Vue normale

☕️ SoftBank investirait jusqu’à 100 milliards de dollars dans des infrastructures IA en France

11 mai 2026 à 15:15


Le groupe SoftBank s’apprêterait à dévoiler un plan à 100 milliards de dollars pour doter la France de nouveaux centres de données. C’est du moins le projet qu’aurait monté Masayoshi Son, patron du conglomérat japonais, après une rencontre avec Emmanuel Macron.

Lors de sa visite au Japon fin mars, Emmanuel Macron a fait la tournée des popotes auprès des responsables politiques et des grands acteurs de l’économie de l’archipel. Parmi eux, Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, opérateur télécom, fournisseur de services en ligne et surtout mastodonte des investissements tous azimuts. Selon Bloomberg, le président français lui aurait proposé d’établir des infrastructures IA dans l’Hexagone.

consommation de l'ia
Illustration : Flock

L’investisseur aurait été intrigué par cette approche provenant d’un chef d’État, alors qu’il est plus souvent sollicité par des dirigeants d’entreprise. Depuis, il étudierait sérieusement le projet et aurait même évoqué auprès de proches du dossier la possibilité de mettre jusqu’à 100 milliards de dollars sur la table. Gardons la tête froide : le montant final pourrait être beaucoup moins élevé. 

Ce d’autant que SoftBank a déjà fort à faire avec ses autres projets, dont l’initiative Stargate avec OpenAI, Oracle et le fonds émirati MGX — un investissement à 500 milliards qui semble presque modeste face aux plus de 700 milliards avancés par Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet pour cette année. 

SoftBank s’est également engagée à investir plus de 60 milliards dans OpenAI pour en obtenir 13 % du capital et travaille de près avec la startup IA sur de nombreux projets.

La liste des investissements (réels et potentiels) de Masayoshi Son est très longue, de nombreux milliards promis n’ont toujours pas été concrétisés. Le projet français pourrait être dévoilé à l’occasion du sommet Choose France, le 19 mai. Les détails restent encore flous et la portée de l’annonce peut encore évoluer. 

En février 2025, à l’occasion d’un sommet pour l’action sur l’IA, Emmanuel Macron avait déjà annoncé 109 milliards d’euros d’investissements « dans les prochaines années », soit « l’équivalent pour la France de ce que les États-Unis ont annoncé avec “Stargate” », avait-il affirmé. Pour attirer les entreprises IA, le locataire de l’Élysée met en avant les capacités nucléaires de la France qui donnent aux centres de données « l’énergie la plus décarbonée d’Europe ».

☕️ Bruxelles obtient un accès à GPT-5.5-Cyber, mais ça bloque toujours avec Mythos

11 mai 2026 à 13:46


L’Union européenne a décroché son billet pour GPT-5.5-Cyber, le grand modèle de langage d’OpenAI spécialisé dans la cybersécurité. En revanche, les discussions se poursuivent avec Anthropic pour obtenir un accès à Mythos.

L’UE court après les LLM américains spécialisés dans la cybersécurité. Pour l’un d’entre eux, GPT-5.5-Cyber, c’est chose faite : la Commission européenne a confirmé l’accès au modèle de langage d’OpenAI. « Nous saluons la transparence d’OpenAI et sa volonté de donner à la Commission un accès à son nouveau modèle », s’est réjoui Thomas Regnier, le porte-parole à la souveraineté technologique. « Cela nous permettra de suivre de très près le déploiement de ce modèle, mais aussi de traiter plus directement certaines préoccupations en matière de sécurité. »

OpenAI est allé frapper à la porte de la Commission pour leur proposer un accès au modèle. Ce n’est que le début de la collaboration, la Commission doit par exemple déterminer qui pourra travailler sur GPT-5.5-Cyber au sein de l’UE. Plusieurs organisations pourraient y prétendre : la DG Connect (direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies), l’AI Office (centre d’expertise pour l’IA), l’agence de cybersécurité Enisa… « Une étape après l’autre : nous discutons d’abord avec l’entreprise. Ensuite, nous verrons évidemment quelles seront les prochaines étapes », ajoute le porte-parole.

« Les laboratoires d’IA comme le nôtre ne devraient pas être les seuls arbitres de la cybersécurité », déclare George Osborne, responsable d’OpenAI for Countries. « La résilience repose sur des partenaires de confiance travaillant ensemble ». Les capacités de GPT-5.5-Cyber doivent être « accessibles aux nombreux défenseurs européens, et pas seulement à quelques-uns », ajoute-t-il en rappelant l’existence du plan d’action européen d’OpenAI pour la cybersécurité.

La déclinaison cyber de GPT‑5.5 est disponible depuis le 7 mai, dans un « aperçu limité » réservé aux « défenseurs chargés de sécuriser les infrastructures critiques », explique OpenAI. L’entreprise a élargi son programme TAC (Trusted Access for Cyber) au mois d’avril avec le lancement de GPT-5.4-Cyber ; il faut montrer patte blanche pour entrer dans le club, les partenaires étant vérifiés et approuvés par l’entreprise.

L’UE reste en revanche privée de Mythos. Thomas Regnier a indiqué qu’il y avait « un niveau d’engagement » avec Anthropic, « nous avons eu quatre ou cinq réunions avec l’entreprise ». Les discussions semblent aller bon train mais pour le moment, « nous ne sommes pas au même niveau [qu’avec OpenAI] ». Bruxelles salue « l’approche proactive adoptée par OpenAI, y compris sa volonté de nous donner accès au modèle », et voudrait bien que ça soit le cas avec Anthropic également.

Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

11 mai 2026 à 12:23
Une URL, et tout devient accessible
Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

Plus besoin de connaissances en HTML ou en JavaScript pour développer des web apps : il suffit de la décrire à une des plateformes de vibe coding qui se partagent un marché florissant. Mais la sécurité est le parent pauvre de cette pratique.

Les apps générées par IA publiées sur internet sont souvent peu sécurisées. Red Access, une entreprise spécialisée dans la sécurité dans le nuage, et son cofondateur Dor Zvi ont analysé des milliers de web apps créées avec des outils comme Lovable, Replit, Base44 et Netlify. Le résultat fait froid dans le dos : plus de 5 000 d’entre elles ne présentent aucune authentification ni véritable sécurité.

La simplicité c’est bien, la sécurité c’est mieux

Il suffit de trouver l’URL du site web pour accéder aux données de ces applications. D’autres n’opposaient comme résistance que des barrières faciles à franchir, comme l’obligation de se connecter avec une adresse email. Environ 40 % de ces web apps exposent des données sensibles, des documents confidentiels ou des historiques de conversation entre clients et chatbots. Dor Zvi tire la sonnette d’alarme chez Wired :

« Des organisations se retrouvent à divulguer des données privées via des applications créées avec le vibe coding. C’est l’un des plus grands cas de fuite où des personnes exposent des informations d’entreprise ou d’autres données sensibles à n’importe qui dans le monde. »

Parmi les trouvailles de l’équipe de Red Access : des plannings d’hôpitaux avec des informations personnelles sur des médecins, les achats publicitaires d’une entreprise, une présentation de lancement commercial, les registres de cargaisons d’une société de transport… Dans certains cas, Dor Zvi aurait pu obtenir les privilèges admin de certaines de ces apps en ligne — et même supprimer des comptes administrateurs.

Les plateformes de vibe coding permettent aux utilisateurs d’héberger leurs web apps directement sur leurs propres domaines. Pour mettre la main dessus, les chercheurs ont simplement utilisé Google ou Bing. Ils ont également trouvé plusieurs sites d’hameçonnage reproduisant ceux de grandes entreprises, créés et hébergés chez Lovable.

« Certains utilisateurs ont publié sur le web des applications qui auraient dû rester privées », explique Amjad Masad, le directeur général de Replit. « Qu’une application publique soit accessible sur internet est donc un comportement attendu. Les paramètres de confidentialité peuvent être modifiés à tout moment en un clic. » Rappelant l’existence d’outils de sécurité sur sa plateforme, le dirigeant s’engage à basculer les applications en mode privé et à informer les utilisateurs, si Red Access décide de lui transmettre une liste de ces derniers.

Masad reproche au passage le délai très court donné par la société de cybersécurité : « moins de 24 heures » avant de rendre l’affaire publique, ce qui n’a guère laissé de temps à Replit pour s’organiser. Le 6 mai, Replit annonçait que tous les utilisateurs du service, gratuit comme payant, peuvent publier leurs apps en mode privé. Une fonction qui était réservée auparavant aux clients Pro et Enterprise.

La responsabilité des plateformes

Chez Lovable, on indique également que les utilisateurs ont des outils de sécurité à leur disposition, « mais la manière dont une application est configurée relève au final de la responsabilité de son créateur ». Même discours du côté de Base44 : « Désactiver ces contrôles [de sécurité] est une action volontaire et simple, que n’importe quel utilisateur peut effectuer ». Une web app rendue publique est « un choix de configuration de l’utilisateur, et pas une faille de la plateforme ».

Base44 rappelle aussi qu’il est très simple de générer des données ressemblant à des vraies. Malgré tout, le risque d’exposer des informations confidentielles via des web apps vibe-codées reste réel. Ces outils sont utilisés par des utilisateurs n’ayant pas nécessairement le bagage technique suffisant pour sécuriser leurs données en ligne. 

« N’importe qui dans une entreprise peut générer une application à tout moment, sans passer par un cycle de développement standard ni par le moindre contrôle de sécurité », prévient Dor Zvi. Les plateformes ont une responsabilité ici, celle de mettre en place des garde-fous pour éviter un tsunami potentiel de fuites de données.

Mozilla industrialise la chasse aux bugs dans Firefox avec l’IA

11 mai 2026 à 09:42
Firefox sous perfusion de Mythos
Mozilla industrialise la chasse aux bugs dans Firefox avec l’IA

Firefox sert désormais de laboratoire grandeur nature pour éprouver de nouveaux outils de cybersécurité assistés par IA. En avril, Mozilla a corrigé la bagatelle de 423 vulnérabilités, la majorité ayant été débusquée par Mythos.

Mozilla ne tarit décidément pas d’éloges sur les capacités de Mythos à détecter des bugs et des failles de sécurité dans Firefox. En avril, des correctifs ont permis de corriger 423 vulnérabilités : les 271 bugs dans Firefox 150 déjà annoncés qui proviennent des analyses de Mythos, plus 41 bugs signalés par des chercheurs externes, et 111 découverts en interne avec d’autres méthodes. À comparer avec les 76 correctifs du mois de mars.

Mozilla

Une chose a changé dans l’utilisation des LLM par les développeurs de Firefox. Les tests réalisés ces dernières années avec GPT-4 ou Sonnet 3.5 s’avéraient certes prometteurs, mais au bout du compte « le taux élevé de faux positifs les rendait impraticables à grande échelle », écrivent Brian Grinstead, Christian Holler et Frederik Braun de Mozilla. Le mode opératoire était relativement classique : demander au modèle d’analyser du code jugé sensible pour repérer d’éventuelles vulnérabilités.

Des agents qui traquent les bugs

Les modèles agentiques ont changé la donne, soulignent-ils : « Ces systèmes peuvent trouver de véritables bugs et écarter les hypothèses impossibles à reproduire ». Claude Opus 4.6 a permis de mettre au point un « harnais agentique » qui interagit avec l’environnement de développement : il peut exécuter du code, vérifier si la faille existe réellement et générer des cas de test qu’il est possible de reproduire.

En substance, le LLM formule une hypothèse et tente lui-même de la valider. De quoi identifier « une quantité impressionnante de vulnérabilités jusque-là inconnues ». Les ingénieurs de Mozilla ont affiné et ajusté le comportement du modèle, et lorsque les résultats ont été jugés suffisamment bons, ils ont parallélisé les tâches sur plusieurs machines virtuelles éphémères. 

