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À partir d’avant-hierL'EnerGeek

Le rapport de RTE sur la neutralité carbone invite à miser sur le nucléaire ET les ENR

26 octobre 2021 à 07:10
rapport rte neutralite carbone miser nucleaire enr - L'Energeek

Ce lundi 25 octobre 2021, RTE a remis son rapport sur les différents scénarios de mix électrique permettant d’atteindre la neutralité carbone en 2050 en France. Il explore six options, et, si le développement des EnR intermittents est jugé indispensable pour électrifier tous les usages, investir massivement dans le nucléaire (14 nouveaux EPR) est le scénario à la fois le plus économique et le plus sûr technologiquement.

Selon RTE, pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France doit s’appuyer sur l’électricité, via un mix de nouveau nucléaire et d’EnR

Après 2 ans de travaux, 40 réunions techniques et pas moins de 4 000 contributions, RTE a enfin remis au président de la République, ce 25 octobre 2021, son rapport sur les implications d’un système électrique permettant d’atteindre la neutralité carbone en 2050 : il détaille six scénarios avec une part plus ou moins grande de renouvelables et de nucléaire. Un rapport d’une ampleur inédite en Europe.

Sa première conclusion est sans surprise : pour décarboner son mix énergétique, la France devra s’appuyer massivement sur l’électricité, et réduire drastiquement sa consommation énergétique. Les énergies fossiles représentent encore, en 2020, 63% des 1 600 TWh consommée en France, contre 25% pour l’électricité (449 TWh). Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, l’électricité devra couvrir 55% des 930 TWh d’énergie consommée, soit 645 TWh.

L’électrification est en effet le principal levier pour décarboner de nombreux secteurs (transport, bâtiment, industrie), soit directement, soit via l’usage d’hydrogène vert produit par électrolyse de l’eau. Le défi est donc d’augmenter fortement la production électrique, sans avoir recours à de nouvelles centrales thermiques, en sachant qu’une majorité des réacteurs nucléaires en activité seront arrivés, en 2050, en fin de vie, même en les prolongeant au maximum (60 ans), et que le potentiel hydro-électrique français est presque entièrement valorisé.

RTE a donc défini six scénarios de neutralité carbone, allant de 100% de renouvelables en 2050 (avec sortie du nucléaire), jusqu’à la construction de 14 nouveaux EPR d’ici 2050. Et la conclusion de RTE est sans appel, et loin des positions idéologiques réclamant un tout-nucléaire ou un tout-renouvelable : “Si nous voulons être à l’heure des objectifs climatiques en 2030 puis 2050, à un coût maîtrisé et sans prendre le risque d’être exposé à des technologies encore peu matures, nucléaire et énergies renouvelables devront s’entendre dans les prochaines années”, affirme ainsi Xavier Piechaczyk, le président du directoire de RTE.

Les EnR : indispensables, mais trop coûteuses seules

Le premier enseignement de ce rapport est en effet que, même dans le scénario N03, qui propose le développement le plus massif possible du nucléaire (prolongation de 60 ans des réacteurs de seconde génération, construction volontariste d’EPR 2 et de SMR), l’atome n’atteindrait que 50 GW de capacité en 2050, soit environ 50% des besoins électriques à cette date.

Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France n’a donc pas le choix : elle doit investir largement dans les renouvelables, en particulier pour la période 2020-2035 (puisqu’il faudra au moins attendre 2035 pour voir un nouveau réacteur nucléaire entrer en service), cruciale selon le Giec.

En revanche, le scénario de 100% renouvelables en 2050 semble irréaliste. Il nécessiterait en effet un développement des EnR plus véloce que les pays européens les plus rapides sur le sujet. Et surtout il imposerait d’énormes coûts associés, ainsi que la construction d’entre 40 et 60 nouvelles centrales thermiques au biogaz.

Certes, les coûts de l’éolien et ldu photovoltaïque sont en chute libre. Mais leur variabilité impose, s’ils deviennent majoritaire dans le mix électrique, de très lourds investissements pour assurer la stabilité des réseaux électriques (via l’équilibre constant entre la production et la consommation) et la régularité de l’approvisionnement.

Entre les nouvelles interconnexions, les outils de flexibilité et de pilotage de la demande, les moyens de stockage (STEP, batteries…) et de nouvelles centrales thermiques à hydrogène ou biogaz, la facture s’avérerait très lourde. Elle serait beaucoup plus raisonnable en développant de nouvelles capacités nucléaires.

Les scénarios les plus compétitifs impliquent de construire de nouveaux réacteurs nucléaires

“Les scénarios comprenant de nouveaux réacteurs nucléaires apparaissent plus compétitifs”, résume ainsi RTE. Le gestionnaire du réseau de transport estime le différentiel de coût annuel à 10 milliard d’euros entre un scénario de construction de 14 nouveaux EPR (avec une prolongation des réacteurs actuels jusqu’à 60 ans et des investissements d’importance dans les EnR) et un scénario à 87% de renouvelables s’appuyant essentiellement sur des grands parcs éoliens et photovoltaïques (sans nouveau nucléaire, en prolongeant les réacteurs actuels jusqu’à 60 ans).

Dans le cas d’un scénario avec davantage d’EnR diffus (photovoltaïque en toiture par exemple), le différentiel gonflerait même à 14 milliards d’euros. Cette évaluation s’appuie sur les coûts des EPR 2 estimés par EDF.

Mais même en supposant que tous les nouveaux EPR aient un coût final équivalent à celui de Flamanville, dont la facture a explosé, – un scénario très peu probable, les EPR 2 conçus par EDF et Framatome étant beaucoup plus « simples » et normalisés que le prototype de Flamanville -, le scénario s’appuyant sur 14 nouveaux EPR et des SMR resterait plus économique que le moins cher des scénario favorisant les EnR.

Mais la bonne nouvelle du rapport, c’est que ces scénarios sont réalisables sans une explosion des coûts, en particulier de l’électricité. “Le système électrique demain devient plus coûteux, et c’est normal, car il est plus gros et l’électricité devient dominante. Mais dans nos calculs de référence, quand on rapporte au MWh consommé, nous sommes entre quelques pourcents et 30% pour certains scénarios” à horizon 2060, détaille RTE. Le scénario N03 (avec 50% de nucléaire) ne dépasserait ainsi pas les 15% de hausse par MWh.

De lourds investissements à prévoir, qui seront largement rentabilisés par les économies réalisées

Certes les investissements demeurent importants, de l’ordre de 750 à 1 000 milliards d’euros sur 40 ans. Mais ils permettraient de réduire progressivement les importations de combustibles fossiles, soit des économies rapidement nettement supérieures à ces investissements. Le coût de l’électricité sera également plus stable. Par ailleurs, une neutralité carbone signifie aussi une meilleure qualité de l’air, et des dépenses liées à la pollution (notamment de santé) bien plus faibles.

RTE reconnaît certes que ce rapport s’appuie sur des prévisions sur l’économie, la démographie et le coût des technologies et des matières premières qui n’ont rien de garantis. Pour autant, les ordres de grandeur restent valables, et les comparatifs entre les différents scénarios crédibles.

RTE conclue enfin sur la nécessité d’agir le plus vite possible : “Il y a urgence à décarboner nos usages, il y a urgence à électrifier l’économie car cela sert la décarbonation. Il y a aussi urgence à prendre les orientations sur notre futur mix électrique. Car plus tôt ces orientations seront prises, plus vite nous serons en ordre de marche vers nos objectifs climatiques. Si on ne les prend pas maintenant, on aura probablement du mal à être au rendez-vous de la neutralité carbone à horizon 2050, ou encore de la réduction des émissions de 55% d’ici 2030 que prévoit l’Union européenne”, explique ainsi le patron de RTE Xavier Piechaczyk.  

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Hausse des prix de l’énergie : comment les autres pays font face

26 octobre 2021 à 14:45
Hausse des prix de l'énergie : comment les autres pays font face

A l’échelle de l’Union Européenne, aucune réponse groupée n’a encore émergé pour répondre à la hausse des prix de l’énergie. La réunion des 27, qui se tient depuis hier, devrait surtout mettre en lumière les dissensions entre les participants sur la question de l’énergie. Pour l’instant, les seules solutions proposées sont déployées état par état.

Un “bouclier tarifaire” contre la hausse des prix de l’énergie

Le gouvernement français a fait voté, la semaine dernière, une loi en faveur d’un “boucler tarifaire”. Le principe, qui n’est pas sans rappeler la TIPP, vise à limiter la hausse des tarifs d’électricité et de gaz. La hausse sera amortie par une baisse des taxes prélevées par l’état.

Ce levier séduit aussi d’autres pays d’Europe. En Allemagne, les gestionnaires du réseau électrique vont baisse de 50% la redevance sur l’électricité. Du côté de l’Espagne, le gouvernement a successivement décidé d’une baisse temporaire de la TVA sur l’électricité et de l’impôt sur l’électricité. La TVA passe de 21% à 10%. Et l’impôt spécial sur l’électricité passe de 5,1% à 0,5%. En Italie, le gouvernement a pris une mesure encore plus radicale. Il a décidé de suspendre purement et simplement les taxes sur l’énergie jusqu’au 31 décembre 2021.

Des aides pour les foyers modestes

En France, le chèque énergie existait avant la flambée des prix de l’énergie. Mais dans d’autres pays d’Europe, la crise actuelle est l’occasion de déployer des mesures inédites pour aider les foyers les plus modestes. Le gouvernement polonais vient ainsi d’annoncer le déblocage de 330 millions d’euros. Cette enveloppe servira à financer des aides pour les ménages aux faibles revenus. Les Polonais pourront la toucher dès le début d’année 2022. Le gouvernement estime qu’un foyer polonais sur cinq sera éligible.

Du côté de la Belgique, le gouvernement a choisi une mesure combinée : un chèque énergie vient en renfort du tarif social de l’énergie. Les foyers modestes pourront bénéficier d’un chèque de 80 euros pour faire baisser leur facture d’énergie. Et le chèque énergie sera cumulable avec un tarif préférentiel pour l’électricité et le gaz. En Belgique, presque un million d’habitants sont déjà éligibles à ce tarif social de l’énergie.

