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[MàJ] Elon Musk est débouté de ses poursuites contre OpenAI

18 mai 2026 à 18:49
Le divorce le plus cher de la tech
[MàJ] Elon Musk est débouté de ses poursuites contre OpenAI

C’est le procès du siècle (même si le siècle est encore jeune) : Elon Musk et OpenAI s’affrontent depuis trois semaines devant le jury d’un tribunal fédéral en Californie. Une bataille à plusieurs (centaines de) milliards de dollars qui mêle rivalités personnelles, gouvernance opaque et visions opposées du futur de l’intelligence artificielle. Ce premier acte se conclut le 18 mai par un échec pour Elon Musk, débouté de l’ensemble de ses poursuites pour prescription.

Dernière mise à jour, mardi 19 mai, 00h45 : au terme de trois semaines de procès, le jury du tribunal d’Oakland a finalement rejeté les différents griefs de la plainte formulée par Elon Musk, qui se voit donc débouté de l’ensemble de ses demandes. Ce n’est pas le fond de l’affaire qui motive cette décision, mais un élément de droit : le jury a considéré à l’unanimité que la plainte de Musk n’était pas recevable dans la mesure où les différentes accusations concernaient des actes couverts par le délai de prescription. Ce verdict de prescription (pas encore mis en ligne au moment de cette publication) a été confirmé par la juge qui présidait aux débats.

Elon Musk a réagi quelques heures après, sur X, maintenant ses allégations sur le fond et indiquant sa volonté d’interjeter appel :

« Concernant l’affaire OpenAI, le juge et le jury ne se sont jamais prononcés sur le fond, mais uniquement sur un vice de procédure. Pour quiconque suit l’affaire de près, il ne fait aucun doute qu’Altman et Brockman se sont enrichis en détournant des fonds d’une organisation caritative. La seule question qui demeure est : quand ? Je vais faire appel devant la Cour d’appel du neuvième circuit, car créer un précédent autorisant le pillage des organisations caritatives est extrêmement préjudiciable à la philanthropie aux États-Unis. OpenAI a été fondée pour le bien de l’humanité entière. »

L’affaire, dont vous pouvez retrouver ci-dessous les principaux enjeux, et les moments les plus intenses compilés jour après jour, aura eu le mérite de lever le voile sur la genèse et les coulisses de l’une des entreprises les plus en vue de la Silicon Valley.

Publication initiale, initiée le 5 mai et régulièrement mise à jour depuis :

Ces deux-là ne partiront pas en vacances ensemble. Elon Musk et Sam Altman, autrefois alliés (ils sont tous les deux dans la liste de la dizaine de cofondateurs d’OpenAI), se jettent la vaisselle virtuelle dans la tête sur les réseaux sociaux depuis des années. Une animosité qui a débouché sur une plainte du premier contre le second il y a deux ans. Le procès, qui s’est ouvert le lundi 27 avril, battra son plein pendant plusieurs semaines.

Yvonne Gonzalez Rogers préside aux débats. Nommée en 2011 par Barack Obama, elle est juge fédérale au tribunal de district du Nord de la Californie. Elle connait bien le petit milieu de la tech, puisqu’elle a arbitré plusieurs dossiers majeurs de la Silicon Valley, en particulier le retentissant procès entre Epic Games et Apple. Très au fait des problématiques technologiques, elle n’hésite jamais à recadrer un témoin, qu’il soit anonyme ou milliardaire.

Pourquoi Elon Musk a-t-il porté plainte contre OpenAI ?

Elon Musk a porté plainte [PDF] contre OpenAI, Sam Altman et Greg Brockman (deux cofondateurs d’OpenAI) ainsi que Microsoft en mars 2024. Des 26 chefs d’accusation avancés par le milliardaire à l’époque, seuls deux subsistent aujourd’hui : l’enrichissement injustifié d’OpenAI, et la violation d’une fiducie caritative.

La forme juridique d’OpenAI est au cœur de la poursuite : l’entreprise, créée en 2015, était à l’origine une organisation à but non lucratif, autrement dit son objectif n’était pas de réaliser des profits. « Cette action en justice vise à contraindre OpenAI à respecter l’accord fondateur et à revenir à sa mission de développer une AGI au bénéfice de l’humanité, et non pour servir les intérêts personnels des défendeurs individuels et de la plus grande entreprise technologique au monde », explique la plainte.

Ces dernières années, Sam Altman a milité ardemment pour que la structure embrasse un modèle à but purement lucratif. Elle a finalement basculé sur une gouvernance hybride, avec une entité commerciale transformée en PBC (Public Benefit Corporation, soit entreprise d’intérêt public) dans laquelle l’organisation à but non lucratif devient actionnaire (à 26 %) avec un droit de contrôle sur la gouvernance et la nomination du conseil d’administration. Microsoft demeure un partenaire de premier plan, et un actionnaire de poids (environ 27 %).

Elon Musk reproche à OpenAI de « maximiser les profits » pour Microsoft, investisseur principal de la startup, alors que la mission de l’entreprise est de garantir que l’intelligence artificielle générale (AGI), autrement dit une IA capable d’accomplir les mêmes tâches qu’un humain, profite à toute l’humanité. Ce qui signifie, entre autres, de publier ses découvertes en open source.

Le plaignant dénonce ainsi les modèles IA fermés d’OpenAI, à l’instar de GPT-4. Lancé en mars 2023, le modèle fait forte impression… mais il rompt aussi avec sa mission d’origine consistant à rendre ses technologies accessibles au public. Un choix du secret motivé principalement par des considérations commerciales, et non par des impératifs de sécurité, déplore la plainte.

Que vient faire Elon Musk dans cette histoire ?

Elon Musk est un des fondateurs d’OpenAI, aux côtés de Sam Altman, Greg Bockman (le président de l’entreprise), ou encore le chercheur Ilya Sutskever. Un total d’1 milliard de dollars est promis par les cofondateurs et leurs financiers, parmi lesquels AWS ou encore un certain Peter Thiel, toujours dans les bons coups. Fin 2021 cependant, le total des financements se montait à seulement 133 millions de dollars.

Elon Musk a injecté 38 millions de dollars dans la startup, de l’argent qui aurait servi des objectifs commerciaux allant à l’encontre de la mission de l’entreprise. « J’ai eu l’idée, trouvé le nom, recruté les personnes clés, leur ai appris tout ce que je sais et fourni l’ensemble du financement initial », a-t-il affirmé durant son témoignage. 

Il a démissionné du conseil d’administration d’OpenAI en 2018, en raison d’un conflit d’intérêt potentiel entre son rôle chez Tesla et le développement de technologies de conduite autonome.

Il a indiqué à la barre qu’il n’était pas complètement opposé à une petite activité commerciale, d’ailleurs une entité à but lucratif a été créée en 2019. Néanmoins, le plaignant estime qu’elle a pris toute la place : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre », a-t-il déclaré. 

À plusieurs reprises pendant son témoignage (et aussi sur X), Musk a accusé Altman et Brockman de s’être enrichis sur le dos de l’organisation à but non lucratif, tout en bénéficiant de l’image positive associée à ce type de structure. L’activité d’OpenAI a explosé fin 2022 avec le lancement de ChatGPT, tandis que Microsoft mettait 13 milliards de dollars sur la table.

Que veut Elon Musk ?

Elon Musk veut contraindre OpenAI à « adhérer [de nouveau] à l’accord fondateur et revenir à sa mission de développer une AGI au bénéfice de l’humanité ». Durant son témoignage au procès, le milliardaire a martelé qu’« on ne peut pas voler une organisation caritative ». Pendant son témoignage, il a demandé à la juge de considérer l’annulation de la restructuration d’OpenAI.

Il veut également qu’OpenAI et Microsoft restituent les gains indûment obtenus – selon lui – grâce à ses contributions initiales. Cela inclut l’augmentation de valeur d’OpenAI et les investissements de Microsoft. Selon l’expert cité dans la plainte, cela représente entre 65,5 et 109,4 milliards de dollars pour OpenAI, et de 13,3 à 25,1 milliards pour Microsoft. Soit potentiellement plus de 130 milliards de dollars dans la fourchette haute, que le plaignant propose de verser à l’entité à but non lucratif d’OpenAI.

Ce n’est pas tout, Elon Musk veut aussi le départ de Sam Altman et de Greg Brockman de leurs fonctions, des dommages-intérêts punitifs, ainsi que d’autres réparations financières durant le procès. Il reviendra au jury d’évaluer les montants pour chaque chef d’accusation.

Quelle est la réponse d’OpenAI ?

La plainte d’Elon Musk est considérée comme une « tentative infondée et motivée par la jalousie pour entraver un concurrent », a expliqué OpenAI sur les réseaux sociaux. « Nous sommes ici parce que M. Musk n’a pas obtenu ce qu’il voulait chez OpenAI », a poursuivi William Savitt, l’avocat d’OpenAI, lors de sa déclaration liminaire du procès.

« Mes clients ont eu l’audace de continuer et de réussir sans lui […] Ce n’est pas un fondement valable pour une action en justice ». Pour OpenAI, la plainte est infondée. Pire encore : Elon Musk n’aurait jamais exprimé l’idée que le labo IA devait rester une organisation strictement à but non lucratif. « Ni même qu’il pensait que cela devait être le cas », a affirmé la défense.

Elon Musk a créé xAI en 2023 pour participer à la course à l’IA générative. Désormais intégré dans SpaceX, le labo IA a été valorisé à hauteur de 250 milliards. Contre 852 milliards pour le rival de prétoire… Par un heureux hasard, SpaceX et OpenAI devraient se lancer en bourse cette année.

Sur quoi va déboucher cette bagarre de cour de récré ?

Bien malin qui saura le dire. Si le jury suit Elon Musk, OpenAI devrait revoir sa structure, impliquant une nouvelle et lourde restructuration de l’entreprise sans trop d’espoir de se lancer en Bourse. Un retour en arrière qui risquerait de fragiliser OpenAI et de lui faire perdre la course à l’IA.

À l’autre bout du spectre judiciaire, un rejet pur et simple de la plainte renforcerait la structure du modèle hybride d’OpenAI, et provoquerait un revers symbolique pour Elon Musk. Et il y a toutes les nuances entre ces deux extrêmes, d’un accord à l’amiable toujours possible à la reconnaissance de certains griefs émis par le milliardaire.

Le procès sera aussi l’occasion de découvrir les coulisses parfois crapuleuses d’une des startups les plus en vue, à quelques mois d’une introduction en bourse très attendue (si elle arrive).

Mardi 28 avril : où l’on apprend qu’Elon Musk est un spéciste pro-humain

Au premier jour de son témoignage, Elon Musk a voulu marteler sa position auprès du jury : « Ce n’est pas acceptable de détourner une organisation caritative ». C’est une cause qui le dépasse, assure-t-il, avant de mettre en garde : s’il devait perdre cette bataille, les États-Unis risqueraient de « perdre toutes leurs organisations caritatives. »

Un discours repris très vite par la juge Yvonne Gonzalez Rogers, qui a expliqué aux jurés que le point de vue d’Elon Musk sur le sujet relevait d’une opinion n’ayant « aucune valeur légale ».

À la barre, le milliardaire a voulu se dépeindre comme altruiste. Une de ses motivations pour fonder et financer OpenAI était sa crainte de voir Google ne pas prendre suffisamment en compte la sécurité, alors que le géant du web s’engageait dans le développement de l’IA. Lors d’une rencontre avec Larry Page, cofondateur du moteur de recherche, la discussion a porté sur les risques que l’IA anéantisse l’humanité. Larry Page aurait alors répondu qu’un tel scénario serait « acceptable » tant que l’IA survivait.

Le commentaire, jugé « délirant » par Elon Musk, aurait valu à ce dernier le qualificatif de « spéciste pro-humain » par Page. Cette discussion aurait donc poussé Musk à créer une entreprise IA pour faire contrepoids aux projets de Google. Les deux hommes ne se parlent plus depuis le débauchage d’Ilya Sutskever par Musk. Ce chercheur IA de Google a aidé à la création d’OpenAI.

William Savitt, l’avocat d’OpenAI, a dépeint un Elon Musk un peu différent et pas réellement intéressé par la startup. Ce dernier venait « une fois de temps en temps » pour donner un conseil et, à l’occasion, « hurlait sur les gens parce qu’ils n’allaient pas assez vite ». Il a également montré que les donations des autres financiers de la jeune startup dépassaient très largement ceux d’Elon Musk.

Quant à la promesse selon laquelle OpenAI resterait une organisation à but non lucratif, le patron de Tesla aurait pris des vessies pour des lanternes. « La seule personne qui affirme avoir entendu ces promesses est M. Musk lui-même », décoche-t-il.

Mercredi 29 avril : où l’on apprend que Tesla aurait pu avaler OpenAI

Elon Musk a caressé un temps la possibilité d’intégrer OpenAI dans Tesla, d’après un courriel glissé dans le dossier de l’affaire. C’était du moins une proposition faite aux fondateurs de la startup IA. 

William Savitt, l’avocat d’OpenAI, en a profité pour corriger le milliardaire qui avait affirmé à la barre que Tesla ne cherchait pas à développer l’intelligence artificielle générale (AGI) : un de ses tweets remontant au mois de mars indique tout le contraire… « Tesla sera l’une des entreprises à créer une intelligence artificielle générale (AGI), et probablement la première à y parvenir sous une forme humanoïde ou capable de manipuler la matière », affirme le message sans équivoque.

Elon Musk a créé xAI en 2023, et même si cette nouvelle entreprise est sur le même secteur qu’OpenAI, il a tenu à en minimiser l’importance. « À ce stade, elle est techniquement concurrente, mais beaucoup plus petite qu’OpenAI », a-t-il indiqué face à son avocat.

Jeudi 30 avril : où l’on apprend qu’Elon Musk voulait transformer OpenAI en société à but lucratif

Jared Birchall, un des plus fidèles collaborateurs d’Elon Musk, est passé à la barre. William Savitt, l’avocat d’OpenAI, l’a interrogé sur un dépôt de documents visant à créer pour OpenAI une société commerciale à mission (« for-profit benefit corporation », PBC) en 2017, sous la direction d’Elon Musk.

C’est un moyen pour la défense de démontrer au jury le double langage de Musk : d’un côté il veut défendre le statut d’organisation caritative d’OpenAI, mais de l’autre il imaginait une structure permettant de réaliser des profits, même si l’entreprise demeurait guidée par une mission plus large d’intérêt public.

