleurs les Vingt-Sept à diversifier leurs sources d’approvisionnement en gaz naturel. L’Espagne est également montée au créneau, par la voix de son premier ministre, Pedro Sánchez, en proposant de créer une réserve stratégique européenne de gaz naturel : « Si l’achat groupé de vaccins fonctionne, pourquoi n’augmentons-nous pas notre pouvoir de négociation via un achat groupé […] de gaz? », a ainsi demandé le premier ministre espagnol.

La France veut rénover le marché unique de l’électricité et soutenir davantage le nucléaire

La lettre de Bruno Le Maire remet également en cause le marché européen unique de l’électricité, dont il juge le fonctionnement « aberrant ». En effet, la hausse des prix du gaz entraîne avec elle celle des prix de l’électricité, y compris en France, où le gaz est pourtant très minoritaire dans la production électrique, assurée à plus de 70% par des centrales nucléaires : « Nous n’avons pas fait tout ça pour dépendre du bon vouloir de Vladimir Poutine », pointe ainsi Bruno Le Maire.

« Le gaz ne représente que 20% de la consommation d’énergie et surdétermine pourtant toute la facture d’énergie. Il faut éviter cette volatilité extrême qui pose des problèmes politiques très clairs », précise encore le ministre de l’Economie. La France milite ainsi pour des contrats à plus long terme, voire des tarifs plus réglementés. L’Espagne propose de prendre davantage en cause le mix national pour fixer le prix de l’électricité.

L’Allemagne ou les Pays-Bas sont, comme souvent, plus frileux à l’idée de réguler le marché de l’électricité. Cette question est d’autant plus brûlante que la transition énergétique, l’urgence climatique et le Green Deal de l’Union Européenne devraient entraîner une hausse du coût de l’énergie carbonée.

Dans ce contexte, certains Etats de l’Est de l’Europe voudraient profiter de cette flambée des prix pour assouplir les réglementations en défaveur des énergies fossiles. La France y voit au contraire une raison supplémentaire de soutenir l’énergie nucléaire. Son « inclusion rapide dans la taxonomie européenne et les règles relatives aux aides d’Etat est absolument nécessaire », a répété une nouvelle fois Bruno Le Maire.

Il n’y a pas d’indépendance politique sans indépendance énergétique. Nous devons consolider nos atouts. Nous avons un atout : le nucléaire.
Cela ne veut pas dire que nous devons oublier les énergies renouvelables. Les deux sont nécessaires pour réussir la transition écologique. pic.twitter.com/exgi4upkdy

— Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) September 30, 2021

La Commission Européenne devrait publier cette semaine une « boite à outils » de mesures à disposition des Etats membres pour faire face à cette hausse des prix de l’énergie.

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La Libye va construire une raffinerie de pétrole dans le Sud du pays

4 octobre 2021 à 09:25
libye construire raffinerie petrole sud pays - L'Energeek

Ce dimanche 3 octobre 2021, le premier ministre de la Libye, Abdelhamid Dbeibah, a officialisé la construction d’une raffinerie de pétrole dans le Sud du pays. D’une capacité de production de 3 millions de litres de carburant, cette raffinerie, en projet depuis les années 1980, devrait entrer en service d’ici 3 ans.

Libye : le premier ministre confirme la construction d’une raffinerie de pétrole près du champ pétrolier d’al-Charara

C’est un signe supplémentaire d’une stabilisation politique et économique de la Libye, après les 10 années de troubles qui ont suivi la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. De nouvelles élections générales devraient se tenir en décembre 2021, supervisées par le gouvernement de transition mis en place début 2021.

La production de pétrole est par ailleurs repartie à la hausse, atteignant 1,2 million de barils par jour, contre 120 000 fin 2020 (mais entre 1,5 et 1,6 million avant 2011). Ce rebond de la production est une conséquence directe de la fin du blocage des installations pétrolières par les troupes du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’Est du pays, et avait tenté, sans succès, de prendre par la force la capitale Tripoli (Ouest).

Pour renforcer les revenus du pays, le premier ministre Abdelhamid Dbeibah a annoncé, ce 3 octobre 2021 lors d’une cérémonie à Tripoli, la construction d’une raffinerie de pétrole dans le Sud désertique de la Libye, un projet datant des années 1980 et relancé en 2017. La société pétrolière locale Zallaf travaillait depuis sur des études techniques et un plan de développement du projet.

The Prime Minister of the National Unity Government, Abdel Hamid al-Dabaiba, announcing the actual start of the project to construct an oil refinery and a cooking gas plant in the southern region.#OOTT #Libya

— Mahmud Mohammed (@MahmudM27830556) October 3, 2021

«1,3 million de litres d’essence, plus d’un million de litres de diesel et 600.000 litres de kérosène» par jour

La raffinerie sera implantée près d’al-Charara, l’un des plus importants champs pétroliers de la Libye (sa production atteint 300 000 barils par jour), dans la région d’Oubari, à 900 kilomètres au Sud de Tripoli.