Plafonner les bénéfices des énergéticiens

L’Espagne est un des pays d’Europe a avoir été le plus durement touché par la hausse des prix de l’énergie. En effet, le pays est particulièrement dépendant de ses importations de gaz pour produire son électricité. L’impact sur le prix de l’électricité a donc été violent pour les consommateurs espagnols. Le mégawattheure a ainsi connu une hausse de 55 euros sur le premier semestre 2021.

Pedro Sanchez, premier ministre de l’Espagne, a donc annoncé une mesure supplémentaire pour lutter contre la hausse des prix de l’énergie. A la mi-septembre, il a annoncé le plafonnement des bénéfices pour plusieurs fournisseurs d’électricité. Le plafonnement doit durer 6 mois. Et sur cette durée, les excédents devront être redistribués aux foyers les plus modestes. Le gouvernement espagnol espère ainsi mobiliser une aide de 2,6 milliards d’euros entre novembre et mars 2022.

Les automobilistes : grands oubliés ?

Malgré la flambée des prix du pétrole, les pays européens sont peu nombreux à prévoir des mesures spéciales pour les automobilistes. Dans certains pays, les prix à la pompe connaissent une hausse vertigineuse. C’est par exemple le cas en Belgique, où le sans-plomb 98 atteint désormais 1,80€ du litre.

En France, Jean Castex a annoncé la mise en place d’une indemnité inflation. Elle sera de 100 euros pour les Français qui gagnent “moins de 2 000 euros net par mois”. Pour faciliter sa mise en place, le gouvernement renonce à faire la distinction entre les utilisateurs quotidiens de voitures et les travailleurs qui ont recours aux transports en commun.

Ailleurs en Europe, les aides aux automobilistes restent peu nombreuses. Le Portugal est le pays qui a pris la mesure la plus large. Le gouvernement a mis en place, courant octobre, une aide de 10 centimes pour chaque litre de carburant. Le plafond mensuel est de 50 litres. Cette aide entrera en vigueur dès le 1e novembre. Elle durera plusieurs mois et ne prendra fin qu’au 31 mars 2022.

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Le Fonds France Nucléaire, nouvelle étape du plan France Relance

28 octobre 2021 à 17:18
Le Fonds France Nucléaire, nouvelle étape du plan France Relance

Le 21 octobre, EDF et le gouvernement français ont annoncé le lancement du Fond France Nucléaire. Il s’agit d’une nouvelle étape du Plan France Relance. Et elle vise à soutenir l’ensemble de la filière nucléaire grâce à un budget initial de 100 millions d’euros. La création de ce nouveau fonds, à la veille de la COP26 qui s’ouvrira dimanche en Ecosse, affirme un peu plus la place qu’Emmanuel Macron entend donner au nucléaire dans la stratégie énergétique tricolore.

Lancement du Fonds France Nucléaire

L’état français et EDF, via sa filiale EDEV, s’associent pour lancer le Fonds France Nucléaire. La décision a été annoncée le 21 octobre dernier. L’état et EDF vont chacun souscrire 50 millions d’euros pour doter le Fonds. Ce budget initial financera les premiers projets. Et à terme, l’objectif du fonds est de mobiliser 200 millions d’euros d’ici à 2023 autour du nucléaire.

A quoi servira ce Fonds France Nucléaire. Il “a pour objectif de réaliser des investissements destinés à accompagner la croissance des PME et des ETI de la filière nucléaire”. Concrètement, l’état et EDF veulent donner un nouvel élan à la filière nucléaire en accompagnant les investissements financiers nécessaires aux entreprises. La Sigefi Private Equity a déjà été choisie pour assurer la gestion du Fonds. Sa mission sera de sélectionner et prioriser les entreprises éligibles au Fonds. EDF a d’ores et déjà annoncé que les entreprises prioritaires seraient celles “possédant un savoir-faire important pour l’industrie nucléaire nationale”.

Déjà 470 millions d’euros pour le nucléaire

La décision de créer le Fonds France Nucléaire intervient dans un climat tendu. Le nucléaire est loin de jouir d’une bonne image auprès du large public. Les Français sont sceptiques face à l’atome, même s’il permet à la France de produire une électricité moins carbonée que certains de ses voisins européens.

Mais du côté de l’Elysée, Emmanuel Macron veut défendre la place du nucléaire dans le mix électrique tricolore. Ainsi, le Plan France Relance prévoit déjà une enveloppe de 470 millions d’euros pour la filière nucléaire. Ce budget doit servir à soutenir la recherche et le développement. Mais il prévoit aussi d’investir dans le renforcement des compétences et la “modernisation de l’outil industriel”.

Le nucléaire fait plus que jamais débat

Au niveau européen, le nucléaire reste un sujet qui fait débat malgré le soutien affiché par la France. Officiellement, le nucléaire n’entre pas dans la liste des sources d’énergies vertes. Et il n’est toujours pas mentionné dans la taxonomie européenne. Au-delà de la mobilisation de capitaux pour soutenir la filière, le gouvernement français entend bien placer le nucléaire au cœur de la future stratégie énergétique de l’Hexagone et de l’UE.

Le 10 octobre dernier, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et la ministre déléguée en charge de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, ont signé une tribune de soutien au nucléaire. Le texte était intitulé “Nous, les Européens, avons besoin du nucléaire”. Et il était signé par une quinzaine d’autres ministres de l’Union Européenne. L’opposition autour du nucléaire, tant en France qu’au niveau européen, n’est pas prête de s’essouffler. Et la question devrait encore être au centre des discussions lors de la COP26.

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Rénovation de l’éclairage public : un enjeu majeur de la transition énergétique

29 octobre 2021 à 15:44
Rénovation de l'éclairage public : un enjeu majeur de la transition énergétique

Depuis un mois, l’ADEME et EDF multiplient les prises de parole autour d’un sujet : la rénovation de l’éclairage public. Le chantier doit s’effectuer au niveau local. Mais c’est pourtant bien un enjeu national en matière de transition énergétique. L’éclairage représente une part de consommation électrique importante. Et il est aussi un poste de dépense lourd pour les communes. Pourtant, la rénovation de l’éclairage public vers des solutions plus économiques et durables tarde à se concrétiser.

Quand les mairies coupent la lumière

Le 26 octobre, le conseil municipal de la commune de Plouzévédé se réunissait. Une des questions à l’ordre du jour était l’éclairage public. Pour cette petite commune du département du Finistère, l’éclairage public coûte cher. Et l’heure est aux économies d’énergie. A l’unanimité, le conseil municipal a donc pris une décision : couper l’éclairage public à titre occasionnel. La mesure devra se limiter à certaines zones. Et les coupures seront de courtes durées. La mesure devrait aussi permettre à la commune de faire des économies sur ses dépenses électriques annuelles.

La situation de Plouzévédé n’a rien d’exceptionnel. En province, les petites et moyennes communes sont nombreuses à prendre la même décision. Si certaines sont motivées par les enjeux écologiques, la plupart effectuent des arbitrages par motivation économique. En effet, EDF estime qu’en moyenne 41% des dépenses en électricité des communes concernent l’éclairage public.

L’ADEME et EDF encouragent la rénovation de l’éclairage public

Début octobre, l’ADEME a publié un guide : Rénover l’éclairage extérieur. Une véritable incitation pour que les communes investissent dans de nouveaux équipements urbains. Et si on en croit le bilan dressé par EDF, la situation est en effet urgente.

L’énergéticien constate que l’éclairage coûte très cher aux collectivités. “Ce poste de dépenses est d’autant plus gourmand dans le budget des collectivités qu’aujourd’hui, nombre d’entre elles sont confrontés au vieillissement des équipements d’éclairage devenus obsolètes et inutilement énergivores.” EDF dresse un constat sans appel : sur les 9,5 millions de points lumineux dans l’Hexagone, 45% ont plus de 25 ans. EDF estime ainsi que la rénovation de l’éclairage public permettrait entre 50% et 75% d’économies d’énergie. Et autant d’économies sur la facture des collectivités. Mais comment mettre ce chantier en œuvre ?

50% d’économies sur la facture électrique à la clé

Les économies estimées par EDF ont de quoi faire rêver. Le rapport d’EDF annonce une baisse possible de 50% sur la facture d’électricité des communes. “Rénover l’éclairage urbain, plutôt que maintenir en état des installations vétustes énergivores, permet de réduire significativement les coûts d’exploitation par des choix de sources, de luminaires, de supports et de cycles d’entretien plus économes.” Une bonne idée sur le papier. Mais la suggestion d’EDF d’investir dans des lampadaires connectés risque de faire tiquer plus d’une commune française. Car nombre d’entre elles n’ont pas les moyens pour ce type de chantier.

Plus de services connectés pour la rénovation de l’éclairage public

“Le réseau d’éclairage public est la porte d’entrée vers la ville intelligente”. La phrase de présentation des services connectés d’EDF pourrait sembler poussive. Elle met pourtant bien en lumière les nombreux enjeux économiques, écologiques et technologiques au coeur de la rénovation de l’éclairage public. En rénovant les infrastructures d’éclairage, les communes ont l’opportunité de faire installer différents types de capteurs. Qu’il s’agisse de capteurs de luminosité, de pollution, ou de trafic, ils permettent de piloter le réseau d’éclairage en temps réel. La transmission des données en temps réel élargit les options pour régler l’éclairage en fonction des conditions extérieures. Il s’agit là d’un outil performant pour mettre en place une mobilité intelligente et durable.

Ce type de solution est déjà déployé. Mais on le trouve principalement dans les grandes agglomérations. Depuis trois ans maintenant, la ville de Clermont-Ferrand est équipée d’un réseau d’éclairage public connecté. Les 16 500 points lumineux de la ville sont pilotés par une seule application. Elle permet d’ajuster l’intensité lumineuse en fonction des besoins. Elle détecte aussi à distance les pannes des lampadaires connectés pour faciliter la maintenance.

Coup de projecteur sur les aides financières par l’ADEME

Si de grandes agglomérations peuvent mobiliser les capitaux nécessaires à la rénovation de leur éclairage public, tel n’est pas le cas des petites et moyennes communes. L’ADEME a bien conscience de ce frein. Et elle tente d’encourager les collectivités en communiquant sur les aides financières disponibles. Dans son guide « Rénover l’éclairage extérieur », elle dresse la liste des aides disponibles. L’ADEME cible notamment les certificats d’Economies d’Energies et les fonds de concours. Mais l’Agence met aussi l’accent sur l’utilité de la taxe communale sur la consommation finale d’électricité pour aider au financement des travaux. Mais ces leviers financiers seront-ils suffisants pour encourager les collectivités locales ?