Le LLM n’est qu’une partie de ce Meccano de sécurité. L’infrastructure au complet inclut aussi la gestion du cycle de vie des vulnérabilités : orchestration, validation, triage, intégration avec d’autres outils internes. Ce « harnais », qui reste très spécifique au projet, peut ensuite fonctionner avec d’autres LLM, comme l’aperçu de Mythos. « Le système devient simultanément meilleur pour repérer des bugs potentiels, créer des cas de test de preuve de concept pour les démontrer, et expliquer précisément leur mécanisme ainsi que leur impact », indique Mozilla.

Ce travail de fond pour créer un pipeline autour des modèles de langage et les capacités accrues de ces derniers ont permis d’accélérer la détection et le développement de correctifs. « Il y a encore quelques mois, les rapports de bugs de sécurité générés par IA envoyés aux projets open source étaient surtout connus pour être du bruit inutile », rappellent les ingénieurs. Trier le bon grain de l’ivraie était chronophage : « il est simple et peu coûteux de demander à un LLM de trouver un « problème » dans du code, mais il est long et coûteux de vérifier puis de répondre à ces signalements. »

Tout a changé avec les nouveaux LLM plus puissants, et l’amélioration des techniques permettant d’exploiter ces modèles. C’est un cas d’usage spécifique pour Firefox qui peut ne pas s’adapter à d’autres organisations. 

L’IA n’écrit pas les correctifs

Brian Grinstead apporte un éclairage intéressant chez TechCrunch. Si l’équipe de Firefox utilise les LLM pour repérer des failles, les correctifs sont toujours écrits par des humains malgré les progrès des outils de développement assistés par IA. « Pour les bugs dont nous parlons dans ce billet, chaque correctif a été écrit par un ingénieur puis relu par un autre », explique-t-il.

Les développeurs demandent tout de même à l’IA de proposer des correctifs pour chaque bug, mais le code qu’elle produit ne peut pas être déployé tel quel. Il sert surtout de base de travail, car « nous n’avons pas constaté que cela pouvait être automatisé ».

Mozilla est suffisamment confiant pour partager 12 bugs corrigés sans attendre les plusieurs mois habituels avant une divulgation publique, « compte tenu du niveau d’intérêt extraordinaire suscité par ce sujet et de l’urgence des mesures à prendre dans l’ensemble de l’écosystème logiciel ». Ces bugs, qui permettent des échappements de sandbox, doivent être combinés à d’autres exploits pour compromettre Firefox.

« Nous n’avons pas encore découvert tous les bugs latents présents dans Firefox, mais nous sommes très satisfaits de la trajectoire actuelle », conclut le billet. La prochaine étape pour Mozilla est d’intégrer le système directement dans la chaîne de développement du navigateur : chaque nouveau correctif envoyé par un développeur pourrait être automatiquement analysé par le pipeline IA, ce qui permettrait de détecter les bugs quasiment au moment où ils sont intégrés dans le code de Firefox.

Sur le sujet de l’impact de l’IA sur le monde de la cybersécurité, illustré notamment par le phénomène médiatique Mythos, voir notre récent dossier :

Nintendo augmente le prix de la Switch 2, Sony serre les dents

11 mai 2026 à 07:01
L'IA fait grimper les prix des consoles
Nintendo augmente le prix de la Switch 2, Sony serre les dents

Explosion des prix de la mémoire, guerre en Iran, tarifs douaniers… La situation économique est pour le moins compliquée pour les constructeurs de consoles (et pour le portefeuille des joueurs). Nintendo va augmenter les prix de la Switch 2, Sony vend beaucoup moins de PS5.

Les nuages noirs pointent à l’horizon pour les consoliers. Nintendo a annoncé une hausse des prix de ses consoles partout dans le monde à compter du 1er septembre. En Europe, la Switch 2 passera ainsi à 499,99 euros (+ 30 euros), et aux États-Unis la hausse sera de 50 dollars (499,99 dollars), soit des augmentations de respectivement + 6 % et 11 %.

Hausse des prix de la Switch 2

C’est au Japon où la flambée sera particulièrement sensible, et ce dès le 25 mai :+ 20 % pour la Switch 2 ou encore + 33 % pour la Switch 1… Sur le marché domestique de Nintendo, la Switch 2 est proposée dans une livrée spécifique qui ne fonctionne qu’en japonais ; elle coûte bien moins cher qu’ailleurs à 49 980 yens, soit environ 270 euros. Elle reviendra à 59 980 yens, ce qui reste toujours bien plus abordable qu’en Europe (environ 325 euros). L’entreprise a encore un peu de souplesse pour aligner les prix japonais avec ceux du reste du monde.

Nintendo n’a pas vraiment d’autre choix que de prendre en compte « l’évolution des conditions du marché » et « les perspectives de l’activité à l’échelle mondiale ». La situation est particulièrement compliquée pour le petit artisan de Kyoto : la Switch 2 a été lancée en juin 2025, et même si la première année a été particulièrement convaincante pour la nouvelle console hybride (19,86 millions d’unités écoulées), ce n’est qu’une partie de l’équation. La console sert évidemment de support aux jeux : pour vendre un maximum de jeux, il faut qu’un maximum de consoles soient en circulation.

Nintendo

Nintendo marche sur une ligne de crête. Ses marges de manœuvre sont aussi fines que sa marge brute. Le lancement de la Switch 2 a certes dopé les revenus de l’entreprise, mais pas nécessairement sa rentabilité : la marge brute a en effet fondu, passant de 61 % durant l’exercice fiscal 2025, à 39,3 % pour 2026. Le poids du matériel est bien plus important dans les ventes globales, puisque les consoles ont représenté 66,7 % des ventes, contre 43,7 % un an plus tôt.

Les consoles rapportent moins que les jeux et les services, et le constructeur souligne par ailleurs que la Switch 2 dégage une marge inférieure à celle de la première Switch. Mécaniquement, la rentabilité en prend un coup. Et dans un monde où les composants sont toujours plus chers, la seule solution est d’augmenter les prix. Mais la hausse doit être suffisamment contenue pour ne pas repousser complètement les clients potentiels. Car maintenant que les fans de la première heure sont servis, il faut convaincre les familles que le petit dernier a absolument besoin d’une Switch 2 alors que sa Switch 1 est encore parfaitement fonctionnelle.


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☕️ Apple pourrait de nouveau utiliser des processeurs fabriqués par Intel dans ses produits

11 mai 2026 à 06:20


Six ans après avoir amorcé la transition des processeurs Intel vers ses propres puces dans les Mac, Apple s’apprêterait à travailler de nouveau avec le fondeur américain. Les deux entreprises se seraient accordées pour lancer la production de puces destinées à des appareils du constructeur.

Avec 200 millions d’iPhone vendus chaque année et des dizaines de millions de Mac et d’iPad, Apple a d’énormes besoins en composants électroniques. En ce qui concerne les puces qui motorisent ses produits, le constructeur fait appel aux capacités de production de TSMC mais un nouveau fournisseur pourrait bien faire son apparition à l’horizon : Intel. Après des « discussions intenses » qui ont duré plus d’un an, les deux entreprises auraient scellé un accord préliminaire, selon le Wall Street Journal.

L’indiscrétion ne va pas jusqu’à préciser quels appareils Apple seront équipés de puces Intel. De même, on ignore la finesse de gravure de ces puces même s’il est probable que le constructeur jette son dévolu sur le procédé 14A, le plus avancé du fondeur. Mais pour Apple comme pour Intel, cet accord tombe à pic.

Un système-sur-puce d’Intel.

Apple a longtemps été le premier client de TSMC, ce qui lui permettait de dicter les orientations et l’activité du géant taïwanais. C’est moins le cas aujourd’hui, la demande du secteur de l’IA est telle que c’est devenu le principal moteur de la croissance de TSMC. NVIDIA devrait ainsi prendre la première place dans le carnet de commandes de l’entreprise cette année, selon Tim Culpan.

Avoir sous la main un autre fournisseur est donc une opportunité intéressante pour Apple, qui sait mieux que personne négocier les prix les plus bas. Et pour Intel, c’est également une bonne affaire : depuis l’arrivée de Lip-Bu Tan l’an dernier à la tête du groupe en mars 2025, il fait des pieds et mains pour attirer de nouveaux clients. Avec un succès indéniable : NVIDIA et Tesla ont signé pour produire des puces dans les usines Intel. Et le tour d’Apple semble tout proche.

Intel, qui était alors au bord du gouffre, a bénéficié d’un gros coup de pouce de l’administration Trump. Le gouvernement s’est porté acquéreur de 9,9 % du capital du groupe, rompant au passage avec l’habituelle politique de laissez-faire économique américaine. Le WSJ rapporte que Donald Trump aurait personnellement fait l’article d’Intel auprès de Tim Cook, un familier de la Maison Blanche.

Le retour de puces fabriquées par Intel dans des produits Apple serait en tout cas un joli pied de nez de l’histoire, même s’il n’est pas question d’abandonner l’architecture ARM pour revenir au x86. En 2006, le constructeur de Cupertino intégrait les processeurs Intel dans ses Mac avant de commencer à s’en débarrasser à partir de 2020, pour les remplacer par des puces de sa conception. Une transition qui s’est achevée en 2023 avec le premier (et ultime : Apple ne le propose plus aucune tour à la vente) Mac Pro tournant sur du silicium Apple.

Google lance un nouveau bracelet Fitbit avec de l’IA sur abonnement

11 mai 2026 à 05:47
Gym Tonic 2.0
Google lance un nouveau bracelet Fitbit avec de l’IA sur abonnement

Le Fitbit Air est un nouveau bracelet de suivi de l’activité physique et sportive. Sans écran et relativement abordable, c’est un cheval de Troie vers le nouveau coach IA sur abonnement de Google.

Retour aux fondamentaux pour Fitbit. En 2012, le fabricant lançait un de ses premiers bracelets de suivi grand public, un simple moniteur d’activité porté au poignet. Ses successeurs ont connu un succès tel que le nom « Fitbit » est devenu synonyme de ce type de produit. L’entreprise a ensuite diversifié son catalogue avec des montres connectées et des bracelets équipés d’écran. 

Un bracelet à oublier au poignet

En 2021, Google se porte acquéreur de Fitbit et décide de déshabiller Pierre pour habiller Paul : les fonctionnalités et les algorithmes développées par Fitbit renforcent l’écosystème Google, notamment la famille Pixel Watch. Mais de son côté, la marque autrefois emblématique, perd peu à peu de son lustre sans toutefois rejoindre le fameux « cimetière Google ».

Le géant du web n’a pas complètement remisé Fitbit au placard : la marque a en effet lancé un tout nouveau produit original… enfin presque, puisqu’il rappelle les premiers temps de l’entreprise. Le Fitbit Air est en effet un module de suivi de l’activité, sans écran, qui se glisse dans un bracelet. Le boîtier, épais de 8,3 mm, pèse 5,2 grammes. Conçu en polycarbonate, il embarque un cardiofréquencemètre, des capteurs de saturation en oxygène (SpO2), un capteur de température qui mesure la température de la peau, ainsi qu’un moteur vibrant.

Ainsi armé, le Fitbit Air va relever la fréquence cardiaque (et même repérer les signaux de fibrillation auriculaire), compter le nombre de pas et les distances parcourues, mesurer la qualité du sommeil, détecter automatiquement un entraînement. Le module saura aussi vibrer au poignet pour vous réveiller. La batterie devrait assurer une autonomie jusqu’à 7 jours.

Le coach qui sait tout

Pour 99,99 euros, le Fitbit Air se situe plutôt dans la bonne moyenne de prix pour ce genre de produits (le Polar Loop, lui aussi sans écran, est vendu 180 euros). Mais ce qui distingue ce bracelet d’un autre, c’est — évidemment, pourrait-on dire — la présence envahissante de l’IA générative et de Gemini. L’appareil remplit des fonctions basiques gratuitement, mais les utilisateurs qui voudront aller plus loin sont fortement invités à souscrire à un abonnement Coach Google Health.

Dormez sur vos deux oreilles, Google vous regarde

Ce service a été dévoilé en octobre dernier, et il est disponible depuis sous la forme d’un aperçu public. Le lancement du Fitbit Air est son baptême du feu auprès du consommateur. Facturé 8,99 euros par mois, il est inclut dans les formules AI Pro et Ultra de Google.

