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Mistral réunit 722 millions d’euros pour financer l’achat de 13 800 GPU NVIDIA


Mistral réunit 722 millions d’euros pour financer l’achat de 13 800 GPU NVIDIA

Mistral annonce avoir finalisé l’emprunt de 830 millions de dollars qui doit lui permettre de financer les GPU destinés à son datacenter de Bruyères-le-Châtel, au sud de Paris. Cette somme amenée par un pool bancaire, servira à acheter 13 800 puces GB300 à NVIDIA, et portera la puissance IT installée sur le site à 44 MW.

Mistral AI a annoncé lundi 30 mars avoir conclu les conditions d’un financement par la dette portant sur une enveloppe de 830 millions de dollars (722 millions d’euros), auprès d’un panel de banques.

Cet emprunt, dont les conditions n’ont pas été précisées, répond à un besoin précisément identifié : l’équipement en puces spécialisées du datacenter utilisé par Mistral AI et construit par Eclairion à Bruyères-le-Châtel, à proximité immédiate des installations du CEA au sud de Paris, à une trentaine de kilomètres du plateau de Saclay. La somme doit en l’occurrence permettre l’acquisition de 13 800 puces GB300 signées NVIDIA.

44 MW de puissance IT équipés en GB300

Ces ressources informatiques porteront la puissance IT disponible pour Mistral à 44 MW, indique l’entreprise. « Alors que les gouvernements et les entreprises cherchent activement à construire leur propre environnement d’IA personnalisé, nous développons notre infrastructure en Europe. Mistral AI est le guichet unique pour l’innovation et l’autonomie en IA. », s’est réjoui Arthur Mensch, CEO et cofondateur de Mistral AI.

L’opération fait intervenir une majorité d’acteurs français, avec la banque publique d’investissement, Bpifrance et cinq établissements privés BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, HSBC, La Banque Postale et Natixis Corporate & Investment Banking. Un septième acteur, étranger cette fois, participe au tour : la banque MUFG (groupe Mitsubishi).

Le projet et son emplacement avaient été dévoilés en février 2025 par Mistral AI. La startup avait alors annoncé s’être associée avec Eclairion, un acteur français spécialisé dans la conception de datacenters haute densité.

L’intégration devait également associer un intégrateur britannique devenu états-unien, Fluidstack, qui s’était également positionné sur l’un des projets clés en main identifiés par la France à Bosquel dans la Somme avec une enveloppe prévisionnelle de l’ordre de 10 milliards de dollars. D’après Bloomberg, Fluidstack aurait cependant révisé ses plans concernant la France, préférant concentrer ses investissements sur le sol des États-Unis.

Dans sa communication récente, Mistral AI n’évoque pas les partenaires industriels du projet, et ne précise pas les modalités de déploiement de ces GB300, ou la part exacte que représenteront ces derniers dans les 44 MW de puissance IT. Arnaud Lépinois, CEO d’Eclairion, indiquait le 4 décembre 2025 à l’occasion du Dell Technologies Forum être à quelques heures de la mise en production d’un cluster de GB200 destinés à Mistral AI et représentant la plus grosse machine d’IA de France. Les cartes du projet auraient-elles été rebattues ?

Une infrastructure au service de Mistral Compute

Si les parties prenantes ou le calendrier ont pu évoluer, Mistral AI parle d’une mise en service au deuxième trimestre 2026 et reste alignée sur l’objectif déjà exprimé : mettre à disposition une infrastructure de calcul affranchie de toute considération réglementaire extraterritoriale au profit des projets IA de ses grands clients institutionnels, via son offre Mistral Compute, officiellement inaugurée en juin dernier. En janvier, l’entreprise a notamment signé un accord-cadre avec le ministère des Armées.

« Nous continuerons d’investir dans ce domaine, compte tenu de la demande forte et durable des gouvernements, des entreprises et des institutions de recherche qui cherchent à construire leur propre environnement d’IA personnalisé, plutôt que de dépendre de fournisseurs cloud tiers. », déclare à ce propos Arthur Mensch.

Outre son projet en Essonne, l’entreprise a annoncé en février dernier un investissement à hauteur de 1,2 milliard d’euros dans un projet de centre de données situé en Suède, sa première infrastructure opérée en propre située hors de France. Quelques mois plus tôt, Mistral AI avait levé 1,3 milliard d’euros auprès du néerlandais ASML, en échange de 11 % de son capital. L’entreprise était alors valorisée 11,7 milliards d’euros. Elle affirme aujourd’hui viser 200 MW de puissance IT installée à fin 2027.