Le milliardaire avait cependant botté en touche un peu plus tôt durant le procès. Il a confirmé que ces documents avaient été déposés « au cas où ils seraient nécessaires ». Ça n’a finalement pas été utile. En 2025, OpenAI a bien changé de structure : l’ancienne filiale à but lucratif a été transformée en PBC, mais elle reste contrôlée par OpenAI Foundation, une organisation à but non lucratif.

Autre sujet plus technique abordé ce jour : la distillation. Cette technique d’apprentissage entraîne un modèle plus petit à imiter les réponses d’un modèle plus puissant. Au lieu d’entraîner un modèle uniquement avec des données brutes, il pose des questions à un modèle existant, puis le labo IA utilise les réponses obtenues comme matière d’entraînement.

Les modèles « distillés » de la sorte sont moins coûteux à faire tourner tout en se montrant capables d’atteindre des performances proches des modèles plus avancés. Les entreprises IA états-uniennes reprochent régulièrement à leurs homologues chinoises d’user et d’abuser cette technique pour accélérer le développement de leurs modèles à peu de frais.

Il se trouve que xAI y a eu recours en s’appuyant sur les modèles d’OpenAI, notamment pour entraîner le bot Grok. Elon Musk l’a admis pendant le procès (« oui »), tout en essayant de le nuancer (« en partie ».) Ça n’a rien de très surprenant, sachant que xAI est parti avec des années de retard sur OpenAI. Si le processus de distillation n’est pas explicitement illégal, il peut enfreindre les conditions d’utilisation.

Lundi 4 mai : où l’on apprend qu’Elon Musk a voulu s’arranger à l’amiable deux jours avant le procès

Dans un document déposé dimanche 3 mai, on apprend qu’Elon Musk a envoyé un message texte au président d’OpenAI, Greg Brockman, pour évaluer son intérêt concernant un arrangement à l’amiable. Un message envoyé deux jours avant l’ouverture du procès. Brockman lui a alors proposé que chaque partie laisse tomber ses revendications respectives, ce qui n’a pas semblé satisfaire Musk. 

Ce dernier a ainsi rétorqué : « D’ici la fin de la semaine [dernière, ndlr], toi et Sam serez les hommes les plus détestés d’Amérique. Si vous insistez, ainsi soit-il ». Ça n’est visiblement pas arrivé, mais le procès est loin d’être terminé ! Les avocats d’OpenAI estiment que cette initiative d’Elon Musk « tend à établir l’existence d’un mobile et d’un biais, et en particulier que [sa] motivation […] est d’attaquer un concurrent et ses dirigeants ».

Mardi 5 mai : où l’on apprend que le président d’OpenAI voulait un milliard de dollars

Greg Brockman, le président d’OpenAI, tenait un journal pour noter ses pensées, et comme dans tout journal personnel, les réflexions s’entrechoquent et parfois, se contredisent. Durant son témoignage à la barre, il a dû s’expliquer sur la teneur de certaines entrées qui donnent du poids aux allégations d’enrichissement personnel.

En 2017, il écrivait ainsi : « Financièrement, qu’est-ce qui me permettrait d’atteindre le milliard de dollars ?» Une entrée couchée sur le papier à la même époque de l’ultimatum de Musk : soit il prenait le contrôle d’une branche à but lucratif, soit l’organisation restait une association à but non lucratif. Dans son journal, Brockman évoquait aussi l’idée de transformer OpenAI en entreprise commerciale, en écrivant notamment que « gagner de l’argent pour nous semble formidable ».

Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, a demandé à Brockman si sa principale motivation était de devenir milliardaire, plutôt que de financer l’organisation à but non lucratif. Il l’a même comparé à un moment à un « braqueur de banque »… Le dirigeant a affirmé que la mission d’OpenAI (« servir l’humanité ») a toujours été sa motivation principale. Une compensation « juste » pour son travail en tant que fondateur était bien une considération, mais elle était secondaire.

Malgré tout, la participation de Greg Brockman dans OpenAI est aujourd’hui estimée à 30 milliards de dollars — il est donc bel et bien devenu milliardaire ! Et il n’a pas l’intention de « rendre » 29 de ces milliards à l’organisation caritative d’OpenAI, en expliquant avoir reçu cette participation avant l’explosion de la valorisation de l’entreprise. Il a également souligné avoir contribué à la construction de l’organisation à but non lucratif « la mieux financée du monde ».

Ailleurs dans son journal, le président d’OpenAI écrit qu’il serait « mal » de voler à Elon Musk l’organisation à but non lucratif, « ce serait moralement condamnable ». « Je ne vois pas comment nous pourrions transformer ça en entreprise à but lucratif sans une très sale bataille » si Musk en était écarté, indique-t-il aussi. On est là au cœur du procès.

À la barre, Brockman a tenu à recontextualiser ses propos. Ses réflexions concernaient uniquement le scénario dans lequel Musk aurait été évincé du conseil d’administration d’OpenAI par un vote, ce qui n’est jamais arrivé puisque le patron de Tesla a décidé de quitter la startup de son propre chef, en 2018. Il a également rappelé que l’immense majorité de la valeur actuelle d’OpenAI a été créée après le départ de Musk.

Greg Brockman doute aussi des capacités d’Elon Musk dans le domaine de l’IA générative. Lors de la présentation d’un prototype de ChatGPT, il n’aurait pas su reconnaitre l’importance du chatbot à tel point que l’ingénieur venu faire la démonstration a failli quitter le secteur de l’IA ! Brockman convient que Musk possède une expertise dans les fusées et les voitures électriques, mais « il ne connaissait pas l’IA, et je pense qu’il ne la connait toujours pas ».

Mercredi 6 mai : où l’on apprend que Sam Altman prend des arrangements avec la vérité

Sam Altman est-il franc du collier ? La question a été débattue (certes pas dans ces termes exacts…) durant le procès opposant Elon Musk au CEO d’OpenAI. Mira Murati, l’ancienne directrice technique de la startup, a témoigné en vidéo et sous serment que Sam Altman lui avait menti au sujet de la sûreté d’un modèle IA. Le service juridique de l’entreprise avait déterminé qu’il n’était pas nécessaire de faire examiner ce modèle par le comité en charge de la sécurité, aurait affirmé le patron d’OpenAI.

Mira Murati a déclaré dans sa déposition que Sam Altman n’avait pas dit la vérité sur ce dossier. Elle a voulu en avoir le cœur net auprès du directeur juridique Jason Kwon, qui est depuis devenu directeur de la stratégie : « J’ai confirmé que ce que disait Jason et ce que disait Sam n’étaient pas la même chose. ». Le modèle en question a fini par passer sous la loupe du comité de sécurité, sur sa demande.

« Je demandais à Sam de diriger, de le faire avec clarté, et de ne pas saboter ma capacité à faire mon travail », a-t-elle expliqué. Murati n’est pas la première à pointer du doigt les contradictions et les zones grises de Sam Altman ; plusieurs témoignages ont déjà dépeint le rapport très particulier avec la vérité du fondateur et directeur général d’OpenAI.

Le conseil d’administration d’OpenAI lui-même n’était pas convaincu par la sincérité de Sam Altman : c’est une des raisons pour lesquelles il a été éjecté de son poste fin 2023, remplacé par… Mira Murati. Qui a pourtant signé une pétition réclamant le retour du patron viré aux commandes de l’entreprise, la seule manière de « stabiliser » OpenAI, rapporte-elle.

Shivon Zilis, ancienne membre du conseil d’administration d’OpenAI, est aussi passée à la barre : de 2017 à 2023, elle a participé aux discussions sur les différentes formes que pouvait prendre OpenAI. Son témoignage était d’autant plus important qu’elle est aussi la compagne d’Elon Musk, et la mère de quatre de ses enfants (il en a douze en tout).

Zilis a quitté le board en 2023 après la création de xAI. Il n’était « pas approprié » de rester en poste alors que le milliardaire lançait une entreprise concurrente et recrutait chez OpenAI, a-t-elle expliqué. « Quand le père de vos enfants lance un projet concurrent et commence à recruter chez OpenAI, il n’y a plus rien à faire », a-t-elle écrit à l’époque dans un message cité au tribunal. Elle a affirmé que sa relation avec Musk n’avait pas influencé son travail au conseil d’administration : « [j’avais] une allégeance au meilleur résultat possible : une IA au service de l’humanité ».

La question d’un rapprochement avec Tesla s’est posée au début de l’aventure OpenAI afin de créer un labo de recherche sur l’AGI. Ça n’a évidemment débouché sur rien. En décembre 2017, Greg Brockman et Ilya Sutskever ont repoussé la proposition, selon Zilis. Elle a regretté que ces deux fondateurs n’aient pas voulu d’une telle opération : « Ils ne voyaient pas l’intérêt stratégique qu’il y avait à intégrer cette technologie dans Tesla […] Ils ne sont pas dans une logique de calculs ».

Dans le cadre de la transformation d’OpenAI en labo IA de Tesla, Elon Musk avait envisagé de proposer à Sam Altman un poste au conseil d’administration du constructeur automobile. Des échanges internes versés au dossier confirment que le milliardaire avait l’intention de faire entrer Altman dans l’orbite de Tesla ; plusieurs scénarios ont été envisagés, dont ce poste au board, ainsi qu’un rôle de directeur du labo interne.

Interrogée par les avocats d’OpenAI, Shivon Zilis a dit ne pas se souvenir de conditions imposées par Musk concernant les dons à l’organisation, ou encore de documents garantissant qu’OpenAI resterait à but non lucratif ou open source — une déclaration qui infirme les accusations d’Elon Musk. Elle a également estimé qu’un courriel de Sam Altman, dans lequel il disait son enthousiasme pour une structure à but non lucratif, ne constituait pas une promesse formelle.

Lundi 11 mai : où l’on apprend que Microsoft ne veut pas devenir IBM

Le témoignage ce lundi de Satya Nadella était particulièrement attendu. Le CEO de Microsoft a expliqué les liens entre son entreprise et OpenAI, qui vont bien au-delà du simple soutien à une startup : l’éditeur de Windows a investi 1 milliard de dollars en 2019, puis 2 milliards en 2021, et enfin 10 milliards en 2023. Beaucoup d’argent donc, ce qui a contribué à la transformation d’OpenAI en mastodonte du secteur, valorisé à 850 milliards de dollars.

Interrogé par Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, le dirigeant a convenu que l’investissement de Microsoft avait été une très bonne affaire. Mais « parce que nous avons été les seuls à prendre le risque ». Les relations avec OpenAI ont été tumultueuses, avant d’aboutir à un accord qui donne à Microsoft 27 % du capital de la startup. Une participation estimée à un peu plus de 200 milliards de dollars aujourd’hui.

Le directeur général de Microsoft a affirmé à la barre qu’Elon Musk n’a jamais évoqué ses préoccupations concernant l’investissement du géant logiciel dans OpenAI, qui aurait pu être en infraction avec des engagements caritatifs de la startup. Elon Musk a expliqué la semaine dernière que les 10 milliards mis sur la table par Microsoft en 2023 ont constitué le point de bascule : l’ampleur de la somme le préoccupait, « j’étais inquiet à l’idée qu’ils essaient en réalité de détourner l’organisation à but non lucratif ».

Pour Nadella, ces investissements successifs n’ont jamais été interprétés comme des dons. Dès le départ de la relation entre les deux entreprises, il était clair dans son esprit qu’il s’agissait d’un partenariat marketing puis franchement commercial.

Dès 2016, Microsoft avait proposé à OpenAI un accès à ses capacités de calcul à prix cassé. Mais en 2018, alors que les factures commençaient à s’empiler, « nous n’étions plus à l’aise avec l’idée de considérer cela comme une dépense marketing », a expliqué Nadella. C’est à cette époque que la relation entre Microsoft et OpenAI est devenue plus sérieuse.

En 2022, avant ce fameux investissement de 10 milliards, Satya Nadella a demandé aux dirigeants de Microsoft des solutions pour « poursuivre le partenariat » d’une façon qui soit favorable à l’éditeur. « Je ne veux pas que Microsoft soit IBM et qu’OpenAI devienne Microsoft », écrivait le dirigeant dans son courriel. En 1980, IBM signait un accord non exclusif pour distribuer DOS sur ses PC ; Microsoft a pu commercialiser en parallèle son système d’exploitation à de nombreux autres constructeurs, ce qui lui a permis de devenir le pivot logiciel du marché de l’ordinateur personnel.

Au bout du compte, Microsoft est devenue bien plus importante qu’IBM. Et Nadella ne voulait pas que l’histoire se répète à front renversé.

Satya Nadella est revenu sur le congédiement surprise de Sam Altman en novembre 2023, avant qu’il retrouve son poste quelques jours plus tard. « De l’amateurisme total », a cinglé le patron de Microsoft en parlant du conseil d’administration d’OpenAI à l’origine de ce pataquès.

Le board avait justifié l’éviction de Sam Altman par son manque de transparence, ce qui peut constituer un motif valable de licenciement d’un directeur général, mais « cela ne suffisait pas, parce qu’il s’agit du directeur général d’une entreprise dans laquelle nous avons investi et avec laquelle nous entretenons un partenariat très étroit. J’estimais donc qu’ils auraient dû m’expliquer quels étaient les incidents ou les éléments précis derrière cette décision ».

Le CEO de Microsoft tenait à avoir l’heure juste, mais « chaque fois que je demandais précisément pourquoi Sam avait été licencié, [le conseil] ne me donnait jamais de réponse claire ».

De l’amateurisme chez le conseil d’administration, c’est aussi ce qui ressort du témoignage d’Ilya Sutskever, transfuge de Google et cofondateur d’OpenAI. Membre du board en 2023, il s’interrogeait aussi sur le comportement d’Altman. « Le processus [d’éviction] semblait précipité. Ce groupe d’administrateurs n’était pas très expérimenté dans ce genre de situation… et ils ont également reçu des conseils juridiques qui n’étaient pas très bons. »

Ilya Sutskever a aussi dit son peu d’enthousiasme concernant l’hypothèse d’un rapprochement avec Anthropic, ce qui aurait « tué un rêve », a-t-il indiqué. Le chercheur a finalement aidé au retour de Sam Altman aux commandes, avant de quitter OpenAI en 2024. Sa participation personnelle se monte à 7 milliards de dollars.

