Vue normale

Déchets radioactifs : ces fûts immergés ne freinent pas la vie sous-marine

9 juillet 2026 à 05:24

La nature a de la ressource, et nous le prouve tous les jours ! Il y a plus de 30 ans, plusieurs pays décidaient de déverser des centaines de milliers de fûts radioactifs dans les fonds marins pour s’en débarrasser, laissant ainsi présager le pire. Finalement, si une partie de ces fûts est dans un état désastreux, la biodiversité des fonds marins ne s’est pas arrêtée pour autant. Un signal encourageant pour l’avenir. 

L’été dernier, le navire océanographique français « Atalante » appareillait pour le nord-ouest de l’océan Atlantique afin de repérer quelques-uns des 200 000 fûts radioactifs qui avaient été jetés dans les fonds marins entre 1950 et 1990. Pour mener à bien cette mission, le navire avait été équipé de l’engin sous-marin UlyX pour faire un repérage précis et mettre en évidence des zones de grand intérêt.

En juin de cette année, c’est le navire « Pourquoi Pas ? » qui a pris le relais pour la suite de la mission, en embarquant à son bord l’historique sous-marin Nautile. Après avoir exploré l’épave du Titanic ou participé aux recherches du vol AF447, le sous-marin de poche a donc réalisé 20 plongées en 20 jours afin d’explorer ces zones d’intérêt précédemment repérées. Chaque plongée à 4700 mètres de profondeur a nécessité deux heures de descente pour cinq heures d’exploration.

À lire aussi Cette mission scientifique a repéré plus de 3000 fûts radioactifs stockés au fond de l’Océan Atlantique

Les fûts radioactifs abîmés n’empêchent pas la vie de se répandre

Au cours des plongées du Nautile, les scientifiques ont notamment observé des fûts dans un état de dégradation avancé. Les observations ont même montré que certains des fûts étaient éventrés et déversaient leur contenu. Il a été possible de déterminer le type de matériaux utilisé pour l’enrobage, à savoir de la résine, du bitume ou du ciment. Rappelons qu’avant d’être immergés, les déchets radioactifs étaient chargés dans ces fûts, avant que ces derniers ne soient remplis de matériaux comme de la résine ou du béton.

Selon les observations réalisées, l’état de dégradation de certains de ces fûts n’a pas freiné le développement de la vie sous-marine. Plusieurs formes de vie se sont même lancées dans la colonisation des fûts. On a découvert des anémones, des éponges ou même des crabes.

Durant les explorations, le Nautile a prélevé des sédiments, de l’eau, des organismes et des communautés microbiennes. En parallèle, plusieurs mesures de radioactivité correspondant au contenu des fûts étaient réalisées, en particulier pour le matériel du Nautile. L’objectif de ces prélèvements est d’objectiver les mécanismes de transfert et de transport des radionucléides dans l’océan profond ainsi que leur impact sur les écosystèmes des fonds marins.

L’article Déchets radioactifs : ces fûts immergés ne freinent pas la vie sous-marine est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Produire de l’hydrogène avec du nucléaire : comment l’Inde y est arrivé

8 juillet 2026 à 05:49

L’Inde travaille activement à devenir l’un des principaux acteurs du nucléaire à l’échelle internationale, et cet effort commence à porter ses fruits. Le pays vient d’enregistrer la première production d’hydrogène issu du nucléaire. 

L’Inde vient de réussir une première mondiale : produire de l’hydrogène grâce à la chaleur d’un réacteur nucléaire. Cette première a été rendue possible avec un Fast thorium breeder reactor (FTBR), un réacteur rapide surgénérateur au thorium expérimental. Celui-ci, lancé en 1985, dispose d’une puissance de 40 MWth et se trouve dans le centre de recherche atomique Indira Gandhi (IGCAR) de Kalpakkam.

Aujourd’hui, l’hydrogène est principalement produit par vaporeformage du méthane, une technologie très émettrice en CO₂. Les solutions de production d’hydrogène vert reposent presque intégralement sur l’électrolyse de l’eau, et ne représentent qu’un petit pourcent des 97 millions de tonnes produites par an. Elles nécessitent énormément d’électricité. C’est pour ça que cette réussite indienne est porteuse d’espoir.

Le centre de recherche atomique Bhabha a mis au point une technologie reposant sur un processus thermochimique. Celui-ci consiste à diviser l’eau en hydrogène et en oxygène grâce à une série de réactions chimiques à haute température. Ici, c’est le cycle cuivre-chlore qui a été utilisé. Il a l’avantage de nécessiter une température relativement basse de 530 °C, atteignable avec les réacteurs nucléaires de troisième ou quatrième génération comme le réacteur rapide indien. Ce processus ne nécessite que peu d’électricité en comparaison à l’électrolyse.

À lire aussi La future plus grande centrale nucléaire du monde sera française, mais pas en France

L’Inde mise beaucoup sur le nucléaire

Avec ce démonstrateur, l’Inde affiche clairement ses ambitions en matière de nucléaire : passer de l’acquisition de technologies à l’autonomie technologique, car cette technologie a été entièrement développée en interne. De manière plus générale, le pays veut faire du nucléaire un atout majeur pour son développement. Objectif : atteindre 100 GW de capacité d’ici 2047.

En attendant de mettre en service de nouveaux réacteurs, le pays s’est récemment illustré en remettant en service les deux réacteurs à eau bouillante de la centrale de Tarapur. Ces derniers sont désormais les plus vieux réacteurs en service au monde, puisque leur connexion au réseau date de 1969. Les deux réacteurs conçus par GE auront nécessité six ans de travaux avec notamment le remplacement complet des circuits de recirculation du fluide de refroidissement. Initialement affichés à 200 MWe, les deux réacteurs sont désormais limités à 160 MWe pour des raisons techniques.

L’article Produire de l’hydrogène avec du nucléaire : comment l’Inde y est arrivé est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Hydroélectricité : EDF compte sur la Dordogne pour augmenter ses capacités de stockage

7 juillet 2026 à 05:57

La Dordogne et ses vallées encaissées pourraient bien constituer le nouvel eldorado d’EDF. L’électricien français rêve d’y installer de nouvelles STEP pour stocker de l’énergie.

Tous les voyants sont au vert, pour donner une nouvelle impulsion à l’hydroélectricité en France. Suite à l’accord trouvé entre la France et la Commission européenne, Bernard Fontana veut refaire de l’énergie hydraulique une priorité avec le nucléaire.

De ce fait, EDF cherche à augmenter ses capacités de production et de stockage. Si des projets émergent un peu partout en France, la Dordogne concentre une grande partie des espoirs de l’électricien. Le fleuve (ou la rivière selon les points de vue) prend sa source sur les flancs du majestueux puy de Sancy. Puis, il fait son chemin jusqu’à l’estuaire de la Gironde à travers de nombreuses vallées encaissées, un terrain idéal pour y construire des barrages. Ce n’est donc pas un hasard si la Dordogne compte pas moins de 28 centrales hydroélectriques comme le barrage de Bort-les-Orgues et ses 235 MW de puissance installée, ou le barrage du Chastang, d’une puissance de 290 MW.