«L’investissement est compris entre 500 et 600 millions de dollars (431 à 517 millions d’euros) pour des bénéfices annuels attendus de 75 millions de dollars» (65 millions d’euros), a précisé le patron de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), Mustafa Sanalla. La capacité quotidienne de la raffinerie sera de «1,3 million de litres d’essence, plus d’un million de litres de diesel et 600.000 litres de kérosène», détaille Mustafa Sanalla.

Le premier ministre a également annoncé la construction, dans la même région, d’une petite usine de production de bouteilles de gaz.

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Voiture électrique : Enedis accélère sur la recharge en copropriété

1 octobre 2021 à 10:17
voiture electrique enedis recharge copropriete - L'Energeek

Ce 30 octobre 2021, Enedis a présenté son nouveau dispositif de recharge des voitures électriques en copropriété, dans les parking souterrain du Vallon d’Ecully, dans la métropole lyonnaise. Permettant la recharge simultanée de 250 voitures électriques (record de France), il se veut un maître-étalon pour le développement des prises de recharge dans l’habitat collectif.

Enedis finalise le plus large dispositif de recharge de véhicules électriques en copropriété

Le développement de la mobilité électrique impose le déploiement de bornes de recharge à grande échelle, et à plusieurs niveaux : dans l’espace public (villes, villages, réseau auto-routier), dans les parking d’entreprise et dans l’habitat collectif. Oublier une de ces mailles complexifiera l’adoption de cette technologie de transport bas-carbone.

Pour favoriser l’utilisation du véhicule électrique par les Français vivant en co-propriété, Enedis a lancé un vaste plan de déploiement de solutions de recharge, BienVEnu. Ce 30 octobre 2021, le gestionnaire du réseau de distribution a présenté le plus large dispositif de recharge en copropriété de France, à Ecully, dans la métropole lyonnaise. “Ce développement s’inscrit parfaitement dans le cadre de la loi Climat et Résilience qui vise à décarboner la société et en particulier les transports”, a déclaré à l’AFP Elise Cabrol, directrice territoriale Lyon Métropole d’Enedis.

Concrètement, ce dispositif équipe les six parkings sous-terrains de la copropriété du “Vallon d’Ecully”, dans l’ouest de Lyon. Il permettra l’accès à la recharge des 250 propriétaires d’appartements via un compteur dans leur box. Il leur suffira de faire une demande de branchement auprès d’Enedis, et de choisir leur fournisseur d’électricité pour pouvoir recharger leur véhicule. 70 box sont déjà opérationnels.

La mobilité électrique, « un levier pour répondre aux enjeux de mise en place des zones de faibles émissions »

“Sur des installations de recharge de véhicules électriques, Enedis prend en charge 75% du coût du raccordement, le reste est pris en charge par la copropriété et le copropriétaire final”, détaille Elise Cabrol. En tout, une douzaine de copropriétés de la Métropole de Lyon sont déjà équipées d’un dispositif de recharge. Un chiffre appelé à augmenter fortement dans les mois et années à venir.

“Clairement, l’accélération de la mobilité électrique est un levier pour répondre aux enjeux de mise en place des ZFE (zones de faibles émissions), comme c’est le cas sur la Métropole de Lyon et comme ça va l’être de plus en plus dans les grandes agglomérations nationales”, conclue Elise Cabrol.

Enedis participe à plus de 200 projets et démonstrateurs liés au développement de la mobilité électrique. Un dispositif équipant 200 box va notamment être prochainement mis en service dans une copropriété à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

« avec Gulplug la voiture électrique se branche automatiquement à une base et ainsi se recharge. Pour l'instant c'est en test sur une flotte de véhicules ENEDIS à Grenoble», Henri Trintignac, DG de @gulplugged@Europe1 #LaFranceBouge

— Quentin Paillé (@PailleQuentin) September 30, 2021

Du coté des flottes de véhicules en entreprise, Enedis a profité de la récente semaine de la mobilité électrique pour présenter une expérimentation en cours, à Grenoble, avec la start-up française Gulplug, qui teste un système de branchement automatique des véhicules électriques par une base au sol. Les utilisateurs n’ont ainsi aucune manipulation à faire, ils garent leur véhicule, et la recharge s’enclenche automatiquement.

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Chine : la production d’électricité en pleine crise

30 septembre 2021 à 12:45
Chine : la production d’électricité en pleine crise

Depuis maintenant un mois, la Chine fait face à une crise de sa production d’électricité. Incapable de couvrir ses besoins, le pays a recours à des coupures électriques de grande ampleur. Plusieurs provinces ont même mis en place des restrictions d’accès à l’électricité. Et elles touchent aussi bien les particuliers que les entreprises. En cause ? La production d’électricité en Chine est trop dépendante du charbon et du gaz, deux ressources qui causent actuellement de gros problèmes à Pékin, entre crise d’approvisionnement et hausse des prix.