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COP26 à Glasgow : les enjeux pour l’énergie

31 octobre 2021 à 14:00
COP26 à Glasgow : les enjeux pour l'énergie

La COP26 s’ouvre aujourd’hui à Glasgow. Les leaders du monde dont réunis pour trouver un moyen de concrétiser les promesses de l’Accord de Paris. Une tâche rendue ardue par les dissensions entre états. A cela s’ajoute encore les effets de la crise sanitaire : la relance industrielle réclame de gros besoins en énergie. Dans un tel contexte, quelle stratégie en matière d’énergie peut-on attendre de la COP26 ?

“Les engagements climatiques affichés sont bien en-deçà de ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris sur le climat.” Le rapport 2021 des Nations Unies sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre est alarmant. Et sa publication quelques jours seulement avant le début de la COP26 a lancé un pavé dans la marre. Pour tenir les objectifs, les états concernés devraient revoir leurs engagements pour de réduction de GES. Ils devraient être 7 fois supérieurs à ce qu’ils sont maintenant pour limiter le réchauffement climatique. Toutefois, la nouvelle n’en est pas vraiment une. Depuis un an, les rapports d’analyse se multiplient. Et même le dernier rapport du GIEC avait déjà sonné l’alerte.

Mais cet appel sera-t-il entendu par les participants à la COP 26 ? Début octobre, lors des réunions préparatoires, Antonio Guterres ne cachait pas l’importance du rendez-vous. “Nous avons un pouvoir immense. Nous pouvons soit sauver notre monde, soit condamner l’humanité à un avenir infernal.”

L’énergie au coeur des attentes de la COP26

A Glasgow, les dirigeants vont devoir remettre sur la table les engagements pris par chaque état en faveur d’une énergie plus responsable. L’Accord de Paris visait une limitation du réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius. Pour tenir cette promesse, il faudra en premier lieu repenser le modèle énergétique du monde. Problème : c’est peut-être LE sujet sur lesquels les états ont le moins de chances de tomber d’accord. La neutralité carbone, visée au départ pour 2050, semble être un objectif inatteignable pour cette date.

En théorie, l’espoir devrait se trouver du côté des énergies renouvelables. Mais aucune discussion formelle n’est prévue sur le sujet. En cause ? Même si les gouvernements sont nombreux à s’accorder sur l’intérêt de l’énergie verte, ils sont nombreux à rencontrer des difficultés pour la mettre en place. La situation des Etats-Unis est particulièrement emblématique. Le président Biden, qui veut défendre la place de l’énergie verte, se heurte actuellement à l’opposition de son propre camp. Et son Clean Electricity Performance Program est actuellement bloqué par… un sénateur démocrate défenseur du charbon !

COP26 : le tabou de l’énergie fossile

Même si sa consommation stagne depuis 2013, le charbon reste l’énergie fossile qui émet le plus de gaz à effet de serre. Problème : le charbon est indispensable à la production d’électricité mondiale. Et son avenir est étroitement lié à la Chine, qui consomme la moitié de cette ressource. Or, le président chinois a décidé de faire l’impasse sur la COP26.

Dans ses analyses de mai dernier, l’AIE préconisait de faire baisser la production de charbon de 11% chaque année. Il encourageait aussi à diminuer la production de pétrole de 3% et de gaz de 4% par an. Mais pour atteindre de tels objectifs, il faudrait d’abord convaincre les pays les plus dépendants aux énergies fossiles de les abandonner. Mais là encore, les dialogues risquent d’être limités en l’absence de la Russie, 4e pays le plus pollueur au monde, et gros producteur de gaz.

Y aura-t-il un accord à Glasgow ?

Concrètement, aucun nouvel accord ne doit voir le jour lors de cette nouvelle COP. En revanche, le gouvernement britannique, qui préside l’évènement, espère bien parvenir à un consensus autour des mesures d’urgence à prendre. Malheureusement, l’heure n’est pas à l’optimisme. La COP de Madrid s’était soldée par un échec. Depuis l’Accord de Paris, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont encore augmenté. Pire : à Glasgow, no le président chinois ni le président russe ne seront présents. Boris Johnson veut quand même croire en l’engagement des pays présents. “C’est une chance que nous ne devons pas manquer.”

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France : un vent d’optimisme souffle sur l’éolien en mer

2 novembre 2021 à 15:49
L'éolien en mer a le vent en poupe

Longtemps restée secondaire dans le paysage des renouvelables en France, la place de l’éolien en mer pourrait bientôt changer. Avec la mise en service prochaine de quatre parcs éoliens, l’émergence d’une filière d’excellence française et la création de nombreux emplois dans les territoires, l’éolien offshore s’impose désormais durablement en France, aux côtés du nucléaire et des autres sources d’énergie bas-carbone. Néanmoins, la faiblesse des objectifs gouvernementaux en termes de capacité installée illustre un secteur qui marche à deux vitesses. Le rapport de RTE publié le 25 octobre confirme le caractère incontournable de l’éolien en mer dans le mix énergétique français futur et devrait ainsi accélérer les prises de décision.

Vent en poupe pour l’éolien en mer

Avec la plus grande façade maritime d’Europe, et un régime de vent favorable, le faible nombre d’éoliennes au large de nos côtes reste une bizarrerie française. Le potentiel technique théorique de l’éolien en mer est, aujourd’hui, estimé à 80 GW pour l’éolien posé et à 140 GW pour l’éolien flottant, selon les conclusions de France Énergie Éolienne. Une spécificité géographique, et donc un atout, dont ne bénéficie qu’une infime partie des pays du monde.

Dans le rapport GWEC Offshore Wind 2020, il est estimé que la capacité mondiale de l’éolien en mer devrait atteindre 235 GW d’ici 2030, soit une multiplication par 7 de la capacité installée aujourd’hui. Selon l’AIE, ce marché pourrait représenter plus de 1000 milliards de dollars d’ici 2040, son directeur, Fatih Birol, estimant que « l’éolien en mer semble aujourd’hui être la prochaine solution pour résoudre le problème de la transition énergétique ».

De nombreux pays européens ont aujourd’hui pris la mesure du potentiel de cette technologie. C’est d’ailleurs en Europe que la production à partir de cette technologie est principalement concentrée. Sophie Meritet, maîtresse de conférences à l’université Paris-Dauphine-PSL, rappelle ainsi que « cinq pays (Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Danemark et Chine) représentent près de 95 % des capacités installées d’éolien offshore. C’est un secteur très concentré ».

Structuration de la filière

Portés par le développement de ce marché, les nouveaux projets prolifèrent. L’État multiplie les appels d’offres, à l’image de celui sur le huitième parc éolien en mer, attendu pour 2028 au large des côtes normandes. Il s’agit du plus important mis sur le marché à ce jour en France, avec une puissance maximale de 1000 MW. L’installation attendue de ces parcs éoliens offshore n’a néanmoins pas empêché la filière française de prendre les devants et de se structurer, autour de ses atouts industriels. Ainsi, la France a su attirer sur son territoire la fabrication de la turbine Haliade-X de General Electric (GE), la plus grande et la plus puissante éolienne offshore construite à ce jour, capable de produire l’équivalent de la consommation quotidienne de 23 000 foyers.

GE a ainsi positionné la France comme vaisseau amiral de son activité éolien en mer, avec pour preuve la localisation de son usine d’assemblage de nacelles à Montoir de Bretagne près de Saint-Nazaire et son usine de production de pales à Cherbourg. Ce faisant, GE emploie aujourd’hui plus de 1200 personnes soit deux fois plus qu’il y a 2 ans, crée 200 nouveaux emplois dans son usine de Cherbourg cette année et prévoit d’en doubler la taille en 2024 afin de répondre à la demande croissante des marchés étrangers. Selon l’Observatoire des Energies de la Mer, le secteur des énergies marines renouvelables (EMR) comprenait 4 859 emplois directs en 2020, soit 1794 de plus qu’en 2019, représentant une augmentation de 59 %. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2021, grâce à « l’amplification des opérations en mer ainsi que le début des travaux pour le parc de Courseulles-Sur-Mer (Calvados) » indique l’Observatoire dans son cinquième rapport publié le 22 juin 2021.

Le développement de cette filière s’illustre aujourd’hui très concrètement à Saint-Nazaire avec la construction en cours du premier parc éolien offshore français, dont les 80 éoliennes assemblées dans l’usine Nazairoise seront installées en 2022. Pour Bruno Bensasson, directeur des énergies renouvelables chez EDF : « À terme, le parc permettra de produire de l’électricité pour 700 000 personnes, ce qui représente 20 % de la consommation du département de la Loire-Atlantique ».

Une réussite d’autant plus importante que pour l’heure, 90 % de l’électricité consommée dans ce département provient des énergies fossiles. L’usine de Saint-Nazaire va fonctionner à plein régime pendant plusieurs années. Un succès rendu possible par l’investissement continu de GE depuis le rachat de cette activité à Alstom en 2015, qui ne comptait alors qu’une centaine d’emplois et des ressources trop limitées pour accompagner un tel développement.

Export et innovation : des perspectives florissantes

Au-delà des emplois et de la valeur créés aujourd’hui par la filière de l’éolien en mer en France, le secteur est également très prometteur pour le rayonnement industriel français qu’il pourrait susciter à l’étranger, ainsi qu’aux innovations elles aussi génératrices de nouvelles opportunités. Le savoir-faire développé à Cherbourg et Saint-Nazaire par GE ainsi que les nombreux emplois en rapport, devraient permettre à la France d’exporter sa production sur des projets d’envergure, comme c’est déjà le cas pour les deux parcs éoliens développés par Orsted au large des côtes du Maryland et du New Jersey (120 et 1100 MW) et le parc de Dogger Bank Wind Farms, d’une capacité de 3 600 MW (actuellement le plus grand parc éolien du monde au large des côtes du Yorkshire au Royaume-Uni).