Mardi 12 mai : où l’on apprend que Sam Altman voulait devenir gouverneur de Californie

Le témoignage le plus attendu de cette semaine de procès était celui de Sam Altman. Le contre-interrogatoire mené par Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, a été l’occasion d’une passe d’armes visant à dépeindre le cofondateur et directeur général d’OpenAI comme un menteur. « Êtes-vous totalement digne de confiance ? », a-t-il demandé de but en blanc.

« Je le pense », a répondu Altman, ce à quoi l’avocat a répliqué : « Vous ne savez pas si vous êtes totalement digne de confiance ? ». Dos au mur, le dirigeant a alors déclaré : « Je vais simplement modifier ma réponse en oui. ». Il a ajouté : « Je pense être un dirigeant honnête et digne de confiance ». L’enjeu est d’importance, car la duplicité supposée de Sam Altman est au cœur de la plainte d’Elon Musk.

En 2022, Elon Musk a écrit à Sam Altman suite à la publication d’un article du New Yorker annonçant l’intention de Microsoft d’injecter 10 milliards de dollars dans OpenAI. Le patron de Tesla laissait entendre que son argent investi dans la startup (38 millions de dollars en tout) s’était transformé en jackpot financier : il avait en effet permis d’attirer les milliards de Microsoft. « [Elon Musk] dit en substance que vous avez détourné une œuvre caritative, n’est-ce pas ? », a lancé Molo. « Ce n’est pas ce qu’il me semble dire », a répondu Altman.

Plus tard dans l’échange entre les deux dirigeants, un Altman manifestement gêné aux entournures (« Je suis d’accord, ça donne une mauvaise impression ») a proposé à Musk des parts dans OpenAI, ce que l’avocat traduit par un pot-de-vin. « Je rejette totalement cette interprétation », a affirmé Altman à la barre.

Sam Altman a aussi expliqué aux jurés comment Elon Musk avait demandé le « contrôle total » d’OpenAI à l’époque où il faisait encore partie de la direction de l’entreprise, « un moment particulièrement éprouvant ». Altman lui a alors posé une question : « Si tu as le contrôle, que se passe-t-il à ta mort ? ». Ce à quoi Musk a répondu qu’il n’y avait pas vraiment réfléchi, mais « peut-être que le contrôle pourrait simplement être transmis à mes enfants ». Une réponse qui a mis Altman mal à l’aise.

Ce dernier ne voulait pas qu’une seule personne puisse contrôler OpenAI. « L’une des raisons pour lesquelles nous avons créé OpenAI était précisément parce que nous pensions qu’une AGI ne devrait pas être sous le contrôle d’une seule personne, quelles que soient ses bonnes intentions », a-t-il expliqué à la barre. Elon Musk avait aussi assuré qu’il « abandonnerait ce contrôle plus tard », mais Altman n’y croyait pas — l’idée de « léguer » OpenAI à sa progéniture donnait effectivement peu d’espoir sur un lâcher prise.

« J’ai appris que, surtout lorsqu’une entreprise allait bien, les fondateurs ou les personnes qui détenaient le contrôle n’y renonçaient généralement pas », a témoigné Altman, ajoutant qu’« ils pouvaient conserver ce contrôle pour toujours ». Et lorsque Musk a avancé l’idée d’une intégration dans Tesla, Sam Altman s’est montré suspicieux : Tesla est un constructeur automobile, « qui n’a pas la mission d’OpenAI ».

Elon Musk tentait de débaucher des employés d’OpenAI pour renforcer les équipes de Tesla en charge de l’IA. « Ça m’agaçait », a indiqué Sam Altman devant le jury. Le milliardaire a quitté le conseil d’administration d’OpenAI début 2018. Au grand soulagement des équipes, visiblement : le style de management d’Elon Musk était mal vécu en interne, c’était « mauvais pour le moral » des troupes, a expliqué Altman.

Sur un registre plus léger, Sam Altman a également expliqué avoir caressé l’idée de se présenter aux élections pour devenir gouverneur de l’État de Californie ! Dans un courriel remontant à septembre 2017, il fait part de ses « objectifs politiques » qui étaient effectivement de se présenter au poste de gouverneur. Ça n’est jamais allé plus loin.

Dernière mise à jour, 13/05 à 16h00. Publication initiale le 5/05

☕️ L’IA de Meta scrute profils et photos pour estimer l’âge des utilisateurs

5 mai 2026 à 15:29


Les moins de 13 ans ne peuvent officiellement pas créer de compte sur Instagram ou sur Facebook… même s’il est relativement facile de tromper le processus d’inscription. C’est pourquoi Meta a mis en place des mécanismes de vérification pour supprimer ces comptes, et les met à jour régulièrement. Pour repérer les petits malins, de nouveaux outils IA ont été développés pour analyser le contenu des profils.

L’IA peut analyser les publications, les commentaires, la biographie ou les légendes des photos à la recherche d’indices contextuels (anniversaires, mentions scolaires…). Le compte peut être désactivé en cas de doute, tandis que l’utilisateur doit prouver son âge. Meta annonce aussi un nouvel outil d’analyse visuelle des photos et vidéos, ce qui lui permet d’estimer l’âge à partir de la morphologie et de la taille de l’utilisateur. Ces données sont croisées avec des signaux textuels et comportementaux.

Meta l’assure : il ne s’agit pas de reconnaissance faciale, l’outil « n’identifie pas la personne précise présente sur l’image ». La reconnaissance faciale est pourtant en place dans Instagram depuis 2023. Cette analyse visuelle n’a été activée que dans une poignée de pays, un déploiement plus large est cependant dans les tuyaux. 

Image : Meta

En revanche, Meta a confirmé le lancement dans l’Union européenne de la technologie IA qui lui permet de basculer des comptes adultes vers des profils ados, avec toutes les restrictions de contenus que cela implique. Lancée en 2025, elle tente de déterminer si un compte est géré par un adolescent enregistré comme adulte. 

Il s’agit d’un modèle IA s’appuyant sur plusieurs signaux : infos de profil, interactions avec des contenus ou d’autres profils, comportements typiques selon l’âge. Mis à jour et ré-entrainé régulièrement, il est comparé en continu à un jeu de données d’évaluation de référence alimenté par des équipes humaines qui examinent les contenus anonymisés et les classent selon l’âge probable de leur auteur. 

Le modèle a d’abord été lancé aux États-Unis, il se déploie désormais de pays en pays. L’UE y a désormais droit dans Instagram, puis dans Facebook en juin.

Enfin, Meta rappelle qu’elle ne peut pas faire tout, toute seule. L’entreprise milite pour que la vérification de l’âge soit réalisée par les boutiques d’apps, donc par Apple et par Google. « Exiger une autorisation parentale et une vérification de l’âge au niveau de l’App Store ou du système d’exploitation offre un point centralisé, cohérent et respectueux de la vie privée pour garantir l’âge, plutôt que d’imposer à chaque application de se conformer à des règles différentes », explique le groupe. Plusieurs États américains imposent déjà cette vérification.

Xbox a toujours la tête sous l’eau

5 mai 2026 à 06:48
Ça sent le game over
Xbox a toujours la tête sous l’eau

Il faut toucher le fond avant de remonter à la surface, mais Xbox est toujours en train de creuser. Les derniers résultats trimestriels de Microsoft confirment, s’il en était besoin, que la division jeux vidéo du groupe ne se porte pas très bien, que ce soit pour les logiciels, les services, ou les consoles.

Aucune entreprise n’aime voir des comptes dans le rouge comme c’est le cas de la division Xbox. Au troisième trimestre fiscal de Microsoft, qui correspond aux trois premiers mois de l’année, cette activité a enregistré une baisse des ventes de 5 % pour ses contenus et services et de 33 % pour le matériel (consoles et périphériques) par rapport au même trimestre fiscal de l’an dernier.

Des consoles en voie de disparition

Ce faisant, Xbox a contribué au recul du chiffre d’affaires sur le trimestre (13,2 milliards de dollars,- 1 %) de la division « More Personal Computing », qui comprend également Windows et la publicité. Les ventes de licences Windows et des appareils ont baissé de 2 %, la publicité en ligne affiche une croissance de 12 % (en excluant les coûts d’acquisition du trafic). Cette division reste cependant rentable avec des revenus d’exploitation de 146 millions de dollars.

Autrement dit : pour Xbox, ce n’est pas un trimestre glorieux. « Nous savons qu’il nous reste du travail pour convaincre chaque joueur, aujourd’hui comme à l’avenir », a admis Asha Sharma, directrice générale de Xbox. Il faut dire que la division est plongée dans une spirale infernale depuis des années. Durant ce troisième trimestre fiscal, l’activité Jeux a globalement reculé de 7 % (- 380 millions de dollars), le gros de la chute venant du hardware et plus spécifiquement des ventes des consoles en chute libre.


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iOS 26.5 apporte le chiffrement de bout en bout aux messages RCS iPhone/Android [MàJ]

11 mai 2026 à 18:04
RCS E2EE FTW
iOS 26.5 apporte le chiffrement de bout en bout aux messages RCS iPhone/Android [MàJ]

Les messages RCS entre iPhone et Android seront très bientôt chiffrés de bout en bout. De quoi assurer une bien meilleure sécurisation des messages texte échangés entre plateformes.

Mise à jour 11/05 — Apple a livré la version finale d’iOS 26.5, et détaille les opérateurs prenant en charge le RCS avec chiffrement de bout en bout (une fonction en bêta). Aucun français dans le lot, mais en Europe plusieurs opérateurs sont déjà au diapason, dont Orange en Belgique (ainsi que Proximus et Telenet), Magenta en Autriche, T-Mobile en République tchèque, 1&1, O2 et Deutsche Telekom en Allemagne, ou encore Cosmote en Grèce.

Image : Apple

Du côté de Google, on rappelle aujourd’hui que l’E2EE est disponible dans l’app Messages sur les appareils Android depuis des années. Les utilisateurs sauront qu’une conversation avec un correspondant iOS est chiffrée de bout en bout quand chacun verra une icône de cadenas. Sur Android comme sur iOS, le chiffrement est activé par défaut et il sera progressivement déployé automatiquement « pour les nouvelles conversations RCS comme pour les discussions existantes ».

Article original, 5/05 — Le chemin a décidément été bien long pour le RCS. Le protocole de communication (Rich Communication Services) standardisé par le GSMA est en passe de supplanter le vieillissant SMS. Ses avantages sont nombreux : conversations de groupe, images et vidéos haute définition, statut de lecture, partage de géolocalisation, etc.

La longue route

Google le propose sur Android depuis 2016 (depuis 2019 en France) via l’app Messages, en parallèle des SMS. La démocratisation du protocole a cependant été freinée par Apple, qui a développé et soutenu son propre protocole propriétaire, iMessage. Celui-ci ne fonctionne qu’entre appareils du constructeur — ce sont les fameuses bulles bleues, en opposition aux bulles vertes des SMS. 

Les messages échangés dans ce format offrent peu ou prou les mêmes fonctionnalités que le RCS, exception faite de tout son versant purement commercial. Comme l’expliquait l’Association Française pour le développement des services et usages Multimédias Multi-opérateurs (A2FM) l’an dernier, les annonceurs aiment le RCS pour son taux élevé d’ouverture (80 % en moyenne) mesurable pour chaque campagne. Par ailleurs, un message RCS publicitaire « ne nécessite pas d’obtenir de la part de ses clients un consentement spécifique pour le RCS (si vous avez déjà son consentement pour le SMS) ». Bien pratique…

Il existe bien une composante commerciale d’iMessage, mais elle est bien moins appuyée que le RCS et surtout, elle reste sous le contrôle d’Apple. Sous la pression de la Chine et de l’UE, le constructeur a toutefois cédé avec iOS 18.4, en avril 2025 : les RCS ont désormais droit de cité dans l’app Messages (d’iOS), avec leurs atouts mais toujours dans des bulles vertes. 

Il restait cependant un gros problème à résoudre : le chiffrement de bout en bout (E2EE). Entre appareils Google, les messages RCS sont bien chiffrés E2EE grâce à une surcouche maison. Aucun tiers ne peut accéder aux échanges, à l’exception, bien sûr, des correspondants, comme une conversation iMessage. Mais ce n’était pas le cas pour des RCS entre un iPhone et un smartphone Android.

Enfin tranquille

Quelques semaines avant iOS 18.4, la GSMA avait publié les spécifications 3.0 du profil universel du RCS qui ajoutent, entre autres nouveautés, l’intégration du chiffrement de bout en bout basé sur le protocole MLS (Messaging Layer Security). « Ces procédures garantissent que les messages et autres contenus, tels que les fichiers, restent confidentiels et sécurisés lorsqu’ils circulent entre les clients », indiquait Tom Van Pelt, directeur technique de l’association.

La publication des specs est une chose, leur mise en œuvre en est une autre. Il a donc fallu prendre son mal en patience mais enfin, nous y sommes… ou presque. Après des tests dans la version bêta d’iOS 26,4, le RCS E2EE va être officiellement disponible avec la version finale d’iOS 26.5.

La release candidate d’iOS 26.5 confirme en effet la présence de la fonction, certes encore en bêta, mais qui sera livrée au grand public dans quelques jours. Le chiffrement de bout en bout effectif dépendra ensuite de sa prise en charge par les opérateurs, mais en ce qui concerne la France, l’attente ne devrait pas être trop longue : les opérateurs de l’Hexagone ont en effet été assez rapides à activer le RCS sur iPhone.

L’E2EE sera activé par défaut pour le RCS, avec un bouton pour le désactiver dans les réglages de l’app Messages.

L’Universal Profile 3.0 du RCS contient également des nouveautés concernant la communication avec les entreprises : liens profonds plus souples, copie du texte dans le presse-papier de l’appareil, possibilité de s’abonner ou se désabonner d’un service via un message, amélioration des codecs pour les messages audio.

Selon le dernier bilan de l’AF2M, 738 enseignes ont utilisé le RCS for Business en 2025 (+ 75 %) et pas moins de « 200 millions de messages RCS ont été envoyés sur l’année ». Le SMS promotionnel (publicité, marketing direct, drive-to-store) reste largement en tête avec 6,2 milliards de messages.