Chine : 16 provinces privées d’électricité

Ce n’est pas le noir complet, mais ça y ressemble. Face à la pénurie d’électricité, la Chine a pris des mesures radicales. Dans les 16 provinces les plus sévèrement touchées, les autorités locales ont mis en place des règles d’encadrement de la consommation électrique. Des rationnements sont mis en place. Les coupures de courant se généralisent, parfois sans être annoncées à l’avance à la population. Et elles touchent aussi bien les foyers des particuliers que les usines.

Guangdong est la province chinoise la plus importante économiquement. Et sa situation électrique est particulièrement précaire en ce moment. Les autorités de la province ont mis en place une série de mesures pour limiter la consommation d’électricité. Dans les agglomérations, la consommation électrique est limitée aux heures creuses. La province a aussi contraint plusieurs secteurs industriels à une réduction de leur production. Dans certains sites, la production s’est adaptée : travail de nuit, arrêt partiel des chaines de production…. Au global, la crise électrique est telle que les prévisions de croissance de la Chine pour la fin d’année 2021 sont actuellement revues à la baisse.

L’impact de la crise sanitaire sur l’électricité en Chine

Depuis quelques années, les coupures d’électricité ne sont pas rares en Chine. En 2020, pendant le mois de décembre, plusieurs agglomérations avaient déjà subi de grandes coupures d’électricité pour éviter un black-out. Mais ces coupures précédentes étaient de plus courte durée. Et elles étaient le plus souvent circonscrites à une seule région à la fois.

Alors pourquoi la crise électrique actuelle est-elle plus inquiétante ? Si le problème n’est pas nouveau, c’est le contexte qui a changé. L’impact de la crise sanitaire et la reprise économique se font sentir. L’industrie chinoise profite du rebond économique pour relancer à pleine force sa production. Ce qui n’est pas sans conséquence sur ses besoins électriques. Sur le premier semestre 2021, l’AIE a observé que la consommation électrique chinoise avait dépassé son niveau de 2019.

Crise diplomatique autour du charbon, flambée des prix du gaz

La Chine a beau être le premier producteur mondial d’électricité, ses efforts ne suffisent pas à couvrir ses besoins. Et surtout, sa production électrique est largement dépendante des importations. Le charbon représente environ 60% de la production d’électricité en Chine. Or Pékin est en crise diplomatique avec l’Australie, un pays exportateur de charbon crucial pour la Chine. Pékin doit importer son charbon depuis la Mongolie et l’Indonésie. Mais les prix en hausse n’ont pas permis le maintien d’activité de certaines centrales à charbon.

En parallèle, la hausse des prix du gaz a aussi impacté la production d’électricité en Chine. Depuis 2015, la Chine investit dans le gaz naturel pour en faire un des leviers de son développement électrique. Mais la hausse du prix du gaz fragilise cette stratégie.

La situation peut-elle empirer ? C’est en effet ce que craint le gouvernement chinois. L’hiver arrive, et avec lui les provinces chinoises s’attendent à une hausse prévisible de la consommation électrique. En outre, plusieurs entreprises internationales ayant des sites de production en Chine ont déjà constaté un fort impact sur leur rythme de production. C’est notamment le cas d’Apple. Et la pression pourrait devenir plus forte sur Pékin pour résoudre la crise énergétique.

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Le Liban continue de viser les 30% de renouvelables d’ici 2030

28 septembre 2021 à 07:07
liban viser renouvelables 2030 - L'Energeek

En pleine crise économique majeure, et alors que la fourniture d’électricité est péniblement assurée quelques heures par jour, le Liban, par la voix de son ministre de l’Energie et de l’Eau, Walid Fayad, maintient ce 27 septembre 2021 son objectif de 30% de renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030. Le pays ambitionne d’installer 4 GWc de puissance éolienne et photovoltaïque, via un partenariat public-privé et un soutien de l’étranger.

Le ministre de l’Energie et de l’Eau du Liban confirme l’objectif de 30% de renouvelables dans le mix électrique en 2030

Le timing de l’annonce peut sembler malvenu. Le Liban s’enfonce dans une crise politique, économique et sociale chaque jour plus profonde. La pauvreté a explosé en quelques mois, et le pays fait face à une historique pénurie d’électricité. L’organisme public, Électricité du Liban (EDL), ne fournit ainsi que quelques heures de courant par jour. Il a même évoqué le risque d’un black-out total d’ici fin septembre 2021.

C’est dans ce contexte que le ministre de l’Energie et de l’Eau du Liban, Walid Fayad, a annoncé que le pays entendait tenir son objectif de 30% de renouvelables dans le mix électrique en 2030. Le ministre a fait cette déclaration le 24 septembre 2021, par visioconférence, au cours d’un événement en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, et son contenu a été rendu public ce 27 septembre par un communiqué du ministère.

