Vue normale

Ce vieux barrage hydroélectrique a été rénové grâce aux voitures électriques

19 mars 2026 à 15:04

Pour produire de l’électricité grâce à la force de l’eau, il n’y a pas que les grands barrages alpins. La France possède un grand nombre de petites centrales hydroélectriques qui ne demandent qu’à être rénovées. C’est exactement ce que fait un producteur d’énergie français, spécialisé dans les énergies renouvelables. 

Il y avait de l’agitation, en ce début mars, dans le petit village de Colombier-Fontaine (Doubs). Les habitants ont pu assister à l’installation de deux turbines Kaplan de 11 tonnes pour leur future centrale hydroélectrique. Alimentant autrefois une usine de tissage et filature de coton, elle aura résisté à l’arrêt définitif de cette dernière en 1971. Rachetée en 2015 par Dream Energy, elle est mise à l’arrêt en 2017 suite à un incendie accidentel.

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Des batteries dans l’ancienne filature de coton

Pour la remettre en fonctionnement et même augmenter sa puissance, Dream Energy n’a pas hésité à y investir près de 3 millions d’euros. Cette rénovation d’ampleur, qui nécessite l’assèchement provisoire du bras du Doubs sur lequel se trouve la centrale, a débuté en aout 2025. Maintenant que les deux turbines de 250 kW chacune sont en place, Dream Energy va poursuivre la rénovation en espérant une mise en service en septembre prochain. En plus du remplacement des turbines, le projet comprend une passe à poisson et même un parcours de canoë-kayak.

À terme, le site devrait produire cinq fois plus d’électricité qu’avant pour atteindre 3 gigawattheures (GWh) annuels. C’est l’équivalent de la consommation annuelle de 5 bornes de recharge ultra-rapide 200 kW avec un taux d’utilisation d’environ 30 %, selon nos calculs. D’ailleurs, Dream Energy ne compte pas s’arrêter là et envisage de réinvestir les bâtiments de l’ancienne filature pour y installer des batteries de stockage. Celles-ci permettront d’optimiser la réinjection de l’électricité produite. C’est d’autant plus important que la production devrait varier au fil des saisons, car le site ne dispose pas de retenue d’eau.

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Dream Energy n’en est pas à son coup d’essai

Avec ce projet de rénovation, Dream Energy n’en est pas à son coup d’essai. L’entreprise française a un positionnement unique : elle ambitionne d’installer 4000 points de recharge pour voitures électriques en Europe d’ici 2030, et de les alimenter grâce à un maximum de sites de production d’électricité décarbonée. Pour atteindre cet objectif, l’entreprise a déjà mis en œuvre de nombreux parcs photovoltaïques, et possède plusieurs microcentrales hydroélectriques.

Il y a déjà quelques années, elle avait remplacé les turbines d’une centrale située à Perrigny-sur-l’Ognon, en Côte-d’Or, pour faire passer la production de 0,9 GWh à 2,3 GWh. Elle a également fait l’acquisition du barrage de Baccarat, construit en 1927 et rénové en 2012.

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Ces 38 pays vont tripler leur capacité de production électrique nucléaire d’ici 2050

14 mars 2026 à 06:04

Le volte-face est saisissant. Longtemps considéré comme une source d’énergie presque anecdotique à l’échelle de la planète, le nucléaire poursuit son retour en force. Preuve de cette nouvelle dynamique, de nouveaux pays viennent de rejoindre la déclaration de triplement des capacités nucléaires mondiales d’ici 2050. 

Le 2 décembre 2023, lors de la COP 28 de Dubaï, 25 pays dont la France appelaient au triplement des capacités nucléaires dans le monde entre 2020 et 2050. À l’époque, cette déclaration avait fait réagir car les signaux autour du secteur du nucléaire paraissaient contradictoires. Mais les deux dernières années ont donné raison à cette déclaration, et la liste des signataires s’est allongée.

