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Le train à hydrogène, c’est terminé pour Alstom

2 décembre 2025 à 15:45

Nouveau coup dur pour Alstom. Le géant ferroviaire entend suspendre ses activités liées à l’hydrogène, faute de subventions.

En 2022, l’Europe avait accordé 5 milliards d’euros d’aides publiques pour soutenir la recherche sur l’hydrogène, dans le cadre d’un projet important d’intérêt européen commun (PIIEC). Ces financements étaient répartis entre 41 projets issus de 35 entreprises de 15 pays, dont Alstom faisait partie. Désormais, la multinationale française a décidé de mettre fin aux activités de sa filiale Alstom Hydrogène, une décision actée lors d’un CSE extraordinaire en novembre. En cause selon le groupe ferroviaire : l’interruption du financement des projets par l’État français.

Pour autant, Alstom ne semble pas tourner totalement la page du train à hydrogène. Selon BFM, des discussions seraient en cours avec l’État afin de trouver des solutions et de préserver une filière hydrogène « made in France ». L’entreprise assure également qu’elle respectera ses engagements auprès de ses clients en France, en Allemagne et en Italie. Elle continuera de maintenir les trains déjà livrés et honorera les commandes en cours, dont notamment 12 rames destinées à plusieurs régions françaises.

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Quel avenir pour le train à hydrogène ?

C’est donc une nouvelle épreuve pour le géant ferroviaire français qui, dès ses débuts dans l’hydrogène, a rencontré des difficultés. Rappelons qu’après avoir livré une flotte de 14 trains Coradia iLint en Basse-Saxe en Allemagne, l’entreprise a dû rappeler l’ensemble de la flotte en 2024 en raison de problèmes de fiabilité et de difficultés d’approvisionnement. Les rames, pourtant exploitées durant plusieurs mois, ont dû être temporairement remplacées par des unités diesel.

Difficile, dans ces conditions, pour une technologie pourtant censée décarboner le transport ferroviaire, d’envisager un avenir radieux. Le directeur d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, avait d’ailleurs reconnu que les trains à hydrogène n’étaient « pas encore mûrs » et nécessitaient encore des progrès. Les piles à combustible souffrent en effet de plusieurs limites : durée de vie encore insuffisante, rendement faible et coûts très élevés. À cela s’ajoutent les défis d’infrastructure, notamment le prix élevé de l’hydrogène vert et le manque de stations de ravitaillement adaptées.

Alstom n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Dans l’automobile et l’aérien, la pertinence de l’hydrogène semble sérieusement remise en question. Pour sa part, le constructeur Stellantis a mis fin cette année à son programme de développement de piles à combustible, tandis que d’autres acteurs ont vu ralentir leur cadence.

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La pompe à chaleur n’a plus de secret avec cette nouvelle vidéo du « Réveilleur »

Par : Hugo LARA
2 décembre 2025 à 13:41

Ingénieur de formation et vulgarisateur scientifique reconnu, Rodolphe Meyer, alias « Le Réveilleur » sur YouTube, vient de publier une nouvelle vidéo consacrée aux pompes à chaleur. Dans ce long mais passionnant épisode, il montre à quel point cette technologie peut réduire les émissions de gaz à effet de serre et de polluants tout en réduisant notre facture énergétique.

Les points clés de la vidéo

  • La pompe à chaleur est le mode de chauffage disposant du meilleur rendement, toutes catégories confondues.
  • Les fluides frigorigènes sont de moins en moins polluants.
  • Les installations combinant plancher chauffant et pompe à chaleur géothermique atteignent une efficacité record.
  • Une installation correctement réalisée et paramétrée est indispensable pour obtenir des économies d’énergie optimales.

La pompe à chaleur va bouleverser le monde, à en croire Rodolphe Meyer, l’expert énergie-climat derrière la chaîne YouTube « Le Réveilleur ». L’ingénieur commence par rappeler le principe de base de la pompe à chaleur : un système qui ne « crée » pas de chaleur mais la transfère d’un milieu à un autre grâce à un fluide frigorigène et un compresseur. Il vulgarise les notions de coefficient de performance (COP) et d’efficacité saisonnière, afin de montrer pourquoi une pompe à chaleur peut fournir plusieurs kilowattheures de chaleur pour un seul kilowattheure d’électricité consommé.

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Un éclairage honnête sur les pompes à chaleur

La vidéo insiste aussi sur les conditions de réussite d’une installation. Une pompe à chaleur n’est pertinente seulement si le dimensionnement est adapté aux besoins réels. Rodolphe Meyer explique le fonctionnement du système en cas de grand froid, ses émissions sonores, le risque de surconsommation si l’on surdimensionne ou si l’on conserve des émetteurs très haute température. Il démonte au passage plusieurs idées reçues, sur l’impact des gaz frigorigènes notamment.

Enfin, l’ingénieur replace la pompe à chaleur dans un cadre plus large : celui de la stratégie de décarbonation du chauffage résidentiel. Il explique en quoi la généralisation des PAC, combinée à la progression des énergies renouvelables dans le mix électrique, peut contribuer à réduire les émissions du secteur. La vidéo se veut avant tout un outil d’aide à la décision pour les particuliers, en fournissant des éléments factuels plutôt qu’un discours purement commercial.

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Fusion nucléaire : que signifient les couleurs fascinantes du plasma ?

2 décembre 2025 à 10:10

Tokamak Energy a été fondée en 2009 au Royaume-Uni, à proximité d’Oxford. Bien dotée du point de vue financier – 200 millions de dollars collectés en 2022, puis 125 millions en 2024 – elle a battu plusieurs records technologiques. Et aujourd’hui, elle nous fournit de belles images, très utiles pour comprendre le fonctionnement d’un réacteur à fusion.