À lire aussi Ce gigantesque projet de stockage d’électricité que la France a mis de côté

Transformer les barrages en STEP

En l’état, difficile d’imaginer de nouveaux barrages à travers la Dordogne. En revanche, depuis déjà plusieurs décennies, EDF rêve de pouvoir y stocker de l’énergie grâce à la construction de stations de transfert par pompage (STEP). On peut, par exemple, citer le projet historique de Redenat, qui a été stoppé en plein travaux, en 1982, à cause d’un contexte économique défavorable. Mais les besoins grandissants en stockage d’énergie pourraient faire renaître le projet. La STEP de Redenat s’appuie sur le barrage de Chastang, et consiste à créer un réservoir haut pour créer une centrale de 1200 MW pour une capacité de stockage de 20 GWh.

Ce n’est pas tout. Plus en amont, il semblerait qu’EDF travaille discrètement sur un autre projet de STEP faisant du barrage de l’Aigle la retenue inférieure. Selon une association locale, le réservoir haut pourrait être créé dans la vallée de l’Héritier, et aboutir à la construction d’un barrage de plusieurs dizaines de mètres de haut. Pour l’instant, EDF n’a rien confirmé ni infirmé, mais on peut distinguer des traces de sondages et de relevés ici ou là.

Si le potentiel du site est confirmé, il ne fait aucun doute que la création d’une telle retenue fera l’objet de débats, voire de protestations du fait d’un impact incontournable sur la biodiversité locale. Ceci dit, si l’impact environnemental initial des STEP est important, les capacités de stockage qu’elles offrent sont encore inégalées.

L’article Hydroélectricité : EDF compte sur la Dordogne pour augmenter ses capacités de stockage est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Ce fournisseur veut installer une batterie chez vous pour trader l’électricité sur les marchés

6 juillet 2026 à 10:52

Le consortium spécialiste du stockage d’électricité RNW (Renault – NW) a obtenu l’agrément fournisseur, indispensable pour rentabiliser une installation batterie à domicile. La flexibilité de la consommation va se développer un peu plus avec ce nouvel entrant.

La coentreprise RNW, née début 2025 du rapprochement entre NW et Mobilize (Groupe Renault), veut créer un mode de consommation d’électricité plus flexible, entre la recharge des véhicules électriques et le stockage résidentiel d’énergie. Elle compte installer au domicile des ménages une batterie, une borne de recharge et des appareils électroniques pilotables pour jouer sur la consommation du ménage.

C’est comme une JBox, l’unité 1 MW/1 MWh de NW, car elle rendra des services au réseau Enedis en apportant sa flexibilité, mais aussi comme une IECharge, deuxième batterie de NW qui, en plus, permet la recharge de véhicule électrique. Elle sera déployée chez les particuliers. Si les détails du fonctionnement et de l’interaction entre la batterie, la borne et la consommation du foyer ne sont pas publics, ni l’offre commerciale, cette stratégie « behind the meter » (derrière le compteur Linky) pourrait être l’avenir de la recharge.

À lire aussi Ces batteries veulent rendre la recharge des camions électriques moins chère

La certification fournisseur est cruciale pour ce modèle économique

En étant certifié en pool (avec d’autres batteries) sur le mécanisme de capacité (et donc en recevant une rémunération fixe annuelle), en jouant sur les services systèmes et en tradant l’électricité sur les marchés, RNW arrive à accéder à tous les revenus d’une batterie stationnaire grande échelle et ce, grâce à l’agrément fournisseur. Autrement, RNW aurait dû composer avec le tarif heures pleines/heures creuses d’EDF, par exemple, et n’aurait pas eu accès au marché de la réserve tertiaire (mFRR). Ses revenus auraient été limités et l’installation de batteries chez les particuliers n’aurait pas été rentable.

Une dernière brique que RNW peut ajouter : le NEBCO. Le marché d’effacement ou d’augmentation de la consommation du ménage lorsque le réseau est respectivement tendu ou surcapacitaire. RNW pourra vendre ces blocs d’effacements sur le marché et empocher tout le gain sans reverser une partie à un autre fournisseur, s’il n’avait pas l’agrément. Ce positionnement rapproche RNW d’une nouvelle génération d’acteurs de la flexibilité énergétique comme Tilt, Elax ou Symphonics.

L’article Ce fournisseur veut installer une batterie chez vous pour trader l’électricité sur les marchés est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Éoliennes en mer : elles affectent la biodiversité selon cette étude, mais à quel point ?

5 juillet 2026 à 07:59

Effet récif, oiseaux détournés de leur trajectoire : l’Ifremer a étudié l’impact des éoliennes marines et a conclu qu’elles transforment durablement la biodiversité locale.

Les éoliennes en mer se développent à tout va à travers la planète, mais quel impact ont-elles sur la biodiversité ? Publiée le 29 juin par l’Ifremer et le CNRS, les deux laboratoires livrent peut-être l’état des lieux le plus complet réalisé en France sur les effets des parcs éoliens offshore sur la biodiversité marine.

À lire aussi Les fondations des éoliennes offshore pourraient-elles abriter la faune marine ?

Certains oiseaux contournent les éoliennes

Sans remettre en cause la pertinence de leur apport pour décarboner le mix électrique, les chercheurs concluent qu’un développement massif des parcs entraînera vraisemblablement des « transformations durables de la biodiversité marine ». L’État avait demandé cette synthèse. Elle a pris deux ans et demi et parcouru 411 publications scientifiques internationales pour analyser le cycle de vie des parcs, de leur construction à leur démantèlement, sans toutefois chercher à qualifier ces impacts de positifs ou de négatifs.

Parmi les dix grandes catégories de pressions exercées sur les écosystèmes, trois d’entre elles sont particulièrement documentées. La première est l’effet de barrière créé par les parcs, où certaines espèces comme les oiseaux marins comme le fou de Bassan contournent les installations, allongent leurs trajets et par conséquent réduisent leur accès à certaines zones d’alimentation. À l’inverse, d’autres espèces sont attirées par les éoliennes et se risquent à une collision.

À lire aussi La vie reprend son cours, au pied des éoliennes offshore de Saint-Nazaire

Une colonisation par les moules

Le second : « l’effet récif ». Les fondations en béton ou en acier sont colonisées par les moules, crustacés, algues et invertébrés alors qu’il y avait des zones sableuses. Hausse de la biomasse et augmentation de la taille moyenne de certains poissons autour des installations sont constatées. Là encore, pas question de qualifier cet effet de positif ou négatif.

Enfin, le bruit généré lors du chantier. Poser les fondations par battage de pieux fait du bruit, beaucoup de bruit. Il provoque des réactions d’évitement chez plusieurs mammifères marins et perturbe temporairement des activités biologiques. Les effets sont limités dans le temps, lors de la construction.