Le porteur du Fitbit Air (ou d’une Pixel Watch) peut poser des questions à un bot santé, obtenir des programmes de remise en forme personnalisés en fonction de son style de vie, des infos plus détaillées sur le sommeil (tant il est vrai que cette mesure brute n’est pas très utile), une bibliothèque d’entraînements et de séances de pleine conscience, et « des informations proactives » sur le bien-être. Le coach peut par exemple remarquer que la variabilité de fréquence cardiaque s’est améliorée.

Le coach est accessible dans l’application mobile Android et iOS Google Health, qui remplacera l’app Fitbit (déshabiller Pierre…). Ce modèle « bracelet + IA sur abonnement » ne sort pas de nulle part : il a fait le succès de l’offre Whoop. Google se positionne donc sur ce marché du suivi de la santé facturé mensuellement, avant que d’autres ne se lancent à leur tour (tous les yeux sont tournés vers Apple).

Les fournisseurs IA s’intéressent également à la santé, comme on l’a vu en début d’année avec ChatGPT Santé. Mais le coach de Google a un avantage : il accède à une montagne de données mises à jour chaque jour par le bracelet, ce qui devrait lui éviter quelques uns des écueils des nouveaux LLM santé.

☕️ X et Elon Musk visés par une information judiciaire en France

7 mai 2026 à 15:51


Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris contre X (anciennement Twitter), Elon Musk et l’ex-directrice générale du réseau social, Linda Yaccarino. Une procédure qui s’ajoute à un dossier déjà bien épais.

La justice française n’en a pas terminé avec X. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en janvier 2025 pour deux infractions potentielles : manipulation volontaire de l’algorithme et exploitation de données personnelles pour afficher de la publicité ciblée. La procédure découle des signalements du député Renaissance des Côtes-d’Armor, Éric Bothorel.

En juillet dernier, le parquet précisait ses soupçons : le réseau social chercherait à « biaiser le débat démocratique en France ». L’enquête avait été confiée aux bons soins des gendarmes de l’Unité nationale cyber. Elle portait entre autres sur l’« altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée, ainsi que l’extraction frauduleuse de données d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée ». 

X avait alors refusé d’ouvrir ses algorithmes, niait les allégations, notamment d’ingérence étrangère, et dénonçait une enquête motivée par des considérations politiques. Selon l’entreprise, la procédure porterait gravement atteinte à la liberté d’expression. Par conséquent, le réseau social a refusé de donner suite aux demandes du parquet et des gendarmes.

L’enquête portait également sur des infractions de contestation de crimes contre l’humanité, et la présence de messages à caractère antisémite et négationniste par Grok. En début d’année, le dossier s’était alourdi des faits d’atteinte à la représentation de la personne, en raison de l’explosion d’images générées par IA représentant des femmes et des mineures dénudées sans consentement.

Le 3 février, une perquisition était diligentée dans les locaux français du réseau social par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris.

Le 20 avril, Elon Musk et une vingtaine de dirigeants convoqués par la justice pour témoigner devant la section cyber ne se sont pas présentés. Mais l’enquête se poursuit malgré tout et franchit un nouveau cap : Le Monde rapporte maintenant l’ouverture ce mercredi 6 mai d’une information judiciaire contre X, Elon Musk et Linda Yaccarino, la directrice générale jusqu’en 2025.

Cela signifie que les faits sont considérés comme suffisamment graves ou sensibles pour qu’un juge d’instruction instruise le dossier avec des pouvoirs d’enquête étendus (perquisitions, saisies de documents, réquisitions techniques, auditions sous serment, etc.).

dessin de flock sur Musk

AI Act : l’Union européenne accorde un répit aux industriels

7 mai 2026 à 14:38
Un omnibus qui roule pour l'industrie de l'IA
AI Act : l’Union européenne accorde un répit aux industriels

Un pas en avant, deux pas en arrière. La mise en œuvre des mesures inscrites dans l’AI Act européen continue de danser la gigue, avec le report de plusieurs dispositifs ; en revanche, les protections contre les deepfakes non consensuels et les apps permettant de dénuder des personnes sont renforcées.

L’AI Act est entré en application en février 2025. Son objectif : « promouvoir l’adoption d’une IA axée sur l’humain et digne de confiance ». Difficile de s’opposer à une telle lettre de mission, mais la portée et la mise en œuvre des différents dispositifs du texte européen restent sujettes à modification… et même à des reculs.

Le Parlement européen et le Conseil de l’UE sont ainsi tombés d’accord sur l’omnibus dédié au numérique proposé par la Commission européenne en novembre dernier. Il a pour objet de « simplifier » les régulations pesant sur les entreprises. Plusieurs mesures, qui concernent l’implémentation du règlement sur l’IA, auraient été influencées par des « oligarques de la tech », comme le dénonçaient en début d’année des organisations spécialisées dans la surveillance des lobbies.

Le calendrier de l’AI Act bousculé

L’accord annoncé ce jeudi 7 mai modifie deux dates limites. Les règles applicables aux systèmes d’IA utilisés dans les domaines à haut risque (biométrie, infrastructures critiques, éducation, emploi, migration, droit d’asile, contrôle aux frontières) entreront en vigueur à compter du 2 décembre 2027. Soit 16 mois de délai, puisque la précédente date avait été fixée au 2 août 2026. Quant aux systèmes intégrés dans des appareils comme des jouets ou des ascenseurs, les règles ne s’appliqueront qu’à compter du 2 août 2028.

« Ce calendrier progressif doit permettre de s’assurer que les normes techniques et les autres outils d’accompagnement seront en place avant l’entrée en application des règles », écrit la Commission. Pas question de parler de reculade, Bruxelles cherche plutôt à faire valoir son pragmatisme : « Avec des règles plus simples et plus favorables à l’innovation, nous facilitons l’innovation sans abaisser les exigences en matière de sécurité », affirme ainsi Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge de la Souveraineté technologique.

De nombreuses entreprises du secteur font pression sur l’exécutif européen pour adoucir l’AI Act, en particulier face aux États-Unis et à la Chine qui avancent très rapidement. Le 4 mai, en plein débat sur l’omnibus, Airbus, Mistral AI, Nokia ou encore ASML ont ainsi signé une lettre ouverte (une de plus) déplorant « des règles étouffantes, inutilement complexes et souvent redondantes, qui rendent extrêmement difficile le fait de suivre le rythme des avancées technologiques ».

Dont acte : en plus de ces reports, l’accord prévoit également « des règles simplifiées et une gouvernance plus claire ». Des avantages accordés à des PME vont s’étendre aux entreprises de taille intermédiaire. Des clarifications ont été apportées sur l’articulation entre l’AI Act et d’autres législations européennes sur la sécurité des produits afin d’éviter les doublons. Les fournisseurs d’IA auront accès à des « bacs à sable » réglementaires pour tester leurs solutions.

Les instances européennes en ont également profité pour intégrer des renforcements de la protection contre les apps de deepfakes non consensuels : l’accord interdit ainsi les systèmes IA qui génèrent du contenu à caractère sexuel explicite sans consentement et des images sexualisées d’enfants. Une réponse aux exactions de Grok en début d’année.

Dans le détail, cette interdiction s’appliquera à la mise sur le marché de systèmes IA ayant pour but de créer de tels contenus, ou qui n’ont pas mis en place de mesures de sécurité pour empêcher la création de ce type de contenus. Les entreprises auront jusqu’au 2 décembre 2026 pour se mettre en conformité.

La loi retarde également l’application des obligations de marquage numérique (« watermarking» en VO) des contenus générés par l’IA au 2 décembre 2026 (au lieu du 2 février 2027, comme le prévoyait la proposition de la Commission, et du 2 août 2026 comme initialement adopté dans l’AI Act), censées permettre de détecter et de retracer les contenus générés par IA.

Il reste désormais au Parlement européen et au Conseil d’adopter formellement cet accord, ce qui devrait être fait avant le 2 août.

Anthropic donne de l’air à Claude grâce à Colossus de SpaceX

7 mai 2026 à 06:42
Claude to the moon
Anthropic donne de l’air à Claude grâce à Colossus de SpaceX

Anthropic traverse une crise de croissance : les services proposés par la startup sont toujours plus populaires, mais les capacités de calcul ne sont pas extensibles à l’infini. Un nouvel accord avec SpaceX donne de l’air à Claude.

Anthropic a signé avec SpaceX pour accéder à la puissance de calcul de Colossus 1, le centre de données installé dans le Tennessee qui contient plus de 220 000 GPU de NVIDIA. Le labo IA va tout simplement utiliser l’intégralité des capacités de l’infrastructure, soit l’équivalent de 300 mégawatts de puissance de calcul. Un coup de turbo bienvenu, notamment pour l’inférence des services d’Anthropic, très courus.

Grok prête ses GPU

L’engouement pour Claude ne faiblit pas, en particulier du côté des entreprises et des développeurs : cette activité florissante permet à Anthropic d’afficher un chiffre d’affaires annualisé dépassant les 30 milliards de dollars. Revers de la médaille : Claude a du mal à suivre. L’entreprise a ainsi testé la suppression de l’option Claude Code de l’abonnement Claude Pro et imposé des limites d’usage durant les heures de pointe histoire de soulager ses serveurs.

Image : SpaceX

Si on ne connait pas les détails financiers de l’accord, il devrait donc satisfaire les deux parties. SpaceX va trouver quelque chose à faire faire à Colossus 1, et Anthropic accède à une réserve de puissance dont il a bien besoin.

D’ailleurs, la startup annonce dans la foulée la suppression des restrictions d’usage pendant les heures les plus chargées sur Claude Code (comptes Pro et Max), le relèvement du plafond des heures de Claude Code pour tous les abonnés (la quantité de tokens allouée par période de cinq heures est doublée), ainsi qu’une forte hausse des maximums d’entrées et de sorties de l’API pour Claude Opus.

Anthropic avait récemment signé pour 5 gigawatts avec Amazon, dont 1 GW dès la fin de l’année et pour 5 GW supplémentaires avec Google et Broadcom qui seront disponibles en 2027. Par ailleurs, un partenariat stratégique a été noué l’an dernier avec Microsoft et NVIDIA qui inclut 30 milliards de dollars de capacité Azure.

Et puisque tout cela n’est pas suffisant, Anthropic s’intéresse également au développement de centres de données en orbite, la dernière marotte de SpaceX dont la faisabilité reste encore à démontrer. L’entreprise l’admet d’ailleurs : « Si les obstacles techniques peuvent être surmontés, l’informatique spatiale offre une source d’énergie durable quasi illimitée, avec un impact moindre sur la Terre », explique-t-elle. C’est un grand « si ».

Claude Code sort des heures de pointe

En attendant, il faudra s’arranger avec les datacenters installés sur le plancher des vaches. Construit en 122 jours, Colossus 1 est devenu opérationnel en juillet 2024, où il sert principalement à entraîner Grok, le chatbot de xAI, et à d’autres activités en lien avec les entreprises d’Elon Musk. xAI, désormais intégré dans SpaceX, avait l’ambition de l’équiper d’un million de GPU, mais on en est encore loin. 

Quant au projet d’extension Colossus II annoncé en mars 2025, il se fait plus discret. Ses capacités de calcul sont utilisées pour entraîner les modèles de SpaceX, comme l’a confirmé Elon Musk. 

Le milliardaire, actuellement en pleine bisbilles de prétoires contre OpenAI, a tressé des lauriers à Anthropic : « J’ai passé beaucoup de temps la semaine dernière avec des membres seniors de l’équipe d’Anthropic afin de comprendre ce qu’ils font pour s’assurer que Claude soit bénéfique pour l’humanité, et j’ai été impressionné. Toutes les personnes que j’ai rencontrées étaient très compétentes et tenaient énormément à faire ce qui est juste. Aucune n’a déclenché mon détecteur de malveillance ». Nous voilà rassurés.