Enfin, la filière éolienne en mer promet également d’être source majeure d’innovations à mesure de son arrivée à maturité. De manière similaire à ce que l’on a pu observer dans le passé pour la technologie photovoltaïque, la filière de l’éolien en mer développe aujourd’hui chaque année des produits plus performants, avec une courbe d’apprentissage extrêmement rapide et efficace. L’exemple de l’Haliade-X est à ce titre frappant puisque ce produit est passé d’une puissance de 12 MW en 2019 à 13 MW en janvier 2021, et devrait désormais obtenir la certification 14 MW très prochainement. Ce progrès technique rapide permettra, en limitant le poids des nacelles, d’augmenter la puissance et ainsi de réduire le nombre d’éoliennes installé dans chaque parc. Il induira une nouvelle réduction des coûts et accéléra l’installation de ces parcs.

À échéance plus lointaine, le développement de l’éolien flottant devra permettre d’accéder à de nouveaux sites et offrir de nouvelles perspectives. Là encore, il faudra compter sur l’innovation des industriels du secteur pour relever les défis technologiques que pose le flottant.

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COP26 : 19 pays, dont les Etats-Unis et le Canada, vont arrêter de financer les énergies fossiles

5 novembre 2021 à 07:17
cop26 19 pays etats-unis canada arreter financer energies fossiles - L'Energeek.jpg

C’est sans doute l’annonce la plus marquante de ce début de COP26, celle dont l’impact sur le changement climatique pourrait être la plus importantes : ce 4 novembre 2021, 19 Etats et 5 organismes de financement public se sont engagés à ne plus financer de projets d’énergies fossiles à l’étranger dès 2023 (sauf si ces projets incluent des techniques de capture de carbone). Parmi les signataires figurent le Canada et, surtout, les Etats-Unis, un des plus importants investisseurs mondiaux dans les hydrocarbures.

A la COP26, 19 Etats et 5 organismes, dont les Etats-Unis, s’engagent à ne plus investir dans les énergies fossiles à l’étranger dès 2023

Certes, de grands pollueurs comme la Chine, l’Inde ou l’Australie sont absents des premiers accords signés en ce début de COP26, qui s’est ouverte ce 31 octobre à Glasgow, pour s’achever le 12 novembre.

Mais plusieurs pays ou organismes se sont déjà entendus pour réduire leurs investissements ou consommation d’énergies fossiles. Le charbon est notamment dans le viseur de cette COP26 : une quarantaine d’Etats ont ainsi promis de ne plus construire de nouvelles centrales, afin d’abandonner le charbon entre 2 030 et 2 040. L’accord concerne notamment plusieurs gros pollueurs au charbon comme le Vietnam, le Chili ou la Pologne.

Mais l’accord signé ce 4 novembre 2021 par 19 Etats et cinq organismes de financement public a une portée plus large encore, puisque les signataires promettent d’arrêter les investissement à l’étranger pour tout projet fossile (gaz naturel, pétrole, charbon), à moins qu’il ne dispose d’un procédé de capture du carbone.

Parmi les signataires figurent le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l’Italie, la Finlande ou le Danemark, des institutions comme la Banque Européenne d’Investissement (qui a arrêté dès cette année de financer les énergies fossiles) mais surtout deux grands investisseurs dans les fossiles, le Canada et, surtout, les Etats-Unis.

Une « annonce historique »

« C’est une annonce historique, car elle concerne tout le panel des financements internationaux aux énergies fossiles », et inclut « les financements bilatéraux, ceux via les banques de développement, et aussi les crédits à l’export des agences de crédit à l’exportation », expose Lucile Dufour, responsable des politiques de l’énergie de l’Institut international du développement durable, un think tank canadien.

Qui plus est, les pays signataires s’engagent à réorienter ces investissements vers les énergies propres, soit au moins 15 milliards de dollars (13 milliards d’euros) supplémentaires par an en faveur des renouvelables.

Pour autant, cet accord, s’il reste historique, manque encore d’ampleur. D’abord parce qu’il ne dit rien des investissements domestiques des pays signataires, en particulier les deux géants des hydrocarbures que sont le Canada et les Etats-Unis.

Ensuite parce que de nombreux pays manquent à l’appel. Notamment les trois plus gros investisseurs dans les énergies fossiles à l’étranger, Chine, Japon et Corée du Sud (de 8 à 10 milliards de dollars annuel chacun). Mais aussi une majorité des pays de l’Union Européenne, dont la France (même si l’Agence Française de Développement a signé l’accord).

Selon Lucie Pinson, directrice de l’ONG Reclaim Finance, cette absence « illustre le double discours de la France sur le financement public des énergies fossiles : elle le condamne au titre de sa politique de développement et persiste à le soutenir au titre de sa diplomatie économique ».

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Bouygues acquiert Equans, la filiale d’Engie dédiée aux services techniques dans l’énergie

8 novembre 2021 à 06:57
bouygues achete equans filiale engie services techniques energie - L'Energeek

Engie a fini par choisir, ce samedi 6 novembre, Bouygues comme acquéreur d’Equans, sa filiale spécialisée dans les services techniques dans l’énergie. L’opération, d’un montant de 7,1 milliards d’euros, sera effective courant 2022. Cette vente est la plus importante acquisition de l’histoire de Bouygues, et donne naissance à un géant de services techniques énergétiques.

Engie cède Equans, sa filiale des services techniques dans l’énergie, à Bouygues, pour 7,1 milliards d’euros

Ce samedi 6 novembre 2021, Engie a finalisé le processus de vente de sa filiale Equans, démarré en septembre 2021. Equans a en charge l’ensemble des services techniques dans l’énergie d’Engie, et a été séparée des activités de sa maison-mère pour permettre sa vente, et le recentrage d’Engie sur les renouvelables et les activités de réseau. Equans regroupe donc les activités de climatisation, chauffage et ventilation, électricité, numérique, mécanique ou services généraux opérés par Engie et ses filiales.

Trois candidats s’étaient portés acquéreurs. Engie a finalement préféré l’offre de Bouygues, d’un montant de 7,1 milliards d’euros, à celle d’Eiffage et du fonds américain Bain Capital. “L’offre de Bouygues était la mieux-disante au regard de l’ensemble des critères retenus par Engie, y compris sur le plan financier”, a annoncé l’énergéticien français dans un communiqué.

Cette acquisition, qui doit être finalisée au second semestre 2022, est la plus importante de l’histoire de Bouygues, qui prend le contrôle d’une entité réalisant plus de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaire par an, et compte 74 000 salariés dans le monde, dont 27 000 en France.

Le géant du BTP veut rassembler l’activité d’Equans avec celle de son pôle Energie & Service, pour donner naissance à un géant du secteur, fort d’un chiffre d’affaire combiné de 16 milliards d’euros et 96 000 salariés. Ce sera “le premier métier de Bouygues en termes de chiffre d’affaires et de nombre de collaborateurs”, a commenté Bouygues dans un communiqué.

Engie veut accélérer ses investissements dans ses « métiers clés, notamment dans les énergies renouvelables »

Les syndicats d’Engie se montrent prudents face à cette annonce, craignant que cette acquisition ne provoque des doublons et, par tant, des licenciements. Mais ils s’accordent pour reconnaître que le choix de Bouygues semblait le meilleur, ou, du moins, “le moins pire”, selon les mots de Gildas Gouvazé, de FO.

Engie a souligné que, pour les cinq années à venir, Bouygues “s’est engagé à ne mettre en oeuvre aucun plan de départs contraints en France et en Europe” et à “la création nette de 10.000 emplois”. Le géant des BTP a par ailleurs annoncé qu’il allait progressivement aligner les avantages sociaux des employés d’Equans “sur ceux actuellement proposés par le groupe Bouygues”.

The compelling offers that we received are a testament to @EQUANS_Official’s global leadership in technical services. By joining @GroupeBouygues, EQUANS will be ideally positioned to further benefit from the strong growth of its underlying markets.

— Catherine MacGregor (@cathmacgregor) November 6, 2021

“Les offres attrayantes que nous avons reçues témoignent du leadership mondial d’Equans dans les services techniques. En se joignant au groupe Bouygues, Equans sera idéalement positionné pour profiter davantage de la forte croissance de ses marchés sous-jacents”, a commenté la directrice générale d’Engie, Catherine MacGregor.

Elle estime par ailleurs que la vente d’Equans est “une étape majeure dans la mise en oeuvre de notre stratégie visant à simplifier notre groupe et à accélérer nos investissements dans nos métiers clés, notamment dans les énergies renouvelables”.

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COP26 : l’AIEA défend la place du nucléaire dans la lutte contre le changement climatique

9 novembre 2021 à 07:14
cop26 aiea nucleaire lutte changement climatique - L'Energeek

L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) s’est déplacé pour la COP26, qui se tient jusqu’au 12 novembre 2021 à Glasgow, au Royaume-Uni. Dans un entretien accordé à l’AFP, ce dimanche 7 novembre 2021, le patron de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, a défendu la place de l’énergie nucléaire, bas-carbone, dans la transition écologique et la lutte contre le changement climatique.

Pour le patron de l’AIEA, cette COP26 est « la première où l’énergie nucléaire a une chaise à la table »

« Nous n’étions pas les bienvenus, mais ça a changé ». Dans un entretien accordé à l’AFP ce dimanche 7 novembre 2021, Rafael Mariano Grossi, patron de l’AIEA, résume ainsi la place accordée à l’énergie nucléaire dans les débats en cours à la COP26, qui se tient jusqu’au 12 novembre 2021 à Glasgow, au Royaume-Uni.

« Cette COP est peut-être la première où l’énergie nucléaire a une chaise à la table, où elle a été considérée et a pu échanger sans le fardeau idéologique qui existait avant », détaille Rafael Mariano Grossi.

Le diplomate argentin, qui a pris la tête de l’AIEA en 2019, indique que le bilan carbone de l’électricité nucléaire la rend de nouveau attractive. En effet, les émissions du nucléaire proviennent exclusivement du béton nécessaire à la construction des centrales et de l’extraction de l’uranium (qui est un combustible à forte teneur énergétique, ce qui limite très fortement l’impact de son extraction et de son transport, comparativement au charbon ou au gaz naturel).

En analysant l’ensemble du cycle de vie, les émissions médianes du nucléaire s’établissent, selon le Giec, à 12 gCO2eq/kWh (avec un minimum à 3,7 et un maximum à 110), au coude-à-coude, pour la palme de l’électricité la moins carbonée, avec l’éolien – 11 gCO2eq/kWh pour le terrestre (min 7, max 56), 12 gCO2eq/kWh pour l’éolien en mer (min 8, max 35).