À l’occasion du deuxième sommet pour l’énergie nucléaire, qui vient de se tenir à Paris, 5 pays supplémentaires ont ainsi rejoint la liste des signataires, à savoir la Chine, l’Afrique du Sud, la Belgique, le Brésil et l’Italie. Voici la liste complète des 38 pays ayant signé l’accord, par ordre alphabétique :

Les 38 pays ayant signé l'accord

Afrique du Sud, Arménie, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Chine, Corée du Sud, Croatie, Émirats arabes unis, États-Unis d’Amérique, Finlande, France, Ghana, Hongrie, Italie, Jamaïque, Japon, Kazakhstan, Kenya, Kosovo, Maroc, Moldavie, Mongolie, Nigeria, Pays-Bas, Pologne, République du Rwanda, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Salvador, Sénégal, Slovaquie, Slovénie, Suède, Turquie, Ukraine.

Rappelons que si cette déclaration n’est pas associée à des engagements politiques ou des calendriers, elle témoigne d’un soutien politique international en faveur du nucléaire. À l’échelle de chaque pays, cette déclaration vise à accélérer les financements publics et privés pour les projets nucléaires, ainsi qu’un développement nucléaire responsable, en phase avec les priorités de chaque pays.

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Le vent continue de tourner

Ces signatures symbolisent le changement majeur qui se produit autour du nucléaire à l’échelle mondiale. Sur les cinq derniers signataires de la déclaration, deux d’entre eux avaient pourtant décidé de sortir du nucléaire. Pour l’Italie, cette décision avait été prise dès 1987 suite à l’accident de Tchernobyl. En 2011, la population était encore largement opposée au nucléaire puisqu’un référendum sur la relance du nucléaire avait été rejeté en bloc. En Belgique, la sortie du nucléaire avait été votée en 2003, mais a finalement été annulée en 2025 malgré la fermeture de quelques réacteurs.

Enfin, sur les 38 signataires, 13 ne disposent pas de réacteur en service mais ont pour projet d’en développer. On notera que la majorité de ces pays sont en Afrique, et que de grands acteurs du nucléaire comme l’Inde ou la Corée du Sud sont encore absents de cette liste, sans parler de la Russie.

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Jackery se lance dans la batterie résidentielle avec le SolarVault 3

13 mars 2026 à 05:57

Le marché des systèmes de stockage d’énergie destinés aux particuliers continue de s’étendre. Habitué des batteries destinées aux activités en plein air, le Chinois Jackery s’attaque au marché européen avec une solution conçue dans le but d’optimiser la tarification dynamique. 

Les baisses du tarif de vente de l’électricité solaire à EDF ont ouvert un boulevard à tous les fabricants de systèmes de stockage destinés aux particuliers. Après Tesla, EcoFlow ou Revolty, c’est au tour de Jackery de saisir cette occasion en présentant le SolarVault 3. Cette solution de stockage, conçue pour le marché européen, se veut modulable et adaptable à tout type de logement. Il intègre la gestion d’une production photovoltaïque, du stockage d’énergie et une gestion optimisée par IA.

La gamme SolarVault se divise en trois modèles, adaptés à différentes configurations. Le S3 Pro affiche une puissance photovoltaïque de 4 000 W, une puissance de sortie en courant alternatif de 1 200 W et 4 MPPT pour gérer les panneaux solaires. Le modèle S3 Pro Max se distingue par une puissance de sortie plus importante atteignant 2 500 W. Enfin, un modèle appelé S3 Pro Max AC permet de gérer une production photovoltaïque via le courant alternatif, pour s’adapter à une installation déjà existante.

Dans tous les cas, la capacité de stockage varie de 2,52 à 15,12 kWh en fonction du nombre de modules installés. Jackery annonce avoir intégré dans son système de stockage une surveillance en continu de la température, ainsi qu’un système d’extinction automatique par aérosol en cas de départ de feu. La durée de vie est donnée à 15 ans, et la garantie est de 10 ans.

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Des batteries de camping aux systèmes résidentiels

Lancée en 2012 dans la Silicon Valley, la marque Jackery s’est rapidement fait connaître avec le lancement, en 2016, de la gamme Explorer. Précurseur, le fabricant s’est vite accaparé le milieu de l’outdoor et du camping en proposant des produits polyvalents et faciles à transporter. Mais face à l’engouement suscité par le stockage d’électricité, Jackery a étendu son catalogue vers des produits résidentiels.

