Vue normale

Sommet Africa Forward : une opportunité française

11 mai 2026 à 19:20

C’est maintenant ou jamais. Après 30 ans de stagnation française, 20 ans d’offensive chinoise et 10 ans de propagande russe, la France peut et doit retrouver une place en Afrique. Non plus comme puissance tutélaire, ni dans la repentance permanente, mais comme un vrai partenaire.

Le sommet Africa Forward de Nairobi, qui s’achève aujourd’hui, a réuni la France, le Kenya, des chefs d’État africains, des entreprises, des investisseurs et des acteurs de la société civile. Avec pour objectif de refonder les partenariats entre notre pays et le continent africain autour de l’innovation et de la croissance. C’est la première manifestation de ce type accueillie et coprésidée avec un pays anglophone et elle a suscité de grands espoirs, nous encourageant, par-delà la diplomatie, à prouver que nous pouvons changer de logiciel économique dans nos relations bilatérales. Une mutation souhaitable, tant les opportunités sont nombreuses avec le partenaire africain.

Car le continent n’est plus un espace d’influence hérité dans le souvenir de la fameuse Françafrique de triste mémoire, mais un ensemble de marchés épris de souveraineté, où s’expriment de nombreux besoins dans le cadre d’une concurrence acharnée. Le FMI estime d’ailleurs que l’Afrique subsaharienne a connu en 2025 sa croissance la plus rapide en dix ans (autour de 4,5 %). Bien que toujours fragilisée par la dette, les tensions sur les financements et le coût de l’énergie, elle continue d’avancer. Reste à savoir si la France cheminera avec elle ou si elle regardera d’autres puissances saisir les opportunités de demain à sa place.

Il y a urgence. Les relations politiques se sont durcies dans une partie du continent, notamment à l’Ouest, où le recul militaire français est devenu le signe le plus visible d’une perte d’influence. Or, l’Afrique est l’un des rares espaces où nos intérêts peuvent rencontrer des besoins considérables en infrastructures, énergie, santé, agroalimentaire, formation, numérique et industrie. Non plus dans une logique colonialiste, mais dans l’affirmation d’un partenariat respectant la souveraineté des États locaux.

Les chiffres soulignent pourtant l’écart entre potentiel et réalité. En 2024, les échanges France-Afrique subsaharienne n’ont atteint que 24,1 milliards d’euros (dont 11 milliards d’exportations), un montant modeste au regard des besoins du continent. En 2023, nous n’étions plus que le 8ᵉ fournisseur avec 3,2 % de parts de marché, loin derrière la Chine (17,3 %). Pékin l’a bien compris : son commerce avec l’Afrique a atteint un record de 295 milliards de dollars en 2024, pour la 16ᵉ année consécutive en position de premier partenaire. Son modèle, bien que critiqué pour sa prédation et sa dépendance, allie entreprises, financements, infrastructures, diplomatie et exécution rapide.

Cette puissance chinoise, il faut le rappeler, se déploie sur un continent qui demeure un espace de conquête, notamment à travers la guerre informationnelle qui y fait rage, et dans laquelle la France subit de plein fouet les attaques et les campagnes de désinformation de Pékin, mais également de Moscou. De fait, le groupe Wagner, bien connu pour ses opérations aux méthodes indéfendables, s’est également spécialisé dans la guerre hybride, partiellement responsable de la rupture de certains pays africains avec la France. Avec pour arguments, souvent émaillés de fake news, un franc CFA présenté comme un outil de domination prédatrice, des entreprises françaises accusées de s’enrichir sur le dos des travailleurs africains, ou encore des diplomates décrits comme de simples agents d’une colonisation qui se serait poursuivie insidieusement. Une stratégie russo-chinoise qui s’est répandue comme une traînée de poudre auprès de nombreux gouvernements et de certaines opinions publiques africaines, notamment dans la zone sahélienne. De quoi mettre bien des bâtons dans les roues des ambitions tricolores. D’où l’importance de profiter du sommet pour développer une contre-offensive audacieuse permettant d’instaurer un partenariat sain, lucide et débarrassé des ressentiments accumulés depuis la colonisation.

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L’enjeu est d’autant plus stratégique que le marché africain est en train de changer de nature avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), rejointe par 54 des 55 pays de l’Union africaine. La France a donc besoin de voir se réduire les barrières commerciales, d’espérer la simplification des procédures douanières et de faire émerger des chaînes de valeur régionales. La Banque mondiale estime que cette zone pourrait permettre d’augmenter le revenu réel du continent de 7 % d’ici 2035, soit de près de 450 milliards de dollars, et sortir 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté. D’où la nécessité pour les entreprises françaises de se positionner tôt dans un espace continental en voie d’intégration pour bâtir un nouveau partenariat plus fiable, moins opaque, moins extractif, davantage tourné vers la valeur ajoutée locale. D’autant que dans l’énergie, les infrastructures, la santé, l’agroalimentaire, les télécommunications, l’intelligence artificielle ou l’industrialisation, les besoins africains croisent directement les savoir-faire français. Le programme d’Africa Forward s’appuie notamment sur ces sujets. Encore faut-il transformer ces thèmes en contrats et en débouchés concrets pour nos entreprises.

