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Cybersécurité de l’État : le plan du gouvernement pour (essayer de) stopper l’hémorragie

Non Christine, le pare-feu d’Open Office ne peut pas sauver la France !
Cybersécurité de l’État : le plan du gouvernement pour (essayer de) stopper l’hémorragie

Fuites de données, cyberattaques, failles de sécurité : pas un jour ne se passe sans que l’actualité rappelle la vulnérabilité des infrastructures numériques. C’est le cas dans les entreprises privées, mais aussi dans l’administration publique et notoirement en France. Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures pour essayer de remettre d’aplomb les capacités de cyberdéfense de l’Hexagone.

La fuite de données chez France Titres avec ses 11,7 millions de comptes touchés a rappelé la fragilité des systèmes informatiques de l’État. La garde à vue d’un ado de 15 ans soupçonné de l’effraction ne fait que souligner l’urgence de renforcer la défense des infrastructures publiques. Sébastien Lecornu, en visite dans les locaux de l’ANTS et surfant sur cette arrestation, a fait plusieurs annonces dans ce sens.

Le Premier ministre va débloquer la semaine prochaine 200 millions d’euros (prélevés sur les crédits de France 2030) pour investir dans des outils de cybersécurité, d’IA et sur la crypto post-quantique… un bel enchainement de buzzwords, mais on attend plus.

Il ajoute : « La plupart des entreprises françaises consacrent quelque chose comme 10 % de leur budget global aux infrastructures numériques. L’État en est davantage proche de 1 % que de 10 % ». La question est maintenant de savoir où trouver cet argent, dans un contexte économique déjà très difficile.

Le gouvernement veut réallouer les amendes infligées par la CNIL

Un fonds dédié à la modernisation des infrastructures numériques va être créé. Il sera abondé par les amendes infligées par la CNIL, dans une logique assumée de « pollueur-payeur ». Une drôle de comparaison, à l’opposé de celle de Vincent Strubel, le patron de l’ANSSI, qui refuse de stigmatiser les entités victimes de fuites affirmant qu’il y a une différence fondamentale « entre alerter sur la menace et donner des leçons, voire taper sur les victimes, ce que l’ANSSI ne fera jamais ».

Quoi qu’il en soit, cet argent représentait l’année dernière « quelque chose comme 500 millions d’euros, un demi-milliard d’euros, on est sur des sommes qui sont tout à fait considérables ». C’est vrai pour 2025, mais en 2024 c’était 10x moins avec 55 millions d‘euros et 89 millions en 2023. Ces sommes pourraient donc ne plus repartir dans le budget général de l’État. « On va faire un effet de levier pour obliger les différents ministères à remettre un peu d’argent sur la table », ajoute le Premier ministre.

Que dire des 5 millions d’euros d’amende de France Travail de début 2026… Une nouvelle manière de définir l’argent circulaire ? France Travail proposait alors que, « plutôt que de prononcer une amende administrative, lui enjoindre d’allouer une certaine somme à la sécurisation de son système d’information ». L’annonce de Sébastien Lecornu va dans ce sens.

DINUM + DITP = DIDFD (Direction interministérielle des fuites de données) ?

Sur un plan plus structurel, Sébastien Lecornu veut accélérer la fusion de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) et de la DITP (direction interministérielle de la transformation publique), tous deux placés sous l’autorité du ministre de la Fonction publique.

L’objectif de cette autorité sera de standardiser et mieux organiser les infras numériques : « [Actuellement], c’est un jardin à l’anglaise […], dans une forme de désorganisation désormais dangereuse ». Il y a trois semaines seulement, l’État dévoilait pour rappel un plan pour renforcer la cybersécurité des ministères.

Le gouvernement va également travailler sur une clarification des responsabilités :

« Quand vous êtes cambriolé chez vous, il est clair pour tout le monde que vos portes, vos fenêtres, votre système d’alarme, il est pour vous. Il ne viendrait à l’esprit de personne de se dire que c’est à l’État de payer mes serrures et mes portes. Et en même temps, vous êtes cambriolé, vous faites le 17, et l’État apporte une solution régalienne. C’est exactement pareil pour la gestion des données ».

Les acteurs, qu’il s’agisse des collectivités, des établissements, des entreprises, doivent sécuriser leurs systèmes, avec l’État qui vient en appui pour la détection, la réponse et l’enquête. L’ANSSI est déjà sur ses sujets et verra son rôle renforcé avec NIS2… dont le projet de loi est en attente de validation à l’Assemblée nationale et déjà largement en retard sur le calendrier.

« Il y a des fuites qui sont graves et des fuites qui ne sont pas graves »

Autre volet des annonces : une clarification de la « doctrine de protection » inscrite dans la stratégie 2026 - 2030. « Il y a des fuites qui sont graves et des fuites qui ne sont pas graves », assume le Premier ministre. Des données qu’on pouvait trouver jadis dans le bottin ne sont pas la même chose que les données de Parcoursup, « ce sont des données qui peuvent intéresser un service étranger ». « L’enjeu important [est] de bien clarifier le rôle de chacun, ce qui dépend d’un investissement propre et ce que l’État doit prendre en charge », indique-t-il. 

Dans le même temps, le Premier ministre rappelle qu’« on a une dette numérique assez importante […] Depuis le début de l’année, on est sur quelque chose comme trois vols de données par jour […] On est donc au fond sur un casse du siècle, mais qui a pratiquement lieu tous les mois. Et donc, ça dit quelque chose de nos vulnérabilités, ça dit quelque chose de nos fragilités sur lesquelles, effectivement, il nous faut réagir ». Une déclaration forte… mais on se demande du coup pourquoi l’attente a été aussi longue.

Les infras publiques vont subir des « stress tests » pour éprouver leur résistance face aux cyberattaques. Il y a aussi le côté humain et le « mode legacy », comme le rappelait Vincent Strubel. Parfois, d’anciens systèmes sont laissés en place pour calmer la grogne de certains (anciens) utilisateurs : nous avons « probablement devant nous un phénomène de coupure un peu brutale des systèmes un peu obsolescents ».

Souveraineté mon amour

« Qu’est-ce qui se passe si nous avions, par exemple, une administration américaine qui décidait de nous priver d’un certain nombre d’outils, parce que beaucoup de choses sont quand même sous licence américaine », ajoute-t-il. Quelles seraient les conséquences d’un « black-out numérique » ? Il s’agit d’assurer la continuité des services de l’État en cas de crise.

La réponse, pourtant, on la connait déjà avec le juge français de la Cour pénale internationale, Nicolas Guillou, qui n’a plus la possibilité d’accéder aux services numériques états-uniens ou bancaires tels que Visa et Mastercard.

Par conséquent, « j’ai donné des instructions aux différents services de sécurité de l’État pour nous attaquer nous-mêmes »… sans faire « n’importe quoi », rassure-t-il. Il faut « stresser les vulnérabilités, et plutôt que d’attendre de voir comment un adversaire peut le faire, autant le faire nous-mêmes avec nos propres capacités ». Ces opérations permettront d’identifier les « axes importants ». Il s’agit là encore de mettre en œuvre ce que la communauté de la cybersécurité fait depuis des années, mais à l’échelle de tout un pays. Il n’apporte pas de précision sur les moyens d’y arriver.

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Cybersécurité de l’État : le plan du gouvernement pour (essayer de) stopper l’hémorragie

Non Christine, le pare-feu d’Open Office ne peut pas sauver la France !
Cybersécurité de l’État : le plan du gouvernement pour (essayer de) stopper l’hémorragie

Fuites de données, cyberattaques, failles de sécurité : pas un jour ne se passe sans que l’actualité rappelle la vulnérabilité des infrastructures numériques. C’est le cas dans les entreprises privées, mais aussi dans l’administration publique et notoirement en France. Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures pour essayer de remettre d’aplomb les capacités de cyberdéfense de l’Hexagone.

La fuite de données chez France Titres avec ses 11,7 millions de comptes touchés a rappelé la fragilité des systèmes informatiques de l’État. La garde à vue d’un ado de 15 ans soupçonné de l’effraction ne fait que souligner l’urgence de renforcer la défense des infrastructures publiques. Sébastien Lecornu, en visite dans les locaux de l’ANTS et surfant sur cette arrestation, a fait plusieurs annonces dans ce sens.

Le Premier ministre va débloquer la semaine prochaine 200 millions d’euros (prélevés sur les crédits de France 2030) pour investir dans des outils de cybersécurité, d’IA et sur la crypto post-quantique… un bel enchainement de buzzwords, mais on attend plus.

Il ajoute : « La plupart des entreprises françaises consacrent quelque chose comme 10 % de leur budget global aux infrastructures numériques. L’État en est davantage proche de 1 % que de 10 % ». La question est maintenant de savoir où trouver cet argent, dans un contexte économique déjà très difficile.

Le gouvernement veut réallouer les amendes infligées par la CNIL

Un fonds dédié à la modernisation des infrastructures numériques va être créé. Il sera abondé par les amendes infligées par la CNIL, dans une logique assumée de « pollueur-payeur ». Une drôle de comparaison, à l’opposé de celle de Vincent Strubel, le patron de l’ANSSI, qui refuse de stigmatiser les entités victimes de fuites affirmant qu’il y a une différence fondamentale « entre alerter sur la menace et donner des leçons, voire taper sur les victimes, ce que l’ANSSI ne fera jamais ».

Quoi qu’il en soit, cet argent représentait l’année dernière « quelque chose comme 500 millions d’euros, un demi-milliard d’euros, on est sur des sommes qui sont tout à fait considérables ». C’est vrai pour 2025, mais en 2024 c’était 10x moins avec 55 millions d‘euros et 89 millions en 2023. Ces sommes pourraient donc ne plus repartir dans le budget général de l’État. « On va faire un effet de levier pour obliger les différents ministères à remettre un peu d’argent sur la table », ajoute le Premier ministre.

Que dire des 5 millions d’euros d’amende de France Travail de début 2026… Une nouvelle manière de définir l’argent circulaire ? France Travail proposait alors que, « plutôt que de prononcer une amende administrative, lui enjoindre d’allouer une certaine somme à la sécurisation de son système d’information ». L’annonce de Sébastien Lecornu va dans ce sens.

DINUM + DITP = DIDFD (Direction interministérielle des fuites de données) ?

Sur un plan plus structurel, Sébastien Lecornu veut accélérer la fusion de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) et de la DITP (direction interministérielle de la transformation publique), tous deux placés sous l’autorité du ministre de la Fonction publique.

L’objectif de cette autorité sera de standardiser et mieux organiser les infras numériques : « [Actuellement], c’est un jardin à l’anglaise […], dans une forme de désorganisation désormais dangereuse ». Il y a trois semaines seulement, l’État dévoilait pour rappel un plan pour renforcer la cybersécurité des ministères.

Le gouvernement va également travailler sur une clarification des responsabilités :

« Quand vous êtes cambriolé chez vous, il est clair pour tout le monde que vos portes, vos fenêtres, votre système d’alarme, il est pour vous. Il ne viendrait à l’esprit de personne de se dire que c’est à l’État de payer mes serrures et mes portes. Et en même temps, vous êtes cambriolé, vous faites le 17, et l’État apporte une solution régalienne. C’est exactement pareil pour la gestion des données ».

Les acteurs, qu’il s’agisse des collectivités, des établissements, des entreprises, doivent sécuriser leurs systèmes, avec l’État qui vient en appui pour la détection, la réponse et l’enquête. L’ANSSI est déjà sur ses sujets et verra son rôle renforcé avec NIS2… dont le projet de loi est en attente de validation à l’Assemblée nationale et déjà largement en retard sur le calendrier.

« Il y a des fuites qui sont graves et des fuites qui ne sont pas graves »

Autre volet des annonces : une clarification de la « doctrine de protection » inscrite dans la stratégie 2026 - 2030. « Il y a des fuites qui sont graves et des fuites qui ne sont pas graves », assume le Premier ministre. Des données qu’on pouvait trouver jadis dans le bottin ne sont pas la même chose que les données de Parcoursup, « ce sont des données qui peuvent intéresser un service étranger ». « L’enjeu important [est] de bien clarifier le rôle de chacun, ce qui dépend d’un investissement propre et ce que l’État doit prendre en charge », indique-t-il. 