« L’énergie nucléaire fait partie de la solution au réchauffement »

« L’énergie nucléaire fait partie de la solution au réchauffement. Ce n’est pas la panacée, elle peut ne pas être pour tout le monde, mais elle fournit déjà plus de 25 % de l’énergie propre. Sans elle, on n’y arrivera pas », défend donc Rafael Mariano Grossi.

Face aux critiques habituelles sur l’atome (accidents, sort des déchets, coûts élevés), le patron de l’AIEA tempère, ou met en avant les avantages : « Le nucléaire ne s’arrête jamais, il fournit une articulation avec d’autres sources, dont les renouvelables. Les accidents sont rares, et quand vous regardez les statistiques en termes de conséquences, bien en deçà de ce que génèrent d’autres sources d’énergie ».

Il appelle d’ailleurs à prolonger aussi longtemps que possible les réacteurs existants, dans le respect des normes de sécurité. En effet, le seul équipement critique d’une centrale nucléaire qui se détériore avec le temps sans possibilité de réparation est la cuve contenant le combustible. C’est sa résistance qui détermine, in fine, la durée de vie de la centrale, car, sur tous les autres aspects, le niveau de sécurité d’une centrale nucléaire a tendance à croître avec le temps. De quoi envisager un prolongement jusqu’à 60 ans de la plupart du parc mondial.

Rafael Mariano Grossi indique par ailleurs que de nombreux pays en développement sont venus voir l’AIEA pour leur demander de l’aide afin de réussir leur transition énergétique. Certes, construire une nouvelle centrale représente des investissements de départ importants. Mais, pour des économies peu robustes, les SMR pourraient être une réponse, avec des investissements plus modestes, et des mises en service plus rapides.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) défend d’ailleurs la place du nucléaire dans la transition énergétique. Dans le nouveau rapport du Giec, la plupart des scénarios pour limiter le réchauffement à + 1,5 °C accordent une part accrue au nucléaire, en notant que son déploiement « peut être contraint par des préférences sociétales », mais en reconnaissant son efficacité.

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En pleine COP26, Nantes accueille les Assises des énergies renouvelables citoyennes

10 novembre 2021 à 07:27
cop26 nantes assises energies renouvelables citoyennes - L'Energeek.jpg

Ce lundi 8 novembre 2021 se tenait, à Nantes, la seconde édition des Assises des énergies renouvelables citoyennes. Organisé par l’Ademe, Énergie Partagée, la Banque des Territoires et la Région Pays de la Loire, cet événement a permis de faire se rencontrer des porteurs de projet, des acteurs de terrain et des spécialistes des dispositifs d’accompagnement, afin de soutenir la production d’électricité locale et citoyenne en France.

Seconde édition des Assises des énergies renouvelables citoyennes, à Nantes, ce 8 novembre 2021

A Glasgow (Royaume-Uni), la COP26, qui s’achève ce 12 novembre 2021, est entrée dans sa dernière ligne droite pour tenter de finaliser des engagements et des feuilles de route plus ambitieux au niveau mondial, afin de répondre à l’urgence climatique.

En France, ce lundi 8 novembre, à Nantes, la seconde édition des Assises des énergies renouvelables citoyennes réunissait associations, coopératives et entreprises citoyennes, professionnels de l’énergie renouvelable, organismes de soutien ou d’encadrement.

La production locale d’électricité renouvelable pilotée par des groupes citoyens a le vent en poupe en France et, si ces initiatives ne pourront pas assurer seules la transition énergétique de la France, produire davantage d’électricité décarbonée est une pierre à l’édifice de la lutte contre le changement climatique.

Ces Assises ont permis aux porteurs de « projets d’énergies renouvelables à gouvernance locale développés au plus près des territoires » de présenter l’avancée de leurs réalisations. Elles étaient également l’occasion, pour l’Ademe, Énergie Partagée, la Banque des Territoires et la Région Pays de la Loire, organisateurs de l’événement, de détailler leur « programme pragmatique et mode d’emploi pour monter un projet, riche d’exemples de terrain et de paroles d’élus », afin de soutenir la réalisation de nouvelles initiatives citoyenne en la matière.

La production d’énergie citoyenne produit de l’électricité renouvelable correspondant à la consommation de 900 000 personnes

Plusieurs tables rondes et stands permettaient notamment de se renseigner sur les feuilles de route types d’un projet d’EnR citoyen, les dispositifs d’accompagnement (financiers ou techniques), les professionnels locaux reconnus ou les moyens de financement.

Pour Energie Partagée, l’énergie renouvelable citoyenne est “une réappropriation de l’énergie par les citoyens, non seulement financièrement par leur implication au capital de ces projets de territoires, mais aussi par une participation active aux réflexions de fond qui composent une transition énergétique durable et partagée “. En fonction du type de projet, l’électricité produite par les groupes citoyens peut être revendue sur le réseau ou consommée sur place, dans une logique d’autoconsommation.

Selon les chiffres d’Energie Partagée, la France compte actuellement 256 projets citoyens d’énergies renouvelables labellisés, dont 142 en fonctionnement, pour un total de 513,2 MWc installés pour l’électricité (dont 370,8 MWc pour l’éolien et 140,7 MWc pour le photovoltaïque), et 21,1 MWc pour la pchaleur, produisant plus de 1 000 GWh d’électricité par an, équivalent à la consommation électrique (hors chauffage et eau chaude sanitaire) de près de 900 000 personnes.

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COP26 : vers des voitures zéro émissions en 2040 ?

11 novembre 2021 à 10:58
cop26 voitures zero emissions 2040 - L'Energeek

A la veille de la fin (prévue) de la COP26, une trentaine de pays et une dizaine de constructeurs se sont entendus, ce 10 novembre 2021, sur l’objectif (non contraignant) des 100% de véhicules neufs zéro émissions, pour les voitures individuelles et les camionnettes, en 2040 au plus tard, et en 2035 au mieux. Ce même jour, une première version de la déclaration finale de la COP26 a été rendue publique.

COP26 : une première mouture de déclaration finale en demi-teinte

La COP26 de Glasgow entre dans sa dernière ligne droite. Ce 10 novembre 2011, la présidence britannique a présenté une première version de la déclaration finale de la conférence sur le climat, qui doit s’achever ce vendredi 12 novembre (mais qui peut se prolonger).

Le texte appelle les pays à « réviser et renforcer », dès 2022, les contributions nationales (NDC), via notamment des « réductions rapides, fortes et soutenues des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont des réductions d’émissions de CO2 de 45 % en 2030 par rapport au niveau de 2010 et à la neutralité carbone vers le milieu du siècle ».

Le texte demande également aux Etats d’« accélérer la sortie du charbon et des financements pour les énergies fossiles », première mention explicite des énergies fossiles (absente de l’Accord de Paris) dans un accord international. Le manque de données chiffrées et contraignantes, ainsi que silence sur le soutien aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables, premières victimes du changement climatique, a été critiqué.

En revanche, en fin de journée du 10 novembre, les Etats-Unis et la Chine ont présenté une surprenante (et encore mystérieuse)  “déclaration conjointe sur le renforcement de l’action climatique”, où les deux pays s’engagent à “prendre des mesures renforcées pour relever les ambitions pendant les années 2020”. Malgré l’absence de détails, le rapprochement des deux principaux pollueurs du monde, diplomatiquement à couteaux tirés, est un signe positif.

Première déclaration mondiale sur les voitures zéro émission, mais sans grandes nouveautés

Sur le front de la mobilité, cette COP26 a également débouché sur la première déclaration internationale sur les voitures zéro émissions. Certes non contraignante, elle a été signée par une trentaine de pays, une dizaine de constructeurs et plusieurs opérateurs de flottes automobiles.

« Ensemble, nous travaillerons pour faire en sorte que toutes les nouvelles voitures et camionnettes soient zéro émission au niveau mondial d’ici 2040, et au plus tard d’ici 2035 dans les principaux marchés », précise le texte.

Pour autant, la majorité des signataires d’importance avaient déjà annoncé, par ailleurs, des objectifs de 100% de voitures neuves zéro émissions dès 2030 ou 2035. C’est ainsi le cas, coté pays, du Royaume-Uni, de la Suède, de la Norvège ou des Pays-Bas, ou, coté constructeurs, de Ford, Mercedes-Benz, General Motors et Volvo.

Les nouveautés sont la présence d’Etats comme le Chili, le Ghana, le Mexique, la Turquie ou l’Inde, qui représentent d’importants marchés automobiles. Manquent à l’appel, en revanche, les Etats dominant le secteur, en Europe (Allemagne, France, Italie), en Amérique du Nord (Etats-Unis) ou en Asie (Chine, Japon, Corée du Sud), ainsi que de nombreux constructeurs, comme le groupe Renault-Nissan, Stellantis, Toyota ou Volkswagen.

Comme sur la déclaration sur la fin des investissements dans les fossiles, la France brille à nouveau par son absence, ce qui pose questions pour un pays qui se veut, selon son président, champion de la transition énergétique.

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Fin de la COP26 : une déclaration finale ambitieuse est-elle encore possible ?

12 novembre 2021 à 11:51
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La COP26, à Glasgow, est censée s’achever ce 12 novembre 2021 au soir, par l’adoption d’une déclaration finale. Cette conférence sur le climat, jugée comme la « réunion de la dernière chance » par de nombreux climatologues, menace d’accoucher d’un accord a minima. Le financement des pays pauvres et le sort des énergies fossiles sont au cœur des débats. La conférence pourrait être prolongée de plusieurs heures en cas de désaccord.

COP26 : la déclaration finale risque de buter sur la place des énergies fossiles…

La COP26, qui se tient actuellement à Glasgow, doit se terminer ce 12 novembre 2021 au soir. Mais l’adoption d’une déclaration finale pourrait prolonger les débats bien plus tard que prévu. Deux grands sujets de discorde demeurent sur la table, alors que de nombreux spécialistes du climat voit dans cette conférence la « réunion de la dernière chance », pour maintenir le réchauffement climatique sous les 1,5 °C.