Le concept de Tokamak Energy est axé sur deux options technologiques : tout d’abord, le tokamak sphérique, réputé plus compact que ceux en forme de tore (comme ITER, par exemple), et d’autre part, des aimants supraconducteurs à haute température. Par haute température, il faut toutefois comprendre « un peu plus haute température que les autres supraconducteurs », car ils restent refroidis à des températures extrêmement basses, de l’ordre de 20 kelvins, c’est-à-dire -250 °C.

Le sujet qui nous occupe aujourd’hui est visuel, et il concerne une caméra couleur installée à l’intérieur de l’enceinte du tokamak. Il s’agit d’une caméra haute vitesse, capable de capter 16 000 images par seconde (fps). Cette caméra très spéciale permet d’observer les phénomènes qui se produisent à l’intérieur du réacteur à fusion, et de produire des images comme celle-ci.

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Des images essentielles pour la recherche

Ce que nous pouvons voir n’est que la partie du plasma qui émet dans la gamme visible du spectre lumineux. Et c’est la portion du plasma qui est la plus froide, en périphérie, car le cœur du plasma est bien trop chaud pour émettre à des longueurs d’ondes perceptibles par nos yeux. Comme le deutérium et le tritium émettent respectivement une lumière rouge et une lumière bleue, il en résulte ce halo rose que l’on observe dans l’enceinte. Sa portion plus vive, visible en haut à gauche de l’image, correspond à l’injection de deutérium.

Les étincelles rouges visibles en haut à droite correspondent à une poudre de lithium injectée dans le plasma. Lorsque le lithium est ensuite entraîné et chauffé par le plasma, il s’ionise (il perd un électron et devient du Li+) ; sous cette forme, le lithium émet une lumière verte. Il trace alors un anneau qui suit les lignes de champ magnétique.

Ces images, outre leur aspect esthétique, ont un réel intérêt scientifique. En particulier pour suivre le trajet du lithium dans le réacteur. L’objectif est ici de se servir du lithium comme d’un traceur permettant d’étudier le mouvement des gaz et du plasma dans le réacteur, avec pour finalité de renforcer la robustesse de ses composants vis-à-vis des conditions sévères qui leur sont imposées.

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Stockage d’électricité : la STEP du lac Noir va-t-elle enfin renaître de ses cendres ?

2 décembre 2025 à 05:33

Une nouvelle étape vient d’être franchie vers la création d’une nouvelle station de pompage-turbinage sur le site historique du lac Noir. Un appel d’offres devrait bientôt être publié pour déterminer qui possèdera le droit de l’exploiter à partir de 2026.

C’est officiel : l’État vient de faire l’acquisition des terrains des sites du lac Blanc et du lac Noir auprès de la commune alsacienne d’Orbey. Cette acquisition promet la relance du projet d’implanter une station de transfert d’énergie par pompage sur ce site emblématique du massif des Vosges.

Pour rappel, le site accueillait une modeste STEP depuis 1933, d’une puissance de 80 MW pour environ 0,5 GWh de capacité de stockage. Mais en 2002, une avarie avait conduit à son arrêt définitif. Face à un bâtiment historique trop abîmé, EDF avait décidé de le raser en 2014, avec le projet de construire une nouvelle usine d’ici 2019. Ce nouveau projet était vivement soutenu par les élus locaux. En 2018, même Sébastien Lecornu, alors secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, s’était prononcé en faveur d’une nouvelle STEP. Mais finalement, l’énergéticien français avait décidé d’y renoncer en évoquant un manque de rentabilité du fait d’un investissement estimé à 80 millions d’euros.

L’acquisition de ces terrains par l’État redistribue les cartes, dans un contexte propice aux systèmes de stockage d’énergie. Un appel d’offres va être lancé d’ici la fin de l’année afin de déterminer qui en sera le concessionnaire. En parallèle, des études environnementales vont être menées pour garantir un projet respectueux de la biodiversité locale.

La STEP du Lac Noir, site historique de l’hydroélectricité française

Le lac Noir est l’une des premières STEP française. Construite entre 1928 et 1934, elle a nécessité une augmentation de la capacité du lac Noir grâce à la construction d’un barrage-digue de quinze mètres de haut. Une galerie de 4,6 mètres de diamètre a également été forée entre le lac Noir, situé à 955 m d’altitude, et le lac Blanc, situé 100 m plus haut.

Son inauguration a été marquée par un événement tragique. Lors de la mise en service, une canalisation s’est rompue, entraînant l’effondrement du toit de la centrale. L’accident a causé la mort de 9 des 10 personnes présentes sur le site ce jour-là. Il aura fallu quatre ans de réparations pour que la centrale soit finalement relancée.

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La STEP du Lac Noir de nouveau indispensable ?

Si, au milieu des années 2010, les conditions économiques n’étaient pas réunies pour faire du site du lac Noir un projet rentable, le contexte actuel est bien différent. Avec le développement massif des énergies renouvelables sur ces dernières années, les besoins en stockage d’énergie ont explosé. Ainsi, le déploiement de nouvelles STEP et l’augmentation de capacité des installations actuelles sont bien à l’ordre du jour du côté d’EDF. Parmi les grands projets en cours de développement, il y a notamment le gigantesque chantier de Montézic 2.

Reste désormais à savoir qui s’occupera de la construction de la nouvelle centrale du lac Noir. Le fournisseur d’électricité colmarien Vialis a annoncé vouloir se porter candidat pour la concession. Celle-ci devrait démarrer dans le courant de l’année 2026.

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