Dans le même temps, le Premier ministre rappelle qu’« on a une dette numérique assez importante […] Depuis le début de l’année, on est sur quelque chose comme trois vols de données par jour […] On est donc au fond sur un casse du siècle, mais qui a pratiquement lieu tous les mois. Et donc, ça dit quelque chose de nos vulnérabilités, ça dit quelque chose de nos fragilités sur lesquelles, effectivement, il nous faut réagir ». Une déclaration forte… mais on se demande du coup pourquoi l’attente a été aussi longue.

Les infras publiques vont subir des « stress tests » pour éprouver leur résistance face aux cyberattaques. Il y a aussi le côté humain et le « mode legacy », comme le rappelait Vincent Strubel. Parfois, d’anciens systèmes sont laissés en place pour calmer la grogne de certains (anciens) utilisateurs : nous avons « probablement devant nous un phénomène de coupure un peu brutale des systèmes un peu obsolescents ».

Souveraineté mon amour

« Qu’est-ce qui se passe si nous avions, par exemple, une administration américaine qui décidait de nous priver d’un certain nombre d’outils, parce que beaucoup de choses sont quand même sous licence américaine », ajoute-t-il. Quelles seraient les conséquences d’un « black-out numérique » ? Il s’agit d’assurer la continuité des services de l’État en cas de crise.

La réponse, pourtant, on la connait déjà avec le juge français de la Cour pénale internationale, Nicolas Guillou, qui n’a plus la possibilité d’accéder aux services numériques états-uniens ou bancaires tels que Visa et Mastercard.

Par conséquent, « j’ai donné des instructions aux différents services de sécurité de l’État pour nous attaquer nous-mêmes »… sans faire « n’importe quoi », rassure-t-il. Il faut « stresser les vulnérabilités, et plutôt que d’attendre de voir comment un adversaire peut le faire, autant le faire nous-mêmes avec nos propres capacités ». Ces opérations permettront d’identifier les « axes importants ». Il s’agit là encore de mettre en œuvre ce que la communauté de la cybersécurité fait depuis des années, mais à l’échelle de tout un pays. Il n’apporte pas de précision sur les moyens d’y arriver.

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☕️ Telegram épinglé par l’Arcom pour sa lenteur face au piratage sportif



Telegram n’est pas suffisamment réactif pour retirer les contenus illicites, a jugé l’Arcom. Une décision qui pourrait peser lourd pour la messagerie, dans le viseur des ayants droit et des régulateurs européens.

L’application Telegram est dans la ligne de mire des diffuseurs officiels de compétitions sportives. La messagerie permet en effet d’échanger des liens de streaming illicite et de regarder illégalement des matchs, mais ce qui pose problème c’est surtout qu’elle ne répond pas assez rapidement aux demandes de retrait des ayants droit. C’est du moins l’avis de l’Arcom repris par Les Échos.

Illustration : Flock

Le régulateur de l’audiovisuel avait été saisi en fin d’année dernière par l’Association pour la protection des programmes sportifs (APPS). L’organisation de diffuseurs reproche à Telegram de ne pas réagir avec suffisamment de diligence à ses demandes d’intervention. Le problème n’est effectivement pas nouveau : en 2024, la Ligue de football professionnel (LFP) déplorait des délais de réponse fluctuants, jusqu’à 24 heures. Ce qui est évidemment totalement incompatible avec des retransmissions illégales de matchs qu’il faut pouvoir couper tout de suite.

Telegram assure de son côté que ses délais de réponse sont « supérieurs aux standards du secteur » et que les signalements sont traités « avec réactivité ». L’APPS reconnait d’ailleurs une amélioration dans le traitement des signalements par rapport à la période examinée. Néanmoins, l’Arcom a jugé que la messagerie n’avait pas été suffisamment prompte à répondre aux infractions des droits d’auteur.

L’avis s’appuie sur le règlement européen sur les services numériques (DSA), bien que Telegram n’ait pas été désigné « très grande plateforme en ligne » (VLOP). La messagerie réfute compter plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels, le seuil au-delà duquel une plateforme reçoit son rond de serviette au club européen. En revanche, plusieurs de ses fonctions peuvent être classifiées de la sorte et doivent respecter les règles de modération et de transparence de l’UE. Ce qui a forcé l’entreprise à désigner un représentant en Europe, en l’occurrence en Belgique. 

C’est la raison pour laquelle l’Arcom a transmis son avis à l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT), une première en la matière. Le régulateur instruit le dossier, qui sera enrichi des enquêtes de ses homologues européens. La sanction pourrait être lourde : jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial, voire une suspension temporaire au sein de l’Union européenne.

Les ayants droit sont en attente du vote de la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel. Le texte contient des mesures renforçant la lutte contre le piratage des contenus sportifs, qui permettra aux diffuseurs d’obtenir immédiatement le blocage des flux illégaux. Après son adoption par le Sénat en juin dernier, il sera de retour à l’Assemblée nationale le 18 mai.

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☕️ Telegram épinglé par l’Arcom pour sa lenteur face au piratage sportif



Telegram n’est pas suffisamment réactif pour retirer les contenus illicites, a jugé l’Arcom. Une décision qui pourrait peser lourd pour la messagerie, dans le viseur des ayants droit et des régulateurs européens.

L’application Telegram est dans la ligne de mire des diffuseurs officiels de compétitions sportives. La messagerie permet en effet d’échanger des liens de streaming illicite et de regarder illégalement des matchs, mais ce qui pose problème c’est surtout qu’elle ne répond pas assez rapidement aux demandes de retrait des ayants droit. C’est du moins l’avis de l’Arcom repris par Les Échos.

Illustration : Flock

Le régulateur de l’audiovisuel avait été saisi en fin d’année dernière par l’Association pour la protection des programmes sportifs (APPS). L’organisation de diffuseurs reproche à Telegram de ne pas réagir avec suffisamment de diligence à ses demandes d’intervention. Le problème n’est effectivement pas nouveau : en 2024, la Ligue de football professionnel (LFP) déplorait des délais de réponse fluctuants, jusqu’à 24 heures. Ce qui est évidemment totalement incompatible avec des retransmissions illégales de matchs qu’il faut pouvoir couper tout de suite.

Telegram assure de son côté que ses délais de réponse sont « supérieurs aux standards du secteur » et que les signalements sont traités « avec réactivité ». L’APPS reconnait d’ailleurs une amélioration dans le traitement des signalements par rapport à la période examinée. Néanmoins, l’Arcom a jugé que la messagerie n’avait pas été suffisamment prompte à répondre aux infractions des droits d’auteur.

L’avis s’appuie sur le règlement européen sur les services numériques (DSA), bien que Telegram n’ait pas été désigné « très grande plateforme en ligne » (VLOP). La messagerie réfute compter plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels, le seuil au-delà duquel une plateforme reçoit son rond de serviette au club européen. En revanche, plusieurs de ses fonctions peuvent être classifiées de la sorte et doivent respecter les règles de modération et de transparence de l’UE. Ce qui a forcé l’entreprise à désigner un représentant en Europe, en l’occurrence en Belgique. 

C’est la raison pour laquelle l’Arcom a transmis son avis à l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT), une première en la matière. Le régulateur instruit le dossier, qui sera enrichi des enquêtes de ses homologues européens. La sanction pourrait être lourde : jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial, voire une suspension temporaire au sein de l’Union européenne.

Les ayants droit sont en attente du vote de la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel. Le texte contient des mesures renforçant la lutte contre le piratage des contenus sportifs, qui permettra aux diffuseurs d’obtenir immédiatement le blocage des flux illégaux. Après son adoption par le Sénat en juin dernier, il sera de retour à l’Assemblée nationale le 18 mai.

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Cloud souverain : des acteurs européens lancent leur propre label

Tout est bon dans le macaron
Cloud souverain : des acteurs européens lancent leur propre label

Pas convaincues par la grille de notation dévoilée par Bruxelles en fin d’année dernière, des entreprises européennes du cloud ont lancé leur propre référentiel pour des services infonuagiques « souverains et résilients ». Les fournisseurs ayant décroché leur badge ont fait l’objet d’audits approfondis.

Un badge rouge pour les fournisseurs de cloud « souverains », un bleu pour les entreprises « résilientes », et des chevrons vert et gris pour préciser respectivement l’impact environnemental de l’entreprise et son recours à du code open-source.

Ces logos vont fleurir chez 40 services (cloud public, stockage, Kubernetes) ayant franchi la course d’obstacles du cadre mis en place par le CISPE (Cloud Infrastructure Service Providers in Europe), le lobby des entreprises européennes du cloud.

Screenshot

Ce framework a été « développé, défini et testé exclusivement par des fournisseurs européens d’infrastructures cloud » pour certifier les garanties des entreprises en matière de souveraineté et de résilience. Le CISPE explique que le marché aujourd’hui est inondé d’offres « souveraines » non vérifiées : difficile dans ces conditions pour les clients de « comprendre ce qu’ils achètent réellement ».

Il n’en reste pas moins un problème de taille : que veut dire exactement souveraineté. Si tout le monde s’accorde plus ou moins sur les grandes lignes, les visions peuvent diverger dans les détails. Pour le Conseil d’État par exemple, la souveraineté « est historiquement et juridiquement la capacité d’exercer le « dernier mot », la liberté de choisir […] sans dépendre d’aucune autorité supérieure ».

Question de badges

Pour l’organisation, les définitions officielles de la souveraineté restent floues, et les méthodes d’évaluation manquent de transparence. Elle affirme que « les clients doivent pouvoir savoir si les services cloud sont protégés contre des ingérences juridiques étrangères (« Trump proof »), ou s’ils présentent des risques en matière d’interruption de service et d’accès aux données ».

Le cadre du CISPE est une réponse directe à la grille de souveraineté du cloud mise en place en octobre 2025 par la Commission européenne. Destinée aux pouvoirs publics des États membres de l’UE pour évaluer le niveau de souveraineté d’un fournisseur de services infonuagiques, cette grille repose sur un système assez simple : huit critères (souveraineté stratégique, juridique et juridictionnelle, données et IA…) dont les poids sont modulés par un système de pondération.

Ces critères permettent d’établir une classification des fournisseurs (SEAL, pour « Sovereignty Effectiveness Assurance Levels ») : SEAL 4 représente le maximum possible pour une offre vertueuse, SEAL 0 correspond à une offre sans souveraineté.

Le problème de cette grille, soulevé à l’époque par le CISPE, est qu’une entreprise dépendant d’une juridiction étrangère (au hasard, les États-Unis) peut tout de même marquer des points ailleurs et finir avec une « bonne » note. Comme le faisait remarquer à Next Audrey Louail, co-présidente d’Ecritel, « le critère d’extraterritorialité devrait être une condition sine qua non. »

« Il existe un besoin urgent de transparence et d’un cadre auditable pour éviter toute forme de « souveraineté washing » », affirme le CISPE. D’où le lancement de ce cadre, qui introduit deux approches à la fois distinctes et complémentaires pour assurer les clients et les autorités publiques qu’une offre « garantisse un contrôle effectif des données, des infrastructures, des charges de travail et des opérations », au-delà d’un macaron en cybersécurité qui ne suffit pas.

Souverain, résilient, ou les deux ?

Le référentiel du CISPE contient donc deux approches « distinctes mais complémentaires » : souveraine et résiliente. La première concerne les services détenus, gouvernés et exploités au sein de la juridiction concernée. « Les puissances étrangères ne disposent d’aucun moyen, ni juridique ni technique, d’y accéder, d’interférer ou de les interrompre ». C’est ce que l’organisation appelle un contrôle « par conception ».

La seconde concerne les services sur lesquels le client conserve un contrôle effectif grâce à des garanties techniques et opérationnelles solides, même en présence d’éléments non souverains (une approche dite « par les capacités »). Parmi les garanties : le chiffrement géré par le client, la portabilité, les sauvegardes indépendantes, la possibilité de changer de fournisseur ou de redéployer les charges de travail.

« La souveraineté vise à prévenir le risque, la résilience permet au client d’y faire face », résume le CISPE qui assure que le référentiel résilient impose des contraintes telles qu’il n’autorise pas l’installation d’une porte dérobée. Lorsque des services pleinement souverains ne sont pas encore disponibles, « des alternatives résilientes peuvent constituer des solutions légitimes et efficaces pour les clients », indique encore le groupe.