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Bluesky teste Attie, un assistant de recherche… basé sur l’IA

Le mauvais chasseur, y voit un truc qui bouge, y tire. Alors que le bon chasseur...
Bluesky teste Attie, un assistant de recherche… basé sur l’IA

Bluesky ouvre une expérimentation prudente autour de l’IA avec le lancement d’Attie, un « assistant » censé aider l’utilisateur à trouver des comptes ou des contenus intéressants, en fonction de demandes exprimées en langage naturel. Présentée comme exploratoire, la démarche est accueillie plutôt froidement par les utilisateurs du réseau social.

Organisée entre les 26 et 29 mars, la conférence Atmosphere a réuni pendant quatre jours la communauté des développeurs intéressés par le protocole AT (Authenticated Transfer Protocol). Bluesky, dont le réseau social exploite ce fameux atproto, a profité de l’occasion pour présenter sa dernière application en date. Baptisée Attie (en référence à la façon dont on prononce l’acronyme AT en anglais), elle prend la forme d’un agent IA chargé de construire des flux de messages personnalisés en fonction de la demande de l’utilisateur.

Mieux que le flux chronologique, le flux généré par IA ?

« Décrivez ce que vous souhaitez voir et regardez votre flux se composer automatiquement autour de vous », promet le site dédié à Attie. Le service fait pour l’instant l’objet d’une bêta fermée, mais il propose une liste d’attente à laquelle on peut s’inscrire avec un identifiant Bluesky.

En attendant que les vannes soient ouvertes plus largement, il dispense plusieurs exemples illustrant le fonctionnement d’Attie. Plutôt que de procéder à une recherche par mots-clés, l’interface propose d’entrer une requête en langage naturel, et suggère en retour une sélection de comptes à suivre ou de messages susceptibles d’y répondre. On peut ainsi demander une liste de comptes spécialisés sur une thématique donnée, ou chercher qui parmi les comptes suivis par l’utilisateur publie des poèmes de son cru.

Attie permet par exemple de constituer une liste thématique de comptes à suivre…

Attie permet ensuite de sauvegarder la requête, pour en faire un flux personnalisé. Ce dernier semble pour l’instant cantonné à l’application Attie, mais la logique voudrait qu’il soit à terme possible de l’exporter soit vers Bluesky, soit vers d’autres clients exploitant atproto.

Bluesky présente l’outil comme un agent social. « On a davantage l’impression d’avoir une conversation que de configurer un logiciel. Vous décrivez le type de publications que vous souhaitez voir, et l’agent de codage crée le flux que vous avez décrit », explique Jay Graber, ex CEO devenue responsable de l’innovation chez Bluesky.

… ou de chercher des messages au contenu plus spécifique – captures d’écran

Un appel à vibe coder autour d’atproto

Dans son billet, Jay Graber présente Attie comme une première pierre à caractère exploratoire pour un édifice nettement plus ambitieux : faciliter la création de nouvelles applications capables de tirer parti des échanges sur un réseau atproto, notamment grâce à l’IA.

« Nous avons conçu le protocole AT pour que chacun puisse développer l’application de son choix, mais jusqu’à récemment, n’importe qui ​​signifiait en réalité n’importe qui sachant coder. Les outils de programmation automatisée changent la donne. Pour la première fois, un protocole ouvert est véritablement accessible à tous. »

Attie serait ainsi une forme de démonstrateur de ce qu’il est possible de faire au sein de l’Atmosphere, le terme par lequel Bluesky désigne l’écosystème d’applications et de services construits sur le protocole AT :

« L’Atmosphere est une couche de données ouverte dotée d’un schéma clairement défini pour les applications, ce qui la rend particulièrement adaptée au développement d’agents. Nous nous sommes donc demandé : que se passe-t-il lorsque vous pouvez décrire l’expérience sociale souhaitée et qu’elle est créée pour vous ? »

Un accueil plutôt mitigé

L’interopérabilité et la capacité à développer des services capitalisant sur les promesses d’ouverture et de décentralisation d’atproto (décentralisation très relative dans le cas de Bluesky) fédèrent déjà près d’un millier d’applications, remarque Toni Schneider, investisseur chez True Ventures, dans un billet laudateur.

Sans remettre en cause cette promesse, l’application Attie a de façon plus prosaïque reçu un accueil mitigé sur Bluesky, où divers mèmes circulent pour souligner que personne n’a jamais exprimé le souhait de paramétrer son flux à l’aide d’un agent IA.

Attie compte déjà quelques détracteurs sur Bluesky – source

« Attie est une application distincte, et son utilisation est entièrement à votre discrétion. Bluesky continuera d’évoluer en tant qu’application sociale utilisée par des millions de personnes. Attie sera notre plateforme d’expérimentation pour une interaction sociale proactive », affirme Jay Grabber.