Pourquoi les gobelins et les gremlins ont envahi ChatGPT

5 mai 2026 à 05:35
Ne lui donnez pas à manger après minuit
Pourquoi les gobelins et les gremlins ont envahi ChatGPT

À quoi rêvent les intelligences artificielles ? À des gobelins, manifestement. Suite à des signalements d’utilisateurs de ChatGPT, OpenAI a découvert d’où provenait l’étrange propension du bot à multiplier les métaphores avec des gobelins et des gremlins ces dernières semaines.

ChatGPT a la métaphore facile, parfois trop, mais ces derniers temps le bot avait décidé d’ajouter un peu de folklore monstrueux à son arsenal. Depuis la mise en route de GPT-5.1 en novembre dernier, les modèles d’OpenAI avaient commencé à développer une curieuse habitude : multiplier les mentions de gobelins, de gremlins et d’autres créatures dans leurs réponses. Une fois de temps en temps, passe encore, mais cela devenait quasiment systématique.

Lors d’un test préliminaire de GPT-5.5 dans Codex

Apprentissage par renforcement à partir de rétroaction humaine

L’enquête d’OpenAI menée à l’époque montrait effectivement une hausse de l’utilisation des mots « gobelin » (+ 175 % par rapport à GPT-5) et « gremlin » (+ 52 %). Bizarre, mais rien de « particulièrement inquiétant », selon l’entreprise. C’est avec GPT-5.4, au mois de mars, que la présence de ces bestioles est devenu franchement envahissante. L’enquête se resserre sur la personnalité « Nerdy », que l’on pouvait sélectionner dans les réglages pour encourager un ton ludique et des métaphores originales, sur un ton un peu décalé.

La personnalisation « Nerdy » ne pesait que 2,5 % des réponses de ChatGPT, mais elle représentait 66,7 % des références à « gobelin ». OpenAI a déterminé que dans les données d’entraînement, les métaphores avec des créatures comme nos fameux gobelins et gremlins étaient souvent mieux notées, ce qui explique pourquoi il s’est mis à en produire davantage. Mais comment se sont-ils propagés aux autres « personnalités » de ChatGPT ?

Image : OpenAI

Les récompenses ne s’appliquaient certes que pour la personnalité « Nerdy », mais une fois qu’un « tic de style » est récompensé, les phases d’entraînement qui s’ensuivent peuvent le propager ou le renforcer ailleurs. En fouillant dans les données d’affinage supervisé (SFT) de GPT-5.5, OpenAI a trouvé de nombreuses références contenant « gobelin » et « gremlin ».

Une boucle de rétroaction s’est mise en place : certaines réponses ludiques récompensées contiennent un tic lexical qui apparait plus souvent dans les générations du modèle ; des générations qui sont utilisées pour l’affinage supervisé, ce qui pousse le modèle à produire ce tic. 

Les équipes d’OpenAI ont supprimé le signal de récompense qui favorisait ces métaphores, filtré les données contenant le tic et ajouté des instructions pour limiter l’apparition des créatures. Mais malgré la suppression de la personnalité « Nerdy » dans GPT-5.4, le tic des gobelins a quand même été « réappris » par GPT-5.5 car l’entraînement de ce modèle avait débuté avant l’identification de la cause du problème. Une instruction a été ajoutée au niveau du prompt développeur pour atténuer le phénomène.

L’histoire est plutôt amusante (ou énervante), mais plutôt inoffensive. Elle pourrait pourtant avoir des implications importantes avec des biais plus sérieux. Ces gobelins « constituent aussi un exemple parlant de la manière dont les signaux de récompense peuvent façonner le comportement d’un modèle de façon inattendue, et de la façon dont ces modèles peuvent apprendre à généraliser des récompenses d’un contexte à d’autres sans lien direct », explique l’entreprise dans son post-mortem.

Premiers résultats pour le chantier à ciel ouvert de l’optimisation de Windows 11

4 mai 2026 à 15:20
tg Windows Update
Premiers résultats pour le chantier à ciel ouvert de l’optimisation de Windows 11

Au mois de mars, Microsoft admettait que l’intégration à marche forcée de l’IA dans Windows 11 repoussait de plus en plus d’utilisateurs. Retour aux fondamentaux donc, avec plusieurs mises à jour visant à « intégrer l’IA où elle a le plus de sens », stabiliser le système d’exploitation et améliorer les performances. Un programme très ambitieux sur lequel l’éditeur fait un point d’étape, avec les premières réalisations concrètes.

Microsoft veut faire amende honorable. L’éditeur a fini par entendre la grogne des utilisateurs de Windows 11 qui, depuis des années, réclament des améliorations et des gains de performance, quand l’entreprise s’est souvent contentée de leur servir des fonctions IA mi-cuites. Après avoir essuyé une énième volée de critiques acerbes, Microsoft a finalement décidé de prendre le problème à bras le corps en amorçant la pompe aux améliorations.

La première salve a été distribuée aux utilisateurs inscrits au programme Windows Insiders — complètement remanié pour l’occasion. Le groupe fait un premier bilan des nouveautés à commencer par l’outil Windows Update, souvent accusé de n’en faire qu’à sa tête au plus mauvais moment (comprendre : installer une mise à jour en plein milieu d’un travail important).

Ainsi, durant la configuration initiale d’un PC, les insiders ont désormais la possibilité d’ignorer immédiatement les mises à jour. On arrive ainsi plus rapidement sur le bureau de l’ordinateur, tandis que les mises à jour s’installeront plus tard (ou tout de suite s’il le faut).

Image : Microsoft

Autre changement appréciable : une option permet de choisir le jour où les mises à jour devront s’installer. L’utilisateur peut repousser l’échéance jusqu’à 35 jours… Et même au-delà, puisque la « pause » de Windows Update peut être prolongée autant de fois que nécessaire, de 35 jours en 35 jours.

Image : Microsoft

Les nouvelles versions de pilotes, de .NET et de firmwares vont se synchroniser avec la mise à jour mensuelle de sécurité et de maintenance de Windows, pour faire en sorte qu’un seul redémarrage soit requis chaque mois pour que son PC soit à jour. « Les mises à jour se téléchargeront en arrière-plan, puis attendront une installation coordonnée et un redémarrage », explique Microsoft. Il restera possible d’activer l’option de réception des mises à jour en avance, et de lancer une mise à jour manuellement.

Image : Microsoft

Dans le même ordre d’idée, le menu de démarrage va toujours présenter les options « Extinction » et « Redémarrage », sans avoir à installer les mises à jour en attente (les options pour les installer avant une extinction ou un redémarrage restent disponibles). Au chapitre des petites améliorations bienvenues, relevons l’ajout de la classe de périphériques dans le descriptif d’une mise à jour du pilote (affichage, audio, batterie, extensions, etc.).

L’Explorateur de fichiers, outil indispensable du quotidien s’il en est, est encore en chantier. Des améliorations de fond sont apportées à l’architecture pour « réduire les blocages, améliorer la réactivité, peaufiner l’expérience et obtenir des gains de performances constants ». Cela devrait se traduire par une plus grande stabilité de l’accueil, un lancement plus rapide, et moins de transitions brusques.

Microsoft travaille également sur la réduction du bruit dans Windows 11, autrement dit toutes ces petites choses qui cherchent à attirer l’attention de l’utilisateur sans raison. La distinction entre les widgets et le flux Discover va être plus importante, et l’éditeur promet des réglages « plus apaisés » pour choisir ce que l’on souhaite voir ou pas. Le nombre de widgets par défaut va aussi être réduit au seul module météo sur l’écran de verrouillage.

Les widgets et le flux Discover avant et après. Image : Microsoft

Les widgets font aussi partie d’un gros travail d’optimisation de la mémoire pour qu’ils consomment moins, et mieux. D’autres composants du système d’exploitation vont y avoir droit. Microsoft concentre également son tir sur l’accélération du lancement des applications et de certains éléments de l’interface, à l’image du menu Démarrer, de la recherche ou du centre de notifications.

Enfin, chose promise chose due, l’entreprise a aussi réduit la voilure sur les fonctions IA. Le bouton « Copilot » a disparu des applications Photos et Capture d’écran, tandis que le Notepad a été remplacé par un intitulé plus clair, un bouton « Outils d’écriture ».

Tous ces changements sont en phase de déploiement au sein des principaux canaux (Beta et Experimental) de Windows Insiders, avant une disponibilité pour le grand public. Le travail sur la personnalisation de la barre des tâches, que l’on va pouvoir positionner sur les côtés ou en haut de l’écran, est encore en cours ; on devrait avoir des nouvelles courant mai.

Le Pentagone choisit ses nouveaux fournisseurs IA et exclut Anthropic… enfin presque

4 mai 2026 à 08:43
La guerre l'IA au fusil
Le Pentagone choisit ses nouveaux fournisseurs IA et exclut Anthropic… enfin presque

Le Pentagone fait ses emplettes IA dans plusieurs échoppes. Le ministère américain de la Défense a signé des accords avec huit fournisseurs de modèles pour déployer leurs capacités IA dans des opérations classifiées. Anthropic n’en fait pas partie.

Le Department of Defense (DOD), rebaptisé Department of War par Donald Trump, a fait son choix. Exit le fournisseur d’IA dominant : l’armée américaine va s’appuyer sur les capacités d’un panel d’acteurs pour déployer leurs IA dans des opérations militaires classifiées. En l’occurrence, OpenAI, Google, Microsoft, AWS (Amazon Web Services), NVIDIA, Oracle, SpaceX (xAI) et Reflection ont été appelés à la rescousse.

Google balaie les inquiétudes de ses employés

Les modèles de ces entreprises pourront intervenir dans des missions IL6 (« secret defense ») et IL7, ce dernier niveau « Impact Level » recouvrant des données encore plus sensibles, souvent liées aux opérations militaires en cours. Les outils IA serviront donc à des missions particulièrement critiques : analyse de renseignement, planification d’opérations, soutien à la prise de décision en temps réel.

« Ces accords accélèrent la transformation de l’armée américaine vers un modèle centré sur l’IA et renforceront la capacité des forces à conserver un avantage décisionnel sur l’ensemble des théâtres d’opérations », explique le communiqué du DoD. Plusieurs de ces fournisseurs étaient déjà connus, comme SpaceX, OpenAI ou encore Google. 

Au sein de cette dernière, l’accord signé lundi 27 avril a suscité une fronde interne. Une lettre ouverte signée par plus de 560 employés demande à Sundar Pichai, le CEO de Google, de refuser l’utilisation de sa technologie IA pour des opérations militaires classifiées. « Nous voulons que l’IA profite à l’humanité, pas qu’elle soit utilisée de manière inhumaine ou extrêmement nuisible », expliquent les signataires. 

« La seule façon de garantir que Google ne soit pas associé à de tels dommages est de refuser tout travail sur des projets classifiés », poursuivent-ils. « Dans le cas contraire, de tels usages pourraient se produire sans que nous en ayons connaissance ni la possibilité de les empêcher. »

Des inquiétudes balayées du revers de la main par Kent Walker, président des affaires juridiques d’Alphabet. Dans un mémo, il écrit : « Nous travaillons avec fierté avec les ministères de la Défense depuis les débuts de Google et continuons de penser qu’il est important de soutenir la sécurité nationale de manière réfléchie et responsable. » Il ajoute que « rester engagés auprès des gouvernements, y compris sur les questions de sécurité nationale, permettra aux démocraties de tirer parti de technologies responsables. ». Circulez…

Mythos envers et malgré tout

Le Pentagone utilisait Claude depuis 2024, avec un certain succès. Les modèles Claude gov développés par Anthropic ont ainsi été mis à profit pour la capture du président du Venezuela, Nicolas Maduro, le 3 janvier. Et aussi pour les premières opérations de la guerre menée avec Israël contre l’Iran. L’entreprise d’IA a soulevé des objections concernant l’exploitation de sa technologie à des fins militaires : elle ne doit pas servir à la surveillance de masse des citoyens aux États-Unis ni équiper des armes totalement autonomes. Or, le très guerrier DoD actuel ne veut pas se laisser dicter ses actions par un fournisseur.

L’affaire s’est envenimée à un point tel que le DoD a désigné Anthropic « fournisseur à risque », autrement dit une menace pour la sécurité nationale, une première pour une entreprise du pays. Depuis, l’affaire s’embourbe en justice… Le lancement de Mythos début avril a rebattu les cartes en faveur d’Anthropic.

Emil Michael, le directeur technique du DoD, affirme ainsi que si Anthropic demeure un risque pour la chaîne d’approvisionnement de l’armée US, Mythos constituait « un moment à part pour la sécurité nationale ». Il a expliqué à CNBC que « nous devons nous assurer que nos réseaux sont suffisamment renforcés […] ce modèle dispose de capacités spécifiques pour identifier des vulnérabilités informatiques et les corriger ».

Le ministère américain de la Défense exploite donc déjà l’IA depuis un moment pour ses opérations. Les modèles des nouveaux fournisseurs sont censés servir à synthétiser d’importants volumes de données, améliorer la compréhension des situations complexes (champ de bataille, cybersécurité…), et accélérer la prise de décision.

Le DoD a développé GenAI.mil, sa plateforme officielle d’IA. Elle a été utilisée par plus d’1,3 million de membres du personnel, « générant des dizaines de millions de requêtes et déployant des centaines de milliers d’agents en seulement cinq mois ».

Meta veut devenir l’Android des robots humanoïdes

4 mai 2026 à 06:57
Première règle de la robotique : acceptez les publicités ciblées.
Meta veut devenir l’Android des robots humanoïdes

S’il est encore bien difficile d’assurer à 100 % que le grand public va s’arracher les robots humanoïdes, l’industrie s’est lancée dans ce chantier tête baissée. Meta fait un pas de plus, dans l’espoir de fournir la base technologique pour l’ensemble du marché.

Il est au moins un domaine dans lequel l’IA générative a un certain avenir : celui des robots humanoïdes. C’est qu’il en faut de l’intelligence pour comprendre des consignes en langage naturel comme « va chercher la tasse rouge sur la table », pour décomposer une tâche complexe en une suite d’actions, ou pour s’adapter à des situations nouvelles qui n’étaient pas prévues par le logiciel interne. 

Meta s’offre une startup robotique

Seuls, les modèles génératifs ne peuvent pas piloter de corps, ils ne gèrent pas l’équilibre, la coordination des mouvements ou les contraintes physiques du monde réel. Des fonctions qui restent assurées par des systèmes spécialisés, souvent développés depuis des années par la robotique classique.