Un projet « ambitieux et intéressant, mais difficile à mettre en place, dans un pays avec une corruption endémique »

Pour tenir cet objectif, Walid Fayad entend s’appuyer sur un partenariat « sérieux » entre les secteurs public et privé et le soutien d’autres pays. L’objectif fixé par le ministre est d’installer d’ici 2030 4 GWc de puissance photovoltaïque et éolienne dans l’ensemble du pays.

Ces objectifs sont cohérents avec ceux annoncés en 2019 par la ministre de l’Énergie de l’époque, Nada Boustany, lors du lancement de la 10e édition du Beirut Energy Forum (BEF), une conférence annuelle dédiée à la promotion du développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Comme en 2019, les prévisions du ministre ont été définis en coordination avec l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (Irena).

Un projet ambitieux et intéressant, mais difficile à mettre en place, dans un pays avec une corruption endémique. Les énergies renouvelables seront-elles aussi rentables que le commerce du #mazout ? #Liban #energy

— Zeina Antonios (@zeinaantonios) September 26, 2021

Sur Twitter, la journaliste Zeina Antonios, correspondante pour France 24 à Beyrouth, juge ce projet « ambitieux et intéressant, mais difficile à mettre en place, dans un pays avec une corruption endémique ». Voici en effet plusieurs années que les effets d’annonce sur les renouvelables au Liban s’accumulent, sans aucune réalisation concrète. « Les énergies renouvelables seront-elles aussi rentables que le commerce du mazout ? », interroge ainsi Zeina Antonios.

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Bilan de la semaine du climat de l’ONU

27 septembre 2021 à 15:29
Bilan de la semaine du climat de l'ONU

La semaine dernière, l’ONU organisait sa semaine du climat à New-York. L’occasion de faire un point sous forme de d’appel à la mobilisation. Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a appelé les dirigeants du monde entier à ne pas relâcher leurs efforts en faveur de la transition énergétique. Il espère notamment que les investissements des Energy Compacts vont permettre d’accélérer sur les énergies vertes et un meilleur accès à l’énergie dans le monde.

L’ONU alerte sur l’urgence de la défense du climat

L’ONU a dévolu une semaine entière, du 20 au 26 septembre, pour faire le point sur l’état du climat mondial. Le sommet intervient dans un contexte sensible, alors que la sortie de la crise sanitaire débouche sur une accélération de la production industrielle. Les experts constatent déjà une nette reprise des émissions de gaz à effet de serre. Et pour l’instant, le monde d’après ressemble à s’y méprendre avec l’ancien. “Si les nations riches ne s’engagent pas dès maintenant à lutter contre les émissions de CO2, le monde est sur la voie désastreuse d’un réchauffement de 2,7 degrés d’ici la fin du siècle.” C’est presque le double que le 1,5 degré sur lequel l’Accord de Paris était fondé.

Comme l’a souligné Antonio Guterres, on observe quand même quelques signes encourageants. “L’an dernier, la part des énergies renouvelables dans la production mondiale d’électricité s’est hissée à 29%”. Le secrétaire générale de l’ONU constate aussi que “dans la plupart des pays, le solaire photovoltaïques est désormais la source d’énergie la moins chère.”

Décarboner les énergies et sortir du charbon

Mais pour sauvegarder le climat, l’ONU estime que la décarbonation des énergies doit s’accélérer. Antonio Guterres a plaidé pour une sortie du charbon, qui doit commencer par ne plus construire de nouvelles centrales à charbon. Plus précisément, l’ONU plaide pour que les états membres de l’OCDE sortent du charbon d’ici 2030. Et l’organisation estime que les autres pays devraient à leur tour sortir du charbon, au plus tard à l’horizon 2040.

Pour compenser la fin du charbon, il a plaidé pour les énergies renouvelables. D’après lui, il faut multiplier par quatre la capacité de production des énergies solaire et éolienne. Pour cela, les états doivent soutenir d’importants programmes d’investissements dans les ENR.

Electrifier le monde

Parmi les sujets prioritaires de l’ONU, Antonio Guterres a évoqué l’accès à l’énergie dans le monde. L’ONU ambitionne de réduire de moitié le nombre de personnes privées d’accès à l’électricité. Le sujet est d’importance, et il concerne en priorité l’Afrique. Sur le continent africain, le CAIRN estime que 50% de la population n’a toujours pas accès à l’électricité. Et si le potentiel dans les énergies renouvelables est bien là, le continent manque de leviers de financements pour soutenir ses investissements. Pire : en mai dernier, la Chambre de l’Energie Africaine a partagé sa consternation suite à la publication du Plan Net Zéro de l’AIE. La question africaine était tout simplement absente de la feuille de route de l’Agence.

Mais l’accès à l’énergie ne concerne pas seulement l’électricité. D’après les chiffres d’Antonio Guterres, encore 1 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à des solutions propres pour cuisiner. En Inde, le gouvernement a déjà pris les devants. Depuis le début des années 2000, le pays a consenti de gros investissements pour équiper les ménages modestes d’appareils de cuisson fonctionnant au GPL pour remplacer les fours à biomasses traditionnels, trop polluants. Mais le pays n’a pas encore réussi à supprimer tous les foyers ouverts. Et ailleurs dans le monde, d’autres zones, notamment en Asie, sont également concernées par cet effort contre la précarité énergétique.