Avec cette gamme SolarVault 3, Jackery veut aider ses clients à profiter des avantages de la tarification dynamique. Le fabricant indique une compatibilité avec plus de 860 fournisseurs d’énergie, ce qui permettrait une optimisation du stockage en fonction du marché. Ce type de système, associé à une installation photovoltaïque, s’annonce comme le combo parfait pour faire des économies financières.

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EcoFlow dévoile l’Ocean 2, une nouvelle batterie résidentielle modulaire jusqu’à 30 kWh

12 mars 2026 à 14:36

EcoFlow a profité du salon italien Key Energy pour présenter sa nouvelle solution de stockage pour logements. Modulaire, ce système arrive à point nommé en France, dans un contexte de réduction des aides de l’État. 

La météo économique actuelle est porteuse pour les solutions de stockage résidentielles ! Le fabricant chinois EcoFlow vient de présenter, en Italie, sa nouvelle solution de batterie modulable résidentielle appelée Ocean 2. En son cœur, on retrouve un module de batterie LFP de 5 kWh de capacité de stockage. Évolution de la solution Ocean, cette batterie voit son taux de décharge amélioré, passant de 95 à 100 %. Elle est également plus compacte de 10 centimètres et plus légère de 10 kg. Sa puissance de décharge est affichée à 3,4 kW.

La batterie fonctionne avec un onduleur hybride disponible en six versions différentes, en fonction de la puissance de sortie (de 3 kW à 6 kW), ou de la puissance d’entrée pour l’alimentation photovoltaïque (de 9 à 12 kW). Si l’ensemble est modulable, c’est qu’il est possible d’associer l’onduleur à plusieurs batteries, faisant ainsi varier la capacité de stockage de 5 à 30 kWh. Pour faciliter l’installation dans un logement, les batteries sont empilables, ce qui limite l’emprise au sol. Selon Ecoflow, le rendement du système serait de 95 %, et sa durée de vie serait de 10 000 cycles pour une garantie de 15 ans.

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Cap vers l’autoconsommation

Jusqu’à présent, la France accusait un sérieux retard sur ses voisins européens pour le déploiement de systèmes de stockage résidentiels, loin derrière l’Allemagne, l’Italie ou encore l’Autriche. Sur l’année 2022, l’Allemagne avait installé 220 000 batteries résidentielles, contre seulement 1 000 pour la France ! Mais avec la réduction drastique des aides de l’État pour le solaire résidentiel, et la baisse du prix de vente de l’électricité solaire à EDF, les systèmes de stockage résidentiels vont devenir la pierre angulaire des nouvelles installations photovoltaïques, pour optimiser la réutilisation de l’électricité solaire produite.

C’est d’ailleurs une véritable aubaine pour les fabricants de systèmes de stockage, comme EcoFlow, Bluetti ou encore Tesla, qui vont intégrer le marché français avec l’expérience acquise dans les autres pays européens. Pour l’heure, le prix du système EcoFlow Ocean 2 n’a pas encore été dévoilé, mais il est possible de faire une demande de devis sur leur site, le système devant être installé par un professionnel.

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La Chine met en service un parc photovoltaïque géant sur une ancienne mine de charbon

10 mars 2026 à 07:50

La Chine vient de mettre en service un parc photovoltaïque hybride de plus de 6 GW. Si sa puissance suffit à susciter l’étonnement, sa localisation est encore plus surprenante.

La démesure chinoise est un sujet d’actualité quotidien, mais elle continue pourtant de nous étonner. Nouvelle preuve de ce gigantisme, le pays vient de mettre en service un projet solaire hybride d’une puissance de 6 GW près de la commune de Lingwu, dans le nord du pays. Construit en deux phases, dont la deuxième vient d’être mise en service, ce parc devrait produire environ 10,8 TWh d’électricité par an. L’électricité produite sera acheminée vers l’est du pays via la ligne HVDC Lingzhou–Shaoxing, de 800 kV et 1720 km de long.

Pour optimiser l’utilisation de l’électricité produite, le parc photovoltaïque est associé à une BESS de 600 MW de puissance pour 1200 MWh de capacité. Outre ces caractéristiques, c’est surtout la localisation du parc qui en fait sa particularité. Le parc de quelque 12 000 hectares, soit plus que Paris intra-muros, a été installé sur des zones d’affaissements miniers.