Ce référentiel s’aligne avec le niveau 3 de Gaia-X, le plus haut palier de cette infrastructure européenne de données lancée en 2020 et qui a depuis connu quelques départs tonitruants. Le framework des fournisseurs étend cependant la notion de souveraineté au-delà de l’UE. 

Un service cloud hébergé au Japon par un fournisseur japonais pourrait obtenir un label « souverain au Japon », par exemple. Et s’il n’est pas souverain sur le Vieux Continent, il pourrait tout de même décrocher un label « résilient en Europe » en démontrant son interopérabilité et la présence de ressources locales pour réduire les sollicitations d’accès aux données depuis l’étranger. Pas question donc d’exclure certains services du marché : il s’agit de « renforcer la confiance dans le contrôle des données et des charges de travail dans le cloud ».

Les fournisseurs intéressés devront faire réaliser un audit auprès d’un tiers accrédité pour obtenir la certification et le droit de déclarer un service comme souverain ou résilient.

SecNumCloud 3.2 en France, tentative ratée avec EUCS High+ en Europe

Cette annonce arrive quelques jours après que Bruxelles attribue 180 millions d’euros de contrats à des acteurs du cloud, notamment des Français. Dans le lot, l’opérateur belge Proximus avec S3NS, la co-entreprise Thales et Google, ce qui avait fait bondir Francisco Mingorance, la secrétaire générale du CISPE : « Reconnaître S3NS, qui exploite la technologie cloud de Google, comme « souveraine » est clairement une erreur stratégique et menace d’institutionnaliser le blanchiment de souveraineté au plus haut niveau ».

En France, il existe déjà une qualification permettant de s’assurer d’une étanchéité aux lois extraterritoriales (américaines et chinoises pour ne citer qu’elles) : le référentiel SecNumCloud de l‘ANSSI, dont la version 3.2 de 2022 intégre « principalement des critères de protection vis-à-vis du droit extra-européen ». Pour rappel, S3NS a obtenu sa qualification fin 2025 par l’ANSSI.

Au niveau européen, EUCS (European Union Cybersecurity Certification Scheme for Cloud Services dans sa version longue) est un projet porté par l’agence européenne pour la cybersécurité. Il prévoyait quatre niveaux, dont High+ qui devait être calqué sur SecNumCloud, mais il n’en reste désormais que trois.

Alain Garnier, patron de Jamespot, ne cachait pas son agacement : « Le Cybersecurity Act 2 acte une chose très claire : EUCS parlera sécurité. Pas souveraineté […] La Commission européenne ferme la porte aux critères juridiques type Cloud Act. La tech américaine respire. La France grimace ». L’Allemagne et les Pays-Bas jugeaient ce seuil High+ trop exclusif et susceptible de freiner l’innovation.

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Cloud souverain : des acteurs européens lancent leur propre label

Tout est bon dans le macaron
Cloud souverain : des acteurs européens lancent leur propre label

Pas convaincues par la grille de notation dévoilée par Bruxelles en fin d’année dernière, des entreprises européennes du cloud ont lancé leur propre référentiel pour des services infonuagiques « souverains et résilients ». Les fournisseurs ayant décroché leur badge ont fait l’objet d’audits approfondis.

Un badge rouge pour les fournisseurs de cloud « souverains », un bleu pour les entreprises « résilientes », et des chevrons vert et gris pour préciser respectivement l’impact environnemental de l’entreprise et son recours à du code open-source.

Ces logos vont fleurir chez 40 services (cloud public, stockage, Kubernetes) ayant franchi la course d’obstacles du cadre mis en place par le CISPE (Cloud Infrastructure Service Providers in Europe), le lobby des entreprises européennes du cloud.

Screenshot

Ce framework a été « développé, défini et testé exclusivement par des fournisseurs européens d’infrastructures cloud » pour certifier les garanties des entreprises en matière de souveraineté et de résilience. Le CISPE explique que le marché aujourd’hui est inondé d’offres « souveraines » non vérifiées : difficile dans ces conditions pour les clients de « comprendre ce qu’ils achètent réellement ».

Il n’en reste pas moins un problème de taille : que veut dire exactement souveraineté. Si tout le monde s’accorde plus ou moins sur les grandes lignes, les visions peuvent diverger dans les détails. Pour le Conseil d’État par exemple, la souveraineté « est historiquement et juridiquement la capacité d’exercer le « dernier mot », la liberté de choisir […] sans dépendre d’aucune autorité supérieure ».

Question de badges

Pour l’organisation, les définitions officielles de la souveraineté restent floues, et les méthodes d’évaluation manquent de transparence. Elle affirme que « les clients doivent pouvoir savoir si les services cloud sont protégés contre des ingérences juridiques étrangères (« Trump proof »), ou s’ils présentent des risques en matière d’interruption de service et d’accès aux données ».

Le cadre du CISPE est une réponse directe à la grille de souveraineté du cloud mise en place en octobre 2025 par la Commission européenne. Destinée aux pouvoirs publics des États membres de l’UE pour évaluer le niveau de souveraineté d’un fournisseur de services infonuagiques, cette grille repose sur un système assez simple : huit critères (souveraineté stratégique, juridique et juridictionnelle, données et IA…) dont les poids sont modulés par un système de pondération.

Ces critères permettent d’établir une classification des fournisseurs (SEAL, pour « Sovereignty Effectiveness Assurance Levels ») : SEAL 4 représente le maximum possible pour une offre vertueuse, SEAL 0 correspond à une offre sans souveraineté.

Le problème de cette grille, soulevé à l’époque par le CISPE, est qu’une entreprise dépendant d’une juridiction étrangère (au hasard, les États-Unis) peut tout de même marquer des points ailleurs et finir avec une « bonne » note. Comme le faisait remarquer à Next Audrey Louail, co-présidente d’Ecritel, « le critère d’extraterritorialité devrait être une condition sine qua non. »

« Il existe un besoin urgent de transparence et d’un cadre auditable pour éviter toute forme de « souveraineté washing » », affirme le CISPE. D’où le lancement de ce cadre, qui introduit deux approches à la fois distinctes et complémentaires pour assurer les clients et les autorités publiques qu’une offre « garantisse un contrôle effectif des données, des infrastructures, des charges de travail et des opérations », au-delà d’un macaron en cybersécurité qui ne suffit pas.

Souverain, résilient, ou les deux ?

Le référentiel du CISPE contient donc deux approches « distinctes mais complémentaires » : souveraine et résiliente. La première concerne les services détenus, gouvernés et exploités au sein de la juridiction concernée. « Les puissances étrangères ne disposent d’aucun moyen, ni juridique ni technique, d’y accéder, d’interférer ou de les interrompre ». C’est ce que l’organisation appelle un contrôle « par conception ».

La seconde concerne les services sur lesquels le client conserve un contrôle effectif grâce à des garanties techniques et opérationnelles solides, même en présence d’éléments non souverains (une approche dite « par les capacités »). Parmi les garanties : le chiffrement géré par le client, la portabilité, les sauvegardes indépendantes, la possibilité de changer de fournisseur ou de redéployer les charges de travail.

« La souveraineté vise à prévenir le risque, la résilience permet au client d’y faire face », résume le CISPE qui assure que le référentiel résilient impose des contraintes telles qu’il n’autorise pas l’installation d’une porte dérobée. Lorsque des services pleinement souverains ne sont pas encore disponibles, « des alternatives résilientes peuvent constituer des solutions légitimes et efficaces pour les clients », indique encore le groupe.

Ce référentiel s’aligne avec le niveau 3 de Gaia-X, le plus haut palier de cette infrastructure européenne de données lancée en 2020 et qui a depuis connu quelques départs tonitruants. Le framework des fournisseurs étend cependant la notion de souveraineté au-delà de l’UE. 

Un service cloud hébergé au Japon par un fournisseur japonais pourrait obtenir un label « souverain au Japon », par exemple. Et s’il n’est pas souverain sur le Vieux Continent, il pourrait tout de même décrocher un label « résilient en Europe » en démontrant son interopérabilité et la présence de ressources locales pour réduire les sollicitations d’accès aux données depuis l’étranger. Pas question donc d’exclure certains services du marché : il s’agit de « renforcer la confiance dans le contrôle des données et des charges de travail dans le cloud ».

Les fournisseurs intéressés devront faire réaliser un audit auprès d’un tiers accrédité pour obtenir la certification et le droit de déclarer un service comme souverain ou résilient.

SecNumCloud 3.2 en France, tentative ratée avec EUCS High+ en Europe

Cette annonce arrive quelques jours après que Bruxelles attribue 180 millions d’euros de contrats à des acteurs du cloud, notamment des Français. Dans le lot, l’opérateur belge Proximus avec S3NS, la co-entreprise Thales et Google, ce qui avait fait bondir Francisco Mingorance, la secrétaire générale du CISPE : « Reconnaître S3NS, qui exploite la technologie cloud de Google, comme « souveraine » est clairement une erreur stratégique et menace d’institutionnaliser le blanchiment de souveraineté au plus haut niveau ».

En France, il existe déjà une qualification permettant de s’assurer d’une étanchéité aux lois extraterritoriales (américaines et chinoises pour ne citer qu’elles) : le référentiel SecNumCloud de l‘ANSSI, dont la version 3.2 de 2022 intégre « principalement des critères de protection vis-à-vis du droit extra-européen ». Pour rappel, S3NS a obtenu sa qualification fin 2025 par l’ANSSI.

Au niveau européen, EUCS (European Union Cybersecurity Certification Scheme for Cloud Services dans sa version longue) est un projet porté par l’agence européenne pour la cybersécurité. Il prévoyait quatre niveaux, dont High+ qui devait être calqué sur SecNumCloud, mais il n’en reste désormais que trois.

Alain Garnier, patron de Jamespot, ne cachait pas son agacement : « Le Cybersecurity Act 2 acte une chose très claire : EUCS parlera sécurité. Pas souveraineté […] La Commission européenne ferme la porte aux critères juridiques type Cloud Act. La tech américaine respire. La France grimace ». L’Allemagne et les Pays-Bas jugeaient ce seuil High+ trop exclusif et susceptible de freiner l’innovation.

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☕️ Le studio Spiders en liquidation suite à la chute de Nacon



Nouveau coup dur pour l’industrie française du jeu vidéo. Les difficultés d’Ubisoft font régulièrement la une de l’actualité, mais un autre acteur est en grand danger : le groupe Nacon, planté par sa maison mère BigBen Interactive. Un de ses studios, Spiders, vient de mettre la clé sous la porte.

Nacon est un nom qui compte dans le secteur du jeu vidéo en France. Distributeur de périphériques gaming, l’entreprise exerce également une importante activité d’édition : on lui doit plusieurs succès récents, comme RoboCop: Rogue CityHell is Us, les simulations de rallye WRC, ou encore l’adaptation officielle du Tour de France. Autrement dit, du AA au sens large : des jeux aux budgets intermédiaires visant à la fois le grand public et une niche de fans.

Depuis le début de l’année, La situation financière est bien mal engagée. Bigben Interactive, la maison mère de Nacon, avait alerté le 17 février d’un refus de ses créanciers d’un aménagement des modalités de remboursement partiel sur une dette de 43 millions d’euros. Effet domino : le 25 février, Nacon procédait à une déclaration de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole, qui a ouvert une procédure de redressement judiciaire le 3 mars.

Vingt jours plus tard, quatre des filiales de Nacon sollicitaient auprès du même tribunal l’ouverture de procédures de redressement judiciaire (PDF). Il s’agit des studios Cyanide (racheté en 2018), KT Racing (anciennement Kylotonn, aussi racheté en 2018), Spiders (racheté en 2019) et Nacon Tech, qui s’est spécialisé dans la motion capture. Selon Origami, Nacon avait l’intention de rebondir en cédant deux de ses filiales, à savoir Spiders et Nacon Tech, d’ici la mi-avril.

Malheureusement, aucun chevalier blanc n’est venu à leur rescousse. Par conséquent, Spiders va fermer ses portes. « Allons droit au but pour éviter toute ambiguïté : après une longue période sans réponses claires, nous avons reçu la confirmation que Spiders est en liquidation », confirme le studio. « Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire que l’entreprise, dans son ensemble, n’existe plus. Nous cessons immédiatement nos activités ».

Steelrising, autre jeu Spiders sorti en 2022, se déroule durant une Révolution française uchronique où le joueur se bat contre l’armée d’automates de Louis XVI.