Au global, les poissons et les invertébrés semblent globalement bénéficier de la création de nouveaux habitats et, dans certains cas, de la limitation de la pêche au sein des parcs. Les oiseaux et les mammifères marins subissent majoritairement. Aucune espèce n’est menacée, tiennent à préciser les auteurs.

L’article Éoliennes en mer : elles affectent la biodiversité selon cette étude, mais à quel point ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Neuf heures d’autonomie pour cette méga batterie au CO2 qui alimentera un datacenter

4 juillet 2026 à 05:32

Google et la start-up italienne Energy Dome installent une batterie au CO₂ à très longue durée en Irlande pour satisfaire les besoins de son datacenter. Une technologie très éloignée du lithium-ion, qui présente de nombreux avantages.

Une batterie au CO₂, c’est très rare, l’habitude étant de voir prospérer un peu partout des accumulateurs lithium-ion. Ce qui est encore plus rare, c’est la durée de décharge de cette batterie. Avec une puissance de 23 mégawatts (MW) pour 200 mégawattheures (MWh) de stockage, elle sera capable de fonctionner à pleine puissance pendant presque neuf heures. Elle sera installée dans le comté d’Offaly en Irlande, sur une ancienne centrale thermique.

La batterie suit un cycle thermodynamique. Lorsque la production d’électricité renouvelable est abondante, le midi par exemple, le CO₂ est comprimé puis liquéfié et l’énergie est donc stockée. Pour la déstocker, le gaz est réchauffé et détendu, il actionne une turbine qui, lorsqu’elle tourne, produit de l’électricité. Aucune combustion, aucun recours aux métaux critiques utilisés dans les batteries électrochimiques classiques, vante la startup.

À lire aussi Innovation : une startup italienne développe un stockage original d’électricité à base de CO2

La fiabilité à tout prix

Alors pourquoi Google mise sur une batterie aussi longue durée ? Pour décarboner sa consommation, peut-être, mais surtout pour l’avoir disponible en continu 24 h/24 7 j/7, sans risque de coupure. Et donc ne plus dépendre du réseau et de ses aléas de transport. L’Irlande est devenue un gigantesque hub de datacenters. Ils représentent désormais 22 % de la consommation électrique nationale et créent des tensions sur le réseau, en particulier autour de la région de Dublin où la saturation des capacités de raccordement est déjà un sujet.

L’installation d’Offaly bénéficie déjà d’un contrat sur le mécanisme de capacité avec le gestionnaire de réseau EirGrid pour une durée de dix ans. La batterie est payée proportionnellement à ses mégawatts disponibles pour mettre sa puissance à disposition en cas de crise hivernale. Même si, à ce stade, les détails financiers n’ont pas fuité, les sommes colossales dépensées par Google sont justifiées par l’impérieuse nécessité de fiabilité. Les moyens pour opérer en continu, la firme américaine est capable de les assurer.

 

L’article Neuf heures d’autonomie pour cette méga batterie au CO2 qui alimentera un datacenter est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Ce port européen sera-t-il le premier à recevoir un mini réacteur nucléaire SMR ?

3 juillet 2026 à 13:55

Les petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) sont souvent cités comme la solution ultime pour décarboner de nombreux secteurs d’activités. Mais pour le moment, rares sont les projections concrètes qui permettent de confirmer ces espoirs. Un géant de l’industrie portuaire a décidé de sauter le pas et d’analyser concrètement comment les réacteurs modulaires pourraient décarboner les ports du monde entier. 

Parmi les nombreux espoirs que suscite la technologie des Small modular reactors (SMR), on peut citer la décarbonation des installations portuaires. C’est en tout cas l’un des objectifs de DP World, troisième exploitant portuaire au monde. L’entreprise vient de s’associer à l’institut Terra Water et au CEA pour réaliser une étude sur l’intérêt des SMR dans la décarbonation des installations portuaires.

Cette étude portera spécifiquement sur l’implantation d’un SMR sur le port de Constanța, en Roumanie. Ce dernier est considéré comme le plus grand port de la mer Noire. L’étude devrait notamment consister à modéliser les demandes énergétiques du port entre 2030 et 2050, et à analyser la faisabilité technique, stratégique et économique d’une telle opération.

À lire aussi Câbles XXL, puissances délirantes : l’énorme défi du raccordement électrique des navires à quai

Les zones portuaires, sites stratégiques pour la décarbonation

Outre la décarbonation du transport maritime en lui-même, celle des installations portuaires est également un vaste défi. À mi-chemin entre logistique et industrie, ces installations ont beaucoup à faire pour réduire leur empreinte carbone, notamment via l’accélération de l’électrification des différents postes comme la manutention, ou l’alimentation des navires à quai. D’ailleurs, c’est ce qu’a récemment inauguré le port de Marseille-Fos.

Néanmoins, qui dit électrification dit production d’électricité. Si des solutions renouvelables émergent progressivement comme les installations houlomotrices d’Eco Wave Power ou Dikwe, aucune ne semble aussi stable que le nucléaire dans ce cas de figure. Reste à savoir si la technologie SMR, normalement plus facile à déployer que les réacteurs traditionnels, pourra répondre aux enjeux de sécurité des zones portuaires.

Si les résultats de l’étude sont encourageants, DP World pourrait étendre cette évaluation aux ports du Royaume-Uni, pour lesquels l’entreprise a signé un protocole d’accord à ce sujet.

L’article Ce port européen sera-t-il le premier à recevoir un mini réacteur nucléaire SMR ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Ces 100 territoires où l’Etat veut tester l’hyper-électrification

Par : Hugo LARA
3 juillet 2026 à 08:01

Pompe à chaleur, bornes de recharge, engins agricoles zéro émission : le gouvernement doit sélectionner 100 collectivités pilotes où la faisabilité d’une transition complète des énergies fossiles vers l’électricité sera testée. Mais alors que l’échéance initiale est passée, aucune zone n’a encore été dévoilée et le financement de l’initiative est toujours flou.

Crise après crise, l’électrification massive des usages démontre son importance. Pour y parvenir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a signé le 12 mai une circulaire demandant aux préfets d’identifier des territoires ou l’hyper-électrification pourrait être expérimentée. Tous les départements sont concernés, y compris en outre-mer. Objectif : prouver qu’une France sans gaz ni pétrole est réalisable dès maintenant. La liste devait être dévoilée fin juin, mais elle n’a toujours pas été publiée à ce jour.

À lire aussi Chaos à Lidl pour des climatiseurs : les premières émeutes liées au réchauffement climatique en France ?

Décarboner le transport et le chauffage

Les collectivités candidates doivent présenter des objectifs précis sur les volets du programme : électrification des transports routiers, sortie du fioul domestique et abandon du gaz pour le chauffage. La circulaire promet un accompagnement pour faciliter l’accès aux dispositifs d’aides nationaux existants et offrir des services d’ingénierie. Mais aucun budget dédié n’apparaît clairement, alors que les collectivités ne s’engagent généralement que lorsque des financements sont assurés à long terme.

