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Fusion nucléaire : quel réacteur a maintenu un plasma le plus longtemps ?

13 novembre 2025 à 15:52

Certains affirment que la fusion nucléaire est une promesse qui nous est faite depuis plus de soixante-dix ans, mais que l’on ne voit rien venir. Ce n’est pas complètement faux, mais ce n’est pas vrai non plus. Pour preuve, cette course aux records entre les différents acteurs. Un véritable marathon, qui s’étale sur des décennies. Et qui ne se perçoit qu’avec un peu de recul

Tore Supra est un tokamak situé sur le site du centre de recherche nucléaire CEA de Cadarache dans les Bouches-du-Rhône. Il est destiné à produire des réactions de fusion dans une enceinte en forme de tore, et le plasma y est maintenu selon le principe du confinement magnétique. Il démarre en 1988.

Le 16 décembre 2003, Tore Supra établit un record : celui de la durée de fonctionnement en continu pour un tokamak. Le plasma y est maintenu pendant 6 minutes et 30 s. Un record qui restera longtemps imbattu.

Mais c’était sans compter sur la compétition internationale. Et notamment celle qui nous vient d’Asie, et d’une nouvelle superpuissance : la Chine. Cette dernière mène de longue date un programme dédié au développement de la fusion nucléaire. À ce titre, elle participe par exemple au programme ITER, le réacteur international en cours de construction à Cadarache.

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La Chine pulvérise un record de près de vingt ans

Sa participation à ITER n’a pas empêché la Chine de construire un autre tokamak sur son territoire. Le réacteur EAST (Experimental Advanced Superconducting Tokamak) est en effet mis en service en 2006. Et ce qui devait arriver arriva : en décembre 2021, il pulvérise le record de Tore Supra, avec un plasma de 70 millions de degrés maintenu pendant plus de 17 minutes (1056 secondes).

Mais ce record ne tiendra pas longtemps. Entre temps, un vaste programme de réaménagement est mis en œuvre sur Tore Supra, qui sera alors rebaptisé WEST (W Environment in Steady-State Tokamak). WEST redémarre en 2016. Et, le 19 février 2025, il reprend la tête : un plasma de 50 millions de degrés maintenu pendant plus de 22 minutes (1337 secondes).

Une course effrénée ? Seulement si l’on est patient et que l’on est prêt à suivre cette course qui se mène à un rythme de tortue. Elle n’en reste pas moins une course bel et bien réelle, et l’on ne peut qu’attendre avec une impatience l’annonce des prochains records – dans quelques temps.

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Blackout du 28 avril : l’Espagne va investir presque 1 milliard d’euros dans le stockage d’électricité

13 novembre 2025 à 12:05

Après le blackout du 28 avril 2025 sur la péninsule ibérique, le gouvernement espagnol débloque 840 millions d’euros dédiés à des projets de stockage et adopte un « décret de résilience » pour le réseau.

Le lundi 28 avril 2025 à 12 h 33, les réseaux électriques de l’Espagne et du Portugal se sont effondrés : la péninsule ibérique s’est retrouvée totalement coupée du réseau européen. L’Europe a connu son pire blackout depuis plus de vingt ans. En l’espace de quelques secondes, une perte d’environ 2 000 à 15 000 mégawatts (MW) de production a déclenché une montée en tension et une cascade de déconnexions automatiques qui ont conduit à la désynchronisation du réseau espagnol et européen.

En réponse, le ministère de la Transition écologique espagnol annonce un soutien ciblé de 840 millions d’euros issu du fond européen FEDER alloué au capex de 143 projets de stockage pour 2,4 GW et 8,9 GWh. Plus de la moitié des projets (81 sur 143) seront hybridés (stockage + énergies renouvelables), 42 seront des systèmes de batteries autonomes (BESS), 17 des stocks thermiques et 3 des installations de pompage-turbinage.

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Faciliter le stockage et le financer, la stratégie espagnole

Si le soutien est passé de 700 millions à 840 millions, c’est parce qu’il y a eu énormément de dossiers déposés. Les régions les plus attractives sont l’Andalousie (39 projets), la Catalogne (17) et Valence (14). Les projets devront sortir de terre sous 36 mois maximum ou avant fin 2029.

Avec ce soutien ciblé au stockage, Madrid a parallèlement approuvé un décret royal consacré à la résilience du réseau. Il contient des mesures pour faciliter l’association du stockage au réseau, donne la priorité aux systèmes hybrides et confie à l’opérateur du réseau de transport d’électricité (Red Eléctrica de España) la tâche de proposer des modifications réglementaires relatives aux oscillations de puissance, aux vitesses de variation de tension et aux limitations techniques ne favorisant pas le stockage.

L’origine de ce plan et de ce soutien vient directement des conclusions de l’étude publiée par ENTSO‑E : le black-out n’a pas été provoqué par une surproduction d’énergies renouvelables, contrairement à ce que disent leurs détracteurs, mais à une instabilité en tension.

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