Spiders a été fondée à Paris en 2008. Après quelques piges pour Xbox, le studio s’est spécialisé dans les jeux de rôle : Of Orcs and Men avec Cyanide en 2012, Mars: War Logs l’année suivante, puis sa suite spirituelle The Technomancer. En 2019, GreedFall est assez bien accueilli et, trois ans plus tard, dépassait les deux millions de copies vendues. Le second volet, The Dying World, est sorti le 10 mars dernier. L’extension prévue sortira bien chez Nacon, mais ce sera complètement terminé pour Spiders par la suite. En interne, la dégradation des conditions de travail et des négociations salariales bloquées ont débouché sur une grève en 2024. 

Nacon n’a pas voulu commenter la fermeture du studio, ni l’impact que cela aura sur le reste de la procédure judiciaire en cours. Mais, ça n’augure rien de très bon. Le groupe a d’ailleurs reporté (PDF) la publication de son chiffre d’affaires pour l’année fiscale 2025/2026 au 18 mai, et celle des comptes annuels pour le 20 juillet.

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☕️ Le studio Spiders en liquidation suite à la chute de Nacon



Nouveau coup dur pour l’industrie française du jeu vidéo. Les difficultés d’Ubisoft font régulièrement la une de l’actualité, mais un autre acteur est en grand danger : le groupe Nacon, planté par sa maison mère BigBen Interactive. Un de ses studios, Spiders, vient de mettre la clé sous la porte.

Nacon est un nom qui compte dans le secteur du jeu vidéo en France. Distributeur de périphériques gaming, l’entreprise exerce également une importante activité d’édition : on lui doit plusieurs succès récents, comme RoboCop: Rogue CityHell is Us, les simulations de rallye WRC, ou encore l’adaptation officielle du Tour de France. Autrement dit, du AA au sens large : des jeux aux budgets intermédiaires visant à la fois le grand public et une niche de fans.

Depuis le début de l’année, La situation financière est bien mal engagée. Bigben Interactive, la maison mère de Nacon, avait alerté le 17 février d’un refus de ses créanciers d’un aménagement des modalités de remboursement partiel sur une dette de 43 millions d’euros. Effet domino : le 25 février, Nacon procédait à une déclaration de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole, qui a ouvert une procédure de redressement judiciaire le 3 mars.

Vingt jours plus tard, quatre des filiales de Nacon sollicitaient auprès du même tribunal l’ouverture de procédures de redressement judiciaire (PDF). Il s’agit des studios Cyanide (racheté en 2018), KT Racing (anciennement Kylotonn, aussi racheté en 2018), Spiders (racheté en 2019) et Nacon Tech, qui s’est spécialisé dans la motion capture. Selon Origami, Nacon avait l’intention de rebondir en cédant deux de ses filiales, à savoir Spiders et Nacon Tech, d’ici la mi-avril.

Malheureusement, aucun chevalier blanc n’est venu à leur rescousse. Par conséquent, Spiders va fermer ses portes. « Allons droit au but pour éviter toute ambiguïté : après une longue période sans réponses claires, nous avons reçu la confirmation que Spiders est en liquidation », confirme le studio. « Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire que l’entreprise, dans son ensemble, n’existe plus. Nous cessons immédiatement nos activités ».

Steelrising, autre jeu Spiders sorti en 2022, se déroule durant une Révolution française uchronique où le joueur se bat contre l’armée d’automates de Louis XVI.

Spiders a été fondée à Paris en 2008. Après quelques piges pour Xbox, le studio s’est spécialisé dans les jeux de rôle : Of Orcs and Men avec Cyanide en 2012, Mars: War Logs l’année suivante, puis sa suite spirituelle The Technomancer. En 2019, GreedFall est assez bien accueilli et, trois ans plus tard, dépassait les deux millions de copies vendues. Le second volet, The Dying World, est sorti le 10 mars dernier. L’extension prévue sortira bien chez Nacon, mais ce sera complètement terminé pour Spiders par la suite. En interne, la dégradation des conditions de travail et des négociations salariales bloquées ont débouché sur une grève en 2024. 

Nacon n’a pas voulu commenter la fermeture du studio, ni l’impact que cela aura sur le reste de la procédure judiciaire en cours. Mais, ça n’augure rien de très bon. Le groupe a d’ailleurs reporté (PDF) la publication de son chiffre d’affaires pour l’année fiscale 2025/2026 au 18 mai, et celle des comptes annuels pour le 20 juillet.

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☕️ YouTube généralise le mode « image dans l’image » gratuit dans ses apps mobiles



L’application mobile de YouTube va finalement permettre aux utilisateurs du monde entier de regarder une vidéo dans une vignette par-dessus l’interface de son smartphone ou d’une autre app (picture-in-picture), sans avoir à payer un abonnement Premium.

Fini les manipulations douteuses, exit les bidouilles de fortune, terminé les sorts de magie noire à base de sang de poulet séché jeté au sommet d’un volcan en fusion. YouTube a en effet annoncé que la fonction « image dans l’image » va se déployer auprès de tous les utilisateurs de son app mobile (iOS et Android) partout dans le monde « dans les prochains mois ». L’attente reste donc de mise, néanmoins cela reste une bonne nouvelle.

La fonction permet de continuer à regarder une vidéo YouTube en dehors de l’application. Elle bascule alors dans un format vignette que l’on peut agrandir ou réduire, tout en continuant à faire autre chose avec son smartphone. Ce « picture-in-picture » (PiP) est une fonction de base pour les apps vidéo depuis des années (dès 2015 sur les iPad sous iOS 9, à partir de 2020 sur les iPhone avec iOS 14, à partir d’Android 8 Oreo en 2017), mais elle est parfois bloquée derrière un paywall.

Chez Netflix, les abonnés à l’offre avec pub en sont privés, par exemple. Chez YouTube, il faut avoir souscrit à une formule payante pour en profiter… sauf aux États-Unis où tous les utilisateurs en bénéficient sans frais supplémentaires (depuis 2021 sur iPhone). Le reste du monde doit passer à la caisse, ou une bidouille bancale.

Ces dernières années, Google avait sporadiquement testé le PiP en Europe gratuitement chez une poignée d’utilisateurs, sans officialiser la fonction. C’est désormais chose faite. « Pour les utilisateurs en dehors des États-Unis, vous avez désormais accès au mode image dans l’image pour les contenus longs, hors musique, sur Android et iOS », écrit YouTube. Les vidéos musicales restent à l’écart, c’est un privilège toujours exclusif à Premium.

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☕️ YouTube généralise le mode « image dans l’image » gratuit dans ses apps mobiles



L’application mobile de YouTube va finalement permettre aux utilisateurs du monde entier de regarder une vidéo dans une vignette par-dessus l’interface de son smartphone ou d’une autre app (picture-in-picture), sans avoir à payer un abonnement Premium.

Fini les manipulations douteuses, exit les bidouilles de fortune, terminé les sorts de magie noire à base de sang de poulet séché jeté au sommet d’un volcan en fusion. YouTube a en effet annoncé que la fonction « image dans l’image » va se déployer auprès de tous les utilisateurs de son app mobile (iOS et Android) partout dans le monde « dans les prochains mois ». L’attente reste donc de mise, néanmoins cela reste une bonne nouvelle.

La fonction permet de continuer à regarder une vidéo YouTube en dehors de l’application. Elle bascule alors dans un format vignette que l’on peut agrandir ou réduire, tout en continuant à faire autre chose avec son smartphone. Ce « picture-in-picture » (PiP) est une fonction de base pour les apps vidéo depuis des années (dès 2015 sur les iPad sous iOS 9, à partir de 2020 sur les iPhone avec iOS 14, à partir d’Android 8 Oreo en 2017), mais elle est parfois bloquée derrière un paywall.

Chez Netflix, les abonnés à l’offre avec pub en sont privés, par exemple. Chez YouTube, il faut avoir souscrit à une formule payante pour en profiter… sauf aux États-Unis où tous les utilisateurs en bénéficient sans frais supplémentaires (depuis 2021 sur iPhone). Le reste du monde doit passer à la caisse, ou une bidouille bancale.

Ces dernières années, Google avait sporadiquement testé le PiP en Europe gratuitement chez une poignée d’utilisateurs, sans officialiser la fonction. C’est désormais chose faite. « Pour les utilisateurs en dehors des États-Unis, vous avez désormais accès au mode image dans l’image pour les contenus longs, hors musique, sur Android et iOS », écrit YouTube. Les vidéos musicales restent à l’écart, c’est un privilège toujours exclusif à Premium.

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GitHub en perte de fiabilité et de développeurs [MàJ]

L'uptime fait le pont du 1er Mai
GitHub en perte de fiabilité et de développeurs [MàJ]

GitHub a un problème de fiabilité qui pèse de plus en plus lourd dans l’esprit des utilisateurs. Plusieurs développeurs, usés par les dysfonctionnements de la plateforme de Microsoft, ont décidé de plier bagage.

Mise à jour, 30 avril, 8h10 : ajout des éléments de réponse apportés par GitHub sur l’explosion des volumes de requêtes associée notamment à l’IA.

C’est la mort dans l’âme que Mitchell Hashimoto, développeur de Ghostty, a pris ses cliques et ses claques : son émulateur de terminal va déménager sur une autre plateforme. Sur GitHub, où le logiciel est développé depuis 18 ans, il ne restera plus que le code source en lecture seule. « Je suis l’utilisateur GitHub 1299, inscrit en février 2008. Depuis, j’ouvre GitHub tous les jours, chaque jour, plusieurs fois par jour, depuis plus de 18 ans », écrit-il sur son blog. Mais alors, pourquoi cette décision ?

Les pannes s’enchaînent

C’est que GitHub n’est plus fiable à ses yeux. Mitchell Hashimoto a marqué d’un « X » les jours du mois où la plateforme a eu « un impact négatif sur ma capacité de travailler ». Résultat : un « X » « presque tous les jours ». GitHub n’est plus un environnement adapté à un travail sérieux « s’il vous bloque pendant des heures chaque jour ». Il partagera un peu plus tard les détails sur le déménagement de Ghostty ; cela prendra du temps de retirer les dépendances sur GitHub. La popularité de l’utilitaire est telle que plusieurs fournisseurs se montrent intéressés. 

Kyle Daigle, le directeur des opérations de GitHub, a répondu au développeur en se disant désolé de le voir partir : « L’équipe va continuer à travailler pour faire de GitHub un service vers lequel vous aurez envie de revenir, preuves concrètes à l’appui, pas seulement des promesses ». Il ajoute qu’il continuera de soutenir Ghostty en tant qu’utilisateur.

Mitchell Hashimoto n’est pas le seul à en avoir sa claque de GitHub. En novembre dernier, Andrew Kelley annonçait le déménagement de son langage Zig créé en 2015, vers Codeberg. « Il est clair que l’excellence technique qui a fait le succès de la plateforme ne la guide plus. Les priorités et la culture d’ingénierie se sont dégradées, laissant les utilisateurs aux prises avec une sorte de framework JavaScript lourd et truffé de bugs, au nom du progrès », regrette-t-il, avant d’asséner que « ce qui était autrefois rapide est désormais lent, et souvent complètement cassé ».

Andrew Kelley fait remonter les problèmes de GitHub à son acquisition par Microsoft en 2018, pour 7,5 milliards de dollars. À l’époque, la plateforme prédisait « un futur brillant ». Un des problèmes soulevés par les deux développeurs concerne le système d’automatisation GitHub Actions, qui déclenche automatiquement des tâches dès qu’un événement se produit sur un dépôt (un commit, une pull request, un déploiement…). Le jour de la publication de sa note, Mitchell Hashimoto expliquait ne pas avoir pu relire et valider les pull requests pendant deux heures à cause d’une panne de GitHub Actions. Pour Andrew Kelley, ce service a été « complètement négligé ».

Un ou deux développeurs qui quittent GitHub, ce n’est pas encore une hémorragie ou une fuite des cerveaux. Il s’agit toutefois de profils bien connus, qui sont présents et actifs sur la plateforme depuis des années et qui pourraient en inspirer d’autres à regarder ailleurs.

Aux bugs s’ajoutent les failles de sécurité. Ce lundi 28 avril, GitHub donnait des précisions sur un correctif mis en ligne deux heures après la réception du rapport de vulnérabilité sur le Bug Bounty de la plateforme. Il s’agissait d’une faille critique permettant d’exécuter du code à distance. Il n’y a eu aucune exploitation, et GitHub tient à faire savoir au monde sa rapidité de réponse. Néanmoins, cela participe aussi à une certaine défiance.