Il se réserve tout de même le droit de reprendre ces capacités de calcul si l’IA d’Anthropic adoptait des « comportements nuisibles à l’humanité ». Il est quelque peu singulier de voir Elon Musk et Anthropic travailler ensemble : le premier défend un modèle IA complètement débridé et sans censure (et qui va trop loin), le second a bataillé contre le Pentagone pour imposer des limites à l’utilisation militaire de ses technologies. Ce qui lui a valu d’être blacklisté par l’administration Trump.

Se rapprocher d’un ancien conseiller du président américain ne peut pas faire de mal. Enfin, et ce n’est pas négligeable, cet accord intervient alors qu’Anthropic et SpaceX préparent très sérieusement leur introduction en Bourse.

☕️ Google DeepMind s’attaque à EVE Online

7 mai 2026 à 06:08


Après le Go, les échecs et même StarCraft, DeepMind veut devenir maître d’un autre jeu, mais cette fois, ce sera autrement plus ardu : le laboratoire IA de Google s’attaque en effet au monument EVE Online

Google DeepMind va jouer à EVE Online. Le MMORPG, lancé en 2003 et toujours bon pied bon œil, est un jeu bien particulier. Il permet à des milliers de joueurs d’évoluer dans une galaxie persistante, New Eden, sur un seul et même serveur mondial. L’économie est entièrement gérée par les joueurs, qu’il s’agisse du commerce et des ressources, tandis que les corporations se font et se défont au rythme des alliances de circonstance et des trahisons… 

EVE Online offre un terrain de jeu potentiellement très fructueux pour le labo d’IA de Google, qui a déjà démontré ses capacités dans d’autres domaines, aux échecs ou au go bien sûr, mais aussi dans des jeux vidéo comme ceux d’Atari ou StarCraft IIEVE Online reste néanmoins un très gros morceau. Comme dans notre monde, New Eden est régulièrement secouée par des guerres, des campagnes d’influence, de l’espionnage industriel, de la manipulation de marché, de la propagande. 

Les chercheurs IA et en sciences sociales s’intéressent à ce jeu plus particulièrement, car il produit des comportements émergents très riches où les joueurs sont amenés à coopérer, à créer des cartels, à spéculer, à s’organiser et même à développer des doctrines militaires et politiques. Ces interactions sociales complexes sont un terreau fertile : « C’est une simulation unique en son genre pour tester une intelligence artificielle généraliste dans un bac à sable sécurisé », explique Alexandre Moufarek, directeur de Google DeepMind.

Cette phase initiale de recherche se déroulera dans des environnements contrôlés et hors ligne d’EVE Online. « Cela ouvre la porte à des travaux qui correspondent parfaitement à l’esprit d’EVE : des problèmes complexes, des horizons à long terme, des possibilités étranges, et des personnes prêtes à explorer ce qui vient ensuite », se réjouit Hilmar Veigar Pétursson, directeur général de Fenris Creations, l’opérateur islandais du jeu.

La portée et la nature des travaux de DeepMind dans EVE Online sont encore assez floues, mais on en saura plus à l’occasion de la Fanfest la semaine prochaine. Une rencontre est prévue avec Adrian Bolton, un des fondateurs du laboratoire.

Ce partenariat intervient à un moment bien particulier dans l’histoire de EVE Online. Depuis 2018, le jeu était opéré par Pearl Abyss, un éditeur coréen qui vient de publier le hit Crimson Desert. L’entreprise a cédé à Hilmar Veigar Pétursson CCP Games, le studio à l’origine du jeu, rebaptisé Fenris Creations. Le tout contre un chèque de 120 millions de dollars, soit bien moins que les 225 millions de l’acquisition de CCP.

La somme comprend en outre 20 millions en crypto, en l’occurrence des tokens du jeu EVE Frontier qui doit toujours faire ses preuves. CCP/Fenris et Pearl Abyss semblent toujours croire dans cette monnaie virtuelle adossée à une blockchain. Malgré cette tambouille, Fenris se porte bien : non seulement Google DeepMind a pris une petite participation au capital du studio (de l’ordre de quelques millions de dollars), mais encore les résultats enregistrés fin 2025 ont été les plus solides de ces dernières années.

☕️ Meta voudrait prendre sa revanche sur OpenClaw avec Hatch

6 mai 2026 à 16:13


OpenAI a chipé OpenClaw au nez et à la barbe de Meta, mais qu’à cela ne tienne : le géant des réseaux sociaux développerait sa propre version de la plateforme d’agents IA avec « Hatch ». 

Meta préparerait une armée d’agents IA, croit savoir le site The Information. Les tests de cet agent autonome baptisé Hatch (le nom pourrait changer) débuteraient dès le mois de juin. Des simulations auraient déjà été effectuées dans des environnements web reproduisant des sites comme DoorDash, Etsy, Yelp ou encore Outlook.

Ça n’est pas réellement une surprise : Mark Zuckerberg a déjà télégraphié ses intentions en matière d’agents durant les derniers résultats de Meta. Il expliquait alors vouloir créer des assistants capables de « comprendre [les] objectifs [des utilisateurs] et travailler jour et nuit pour les atteindre ». Hatch aurait été entraîné avec des modèles Claude Opus et Sonnet 4.6 d’Anthropic, mais la version finale devrait tourner avec Muse Spark, le nouveau LLM maison.

Illustration : Flock

Meta travaillerait plus spécifiquement sur la mémoire de l’agent, sa capacité à prendre des initiatives, la gestion des outils et la compréhension de longues séquences d’informations. C’est le talon d’Achille des agents IA qui ont encore tendance à halluciner, à se tromper sur les prix ou sur des fiches produit. Mark Zuckerberg a reconnu ces difficultés techniques, qui s’ajoutent à la nécessité de servir des milliards d’utilisateurs : il faut non seulement serrer tous les boulons à la technique, mais aussi disposer d’une infrastructure solide.

Si Hatch ressemble à OpenClaw, ça n’est pas vraiment une surprise : le groupe a bien tenté d’acquérir la plateforme d’agents autonomes, mais son créateur Peter Steinberger a préféré rejoindre les rangs d’OpenAI.

En parallèle, le groupe plancherait également sur un agent de shopping qui pourrait se lancer dans le courant du quatrième trimestre sur Instagram. Concrètement, les utilisateurs du réseau social seraient en mesure de toucher un produit présent dans un Reel ou dans leur fil de photos afin d’obtenir plus d’informations, et surtout pour pouvoir l’acheter directement depuis l’application.

Meta a dévoilé en mars une nouvelle « expérience de shopping » avec des fonctions IA capable de produire davantage d’informations sur tel produit, ainsi qu’un outil pour acheter ledit produit en un clic. Avec l’apport de cet agent IA dans Instagram, Meta espère mieux rivaliser avec les fonctions de commerce en ligne de TikTok.

☕️ Washington veut pouvoir tester les nouveaux modèles IA avant tout le monde

6 mai 2026 à 14:10


Microsoft, Google et xAI vont donner au gouvernement américain un accès anticipé à leurs nouveaux modèles IA, pour permettre d’en évaluer les risques en matière de sécurité nationale avant qu’ils soient diffusés plus largement.

Les autorités états-uniennes ne veulent pas découvrir les capacités d’une IA en même temps que monsieur tout-le-monde (et les hackers). La présentation par Anthropic de Mythos, son dernier modèle le plus puissant, a suscité des craintes auprès des spécialistes de la cyberdéfense.

Entre les mains de pirates, une telle IA pourrait potentiellement faire des ravages en repérant et en exploitant des failles de sécurité dans des infrastructures critiques. C’est aussi la raison pour laquelle le déploiement de Mythos se limite à une cinquantaine d’organisations et d’entreprises.

Washington s’inquiéterait des risques que font peser ces modèles de frontière sur la sécurité nationale. En 2024, l’administration Biden mettait en place l’institut sur la sécurité de l’intelligence artificielle, une agence rattachée au département du Commerce. Rebaptisée CAISI (Center for AI Standards and Innovation) par le gouvernement Trump, elle occupe les mêmes fonctions : tester les modèles IA avant un déploiement public.

Le CAISI, qui avait déjà signé des accords avec OpenAI et Anthropic, va désormais obtenir un accès anticipé aux modèles de frontière de Microsoft, Google et de xAI. Ces entreprises livrent leurs modèles sans garde-fous : les chercheurs peuvent ainsi mesurer les capacités de ces IA dans des scénarios hostiles, sans leurs roulettes de sécurité.

Avant son changement de nom, le CAISI se concentrait surtout sur le développement de standards de tests de sécurité. Sa mission a quelque peu évolué, puisque le centre évalue maintenant les risques stratégiques et militaires des modèles IA. Il a réalisé une quarantaine d’évaluations de modèles dont certains n’ont pas encore été déployés auprès du grand public.

Microsoft confirme le travail avec le CAISI pour sonder des « comportements inattendus » de ses modèles, a précisé l’éditeur auprès de Reuters. L’entreprise a également signé un accord similaire avec l’AI Security Institute britannique.

Les relations entre l’administration américaine et les acteurs de l’IA continuent donc de s’approfondir. La semaine dernière, le Pentagone annonçait un accord avec plusieurs fournisseurs d’IA pour exploiter leurs modèles dans des missions secret défense. Anthropic est exclue du lot… même si Mythos pourrait tout de même être utilisé.

☕️ Amazon ouvre sa machine logistique à toutes les entreprises

6 mai 2026 à 07:28


Le petit monde de la logistique compte un nouvel acteur, et pas des moindres : Amazon a en effet annoncé que son infrastructure de distribution mondiale peut maintenant être utilisée par n’importe quelle entreprise, y compris si elle ne vend rien sur Amazon. Rude concurrence pour UPS, DHL ou encore FedEx.

Amazon espère refaire le coup d’AWS. La plateforme d’hébergement en ligne avait été lancée en 2006, d’abord pour moderniser l’infrastructure interne du géant du e-commerce. Elle s’est ensuite ouverte à d’autres entreprises, avec le succès que l’on sait : AWS est aujourd’hui un des plus grands fournisseurs infonuagiques au monde.

Avec Amazon Supply Chain Services (ASCS), le mastodonte états-unien reprend la même stratégie, mais pour la logistique. Amazon exploite une gigantesque flotte comptant plus de 100 avions, 80 000 camions, 24 000 containers, un système d’approvisionnement et de distribution de premier plan, sans oublier la livraison du dernier kilomètre assurée par ses bons soins ou par des livreurs tiers.

Image : Amazon

Jusqu’à présent, ce réseau était au service d’Amazon et des vendeurs tiers de sa boutique. Depuis 2006, plus de 80 milliards d’articles provenant de vendeurs indépendants ont transité par la gestion logistique des commandes d’Amazon (préparation, emballage, expédition, gestion des retours), des opérations complexes et coûteuses sur le plan opérationnel quand on est un vendeur solo.

Avec le temps, le groupe a ajouté de nouveaux services de transport, de dédouanement, de stockage en gros et de distribution sur plusieurs canaux de vente. « Les vendeurs qui utilisent ces solutions de bout en bout enregistrent des ventes supérieures d’environ 20 % », affirme Amazon. 

Le groupe a annoncé l’ouverture d’ASCS aux entreprises de toutes tailles et de tous types (santé, automobile, industrie, commerce de détail…), pas besoin de vendre quoi que ce soit sur Amazon. Ce sont de nouvelles capacités de fret, de distribution et de livraison qui vont concurrencer celles des autres poids lourds du secteur.

Plusieurs clients utilisent déjà des services d’ASCS : Procter & Gamble fait transporter des matières premières vers ses sites de production, puis les achemine à travers son réseau de distribution ; 3M se sert du fret Amazon pour déplacer ses produits depuis ses sites de production vers les centres de distribution.

Selon le cabinet d’études Grand View Research, le marché mondial de la logistique au sens strict (transport, entreposage et distribution des marchandises) pèse près de 4 000 milliards de dollars, et il pourrait frôler les 6 000 milliards en 2030. Si tout le monde en connait les principaux représentants, le marché est en fait très fragmenté, avec des milliers d’acteurs locaux et régionaux. L’arrivée d’Amazon, avec sa puissance de feu, a toutes les allures d’un chien au milieu d’un jeu de quilles.