Le projet se heurte également à des visions opposées sur la stratégie énergétique. Nicolas Garnier, le délégué général d’Amorce, l’association nationale des collectivités pour la gestion locale de l’énergie, regrette un programme qu’il juge trop restrictif, centré uniquement sur l’électrification et laissant de côté sobriété ou efficacité énergétique. Quant à Guy Hourcabie, le président du syndicat intercommunal d’énergies de la Nièvre, il juge dommage de faire disparaître les réseaux de gaz alors que le biogaz pourrait progressivement remplacer le gaz fossile.

L’article Ces 100 territoires où l’Etat veut tester l’hyper-électrification est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Chaos à Lidl pour des climatiseurs : les premières émeutes liées au réchauffement climatique en France ?

Par : Hugo LARA
2 juillet 2026 à 16:04

La mise en vente de 200 000 climatiseurs et ventilateurs à bas prix chez Lidl a tourné à l’émeute jeudi 2 juillet. Longues files d’attente devant les magasins, portes forcées, bagarres, interventions policières : des troubles à l’ordre public qui pourraient bien être les premiers à avoir pour origine directe le changement climatique en France.

Le 2 juillet au matin, des centaines de clients ont pris d’assaut plusieurs des 1622 magasins Lidl présents en France, espérant mettre la main sur des climatiseurs mobiles et ventilateurs à prix cassés mis en vente le jour même. Résultat : des scènes de chaos très relayées sur les réseaux sociaux, qui montrent des bagarres et bousculades entre clients. Certaines ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre, qui ont fait emploi de gaz lacrymogènes pour disperser la foule, et plusieurs boutiques ont subi des dommages matériels. L’enseigne de hard-discount ne s’était étrangement pas préparée à une telle affluence, pourtant prévisible.

À lire aussi Voici la consommation réelle d’un climatiseur fixe par fortes chaleurs

Des stocks dérisoires face à une demande massive

L’insuffisance des stocks a provoqué la colère de nombreux clients. 200 000 exemplaires étaient prévus, soit une moyenne de 123 unités par magasin. Mais dans certaines boutiques parisiennes, un seul climatiseur était parfois disponible, quand d’autres n’avaient tout simplement rien reçu. À Saint-Germain-en-Laye en région parisienne, par exemple, une cinquantaine de ventilateurs attendaient les clients, mais aucun climatiseur. Selon 60 millions de consommateurs, Lidl aurait passé commande il y a plus d’un an, donc sans lien avec les récentes vagues de chaleur.

L’enseigne est toutefois habituée à annoncer des produits au catalogue sans garantir leur présence dans l’ensemble de ses magasins. Une pratique proscrite par le code de la consommation, pour laquelle Lidl a déjà été condamnée dans le passé.

À lire aussi « Droit à la fraîcheur » : cet ingénieur français plaide pour la climatisation

Un parc immobilier français impréparé au réchauffement climatique

Ces scènes de chaos révèlent une réalité : seulement 25 % des logements français sont équipés de climatisation fixe. Cette proportion, très faible comparée à d’autres pays développés, témoigne d’une inadaptation face à des canicules frôlant les 45 °C, comme celle vécue fin juin. Cette vague de chaleur précoce a pris de court des millions de foyers non équipés, piégés dans des logements bouillants. Il s’agit souvent de locataires et de personnes précaires, qui ne peuvent pas engager de travaux pour installer un climatiseur fixe. Ces incidents marquent aussi un tournant symbolique : la France connaît là ses premiers troubles à l’ordre public directement liés au changement climatique

L’article Chaos à Lidl pour des climatiseurs : les premières émeutes liées au réchauffement climatique en France ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Pourquoi la France fait tourner ses centrales à gaz en plein été ?

2 juillet 2026 à 08:05

Les fortes chaleurs de la fin du mois de juin ont fait remonter la consommation électrique française. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle la France rallume ses centrales à gaz. Une part importante de cette production supplémentaire sert à alimenter les pays voisins.

Lundi 22 juin 2026, la production d’électricité dépassait 60 gigawatts (GW) à 19h mais la consommation plafonnait à un maximum de 56 GW. En plein pic caniculaire, nous nous apercevions à quel point la consommation était thermosensible, aussi quand il fait chaud. Selon RTE, elle augmente de 0,7 GW à 1 GW pour chaque degré supplémentaire, soit trois fois moins que l’impact d’un degré en moins l’hiver. C’est donc la climatisation qui a entraîné un bond de 12 GW le lundi 22 juin par rapport à une période équivalente avec des températures de saison.

Pourtant, si on creuse un peu plus sur le site Eco2mix, le bandeau rouge de gaz ne vient pas uniquement de la climatisation française. Les 5 GW (10 % de la production nationale) en ce jour sont, certes, dérisoires devant les 36 GW nucléaires et 5,8 GW d’hydro, mais pèsent devant les 2 GW d’éolien et 1 GW de bioénergies.

À lire aussi Pourquoi brûle-t-on du gaz pour produire de l’électricité même quand on n’en a pas besoin ?

Des exportations au maximum

Tout en bas des couches des modes de production se situe une large couche grise, négative, correspondant aux exportations. Un solde exportateur de 10 GW, soit presque un cinquième de la consommation du jour. Plus de 10 GW quittent donc le territoire, RTE empochant un joli pactole à regarder de plus près les prix du marché (plus de 200 €/MWh pour nos voisins de l’Est).

Les principaux flux sont dirigés vers le Royaume-Uni (3 GW) et l’axe Allemagne-Belgique (3,5 GW). S’y ajoutent 4 GW vers l’Italie et 2 GW vers la Suisse. Seule l’Espagne exporte vers la France très légèrement (moins de 0,2 GW). Autrement dit, le gaz consommé en France ne sert pas à répondre à la climatisation des ménages français. Au Royaume-Uni par exemple, les capacités pilotables sont plus limitées et les interconnexions avec la France jouent un rôle d’équilibrage.

L’article Pourquoi la France fait tourner ses centrales à gaz en plein été ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Cette mini éolienne à axe vertical française veut décarboner l’agriculture et l’industrie

1 juillet 2026 à 13:15

Malgré de nombreuses tentatives, la traditionnelle turbine à trois pales semble indétrônable, pour dompter l’énergie du vent. Mais une startup française a décidé de tenter sa chance avec un design novateur, pour un usage bien précis. Collaborative Energy ne veut pas créer d’immenses parcs éoliens offshore, mais aider les agriculteurs et les industriels à décarboner leur consommation électrique avec une éolienne adaptée à leurs besoins. Voici Quinoa. 

Qui a dit que les éoliennes devaient nécessairement avoir un axe horizontal, mis en mouvement par trois pales ? Née en Auvergne-Rhône-Alpes, mais adoptée par la Bretagne, la startup Collaborative Energy développe depuis 2016 une éolienne à axe vertical. Bien plus petite que les modèles traditionnels, cette éolienne du nom de Quinoa affiche une hauteur maximale de 12 mètres pour une puissance de 10 kW, et promet de mieux s’intégrer au paysage.