Au-delà des acteurs « traditionnels » de la robotique – dont les clients ont besoin de modèles dédiés à des tâches spécifiques (dans l’industrie traditionnelle, par exemple) –, l’explosion du secteur de l’IA générative a donné des idées à de nombreuses entreprises qui voudraient bien créer un tout nouveau marché potentiellement très lucratif : celui des robots humanoïdes pour le grand public.

Meta n’a pas l’intention de laisser passer son tour et a confirmé à Bloomberg l’acquisition d’Assured Robot Intelligence (ARI), une startup qui développe des modèles IA pour robots. La jeune pousse est située « à la pointe de l’intelligence robotique, conçue pour permettre aux robots de comprendre, prévoir et s’adapter aux comportements humains dans des environnements complexes et dynamiques », a expliqué le géant des réseaux sociaux.

L’équipe d’ARI va rejoindre le Meta Superintelligence Labs, ce labo rempli de têtes bien faites chargées de plancher sur les modèles Muse du groupe. Elle va travailler de près avec le Meta Robotics Studio, un groupe créé en février 2025 pour travailler sur les technologies de base pour des robots humanoïdes.

À droite, le Digit 360 de Meta. À gauche, la première génération.
Le Digit Plexus de Meta.

En octobre dernier, Meta avait dévoilé des travaux sur la robotique menés par FAIR, son labo d’IA fondamentale — c’était avant le départ de Yann LeCun qui était à la tête de ce pôle dont la voilure a fondu au profit du Superintelligence Labs.

Parmi ces travaux de recherche, la plateforme Meta Digit Plexus, une solution matérielle et logicielle pour intégrer des capteurs tactiles dans une main robotique. Ou encore Digit 360, un capteur tactile artificiel en forme de doigt pour fournir les données les plus détaillées possibles.

Au cœur du réacteur

Le Meta Robotics Studio va sans aucun doute exploiter quelques-unes des technologies mises au point par ARI pour la conception de nouveaux capteurs, de logiciels et de tout ce qui est nécessaire à un robot humanoïde.

Meta aurait l’intention de mettre ces travaux à disposition du reste de l’industrie afin de jouer un rôle central sur ce futur marché. Comme Android et les puces de Qualcomm le sont pour les smartphones. L’entreprise de Mark Zuckerberg aurait déjà pris langue avec Unitree Robotics, dont les robots humanoïdes font les clowns acrobates dans des galas en Chine, ou avec Figure AI.

Si Meta n’exclurait pas de concevoir un robot de A à Z, l’entreprise chercherait donc d’abord à jouer un rôle transversal. D’autres veulent tout maîtriser, comme Tesla avec Optimus. Sans surprise, Elon Musk a promis monts et merveilles : Optimus pourrait (le conditionnel est indispensable ici) être commercialisé dès la fin de l’année prochaine, comme il l’a annoncé durant le dernier forum de Davos. Il s’est ménagé une porte de sortie, en précisant qu’il faudra au préalable que les robots fassent preuve d’« une très grande fiabilité, un très haut niveau de sécurité et un éventail de fonctionnalités également très élevé ».

Le Neo de 1X.

1X va encore plus vite, puisque le lancement du modèle Neo doit débuter dès cette année… même si ce robot ressemble davantage à une version 0.1, avec ses mouvements lents et malhabiles. Et tout comme l’Optimus, il a parfois besoin d’un contrôle à distance par un téléopérateur humain, ce qui va lui permettre d’apprendre les bons gestes (et de jeter un œil chez les clients…). Meta discuterait également avec la startup pour lui fournir des technologies.

☕️ Pas de statuettes pour l’IA à la prochaine cérémonie des Oscars

4 mai 2026 à 06:31


Val Kilmer ne recevra pas d’Oscar posthume pour son rôle dans le film As Deep as the Grave. L’Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS), qui organise l’événement couronnant (parfois) le meilleur du cinéma américain, a publié les règles qui présideront à la 99ᵉ cérémonie du 17 mars 2027. 

Et les seuls récipiendaires d’un Oscar dans les catégories d’interprétations devront être des humains : « seuls les rôles crédités dans le générique officiel du film et manifestement interprétés par des êtres humains avec leur consentement seront considérés comme éligibles. » Pas de statuette pour le clone IA de Val Kilmer, donc.

Tilly Norwood, l’IA qui se prend pour une comédienne, sera donc aussi exclue. Plusieurs agences auraient contacté le studio Xicoia pour représenter la créature numérique, et la « vendre » aux studios de cinéma. Ça n’est pas bien passé auprès de la profession des comédiennes et comédiens, alors qu’Hollywood ne sait toujours pas trop quoi faire de cette technologie. On attend d’ailleurs de voir cette IA dans une production.

Et ça n’est pas tout. Dans les catégories du meilleur scénario original et du meilleur scénario adapté, le texte doit avoir été écrit par un humain. Il ne sera pas éligible s’il a été généré principalement par une IA, néanmoins rien ne semble interdire aux scénaristes de s’aider de l’IA pour phosphorer ou modifier un passage.

Enfin, l’Académie se réserve le droit de demander des informations détaillées sur l’usage de l’IA et la part d’auteur humain dans une œuvre.

☕️ Vimeo touchée à son tour par la vague d’attaques liée à Anodot

4 mai 2026 à 05:56


Vimeo a été victime du groupe de pirates ShinyHunters, qui ont subtilisé des données d’utilisateurs. L’ampleur de la fuite n’est pas connue.

Au tour de Vimeo de souffrir de l’incident de sécurité qui a affecté Anodot, une entreprise spécialisée dans les outils d’analyses. La plateforme vidéo a été victime d’une intrusion dans ses bases de données : informations techniques, titres des vidéos, métadonnées et, dans certains cas, les adresses emails d’utilisateurs. Les données volées n’incluent pas de contenus vidéo, d’identifiants de connexion ou de données de comptes bancaires, précise l’entreprise.

Illustration : Flock

« Cet incident n’a entraîné aucune perturbation de nos systèmes ni de notre service », affirme Vimeo. Après avoir pris connaissance de la brèche de sécurité, la société a « immédiatement » désactivé tous les identifiants liés à Anodot, supprimé l’intégration du service d’analyses avec ses systèmes et « fait appel à des experts en sécurité pour nous assister dans l’enquête ». Les forces de l’ordre ont également été notifiées.

L’enquête suit son cours et, pour le moment, on ignore le volume des données volées. Vimeo compte 287 millions d’utilisateurs. ShinyHunters menace de mettre ces informations confidentielles en ligne, à moins de recevoir une rançon. Un mode opératoire habituel pour cette bande de pirates qui a pris l’habitude de cibler des éditeurs de logiciels dans le cloud pour accéder frauduleusement à de vastes bases de données.

Plutôt que d’exploiter une faille de sécurité, les hackers utilisent la bonne vieille ingénierie sociale pour parvenir à leurs fins. Ils contactent des employés en se faisant passer pour le support informatique, gagnent la confiance de leurs interlocuteurs et les renvoient vers un faux site imitant le portail interne de l’entreprise. Les attaquants n’ont plus qu’à récupérer les identifiants de leurs victimes, afin de se connecter eux-mêmes aux bases de données et de voler un maximum d’informations.

Le 4 avril, Anodot signalait une panne touchant plusieurs collecteurs de données, notamment Snowflake, S3 et Amazon Kinesis. Les attaquants, identifiés ensuite comme faisant partie de ShinyHunters, ont volé des jetons d’authentification pour accéder aux données des clients connectés. Le 11 avril, les premières demandes de rançons sont publiées, dont une concernant Rockstar, le studio de développement de GTA.

Vimeo fait donc partie de cette vague d’attaques. D’autres suivront-ils ?

Cybersécurité de l’État : le plan du gouvernement pour (essayer de) stopper l’hémorragie

30 avril 2026 à 18:31
Non Christine, le pare-feu d’Open Office ne peut pas sauver la France !
Cybersécurité de l’État : le plan du gouvernement pour (essayer de) stopper l’hémorragie

Fuites de données, cyberattaques, failles de sécurité : pas un jour ne se passe sans que l’actualité rappelle la vulnérabilité des infrastructures numériques. C’est le cas dans les entreprises privées, mais aussi dans l’administration publique et notoirement en France. Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures pour essayer de remettre d’aplomb les capacités de cyberdéfense de l’Hexagone.

La fuite de données chez France Titres avec ses 11,7 millions de comptes touchés a rappelé la fragilité des systèmes informatiques de l’État. La garde à vue d’un ado de 15 ans soupçonné de l’effraction ne fait que souligner l’urgence de renforcer la défense des infrastructures publiques. Sébastien Lecornu, en visite dans les locaux de l’ANTS et surfant sur cette arrestation, a fait plusieurs annonces dans ce sens.

Le Premier ministre va débloquer la semaine prochaine 200 millions d’euros (prélevés sur les crédits de France 2030) pour investir dans des outils de cybersécurité, d’IA et sur la crypto post-quantique… un bel enchainement de buzzwords, mais on attend plus.

Il ajoute : « La plupart des entreprises françaises consacrent quelque chose comme 10 % de leur budget global aux infrastructures numériques. L’État en est davantage proche de 1 % que de 10 % ». La question est maintenant de savoir où trouver cet argent, dans un contexte économique déjà très difficile.

Le gouvernement veut réallouer les amendes infligées par la CNIL

Un fonds dédié à la modernisation des infrastructures numériques va être créé. Il sera abondé par les amendes infligées par la CNIL, dans une logique assumée de « pollueur-payeur ». Une drôle de comparaison, à l’opposé de celle de Vincent Strubel, le patron de l’ANSSI, qui refuse de stigmatiser les entités victimes de fuites affirmant qu’il y a une différence fondamentale « entre alerter sur la menace et donner des leçons, voire taper sur les victimes, ce que l’ANSSI ne fera jamais ».

Quoi qu’il en soit, cet argent représentait l’année dernière « quelque chose comme 500 millions d’euros, un demi-milliard d’euros, on est sur des sommes qui sont tout à fait considérables ». C’est vrai pour 2025, mais en 2024 c’était 10x moins avec 55 millions d‘euros et 89 millions en 2023. Ces sommes pourraient donc ne plus repartir dans le budget général de l’État. « On va faire un effet de levier pour obliger les différents ministères à remettre un peu d’argent sur la table », ajoute le Premier ministre.

Que dire des 5 millions d’euros d’amende de France Travail de début 2026… Une nouvelle manière de définir l’argent circulaire ? France Travail proposait alors que, « plutôt que de prononcer une amende administrative, lui enjoindre d’allouer une certaine somme à la sécurisation de son système d’information ». L’annonce de Sébastien Lecornu va dans ce sens.

DINUM + DITP = DIDFD (Direction interministérielle des fuites de données) ?

Sur un plan plus structurel, Sébastien Lecornu veut accélérer la fusion de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) et de la DITP (direction interministérielle de la transformation publique), tous deux placés sous l’autorité du ministre de la Fonction publique.

L’objectif de cette autorité sera de standardiser et mieux organiser les infras numériques : « [Actuellement], c’est un jardin à l’anglaise […], dans une forme de désorganisation désormais dangereuse ». Il y a trois semaines seulement, l’État dévoilait pour rappel un plan pour renforcer la cybersécurité des ministères.

Le gouvernement va également travailler sur une clarification des responsabilités :

« Quand vous êtes cambriolé chez vous, il est clair pour tout le monde que vos portes, vos fenêtres, votre système d’alarme, il est pour vous. Il ne viendrait à l’esprit de personne de se dire que c’est à l’État de payer mes serrures et mes portes. Et en même temps, vous êtes cambriolé, vous faites le 17, et l’État apporte une solution régalienne. C’est exactement pareil pour la gestion des données ».

Les acteurs, qu’il s’agisse des collectivités, des établissements, des entreprises, doivent sécuriser leurs systèmes, avec l’État qui vient en appui pour la détection, la réponse et l’enquête. L’ANSSI est déjà sur ses sujets et verra son rôle renforcé avec NIS2… dont le projet de loi est en attente de validation à l’Assemblée nationale et déjà largement en retard sur le calendrier.

« Il y a des fuites qui sont graves et des fuites qui ne sont pas graves »

Autre volet des annonces : une clarification de la « doctrine de protection » inscrite dans la stratégie 2026 - 2030. « Il y a des fuites qui sont graves et des fuites qui ne sont pas graves », assume le Premier ministre. Des données qu’on pouvait trouver jadis dans le bottin ne sont pas la même chose que les données de Parcoursup, « ce sont des données qui peuvent intéresser un service étranger ». « L’enjeu important [est] de bien clarifier le rôle de chacun, ce qui dépend d’un investissement propre et ce que l’État doit prendre en charge », indique-t-il. 

Dans le même temps, le Premier ministre rappelle qu’« on a une dette numérique assez importante […] Depuis le début de l’année, on est sur quelque chose comme trois vols de données par jour […] On est donc au fond sur un casse du siècle, mais qui a pratiquement lieu tous les mois. Et donc, ça dit quelque chose de nos vulnérabilités, ça dit quelque chose de nos fragilités sur lesquelles, effectivement, il nous faut réagir ». Une déclaration forte… mais on se demande du coup pourquoi l’attente a été aussi longue.

Les infras publiques vont subir des « stress tests » pour éprouver leur résistance face aux cyberattaques. Il y a aussi le côté humain et le « mode legacy », comme le rappelait Vincent Strubel. Parfois, d’anciens systèmes sont laissés en place pour calmer la grogne de certains (anciens) utilisateurs : nous avons « probablement devant nous un phénomène de coupure un peu brutale des systèmes un peu obsolescents ».

Souveraineté mon amour

« Qu’est-ce qui se passe si nous avions, par exemple, une administration américaine qui décidait de nous priver d’un certain nombre d’outils, parce que beaucoup de choses sont quand même sous licence américaine », ajoute-t-il. Quelles seraient les conséquences d’un « black-out numérique » ? Il s’agit d’assurer la continuité des services de l’État en cas de crise.

La réponse, pourtant, on la connait déjà avec le juge français de la Cour pénale internationale, Nicolas Guillou, qui n’a plus la possibilité d’accéder aux services numériques états-uniens ou bancaires tels que Visa et Mastercard.