GitHub incrimine l’explosion du volume de requêtes

GitHub a indirectement répondu à ces critiques par l’intermédiaire d’un billet de blog, lui aussi daté du 28 avril, signé par Vlad Fedorov, directeur technique. Ce dernier y explique que GitHub a engagé un plan de multiplication par dix des capacités de sa plateforme, précisément pour en améliorer la fiabilité, mais l’effort se serait finalement révélé insuffisant : en février, il aurait ainsi mesuré que ces capacités auraient dû progresser d’un facteur 30, principalement à cause de l’essor des agents IA : « Le principal facteur est l’évolution rapide des méthodes de développement logiciel. Depuis la seconde moitié de décembre 2025, les flux de travail de développement automatisés se sont considérablement accélérés. »

Fedorov promet à cette occasion que les équipes sont entièrement mobilisées sur le sujet :

« Nos priorités sont claires : la disponibilité d’abord, puis la capacité, et enfin les nouvelles fonctionnalités. Nous réduisons les tâches inutiles, améliorons la mise en cache, isolons les services critiques, éliminons les points de défaillance uniques et déportons les processus critiques vers des systèmes conçus pour ces charges de travail. »

L’IA pointée du doigt

Cette remarque peut être perçue comme paradoxale du point de vue des développeurs qui observent l’insistance avec laquelle Microsoft cherche à fourrer de l’IA générative partout dans GitHub. Le développeur de Zig rappelle les propos tenus en août 2025 par Thomas Dohmke, le directeur général de la plateforme : « Soit vous adoptez l’IA, soit vous quittez votre carrière. »

Reste à voir comment cette IA s’intègre dans GitHub. Mais pour Andrew Kelley, le compte n’y est pas : GitHub Actions a commencé à choisir les tâches à exécuter de manière « apparemment aléatoire ».

Ce trop plein d’IA et la grogne qui en découle ont manifestement atteint les oreilles des dirigeants de Microsoft. L’éditeur va prioriser la stabilité et la fiabilité de Windows 11, en réduisant la voilure sur les fonctions d’IA qui n’apportent aucun bénéfice. Et même chez Xbox, la nouvelle direction incarnée par Asha Sharma ne veut pas inonder sa plateforme de « bouillie IA ». Alors à quand la prise de conscience chez GitHub ?

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GitHub en perte de fiabilité et de développeurs [MàJ]

L'uptime fait le pont du 1er Mai
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GitHub a un problème de fiabilité qui pèse de plus en plus lourd dans l’esprit des utilisateurs. Plusieurs développeurs, usés par les dysfonctionnements de la plateforme de Microsoft, ont décidé de plier bagage.

Mise à jour, 30 avril, 8h10 : ajout des éléments de réponse apportés par GitHub sur l’explosion des volumes de requêtes associée notamment à l’IA.

C’est la mort dans l’âme que Mitchell Hashimoto, développeur de Ghostty, a pris ses cliques et ses claques : son émulateur de terminal va déménager sur une autre plateforme. Sur GitHub, où le logiciel est développé depuis 18 ans, il ne restera plus que le code source en lecture seule. « Je suis l’utilisateur GitHub 1299, inscrit en février 2008. Depuis, j’ouvre GitHub tous les jours, chaque jour, plusieurs fois par jour, depuis plus de 18 ans », écrit-il sur son blog. Mais alors, pourquoi cette décision ?

Les pannes s’enchaînent

C’est que GitHub n’est plus fiable à ses yeux. Mitchell Hashimoto a marqué d’un « X » les jours du mois où la plateforme a eu « un impact négatif sur ma capacité de travailler ». Résultat : un « X » « presque tous les jours ». GitHub n’est plus un environnement adapté à un travail sérieux « s’il vous bloque pendant des heures chaque jour ». Il partagera un peu plus tard les détails sur le déménagement de Ghostty ; cela prendra du temps de retirer les dépendances sur GitHub. La popularité de l’utilitaire est telle que plusieurs fournisseurs se montrent intéressés. 

Kyle Daigle, le directeur des opérations de GitHub, a répondu au développeur en se disant désolé de le voir partir : « L’équipe va continuer à travailler pour faire de GitHub un service vers lequel vous aurez envie de revenir, preuves concrètes à l’appui, pas seulement des promesses ». Il ajoute qu’il continuera de soutenir Ghostty en tant qu’utilisateur.

Mitchell Hashimoto n’est pas le seul à en avoir sa claque de GitHub. En novembre dernier, Andrew Kelley annonçait le déménagement de son langage Zig créé en 2015, vers Codeberg. « Il est clair que l’excellence technique qui a fait le succès de la plateforme ne la guide plus. Les priorités et la culture d’ingénierie se sont dégradées, laissant les utilisateurs aux prises avec une sorte de framework JavaScript lourd et truffé de bugs, au nom du progrès », regrette-t-il, avant d’asséner que « ce qui était autrefois rapide est désormais lent, et souvent complètement cassé ».

Andrew Kelley fait remonter les problèmes de GitHub à son acquisition par Microsoft en 2018, pour 7,5 milliards de dollars. À l’époque, la plateforme prédisait « un futur brillant ». Un des problèmes soulevés par les deux développeurs concerne le système d’automatisation GitHub Actions, qui déclenche automatiquement des tâches dès qu’un événement se produit sur un dépôt (un commit, une pull request, un déploiement…). Le jour de la publication de sa note, Mitchell Hashimoto expliquait ne pas avoir pu relire et valider les pull requests pendant deux heures à cause d’une panne de GitHub Actions. Pour Andrew Kelley, ce service a été « complètement négligé ».

Un ou deux développeurs qui quittent GitHub, ce n’est pas encore une hémorragie ou une fuite des cerveaux. Il s’agit toutefois de profils bien connus, qui sont présents et actifs sur la plateforme depuis des années et qui pourraient en inspirer d’autres à regarder ailleurs.

Aux bugs s’ajoutent les failles de sécurité. Ce lundi 28 avril, GitHub donnait des précisions sur un correctif mis en ligne deux heures après la réception du rapport de vulnérabilité sur le Bug Bounty de la plateforme. Il s’agissait d’une faille critique permettant d’exécuter du code à distance. Il n’y a eu aucune exploitation, et GitHub tient à faire savoir au monde sa rapidité de réponse. Néanmoins, cela participe aussi à une certaine défiance.

GitHub incrimine l’explosion du volume de requêtes

GitHub a indirectement répondu à ces critiques par l’intermédiaire d’un billet de blog, lui aussi daté du 28 avril, signé par Vlad Fedorov, directeur technique. Ce dernier y explique que GitHub a engagé un plan de multiplication par dix des capacités de sa plateforme, précisément pour en améliorer la fiabilité, mais l’effort se serait finalement révélé insuffisant : en février, il aurait ainsi mesuré que ces capacités auraient dû progresser d’un facteur 30, principalement à cause de l’essor des agents IA : « Le principal facteur est l’évolution rapide des méthodes de développement logiciel. Depuis la seconde moitié de décembre 2025, les flux de travail de développement automatisés se sont considérablement accélérés. »

Fedorov promet à cette occasion que les équipes sont entièrement mobilisées sur le sujet :

« Nos priorités sont claires : la disponibilité d’abord, puis la capacité, et enfin les nouvelles fonctionnalités. Nous réduisons les tâches inutiles, améliorons la mise en cache, isolons les services critiques, éliminons les points de défaillance uniques et déportons les processus critiques vers des systèmes conçus pour ces charges de travail. »

L’IA pointée du doigt

Cette remarque peut être perçue comme paradoxale du point de vue des développeurs qui observent l’insistance avec laquelle Microsoft cherche à fourrer de l’IA générative partout dans GitHub. Le développeur de Zig rappelle les propos tenus en août 2025 par Thomas Dohmke, le directeur général de la plateforme : « Soit vous adoptez l’IA, soit vous quittez votre carrière. »

Reste à voir comment cette IA s’intègre dans GitHub. Mais pour Andrew Kelley, le compte n’y est pas : GitHub Actions a commencé à choisir les tâches à exécuter de manière « apparemment aléatoire ».

Ce trop plein d’IA et la grogne qui en découle ont manifestement atteint les oreilles des dirigeants de Microsoft. L’éditeur va prioriser la stabilité et la fiabilité de Windows 11, en réduisant la voilure sur les fonctions d’IA qui n’apportent aucun bénéfice. Et même chez Xbox, la nouvelle direction incarnée par Asha Sharma ne veut pas inonder sa plateforme de « bouillie IA ». Alors à quand la prise de conscience chez GitHub ?

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Transformer une PS5 en PC Linux, c’est possible (avec des limitations)

Une autre vie pour la PS5
Transformer une PS5 en PC Linux, c’est possible (avec des limitations)

Avec la crise de la mémoire qui plombe les prix des composants PC, monter une machine ou en acheter une toute faite est douloureux pour le portefeuille. À la place, pourquoi ne pas recycler une PS5 en PC sous Linux ? C’est maintenant possible, grâce à une bidouille de haute volée… mais avec de grosses limites.

Après tout, la PS5 est (presque) un PC comme un autre, avec son architecture AMD. Alors pourquoi limiter la console aux jeux PlayStation ? Une manipulation permet de lancer Linux sur la version « Phat » de la PS5 (les modèles d’avant la génération Slim de 2023). La manip, développée par Andy Nguyen, est documentée sur GitHub. Après installation, la PS5 peut démarrer sur Ubuntu 24.04 à partir d’un disque USB externe, ou même du SSD M.2 optionnel à brancher sur le slot d’extension de la console.

Des jeux PC sur PS5

Cela permet, par exemple, d’installer des jeux depuis la version Linux de Steam à l’image de GTA 5 Enhanced. Comme l’a montré Andy Nguyen, le jeu tourne au poil avec le ray tracing en prime. L’utilisateur pourra profiter d’une machine dotée d’un processeur 8 cœurs Zen 2 (16 threads) à 3,5 GHz et d’un GPU RDNA 2 à 2,23 GHz, à brancher sur un écran jusqu’à 4K à 60 Hz. Autant dire aussi que l’émulation de jeux ne pose aucun problème avec ce genre de configuration. Et il est également possible de se servir de cette PS5 sous Linux comme d’un ordinateur de bureau classique, en joignant un clavier et une souris puisque les ports USB de la console sont fonctionnels.

Le sympathique logo de PS5 Linux

Mais avant tout, il faudra posséder la bonne génération de la console fonctionnant sous une version du logiciel interne prise en charge par le hack : 3.00, 3.10, 3.20, 3.21 (sans support du SSD M.2), ou encore 4.00, 4.02, 4.03, 4.50, 4.51 (avec support du SSD M.2). Les versions 1.xx et 2.xx pourraient être ajoutées au lot, tout comme les firmwares 5.xx. Dans ce dernier cas cependant, Linux tournera dans une machine virtuelle de GameOS (le nom officieux du système d’exploitation de la PS5), ce qui pourrait impliquer des restrictions.

Même si ce n’est pas si simple, il est possible d’installer une version plus ancienne du firmware de la console, en téléchargeant la version désirée du logiciel puis en suivant le guide officiel de Sony à ce sujet. Le bidouilleur propose d’exploiter une faille de l’hyperviseur, la couche du système qui contrôle tout ce qui tourne sur la machine, et un jailbreak basé sur umtx2 indispensable pour exécuter du code non signé. La procédure demande aussi de configurer un faux serveur DNS et un hôte HTTPS sur un PC en local afin de déclencher la vulnérabilité.

Image : Andy Nguyen

Une fois le payload en place, la console passe en mode veille et la LED en façade doit passer à l’orange. Appuyer sur le bouton d’allumage permet de démarrer sous Linux. Si la LED devient blanche, magie de l’informatique, l’installation a fonctionné et à vous les joies de Linux sur PS5. Tout passe par le stockage externe, le SSD interne de la PS5 n’est pas modifié.

Évidemment, on est loin d’une manipulation plug’n play, ce d’autant qu’il faut relancer la manipulation à chaque fois pour démarrer sous Linux ; ce n’est pas à proprement parler une solution dual-boot. Et puis il faudra faire sans le support du Wi-Fi natif ni du Bluetooth (on peut passer par un dongle), s’accommoder d’une sortie audio parfois instable et d’une compatibilité vidéo capricieuse. C’est néanmoins un premier pas particulièrement intéressant, car il ouvre la voie à des solutions plus stables.