Si cette éolienne est plus petite, c’est qu’elle s’adresse principalement aux domaines de l’agriculture, de l’industrie et des collectivités territoriales. Elle constitue un moyen, pour les entreprises, de limiter leur consommation d’électricité. Après l’implantation d’un premier parc pilote dans le Var, la startup va installer l’une de ses éoliennes sur le site Titan Préfa de Plouisy, près de Guingamp. La mise en service est prévue pour le mois de septembre.

À lire aussi Ce concept d’éolienne flottante à axe vertical est-il farfelu ?

Une production française et même bretonne

Outre son architecture particulière, cette éolienne se distingue également par sa fabrication essentiellement française. Collaborative Energy indique ainsi que de nombreux éléments sont produits en Bretagne. Les pales sont ainsi fabriquées par la société lorientaise de SMM Composites, tandis que la partie électronique est assurée par l’entreprise Ovalt sur les sites de Rennes et Lamballe-Armor.

Si tout se passe comme prévu, Collaborative Energy devrait profiter de cette mise en service pour officialiser la commercialisation de l’éolienne, et pour dévoiler son prochain parc pilote qui devrait aussi voir le jour au nord de la Bretagne. Ce dernier devrait comprendre 10 éoliennes.

À lire aussi Ce prototype français d’éolienne en mer flottante a été mystérieusement abandonné

Démocratiser la « petite » éolienne

Avec son modèle Quinoa, Collaborative Energy entend redonner ses lettres de noblesse à la petite éolienne qui était autrefois régulièrement utilisée, en particulier dans le domaine de l’agriculture pour pomper l’eau. Le challenge technique et économique est néanmoins plus difficile à relever que pour les parcs de grandes dimensions. À petite échelle, les performances des éoliennes sont souvent diminuées par des conditions de vent plus incertaines, avec des turbulences plus fréquentes qui en altèrent le rendement. C’est d’ailleurs pour cette raison que les éoliennes domestiques n’ont jamais percé.

La technologie des éoliennes à axe vertical pourrait constituer le chaînon manquant pour permettre le développement de l’éolien à petite échelle grâce à un encombrement réduit, une meilleure intégration visuelle et une capacité à accepter les vents venant de n’importe quelle direction.

L’article Cette mini éolienne à axe vertical française veut décarboner l’agriculture et l’industrie est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Ce dirigeable veut remplacer les hélicoptères pour inspecter les réseaux électriques

1 juillet 2026 à 05:17

Longtemps oublié, le dirigeable pourrait peu à peu réapparaitre dans le paysage, notamment pour son impact environnemental potentiellement moins important que d’autres solutions de vol. Une startup française s’en est fait la spécialiste avec un objectif : décarboner l’inspection des réseaux. 

Il faut regarder en l’air pour apercevoir l’une des attractions du salon français VivaTech, qui célèbre l’innovation technologique à l’échelle internationale. La startup française HyLight veut profiter de cet événement pour présenter son dirigeable autonome à propulsion hydrogène.

Contrairement au projet Flying Whales, qui promet de faciliter l’installation d’éoliennes dans des conditions topologiques complexes, le dirigeable de HyLight se veut plus petit, et exclusivement destiné à l’inspection des réseaux. Grâce à sa propulsion hydrogène, il promet plus de silence, d’économies et moins d’émissions par rapport aux missions d’inspection traditionnelles. Autonome, il devrait pouvoir analyser jusqu’à 350 km de réseau en une seule mission.

À lire aussi Cette carte animée montre les flux en direct sur le réseau électrique français

Remplacer les hélicoptères pour améliorer l’inspection des réseaux

À l’heure actuelle, les inspections de réseaux se font par hélicoptère. RTE pratique de nombreuses inspections de ce type. Le principe est simple : l’hélicoptère, avec à son bord trois personnes, passe des réseaux en revue à basse altitude, entre 20 m et 60 m à une vitesse d’environ 30 km/h. Cela permet de repérer des éléments dégradés : poteaux endommagés, isolateurs cassés, attaches à remplacer ou végétation trop proche. Une caméra thermique permet également de détecter les éventuels points chauds et ainsi de prévoir des interventions.

L’hélicoptère permet d’aller beaucoup plus vite que des opérations terrestres. En revanche, il a un défaut : son impact environnemental. Les hélicoptères d’inspection, comme les Airbus H125 ou équivalent, consomment aux alentours de 200 litres de kérosène par heure de vol.

En parallèle, certaines missions d’inspection peuvent être réalisées grâce à des drones. Mais tout comme les hélicoptères, les drones affichent une autonomie largement inférieure au prototype de dirigeable de HyLight. Forte de son potentiel, la startup a déjà noué des partenariats avec Enedis, la SNCF, Natran ou encore Suez.

L’article Ce dirigeable veut remplacer les hélicoptères pour inspecter les réseaux électriques est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Le fournisseur d’électricité Octopus se lance dans la batterie domestique

Par : Hugo LARA
30 juin 2026 à 19:16

Octopus Energy annonce commercialiser dès 2027 ses propres batteries domestiques dans cinq pays européens. Deux modèles au catalogue : une version compacte branchable sur une prise pour les appartements, et un système mural pour les maisons.

Le fournisseur d’énergie britannique, qui ne cesse de présenter des nouveautés ces derniers mois, a dévoilé le 22 juin 2026 sa future gamme de batteries domestiques « Nook ». C’est la première fois qu’un fournisseur d’énergie propose directement ses propres systèmes de stockage à ses clients en France. Outre l’Hexagone, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne seront concernés par le déploiement, qui débutera seulement dès 2027.

À lire aussi Test Marstek Venus E 3.0 : une grosse batterie domestique à petit prix

Deux formats adaptés au type de logement

La gamme Nook sera déclinée en deux versions. D’abord le Nook Cube, qui cible les habitants d’appartements avec une taille compacte « pas plus grande qu’une boîte à chaussures », promet Octopus. Cette batterie de 2 kWh se branchera simplement sur une prise standard et offrirait environ trois heures d’autonomie pour un foyer moyen d’après le fournisseur. L’application Octopus permettra de piloter l’installation et d’ajouter des modules supplémentaires pour atteindre jusqu’à 10,5 kWh de capacité totale.

Pour les maisons individuelles, le Nook Colossus adoptera un format mural avec une capacité de base de 5 kWh. Les propriétaires pourront empiler plusieurs unités pour atteindre 30 kWh dans les logements spacieux. Les deux systèmes pourront stocker notamment la production issue de panneaux solaires et bénéficieront d’une garantie de 12 ans. Rien de bien nouveau jusqu’ici, les caractéristiques rappelant celles des batteries domestiques déjà commercialisées par les spécialistes chinois du secteur tels que Zendure, Ecoflow, Jackery, Anker Solix et Bluetti, entre autres. Les visuels abstraits publiés par la marque laissent d’ailleurs entrevoir une silhouette proche des modèles Solarbank et X1 d’Anker Solix.