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La France dispose encore d’atouts. Selon la Direction générale du Trésor, en 2022, elle restait le deuxième pays investisseur en Afrique, avec 38,9 milliards d’euros de stock d’IDE, 2 440 filiales d’entreprises françaises et 235 000 emplois directs sur le continent. Mais cela ne suffit pas pour construire une stratégie de long terme efficace et, surtout, viable.

Nairobi doit donc accoucher d’une doctrine simple : faire de l’Afrique non plus un sujet diplomatique, mais une priorité productive. Cela suppose de mobiliser davantage les PME et ETI françaises, de sécuriser les financements et de construire des consortiums franco-africains.

Cette approche serait bénéfique pour toutes les parties. Nos entreprises cherchent des relais de croissance hors d’Europe. Nos filières industrielles ont besoin de volumes, de marchés et de projets exportables. Nos ingénieurs, nos énergéticiens, nos groupes de santé, nos logisticiens, nos entreprises agroalimentaires, nos acteurs du numérique disposent de compétences directement utiles au développement africain. Mais cette interdépendance vaut également dans l’autre sens : la France et l’Europe auront de plus en plus besoin des matières premières critiques du continent africain, qu’il s’agisse des minerais stratégiques nécessaires à la transition énergétique, aux batteries, aux infrastructures électriques ou encore de la bauxite guinéenne, indispensable aux chaînes de valeur de l’aluminium. La bonne stratégie n’est donc pas de vendre à l’Afrique comme à un simple débouché, ni de considérer ses ressources comme un seul réservoir extractif, mais de la considérer comme un partenaire dont la puissance est respectée. C’est ainsi que la France évitera à la fois le procès en verticalité et le déclassement économique. Nous avons besoin l’un de l’autre, dans l’espoir que le sommet Africa Forward marquera le début de cette nouvelle ère.

En somme, l’Afrique n’attendra pas la France. Elle arbitrera entre des offres chinoises, indiennes, américaines, européennes ou en provenance du Golfe. Elle choisira celles qui financent vite, exécutent bien et respectent ses priorités. Le sommet Africa Forward portera bien son nom s’il permet à la France de comprendre cette évidence. L’avenir de sa relation au continent se jouera moins par de pompeux discours historiques que dans la qualité des projets bâtis avec les entreprises, les États et les sociétés africaines. Le temps de l’influence automatique est terminé. Celui de l’investissement stratégique commence.

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« En restant sur l’international, il peut éviter le goudron et les plumes » : à un an de la fin de son mandat, Emmanuel Macron hanté par son héritage politique

DÉCRYPTAGE - Alors que son second quinquennat doit se terminer le soir du 13 mai 2027, le président tente déjà de valoriser son bilan malgré son impopularité.

© LUDOVIC MARIN / via REUTERS 

Parmi les événements notables encore à venir dans l’agenda d’Emmanuel Macron : l’entrée au Panthéon de l’historien et résistant Marc Bloch, le 23 juin, et la première journée de commémoration en l’honneur d’Alfred Dreyfus, le 12 juillet.

Après avoir imposé l’USB-C à tout le monde, l’Europe envoie des accessoires… Lightning

11 mai 2026 à 09:05

Fervent défenseur du « chargeur universel » et de la connectique USB-C, la Commission européenne a envoyé à des journalistes et influenceurs un kit « microphone cravate sans-fil » qui se branche en Lightning. Difficile d'y voir autre chose qu'une erreur du service de communication, mais l'anecdote fait évidemment rire.

PS : Vallaud propose «des rencontres de la gauche plurielle», Faure veut un «candidat commun»

Olivier Faure a appelé lundi les socialistes «à avancer d’un même pas», jugeant que «le congrès permanent, ce n’est pas possible» après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d’opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

© François BOUCHON / Le Figaro

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Emmanuel Grégoire au Figaro : « Mon plan pour un “droit au beau” dans tous les quartiers de Paris »

EXCLUSIF - Le nouveau maire PS de la capitale dévoile ses « cinq priorités » pour « l’entretien, l’amélioration et la transformation de l’espace public ».

© François Bouchon / Le Figaro

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À Reims, Édouard Philippe défend la « raison » face aux « idées dangereuses » du RN et de LFI

REPORTAGE - Le chef d’Horizons a attaqué les « changements de pied » du parti lepéniste et dévoilé son dispositif de campagne.