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Transformer une PS5 en PC Linux, c’est possible (avec des limitations)

Une autre vie pour la PS5
Transformer une PS5 en PC Linux, c’est possible (avec des limitations)

Avec la crise de la mémoire qui plombe les prix des composants PC, monter une machine ou en acheter une toute faite est douloureux pour le portefeuille. À la place, pourquoi ne pas recycler une PS5 en PC sous Linux ? C’est maintenant possible, grâce à une bidouille de haute volée… mais avec de grosses limites.

Après tout, la PS5 est (presque) un PC comme un autre, avec son architecture AMD. Alors pourquoi limiter la console aux jeux PlayStation ? Une manipulation permet de lancer Linux sur la version « Phat » de la PS5 (les modèles d’avant la génération Slim de 2023). La manip, développée par Andy Nguyen, est documentée sur GitHub. Après installation, la PS5 peut démarrer sur Ubuntu 24.04 à partir d’un disque USB externe, ou même du SSD M.2 optionnel à brancher sur le slot d’extension de la console.

Des jeux PC sur PS5

Cela permet, par exemple, d’installer des jeux depuis la version Linux de Steam à l’image de GTA 5 Enhanced. Comme l’a montré Andy Nguyen, le jeu tourne au poil avec le ray tracing en prime. L’utilisateur pourra profiter d’une machine dotée d’un processeur 8 cœurs Zen 2 (16 threads) à 3,5 GHz et d’un GPU RDNA 2 à 2,23 GHz, à brancher sur un écran jusqu’à 4K à 60 Hz. Autant dire aussi que l’émulation de jeux ne pose aucun problème avec ce genre de configuration. Et il est également possible de se servir de cette PS5 sous Linux comme d’un ordinateur de bureau classique, en joignant un clavier et une souris puisque les ports USB de la console sont fonctionnels.

Le sympathique logo de PS5 Linux

Mais avant tout, il faudra posséder la bonne génération de la console fonctionnant sous une version du logiciel interne prise en charge par le hack : 3.00, 3.10, 3.20, 3.21 (sans support du SSD M.2), ou encore 4.00, 4.02, 4.03, 4.50, 4.51 (avec support du SSD M.2). Les versions 1.xx et 2.xx pourraient être ajoutées au lot, tout comme les firmwares 5.xx. Dans ce dernier cas cependant, Linux tournera dans une machine virtuelle de GameOS (le nom officieux du système d’exploitation de la PS5), ce qui pourrait impliquer des restrictions.

Même si ce n’est pas si simple, il est possible d’installer une version plus ancienne du firmware de la console, en téléchargeant la version désirée du logiciel puis en suivant le guide officiel de Sony à ce sujet. Le bidouilleur propose d’exploiter une faille de l’hyperviseur, la couche du système qui contrôle tout ce qui tourne sur la machine, et un jailbreak basé sur umtx2 indispensable pour exécuter du code non signé. La procédure demande aussi de configurer un faux serveur DNS et un hôte HTTPS sur un PC en local afin de déclencher la vulnérabilité.

Image : Andy Nguyen

Une fois le payload en place, la console passe en mode veille et la LED en façade doit passer à l’orange. Appuyer sur le bouton d’allumage permet de démarrer sous Linux. Si la LED devient blanche, magie de l’informatique, l’installation a fonctionné et à vous les joies de Linux sur PS5. Tout passe par le stockage externe, le SSD interne de la PS5 n’est pas modifié.

Évidemment, on est loin d’une manipulation plug’n play, ce d’autant qu’il faut relancer la manipulation à chaque fois pour démarrer sous Linux ; ce n’est pas à proprement parler une solution dual-boot. Et puis il faudra faire sans le support du Wi-Fi natif ni du Bluetooth (on peut passer par un dongle), s’accommoder d’une sortie audio parfois instable et d’une compatibilité vidéo capricieuse. C’est néanmoins un premier pas particulièrement intéressant, car il ouvre la voie à des solutions plus stables.

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Le grand cirque OpenAI avant son introduction en bourse

De Sam Altman ou d'Elon Musk, qui fait le clown ?
Le grand cirque OpenAI avant son introduction en bourse

OpenAI a-t-elle les moyens de ses ambitions ? La question, sempiternelle, revient régulièrement sur la table, et encore plus avec l’introduction en Bourse qui se profile à l’horizon. L’inquiétude est de mise, après des bruits de couloir sur les résultats moins bons que prévu… et tout un Barnum d’annonces, de changements et de batailles de prétoires.

OpenAI doit se lancer en Bourse dans le courant du quatrième trimestre. Une IPO maousse costaud à l’horizon, sachant que la dernière levée de fonds de 122 milliards de dollars valorise l’entreprise à hauteur de 852 milliards. Parce qu’on n’a pas souvent l’occasion de faire une bonne première impression devant les investisseurs, la startup doit présenter son meilleur profil possible. Et à en croire les dernières indiscrétions du Wall Street Journal, les résultats de ces derniers mois pourraient jeter un seau d’eau bien glacée sur les ambitions de Sam Altman.

Un fonds de caisse à la peine

ChatGPT aurait ainsi raté la marche du milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires en fin d’année dernière. Lors de l’annonce de la levée de fonds le 31 mars, OpenAI en annonçait « plus de 900 millions », et comptait 90 millions d’abonnés. L’entreprise expliquait toutefois que sa « plateforme technologique » sera la première à atteindre le milliard. Le fait de n’avoir toujours pas annoncé le franchissement de ce cap symbolique inquiéterait des investisseurs.

Illustration : Flock

Autre déception : OpenAI aurait aussi manqué son objectif annuel de revenus pour ChatGPT. Dans le même communiqué, le groupe égrenait les bonnes nouvelles sur ce front : le seuil du premier milliard de dollars a été atteint moins d’un an après le lancement du bot, fin 2022. OpenAI réalisait un milliard de dollars par trimestre fin 2024. Désormais, le compteur est à 2 milliards par mois : « à ce stade, notre chiffre d’affaires croît quatre fois plus vite que celui des entreprises qui ont façonné les ères de l’internet et du mobile, comme Alphabet et Meta », fanfaronnait OpenAI.

ChatGPT est cependant tombé sur un os l’an dernier. Google a mis les bouchées doubles avec Gemini 3, qui a permis au géant du web de grignoter des parts de marché — forçant OpenAI à lancer une « alerte rouge » pour accélérer la sortie de GPT-5.2. Le taux de désabonnement aurait également été plus élevé qu’attendu.

Enfin, l’éparpillement d’OpenAI, entre « mode adulte » de ChatGPT et génération de vidéos Sora, aurait permis à Anthropic de cimenter sa position de force chez les développeurs et les entreprises. C’est d’ailleurs ce qui a motivé l’abandon de ces expérimentations, pour revenir aux fondamentaux. Et à la mise en chantier d’une « superapp », dont on commence à voir les contours dans Codex. En attendant que ce recentrage porte ses fruits, les objectifs mensuels de chiffre d’affaires n’auraient pas été au rendez-vous à plusieurs reprises depuis le début d’année.

Sarah Friar, la directrice financière d’OpenAI (CFO), s’inquiéterait selon le Wall Street Journal des capacités de l’entreprise à honorer les contrats monumentaux passés avec des fournisseurs de capacités de calcul, si les revenus ne progressent pas suffisamment vite. La CFO ainsi que d’autres dirigeants chercheraient désormais à maîtriser les coûts et instaurer davantage de discipline. Ce qui peut les mettre en porte-à-faux vis-à-vis de Sam Altman, dont les ambitions n’ont pas reculé.

OpenAI s’est inscrite en faux face aux indiscrétions du WSJ, qualifiées d’« appâts à clics ». L’entreprise affirme que ses activités grand public et pro tournent à plein régime, et observe une hausse de la demande du côté des clients professionnels et pour son activité publicitaire. « L’ambiance en interne est extrêmement positive », assure encore le groupe.

Microsoft devient un partenaire presque comme les autres

Afin d’améliorer la perception de l’entreprise, OpenAI s’est finalement débarrassé du boulet Microsoft, du moins d’une partie. L’accord qui liait les deux entreprises depuis les origines de la startup a été révisé en profondeur. Jusqu’à présent, le géant du logiciel disposait d’un droit exclusif pour commercialiser les modèles d’OpenAI via le cloud Azure : ce verrou a sauté. D’autres acteurs, dont Amazon, vont pouvoir vendre ces modèles sur leurs propres plateformes (AWS dans le cas présent).

Au fur et à mesure qu’OpenAI grandissait, la situation avec Microsoft devenait de plus en plus complexe, Microsoft devant verser à son partenaire une part des revenus générés par les produits et services vendus via son infrastructure. Ça n’est désormais plus le cas. L’éditeur de Windows conserve néanmoins une place de choix, d’abord grâce aux 27 % qu’il détient dans le capital d’OpenAI suite à sa restructuration il y a un an.

Et puis Microsoft demeure le principal fournisseur de cloud d’OpenAI, dont les nouveaux produits seront lancés en priorité sur Azure. Le mastodonte percevra aussi une part des revenus d’OpenAI jusqu’en 2030, quel que soit l’avancée du développement de l’intelligence artificielle générale (AGI). L’ancien accord prévoyait l’arrêt de ces paiements en cas d’atteinte de l’AGI.

Des principes à géométrie variable

OpenAI a également, assez discrètement, revu ses principes fondateurs. Sam Altman a présenté sur le blog de l’entreprise une nouvelle liste de cinq grands principes censés guider le développement des modèles les plus avancés. Le premier glissement concerne justement l’AGI qui passe au second plan après avoir été longtemps au cœur du projet.

Le précédent texte de 2018 y faisait souvent référence, ce qui n’est plus le cas de la version remaniée postée dimanche dernier. Même si l’AGI doit toujours bénéficier à « l’ensemble de l’humanité », la focale s’élargit à l’ensemble des systèmes IA. OpenAI assume aussi une posture plus compétitive, alors que les rivaux — Anthropic, pour ne pas la nommer — exercent une pression toujours plus forte. Il y a 8 ans, OpenAI s’engageait à lever le pied si un autre acteur vertueux prenait de l’avance dans la course à l’AGI.

Sam Altman écrit désormais : « Nous reconnaissons également qu’OpenAI est aujourd’hui une force bien plus importante dans le monde qu’il y a quelques années, et nous serons transparents sur le moment, la manière et les raisons pour lesquelles nos principes opérationnels évoluent. » OpenAI se donne donc une plus grande latitude pour agir dans un contexte bien plus concurrentiel qu’en 2018. 

Les ambitions quasi-philosophiques laissent place à un pragmatisme plus assumé. Le CEO reconnait cependant qu’aucun laboratoire IA ne peut, à lui seul, « garantir un avenir positif ». Il promet de travailler avec d’autres entreprises et d’autres écosystèmes, avec les gouvernements et la société.

Et pendant ce temps, Elon Musk…

Tous ces changements interviennent à un moment décisif pour OpenAI. Le procès opposant Elon Musk à l’entreprise — et donc à Sam Altman — a en effet débuté ce mardi en Californie, culmination d’une saga interminable qui a compté des rebondissements dignes d’une telenovela

Le patron de Tesla, qui a contribué à la création d’OpenAI, reproche à ses anciens partenaires d’avoir trahi la mission initiale de la startup (une organisation à but non lucratif dédiée au « bien de l’humanité ») en la transformant en entité commerciale ayant enrichi Sam Altman.

OpenAI rejette ces accusations et décrit une attaque motivée par la rivalité. La défense souligne aussi le fait qu’Elon Musk dirige un concurrent direct, xAI ; la plainte ne serait dès lors qu’une tentative de déstabilisation. L’homme le plus riche au monde (ou pas loin) réclame l’annulation de la restructuration d’OpenAI, le départ de ses dirigeants et jusqu’à 134 milliards de dollars de dommages et intérêts (!). 

Le déroulement du procès ces prochaines semaines et d’éventuelles révélations sur la vraie santé d’OpenAI pourraient peser lourd sur son IPO.