Entraînement des IA et droit d’auteur : l’industrie culturelle veut l’adoption rapide de la loi

6 mai 2026 à 07:09
La facture va-t-elle arriver pour les acteurs de l'IA ?
Entraînement des IA et droit d’auteur : l’industrie culturelle veut l’adoption rapide de la loi

Plus de 80 organisations culturelles appellent au vote rapide par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi adoptée par le Sénat sur la présomption d’utilisation des contenus par les fournisseurs d’IA. Un texte qui donne à l’industrie culturelle un levier contre le « pillage généralisé » de leurs créations.

Le 8 avril, le Sénat adoptait la proposition de loi « relative à l’instauration d’une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Voté à l’unanimité, le texte instaure donc une présomption d’exploitation d’une œuvre par un opérateur d’IA. 

La culture presse le pas

La proposition renverse la charge de la preuve, puisque c’est au fournisseur d’IA de prouver qu’il n’a pas utilisé une œuvre. « Ce ne sera plus au créateur de prouver le moissonnage de son œuvre », décryptait l’auteure de la proposition de loi, la sénatrice Agnès Evren (LR). Les entreprises de l’IA font régulièrement l’objet de plaintes pour avoir pioché sans ménagement ni autorisation dans des ouvrages ou des créations protégés par le droit d’auteur.

Le texte est désormais entre les mains de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, en attendant son examen par les députés. Histoire d’accélérer la cadence, 81 organisations du secteur de la culture et de l’information – parmi lesquelles l’ADAMI, la SCAM, la SACEM ou le SNEP – appellent [PDF] à une inscription rapide de la proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

La présomption mise en place par le texte « rééquilibre le rapport de force entre nos secteurs culturels et les entreprises de l’IA » et « crée donc les conditions d’un dialogue pour installer une nouvelle chaîne de valeur », écrivent les signataires. Ils ajoutent ne pas pouvoir continuer à « accepter qu’un secteur économique se construise sur le pillage généralisé d’un autre secteur au mépris de l’État de droit, alors qu’il existe une alternative vertueuse au bénéfice de tous. »

Les organisations veulent la mise en place d’un « marché de licences volontaires » qui garantirait la compétitivité de la presse et des industries culturelles, ainsi que leur capacité d’investissement. Il est aussi question de la sécurité juridique comme « avantage concurrentiel » au bénéfice des modèles et d’une « IA responsable, tournée vers l’humain ». 

Présomption d’exploitation contre exception au droit d’auteur

Les secteurs de la culture et de l’information sont « prêts à s’adapter au modèle économique de leurs futurs partenaires », mais encore faut-il qu’ils viennent à la table des négociations. C’est tout le sens de la loi votée par le Sénat, mais son passage tel quel à l’Assemblée nationale n’est pas gagné.

Le gouvernement s’est en effet montré plus réservé sur le fond. « Tous les acteurs économiques qui ont développé des modèles d’IA – entreprises du CAC 40, TPE-PME, start-up – risqueraient un contentieux, ce qui serait dévastateur pour notre économie », expliquait Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique. « Le contentieux ne peut pas constituer notre unique horizon, car il entraîne des risques », posait prudemment Catherine Pégard, ministre de la Culture. « Mieux vaut un bon accord qu’un mauvais procès. »

Cette « présomption d’exploitation des contenus » va en tout cas à rebours de ce qui se passe ailleurs dans le monde. Au Royaume-Uni, une réforme du copyright prévoyait une exception au droit d’auteur pour permettre l’entraînement de modèles IA à des fins commerciales, sans autorisation préalable. Il revenait aux créateurs de s’opposer à l’usage de leurs œuvres. La mobilisation des artistes et de la société civile ont forcé le gouvernement à suspendre temporairement ce projet.

Au niveau de l’Union européenne, le Parlement européen a voté le 11 mars dernier les recommandations du rapport d’Alex Voss sur le droit d’auteur et l’intelligence artificielle générative. Parmi ses propositions : une « présomption réfragable » qui s’appliquerait en cas de manque de transparence sur les données d’entraînement des modèles. La proposition du Sénat vise cependant plus large, puisqu’elle facilite les recours des ayants droit.

Grand ménage de printemps chez Xbox, avec l’arrêt de Copilot sur mobile et consoles

6 mai 2026 à 06:30
Qu'ouïs-je ?
Grand ménage de printemps chez Xbox, avec l’arrêt de Copilot sur mobile et consoles

La nouvelle patronne de la division Xbox met un terme aux développements liés à l’IA dans l’environnement de jeu de Microsoft et annonce le retrait des fonctions Copilot déjà implémentées.

Asha Sharma continue d’imprimer sa marque dans la division Xbox qu’elle dirige depuis le mois de février. Après avoir imposé ses troupes à la direction de ce qui s’appelait auparavant Microsoft Gaming, elle annonce le retrait du Copilot Xbox sur mobile et l’arrêt du développement de Copilot sur les consoles. Un virage pour le moins surprenant, mais dans la droite ligne des changements structurels indispensables selon elle pour permettre à Xbox de rebondir.

La nouvelle boss de Xbox ne s’interdit rien. Asha Sharma, qui bénéficie visiblement d’une grande marge de manœuvre de la part de la direction de Microsoft, a déjà pu baisser les prix de plusieurs formules du Game Pass. Elle a également les coudées franches pour opérer des changements encore plus profonds : la version de Copilot dédiée aux jeux vidéo est « mise en retrait » sur les smartphones. Et le développement de Copilot sur les consoles Xbox est tout simplement arrêté.

Adieu Copilot pour l’app Xbox, on te connaissait à peine.

Il existe trois versions de Copilot pour le jeu vidéo, une initiative présentée en mars de l’année dernière  : pour les PC sous Windows 11 depuis septembre 2025, pour les smartphones dans l’app mobile Xbox depuis novembre, et une déclinaison pour les consoles Xbox Series S/X qui devait sortir courant 2026.

La directrice générale de Xbox ne précise pas le sort qui sera fait au Gaming Copilot de Windows, mais les deux autres versions sont maintenant sur une voie de garage. Le principe est le même pour toutes les moutures  : un bot conversationnel censé aider le joueur qui peut lui poser des questions concernant le gameplay d’un jeu.

La décision d’Asha Sharma a ceci de surprenante qu’elle est un transfuge de CoreAI, la division de Microsoft en charge des plateformes IA de l’éditeur. Mais, comme elle l’a indiqué à plusieurs reprises, tout est sur la table pour redresser Xbox. « Nous ne privilégierons pas l’efficacité à court terme ni n’inonderons notre écosystème de bouillie IA », affirmait-elle lors du passage de témoin avec Phil Spencer. « Xbox doit accélérer, renforcer ses liens avec la communauté et réduire les frictions. Vous nous verrez commencer à retirer les fonctionnalités qui ne correspondent pas à notre direction », a-t-elle ajouté hier.

Le mémo-manifeste « We Are Xbox » publié fin avril confirmait la volonté de réévaluer l’approche de la division sur « les exclusivités […] et l’IA ». On pensait que Copilot, le bébé de Microsoft et fer de lance de la stratégie IA de l’éditeur, allait passer au travers des gouttes, mais non. Asha Sharma a peut-être été guidée par un certain pragmatisme : le nombre d’utilisateurs de ces versions de Copilot pour le jeu est certes secret-defense, mais on peut se risquer à penser que l’engouement n’était pas au rendez-vous.

Quelques heures plus tôt, elle annonçait une vaste réorganisation à la tête de la division en plaçant à des postes-clé des personnes de confiance, venant majoritairement de CoreAI : ingénierie, abonnements, design, développement… « Aujourd’hui, nous avons promu des responsables qui ont contribué à construire Xbox, tout en faisant entrer de nouvelles voix pour nous aider à avancer. Cet équilibre est important pour remettre l’activité sur les rails », explique-t-elle.

Le prochain grand rendez-vous pour Xbox et pour Asha Sharma est d’ores et déjà connu : le showcase Xbox du 7 juin, où il s’agira de fêter comme il se doit les 25 ans de Xbox.

☕️ Les promesses non tenues autour de Siri vont coûter cher à Apple

6 mai 2026 à 05:57


Apple n’en finit pas de payer les errements de son intelligence artificielle. Dévoilée en grande pompe en juin 2024, la version « personnalisée » de Siri n’est toujours pas disponible, deux ans plus tard. Ce qui n’a pas empêché le constructeur d’en faire la promotion dans des spots de pub qui vont lui coûter très cher.

Apple paie les pots cassés d’Apple Intelligence. Un arrangement à l’amiable de 250 millions de dollars a été proposé par le constructeur pour éteindre un recours collectif lancé en Californie l’an dernier. Les plaignants expliquent qu’Apple a fait la promotion de « capacités IA qui n’existaient pas à l’époque, qui n’existent toujours pas, et qui n’existeront pas dans les deux prochaines années ou plus ». 

De la publicité trompeuse donc, qui s’incarnait dans des spots diffusés à la télé américaine après le lancement de la gamme d’iPhone 16, en septembre 2024. On y voyait Bella Ramsey, actrice des séries Game of Thrones et The Last of Us, parler avec une version de Siri aux stéroïdes, capable de croiser des informations provenant de plusieurs apps et d’exploiter le contexte d’utilisation pour répondre aux questions. Apple a d’ailleurs discrètement supprimé une de ces publicités, qui présente un assistant n’existant toujours pas à l’heure actuelle. Heureusement, internet a de la mémoire :

Apple a fini par livrer une grande partie des fonctionnalités IA présentées durant la WWDC 2024. Toutes… sauf ce « Siri 2.0 », faute de modèle IA suffisamment performant pour prendre en charge les nouveautés dédiées à l’assistant. Les reports à répétition ont provoqué une crise en interne, qui a débouché sur une réorganisation de la division IA et le départ de son principal responsable, John Giannandrea.

Si la prudence s’impose, le « Siri personnalisé » devrait finalement apparaitre dans iOS 27. Début janvier, Apple confirmait un accord avec Google pour utiliser les modèles de Gemini pour alimenter ses futures fonctions IA, dont l’assistant.

Quant à la class action, le chèque proposé par Apple doit encore être validé par le juge en charge du dossier. Si l’accord est approuvé, il s’agira d’un des règlements judiciaires les plus importants jamais conclus par l’entreprise. Il ne comporte aucune reconnaissance de faute de la part d’Apple.

[MàJ] Elon Musk est débouté de ses poursuites contre OpenAI

18 mai 2026 à 18:49
Le divorce le plus cher de la tech
[MàJ] Elon Musk est débouté de ses poursuites contre OpenAI

C’est le procès du siècle (même si le siècle est encore jeune) : Elon Musk et OpenAI s’affrontent depuis trois semaines devant le jury d’un tribunal fédéral en Californie. Une bataille à plusieurs (centaines de) milliards de dollars qui mêle rivalités personnelles, gouvernance opaque et visions opposées du futur de l’intelligence artificielle. Ce premier acte se conclut le 18 mai par un échec pour Elon Musk, débouté de l’ensemble de ses poursuites pour prescription.

Dernière mise à jour, mardi 19 mai, 00h45 : au terme de trois semaines de procès, le jury du tribunal d’Oakland a finalement rejeté les différents griefs de la plainte formulée par Elon Musk, qui se voit donc débouté de l’ensemble de ses demandes. Ce n’est pas le fond de l’affaire qui motive cette décision, mais un élément de droit : le jury a considéré à l’unanimité que la plainte de Musk n’était pas recevable dans la mesure où les différentes accusations concernaient des actes couverts par le délai de prescription. Ce verdict de prescription (pas encore mis en ligne au moment de cette publication) a été confirmé par la juge qui présidait aux débats.