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Tirer profit des affaissements miniers

En temps normal, on a tendance à implanter les moyens de production d’électricité au plus près des sites de consommation pour limiter les pertes et les coûts liés au transport. Mais du fait des spécificités de son territoire, la Chine commence à appliquer une stratégie différente. Elle met en place des moyens de production d’énergies renouvelables au niveau des sites géographiques les plus opportuns, et transporte ensuite cette électricité vers la côte Est, où se trouve la majorité de sa population et de son industrie. Pour cela, elle ne cesse de construire de nouvelles lignes HVDC qui traversent le pays d’est en ouest.

C’est ce même principe qu’elle compte appliquer sur les très nombreuses zones d’affaissement minier qui sont la conséquence d’une politique d’exploitation massive du charbon avec encore aujourd’hui 51% de la production mondiale. Cette extraction intensive de charbon a des conséquences directes sur les sols. L’exploitation souterraine a tendance à affaiblir la résistance du sol qui finit par s’affaisser. Cette situation rend bien souvent les terres en questions inutilisables pour l’agriculture à cause de la multitude de fissures, de micro-reliefs et des problèmes de tassements résiduels. En parallèle, ces affaissements ont tendance à modifier le régime des eaux souterraines, ce qui peut engendrer des zones de stagnation.

Selon un rapport sur le sujet, ces zones représenteraient une surface totale de 2 millions d’hectares, soit la superficie de pays comme la Slovénie ou Israël ! Si ces terres ne sont plus adaptées pour la production agricoles, elles sont parfaites pour la mise en place de parcs photovoltaïques qui peuvent être adaptés aux variations de terrains et mêmes aux micro tassements. Cette stratégie permet ainsi de tirer profiter de zones normalement inexploitables et ainsi réserves les terres de meilleure qualité pour l’agriculture.

 

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Mini réacteurs nucléaires : comment l’Europe s’organise pour rester dans la course

8 mars 2026 à 06:04

Dans un contexte de transition énergétique, d’explosion des centres de données et de tensions internationales, la course à l’énergie bat son plein. Le développement des SMR joue un rôle central dans cette bataille, mais l’Europe est à la traîne face à la Chine et aux USA. Pour revenir sur le devant de la scène, le Vieux Continent joue la carte de la coopération et veut augmenter les subventions. 

C’est désormais acté : notre avenir décarboné passera nécessairement par le nucléaire, mais pas forcément par des réacteurs de 1000 mégawatts électriques (MWe) ou plus. Si, à long terme, la fusion nucléaire suscite beaucoup d’espoir, à court terme, ce sont les petits réacteurs modulaires (SMR) qui ont le vent en poupe.

Depuis plusieurs années, le nombre de projets de Small Modular Reactor a explosé. Fin 2025, on comptait pas moins de 127 concepts à différents stades d’avancement. À ce jeu-là, c’est la Chine qui fait la course en tête et s’apprête à mettre en service le premier SMR commercial au monde : Linglong One. D’une puissance de 125 MWe, il est actuellement en phase finale de tests. De leur côté, les États-Unis ne sont pas loin derrière, et le Département de l’Énergie n’hésite pas à mettre le paquet question subvention pour rester dans la course.

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L’Europe tente de rattraper son retard

Pour l’heure, l’Europe accuse un retard conséquent. Pour tenter de regagner du terrain, la Commission européenne a récemment annoncé vouloir mettre en place une stratégie commune, spécifique aux SMR, pour aider les projets européens à rester compétitifs. Cette stratégie consiste notamment à encadrer les autorisations et les normes de sûreté à l’échelle européenne, tout en créant une chaîne d’approvisionnement européenne résiliente.

Prémisse de cette nouvelle stratégie commune, le projet français Nuward vient de recevoir un examen positif par pas moins de six autorités de sûreté différentes, ce qui faciliterait son déploiement à l’échelle européenne en phase de commercialisation. Parmi les autorités de sûreté concernées, on retrouve la France, la Finlande, la Tchéquie, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède.

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Une histoire de budget

Nerf de la guerre, la question du financement a également été abordée par la Commission européenne. Cette dernière a mis en place différents programmes d’investissement pour favoriser l’innovation mais également le déploiement de ces nouveaux types de réacteurs.