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Le grand cirque OpenAI avant son introduction en bourse

De Sam Altman ou d'Elon Musk, qui fait le clown ?
Le grand cirque OpenAI avant son introduction en bourse

OpenAI a-t-elle les moyens de ses ambitions ? La question, sempiternelle, revient régulièrement sur la table, et encore plus avec l’introduction en Bourse qui se profile à l’horizon. L’inquiétude est de mise, après des bruits de couloir sur les résultats moins bons que prévu… et tout un Barnum d’annonces, de changements et de batailles de prétoires.

OpenAI doit se lancer en Bourse dans le courant du quatrième trimestre. Une IPO maousse costaud à l’horizon, sachant que la dernière levée de fonds de 122 milliards de dollars valorise l’entreprise à hauteur de 852 milliards. Parce qu’on n’a pas souvent l’occasion de faire une bonne première impression devant les investisseurs, la startup doit présenter son meilleur profil possible. Et à en croire les dernières indiscrétions du Wall Street Journal, les résultats de ces derniers mois pourraient jeter un seau d’eau bien glacée sur les ambitions de Sam Altman.

Un fonds de caisse à la peine

ChatGPT aurait ainsi raté la marche du milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires en fin d’année dernière. Lors de l’annonce de la levée de fonds le 31 mars, OpenAI en annonçait « plus de 900 millions », et comptait 90 millions d’abonnés. L’entreprise expliquait toutefois que sa « plateforme technologique » sera la première à atteindre le milliard. Le fait de n’avoir toujours pas annoncé le franchissement de ce cap symbolique inquiéterait des investisseurs.

Illustration : Flock

Autre déception : OpenAI aurait aussi manqué son objectif annuel de revenus pour ChatGPT. Dans le même communiqué, le groupe égrenait les bonnes nouvelles sur ce front : le seuil du premier milliard de dollars a été atteint moins d’un an après le lancement du bot, fin 2022. OpenAI réalisait un milliard de dollars par trimestre fin 2024. Désormais, le compteur est à 2 milliards par mois : « à ce stade, notre chiffre d’affaires croît quatre fois plus vite que celui des entreprises qui ont façonné les ères de l’internet et du mobile, comme Alphabet et Meta », fanfaronnait OpenAI.

ChatGPT est cependant tombé sur un os l’an dernier. Google a mis les bouchées doubles avec Gemini 3, qui a permis au géant du web de grignoter des parts de marché — forçant OpenAI à lancer une « alerte rouge » pour accélérer la sortie de GPT-5.2. Le taux de désabonnement aurait également été plus élevé qu’attendu.

Enfin, l’éparpillement d’OpenAI, entre « mode adulte » de ChatGPT et génération de vidéos Sora, aurait permis à Anthropic de cimenter sa position de force chez les développeurs et les entreprises. C’est d’ailleurs ce qui a motivé l’abandon de ces expérimentations, pour revenir aux fondamentaux. Et à la mise en chantier d’une « superapp », dont on commence à voir les contours dans Codex. En attendant que ce recentrage porte ses fruits, les objectifs mensuels de chiffre d’affaires n’auraient pas été au rendez-vous à plusieurs reprises depuis le début d’année.

Sarah Friar, la directrice financière d’OpenAI (CFO), s’inquiéterait selon le Wall Street Journal des capacités de l’entreprise à honorer les contrats monumentaux passés avec des fournisseurs de capacités de calcul, si les revenus ne progressent pas suffisamment vite. La CFO ainsi que d’autres dirigeants chercheraient désormais à maîtriser les coûts et instaurer davantage de discipline. Ce qui peut les mettre en porte-à-faux vis-à-vis de Sam Altman, dont les ambitions n’ont pas reculé.

OpenAI s’est inscrite en faux face aux indiscrétions du WSJ, qualifiées d’« appâts à clics ». L’entreprise affirme que ses activités grand public et pro tournent à plein régime, et observe une hausse de la demande du côté des clients professionnels et pour son activité publicitaire. « L’ambiance en interne est extrêmement positive », assure encore le groupe.

Microsoft devient un partenaire presque comme les autres

Afin d’améliorer la perception de l’entreprise, OpenAI s’est finalement débarrassé du boulet Microsoft, du moins d’une partie. L’accord qui liait les deux entreprises depuis les origines de la startup a été révisé en profondeur. Jusqu’à présent, le géant du logiciel disposait d’un droit exclusif pour commercialiser les modèles d’OpenAI via le cloud Azure : ce verrou a sauté. D’autres acteurs, dont Amazon, vont pouvoir vendre ces modèles sur leurs propres plateformes (AWS dans le cas présent).

Au fur et à mesure qu’OpenAI grandissait, la situation avec Microsoft devenait de plus en plus complexe, Microsoft devant verser à son partenaire une part des revenus générés par les produits et services vendus via son infrastructure. Ça n’est désormais plus le cas. L’éditeur de Windows conserve néanmoins une place de choix, d’abord grâce aux 27 % qu’il détient dans le capital d’OpenAI suite à sa restructuration il y a un an.

Et puis Microsoft demeure le principal fournisseur de cloud d’OpenAI, dont les nouveaux produits seront lancés en priorité sur Azure. Le mastodonte percevra aussi une part des revenus d’OpenAI jusqu’en 2030, quel que soit l’avancée du développement de l’intelligence artificielle générale (AGI). L’ancien accord prévoyait l’arrêt de ces paiements en cas d’atteinte de l’AGI.

Des principes à géométrie variable

OpenAI a également, assez discrètement, revu ses principes fondateurs. Sam Altman a présenté sur le blog de l’entreprise une nouvelle liste de cinq grands principes censés guider le développement des modèles les plus avancés. Le premier glissement concerne justement l’AGI qui passe au second plan après avoir été longtemps au cœur du projet.

Le précédent texte de 2018 y faisait souvent référence, ce qui n’est plus le cas de la version remaniée postée dimanche dernier. Même si l’AGI doit toujours bénéficier à « l’ensemble de l’humanité », la focale s’élargit à l’ensemble des systèmes IA. OpenAI assume aussi une posture plus compétitive, alors que les rivaux — Anthropic, pour ne pas la nommer — exercent une pression toujours plus forte. Il y a 8 ans, OpenAI s’engageait à lever le pied si un autre acteur vertueux prenait de l’avance dans la course à l’AGI.

Sam Altman écrit désormais : « Nous reconnaissons également qu’OpenAI est aujourd’hui une force bien plus importante dans le monde qu’il y a quelques années, et nous serons transparents sur le moment, la manière et les raisons pour lesquelles nos principes opérationnels évoluent. » OpenAI se donne donc une plus grande latitude pour agir dans un contexte bien plus concurrentiel qu’en 2018. 

Les ambitions quasi-philosophiques laissent place à un pragmatisme plus assumé. Le CEO reconnait cependant qu’aucun laboratoire IA ne peut, à lui seul, « garantir un avenir positif ». Il promet de travailler avec d’autres entreprises et d’autres écosystèmes, avec les gouvernements et la société.

Et pendant ce temps, Elon Musk…

Tous ces changements interviennent à un moment décisif pour OpenAI. Le procès opposant Elon Musk à l’entreprise — et donc à Sam Altman — a en effet débuté ce mardi en Californie, culmination d’une saga interminable qui a compté des rebondissements dignes d’une telenovela

Le patron de Tesla, qui a contribué à la création d’OpenAI, reproche à ses anciens partenaires d’avoir trahi la mission initiale de la startup (une organisation à but non lucratif dédiée au « bien de l’humanité ») en la transformant en entité commerciale ayant enrichi Sam Altman.

OpenAI rejette ces accusations et décrit une attaque motivée par la rivalité. La défense souligne aussi le fait qu’Elon Musk dirige un concurrent direct, xAI ; la plainte ne serait dès lors qu’une tentative de déstabilisation. L’homme le plus riche au monde (ou pas loin) réclame l’annulation de la restructuration d’OpenAI, le départ de ses dirigeants et jusqu’à 134 milliards de dollars de dommages et intérêts (!). 

Le déroulement du procès ces prochaines semaines et d’éventuelles révélations sur la vraie santé d’OpenAI pourraient peser lourd sur son IPO.

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Brave Origin : un navigateur allégé vendu au prix fort

Une offre brave ou téméraire
Brave Origin : un navigateur allégé vendu au prix fort

Brave tente une aventure originale : l’éditeur du navigateur web du même nom va en effet proposer une version Origin du logiciel au prix rondelet de 60 dollars. En échange de quoi, les clients se retrouveront avec une mouture de Brave sans des fonctions que l’on peut désactiver dans la version standard de Brave… gratuitement.

À partir de juin, il sera possible d’acheter Brave Origin, une version sans fioritures du navigateur web. Plusieurs fonctions historiques du logiciel seront désactivées. Ce n’est pas une surprise, le CEO de Brave, Brendan Eich, en parlait l’été dernier, puis de nouveau le 31 décembre 2025.

C’est notamment le cas de Leo (assistant IA intégré), l’outil de vidéoconférence Talk, le flux d’actualités personnalisé, l’accès rapide à Wayback Machine, le système de récompenses, le wallet de cryptos, le VPN, l’accès Tor, ou encore les stats internes. 

Le navigateur où l’on paie pour en avoir moins

Autant dire qu’il ne restera plus grand-chose, si ce n’est bien sûr le moteur Chromium derrière une interface dépouillée, le bloqueur de publicités, les protections de confidentialité (qui continueront d’être mises à jour), et bien sûr les correctifs de sécurité.

Cela concerne les fonctionnalités actuelles, mais aussi celles à venir : « toutes les nouvelles fonctionnalités que nous lancerons (en dehors du cœur de Brave Shields) n’apparaîtraient pas dans l’application autonome Brave Origin », explique l’éditeur.

Brave entend séduire ici tous ceux qui cherchent un navigateur sans fonctions inutiles, sans logique crypto ni publicité interne. Cette version light du navigateur va également alléger le portefeuille, puisqu’elle sera vendue 59,99 dollars (gratuite pour les utilisateurs Linux).

Brave Origin.

10 activations maximum

Cette offre se destine d’abord et avant tout aux utilisateurs les plus « passionnés », ceux qui souhaitent soutenir l’équipe de développement de Brave car toutes ces fonctions peuvent être désactivées dans les réglages du navigateur standard qui ne coûte rien. Il y a néanmoins des points curieux dans cette offre : le nombre d’activations est limité à 10, et cela comprend aussi les installations après restauration d’un PC ou d’un smartphone. 

Brave justifie cette limitation par le système de paiement, qui ne lie pas le navigateur aux informations d’achat. L’éditeur planche toutefois sur un mécanisme qui permettra d’obtenir des activations supplémentaires avec un plafond mensuel.

Autre bizarrerie : Brave Origin est distribué en solo, mais il pourra aussi être acheté et activé dans la version standard de Brave. Dans ce dernier cas, un nouveau panneau de réglages fera alors son apparition, présentant les options désactivées par défaut dans Origin (que l’on pourra donc réactiver si on le souhaite).

Brave Origin ne perd pas de temps au lancement.

Cette future offre a le mérite de sortir du lot, les navigateurs web payants se faisant plutôt rares ces derniers temps. Certains proposent de débloquer des fonctions supplémentaires (comme Brave) pour utiliser le VPN ou des fonctions IA, d’autres des abonnements à l’image de Psylo pour obtenir des options d’anonymat avancé. 

Des fonctions en moins… mais aussi des revenus en moins pour Brave

Ce qui est singulier ici, c’est que Brave Origin fasse payer pour des fonctions en moins ! Le prix demandé reflète la valeur que tire Brave des différents outils intégrés au fil du temps dans le navigateur. L’éditeur l’indique d’ailleurs noir sur blanc : cette « version du navigateur est destinée aux utilisateurs qui n’ont pas besoin de toutes les fonctionnalités qui soutiennent par Brave en tant qu’entreprise, mais qui souhaitent tout de même bénéficier de la confidentialité que seul Brave propose ».

Le logiciel, qui revendique 110 millions d’utilisateurs dans le monde, met en avant son approche basée sur la protection de la confidentialité, mais son modèle économique est parfois déroutant avec ses publicités « respectueuses de la vie privée », son wallet, son VPN et son système de récompenses en crypto (BAT sur la blockchain Ethereum).

Pas besoin d’attendre le mois de juin pour mettre la main sur Brave Origin : la version alpha du navigateur est disponible sur Linux, macOS et Windows dans son canal Nightly. Il est aussi possible d’installer l’équivalent Android depuis le Play Store.