Premier point de désaccord : les coupes drastiques dans la consommation d’énergies fossiles ne semblent toujours pas à l’ordre du jour. Certes, plusieurs accords de lutte contre le changement climatique ont été signés pendant cette COP26. Fin du financements des énergies fossiles en 2022, fin des véhicules thermiques dans les marchés développés en 2035, coalition pour sortir du pétrole et du gaz naturel, accord entre la Chine et les Etats-Unis pour relever leurs ambitions climatiques…

Les annonces ont été nombreuses. Mais leur impact reste trop limité. Soit que les accords soient flous et pas contraignants (pour les deux derniers), soit que la majorité des gros pollueurs manquent cruellement à l’appel (pour les deux premiers). La plupart des Etats signataires de ces différentes déclarations avaient d’ailleurs déjà pris des engagements de ce type. Ceux qui signent sont souvent ceux qui peuvent le faire avec le moins d’effort.

Par exemple, les Etats-Unis promettent d’arrêter de financer les fossiles à l’étranger, puisque leur sous-sol en regorge. Mais promettre de sortir des voitures thermiques, non ! La France, de son coté, est absente de tous les accords de ce type, pour peu qu’ils soient contraignants. La ministre de la Transition Ecologique Barbara Pompili a ainsi explicitement déclaré que l’industrie française n’était pas « prête » à ne vendre que des voitures neuves zéro émissions à partir de 2035…

Le directeur général de l’ONU, Antonio Guterres, a donc dénoncé, ce 11 novembre, des « promesses qui sonnent creux, quand l’industrie des énergies fossiles continue de recevoir des milliers de milliards de subventions […] ou quand des pays continuent à construire des centrales à charbon». La jeune militante ougandaise Vanessa Nakate est sur la même ligne : «L’atmosphère se fiche des engagements. […] L’humanité ne sera pas sauvée par les promesses !».

… et sur le financement des pays les plus pauvres par les pays riches

L’autre énorme pomme de discorde de la COP26 concerne le financement des pays les plus pauvres. Partant du principe que la majorité du CO2 d’origine anthropique présent dans l’atmosphère a été rejeté par les pays les plus riches, ces derniers s’étaient engagés à atteindre en 2020 les 100 milliards de dollars de financement annuel d’aide climatique aux pays les plus pauvre.

Or, non seulement ces pays riches n’ont pas atteint les montants promis, alors même qu’ils ont débloqué ces derniers mois des milliers de milliards de dollars pour relancer leurs économies après la crise du Covid-19, mais ces 100 milliards annuels semblent aujourd’hui insuffisants pour les pays les plus pauvres, qui veulent relever ce montant.

Ils demandent également de rééquilibrer ces aides, qui concernent pour les trois-quarts les réductions d’émissions de gaz à effet de serre, en soutenant davantage l’adaptation aux conséquences du changement climatique.

La présidence britannique de la COP26 pèse de tout son poids pour se concentrer sur la réduction des émissions, estimant que chaque dixième de degré évité aujourd’hui est une montage d’investissement en moins pour l’avenir.

La soirée, et sans doute la nuit, promettent d’être longues à Glasgow ce vendredi.

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COP26 : les énergies fossiles encore loin d’être hors-jeu

15 novembre 2021 à 07:51
COP26 energies fossiles loin hors-jeu - L'Energeek

La COP26, qui s’est achevée ce samedi 13 novembre 2021 par une déclaration finale sans grande vigueur, a eu le mérite de mettre la question de la sortie des énergies fossiles au centre des débats. Au point de faire figurer les expressions « charbon » et « énergies fossiles », pour la première fois, dans l’accord final signé par les 197 parties de la conférence sur le climat. Mais la sortie des fossiles semble encore loin, très loin.

COP26 : une déclaration finale qui mentionne (enfin) les énergies fossiles

Après une journée de négociation supplémentaire, les 197 parties de la COP ont fini par s’accorder, ce 13 novembre 2021, sur une déclaration finale, baptisée « Le pacte de Glasgow », et censée maintenir la planète dans les clous de l’accord de Paris, c’est-à-dire un réchauffement nettement sous les 2°C, si possible sous les 1,5 °C.

Ce pacte n’a finalement pas évoqué un financement des « pertes et dommages » que fait subir le changement climatique aux pays pauvres, les moins responsables de la hausse des températures, mais les premiers à en souffrir.

En revanche, la déclaration finale mentionne bien, pour la première fois dans un accord international, la nécessité de réduire la consommation d’énergies fossiles. La formulation choisie, fortement édulcorée sous pression de la Chine et de l’Inde (qui refusent qu’on les empêche de décider par elles-mêmes la part du « budget carbone » mondial qui leur sera alloué), précise que les pays signataires doivent « intensifier les efforts vers la réduction du charbon sans systèmes de capture (de CO2) et vers la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles ».

La formulation laisse en effet la porte ouverte à une poursuite de l’exploitation du charbon, du pétrole et du gaz naturel pour de nombreuses années. C’est un des paradoxes de cette COP26 : la mention des « énergies fossiles » a pris la place, dans les discours, des « émissions de gaz à effet de serre », comme si les pays (et l’opinion publique) avaient enfin compris que l’objectif était bien de décarboner les activités humaines, et donc réduire drastiquement la consommation de combustibles thermiques.

La sortie des fossiles, une nécessité climatique… qui devra encore attendre

A part les engagements de réduire la production de méthane de 30% d’ici 2030 et de faire reculer la déforestation, la plupart des accords d’importance signés durant cette COP26 concernent d’ailleurs les énergies fossiles.

Mais, qu’il s’agisse de l’accord sur la fin des investissements dans les énergies fossiles à l’étranger en 2022, de celui sur la fin du charbon dans la production d’électricité, de celui sur la fin des voitures thermiques entre 2030 et 2040, ou l’alliance pour la sortie du pétrole et du gaz naturel, le problème est le même : les principaux pays producteurs ou consommateurs manquent le plus souvent à l’appel.

La Chine, l’Inde, la Russie, l’Australie n’ont signés aucun de ces textes, les Etats-Unis seulement celui sur les investissements à l’étranger, et des pays européens manquent à l’appel sur certains points. L’Australie a même déclaré qu’elle comptait continuer d’exploiter et d’exporter du charbon pour « de nombreuses années ».

We now have the Glasgow Climate Pact in place.

We have kept 1.5 within reach, but the pulse is weak.

Now countries must meet and deliver on the commitments made at #COP26.

Read #COP26 President @AlokSharma_RDG's full speech

— COP26 (@COP26) November 13, 2021

La responsabilité des fossiles dans le réchauffement climatique est désormais actée, ainsi que la nécessité d’en sortir dès que possible. Mais ces énergies semblent avoir encore de belles heures devant elle. Rien d’étonnant, dès lors, que le président de la COP26, le britannique Alok Sharma, ait conclu la conférence d’un doux-amers : « l’objectif des 1,5°C est encore en vie, mais le pouls est faible ».

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République Démocratique du Congo : assurer l’électrification par des mini-réseaux photovoltaïques

16 novembre 2021 à 07:35
republique democratique congo electrification mini-reseaux photovoltaiques - L'Energeek

Ce 12 novembre 2021, le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a signé un accord avec la Société Financière Internationale (filiale de la Banque Mondiale) pour déployer des mini-réseaux photovoltaïques dans les villes de Mbuji-Mayi et de Kananga, dans la région du Kasaï. En cas de succès, le projet pourrait être développé dans 21 des 26 capitales provinciales du pays, puis dans d’autres pays africains.

La Société Financière Internationale soutient la création de mini-réseaux photovoltaïques en République Démocratique du Congo

Ces 11 et 12 novembre 2021, les représentants de la Société Financière Internationale et de la Banque Mondiale étaient à Kinshasa pour évoquer les priorités de développement de la République Démocratique du Congo.

Ravi d’être à Kinshasa! Avec le VP @SPimentaIFC, nous rencontrerons les autorités de la #RDC pour discuter des priorités de dvpt du pays ds le cadre du partenariat avec la @BM_Afrique. Le portefeuille de la BM en RDC comprend 20 projets en cours d'exécution chiffrés à 5,21mia USD pic.twitter.com/2cvMmlKXkA

— Hafez Ghanem (@HafezGhanem_WB) November 11, 2021

Dans ce cadre, la Société Financière Internationale (filiale de la Banque Mondiale travaillant avec le secteur privé dans les pays en développement) a signé, ce 12 novembre 2021, un accord avec le gouvernement congolais pour faire de la RDC le « pays pilote » d’un projet de déploiement de mini-réseaux électriques (“micro-grid”) alimentés par des mini-centrales photovoltaïques.

Le principe ? Electrifier des zones déconnectées du réseau électrique nationale en installant des panneaux photovoltaïques associés une solution de stockage, fonctionnant « hors grille » (“off grid”), et alimentant un village ou un quartier. De quoi étendre l’électrification du pays, en évitant de lourds investissements dans les infrastructures de transport d’électricité.

La Société Financière Internationale va allouer 400 millions de dollars à un premier projet pilote, qui vise 1,5 million de foyers dans les villes de Mbuji-Mayi et de Kananga, dans la région du Kasaï.

Faire reculer l’usage du bois de cuisson

Parmi les avantages qu’offre l’électrification, le gouvernement espère notamment limiter l’usage du bois de cuisson, qui présente le double désavantage d’exercer une pression sur les forêt et d’être particulièrement toxique, provoquant des milliers de morts prématurés en Afrique.

« Nous estimons que 90% des ménages ont recourt aux bois de cuisson et il est grand temps de renverser cette tendance. Je suis convaincu par les potentiels des mini-réseaux verts pour aider à accélérer l’électrification de la République démocratique du Congo », a défendu le ministre des Ressources hydrauliques, Olivier Mwenze.

La mise en œuvre du projet pourrait intervenir dès 2022. Il devrait ensuite être étendu aux 21 des 26 capitales provinciales de la RDC situées dans des zones sans accès au réseau électrique national. En tout, un tiers de la population du RDC n’ayant pas accès à l’électricité vit dans ces 21 villes. Ce projet doit aider le pays à atteindre son objectif de porter l’électrification à 30% de la population dès 2024, contre 15% aujourd’hui.