Elon Musk a réagi quelques heures après, sur X, maintenant ses allégations sur le fond et indiquant sa volonté d’interjeter appel :

« Concernant l’affaire OpenAI, le juge et le jury ne se sont jamais prononcés sur le fond, mais uniquement sur un vice de procédure. Pour quiconque suit l’affaire de près, il ne fait aucun doute qu’Altman et Brockman se sont enrichis en détournant des fonds d’une organisation caritative. La seule question qui demeure est : quand ? Je vais faire appel devant la Cour d’appel du neuvième circuit, car créer un précédent autorisant le pillage des organisations caritatives est extrêmement préjudiciable à la philanthropie aux États-Unis. OpenAI a été fondée pour le bien de l’humanité entière. »

L’affaire, dont vous pouvez retrouver ci-dessous les principaux enjeux, et les moments les plus intenses compilés jour après jour, aura eu le mérite de lever le voile sur la genèse et les coulisses de l’une des entreprises les plus en vue de la Silicon Valley.

Publication initiale, initiée le 5 mai et régulièrement mise à jour depuis :

Ces deux-là ne partiront pas en vacances ensemble. Elon Musk et Sam Altman, autrefois alliés (ils sont tous les deux dans la liste de la dizaine de cofondateurs d’OpenAI), se jettent la vaisselle virtuelle dans la tête sur les réseaux sociaux depuis des années. Une animosité qui a débouché sur une plainte du premier contre le second il y a deux ans. Le procès, qui s’est ouvert le lundi 27 avril, battra son plein pendant plusieurs semaines.

Yvonne Gonzalez Rogers préside aux débats. Nommée en 2011 par Barack Obama, elle est juge fédérale au tribunal de district du Nord de la Californie. Elle connait bien le petit milieu de la tech, puisqu’elle a arbitré plusieurs dossiers majeurs de la Silicon Valley, en particulier le retentissant procès entre Epic Games et Apple. Très au fait des problématiques technologiques, elle n’hésite jamais à recadrer un témoin, qu’il soit anonyme ou milliardaire.

Pourquoi Elon Musk a-t-il porté plainte contre OpenAI ?

Elon Musk a porté plainte [PDF] contre OpenAI, Sam Altman et Greg Brockman (deux cofondateurs d’OpenAI) ainsi que Microsoft en mars 2024. Des 26 chefs d’accusation avancés par le milliardaire à l’époque, seuls deux subsistent aujourd’hui : l’enrichissement injustifié d’OpenAI, et la violation d’une fiducie caritative.

La forme juridique d’OpenAI est au cœur de la poursuite : l’entreprise, créée en 2015, était à l’origine une organisation à but non lucratif, autrement dit son objectif n’était pas de réaliser des profits. « Cette action en justice vise à contraindre OpenAI à respecter l’accord fondateur et à revenir à sa mission de développer une AGI au bénéfice de l’humanité, et non pour servir les intérêts personnels des défendeurs individuels et de la plus grande entreprise technologique au monde », explique la plainte.

Ces dernières années, Sam Altman a milité ardemment pour que la structure embrasse un modèle à but purement lucratif. Elle a finalement basculé sur une gouvernance hybride, avec une entité commerciale transformée en PBC (Public Benefit Corporation, soit entreprise d’intérêt public) dans laquelle l’organisation à but non lucratif devient actionnaire (à 26 %) avec un droit de contrôle sur la gouvernance et la nomination du conseil d’administration. Microsoft demeure un partenaire de premier plan, et un actionnaire de poids (environ 27 %).

Elon Musk reproche à OpenAI de « maximiser les profits » pour Microsoft, investisseur principal de la startup, alors que la mission de l’entreprise est de garantir que l’intelligence artificielle générale (AGI), autrement dit une IA capable d’accomplir les mêmes tâches qu’un humain, profite à toute l’humanité. Ce qui signifie, entre autres, de publier ses découvertes en open source.

Le plaignant dénonce ainsi les modèles IA fermés d’OpenAI, à l’instar de GPT-4. Lancé en mars 2023, le modèle fait forte impression… mais il rompt aussi avec sa mission d’origine consistant à rendre ses technologies accessibles au public. Un choix du secret motivé principalement par des considérations commerciales, et non par des impératifs de sécurité, déplore la plainte.

Que vient faire Elon Musk dans cette histoire ?

Elon Musk est un des fondateurs d’OpenAI, aux côtés de Sam Altman, Greg Bockman (le président de l’entreprise), ou encore le chercheur Ilya Sutskever. Un total d’1 milliard de dollars est promis par les cofondateurs et leurs financiers, parmi lesquels AWS ou encore un certain Peter Thiel, toujours dans les bons coups. Fin 2021 cependant, le total des financements se montait à seulement 133 millions de dollars.

Elon Musk a injecté 38 millions de dollars dans la startup, de l’argent qui aurait servi des objectifs commerciaux allant à l’encontre de la mission de l’entreprise. « J’ai eu l’idée, trouvé le nom, recruté les personnes clés, leur ai appris tout ce que je sais et fourni l’ensemble du financement initial », a-t-il affirmé durant son témoignage. 

Il a démissionné du conseil d’administration d’OpenAI en 2018, en raison d’un conflit d’intérêt potentiel entre son rôle chez Tesla et le développement de technologies de conduite autonome.

Il a indiqué à la barre qu’il n’était pas complètement opposé à une petite activité commerciale, d’ailleurs une entité à but lucratif a été créée en 2019. Néanmoins, le plaignant estime qu’elle a pris toute la place : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre », a-t-il déclaré. 

À plusieurs reprises pendant son témoignage (et aussi sur X), Musk a accusé Altman et Brockman de s’être enrichis sur le dos de l’organisation à but non lucratif, tout en bénéficiant de l’image positive associée à ce type de structure. L’activité d’OpenAI a explosé fin 2022 avec le lancement de ChatGPT, tandis que Microsoft mettait 13 milliards de dollars sur la table.

Que veut Elon Musk ?

Elon Musk veut contraindre OpenAI à « adhérer [de nouveau] à l’accord fondateur et revenir à sa mission de développer une AGI au bénéfice de l’humanité ». Durant son témoignage au procès, le milliardaire a martelé qu’« on ne peut pas voler une organisation caritative ». Pendant son témoignage, il a demandé à la juge de considérer l’annulation de la restructuration d’OpenAI.

Il veut également qu’OpenAI et Microsoft restituent les gains indûment obtenus – selon lui – grâce à ses contributions initiales. Cela inclut l’augmentation de valeur d’OpenAI et les investissements de Microsoft. Selon l’expert cité dans la plainte, cela représente entre 65,5 et 109,4 milliards de dollars pour OpenAI, et de 13,3 à 25,1 milliards pour Microsoft. Soit potentiellement plus de 130 milliards de dollars dans la fourchette haute, que le plaignant propose de verser à l’entité à but non lucratif d’OpenAI.

Ce n’est pas tout, Elon Musk veut aussi le départ de Sam Altman et de Greg Brockman de leurs fonctions, des dommages-intérêts punitifs, ainsi que d’autres réparations financières durant le procès. Il reviendra au jury d’évaluer les montants pour chaque chef d’accusation.

Quelle est la réponse d’OpenAI ?

La plainte d’Elon Musk est considérée comme une « tentative infondée et motivée par la jalousie pour entraver un concurrent », a expliqué OpenAI sur les réseaux sociaux. « Nous sommes ici parce que M. Musk n’a pas obtenu ce qu’il voulait chez OpenAI », a poursuivi William Savitt, l’avocat d’OpenAI, lors de sa déclaration liminaire du procès.

« Mes clients ont eu l’audace de continuer et de réussir sans lui […] Ce n’est pas un fondement valable pour une action en justice ». Pour OpenAI, la plainte est infondée. Pire encore : Elon Musk n’aurait jamais exprimé l’idée que le labo IA devait rester une organisation strictement à but non lucratif. « Ni même qu’il pensait que cela devait être le cas », a affirmé la défense.

Elon Musk a créé xAI en 2023 pour participer à la course à l’IA générative. Désormais intégré dans SpaceX, le labo IA a été valorisé à hauteur de 250 milliards. Contre 852 milliards pour le rival de prétoire… Par un heureux hasard, SpaceX et OpenAI devraient se lancer en bourse cette année.

Sur quoi va déboucher cette bagarre de cour de récré ?

Bien malin qui saura le dire. Si le jury suit Elon Musk, OpenAI devrait revoir sa structure, impliquant une nouvelle et lourde restructuration de l’entreprise sans trop d’espoir de se lancer en Bourse. Un retour en arrière qui risquerait de fragiliser OpenAI et de lui faire perdre la course à l’IA.

À l’autre bout du spectre judiciaire, un rejet pur et simple de la plainte renforcerait la structure du modèle hybride d’OpenAI, et provoquerait un revers symbolique pour Elon Musk. Et il y a toutes les nuances entre ces deux extrêmes, d’un accord à l’amiable toujours possible à la reconnaissance de certains griefs émis par le milliardaire.

Le procès sera aussi l’occasion de découvrir les coulisses parfois crapuleuses d’une des startups les plus en vue, à quelques mois d’une introduction en bourse très attendue (si elle arrive).

Mardi 28 avril : où l’on apprend qu’Elon Musk est un spéciste pro-humain

Au premier jour de son témoignage, Elon Musk a voulu marteler sa position auprès du jury : « Ce n’est pas acceptable de détourner une organisation caritative ». C’est une cause qui le dépasse, assure-t-il, avant de mettre en garde : s’il devait perdre cette bataille, les États-Unis risqueraient de « perdre toutes leurs organisations caritatives. »

Un discours repris très vite par la juge Yvonne Gonzalez Rogers, qui a expliqué aux jurés que le point de vue d’Elon Musk sur le sujet relevait d’une opinion n’ayant « aucune valeur légale ».

À la barre, le milliardaire a voulu se dépeindre comme altruiste. Une de ses motivations pour fonder et financer OpenAI était sa crainte de voir Google ne pas prendre suffisamment en compte la sécurité, alors que le géant du web s’engageait dans le développement de l’IA. Lors d’une rencontre avec Larry Page, cofondateur du moteur de recherche, la discussion a porté sur les risques que l’IA anéantisse l’humanité. Larry Page aurait alors répondu qu’un tel scénario serait « acceptable » tant que l’IA survivait.

Le commentaire, jugé « délirant » par Elon Musk, aurait valu à ce dernier le qualificatif de « spéciste pro-humain » par Page. Cette discussion aurait donc poussé Musk à créer une entreprise IA pour faire contrepoids aux projets de Google. Les deux hommes ne se parlent plus depuis le débauchage d’Ilya Sutskever par Musk. Ce chercheur IA de Google a aidé à la création d’OpenAI.

William Savitt, l’avocat d’OpenAI, a dépeint un Elon Musk un peu différent et pas réellement intéressé par la startup. Ce dernier venait « une fois de temps en temps » pour donner un conseil et, à l’occasion, « hurlait sur les gens parce qu’ils n’allaient pas assez vite ». Il a également montré que les donations des autres financiers de la jeune startup dépassaient très largement ceux d’Elon Musk.

Quant à la promesse selon laquelle OpenAI resterait une organisation à but non lucratif, le patron de Tesla aurait pris des vessies pour des lanternes. « La seule personne qui affirme avoir entendu ces promesses est M. Musk lui-même », décoche-t-il.

Mercredi 29 avril : où l’on apprend que Tesla aurait pu avaler OpenAI

Elon Musk a caressé un temps la possibilité d’intégrer OpenAI dans Tesla, d’après un courriel glissé dans le dossier de l’affaire. C’était du moins une proposition faite aux fondateurs de la startup IA. 

William Savitt, l’avocat d’OpenAI, en a profité pour corriger le milliardaire qui avait affirmé à la barre que Tesla ne cherchait pas à développer l’intelligence artificielle générale (AGI) : un de ses tweets remontant au mois de mars indique tout le contraire… « Tesla sera l’une des entreprises à créer une intelligence artificielle générale (AGI), et probablement la première à y parvenir sous une forme humanoïde ou capable de manipuler la matière », affirme le message sans équivoque.