À lire aussi Test batterie solaire Bluetti AC200PL : polyvalente, mais à quel point ?

Jouer avec la tarification dynamique

L’idée derrière le stockage est de rentabiliser les offres d’électricité à tarification dynamique, qui émergent timidement en France. Les batteries peuvent stocker le courant lorsque le prix du kilowattheure est faible, pour l’injecter aux moments où il est cher. Une capacité de stockage importante est toutefois nécessaire pour que cela soit vraiment rentable, particulièrement si le logement est en tout-électrique. Il est donc fort probable que le lancement de la gamme Nook en 2027 soit simultané à la mise sur le marché d’une offre à tarification dynamique par Octopus. On remarquera l’étonnant empressement du fournisseur à annoncer le lancement d’un produit qui ne sera disponible que dans six mois au mieux.

L’article Le fournisseur d’électricité Octopus se lance dans la batterie domestique est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Miscanthus : cette plante miracle qui chauffe, isole et dépollue les sols

30 juin 2026 à 07:37

Une piscine du nord de la France est désormais chauffée grâce à de « l’herbe à éléphant », une graminée de 3 mètres de haut. Cette plante, encore peu connue en France, a de nombreuses propriétés qui pourraient en faire un incontournable de la décarbonations. 

Récemment inaugurée après 10 ans de fermeture, la piscine de la ville de Leforest vient de réouvrir avec une particularité. Elle est chauffée à partir d’un matériau dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler : le miscanthus. Cette plante herbacée, originaire d’Afrique et d’Asie du Sud, est de plus en plus cultivée en France du fait de ses caractéristiques propres, et de ses nombreux avantages.

Dans le cas de la piscine de la commune de Leforest, le miscanthus utilisé a été cultivé sur le site de l’ancienne fonderie de plomb de Metaleurop Nord, à Noyelles-Goldault. Les émissions de poussière de la fonderie ont contaminé les sols environnants en plomb, cadmium et zinc jusqu’à sa fermeture en 2003. Si l’emplacement de l’usine a été démantelé de manière traditionnelle, des méthodes innovantes ont été testées avec plus ou moins de succès aux abords du site, là où la pollution est plus diffuse.

Parmi les techniques étudiées, l’usage de plantes de remédiation a été testé, avec des résultats hétérogènes. Si, en termes de dépollution, le miscanthus n’est pas une plante miracle, cette dernière a tout de même la capacité d’accumuler les métaux lourds dans ses racines sans pour autant les transférer vers ses parties aériennes. Cela permet notamment de sécuriser partiellement les sols pollués et de limiter la mobilité des polluants.

À lire aussi Première convergence pour les miroirs géants du premier restaurant solaire d’Europe

Le miscanthus, plante du futur ?

Pour la production d’énergie, elle est idéale. Une fois installée, elle produit beaucoup de matière sèche chaque année avec un entretien quasi-nul à partir de la deuxième ou troisième année. D’ailleurs, elle a la capacité de repousser grâce à ses rhizomes. Cela signifie qu’une fois plantée, elle repousse naturellement tous les ans pendant 20 ans. Outre les feuilles qui tombent durant l’année et protègent le sol en générant un paillage, ses tiges sont récoltées sèches au début du printemps. Il n’y a plus qu’à les broyer pour les utiliser dans des chaudières biomasse.

Ce n’est pas le seul avantage. Avec une production locale et peu intensive, l’impact carbone de cette plantation est très positif, notamment grâce à l’absence d’entretien pendant 20 ans. Sans entrer en concurrence avec les terres agricoles à usage alimentaire, le miscanthus peut être cultivé sur des terres polluées.

En parallèle, la plante est de plus en plus étudiée dans le domaine du bâtiment, car c’est un excellent produit d’isolation. Outre sa grande légèreté, le miscanthus affiche une excellente résistance thermique, tout en étant perspirant. Cela signifie qu’il absorbe de l’eau quand l’humidité de l’air est trop élevée, et relâche cette eau quand l’air est trop sec. Enfin, il est étanche à l’air. Plusieurs entreprises travaillent à l’industrialisation et à la commercialisation de blocs de béton de miscanthus qui auraient des propriétés similaires au béton de chanvre. En France, sa production a plus que triplé en l’espace de 10 ans.

L’article Miscanthus : cette plante miracle qui chauffe, isole et dépollue les sols est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Il jette une batterie au lithium, le camion-poubelle prend feu

29 juin 2026 à 13:05

Ce camion de collecte n’a pas simplement succombé à la canicule, il a pris feu après qu’une batterie au lithium a été négligemment déposée dans un sac de déchets ménagers. Une erreur dont les conséquences auraient pu être très graves. 

Il a fait très chaud, le 19 juin, dans la rue du 19-Mars de la ville de Wattrelos, près de Lille. Un camion-poubelle y a pris feu en pleine tournée, à cause d’une batterie au lithium jetée dans les déchets ménagers. Celle-ci a été écrasée lors du processus de compaction du camion, engendrant un emballement thermique et un départ de feu immédiat. En plus de ravager entièrement le camion de collecte, l’incendie s’est propagé à trois véhicules alentour, et a même fait exploser les vitres des habitations de la rue.

Heureusement, aucune victime n’est à déplorer, mais cet incident rappelle la potentielle dangerosité des batteries au lithium quand elles ne sont pas manipulées ni traitées comme il se doit en fin de vie.

À lire aussi Un camion rempli de batteries au lithium se retourne et brûle pendant 48 heures

Piles et batteries au lithium : fléau des centres de tri

Si les images sont impressionnantes, la situation n’est pas tout à fait inédite. L’année dernière, le président de la Fédération des entreprises du recyclage, François Excoffier, avait alerté sur le sujet, en expliquant qu’une hausse spectaculaire des incendies était observée dans les centres de tri. Alors qu’on recensait en moyenne entre 140 et 150 incendies par an, ce nombre est passé à plus de 400, sans prendre en compte les départs de feu presque mensuels qui sont tout de suite maîtrisés. Toujours selon François Excoffier, les bouteilles de gaz et batteries au lithium seraient à l’origine de 60 % de ces incendies.

Face à cette situation de moins en moins contrôlée, une proposition de loi, validée par le Sénat, devrait passer par l’Assemblée nationale. Elle a été écrite de manière à responsabiliser les producteurs de batteries sur la prévention des incendies dans les centres de tri. Une meilleure gestion de la fin de vie des batteries est d’autant plus importante que ces dernières prennent une place toujours plus grande dans notre quotidien.