Les Energy Compacts : 400 milliards de dollars pour le climat

Si l’ONU a voulu rappeler aux états membres leurs responsabilités en matière de climat, elle compte aussi sur le secteur privé. Au total, les états et les entreprises doivent se mobiliser grâce aux Energy Compacts. Ces engagements publics des états et des entreprises sont reconnus par l’ONU. Ils visent à développer des initiatives pour la transition énergétique. Au global, ils vont représenter 400 milliards de dollars d’investissements sont déjà annoncés.

Concrètement, plusieurs états ont déjà communiqué leurs objectifs. Le Nigeria fait de l’électrification sa priorité. Le pays compte raccorder au réseau électrique 5 millions de foyers d’ici 2023 en privilégiant l’énergie solaire. Il compte aussi proposer des alternatives aux 30 millions de foyers qui utilisent encore les réchauds ouverts à biomasse. De son côté, l’Allemagne veut se concentrer sur l’essor des ENR dans son mix énergétique. L’état fédéral souhaite atteindre 30% d’énergies renouvelables dans sa consommation finale d’énergie d’ici 2030. Et la part d’énergies renouvelables doit atteindre 65% de sa consommation électrique d’ici 2030. L’Allemagne se mobilise aussi sur la question de l’hydrogène. Le gouvernement mobilisera 7 milliards d’euros pour soutenir son marché interne, et 2 milliards d’euros supplémentaires pour des partenariats internationaux.

Le secteur privé a également communiqué sur ses engagements. ENRI a ainsi profité de la semaine du climat de l’ONU pour annoncer son premier Energy Compact. L’énergéticien s’engage à augmenter de plus de 15 GW sa capacité d’énergies renouvelables d’ici 2030. Il ambitionne aussi de diminuer ses émissions nettes de GES de 25%.

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EDF entame officiellement des discussions pour racheter l’activité nucléaire de General Electric (GE)

27 septembre 2021 à 10:43
edf entame discussions racheter activite nucleaire ge - L'Energeek

Ce 23 septembre 2021, EDF et General Electric (GE) ont officiellement confirmé être en négocations pour un rachat d’une partie de l’activité nucléaire du groupe américain (en particulier les turbines Arabelle qui équipent les centrales françaises) par l’énergéticien français. La cession concernerait les anciens actifs nucléaires d’Alstom, passés sous pavillon américain en 2014.

L’ancienne activité nucléaire d’Alstom va-t-elle revenir dans le giron français ?

L’affaire est aussi sensible que cruciale pour l’avenir industriel et énergétique de la France. Voici plusieurs mois que General Electric (GE) a annoncé sa volonté de revendre ses 80% de parts dans la co-entreprise Geast, qui gère les ex-activités nucléaires d’Alstom, en particulier les turbines Arabelle qui équipent les centrales nucléaires françaises (les 20% restant étant toujours détenus par Alstom).

Geast est le fleuron d’Alstom Energy, racheté en 2014 par GE. A l’époque, ce choix de confier à un industriel américain des actifs stratégiques pour la filière nucléaire française avait été beaucoup critiqué. Aujourd’hui, GE, dans une situation financière précaire, veut absolument revendre Geast. L’Etat français a conservé une action préférentielle (golden share) dans le capital de Geast, qui lui donne un droit de veto sur l’identité du repreneur.

Ce 23 septembre, EDF et GE ont confirmé être en négociations pour un rachat par l’énergéticien français des 80% de Geast détenus par GE. Après avoir récupéré Framatome suite au naufrage d’Areva, EDF pourrait bien prendre le contrôle de la fabrication des turbines Arabelle. La solution semblerait logique si la France veut continuer de s’appuyer sur le nucléaire pour sa transition énergétique.

Mais le patron d’EDF, Jean-Bernard Lévy, ne semble pas prêt à prendre une telle décision sans de solides garanties de l’Etat français. EDF fait en effet face à une dette de 40 milliards d’euros, et doit investir massivement dans les années à venir.

EDF prêt à prendre le contrôle des turbines Arabelle détenu par GE, mais uniquement si l’Etat passe commande de nouveaux réacteurs nucléaires

L’échec du projet Hercule résume bien les paradoxes dans lequel est pris l’énergéticien, pilier de la sécurité énergétique française et de son électricité historiquement peu chère, mais faisant face à de vrais soucis de rentabilité (entre autre à cause de l’Arenh, qui force EDF à revendre à prix réduit une partie de son électricité nucléaire à ses concurrents fournisseurs d’électricité).

Dès lors, EDF ne rachètera pas Geast si l’Etat français ne passe pas commande de nouveaux réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Une décision reportée au-delà de la présidentielle de 2022, et qui sera l’un des sujets les plus stratégiques et polémiques à gérer pour la prochaine mandature.