© Tom Nicholson / REUTERS

Édouard Philippe au Palais des congrès de Reims, devant les cadres de son parti, le 10 mai 2026.

Ex-numéro deux d’Horizons, les vertiges de Christian Estrosi depuis sa défaite à Nice

RÉCIT - Le maire déchu de Nice, l’un des premiers soutiens d’Édouard Philippe, lâche la vice-présidence d’Horizons et devrait se cantonner à un moindre rôle pendant la présidentielle en raison de ses nombreuses affaires.

© Frédéric Pétry / Hans Lucas via AFP

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Affaire des statuettes : Dominique de Villepin admet «une erreur» et dénonce une «volonté de nuire» d’un proche de Nicolas Sarkozy

Candidat potentiel à l’élection présidentielle, l’ancien premier ministre a reconnu dimanche avoir reçu deux statuettes en cadeau lorsqu’il était au Quai d’Orsay, affirmant les avoir depuis restituées.

© Jean-Christophe MARMARA / Le Figaro

L’ancien premier ministre Dominique de Villepin, à Paris.

Présidentielle 2027 : Élisabeth Borne déplore « la multiplication d’aventures individuelles »

Désireuse de ne pas laisser les « jeux tactiques » prendre le pas sur le fond, l’ancienne première ministre, invitée dimanche du « Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat », souhaite faire entendre sa voix à travers sa structure, baptisée « Bâtissons ensemble ».

© Nicolas Kovarik /Agence 1827/RTL

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La rupture entre Olivier Faure et Boris Vallaud enfonce le PS dans la crise

RÉCIT - En quittant vendredi soir la direction du parti, Boris Vallaud met le premier secrétaire au pied du mur et enterre un peu plus la primaire de la gauche, à moins d’un an de la présidentielle.

© BERTRAND GUAY / AFP

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Présidentielle 2027 : 70% des Français, dont la majorité des sympathisants de gauche, jugent Mélenchon pénalisant, selon un sondage

Alors que Jean-Luc Mélenchon vient d’annoncer officiellement sa quatrième candidature à la présidentielle, un sondage Ipsos BVA pour La Tribune Dimanche révèle que 70% des Français le perçoivent comme un handicap pour la gauche, dont 55% des sympathisants de gauche eux-mêmes.

© IVAN COUTURIER / Hans Lucas via AFP

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Présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon appelle la gauche à éviter «le suicide anti-LFI»

Dans un entretien à La Tribune Dimanche, le leader insoumis se dit prêt à nouer un «accord honorable» avec les écologistes et observe avec attention le congrès des communistes prévu en juillet.

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Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle de 2027 et leader de La France insoumise, place de la République à Paris, lors de la manifestation du 1er Mai 2026.

Présidentielle 2027 : Florian Philippot annonce sa candidature, mais s’effacerait pour Philippe de Villiers

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Le mythe de la forteresse nucléaire : l’IA Mythos fait vaciller nos certitudes

9 mai 2026 à 12:00

Claude bombe

L’apparition de l’IA Mythos, présentée comme capable de détecter rapidement des failles informatiques majeures, montre que les capacités offensives dans le cyberespace progressent très vite. Cette évolution pourrait rendre les systèmes nucléaires plus vulnérables et augmenter le risque d’erreurs, de sabotage ou d’escalade accidentelle.

«Maréchal, nous voilà !» diffusé pendant les commémorations du 8 Mai à Carpentras : la radio associative assume sa «faute»

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Image d’illustration d’une mairie.

«Soit c’est nous, soit c’est eux» : le maire LFI Bally Bagayoko évoque une «insurrection populaire» en cas de victoire du RN à la présidentielle

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«Moi, je suis de la culture Chirac» : Jean-François Copé, en terre inconnue chez Les Républicains

RÉCIT - L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui craint le duel RN-LFI en 2027, compte peser sur la ligne de la direction de sa famille politique. Quitte à agacer...

© THOMAS SAMSON / AFP

Le maire Les Républicains de Meaux, Jean-François Copé. 

« On ne construit rien de durable en brutalisant ses partenaires » : le PS répond à Boris Vallaud

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© XOSE BOUZAS / Hans Lucas via AFP

Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement au Palais Bourbon, à Paris, le 6 mai 2026

Emploi, compétitivité, souveraineté… L’IA, une révolution dont les enjeux et les défis restent l’angle mort de la présidentielle

SONDAGE - L’intelligence artificielle apparaît comme un sujet de préoccupation majeur des Français, selon la dernière étude Odoxa-Backbone pour Le Figaro.

© Tada Images / ADOBE STOCK

Perçue comme une menace par les uns, et comme une opportunité par les autres, l’irruption de l’intelligence artificielle pèse en premier lieu sur l’emploi.
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