L’article Il jette une batterie au lithium, le camion-poubelle prend feu est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Du 400 volts dans les prises au lieu de 230 volts : tous les appareils électriques de ce petit village ont sauté

29 juin 2026 à 08:51

Téléviseurs, cafetières et autres micro-ondes sont bons à jeter à la poubelle. À cause d’une mauvaise manipulation entraînant une surtension sur le réseau, Enedis a accidentellement causé la destruction des appareils électriques de 20 foyers en Indre-et-Loire. Un cas rarissime, mais qui peut être très dangereux. 

Des habitants de la commune de Chanceaux-sur-Choisille (37) ont eu la mauvaise surprise, mardi 16 juin, de constater que la plupart de leurs appareils électriques avaient été détruits suite à une opération d’élagage entreprise par Enedis. À l’occasion de cette opération, le gestionnaire de réseau avait déployé des groupes électrogènes, mais un dysfonctionnement électrique a entraîné une surtension dans une vingtaine d’habitations. Interrogé par Ici Touraine, l’un des habitants raconte même avoir entendu un « boum » avant de voir une flamme d’un mètre de haut sortir d’une de ses prises de courant.

La tension du réseau, qui est passée de 230 V à 400 V, a détruit téléviseurs, machines à laver, stores électriques ou encore micro-ondes. Très rapidement, Enedis a reconnu sa pleine responsabilité et a présenté ses excuses aux personnes touchées en précisant qu’il prendrait en charge l’indemnisation du matériel détruit.

À lire aussi Ces 20 secondes qui ont détraqué le réseau électrique espagnol lors du blackout du 28 avril 2025

La surtension, un phénomène rare mais potentiellement grave

Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement se produit. Il y a 10 ans, dans le Calvados, un technicien EDF avait inversé la phase et le neutre dans un poste transformateur. Conséquence de la mauvaise manipulation : l’électroménager de 40 foyers avait été détruit. En 1987, un incident de ce type avait engendré des conséquences encore plus graves en Gironde. À l’époque, un problème de surtension avait plongé dans le noir 30 000 foyers, et provoqué l’explosion du compteur électrique d’une maison, entraînant son incendie. Heureusement, l’incident n’avait fait aucune victime.

Les conséquences de ces événements peuvent être très importantes : destruction de circuit électrique, départ d’incendie, apparition de courant de fuite, ou encore implosion d’appareils. Cependant, il n’existe pas de méthode miracle pour se prémunir de ce type d’événement qui reste très rare.

En revanche, il est possible d’éviter les surtensions d’origine naturelle. Parfois, ces dernières peuvent être causées par l’orage. Il est ainsi conseillé de débrancher ses appareils électriques en cas d’orage à proximité. Dans les régions où les orages sont fréquents, la norme NF C 15-100 peut même rendre obligatoire l’installation d’un paratonnerre en toiture, ainsi que d’un parafoudre sur le compteur électrique. Grâce à cet appareil, la surtension est déviée vers la prise de terre, protégeant ainsi les appareils électriques du logement.

L’article Du 400 volts dans les prises au lieu de 230 volts : tous les appareils électriques de ce petit village ont sauté est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Ce nouveau gaz va rendre les postes électriques plus respectueux du climat

28 juin 2026 à 07:09

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE mise sur le gaz « G3 » de GE Vernova pour se débarrasser du SF₆ qui sera bientôt interdit dans les transformateurs par l’Union européenne.

RTE a annoncé, le 11 juin, la signature d’un accord avec GE Vernova pour l’acquisition de postes sous enveloppe métallique (PSEM) isolés au gaz G3. Pourquoi ce nouveau gaz ? Pour se passer d’un gaz à effet de serre bien pratique mais bientôt interdit, l’hexafluorure de soufre, ou SF6, dont le pouvoir de réchauffement global est 25 200 fois supérieur au CO2.

La réglementation européenne sur les gaz fluorés l’interdit désormais. Le règlement F-Gaz révisé prévoit la disparition progressive des équipements électriques utilisant des gaz fluorés à fort impact réchauffant pour la planète. Certains États membres ont voulu freiner son adoption, craignant qu’aucune solution ne puisse le remplacer dans un délai court, dont la France. La Commission européenne a tout de même confirmé son intention de maintenir le calendrier de sortie du SF6.

À lire aussi L’hydrogène est un gaz à effet de serre deux fois plus puissant qu’on ne le pensait

Le G3, une solution prometteuse

Et RTE a dû se retourner, vite. L’interdiction et les nouveaux raccordements ont créé un entonnoir duquel est sortie cette solution de GE Vernova.
Le gaz G3 permet de réduire de 99 % le potentiel de réchauffement global du gaz isolant par rapport au SF₆ et ce, selon le fabriquant, sans perte de performance. Les postes sources vont de 72,5 kV à 420 kV.

Les premiers déploiements sont attendus pour 2028 dans certains postes existants ou des nouveaux, comme ceux des datacenters d’Île-de-France ou les zones industrielles comme Fos-sur-Mer. « Ce partenariat avec GE Vernova constitue un véritable acte de politique industrielle », explique Thomas Veyrenc, membre du directoire de RTE, dans le communiqué de presse. Les activités de recherche et développement ont été menées à Villeurbanne et la fabrication sera assurée sur le site d’Aix-les-Bains.

L’article Ce nouveau gaz va rendre les postes électriques plus respectueux du climat est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Qui dit quoi sur l’énergie parmi les candidats déclarés à la présidentielle ?

27 juin 2026 à 05:17

Et si on comparait les programmes des candidats déclarés à la présidentielle ? Sur l’énergie, il y a rarement eu autant de clivages et de revirements, de polarisation (tout nucléaire/tout renouvelable), avec un RN prêt à tout arrêter sur les ENR. Révolution Énergétique fait le point sur leurs programmes.

À dix mois de l’élection présidentielle, l’Union française de l’électricité (UFE), lors de son colloque annuel, est parvenue à mettre la plupart des candidats sur une même estrade et à les interroger, vision contre vision. Si tous s’accordent sur la nécessité de réduire la dépendance française aux hydrocarbures importés et d’accélérer l’électrification des usages, les divergences restent profondes sur le nucléaire et paraissent rédhibitoires en vue d’alliances. Les candidats sont d’accord un à un sur le moratoire ou le tout renouvelable, et certains ne comprennent toujours pas le fonctionnement du marché de l’électricité.

À lire aussi Détaxer l’électricité, encourager les pompes à chaleur et voitures électriques : ils veulent hyper-électrifier la France

Des clivages extrêmes

La droite et le Rassemblement national défendent une stratégie pronucléaire. Bruno Retailleau plaide pour la prolongation du parc existant, la construction de six EPR2 et la relance des réacteurs à neutrons rapides. Le RN va encore plus loin que le raisonnable réalisable sur le nucléaire, déteste les ENR et le marché européen de l’électricité (qui nous a permis d’exporter 10% de notre électricité et d’empocher un joli pactole).