« Sur le plan énergétique, dans le contexte de hausse des prix, assurer la filière nucléaire pour éviter à la France de dépendre de l’éolien et du gaz est un vrai sujet pour le prochain président de la République », estime notamment le directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières, l’économiste Patrice Geoffron. Les syndicats militent pour le maintien des emplois et des compétences, et sont donc plutôt favorable à un rapprochement avec EDF.

Symboliquement, ce week-end a aussi vu se dérouler deux manifestations à Lyon, à propos de la décision de prolonger de dix ans la centrale nucléaire de Bugey. Plusieurs associations et ONG anti-nucléaires ont ainsi réclamé la fermeture de cette centrale, ce 25 septembre 2021. Ce même jour, l’association Les Voix du Nucléaire tenait à Lyon la 5ème édition de Stand Up For Nuclear, qui vise à informer sur les enjeux et problématiques réels de l’énergie nucléaire, notamment dans l’optique d’une transition énergétique.

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Hydrogène vert : la métropole de Dijon convertit ses bennes à ordures, en attendant les bus

20 septembre 2021 à 11:28
hydrogene vert dijon convertit bennes ordures bus - L'Energeek

La métropole de Dijon a fait un premier pas, ce vendredi 17 septembre 2021, vers son ambition de convertir à l’hydrogène vert l’ensemble de ses véhicules lourds (44 bennes à ordures et 180 bus), d’ici 2030. La métropole a en effet commandé 4 bennes à ordures à hydrogène de 19 tonnes, qui circuleront dès 2022. Pour alimenter ces véhicules, un électrolyseur est également en construction sur le territoire.

La métropole de Dijon passe commande de quatre bennes à ordures à hydrogène vert

La technologie la plus convaincante, aujourd’hui, pour convertir les véhicules lourds à la mobilité sans émission est l’hydrogène vert, c’est à dire produit par électrolyse de l’eau grâce à une source d’électricité renouvelable. Sa combustion permet en effet d’atteindre l’énergie mécanique nécessaire à faire avancer camions, bus, bennes à ordures (et même, à terme cargos ou avions), ce que ne permet pas un moteur électrique actuel.

Engagée dans une des politiques smart city les plus ambitieuses de France, via une plateforme de pilotage unique, avec de nombreux gains énergétiques en ligne de mire et un large développements ded renouvelables, la métropole de Dijon entend également verdir sa flotte de véhicules lourds. Et, pour ce faire, la cité bourguignonne a logiquement décidé de faire appel à des bennes à ordures et des bus propulsés par de l’hydrogène vert.

Ce 17 septembre 2021, la métropole de Dijon a ainsi annoncé la commande de 4 bennes à ordures s’appuyant sur cette technologie. Aucune entreprise ne fabricant en série des véhicules de ce type, la métropole fait donc appel à plusieurs prestataires.

La société belge E-Trucks, associée à Proton Motor, va ainsi fournir les piles à combustibles. Un fournisseur local de châssis agréé DAF convertira les véhicules à l’hydrogène. La société ardéchoise Faun Environnement fournira enfin les quatre compacteurs d’ordures ménagères, et les assemblera aux châssis. La livraison de ces quatre bennes prototypes est prévue pour 2022.

« L’hydrogène combine tous les atouts pour relever le défi de la transition énergétique pour la croissance verte. Avec cette première commande de bennes à hydrogène vert produit localement, Dijon prend toute sa part dans la lutte contre le changement climatique et confirme son statut de territoire moteur en matière de mobilité à l’hydrogène vert à l’échelle nationale », commente François Rebsamen, maire de Dijon, président de Dijon métropole.

Vers un écosystème énergétique local de production et de consommation de l’hydrogène vert

D’ici 2026, la métropole prévoir de convertir la moitié de sa flotte de bennes à ordure, soit 22 véhicules, à l’hydrogène vert. En 2023, elle entamera la conversion des bus de la métropole, qui devrait atteindre 27 véhicule dès 2024. A cette date, « Dijon aura la plus grande flotte de bus à hydrogène de France », se félicite la métropole dans un communiqué.

Au final, Dijon a fixé à 2030 au maximum la date de renouvellement complet de sa flotte de véhicules lourds. A cette date les 44 bennes à ordures ménagères et les 180 bus de la métropole rouleront ainsi à l’hydrogène.

Parallèlement, Dijon métropole a lancé la construction, en mai 2021, d’une unité de production d’hydrogène vert, dans une logique d’écosystème énergétique local. Cet électrolyseur est installé dans le site de valorisation énergétique de la métropole, et utilisera dans un premier temps exclusivement l’électricité produite par la combustion des déchets ménagers.