Par conséquent, « j’ai donné des instructions aux différents services de sécurité de l’État pour nous attaquer nous-mêmes »… sans faire « n’importe quoi », rassure-t-il. Il faut « stresser les vulnérabilités, et plutôt que d’attendre de voir comment un adversaire peut le faire, autant le faire nous-mêmes avec nos propres capacités ». Ces opérations permettront d’identifier les « axes importants ». Il s’agit là encore de mettre en œuvre ce que la communauté de la cybersécurité fait depuis des années, mais à l’échelle de tout un pays. Il n’apporte pas de précision sur les moyens d’y arriver.

☕️ Telegram épinglé par l’Arcom pour sa lenteur face au piratage sportif

30 avril 2026 à 15:06


Telegram n’est pas suffisamment réactif pour retirer les contenus illicites, a jugé l’Arcom. Une décision qui pourrait peser lourd pour la messagerie, dans le viseur des ayants droit et des régulateurs européens.

L’application Telegram est dans la ligne de mire des diffuseurs officiels de compétitions sportives. La messagerie permet en effet d’échanger des liens de streaming illicite et de regarder illégalement des matchs, mais ce qui pose problème c’est surtout qu’elle ne répond pas assez rapidement aux demandes de retrait des ayants droit. C’est du moins l’avis de l’Arcom repris par Les Échos.

Illustration : Flock

Le régulateur de l’audiovisuel avait été saisi en fin d’année dernière par l’Association pour la protection des programmes sportifs (APPS). L’organisation de diffuseurs reproche à Telegram de ne pas réagir avec suffisamment de diligence à ses demandes d’intervention. Le problème n’est effectivement pas nouveau : en 2024, la Ligue de football professionnel (LFP) déplorait des délais de réponse fluctuants, jusqu’à 24 heures. Ce qui est évidemment totalement incompatible avec des retransmissions illégales de matchs qu’il faut pouvoir couper tout de suite.

Telegram assure de son côté que ses délais de réponse sont « supérieurs aux standards du secteur » et que les signalements sont traités « avec réactivité ». L’APPS reconnait d’ailleurs une amélioration dans le traitement des signalements par rapport à la période examinée. Néanmoins, l’Arcom a jugé que la messagerie n’avait pas été suffisamment prompte à répondre aux infractions des droits d’auteur.

L’avis s’appuie sur le règlement européen sur les services numériques (DSA), bien que Telegram n’ait pas été désigné « très grande plateforme en ligne » (VLOP). La messagerie réfute compter plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels, le seuil au-delà duquel une plateforme reçoit son rond de serviette au club européen. En revanche, plusieurs de ses fonctions peuvent être classifiées de la sorte et doivent respecter les règles de modération et de transparence de l’UE. Ce qui a forcé l’entreprise à désigner un représentant en Europe, en l’occurrence en Belgique. 

C’est la raison pour laquelle l’Arcom a transmis son avis à l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT), une première en la matière. Le régulateur instruit le dossier, qui sera enrichi des enquêtes de ses homologues européens. La sanction pourrait être lourde : jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial, voire une suspension temporaire au sein de l’Union européenne.

Les ayants droit sont en attente du vote de la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel. Le texte contient des mesures renforçant la lutte contre le piratage des contenus sportifs, qui permettra aux diffuseurs d’obtenir immédiatement le blocage des flux illégaux. Après son adoption par le Sénat en juin dernier, il sera de retour à l’Assemblée nationale le 18 mai.

Cloud souverain : des acteurs européens lancent leur propre label

30 avril 2026 à 07:57
Tout est bon dans le macaron
Cloud souverain : des acteurs européens lancent leur propre label

Pas convaincues par la grille de notation dévoilée par Bruxelles en fin d’année dernière, des entreprises européennes du cloud ont lancé leur propre référentiel pour des services infonuagiques « souverains et résilients ». Les fournisseurs ayant décroché leur badge ont fait l’objet d’audits approfondis.

Un badge rouge pour les fournisseurs de cloud « souverains », un bleu pour les entreprises « résilientes », et des chevrons vert et gris pour préciser respectivement l’impact environnemental de l’entreprise et son recours à du code open-source.

Ces logos vont fleurir chez 40 services (cloud public, stockage, Kubernetes) ayant franchi la course d’obstacles du cadre mis en place par le CISPE (Cloud Infrastructure Service Providers in Europe), le lobby des entreprises européennes du cloud.

Screenshot

Ce framework a été « développé, défini et testé exclusivement par des fournisseurs européens d’infrastructures cloud » pour certifier les garanties des entreprises en matière de souveraineté et de résilience. Le CISPE explique que le marché aujourd’hui est inondé d’offres « souveraines » non vérifiées : difficile dans ces conditions pour les clients de « comprendre ce qu’ils achètent réellement ».

Il n’en reste pas moins un problème de taille : que veut dire exactement souveraineté. Si tout le monde s’accorde plus ou moins sur les grandes lignes, les visions peuvent diverger dans les détails. Pour le Conseil d’État par exemple, la souveraineté « est historiquement et juridiquement la capacité d’exercer le « dernier mot », la liberté de choisir […] sans dépendre d’aucune autorité supérieure ».

Question de badges

Pour l’organisation, les définitions officielles de la souveraineté restent floues, et les méthodes d’évaluation manquent de transparence. Elle affirme que « les clients doivent pouvoir savoir si les services cloud sont protégés contre des ingérences juridiques étrangères (« Trump proof »), ou s’ils présentent des risques en matière d’interruption de service et d’accès aux données ».

Le cadre du CISPE est une réponse directe à la grille de souveraineté du cloud mise en place en octobre 2025 par la Commission européenne. Destinée aux pouvoirs publics des États membres de l’UE pour évaluer le niveau de souveraineté d’un fournisseur de services infonuagiques, cette grille repose sur un système assez simple : huit critères (souveraineté stratégique, juridique et juridictionnelle, données et IA…) dont les poids sont modulés par un système de pondération.

Ces critères permettent d’établir une classification des fournisseurs (SEAL, pour « Sovereignty Effectiveness Assurance Levels ») : SEAL 4 représente le maximum possible pour une offre vertueuse, SEAL 0 correspond à une offre sans souveraineté.

Le problème de cette grille, soulevé à l’époque par le CISPE, est qu’une entreprise dépendant d’une juridiction étrangère (au hasard, les États-Unis) peut tout de même marquer des points ailleurs et finir avec une « bonne » note. Comme le faisait remarquer à Next Audrey Louail, co-présidente d’Ecritel, « le critère d’extraterritorialité devrait être une condition sine qua non. »

« Il existe un besoin urgent de transparence et d’un cadre auditable pour éviter toute forme de « souveraineté washing » », affirme le CISPE. D’où le lancement de ce cadre, qui introduit deux approches à la fois distinctes et complémentaires pour assurer les clients et les autorités publiques qu’une offre « garantisse un contrôle effectif des données, des infrastructures, des charges de travail et des opérations », au-delà d’un macaron en cybersécurité qui ne suffit pas.

Souverain, résilient, ou les deux ?

Le référentiel du CISPE contient donc deux approches « distinctes mais complémentaires » : souveraine et résiliente. La première concerne les services détenus, gouvernés et exploités au sein de la juridiction concernée. « Les puissances étrangères ne disposent d’aucun moyen, ni juridique ni technique, d’y accéder, d’interférer ou de les interrompre ». C’est ce que l’organisation appelle un contrôle « par conception ».

La seconde concerne les services sur lesquels le client conserve un contrôle effectif grâce à des garanties techniques et opérationnelles solides, même en présence d’éléments non souverains (une approche dite « par les capacités »). Parmi les garanties : le chiffrement géré par le client, la portabilité, les sauvegardes indépendantes, la possibilité de changer de fournisseur ou de redéployer les charges de travail.

« La souveraineté vise à prévenir le risque, la résilience permet au client d’y faire face », résume le CISPE qui assure que le référentiel résilient impose des contraintes telles qu’il n’autorise pas l’installation d’une porte dérobée. Lorsque des services pleinement souverains ne sont pas encore disponibles, « des alternatives résilientes peuvent constituer des solutions légitimes et efficaces pour les clients », indique encore le groupe.

Ce référentiel s’aligne avec le niveau 3 de Gaia-X, le plus haut palier de cette infrastructure européenne de données lancée en 2020 et qui a depuis connu quelques départs tonitruants. Le framework des fournisseurs étend cependant la notion de souveraineté au-delà de l’UE. 

Un service cloud hébergé au Japon par un fournisseur japonais pourrait obtenir un label « souverain au Japon », par exemple. Et s’il n’est pas souverain sur le Vieux Continent, il pourrait tout de même décrocher un label « résilient en Europe » en démontrant son interopérabilité et la présence de ressources locales pour réduire les sollicitations d’accès aux données depuis l’étranger. Pas question donc d’exclure certains services du marché : il s’agit de « renforcer la confiance dans le contrôle des données et des charges de travail dans le cloud ».

Les fournisseurs intéressés devront faire réaliser un audit auprès d’un tiers accrédité pour obtenir la certification et le droit de déclarer un service comme souverain ou résilient.

SecNumCloud 3.2 en France, tentative ratée avec EUCS High+ en Europe

Cette annonce arrive quelques jours après que Bruxelles attribue 180 millions d’euros de contrats à des acteurs du cloud, notamment des Français. Dans le lot, l’opérateur belge Proximus avec S3NS, la co-entreprise Thales et Google, ce qui avait fait bondir Francisco Mingorance, la secrétaire générale du CISPE : « Reconnaître S3NS, qui exploite la technologie cloud de Google, comme « souveraine » est clairement une erreur stratégique et menace d’institutionnaliser le blanchiment de souveraineté au plus haut niveau ».

En France, il existe déjà une qualification permettant de s’assurer d’une étanchéité aux lois extraterritoriales (américaines et chinoises pour ne citer qu’elles) : le référentiel SecNumCloud de l‘ANSSI, dont la version 3.2 de 2022 intégre « principalement des critères de protection vis-à-vis du droit extra-européen ». Pour rappel, S3NS a obtenu sa qualification fin 2025 par l’ANSSI.

Au niveau européen, EUCS (European Union Cybersecurity Certification Scheme for Cloud Services dans sa version longue) est un projet porté par l’agence européenne pour la cybersécurité. Il prévoyait quatre niveaux, dont High+ qui devait être calqué sur SecNumCloud, mais il n’en reste désormais que trois.

Alain Garnier, patron de Jamespot, ne cachait pas son agacement : « Le Cybersecurity Act 2 acte une chose très claire : EUCS parlera sécurité. Pas souveraineté […] La Commission européenne ferme la porte aux critères juridiques type Cloud Act. La tech américaine respire. La France grimace ». L’Allemagne et les Pays-Bas jugeaient ce seuil High+ trop exclusif et susceptible de freiner l’innovation.

☕️ Le studio Spiders en liquidation suite à la chute de Nacon

30 avril 2026 à 06:47


Nouveau coup dur pour l’industrie française du jeu vidéo. Les difficultés d’Ubisoft font régulièrement la une de l’actualité, mais un autre acteur est en grand danger : le groupe Nacon, planté par sa maison mère BigBen Interactive. Un de ses studios, Spiders, vient de mettre la clé sous la porte.

Nacon est un nom qui compte dans le secteur du jeu vidéo en France. Distributeur de périphériques gaming, l’entreprise exerce également une importante activité d’édition : on lui doit plusieurs succès récents, comme RoboCop: Rogue CityHell is Us, les simulations de rallye WRC, ou encore l’adaptation officielle du Tour de France. Autrement dit, du AA au sens large : des jeux aux budgets intermédiaires visant à la fois le grand public et une niche de fans.

Depuis le début de l’année, La situation financière est bien mal engagée. Bigben Interactive, la maison mère de Nacon, avait alerté le 17 février d’un refus de ses créanciers d’un aménagement des modalités de remboursement partiel sur une dette de 43 millions d’euros. Effet domino : le 25 février, Nacon procédait à une déclaration de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole, qui a ouvert une procédure de redressement judiciaire le 3 mars.

Vingt jours plus tard, quatre des filiales de Nacon sollicitaient auprès du même tribunal l’ouverture de procédures de redressement judiciaire (PDF). Il s’agit des studios Cyanide (racheté en 2018), KT Racing (anciennement Kylotonn, aussi racheté en 2018), Spiders (racheté en 2019) et Nacon Tech, qui s’est spécialisé dans la motion capture. Selon Origami, Nacon avait l’intention de rebondir en cédant deux de ses filiales, à savoir Spiders et Nacon Tech, d’ici la mi-avril.

Malheureusement, aucun chevalier blanc n’est venu à leur rescousse. Par conséquent, Spiders va fermer ses portes. « Allons droit au but pour éviter toute ambiguïté : après une longue période sans réponses claires, nous avons reçu la confirmation que Spiders est en liquidation », confirme le studio. « Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire que l’entreprise, dans son ensemble, n’existe plus. Nous cessons immédiatement nos activités ».

Steelrising, autre jeu Spiders sorti en 2022, se déroule durant une Révolution française uchronique où le joueur se bat contre l’armée d’automates de Louis XVI.

Spiders a été fondée à Paris en 2008. Après quelques piges pour Xbox, le studio s’est spécialisé dans les jeux de rôle : Of Orcs and Men avec Cyanide en 2012, Mars: War Logs l’année suivante, puis sa suite spirituelle The Technomancer. En 2019, GreedFall est assez bien accueilli et, trois ans plus tard, dépassait les deux millions de copies vendues. Le second volet, The Dying World, est sorti le 10 mars dernier. L’extension prévue sortira bien chez Nacon, mais ce sera complètement terminé pour Spiders par la suite. En interne, la dégradation des conditions de travail et des négociations salariales bloquées ont débouché sur une grève en 2024. 

Nacon n’a pas voulu commenter la fermeture du studio, ni l’impact que cela aura sur le reste de la procédure judiciaire en cours. Mais, ça n’augure rien de très bon. Le groupe a d’ailleurs reporté (PDF) la publication de son chiffre d’affaires pour l’année fiscale 2025/2026 au 18 mai, et celle des comptes annuels pour le 20 juillet.

☕️ YouTube généralise le mode « image dans l’image » gratuit dans ses apps mobiles

30 avril 2026 à 05:59


L’application mobile de YouTube va finalement permettre aux utilisateurs du monde entier de regarder une vidéo dans une vignette par-dessus l’interface de son smartphone ou d’une autre app (picture-in-picture), sans avoir à payer un abonnement Premium.