Les écologistes et La France insoumise continuent de viser un système reposant à terme sur les énergies renouvelables, à 100% pour la vision la plus haute. Marine Tondelier juge le nucléaire trop cher, trop lent pour répondre aux objectifs climatiques, même si les Écologistes ne réclament plus la fermeture anticipée des centrales actuelles. LFI souhaite une sortie progressive du nucléaire et du 100 % renouvelables, pas plus argumentée sur la faisabilité d’un tel système.

À lire aussi Pourquoi cette centrale nucléaire fantôme n’est-elle jamais entrée en service ?

Même l’entre-deux extrêmes énergétiques n’arrive pas à se décider

Entre ces deux visions qui n’ont rien en commun, le Parti socialiste hésite. Alors, du nouveau nucléaire ou non ? C’était oui, mais pas beaucoup, maintenant c’est abstention. Alors que son programme adopté en 2025 visait la construction de huit EPR2, celui de juin 2026 ne mentionne plus qu’un renouvellement partiel du parc existant. Olivier Faure se veut prudent et ne souhaite pas mettre tous les œufs dans le même panier, comme François Hollande. Une position en apparence en désaccord avec Boris Vallaud, partisan de six à huit EPR2, ou encore avec celle de Bernard Cazeneuve, favorable à une reprise des réacteurs de quatrième génération.

Hors des programmes qui ont donné un beau spectacle sur l’estrade devant un parterre de professionnels du secteur, la ministre chargée de l’énergie, Maud Bregeon, a apporté un peu de concret sur les appels d’offres à venir. À l’automne, de nouveaux appels d’offres pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque seront lancés et continueront jusqu’à l’élection présidentielle. Pas question, donc, de temporiser, évoquant le maintien d’un nouvel appel d’offres dès janvier 2027.

L’article Qui dit quoi sur l’énergie parmi les candidats déclarés à la présidentielle ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Pour faire la promo de l’hyper électrification, l’État se paye un spot publicitaire

26 juin 2026 à 15:04

L’État lance une vaste campagne de pub pour inciter, guider et éclairer les Français sur leur électrification.

« L’énergie est précieuse, économisons-la », ou quand, en 2022, en pleine crise des prix due à la fois au Covid et à la guerre en Ukraine, l’État promouvait la sobriété. D’autres pubs sur la rénovation thermique ou les écogestes avaient été diffusées ici et là. Ça, c’était avant. Désormais, l’État va inciter les Français à consommer davantage, à s’électrifier.

Baptisée « Électrifions la France », cette campagne entend convaincre les Français de remplacer progressivement leurs équipements fonctionnant aux énergies fossiles par des alternatives électriques dans le chauffage ou le transport. Diffusée de juin à septembre 2026, la campagne de publicité veut faire de l’électricité « le standard des usages du quotidien ». « L’électrique, c’est fantastique ! » est son slogan, moins sobre que les précédentes communications gouvernementales.

À lire aussi Baisser la fiscalité de l’électricité, unique voie pour inciter à l’hyper-électrification ?

Aider à faire les bons choix et à y voir plus clair sur les aides

Et pour convaincre, le gouvernement va parler argent. Parcourir 100 kilomètres en véhicule électrique coûte 3 euros d’électricité alors qu’un plein thermique coûte bien plus cher. Une pompe à chaleur permet de diviser par deux les dépenses de chauffage par rapport à une chaudière au gaz ou au fioul.

Un sport écrit dans le Parisien est prévu et un partenariat avec LeBonCoin va même être lancé pour la faire apparaître au moment où les ménages décident sur leur logement, leur véhicule ou leur électroménager. Une plateforme doit centraliser les aides publiques, les contenus pédagogiques et les futurs simulateurs d’aide à la décision pour être guidé, accompagné.

Sur cette plateforme, il est possible de voir le planning des aides à venir, par exemple l’ouverture du leasing social le 16 juillet, l’ouverture des aides à l’achat d’une PAC pour les serres en septembre 2026 ou le dispositif gros rouleur à cette même date. Un simulateur conçu par l’IFP permet par exemple de comparer les voitures électriques entre elles. Il est possible de simuler le temps de recharge de sa voiture.

L’article Pour faire la promo de l’hyper électrification, l’État se paye un spot publicitaire est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

L’Europe compte 100 milliards d’euros de projets renouvelables en attente

25 juin 2026 à 14:34

Si l’Europe met l’accent sur la multiplication des sites de production d’électricité renouvelable, encore faut-il pouvoir la distribuer. Un rapport indépendant indique que dans une partie de l’Europe, pas moins de 100 milliards d’euros de projets seraient bloqués à cause de réseaux de transport d’électricité pas adaptés. 

Si l’Union européenne fait partie des relativement bons élèves en matière de transition énergétique, elle n’en reste pas moins confrontée à des problèmes importants pour réussir cette transition. Parmi ces problèmes, le réseau électrique européen est un obstacle majeur au développement des projets de production d’énergie renouvelable. Un récent rapport du groupe AFRY, commandé par l’organisme à but non lucratif « Beyond Fossil Fuels », indique ainsi que près de 375 GW de projets sont en standby, faute de possibilité de raccordement.

Ces 375 GW concernent plusieurs pays européens, à savoir la Bulgarie, la République tchèque, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et la Grande-Bretagne. Toujours selon ce rapport, cet embouteillage de raccordements pourrait jouer un rôle dans le maintien de la dépendance européenne aux énergies fossiles. Au total, ils représentent 100 milliards d’euros d’investissement qui ne peuvent pas encore aboutir et participer à la décarbonation des mix électriques des pays concernés.

À lire aussi Il fait trop chaud, cette taxe qui finance le réseau électrique va donc augmenter le 1er aout 2026

Un problème d’architecture réseau

À l’origine, le réseau énergétique européen a été construit principalement autour du charbon, puis du gaz. Ces centrales étaient généralement implantées à proximité des gros consommateurs. En France, le schéma est d’ailleurs similaire avec les centrales nucléaires.

Mais avec le développement de l’éolien ou du solaire, c’est toute cette architecture réseau qui doit être repensée car les sites de production d’électricité se retrouvent excentrés. Les gestionnaires de réseau doivent donc s’adapter à ces nouveaux moyens de production et amener toujours aussi efficacement l’électricité produite jusqu’aux logements et aux entreprises.

À lire aussi La Caisse des dépôts prête 5 milliards d’euros à RTE pour rénover le réseau électrique

Le stockage d’énergie prend aussi du retard

La Commission européenne a bien lancé des chantiers pour accélérer cette évolution du réseau électrique européen, avec un total de 1,2 milliard d’euros d’investissement sur ce sujet d’ici 2040, et le lancement de 8 autoroutes de l’électricité pour faciliter ce transport. L’amélioration du réseau est d’autant plus importante que les retards de raccordement touchent également les projets de stockage d’énergie, à hauteur de 455 GW. La situation a des allures de cercle vicieux parce que chaque retard de déploiement de capacités de stockage freine l’efficacité des sites de production d’énergie.

L’article L’Europe compte 100 milliards d’euros de projets renouvelables en attente est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

❌