Elon Musk a créé xAI en 2023, et même si cette nouvelle entreprise est sur le même secteur qu’OpenAI, il a tenu à en minimiser l’importance. « À ce stade, elle est techniquement concurrente, mais beaucoup plus petite qu’OpenAI », a-t-il indiqué face à son avocat.

Jeudi 30 avril : où l’on apprend qu’Elon Musk voulait transformer OpenAI en société à but lucratif

Jared Birchall, un des plus fidèles collaborateurs d’Elon Musk, est passé à la barre. William Savitt, l’avocat d’OpenAI, l’a interrogé sur un dépôt de documents visant à créer pour OpenAI une société commerciale à mission (« for-profit benefit corporation », PBC) en 2017, sous la direction d’Elon Musk.

C’est un moyen pour la défense de démontrer au jury le double langage de Musk : d’un côté il veut défendre le statut d’organisation caritative d’OpenAI, mais de l’autre il imaginait une structure permettant de réaliser des profits, même si l’entreprise demeurait guidée par une mission plus large d’intérêt public.

Le milliardaire avait cependant botté en touche un peu plus tôt durant le procès. Il a confirmé que ces documents avaient été déposés « au cas où ils seraient nécessaires ». Ça n’a finalement pas été utile. En 2025, OpenAI a bien changé de structure : l’ancienne filiale à but lucratif a été transformée en PBC, mais elle reste contrôlée par OpenAI Foundation, une organisation à but non lucratif.

Autre sujet plus technique abordé ce jour : la distillation. Cette technique d’apprentissage entraîne un modèle plus petit à imiter les réponses d’un modèle plus puissant. Au lieu d’entraîner un modèle uniquement avec des données brutes, il pose des questions à un modèle existant, puis le labo IA utilise les réponses obtenues comme matière d’entraînement.

Les modèles « distillés » de la sorte sont moins coûteux à faire tourner tout en se montrant capables d’atteindre des performances proches des modèles plus avancés. Les entreprises IA états-uniennes reprochent régulièrement à leurs homologues chinoises d’user et d’abuser cette technique pour accélérer le développement de leurs modèles à peu de frais.

Il se trouve que xAI y a eu recours en s’appuyant sur les modèles d’OpenAI, notamment pour entraîner le bot Grok. Elon Musk l’a admis pendant le procès (« oui »), tout en essayant de le nuancer (« en partie ».) Ça n’a rien de très surprenant, sachant que xAI est parti avec des années de retard sur OpenAI. Si le processus de distillation n’est pas explicitement illégal, il peut enfreindre les conditions d’utilisation.

Lundi 4 mai : où l’on apprend qu’Elon Musk a voulu s’arranger à l’amiable deux jours avant le procès

Dans un document déposé dimanche 3 mai, on apprend qu’Elon Musk a envoyé un message texte au président d’OpenAI, Greg Brockman, pour évaluer son intérêt concernant un arrangement à l’amiable. Un message envoyé deux jours avant l’ouverture du procès. Brockman lui a alors proposé que chaque partie laisse tomber ses revendications respectives, ce qui n’a pas semblé satisfaire Musk. 

Ce dernier a ainsi rétorqué : « D’ici la fin de la semaine [dernière, ndlr], toi et Sam serez les hommes les plus détestés d’Amérique. Si vous insistez, ainsi soit-il ». Ça n’est visiblement pas arrivé, mais le procès est loin d’être terminé ! Les avocats d’OpenAI estiment que cette initiative d’Elon Musk « tend à établir l’existence d’un mobile et d’un biais, et en particulier que [sa] motivation […] est d’attaquer un concurrent et ses dirigeants ».

Mardi 5 mai : où l’on apprend que le président d’OpenAI voulait un milliard de dollars

Greg Brockman, le président d’OpenAI, tenait un journal pour noter ses pensées, et comme dans tout journal personnel, les réflexions s’entrechoquent et parfois, se contredisent. Durant son témoignage à la barre, il a dû s’expliquer sur la teneur de certaines entrées qui donnent du poids aux allégations d’enrichissement personnel.

En 2017, il écrivait ainsi : « Financièrement, qu’est-ce qui me permettrait d’atteindre le milliard de dollars ?» Une entrée couchée sur le papier à la même époque de l’ultimatum de Musk : soit il prenait le contrôle d’une branche à but lucratif, soit l’organisation restait une association à but non lucratif. Dans son journal, Brockman évoquait aussi l’idée de transformer OpenAI en entreprise commerciale, en écrivant notamment que « gagner de l’argent pour nous semble formidable ».

Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, a demandé à Brockman si sa principale motivation était de devenir milliardaire, plutôt que de financer l’organisation à but non lucratif. Il l’a même comparé à un moment à un « braqueur de banque »… Le dirigeant a affirmé que la mission d’OpenAI (« servir l’humanité ») a toujours été sa motivation principale. Une compensation « juste » pour son travail en tant que fondateur était bien une considération, mais elle était secondaire.

Malgré tout, la participation de Greg Brockman dans OpenAI est aujourd’hui estimée à 30 milliards de dollars — il est donc bel et bien devenu milliardaire ! Et il n’a pas l’intention de « rendre » 29 de ces milliards à l’organisation caritative d’OpenAI, en expliquant avoir reçu cette participation avant l’explosion de la valorisation de l’entreprise. Il a également souligné avoir contribué à la construction de l’organisation à but non lucratif « la mieux financée du monde ».

Ailleurs dans son journal, le président d’OpenAI écrit qu’il serait « mal » de voler à Elon Musk l’organisation à but non lucratif, « ce serait moralement condamnable ». « Je ne vois pas comment nous pourrions transformer ça en entreprise à but lucratif sans une très sale bataille » si Musk en était écarté, indique-t-il aussi. On est là au cœur du procès.

À la barre, Brockman a tenu à recontextualiser ses propos. Ses réflexions concernaient uniquement le scénario dans lequel Musk aurait été évincé du conseil d’administration d’OpenAI par un vote, ce qui n’est jamais arrivé puisque le patron de Tesla a décidé de quitter la startup de son propre chef, en 2018. Il a également rappelé que l’immense majorité de la valeur actuelle d’OpenAI a été créée après le départ de Musk.

Greg Brockman doute aussi des capacités d’Elon Musk dans le domaine de l’IA générative. Lors de la présentation d’un prototype de ChatGPT, il n’aurait pas su reconnaitre l’importance du chatbot à tel point que l’ingénieur venu faire la démonstration a failli quitter le secteur de l’IA ! Brockman convient que Musk possède une expertise dans les fusées et les voitures électriques, mais « il ne connaissait pas l’IA, et je pense qu’il ne la connait toujours pas ».

Mercredi 6 mai : où l’on apprend que Sam Altman prend des arrangements avec la vérité

Sam Altman est-il franc du collier ? La question a été débattue (certes pas dans ces termes exacts…) durant le procès opposant Elon Musk au CEO d’OpenAI. Mira Murati, l’ancienne directrice technique de la startup, a témoigné en vidéo et sous serment que Sam Altman lui avait menti au sujet de la sûreté d’un modèle IA. Le service juridique de l’entreprise avait déterminé qu’il n’était pas nécessaire de faire examiner ce modèle par le comité en charge de la sécurité, aurait affirmé le patron d’OpenAI.

Mira Murati a déclaré dans sa déposition que Sam Altman n’avait pas dit la vérité sur ce dossier. Elle a voulu en avoir le cœur net auprès du directeur juridique Jason Kwon, qui est depuis devenu directeur de la stratégie : « J’ai confirmé que ce que disait Jason et ce que disait Sam n’étaient pas la même chose. ». Le modèle en question a fini par passer sous la loupe du comité de sécurité, sur sa demande.

« Je demandais à Sam de diriger, de le faire avec clarté, et de ne pas saboter ma capacité à faire mon travail », a-t-elle expliqué. Murati n’est pas la première à pointer du doigt les contradictions et les zones grises de Sam Altman ; plusieurs témoignages ont déjà dépeint le rapport très particulier avec la vérité du fondateur et directeur général d’OpenAI.

Le conseil d’administration d’OpenAI lui-même n’était pas convaincu par la sincérité de Sam Altman : c’est une des raisons pour lesquelles il a été éjecté de son poste fin 2023, remplacé par… Mira Murati. Qui a pourtant signé une pétition réclamant le retour du patron viré aux commandes de l’entreprise, la seule manière de « stabiliser » OpenAI, rapporte-elle.

Shivon Zilis, ancienne membre du conseil d’administration d’OpenAI, est aussi passée à la barre : de 2017 à 2023, elle a participé aux discussions sur les différentes formes que pouvait prendre OpenAI. Son témoignage était d’autant plus important qu’elle est aussi la compagne d’Elon Musk, et la mère de quatre de ses enfants (il en a douze en tout).

Zilis a quitté le board en 2023 après la création de xAI. Il n’était « pas approprié » de rester en poste alors que le milliardaire lançait une entreprise concurrente et recrutait chez OpenAI, a-t-elle expliqué. « Quand le père de vos enfants lance un projet concurrent et commence à recruter chez OpenAI, il n’y a plus rien à faire », a-t-elle écrit à l’époque dans un message cité au tribunal. Elle a affirmé que sa relation avec Musk n’avait pas influencé son travail au conseil d’administration : « [j’avais] une allégeance au meilleur résultat possible : une IA au service de l’humanité ».

La question d’un rapprochement avec Tesla s’est posée au début de l’aventure OpenAI afin de créer un labo de recherche sur l’AGI. Ça n’a évidemment débouché sur rien. En décembre 2017, Greg Brockman et Ilya Sutskever ont repoussé la proposition, selon Zilis. Elle a regretté que ces deux fondateurs n’aient pas voulu d’une telle opération : « Ils ne voyaient pas l’intérêt stratégique qu’il y avait à intégrer cette technologie dans Tesla […] Ils ne sont pas dans une logique de calculs ».

Dans le cadre de la transformation d’OpenAI en labo IA de Tesla, Elon Musk avait envisagé de proposer à Sam Altman un poste au conseil d’administration du constructeur automobile. Des échanges internes versés au dossier confirment que le milliardaire avait l’intention de faire entrer Altman dans l’orbite de Tesla ; plusieurs scénarios ont été envisagés, dont ce poste au board, ainsi qu’un rôle de directeur du labo interne.

Interrogée par les avocats d’OpenAI, Shivon Zilis a dit ne pas se souvenir de conditions imposées par Musk concernant les dons à l’organisation, ou encore de documents garantissant qu’OpenAI resterait à but non lucratif ou open source — une déclaration qui infirme les accusations d’Elon Musk. Elle a également estimé qu’un courriel de Sam Altman, dans lequel il disait son enthousiasme pour une structure à but non lucratif, ne constituait pas une promesse formelle.

Lundi 11 mai : où l’on apprend que Microsoft ne veut pas devenir IBM

Le témoignage ce lundi de Satya Nadella était particulièrement attendu. Le CEO de Microsoft a expliqué les liens entre son entreprise et OpenAI, qui vont bien au-delà du simple soutien à une startup : l’éditeur de Windows a investi 1 milliard de dollars en 2019, puis 2 milliards en 2021, et enfin 10 milliards en 2023. Beaucoup d’argent donc, ce qui a contribué à la transformation d’OpenAI en mastodonte du secteur, valorisé à 850 milliards de dollars.

Interrogé par Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, le dirigeant a convenu que l’investissement de Microsoft avait été une très bonne affaire. Mais « parce que nous avons été les seuls à prendre le risque ». Les relations avec OpenAI ont été tumultueuses, avant d’aboutir à un accord qui donne à Microsoft 27 % du capital de la startup. Une participation estimée à un peu plus de 200 milliards de dollars aujourd’hui.

Le directeur général de Microsoft a affirmé à la barre qu’Elon Musk n’a jamais évoqué ses préoccupations concernant l’investissement du géant logiciel dans OpenAI, qui aurait pu être en infraction avec des engagements caritatifs de la startup. Elon Musk a expliqué la semaine dernière que les 10 milliards mis sur la table par Microsoft en 2023 ont constitué le point de bascule : l’ampleur de la somme le préoccupait, « j’étais inquiet à l’idée qu’ils essaient en réalité de détourner l’organisation à but non lucratif ».