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Brave Origin : un navigateur allégé vendu au prix fort

Une offre brave ou téméraire
Brave Origin : un navigateur allégé vendu au prix fort

Brave tente une aventure originale : l’éditeur du navigateur web du même nom va en effet proposer une version Origin du logiciel au prix rondelet de 60 dollars. En échange de quoi, les clients se retrouveront avec une mouture de Brave sans des fonctions que l’on peut désactiver dans la version standard de Brave… gratuitement.

À partir de juin, il sera possible d’acheter Brave Origin, une version sans fioritures du navigateur web. Plusieurs fonctions historiques du logiciel seront désactivées. Ce n’est pas une surprise, le CEO de Brave, Brendan Eich, en parlait l’été dernier, puis de nouveau le 31 décembre 2025.

C’est notamment le cas de Leo (assistant IA intégré), l’outil de vidéoconférence Talk, le flux d’actualités personnalisé, l’accès rapide à Wayback Machine, le système de récompenses, le wallet de cryptos, le VPN, l’accès Tor, ou encore les stats internes. 

Le navigateur où l’on paie pour en avoir moins

Autant dire qu’il ne restera plus grand-chose, si ce n’est bien sûr le moteur Chromium derrière une interface dépouillée, le bloqueur de publicités, les protections de confidentialité (qui continueront d’être mises à jour), et bien sûr les correctifs de sécurité.

Cela concerne les fonctionnalités actuelles, mais aussi celles à venir : « toutes les nouvelles fonctionnalités que nous lancerons (en dehors du cœur de Brave Shields) n’apparaîtraient pas dans l’application autonome Brave Origin », explique l’éditeur.

Brave entend séduire ici tous ceux qui cherchent un navigateur sans fonctions inutiles, sans logique crypto ni publicité interne. Cette version light du navigateur va également alléger le portefeuille, puisqu’elle sera vendue 59,99 dollars (gratuite pour les utilisateurs Linux).

Brave Origin.

10 activations maximum

Cette offre se destine d’abord et avant tout aux utilisateurs les plus « passionnés », ceux qui souhaitent soutenir l’équipe de développement de Brave car toutes ces fonctions peuvent être désactivées dans les réglages du navigateur standard qui ne coûte rien. Il y a néanmoins des points curieux dans cette offre : le nombre d’activations est limité à 10, et cela comprend aussi les installations après restauration d’un PC ou d’un smartphone. 

Brave justifie cette limitation par le système de paiement, qui ne lie pas le navigateur aux informations d’achat. L’éditeur planche toutefois sur un mécanisme qui permettra d’obtenir des activations supplémentaires avec un plafond mensuel.

Autre bizarrerie : Brave Origin est distribué en solo, mais il pourra aussi être acheté et activé dans la version standard de Brave. Dans ce dernier cas, un nouveau panneau de réglages fera alors son apparition, présentant les options désactivées par défaut dans Origin (que l’on pourra donc réactiver si on le souhaite).

Brave Origin ne perd pas de temps au lancement.

Cette future offre a le mérite de sortir du lot, les navigateurs web payants se faisant plutôt rares ces derniers temps. Certains proposent de débloquer des fonctions supplémentaires (comme Brave) pour utiliser le VPN ou des fonctions IA, d’autres des abonnements à l’image de Psylo pour obtenir des options d’anonymat avancé. 

Des fonctions en moins… mais aussi des revenus en moins pour Brave

Ce qui est singulier ici, c’est que Brave Origin fasse payer pour des fonctions en moins ! Le prix demandé reflète la valeur que tire Brave des différents outils intégrés au fil du temps dans le navigateur. L’éditeur l’indique d’ailleurs noir sur blanc : cette « version du navigateur est destinée aux utilisateurs qui n’ont pas besoin de toutes les fonctionnalités qui soutiennent par Brave en tant qu’entreprise, mais qui souhaitent tout de même bénéficier de la confidentialité que seul Brave propose ».

Le logiciel, qui revendique 110 millions d’utilisateurs dans le monde, met en avant son approche basée sur la protection de la confidentialité, mais son modèle économique est parfois déroutant avec ses publicités « respectueuses de la vie privée », son wallet, son VPN et son système de récompenses en crypto (BAT sur la blockchain Ethereum).

Pas besoin d’attendre le mois de juin pour mettre la main sur Brave Origin : la version alpha du navigateur est disponible sur Linux, macOS et Windows dans son canal Nightly. Il est aussi possible d’installer l’équivalent Android depuis le Play Store.

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L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

Une date de péremption sur les jeux PlayStation
L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

Un DRM s’est-il discrètement invité dans les jeux PS4 et PS5 achetés en ligne ? C’est la crainte de nombreux joueurs PlayStation, depuis qu’un nouveau système (ou un bug ?) frappe les jeux vendus sur le PS Store.

Mise à jour 29/04 — Dans une déclaration envoyée à GameSpot, un porte-parole de Sony a expliqué qu’« une vérification en ligne unique est nécessaire pour confirmer la licence du jeu, après quoi aucune autre vérification ne sera requise ». Par conséquent, les joueurs pourront continuer à accéder à leurs jeux dématérialisés « et à y jouer normalement ». L’hypothèse du bug semble donc se concrétiser, ce qui sera un soulagement pour beaucoup de joueurs. Ce système de vérification de licence aurait été mis en place pour lutter contre les fraudes au remboursement, mais le mécanisme a été conçu pour se transformer ensuite en licences illimitées.

Article original, 28/04 — Les premiers témoignages sur la présence d’un DRM dans les jeux PS4 et PS5 achetés dans la boutique PlayStation ont commencé à émerger fin mars. Dans la fiche d’information de Resident Evil: Code Veronica X, un joueur a eu la surprise de découvrir la mention « Temps restant : 29 jours ». Le titre avait été acheté quelques jours plus tôt sur le PS Store.

30 jours et puis s’en va

Depuis, la présence de cette période de validité s’est multipliée, toujours pour les jeux en version dématérialisée (des achats ou des démos). Une hypothèse se dégage, après l’enquête du youtubeur Spawn Wave qui a testé plusieurs scénarios. Les jeux achetés ces derniers jours dans la boutique en ligne ont besoin d’un renouvellement de leur licence tous les 30 jours ; l’opération se réalise en connectant la console à internet.

Capture d’écran de la vidéo de Spawn Wave.

En retirant de la console la pile CMOS (qui gère notamment l’horloge interne), Spawn Wave a pu constater que les jeux dématérialisés ne pouvaient plus se lancer, avec ce message d’erreur à la clé : « Impossible d’utiliser ce contenu. Impossible de se connecter au serveur pour vérifier votre licence. Attendez un moment, puis réessayez ». En connectant la console à internet, plus de souci, les jeux se lancent normalement. Il n’a rencontré aucun problème avec des jeux achetés le mois dernier, ni avec des jeux sur support physique.

Sony a mis en ligne une mise à jour du logiciel interne de ses consoles fin mars. Les premiers témoignages de cette procédure de vérification remontent de cette époque : certains jeux vendus sur le PS Store, qu’ils soient récents ou plus anciens, nécessiteraient une connexion aux serveurs de Sony tous les 30 jours pour valider leur licence. 

Image : spider17adams

2013, qui se souvient ?

Tout cela n’est pas sans évoquer le fiasco de la présentation de la Xbox One en 2013, où Microsoft avait tenté d’imposer une vérification en ligne toutes les 24 heures pour les jeux. Le constructeur avait fait marche arrière très vite, mais le mal était fait et d’ailleurs, Sony en avait profité pour troller son rival avec une vraie-fausse publicité restée dans les mémoires. Elle expliquait comment partager ses jeux sur PS4… simplement en les prêtant à un ami.

Sony n’est pas aussi agressif avec cette fenêtre de 30 jours, mais le principe rappelle de mauvais souvenirs : que se passera-t-il si d’aventure, le constructeur décide de fermer ses serveurs ? L’absence de communication officielle n’aide en rien à éclaircir l’affaire… qui pourrait en bout de course n’être qu’un bug. Le comportement est en effet incohérent en fonction des joueurs. Il pourrait s’agir d’une erreur liée à un correctif anti-piratage.

Tout cela rappelle que l’on ne possède pas les jeux, on achète une licence d’utilisation encadrée par l’éditeur. L’industrie fait actuellement face à une fronde de joueurs qui veulent imposer aux éditeurs l’obligation de laisser les jeux achetés dans un état fonctionnel, même après la fermeture des serveurs officiels.

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L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

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L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

Un DRM s’est-il discrètement invité dans les jeux PS4 et PS5 achetés en ligne ? C’est la crainte de nombreux joueurs PlayStation, depuis qu’un nouveau système (ou un bug ?) frappe les jeux vendus sur le PS Store.

Mise à jour 29/04 — Dans une déclaration envoyée à GameSpot, un porte-parole de Sony a expliqué qu’« une vérification en ligne unique est nécessaire pour confirmer la licence du jeu, après quoi aucune autre vérification ne sera requise ». Par conséquent, les joueurs pourront continuer à accéder à leurs jeux dématérialisés « et à y jouer normalement ». L’hypothèse du bug semble donc se concrétiser, ce qui sera un soulagement pour beaucoup de joueurs. Ce système de vérification de licence aurait été mis en place pour lutter contre les fraudes au remboursement, mais le mécanisme a été conçu pour se transformer ensuite en licences illimitées.

Article original, 28/04 — Les premiers témoignages sur la présence d’un DRM dans les jeux PS4 et PS5 achetés dans la boutique PlayStation ont commencé à émerger fin mars. Dans la fiche d’information de Resident Evil: Code Veronica X, un joueur a eu la surprise de découvrir la mention « Temps restant : 29 jours ». Le titre avait été acheté quelques jours plus tôt sur le PS Store.

30 jours et puis s’en va

Depuis, la présence de cette période de validité s’est multipliée, toujours pour les jeux en version dématérialisée (des achats ou des démos). Une hypothèse se dégage, après l’enquête du youtubeur Spawn Wave qui a testé plusieurs scénarios. Les jeux achetés ces derniers jours dans la boutique en ligne ont besoin d’un renouvellement de leur licence tous les 30 jours ; l’opération se réalise en connectant la console à internet.

Capture d’écran de la vidéo de Spawn Wave.

En retirant de la console la pile CMOS (qui gère notamment l’horloge interne), Spawn Wave a pu constater que les jeux dématérialisés ne pouvaient plus se lancer, avec ce message d’erreur à la clé : « Impossible d’utiliser ce contenu. Impossible de se connecter au serveur pour vérifier votre licence. Attendez un moment, puis réessayez ». En connectant la console à internet, plus de souci, les jeux se lancent normalement. Il n’a rencontré aucun problème avec des jeux achetés le mois dernier, ni avec des jeux sur support physique.

Sony a mis en ligne une mise à jour du logiciel interne de ses consoles fin mars. Les premiers témoignages de cette procédure de vérification remontent de cette époque : certains jeux vendus sur le PS Store, qu’ils soient récents ou plus anciens, nécessiteraient une connexion aux serveurs de Sony tous les 30 jours pour valider leur licence. 

Image : spider17adams

2013, qui se souvient ?

Tout cela n’est pas sans évoquer le fiasco de la présentation de la Xbox One en 2013, où Microsoft avait tenté d’imposer une vérification en ligne toutes les 24 heures pour les jeux. Le constructeur avait fait marche arrière très vite, mais le mal était fait et d’ailleurs, Sony en avait profité pour troller son rival avec une vraie-fausse publicité restée dans les mémoires. Elle expliquait comment partager ses jeux sur PS4… simplement en les prêtant à un ami.

Sony n’est pas aussi agressif avec cette fenêtre de 30 jours, mais le principe rappelle de mauvais souvenirs : que se passera-t-il si d’aventure, le constructeur décide de fermer ses serveurs ? L’absence de communication officielle n’aide en rien à éclaircir l’affaire… qui pourrait en bout de course n’être qu’un bug. Le comportement est en effet incohérent en fonction des joueurs. Il pourrait s’agir d’une erreur liée à un correctif anti-piratage.

Tout cela rappelle que l’on ne possède pas les jeux, on achète une licence d’utilisation encadrée par l’éditeur. L’industrie fait actuellement face à une fronde de joueurs qui veulent imposer aux éditeurs l’obligation de laisser les jeux achetés dans un état fonctionnel, même après la fermeture des serveurs officiels.

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