Vue normale

Bugatti change de mains : Porsche se retire totalement

29 avril 2026 à 11:01

Porsche a signé un accord pour céder l’intégralité de ses participations dans Bugatti Rimac et Rimac Group. Cette opération marque un changement d’actionnariat majeur pour la coentreprise. Elle doit encore obtenir les autorisations réglementaires et pourrait être finalisée d’ici fin 2026.

Une sortie complète du capital

Le 24 avril, Porsche a conclu un accord avec un consortium dirigé par la société d’investissement new-yorkaise HOF Capital. Cette opération prévoit la vente de toutes ses participations dans Bugatti Rimac et dans Rimac Group.

Dans le détail, Porsche détenait jusqu’ici 45 % de la coentreprise Bugatti Rimac, créée en 2021, tandis que Rimac Group en possédait 55 %. Le constructeur allemand détenait également 20,6 % du capital de Rimac Group.

Avec cette transaction, Porsche se désengage totalement des deux entités. Bugatti Rimac est la coentreprise créée pour présider à la destinée de Bugatti.

Un nouveau tour de table pour Rimac

Le consortium acquéreur est mené par HOF Capital, avec BlueFive Capital (Abu Dhabi) comme principal investisseur, accompagné de plusieurs investisseurs institutionnels basés aux États-Unis et en Europe.

À l’issue de l’opération, Rimac Group doit prendre totalement le contrôle de Bugatti Rimac. Un partenariat stratégique est également prévu entre Rimac, HOF Capital et BlueFive Capital pour accompagner le développement de l’entreprise.

HOF Capital deviendra par ailleurs le principal actionnaire de Rimac Group aux côtés de Mate Rimac, fondateur de Rimac et dirigeant de Bugatti Rimac.

Finalisation attendue d’ici 2026

La transaction reste soumise à des conditions habituelles, notamment l’obtention des autorisations réglementaires. Sa finalisation est envisagée avant la fin de l’année 2026.

Les termes financiers de l’accord n’ont pas été rendus publics. Toutefois, Bloomberg évoque une transaction à un milliard d’euros.

Porsche recentre ses activités

Avec cette cession, Porsche indique vouloir se concentrer sur ses activités principales. Le groupe souligne avoir contribué au développement de Rimac et à la création de la coentreprise Bugatti Rimac depuis 2021. Cela permet également à la marque de dégager de la trésorerie pour soutenir ses investissements dans le VE.

De son côté, Rimac met en avant une nouvelle structure actionnariale destinée à soutenir ses ambitions à long terme, avec l’arrivée de nouveaux partenaires financiers.

Pour Bugatti, cela ne devrait pas changer grand-chose si ce n’est que n’ayant plus de lien avec un grand groupe automobile, il redevient un « artisan » avec toutes les libertés concernant les motorisations par exemple.

Il n’empêche que c’est un nouveau virage pour Bugatti. Rachetée et relancée en 1998 par Volkswagen et Ferdinand Piëch, Bugatti a vu Porsche monter peu à peu au capital, avant de sortir le constructeur dans une co-entreprise (joint venture) Bugatti Rimac. C’est cette joint venture dont Porsche se débarrasse aujourd’hui.

Rimac devrait désormais négocier avec les investisseurs pour la croissance de Bugatti.

L’article Bugatti change de mains : Porsche se retire totalement est apparu en premier sur Le Blog Auto.

Le vrai prix des aides aux voitures électriques dévoilé

8 avril 2026 à 12:43

Derrière un bonus écologique de quelques milliers d’euros, le coût réel pour les finances publiques est bien plus élevé. Selon un rapport récent de la Cour des comptes, chaque voiture électrique effectivement « déclenchée » par les aides représenterait près de 18 000 € d’argent public !

Un coût bien supérieur au bonus affiché

Sur le papier, les aides à l’achat d’une voiture électrique semblent relativement limitées. Le bonus électrique varie généralement entre 3 000 et 7 000 euros selon les revenus et les conditions d’éligibilité et les années. En 2026, la prime peut monter à 5 700 € pour les ménages les plus précaires avec un bonus jusqu’à 2 000 € pour les batteries fabriquées en Europe.

Mais en réalité, le coût pour l’État est tout autre. En analysant les données, la Cour des comptes estime qu’en 2021, environ 1,023 milliard d’euros ont été dépensés pour générer 56 000 ventes réellement attribuables au bonus. Soit un coût moyen de près de 17 800 euros par véhicule.

Un écart considérable, qui s’explique par le fonctionnement même de ces aides. Un système « shadokien » très français.

Pourquoi un tel décalage ?

Ce chiffre ne correspond pas à l’aide versée à chaque acheteur, mais au coût réel pour provoquer une vente supplémentaire. Plusieurs facteurs expliquent cet écart.

D’abord, un effet d’aubaine important : une partie des ménages auraient acheté une voiture électrique même sans aide. L’État subventionne donc aussi des décisions déjà prises.

Ensuite, un ciblage imparfait. Malgré un recentrage sur les ménages modestes, une part significative des aides bénéficie encore à des acheteurs plus aisés. N’oublions pas que la prime est valable jusqu’à des prix de 47 000 € à l’achat.

Enfin, la complexité et l’instabilité des dispositifs jouent un rôle. Les règles changent régulièrement, ce qui nuit à leur lisibilité et à leur efficacité globale. Là encore, rien que de très français.

Des milliards d’euros engagés

Sur la période 2018-2024, les aides à l’achat de véhicules (bonus écologique, prime à la conversion, leasing social) ont représenté plus de 9 milliards d’euros de dépenses publiques.

Au total, près de 2,4 millions de bénéficiaires ont été aidés, pour un montant moyen de quelques milliers d’euros par dossier. Mais là encore, ce chiffre ne reflète pas le coût réel de l’impact des aides sur les ventes selon la Cour des Comptes.

Des aides malgré tout jugées nécessaires

Pour autant, ces dispositifs ne sont pas sans effets. Ils ont contribué à accélérer la diffusion des véhicules électriques et à réduire les émissions de CO₂ des voitures neuves.

Ils répondent aussi à un objectif industriel et social : soutenir la filière automobile française et faciliter l’accès à des véhicules moins polluants pour les ménages. En mettant un « score environnemental » puis une prime sur une batterie européenne, l’Etat tente, avec des moyens légaux, d’exclure les constructeurs chinois par exemple.

Une question de ciblage pour l’avenir

Reste que leur efficacité interroge. Faut-il continuer à mobiliser de tels montants pour un impact limité sur les ventes ? Ou mieux cibler les aides pour en améliorer le rendement ?

Dans un contexte de finances publiques sous tension, la question du « vrai prix » des politiques de soutien à la voiture électrique pourrait rapidement s’imposer dans le débat public.

Pour lire le rapport de la Cour des Comptes.

L’article Le vrai prix des aides aux voitures électriques dévoilé est apparu en premier sur Le Blog Auto.

❌