Pour le moment, Horizon Europe, principal programme de financement de l’UE pour la recherche et l’innovation, ne soutient aucun projet nucléaire malgré une enveloppe de 95,5 milliards d’euros répartis entre 2021 et 2027. En revanche, le programme Euratom Fission Research, qui est complémentaire à Horizon Europe, finance plusieurs projets de recherche sur le nucléaire, avec un budget total de 1,38 milliard d’euros. L’Innovation Fund est un programme de financement dédié aux technologies innovantes à émission nette zéro ou à faible émission de carbone. Il est donc taillé sur-mesure pour les SMR.

Pour finir, la Banque européenne d’investissement (BEI) prévoit un soutien aux alliances industrielles en lien avec les SMR, alors même qu’elle refusait de financer le nouveau nucléaire il y a encore deux ans. C’est un signal fort pour une filière qui ne demande qu’à se développer, mais dont la question de l’investissement est le plus gros obstacle. L’institution européenne n’a pas soutenu de construction de centrale nucléaire depuis presque 50 ans.

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Batterie fer/air : Google signe un chèque d’un milliard de dollars pour développer cette technologie

7 mars 2026 à 05:59

Google n’en finit plus d’investir dans les énergies. Après le solaire, l’éolien, l’hydroélectrique et même le nucléaire, le géant américain vient d’annoncer un énième investissement colossal dans une nouvelle technologie de batterie : fer/air. 

Le montant paraît colossal, et pourtant, Google semble avoir fait une bonne affaire. Le géant américain vient d’engager un investissement de près d’un milliard de dollars auprès de la startup Form Energy pour la construction d’une batterie géante, capable de stocker de l’énergie pendant plus de quatre jours. Les caractéristiques de la batterie sont démesurées, avec :

  • Une puissance de 300 mégawatts (MW)
  • Une capacité de stockage de 30 gigawattheures (GWh)
  • Une durée de stockage de 100 heures (soit un peu plus de 4 jours)

Ramené à la capacité de stockage, l’investissement paraît très intéressant avec un coût total annoncé à 33,33 $/kWh (soit environ 29 €/kWh).

Habituellement, le prix des batteries stationnaires (BESS) avoisine souvent les 125 $ (108 €)/kWh. Seuls quelques systèmes à grande échelle parviennent à s’approcher des 60 $ (52 €)/kWh. Si le projet de Google est aussi peu cher, c’est qu’il n’utilisera pas la technologie LFP, mais une technologie de stockage de type fer/air. Méconnue, cette technologie promet pourtant d’être très intéressante d’un point de vue économique, car elle utilise des matériaux très répandus, à savoir le fer et… l’air.

Comment fonctionnent les batteries fer/air ?

Dans les grandes lignes, le fonctionnement d’une batterie fer/air repose sur un processus de rouille réversible entre le fer et l’oxygène de l’air. On y retrouve une anode en fer, une cathode ouverte à l’air et un électrolyte aqueux. Lors de la décharge, le fer de l’anode s’oxyde en absorbant l’oxygène présent dans l’air, ce qui libère des électrons. À l’inverse, pendant la recharge, la rouille est transformée en fer métallique, ce qui libère de l’oxygène dans l’air.

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Une technologie de batterie à faible rendement

Pour autant, les batteries fer/air ne se destinent pas à tous les usages, du fait de leurs caractéristiques intrinsèques. Elles ont notamment un médiocre rendement de 50 à 60 % par cycle complet contre 90 % pour les batteries LFP. En parallèle, elles affichent une densité énergétique très basse, de l’ordre de 100 à 150 W/kg contre plus de 1000 W/kg pour la technologie LFP. En revanche, elles sont capables de stocker pendant près de 100 heures.

De ce fait, elles se montrent parfaitement adaptées à du stockage réseau autre qu’à très court terme. Dans ces conditions, quand le nombre de cycles par an est limité, le faible coût d’investissement devient un critère bien plus important que l’efficacité énergétique, car la batterie est considérée comme « inactive » pendant de longues périodes. En revanche, la faible densité énergétique associée à un rendement peu élevé la rend peu adaptée à une optimisation journalière de la production renouvelable.

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