Fini les manipulations douteuses, exit les bidouilles de fortune, terminé les sorts de magie noire à base de sang de poulet séché jeté au sommet d’un volcan en fusion. YouTube a en effet annoncé que la fonction « image dans l’image » va se déployer auprès de tous les utilisateurs de son app mobile (iOS et Android) partout dans le monde « dans les prochains mois ». L’attente reste donc de mise, néanmoins cela reste une bonne nouvelle.

La fonction permet de continuer à regarder une vidéo YouTube en dehors de l’application. Elle bascule alors dans un format vignette que l’on peut agrandir ou réduire, tout en continuant à faire autre chose avec son smartphone. Ce « picture-in-picture » (PiP) est une fonction de base pour les apps vidéo depuis des années (dès 2015 sur les iPad sous iOS 9, à partir de 2020 sur les iPhone avec iOS 14, à partir d’Android 8 Oreo en 2017), mais elle est parfois bloquée derrière un paywall.

Chez Netflix, les abonnés à l’offre avec pub en sont privés, par exemple. Chez YouTube, il faut avoir souscrit à une formule payante pour en profiter… sauf aux États-Unis où tous les utilisateurs en bénéficient sans frais supplémentaires (depuis 2021 sur iPhone). Le reste du monde doit passer à la caisse, ou une bidouille bancale.

Ces dernières années, Google avait sporadiquement testé le PiP en Europe gratuitement chez une poignée d’utilisateurs, sans officialiser la fonction. C’est désormais chose faite. « Pour les utilisateurs en dehors des États-Unis, vous avez désormais accès au mode image dans l’image pour les contenus longs, hors musique, sur Android et iOS », écrit YouTube. Les vidéos musicales restent à l’écart, c’est un privilège toujours exclusif à Premium.

GitHub en perte de fiabilité et de développeurs [MàJ]

29 avril 2026 à 15:56
L'uptime fait le pont du 1er Mai
GitHub en perte de fiabilité et de développeurs [MàJ]

GitHub a un problème de fiabilité qui pèse de plus en plus lourd dans l’esprit des utilisateurs. Plusieurs développeurs, usés par les dysfonctionnements de la plateforme de Microsoft, ont décidé de plier bagage.

Mise à jour, 30 avril, 8h10 : ajout des éléments de réponse apportés par GitHub sur l’explosion des volumes de requêtes associée notamment à l’IA.

C’est la mort dans l’âme que Mitchell Hashimoto, développeur de Ghostty, a pris ses cliques et ses claques : son émulateur de terminal va déménager sur une autre plateforme. Sur GitHub, où le logiciel est développé depuis 18 ans, il ne restera plus que le code source en lecture seule. « Je suis l’utilisateur GitHub 1299, inscrit en février 2008. Depuis, j’ouvre GitHub tous les jours, chaque jour, plusieurs fois par jour, depuis plus de 18 ans », écrit-il sur son blog. Mais alors, pourquoi cette décision ?

Les pannes s’enchaînent

C’est que GitHub n’est plus fiable à ses yeux. Mitchell Hashimoto a marqué d’un « X » les jours du mois où la plateforme a eu « un impact négatif sur ma capacité de travailler ». Résultat : un « X » « presque tous les jours ». GitHub n’est plus un environnement adapté à un travail sérieux « s’il vous bloque pendant des heures chaque jour ». Il partagera un peu plus tard les détails sur le déménagement de Ghostty ; cela prendra du temps de retirer les dépendances sur GitHub. La popularité de l’utilitaire est telle que plusieurs fournisseurs se montrent intéressés. 

Kyle Daigle, le directeur des opérations de GitHub, a répondu au développeur en se disant désolé de le voir partir : « L’équipe va continuer à travailler pour faire de GitHub un service vers lequel vous aurez envie de revenir, preuves concrètes à l’appui, pas seulement des promesses ». Il ajoute qu’il continuera de soutenir Ghostty en tant qu’utilisateur.

Mitchell Hashimoto n’est pas le seul à en avoir sa claque de GitHub. En novembre dernier, Andrew Kelley annonçait le déménagement de son langage Zig créé en 2015, vers Codeberg. « Il est clair que l’excellence technique qui a fait le succès de la plateforme ne la guide plus. Les priorités et la culture d’ingénierie se sont dégradées, laissant les utilisateurs aux prises avec une sorte de framework JavaScript lourd et truffé de bugs, au nom du progrès », regrette-t-il, avant d’asséner que « ce qui était autrefois rapide est désormais lent, et souvent complètement cassé ».

Andrew Kelley fait remonter les problèmes de GitHub à son acquisition par Microsoft en 2018, pour 7,5 milliards de dollars. À l’époque, la plateforme prédisait « un futur brillant ». Un des problèmes soulevés par les deux développeurs concerne le système d’automatisation GitHub Actions, qui déclenche automatiquement des tâches dès qu’un événement se produit sur un dépôt (un commit, une pull request, un déploiement…). Le jour de la publication de sa note, Mitchell Hashimoto expliquait ne pas avoir pu relire et valider les pull requests pendant deux heures à cause d’une panne de GitHub Actions. Pour Andrew Kelley, ce service a été « complètement négligé ».

Un ou deux développeurs qui quittent GitHub, ce n’est pas encore une hémorragie ou une fuite des cerveaux. Il s’agit toutefois de profils bien connus, qui sont présents et actifs sur la plateforme depuis des années et qui pourraient en inspirer d’autres à regarder ailleurs.

Aux bugs s’ajoutent les failles de sécurité. Ce lundi 28 avril, GitHub donnait des précisions sur un correctif mis en ligne deux heures après la réception du rapport de vulnérabilité sur le Bug Bounty de la plateforme. Il s’agissait d’une faille critique permettant d’exécuter du code à distance. Il n’y a eu aucune exploitation, et GitHub tient à faire savoir au monde sa rapidité de réponse. Néanmoins, cela participe aussi à une certaine défiance.

GitHub incrimine l’explosion du volume de requêtes

GitHub a indirectement répondu à ces critiques par l’intermédiaire d’un billet de blog, lui aussi daté du 28 avril, signé par Vlad Fedorov, directeur technique. Ce dernier y explique que GitHub a engagé un plan de multiplication par dix des capacités de sa plateforme, précisément pour en améliorer la fiabilité, mais l’effort se serait finalement révélé insuffisant : en février, il aurait ainsi mesuré que ces capacités auraient dû progresser d’un facteur 30, principalement à cause de l’essor des agents IA : « Le principal facteur est l’évolution rapide des méthodes de développement logiciel. Depuis la seconde moitié de décembre 2025, les flux de travail de développement automatisés se sont considérablement accélérés. »

Fedorov promet à cette occasion que les équipes sont entièrement mobilisées sur le sujet :

« Nos priorités sont claires : la disponibilité d’abord, puis la capacité, et enfin les nouvelles fonctionnalités. Nous réduisons les tâches inutiles, améliorons la mise en cache, isolons les services critiques, éliminons les points de défaillance uniques et déportons les processus critiques vers des systèmes conçus pour ces charges de travail. »

L’IA pointée du doigt

Cette remarque peut être perçue comme paradoxale du point de vue des développeurs qui observent l’insistance avec laquelle Microsoft cherche à fourrer de l’IA générative partout dans GitHub. Le développeur de Zig rappelle les propos tenus en août 2025 par Thomas Dohmke, le directeur général de la plateforme : « Soit vous adoptez l’IA, soit vous quittez votre carrière. »

Reste à voir comment cette IA s’intègre dans GitHub. Mais pour Andrew Kelley, le compte n’y est pas : GitHub Actions a commencé à choisir les tâches à exécuter de manière « apparemment aléatoire ».

Ce trop plein d’IA et la grogne qui en découle ont manifestement atteint les oreilles des dirigeants de Microsoft. L’éditeur va prioriser la stabilité et la fiabilité de Windows 11, en réduisant la voilure sur les fonctions d’IA qui n’apportent aucun bénéfice. Et même chez Xbox, la nouvelle direction incarnée par Asha Sharma ne veut pas inonder sa plateforme de « bouillie IA ». Alors à quand la prise de conscience chez GitHub ?

Transformer une PS5 en PC Linux, c’est possible (avec des limitations)

29 avril 2026 à 13:25
Une autre vie pour la PS5
Transformer une PS5 en PC Linux, c’est possible (avec des limitations)

Avec la crise de la mémoire qui plombe les prix des composants PC, monter une machine ou en acheter une toute faite est douloureux pour le portefeuille. À la place, pourquoi ne pas recycler une PS5 en PC sous Linux ? C’est maintenant possible, grâce à une bidouille de haute volée… mais avec de grosses limites.

Après tout, la PS5 est (presque) un PC comme un autre, avec son architecture AMD. Alors pourquoi limiter la console aux jeux PlayStation ? Une manipulation permet de lancer Linux sur la version « Phat » de la PS5 (les modèles d’avant la génération Slim de 2023). La manip, développée par Andy Nguyen, est documentée sur GitHub. Après installation, la PS5 peut démarrer sur Ubuntu 24.04 à partir d’un disque USB externe, ou même du SSD M.2 optionnel à brancher sur le slot d’extension de la console.

Des jeux PC sur PS5

Cela permet, par exemple, d’installer des jeux depuis la version Linux de Steam à l’image de GTA 5 Enhanced. Comme l’a montré Andy Nguyen, le jeu tourne au poil avec le ray tracing en prime. L’utilisateur pourra profiter d’une machine dotée d’un processeur 8 cœurs Zen 2 (16 threads) à 3,5 GHz et d’un GPU RDNA 2 à 2,23 GHz, à brancher sur un écran jusqu’à 4K à 60 Hz. Autant dire aussi que l’émulation de jeux ne pose aucun problème avec ce genre de configuration. Et il est également possible de se servir de cette PS5 sous Linux comme d’un ordinateur de bureau classique, en joignant un clavier et une souris puisque les ports USB de la console sont fonctionnels.

Le sympathique logo de PS5 Linux

Mais avant tout, il faudra posséder la bonne génération de la console fonctionnant sous une version du logiciel interne prise en charge par le hack : 3.00, 3.10, 3.20, 3.21 (sans support du SSD M.2), ou encore 4.00, 4.02, 4.03, 4.50, 4.51 (avec support du SSD M.2). Les versions 1.xx et 2.xx pourraient être ajoutées au lot, tout comme les firmwares 5.xx. Dans ce dernier cas cependant, Linux tournera dans une machine virtuelle de GameOS (le nom officieux du système d’exploitation de la PS5), ce qui pourrait impliquer des restrictions.

Même si ce n’est pas si simple, il est possible d’installer une version plus ancienne du firmware de la console, en téléchargeant la version désirée du logiciel puis en suivant le guide officiel de Sony à ce sujet. Le bidouilleur propose d’exploiter une faille de l’hyperviseur, la couche du système qui contrôle tout ce qui tourne sur la machine, et un jailbreak basé sur umtx2 indispensable pour exécuter du code non signé. La procédure demande aussi de configurer un faux serveur DNS et un hôte HTTPS sur un PC en local afin de déclencher la vulnérabilité.

Image : Andy Nguyen

Une fois le payload en place, la console passe en mode veille et la LED en façade doit passer à l’orange. Appuyer sur le bouton d’allumage permet de démarrer sous Linux. Si la LED devient blanche, magie de l’informatique, l’installation a fonctionné et à vous les joies de Linux sur PS5. Tout passe par le stockage externe, le SSD interne de la PS5 n’est pas modifié.

Évidemment, on est loin d’une manipulation plug’n play, ce d’autant qu’il faut relancer la manipulation à chaque fois pour démarrer sous Linux ; ce n’est pas à proprement parler une solution dual-boot. Et puis il faudra faire sans le support du Wi-Fi natif ni du Bluetooth (on peut passer par un dongle), s’accommoder d’une sortie audio parfois instable et d’une compatibilité vidéo capricieuse. C’est néanmoins un premier pas particulièrement intéressant, car il ouvre la voie à des solutions plus stables.

Le grand cirque OpenAI avant son introduction en bourse

29 avril 2026 à 08:15
De Sam Altman ou d'Elon Musk, qui fait le clown ?
Le grand cirque OpenAI avant son introduction en bourse

OpenAI a-t-elle les moyens de ses ambitions ? La question, sempiternelle, revient régulièrement sur la table, et encore plus avec l’introduction en Bourse qui se profile à l’horizon. L’inquiétude est de mise, après des bruits de couloir sur les résultats moins bons que prévu… et tout un Barnum d’annonces, de changements et de batailles de prétoires.

OpenAI doit se lancer en Bourse dans le courant du quatrième trimestre. Une IPO maousse costaud à l’horizon, sachant que la dernière levée de fonds de 122 milliards de dollars valorise l’entreprise à hauteur de 852 milliards. Parce qu’on n’a pas souvent l’occasion de faire une bonne première impression devant les investisseurs, la startup doit présenter son meilleur profil possible. Et à en croire les dernières indiscrétions du Wall Street Journal, les résultats de ces derniers mois pourraient jeter un seau d’eau bien glacée sur les ambitions de Sam Altman.

Un fonds de caisse à la peine

ChatGPT aurait ainsi raté la marche du milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires en fin d’année dernière. Lors de l’annonce de la levée de fonds le 31 mars, OpenAI en annonçait « plus de 900 millions », et comptait 90 millions d’abonnés. L’entreprise expliquait toutefois que sa « plateforme technologique » sera la première à atteindre le milliard. Le fait de n’avoir toujours pas annoncé le franchissement de ce cap symbolique inquiéterait des investisseurs.

Illustration : Flock

Autre déception : OpenAI aurait aussi manqué son objectif annuel de revenus pour ChatGPT. Dans le même communiqué, le groupe égrenait les bonnes nouvelles sur ce front : le seuil du premier milliard de dollars a été atteint moins d’un an après le lancement du bot, fin 2022. OpenAI réalisait un milliard de dollars par trimestre fin 2024. Désormais, le compteur est à 2 milliards par mois : « à ce stade, notre chiffre d’affaires croît quatre fois plus vite que celui des entreprises qui ont façonné les ères de l’internet et du mobile, comme Alphabet et Meta », fanfaronnait OpenAI.