De façon symbolique, l’identifiant Bluesky dédié à Attie est passé lundi midi à la troisième place du classement des comptes les plus bloqués sur le réseau social selon un outil tiers. Attie a ainsi surpassé le compte de l’ICE, la police de l’immigration, et talonne désormais la Maison-blanche, même si le numéro un, le vice-président JD Vance, reste encore hors de portée.

113 000 utilisateurs de Bluesky auraient symboliquement bloqué le compte attie – capture d’écran
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Chat Control : le Parlement européen refuse de prolonger la surveillance jusqu’en 2027

Le plus important, ça n'est pas la chute
Chat Control : le Parlement européen refuse de prolonger la surveillance jusqu’en 2027

Le Parlement européen a rejeté jeudi la proposition de la Commission européenne visant à autoriser les grands acteurs du numérique à surveiller volontairement les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs. La dérogation accordée jusqu’en 2027 est donc annulée, et la pratique doit prendre fin au 3 avril prochain.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton Chat Control : avec 228 voix pour, 92 abstentions et 311 voix contre, les députés européens ont rejeté jeudi 26 mars la proposition de la Commission européenne visant à prolonger la dérogation existante à la directive ePrivacy.

Cette dernière permet pour mémoire aux grandes plateformes numériques de scanner le contenu des conversations privées pour y détecter la circulation de contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs (CSAM, pour child sexual abuse material en anglais).

Cette prolongation était demandée par Bruxelles pour maintenir une possibilité temporaire de surveillance, en attendant la conclusion des négociations relatives à un cadre juridique à long terme : le projet Child Sexual Abuse Regulation (CSAR), surnommé Chat Control par ses opposants.

Différences de points de vue

Les eurodéputés s’étaient déjà exprimés sur la question de la détection volontaire de matériaux pédocriminels le 11 mars dernier. Ils avaient alors adopté, comme Next le rapportait, une position en faveur d’une extension de la dérogation à la directive ePrivacy jusqu’au mois d’août 2027.

Ils avaient également intégré à la proposition de règlement plusieurs modifications réduisant le caractère global de la surveillance ainsi permise, en restreignant par exemple cette dernière aux utilisateurs identifiés par une autorité judiciaire comme étant « raisonnablement soupçonnés » d’être liés à des abus sur mineurs.

Sur la base de cette position, les négociations devaient ensuite s’engager via un trilogue avec le Conseil de l’UE et la Commission européenne, pour entériner (ou non) cette proposition de dérogation. Avec une certaine dimension d’urgence, puisque la précédente dérogation ne court que jusqu’au 3 avril 2026.

L’affaire a donc été renvoyée dès le 11 mars au comité chargé des négociations interinstitutionnelles… et les discussions engagées par ce dernier ont achoppé, comme l’a annoncé le Parlement européen dans un communiqué le 17 mars dernier.

« Par leur manque de souplesse, les États membres ont délibérément accepté que ce règlement expire en avril. Dès lors, le contrôle volontaire visant à lutter contre la diffusion en ligne de contenus pédopornographiques par les fournisseurs d’accès ne sera plus possible », y déclare la rapporteure allemande du texte, Brigit Sippel.

Faute d’accord, les eurodéputés se sont donc exprimés jeudi 26 mars sur la proposition de la Commission européenne, et l’ont rejetée, clôturant ainsi la première lecture. Ce faisant, ils provoquent donc la fin, au 3 avril prochain, de la dérogation qui autorisait la surveillance des conversations chiffrées.

Trilogues à venir

Patrick Breyer, principal opposant déclaré au texte, voit dans ce rejet une nouvelle victoire :

« Les entreprises américaines comme Meta, Google et Microsoft doivent cesser de scruter sans discernement les conversations privées des citoyens européens. La confidentialité des échanges numériques est rétablie ! »

Il rappelle toutefois que ce nouveau rebondissement ne signe pas la fin des velléités de contrôle manifestées par certains États membres et par Bruxelles, notamment parce que les négociations autour d’un éventuel Chat Control 2.0 se poursuivent. Et souligne que la question ne se limite pas à la surveillance des correspondances :

« Par ailleurs, la prochaine menace majeure pour les libertés numériques est déjà à l’ordre du jour : dans le cadre du trilogue en cours, les législateurs devront négocier la question de savoir si les services de messagerie instantanée et les plateformes de téléchargement d’applications seront légalement tenus de mettre en œuvre une vérification de l’âge. Cela obligerait les utilisateurs à fournir une pièce d’identité ou à se soumettre à une reconnaissance faciale, rendant de fait toute communication anonyme impossible et mettant gravement en danger les groupes vulnérables tels que les lanceurs d’alerte et les personnes persécutées. »


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