Pour répondre aux enjeux climatiques et réduire rapidement les émissions de CO2, la métropole de #Dijon et ses partenaires viennent de lancer, mercredi 19 mai, le chantier de construction de la première station de production d’hydrogène vert de Dijon. 1/2 pic.twitter.com/56mVrcn9Nd

— Ville de Dijon (@dijon) May 19, 2021

 

Dans un second temps, quand les besoins augmenteront, cet électrolyseur sera également alimenté par une ferme photovoltaïque locale de 12 MWc. Outre les bennes à ordures et les bus, ce dispositif permettra de recharger également certains véhicules utilitaires légers de la métropole, eux aussi converti à la propulsion à hydrogène.

« Grâce à cette énergie alternative qui ne produit aucun bruit, aucun gaz à effet de serre et aucune particule, et en complément de son offre de mobilité durable, Dijon métropole réaffirme son engagement pour protéger la planète, les générations futures et la santé des Dijonnais » conclue François Rebsamen.

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Réchauffement climatique : dans le monde, seule la Gambie est dans les clous de l’accord de Paris

17 septembre 2021 à 11:27
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A moins de deux mois de la COP26 de Glasgow, à l’importance sans doute déjà décisive, l’ONG Climate Action Tracker publie, ce 16 septembre 2021, un bilan des politiques climatiques mises en œuvre par 35 pays et l’Union Européenne, en terme de mesures effectives et d’objectifs. Or, un seul suit la trajectoire d’un réchauffement climatique sous les 1,5°C à la fin du siècle, comme promis par l’accord de Paris : la Gambie – qui représente 0,0016% des émissions mondiales de CO2 en 2019 ! Union Européenne et Etats-Unis sont classés dans les politiques “insuffisantes”, Chine et Inde dans les “hautement insuffisantes”, la Russie dans les “critiquement insuffisantes”.

Les politiques mondiales sont aujourd’hui insuffisantes pour maintenir le réchauffement climatique sous les 1,5°C

La COP26 se tiendra début novembre 2021 à Glasgow, au Royaume-Uni. Reportée d’un an pour cause de pandémie de Covid-19 (elle aura donc lieu deux ans après la COP25) son importance n’en est que plus cruciale. C’est en effet à cette échéance que les différents Etats signataires de l’Accord de Paris doivent présenter leurs feuilles de route pour tenir l’objectif mondial de limiter le réchauffement climatique sous les 1,5°C.

Mais, alors même que les signaux d’alarme se multiplient, tant par la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes que via des études toujours plus accablantes sur l’urgence à agir, comme le dernier grand rapport du Giec, les politiques des Etats du monde demeurent drastiquement insuffisantes.

C’est la conclusion de la dernière analyse de l’ONG Climate Action Tracker, publiée ce 16 septembre 2021. L’étude porte sur 35 pays du monde ainsi que l’Union Européenne dans son ensemble. L’analyse inclue certes des « petits » pays en terme de taille et d’émission de CO2 (Nepal, Singapour, Costa Rica, Ethiopie…), mais tous les plus gros pollueurs sont là aussi. Au total, les Etats pris en compte représentent 80% des émissions mondiales.

L’ONG a ensuite classé ces différents Etats en fonction de l’adéquation entre, d’une part, les mesures prises et les objectifs ayant force de loi sur l’urgence climatique, et, d’autre part, la nécessité de ne pas dépasser un réchauffement climatique de 1,5°C depuis l’ère pré-industrielle.

Réchauffement climatique : pour respecter l’accord de Paris, l’échéance de 2030 est la plus stratégique

Au final, un seul Etat passe le test de Climate Action Tracker, et disposerait donc d’une politique compatible avec l’Accord de Paris, la Gambie. Soit un pays ayant émis 592 000 tonnes de CO2 en 2019. Soit… 0,0016% des 36,8 milliards de tonnes d’émissions mondiales liées à la combustions des énergies fossiles et à la fabrication du ciment…

Suivent ensuite les pays aux politiques « presque suffisantes ». Le Royaume-Uni y est le seul pollueur de très grande importance, aux cotés du Maroc, du Nigeria ou du Kenya. Les Etats-Unis et l’Union Européenne mènent le groupe des pays aux politiques jugées « insuffisantes » – même si le rapport salue le fait que ces deux géants ont récemment opté pour des politiques beaucoup plus ambitieuses. On retrouve aussi dans ce groupe le Japon, la Norvège, l’Afrique du Sud ou le Chili.

La Chine, devenu depuis plusieurs années le plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre (27% du total), mène, selon Climate Action Tracker, une politique de réduction carbone « hautement insuffisante », tout comme plusieurs autres géants démographiques ou économiques, comme l’Inde, le Brésil, l’Australie, la Corée du Sud, l’Indonésie ou le Mexique. L’ONG pointe enfin cinq Etats aux politiques « critiquement insuffisantes ». La Russie est en tête de ces mauvais élèves, aux cotés de l’Iran, de l’Arabie Saoudite, de la Thaïlande et de Singapour.