En cas de succès, cette technologie pourrait essaimer sur l’ensemble du continent : « Nous sommes convaincus que sur la base des succès que nous allons avoir ici, nous pourrons ensuite le déployer dans d’autres pays africains qui en ont également besoin », a commenté Sergio Pimenta, vice-président régional de la Société Financière Internationale.

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Belgique : la sortie du nucléaire contrariée par la ministre de l’environnement de Flandre

17 novembre 2021 à 07:13
belgique sortie nucleaire contrariee ministre environnement flandre - L'Energeek

Ce 15 novembre 2021, le débat sur le futur énergétique de la Belgique s’est encore complexifié. Alors que le pays n’est toujours pas parvenu à présenter un plan crédible pour respecter ses engagements de l’Accord de Paris, la ministre de l’environnement de la Flandre, Zuhal Demir, a refusé l’installation d’une centrale au gaz à Vilvorde, relançant ainsi le débat sur la sortie du nucléaire en Belgique.

Quelle politique énergétique et climatique pour la Belgique ?

Cette affaire illustre parfaitement la complexité et les paradoxes du système politique belge, et des impasses qu’il peut provoquer. Dans un mouvement européen de transition énergétique et de Green Deal, la Belgique tente de composer un avenir énergétique. Mais le pays bute encore sur les stratégies à mettre en place. Et n’est pas parvenu à présenter un accord sur ses objectifs climatiques durant la COP26.

L’épineuse question du nucléaire a même été relancée, et reste entière ce lundi 15 novembre 2021. Le pays a en effet tardé à se prononcer sur cette question, au point qu’Engie, opérateur des centrales nucléaires belges, avait fini par acter la sortie belge du nucléaire, sans aucune confirmation politique, mais en constatant qu’il était trop tard pour planifier une prolongation des centrales en activité.

Depuis, le gouvernement fédéral du premier ministre Alexander de Croo a confirmé ce choix de 2025 comme échéance d’une sortie du nucléaire. Or, Alexander de Croo, membre du parti libéral Open VLD, est à la tête d’une large coalition, comprenant des libéraux (Open VLD, flamands, MR, wallons), des écologistes (Groen, flamands, Ecolo, wallons), des socialistes (Vooruit, flamands, PS, wallons) et les sociaux-démocrates flamands du CD&V.

Les questions énergétiques sont certes de la compétence du gouvernement fédéral, mais les gouvernement régionaux peuvent aisément bloquer certaines décisions, et ainsi mettre la pression sur le pays.

La ministre flamande de l’environnement refuse la construction d’une centrale au gaz…

C’est exactement ce qui est en train de se passer en Flandre. La région est censée, elle aussi, sortir du nucléaire en 2025. Pour éviter le black-out à cette date, le pays doit augmenter sa capacité de production électrique par des centrales au gaz.

Or, la ministre de l’environnement de Flandre, Zuhal Demir, vient de refuser la construction d’une centrale au gaz à Vilvorde, d’une puissance de 875 MW, après avoir retoqué des projets du même type à Tessenderlo et Dilsen-Stokkem. La ministre a justifié sa décision par des émissions d’ammoniac et d’oxydes d’azote dépassant les seuils régionaux réglementaires.

En Wallonie, Engie a prévu de construire une centrale identique, aux Awirs (à proximité de Liège), et une autre, de plus petite taille, à Amercoeur, et le gouvernement wallon a validé ces deux projets, les estimant réglementaires.

Mais si le gouvernement wallon est dominé par une coalition entre le PS, le MR et Ecolo (tous au gouvernement), la Flandre est dirigée par une coalition menée par les nationalistes flamands du N-VA (absents du gouvernement), aux cotés des libéraux d’Open VLD et des sociaux-démocrates du CD&V (qui sont, eux, au gouvernement).

… une stratégie pour remettre en question la sortie du nucléaire de la Belgique en 2025 ?

Or, Zuhal Demir est membre du N-VA, un mouvement plutôt favorable, comme les libéraux et les sociaux-démocrates (MR, Open VLD, CD&V), au nucléaire, à l’inverse des socialistes et des écologistes, qui y sont fermement opposés.

Georges-Louis Bouchez, président du MR, a d’ailleurs fait un appel du pied très clair dans cette direction, s’opposant à la construction de nouvelles centrales au gaz dans le pays : «Je n’aime pas le nucléaire mais j’aime encore moins les émissions de CO2», expose-t-il. Du coté des écologistes, la présidente de Groen Meyrem Almaci a jugé que la décision de Zuhal Demir était une “politique de sabotage”.

Engie va probablement contester ce refus devant le Conseil des contentieux des permis, mais cette procédure peut durer des années, et la décision surviendra trop tard pour l’échéance de 2025. Dans l’urgence, la solution la plus probable est d’augmenter la capacité des centrales au gaz wallonnes, au risque, pour certain analyste, de faire de la Wallonie « la poubelle à CO2 du pays ».

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Une étude de Volvo rappelle qu’une électricité zéro émission est nécessaire pour rendre un véhicule électrique bas carbone

18 novembre 2021 à 07:04
etude volvo rappelle electricite zero emission rendre vehicule electrique bas carbone - L'Energeek.jpg

Ce 16 novembre 2021, Volvo a présenté une étude des émissions carbone potentielles de son nouveau SUV électrique, le C40 Recharge, comme le constructeur suédois le fait pour chaque nouveau modèle électrique. L’étude rappelle la nécessité d’alimenter un véhicule électrique avec une électricité bas carbone pour le rendre vraiment écologique.

Volvo présente l’analyse carbone de son nouveau véhicule électrique sur tout son cycle de vie

Depuis la sortie, en 2019, de son première modèle électrique, Volvo publie, à chaque nouvelle sortie de voiture électrique, un rapport détaillant une Analyse de Cycle de Vie (ACV) de ses émissions carbone, allant de sa production (incluant l’extraction des matières premières) à sa fin de vie (incluant son recyclage).

Le constructeur suédois a présenté, ce 16 novembre 2021, l’ACV détaillée de son nouveau SUV électrique, le C40 Recharge. Et les conclusions sont sans appel : en terme d’empreinte carbone, pour être vraiment compétitif face à un véhicule thermique, un modèle électrique doit être alimenté par des sources aussi décarbonées que possible.

A titre de comparaison, Volvo estime à 59 tonnes de CO2 l’impact carbone ACV d’un SUV thermique d’un gabarit équivalent. Pour le C40 Recharge, « lorsque le véhicule est rechargé avec de l’électricité produite à partir de sources d’énergie propre, son empreinte carbone tout au long de son cycle de vie tombe à près de 27 tonnes de CO2, », expose Volvo.

En revanche, « lorsque le C40 Recharge est rechargé avec un mix énergétique classique (qui est généré à 60 % environ à partir de combustibles fossiles), le tonnage de CO2 émis pendant le cycle de vie du véhicule peut atteindre 50 tonnes, ce qui réduit nettement les bénéfices pour l’environnement par rapport à une voiture traditionnelle », détaille le constructeur suédois.

Pour l’heure, un véhicule électrique neuf commence avec une « dette » carbone par rapport à un véhicule thermique

Pire, Volvo rappelle que la production du C40 Recharge émet 70% de CO2 de plus que son équivalent thermique. En clair : avant de parcourir le moindre kilomètre, la version électrique a une dette carbone plus importante que la version thermique. Ce qui explique pourquoi acheter aujourd’hui un véhicule électrique neuf pour l’utiliser exceptionnellement est une stratégie à l’impact carbone élevé.

Volvo calcule ensuite que, avec un mix électrique correspondant aux moyennes mondiales (soit des émissions carbone seulement 15% plus basses qu’un moteur essence), un C40 Recharge met près de 110 000 kilomètres à devenir plus sobre en carbone que sa version thermique. Avec un mix correspondant aux objectifs de l’Union Européenne pour 2030, le point d’équilibre est à 77 248 kilomètres. Avec un mix électrique 100% bas carbone (renouvelable ou nucléaire), le seuil tombe sous les 50 000 kilomètres.

Cette étude rappelle à quel point la voiture électrique n’est un bon investissement climatique qu’avec un mix électrique décarboné. Et que le déploiement des véhicules électriques doit s’accompagner d’un développement des sources d’électricité bas carbone, sous peine de devenir un pur coup d’épée dans l’eau.

Mais l’étude n’invalide pas, pour autant, le choix énergétique de miser sur le véhicule électrique, car c’est la solution qui présentent la meilleure synergie avec la transition vers une économie bas carbone (qui permettra d’ailleurs aussi de réduire les émissions liées à la production des futurs véhicules électriques).

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Energie houlomotrice : le groupe sud-coréen Ingine va créer une filiale à Brest

19 novembre 2021 à 12:07
energie houlomotrice groupe sud-coreen ingine filiale brest - L'Energeek

Ce 19 novembre 2021, le groupe sud-coréen Ingine, spécialisé dans le développement de l’énergie houlomotrice, a annoncé qu’il allait installer son siège européen à Brest, dans le polder dédié aux énergies marines renouvelables que la cité portuaire est en train de construire.

Brest achève la construction d’un polder dédié aux énergies marines renouvelables

Le pari de faire de Brest le centre névralgique des énergies marines renouvelables (EMR) en France est en passe d’être gagné. En 2016, la ville a en effet décidé d’agrandir son port pour y créer un polder dédié aux EMR, afin d’attirer des industriels spécialisées dans ces technologies en pleine essor et à l’avenir prometteur.

Les EMR présentent en effet beaucoup moins de freins à leur déploiement que l’éolien terrestre ou le photovoltaïque, leur impact sur les activités humaines étant beaucoup plus réduit. Les travaux du polder, financés en grande partie par la région Bretagne, devraient être achevé d’ici quelques mois.

Brest fait valoir une excellente synergie de cet équipement avec le bassin d’essai de l’Ifremer à Sainte-Anne du Portzic, qui permet aux entreprises de venir « tester à petite échelle des concepts innovants d’énergies marines renouvelables », selon Benoît Augier, responsable du bassin.

Le polder a déjà attiré plusieurs industriels, en premier chef Navantia, qui s’y est implanté pour construire une partie des fondations des 62 éoliennes du parc éolien en mer en baie de Saint-Brieuc. Le 18 novembre 2021, la responsable du chantier pour la région Bretagne, Florence Thiriat, a fait visiter le site aux participants des rencontres internationales de l’éolien flottant de Saint-Malo. Selon elle, plusieurs flotteuristes se seraient déjà positionnés pour s’implanter à Brest.