Pour Nadella, ces investissements successifs n’ont jamais été interprétés comme des dons. Dès le départ de la relation entre les deux entreprises, il était clair dans son esprit qu’il s’agissait d’un partenariat marketing puis franchement commercial.

Dès 2016, Microsoft avait proposé à OpenAI un accès à ses capacités de calcul à prix cassé. Mais en 2018, alors que les factures commençaient à s’empiler, « nous n’étions plus à l’aise avec l’idée de considérer cela comme une dépense marketing », a expliqué Nadella. C’est à cette époque que la relation entre Microsoft et OpenAI est devenue plus sérieuse.

En 2022, avant ce fameux investissement de 10 milliards, Satya Nadella a demandé aux dirigeants de Microsoft des solutions pour « poursuivre le partenariat » d’une façon qui soit favorable à l’éditeur. « Je ne veux pas que Microsoft soit IBM et qu’OpenAI devienne Microsoft », écrivait le dirigeant dans son courriel. En 1980, IBM signait un accord non exclusif pour distribuer DOS sur ses PC ; Microsoft a pu commercialiser en parallèle son système d’exploitation à de nombreux autres constructeurs, ce qui lui a permis de devenir le pivot logiciel du marché de l’ordinateur personnel.

Au bout du compte, Microsoft est devenue bien plus importante qu’IBM. Et Nadella ne voulait pas que l’histoire se répète à front renversé.

Satya Nadella est revenu sur le congédiement surprise de Sam Altman en novembre 2023, avant qu’il retrouve son poste quelques jours plus tard. « De l’amateurisme total », a cinglé le patron de Microsoft en parlant du conseil d’administration d’OpenAI à l’origine de ce pataquès.

Le board avait justifié l’éviction de Sam Altman par son manque de transparence, ce qui peut constituer un motif valable de licenciement d’un directeur général, mais « cela ne suffisait pas, parce qu’il s’agit du directeur général d’une entreprise dans laquelle nous avons investi et avec laquelle nous entretenons un partenariat très étroit. J’estimais donc qu’ils auraient dû m’expliquer quels étaient les incidents ou les éléments précis derrière cette décision ».

Le CEO de Microsoft tenait à avoir l’heure juste, mais « chaque fois que je demandais précisément pourquoi Sam avait été licencié, [le conseil] ne me donnait jamais de réponse claire ».

De l’amateurisme chez le conseil d’administration, c’est aussi ce qui ressort du témoignage d’Ilya Sutskever, transfuge de Google et cofondateur d’OpenAI. Membre du board en 2023, il s’interrogeait aussi sur le comportement d’Altman. « Le processus [d’éviction] semblait précipité. Ce groupe d’administrateurs n’était pas très expérimenté dans ce genre de situation… et ils ont également reçu des conseils juridiques qui n’étaient pas très bons. »

Ilya Sutskever a aussi dit son peu d’enthousiasme concernant l’hypothèse d’un rapprochement avec Anthropic, ce qui aurait « tué un rêve », a-t-il indiqué. Le chercheur a finalement aidé au retour de Sam Altman aux commandes, avant de quitter OpenAI en 2024. Sa participation personnelle se monte à 7 milliards de dollars.

Mardi 12 mai : où l’on apprend que Sam Altman voulait devenir gouverneur de Californie

Le témoignage le plus attendu de cette semaine de procès était celui de Sam Altman. Le contre-interrogatoire mené par Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, a été l’occasion d’une passe d’armes visant à dépeindre le cofondateur et directeur général d’OpenAI comme un menteur. « Êtes-vous totalement digne de confiance ? », a-t-il demandé de but en blanc.

« Je le pense », a répondu Altman, ce à quoi l’avocat a répliqué : « Vous ne savez pas si vous êtes totalement digne de confiance ? ». Dos au mur, le dirigeant a alors déclaré : « Je vais simplement modifier ma réponse en oui. ». Il a ajouté : « Je pense être un dirigeant honnête et digne de confiance ». L’enjeu est d’importance, car la duplicité supposée de Sam Altman est au cœur de la plainte d’Elon Musk.

En 2022, Elon Musk a écrit à Sam Altman suite à la publication d’un article du New Yorker annonçant l’intention de Microsoft d’injecter 10 milliards de dollars dans OpenAI. Le patron de Tesla laissait entendre que son argent investi dans la startup (38 millions de dollars en tout) s’était transformé en jackpot financier : il avait en effet permis d’attirer les milliards de Microsoft. « [Elon Musk] dit en substance que vous avez détourné une œuvre caritative, n’est-ce pas ? », a lancé Molo. « Ce n’est pas ce qu’il me semble dire », a répondu Altman.

Plus tard dans l’échange entre les deux dirigeants, un Altman manifestement gêné aux entournures (« Je suis d’accord, ça donne une mauvaise impression ») a proposé à Musk des parts dans OpenAI, ce que l’avocat traduit par un pot-de-vin. « Je rejette totalement cette interprétation », a affirmé Altman à la barre.

Sam Altman a aussi expliqué aux jurés comment Elon Musk avait demandé le « contrôle total » d’OpenAI à l’époque où il faisait encore partie de la direction de l’entreprise, « un moment particulièrement éprouvant ». Altman lui a alors posé une question : « Si tu as le contrôle, que se passe-t-il à ta mort ? ». Ce à quoi Musk a répondu qu’il n’y avait pas vraiment réfléchi, mais « peut-être que le contrôle pourrait simplement être transmis à mes enfants ». Une réponse qui a mis Altman mal à l’aise.

Ce dernier ne voulait pas qu’une seule personne puisse contrôler OpenAI. « L’une des raisons pour lesquelles nous avons créé OpenAI était précisément parce que nous pensions qu’une AGI ne devrait pas être sous le contrôle d’une seule personne, quelles que soient ses bonnes intentions », a-t-il expliqué à la barre. Elon Musk avait aussi assuré qu’il « abandonnerait ce contrôle plus tard », mais Altman n’y croyait pas — l’idée de « léguer » OpenAI à sa progéniture donnait effectivement peu d’espoir sur un lâcher prise.

« J’ai appris que, surtout lorsqu’une entreprise allait bien, les fondateurs ou les personnes qui détenaient le contrôle n’y renonçaient généralement pas », a témoigné Altman, ajoutant qu’« ils pouvaient conserver ce contrôle pour toujours ». Et lorsque Musk a avancé l’idée d’une intégration dans Tesla, Sam Altman s’est montré suspicieux : Tesla est un constructeur automobile, « qui n’a pas la mission d’OpenAI ».

Elon Musk tentait de débaucher des employés d’OpenAI pour renforcer les équipes de Tesla en charge de l’IA. « Ça m’agaçait », a indiqué Sam Altman devant le jury. Le milliardaire a quitté le conseil d’administration d’OpenAI début 2018. Au grand soulagement des équipes, visiblement : le style de management d’Elon Musk était mal vécu en interne, c’était « mauvais pour le moral » des troupes, a expliqué Altman.

Sur un registre plus léger, Sam Altman a également expliqué avoir caressé l’idée de se présenter aux élections pour devenir gouverneur de l’État de Californie ! Dans un courriel remontant à septembre 2017, il fait part de ses « objectifs politiques » qui étaient effectivement de se présenter au poste de gouverneur. Ça n’est jamais allé plus loin.

Dernière mise à jour, 13/05 à 16h00. Publication initiale le 5/05

☕️ L’IA de Meta scrute profils et photos pour estimer l’âge des utilisateurs

5 mai 2026 à 15:29


Les moins de 13 ans ne peuvent officiellement pas créer de compte sur Instagram ou sur Facebook… même s’il est relativement facile de tromper le processus d’inscription. C’est pourquoi Meta a mis en place des mécanismes de vérification pour supprimer ces comptes, et les met à jour régulièrement. Pour repérer les petits malins, de nouveaux outils IA ont été développés pour analyser le contenu des profils.

L’IA peut analyser les publications, les commentaires, la biographie ou les légendes des photos à la recherche d’indices contextuels (anniversaires, mentions scolaires…). Le compte peut être désactivé en cas de doute, tandis que l’utilisateur doit prouver son âge. Meta annonce aussi un nouvel outil d’analyse visuelle des photos et vidéos, ce qui lui permet d’estimer l’âge à partir de la morphologie et de la taille de l’utilisateur. Ces données sont croisées avec des signaux textuels et comportementaux.

Meta l’assure : il ne s’agit pas de reconnaissance faciale, l’outil « n’identifie pas la personne précise présente sur l’image ». La reconnaissance faciale est pourtant en place dans Instagram depuis 2023. Cette analyse visuelle n’a été activée que dans une poignée de pays, un déploiement plus large est cependant dans les tuyaux. 

Image : Meta

En revanche, Meta a confirmé le lancement dans l’Union européenne de la technologie IA qui lui permet de basculer des comptes adultes vers des profils ados, avec toutes les restrictions de contenus que cela implique. Lancée en 2025, elle tente de déterminer si un compte est géré par un adolescent enregistré comme adulte. 

Il s’agit d’un modèle IA s’appuyant sur plusieurs signaux : infos de profil, interactions avec des contenus ou d’autres profils, comportements typiques selon l’âge. Mis à jour et ré-entrainé régulièrement, il est comparé en continu à un jeu de données d’évaluation de référence alimenté par des équipes humaines qui examinent les contenus anonymisés et les classent selon l’âge probable de leur auteur. 

Le modèle a d’abord été lancé aux États-Unis, il se déploie désormais de pays en pays. L’UE y a désormais droit dans Instagram, puis dans Facebook en juin.

Enfin, Meta rappelle qu’elle ne peut pas faire tout, toute seule. L’entreprise milite pour que la vérification de l’âge soit réalisée par les boutiques d’apps, donc par Apple et par Google. « Exiger une autorisation parentale et une vérification de l’âge au niveau de l’App Store ou du système d’exploitation offre un point centralisé, cohérent et respectueux de la vie privée pour garantir l’âge, plutôt que d’imposer à chaque application de se conformer à des règles différentes », explique le groupe. Plusieurs États américains imposent déjà cette vérification.

Xbox a toujours la tête sous l’eau

5 mai 2026 à 06:48
Ça sent le game over
Xbox a toujours la tête sous l’eau

Il faut toucher le fond avant de remonter à la surface, mais Xbox est toujours en train de creuser. Les derniers résultats trimestriels de Microsoft confirment, s’il en était besoin, que la division jeux vidéo du groupe ne se porte pas très bien, que ce soit pour les logiciels, les services, ou les consoles.

Aucune entreprise n’aime voir des comptes dans le rouge comme c’est le cas de la division Xbox. Au troisième trimestre fiscal de Microsoft, qui correspond aux trois premiers mois de l’année, cette activité a enregistré une baisse des ventes de 5 % pour ses contenus et services et de 33 % pour le matériel (consoles et périphériques) par rapport au même trimestre fiscal de l’an dernier.

Des consoles en voie de disparition

Ce faisant, Xbox a contribué au recul du chiffre d’affaires sur le trimestre (13,2 milliards de dollars,- 1 %) de la division « More Personal Computing », qui comprend également Windows et la publicité. Les ventes de licences Windows et des appareils ont baissé de 2 %, la publicité en ligne affiche une croissance de 12 % (en excluant les coûts d’acquisition du trafic). Cette division reste cependant rentable avec des revenus d’exploitation de 146 millions de dollars.

Autrement dit : pour Xbox, ce n’est pas un trimestre glorieux. « Nous savons qu’il nous reste du travail pour convaincre chaque joueur, aujourd’hui comme à l’avenir », a admis Asha Sharma, directrice générale de Xbox. Il faut dire que la division est plongée dans une spirale infernale depuis des années. Durant ce troisième trimestre fiscal, l’activité Jeux a globalement reculé de 7 % (- 380 millions de dollars), le gros de la chute venant du hardware et plus spécifiquement des ventes des consoles en chute libre.


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