Climate Action Tracker insiste par ailleurs sur la nécessité d’agir vite, à échéance courte ou moyenne. En effet, si de très nombreux pays se sont donnés un objectif de neutralité carbone en 2050, « l’échéance la plus importante est celle de 2030, date à laquelle les émissions globales doivent avoir été réduites de 50 %. Les gouvernements sont mal partis pour l’atteindre », critique le rapport.

Le texte souligne d’ailleurs que de trop nombreux objectifs de neutralité carbone sont flous et vagues. Or, et c’est tout l’enjeu de la prochaine COP, le monde a besoin d’objectifs à court terme, précis, clair et contraignants.

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Landes : Enedis lance Reflex, pour l’effacement des centrales photovoltaïques en cas de surproduction

16 septembre 2021 à 13:25
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Ce 15 septembre 2021, Enedis a lancé l’appel au marché de Reflex, dans les Landes : ce projet smart grid va piloter l’effacement de la production de certains producteurs d’électricité renouvelable (en particulier photovoltaïque) en cas de forte surproduction. Le but est de pouvoir raccorder davantage de centrales renouvelables sur chaque poste source, sans avoir à effectuer des travaux d’infrastructures supplémentaires. Le gain espéré est de 130 MWc de puissance renouvelable supplémentaire. Une expérimentation du même ordre est en cours dans la Somme.

Pourquoi la surproduction photovoltaïque ou éolienne peut être dangereuse pour le réseau électrique

L’injection d’électricité issue de sources renouvelables intermittentes pose plusieurs types de soucis au réseau électrique. Si les situations où la production est trop faible pour la consommation sont plus souvent mises en avant, notamment parce qu’elles imposent l’utilisation de sources d’appoint pilotables, celles où la production est trop importantes sont tout aussi problématiques.

En effet, si, à un instant T, l’injection d’électricité sur un réseau électrique dépasse la consommation, la tension sur ce réseau va augmenter, dépassant sa fréquence normale (50 Hz), au risque de dommages considérables sur les équipements électriques. Il est dès lors indispensable de maintenir un équilibre constant entre production et consommation d’électricité sur un réseau électrique.

L’intermittence d’une source de production électrique peut donc devenir hautement problématique si la production devient trop forte pour la consommation. C’est notamment le cas du photovoltaïque, durant des journées de plein ensoleillement en été. Dans ces moments où la consommation électrique en éclairage et en chauffage est limitée, le risque d’un pic de tension est réel.

Qui plus est, un poste source électrique est dimensionné pour recevoir une quantité maximale d’électricité. Si un trop grand nombre de centrales intermittentes sont branchées dessus, il risque d’importants dommages en cas de pic de production.

Reflex, une solution d’effacement de la production renouvelable, qu’Enedis va expérimenter pendant trois ans

C’est pour répondre à ces problématiques qu’Enedis développe différentes solutions de flexibilité, en particulier des dispositifs d’effacement de la production photovoltaïque (qu’il ne faut surtout pas confondre avec l’effacement de la consommation, autre outil de la flexibilité, mais en cas de consommation dépassant la production). Ce 15 septembre 2021, Enedis a ainsi lancé l’appel de marché du projet Reflex dans les Landes.

Cette expérimentation, développée également dans la Somme, va permettre d’effacer une partie de la production photovoltaïque en cas de surproduction. Reflex a donc pour objectif d’augmenter la quantité de centrales photovoltaïques raccordées au réseau sans infrastructures supplémentaires.

En effet, une fois ce dispositif mis en place, « les installations éoliennes et photovoltaïques pourront être raccordées sans attendre des travaux supplémentaires notamment dans les postes-sources en permettant l’augmentation des capacités d’accueil en contrepartie d’écrêtements ponctuels des producteurs », selon Enedis.

Pour vulgariser, Christophe Cres, directeur territorial d’Enedis dans les Landes, décrit Reflex comme un “bison futé de l’électricité” :“Sur une autoroute à deux voies, on ne va pas mettre une troisième voie pour un ou deux jours d’embouteillages dans l’année. On va plutôt demander aux conducteurs d’éviter de se déplacer. Le principe de Reflex est un peu le même : quelques heures dans l’année, on va demander à des producteurs photovoltaïques dans les Landes de s’effacer”, explique-t-il.

Dans le détail, un centre de prévision de la production photovoltaïque situé à Pau pourra anticiper les flux à J+1. Si la production menace de dépasser la consommation, le smart grid demandera aux producteurs d’éteindre quelques-uns de leurs panneaux solaires pendant une courte durée (10 à 15 heures par an). Permettant ainsi de lisser la production, et autorisant, de fait, de raccorder davantage d’installations photovoltaïques sur le territoire, sans risquer de surproduction.

Enedis estime que l’ensemble du dispositif permettra de raccorder 200 MWc de puissance supplémentaire sur les deux territoires, dont 130 MWc dans les Landes. Reflex participe ainsi à l’ambition du département d’atteindre une électricité 100% renouvelables à horizon 2030. L’expérimentation va se poursuivre jusqu’en 2024 et, en cas de succès, elle pourra être étendue sur l’ensemble du territoire.

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