Pourquoi Brest fait de l’œil aux éoliennes flottantes.
Et si #Brest devenait le premier port français de montage et d’acheminement des futures éoliennes flottantes ? C’est l’ambition affichée du polder dédié aux énergies de la mer… ⁦@_oceanpower

— Gaël Le Saout (@lesaout_gael) November 19, 2021

Ingine, le spécialiste sud-coréen de l’houlomotrice, va installer sa filiale européenne à Brest

Mais le polder cherche à attirer toutes les EMR, pas uniquement celles liées à l’éolien. Le groupe sud-coréen Ingine est l’un des leaders mondiaux de l’énergie houlomotrice (qui utilise le mouvement des vagues pour produire de l’électricité) : ce 19 novembre 2021, il a annoncé qu’il allait installer sa filiale européenne à Brest, au sein de ce polder, pour ses activités commerciales et sa R&D.

Ingine a notamment développé INWaveTM, un convertisseur d’énergie des vagues proches du rivage. Cette option est simple et peu coûteuse à mettre en œuvre, puisque le transformateur relié au réseau électrique peut être installé à terre.

Le groupe devrait lancer prochainement la commercialisation d’INWaveTM. Son installation en France répond à sa volonté de s’imposer sur des marchés porteurs et dans des territoires au fort potentiel en énergie houlomotrice, comme le littoral atlantique français.

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VertVolt : le label de l’ADEME pour l’électricité verte

22 novembre 2021 à 16:15
VertVolt : le label de l'ADEME pour l'électricité verte

L’ADEME a lancé, fin octobre, le label VertVolt pour les offres d’électricité verte. Le but ? Offrir une meilleure visibilité aux consommateurs à mesure que le nombre d’offres autour de l’électricité verte augmente en France. Le label doit récompenser les offres les plus engagées et répondre à la demande de transparence de la part des consommateurs français. La liste des premières offres labellisées VertVolt a également été publiée dans la foulée.

L’électricité verte est-elle vraiment verte ?

La question n’est pas nouvelle, puisque depuis plusieurs années les associations de consommateurs se mobilisent sur le sujet. 60 millions de consommateurs et Que Choisir ont régulièrement alerté les consommateurs français sur les offres d’électricité verte. En 2007 déjà, Greenpeace s’interrogeait sur les fournisseurs d’électricité verte pas vraiment verts. L’ONG avait alors lancé son propre système d’évaluation des fournisseurs français d’électricité verte : Ecolo Watt.

Depuis 2018, l’ADEME alerte aussi régulièrement les pouvoirs publics et les consommateurs sur le sujet. A mesure que le nombre d’offres autour de l’électricité verte augmentent, les consommateurs rencontrent de plus en plus de difficultés pour sélectionner leur offre. Le constat de l’ADEME en la matière est d’ailleurs alarmant. “Parmi les offres d’électricité “verte”, toutes ne garantissent pas en réalité que l’électricité achetée provienne d’énergies renouvelables comme le terme “vert” pourrait le laisser penser.” La situation est d’autant plus dommageable que les offres d’électricité représentent déjà 70% des offres d’électricité dans l’Hexagone. Et leur part progresse encore.

Or la tendance chez les consommateurs français est à plus de transparence. Ils veulent pouvoir souscrire à des offres vraiment engagées. Cet engagement éco-responsable sur l’énergie est notamment une préoccupation forte chez les jeunes consommateurs. Encore faut-il pouvoir se fier à un label commun. C’est désormais chose faite avec le lancement, le 22 octobre dernier, du label VertVolt de l’ADEME.

VertVolt, le label de l’ADEME

Alors en quoi consiste le nouveau label de l’agence ? D’après l’ADEME, le label VertVolt vise à “améliorer la lisibilité des offres dites d’électricité verte”. Il doit “aider les consommateurs à mieux appréhender la multitude d’offres d’électricité verte qui s’offrent à eux”. Concrètement, le label propose deux niveaux de certification : “choix engagé” et “choix très engagé”. Pour décrocher l’un de ces précieux labels, un fournisseur doit s’engager à acheter 100% d’électricité d’origine renouvelable à des producteurs français. Les garanties d’origine sont contrôlées par l’ADEME. Pour le “choix très engagé”, le fournisseur doit répondre à un engagement supplémentaire. En effet, au moins 25% de son électricité verte doit provenir d’installations récentes et sans soutien public, ou régies par une gouvernance partagée.

Avec les deux niveaux du label VertVolt, l’ADEME veut donner la main aux consommateurs. “En souscrivant à une offre d’électricité verte VertVolt, le consommateur est certain de rémunérer par le biais de sa facture d’électricité des installations d’énergies renouvelables en France”. L’agence estime aussi que cette meilleure visibilité devrait soutenir l’accélération du développement des énergies renouvelables en France.

Un outil ludique pour retrouver la confiance des consommateurs

La défiance des consommateurs envers les énergies vertes ne sera pas résolue par le seul label. “Les garanties d’origine, malgré leur nom, suscitent la méfiance des consommateurs”. Ce constat dressé par l’ADEME est amer, et VertVolt va inclure un volet plus ludique pour briser cette défiance. En effet, les fournisseurs devront apporter des garanties supplémentaires pour permettre une meilleure transparence sur les offres labellisées. Ainsi, les consommateurs auront accès aux informations relatives à l’origine géographique ainsi qu’à la technologie de production de leur électricité verte.

L’ADEME précise que les fournisseurs doivent préciser “la part que représente leur offre labellisée VertVolt dans le portefeuille de tous leurs clients”. Dernier détail et non des moindre : les fournisseurs ont la possibilité d’apposer le logo “sans nucléaire” sur le logo du label VertVolt, sous certaines conditions. Un argument qui pourrait séduire les consommateurs réfractaires à l’énergie nucléaire.

Label VertVolt de l’ADEME : 7 offres déjà labellisées

Conjointement au lancement du label VertVolt, l’ADEME a publié la liste des premières offres labellisées. Sept offres ont décroché le précieux label pour l’instant. On dénombre : 4 offres engagées, 2 offres très engagées et 1 offre très engagée sans nucléaire (Enercoop). De nouvelles offres pourraient décrocher l’un des deux labels dans les prochains mois. L’ADEME espère également que son label VertVolt encouragera plus de fournisseurs à s’orienter vers “des offres vertes plus qualitatives”.

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Electricité: RTE place le réseau sous vigilance cet hiver

25 novembre 2021 à 15:54
Electricité: RTE place le réseau sous «vigilance pour cet hiver

Mieux qu’une boule de cristal, RTE vient de lancer un nouveau dispositif pour suivre l’approvisionnement en électricité. Le gestionnaire de réseau estime que ce nouvel outil permettra de mieux prendre en compte les conditions météo et la disponibilité du parc de production français. Le premier enseignement de ce suivi affiné concerne l’hiver 2021-2022. D’après RTE, l’alimentation en électricité doit faire l’objet d’une “vigilance particulière” cet hiver. Mais le nouvel outil permettra un pilotage du réseau plus précis afin d’éviter tout risque pour la sécurité d’approvisionnement électrique.

Un nouveau diagnostic électricité mensuel pour RTE

Le 22 novembre, Thomas Veyrenc, directeur stratégie et prospective de RTE, a présenté le nouveau dispositif de diagnostic de RTE pour l’électricité. Le gestionnaire de réseau français a décidé d’affiner ses prévisions quant à la production et la consommation d’électricité grâce à un dispositif de relevé mensuel. Désormais, ce diagnostic de sécurité d’approvisionnement sera présenté mois par mois. Cette réactualisation plus fréquente présente plusieurs avantages, d’après RTE. “Ceci permet de disposer d’une information plus précise sur les conditions météorologiques et la disponibilité du parc de production, notamment nucléaire.” Concrètement, l’outil de diagnostic intègre les prévisions météo avec les données de températures, les précipitations ainsi que les conditions de vent.

Hiver 2021-2022 : vigilance autour de l’électricité selon RTE

Le lancement du nouvel outil de diagnostic de RTE coïncide avec la publication des estimations pour la période hivernale à venir. RTE dresse un bilan mitigé en ce qui concerne l’approvisionnement en électricité. Ainsi, le gestionnaire de réseau estime que la fin d’année 2021 ne devrait pas poser de problèmes.

Le risque de tension sur le réseau électrique est jugé “relativement faible”. En revanche, la situation s’annonce plus délicate pour le début d’année 2022. D’après Météo France, janvier et février sont les mois les plus froids en France. Or, Thomas Veyrenc constate que “Plus on s’éloigne vers janvier-février, plus on commence à avoir de l’incertitude sur un certain nombre de paramètres qui sont maintenant très importants”. Et ce n’est pas l’incertitude autour de la météo qui inquiète RTE, mais plutôt l’état de la production d’électricité. En cause ? La disponibilité du parc nucléaire français dans les mois à venir va être plus faible que la normale.

“Conditions défavorables” sur la production nucléaire

Dans son rapport de novembre, RTE évoque des “conditions défavorables sur le parc de production” d’électricité. Et pour cause : la crise sanitaire a chahuté le calendrier de maintenance des centrales nucléaires françaises. EDF a été contraint de reporter beaucoup d’opérations de maintenance. Résultat : cet hiver, entre 5 et 15 réacteurs nucléaires seront éteints selon les semaines. Et ces arrêts auront un lourd impact sur la capacité de production électrique du parc nucléaire, qui compte au total 56 réacteurs.

Malgré cette disponibilité basse du parc nucléaire, RTE se veut rassurant. Les sources de production électriques issues des renouvelables sont fiables. Les stocks hydrauliques sont “dans la moyenne historique”. Les installations éoliennes et solaires sont plus nombreuses qu’en 2020. Et RTE note aussi que le parc thermique à flamme (qui inclut le gaz et le charbon) “présente également une bonne disponibilité”. Dans l’ensemble, le réseau électrique devrait donc être à l’équilibre. Seule la combinaison d’une vague de froid et d’une forte relance de l’activité industrielle pourrait le déstabiliser. Dans un tel contexte, le nouvel outil de diagnostic servira à RTE pour évaluer au plus près l’état de la demande en électricité.

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