ChatGPT est cependant tombé sur un os l’an dernier. Google a mis les bouchées doubles avec Gemini 3, qui a permis au géant du web de grignoter des parts de marché — forçant OpenAI à lancer une « alerte rouge » pour accélérer la sortie de GPT-5.2. Le taux de désabonnement aurait également été plus élevé qu’attendu.

Enfin, l’éparpillement d’OpenAI, entre « mode adulte » de ChatGPT et génération de vidéos Sora, aurait permis à Anthropic de cimenter sa position de force chez les développeurs et les entreprises. C’est d’ailleurs ce qui a motivé l’abandon de ces expérimentations, pour revenir aux fondamentaux. Et à la mise en chantier d’une « superapp », dont on commence à voir les contours dans Codex. En attendant que ce recentrage porte ses fruits, les objectifs mensuels de chiffre d’affaires n’auraient pas été au rendez-vous à plusieurs reprises depuis le début d’année.

Sarah Friar, la directrice financière d’OpenAI (CFO), s’inquiéterait selon le Wall Street Journal des capacités de l’entreprise à honorer les contrats monumentaux passés avec des fournisseurs de capacités de calcul, si les revenus ne progressent pas suffisamment vite. La CFO ainsi que d’autres dirigeants chercheraient désormais à maîtriser les coûts et instaurer davantage de discipline. Ce qui peut les mettre en porte-à-faux vis-à-vis de Sam Altman, dont les ambitions n’ont pas reculé.

OpenAI s’est inscrite en faux face aux indiscrétions du WSJ, qualifiées d’« appâts à clics ». L’entreprise affirme que ses activités grand public et pro tournent à plein régime, et observe une hausse de la demande du côté des clients professionnels et pour son activité publicitaire. « L’ambiance en interne est extrêmement positive », assure encore le groupe.

Microsoft devient un partenaire presque comme les autres

Afin d’améliorer la perception de l’entreprise, OpenAI s’est finalement débarrassé du boulet Microsoft, du moins d’une partie. L’accord qui liait les deux entreprises depuis les origines de la startup a été révisé en profondeur. Jusqu’à présent, le géant du logiciel disposait d’un droit exclusif pour commercialiser les modèles d’OpenAI via le cloud Azure : ce verrou a sauté. D’autres acteurs, dont Amazon, vont pouvoir vendre ces modèles sur leurs propres plateformes (AWS dans le cas présent).

Au fur et à mesure qu’OpenAI grandissait, la situation avec Microsoft devenait de plus en plus complexe, Microsoft devant verser à son partenaire une part des revenus générés par les produits et services vendus via son infrastructure. Ça n’est désormais plus le cas. L’éditeur de Windows conserve néanmoins une place de choix, d’abord grâce aux 27 % qu’il détient dans le capital d’OpenAI suite à sa restructuration il y a un an.

Et puis Microsoft demeure le principal fournisseur de cloud d’OpenAI, dont les nouveaux produits seront lancés en priorité sur Azure. Le mastodonte percevra aussi une part des revenus d’OpenAI jusqu’en 2030, quel que soit l’avancée du développement de l’intelligence artificielle générale (AGI). L’ancien accord prévoyait l’arrêt de ces paiements en cas d’atteinte de l’AGI.

Des principes à géométrie variable

OpenAI a également, assez discrètement, revu ses principes fondateurs. Sam Altman a présenté sur le blog de l’entreprise une nouvelle liste de cinq grands principes censés guider le développement des modèles les plus avancés. Le premier glissement concerne justement l’AGI qui passe au second plan après avoir été longtemps au cœur du projet.

Le précédent texte de 2018 y faisait souvent référence, ce qui n’est plus le cas de la version remaniée postée dimanche dernier. Même si l’AGI doit toujours bénéficier à « l’ensemble de l’humanité », la focale s’élargit à l’ensemble des systèmes IA. OpenAI assume aussi une posture plus compétitive, alors que les rivaux — Anthropic, pour ne pas la nommer — exercent une pression toujours plus forte. Il y a 8 ans, OpenAI s’engageait à lever le pied si un autre acteur vertueux prenait de l’avance dans la course à l’AGI.

Sam Altman écrit désormais : « Nous reconnaissons également qu’OpenAI est aujourd’hui une force bien plus importante dans le monde qu’il y a quelques années, et nous serons transparents sur le moment, la manière et les raisons pour lesquelles nos principes opérationnels évoluent. » OpenAI se donne donc une plus grande latitude pour agir dans un contexte bien plus concurrentiel qu’en 2018. 

Les ambitions quasi-philosophiques laissent place à un pragmatisme plus assumé. Le CEO reconnait cependant qu’aucun laboratoire IA ne peut, à lui seul, « garantir un avenir positif ». Il promet de travailler avec d’autres entreprises et d’autres écosystèmes, avec les gouvernements et la société.

Et pendant ce temps, Elon Musk…

Tous ces changements interviennent à un moment décisif pour OpenAI. Le procès opposant Elon Musk à l’entreprise — et donc à Sam Altman — a en effet débuté ce mardi en Californie, culmination d’une saga interminable qui a compté des rebondissements dignes d’une telenovela

Le patron de Tesla, qui a contribué à la création d’OpenAI, reproche à ses anciens partenaires d’avoir trahi la mission initiale de la startup (une organisation à but non lucratif dédiée au « bien de l’humanité ») en la transformant en entité commerciale ayant enrichi Sam Altman.

OpenAI rejette ces accusations et décrit une attaque motivée par la rivalité. La défense souligne aussi le fait qu’Elon Musk dirige un concurrent direct, xAI ; la plainte ne serait dès lors qu’une tentative de déstabilisation. L’homme le plus riche au monde (ou pas loin) réclame l’annulation de la restructuration d’OpenAI, le départ de ses dirigeants et jusqu’à 134 milliards de dollars de dommages et intérêts (!). 

Le déroulement du procès ces prochaines semaines et d’éventuelles révélations sur la vraie santé d’OpenAI pourraient peser lourd sur son IPO.

Brave Origin : un navigateur allégé vendu au prix fort

29 avril 2026 à 06:57
Une offre brave ou téméraire
Brave Origin : un navigateur allégé vendu au prix fort

Brave tente une aventure originale : l’éditeur du navigateur web du même nom va en effet proposer une version Origin du logiciel au prix rondelet de 60 dollars. En échange de quoi, les clients se retrouveront avec une mouture de Brave sans des fonctions que l’on peut désactiver dans la version standard de Brave… gratuitement.

À partir de juin, il sera possible d’acheter Brave Origin, une version sans fioritures du navigateur web. Plusieurs fonctions historiques du logiciel seront désactivées. Ce n’est pas une surprise, le CEO de Brave, Brendan Eich, en parlait l’été dernier, puis de nouveau le 31 décembre 2025.

C’est notamment le cas de Leo (assistant IA intégré), l’outil de vidéoconférence Talk, le flux d’actualités personnalisé, l’accès rapide à Wayback Machine, le système de récompenses, le wallet de cryptos, le VPN, l’accès Tor, ou encore les stats internes. 

Le navigateur où l’on paie pour en avoir moins

Autant dire qu’il ne restera plus grand-chose, si ce n’est bien sûr le moteur Chromium derrière une interface dépouillée, le bloqueur de publicités, les protections de confidentialité (qui continueront d’être mises à jour), et bien sûr les correctifs de sécurité.

Cela concerne les fonctionnalités actuelles, mais aussi celles à venir : « toutes les nouvelles fonctionnalités que nous lancerons (en dehors du cœur de Brave Shields) n’apparaîtraient pas dans l’application autonome Brave Origin », explique l’éditeur.

Brave entend séduire ici tous ceux qui cherchent un navigateur sans fonctions inutiles, sans logique crypto ni publicité interne. Cette version light du navigateur va également alléger le portefeuille, puisqu’elle sera vendue 59,99 dollars (gratuite pour les utilisateurs Linux).

Brave Origin.

10 activations maximum

Cette offre se destine d’abord et avant tout aux utilisateurs les plus « passionnés », ceux qui souhaitent soutenir l’équipe de développement de Brave car toutes ces fonctions peuvent être désactivées dans les réglages du navigateur standard qui ne coûte rien. Il y a néanmoins des points curieux dans cette offre : le nombre d’activations est limité à 10, et cela comprend aussi les installations après restauration d’un PC ou d’un smartphone. 

Brave justifie cette limitation par le système de paiement, qui ne lie pas le navigateur aux informations d’achat. L’éditeur planche toutefois sur un mécanisme qui permettra d’obtenir des activations supplémentaires avec un plafond mensuel.

Autre bizarrerie : Brave Origin est distribué en solo, mais il pourra aussi être acheté et activé dans la version standard de Brave. Dans ce dernier cas, un nouveau panneau de réglages fera alors son apparition, présentant les options désactivées par défaut dans Origin (que l’on pourra donc réactiver si on le souhaite).

Brave Origin ne perd pas de temps au lancement.

Cette future offre a le mérite de sortir du lot, les navigateurs web payants se faisant plutôt rares ces derniers temps. Certains proposent de débloquer des fonctions supplémentaires (comme Brave) pour utiliser le VPN ou des fonctions IA, d’autres des abonnements à l’image de Psylo pour obtenir des options d’anonymat avancé. 

Des fonctions en moins… mais aussi des revenus en moins pour Brave

Ce qui est singulier ici, c’est que Brave Origin fasse payer pour des fonctions en moins ! Le prix demandé reflète la valeur que tire Brave des différents outils intégrés au fil du temps dans le navigateur. L’éditeur l’indique d’ailleurs noir sur blanc : cette « version du navigateur est destinée aux utilisateurs qui n’ont pas besoin de toutes les fonctionnalités qui soutiennent par Brave en tant qu’entreprise, mais qui souhaitent tout de même bénéficier de la confidentialité que seul Brave propose ».

Le logiciel, qui revendique 110 millions d’utilisateurs dans le monde, met en avant son approche basée sur la protection de la confidentialité, mais son modèle économique est parfois déroutant avec ses publicités « respectueuses de la vie privée », son wallet, son VPN et son système de récompenses en crypto (BAT sur la blockchain Ethereum).

Pas besoin d’attendre le mois de juin pour mettre la main sur Brave Origin : la version alpha du navigateur est disponible sur Linux, macOS et Windows dans son canal Nightly. Il est aussi possible d’installer l’équivalent Android depuis le Play Store.

L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

28 avril 2026 à 14:46
Une date de péremption sur les jeux PlayStation
L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

Un DRM s’est-il discrètement invité dans les jeux PS4 et PS5 achetés en ligne ? C’est la crainte de nombreux joueurs PlayStation, depuis qu’un nouveau système (ou un bug ?) frappe les jeux vendus sur le PS Store.

Mise à jour 29/04 — Dans une déclaration envoyée à GameSpot, un porte-parole de Sony a expliqué qu’« une vérification en ligne unique est nécessaire pour confirmer la licence du jeu, après quoi aucune autre vérification ne sera requise ». Par conséquent, les joueurs pourront continuer à accéder à leurs jeux dématérialisés « et à y jouer normalement ». L’hypothèse du bug semble donc se concrétiser, ce qui sera un soulagement pour beaucoup de joueurs. Ce système de vérification de licence aurait été mis en place pour lutter contre les fraudes au remboursement, mais le mécanisme a été conçu pour se transformer ensuite en licences illimitées.

Article original, 28/04 — Les premiers témoignages sur la présence d’un DRM dans les jeux PS4 et PS5 achetés dans la boutique PlayStation ont commencé à émerger fin mars. Dans la fiche d’information de Resident Evil: Code Veronica X, un joueur a eu la surprise de découvrir la mention « Temps restant : 29 jours ». Le titre avait été acheté quelques jours plus tôt sur le PS Store.

30 jours et puis s’en va

Depuis, la présence de cette période de validité s’est multipliée, toujours pour les jeux en version dématérialisée (des achats ou des démos). Une hypothèse se dégage, après l’enquête du youtubeur Spawn Wave qui a testé plusieurs scénarios. Les jeux achetés ces derniers jours dans la boutique en ligne ont besoin d’un renouvellement de leur licence tous les 30 jours ; l’opération se réalise en connectant la console à internet.

Capture d’écran de la vidéo de Spawn Wave.

En retirant de la console la pile CMOS (qui gère notamment l’horloge interne), Spawn Wave a pu constater que les jeux dématérialisés ne pouvaient plus se lancer, avec ce message d’erreur à la clé : « Impossible d’utiliser ce contenu. Impossible de se connecter au serveur pour vérifier votre licence. Attendez un moment, puis réessayez ». En connectant la console à internet, plus de souci, les jeux se lancent normalement. Il n’a rencontré aucun problème avec des jeux achetés le mois dernier, ni avec des jeux sur support physique.

Sony a mis en ligne une mise à jour du logiciel interne de ses consoles fin mars. Les premiers témoignages de cette procédure de vérification remontent de cette époque : certains jeux vendus sur le PS Store, qu’ils soient récents ou plus anciens, nécessiteraient une connexion aux serveurs de Sony tous les 30 jours pour valider leur licence. 

Image : spider17adams

2013, qui se souvient ?

Tout cela n’est pas sans évoquer le fiasco de la présentation de la Xbox One en 2013, où Microsoft avait tenté d’imposer une vérification en ligne toutes les 24 heures pour les jeux. Le constructeur avait fait marche arrière très vite, mais le mal était fait et d’ailleurs, Sony en avait profité pour troller son rival avec une vraie-fausse publicité restée dans les mémoires. Elle expliquait comment partager ses jeux sur PS4… simplement en les prêtant à un ami.

Sony n’est pas aussi agressif avec cette fenêtre de 30 jours, mais le principe rappelle de mauvais souvenirs : que se passera-t-il si d’aventure, le constructeur décide de fermer ses serveurs ? L’absence de communication officielle n’aide en rien à éclaircir l’affaire… qui pourrait en bout de course n’être qu’un bug. Le comportement est en effet incohérent en fonction des joueurs. Il pourrait s’agir d’une erreur liée à un correctif anti-piratage.

Tout cela rappelle que l’on ne possède pas les jeux, on achète une licence d’utilisation encadrée par l’éditeur. L’industrie fait actuellement face à une fronde de joueurs qui veulent imposer aux éditeurs l’obligation de laisser les jeux achetés dans un état fonctionnel, même après la fermeture des serveurs officiels.

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