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Cette entreprise veut construire des réacteurs nucléaires à 1600 mètres sous terre

16 décembre 2025 à 15:37

À en croire certains projets actuels, l’avenir du nucléaire pourrait bien se jouer sous terre. Une entreprise américaine espère profiter des particularités du manteau terrestre pour mettre au point des centrales nucléaires plus sûres, plus petites et moins chères.

Pourquoi construire des locaux ultra-confinés et sécurisés, quand on peut s’appuyer sur les ressources de la nature ? C’est un peu le constat que l’on pourrait faire en observant le projet Cigéo, qui consiste à stocker des déchets nucléaires à plusieurs centaines de mètres de profondeur pour profiter des caractéristiques d’une vaste nappe souterraine d’argile.

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Utiliser la pression d’une colonne d’eau

Inspirée par cette idée, l’entreprise américaine Deep Fission a eu l’idée d’enterrer non pas des déchets nucléaires, mais plutôt des réacteurs. Sur le papier, cette idée permettrait non seulement d’utiliser la roche comme barrière de confinement, mais également de profiter de la pression de quelque 16,2 MPa présente naturellement pour faire fonctionner un réacteur à eau pressurisée. En effet, le circuit primaire d’un réacteur à eau pressurisée (REP) est généralement maintenu à une pression proche de 150 bar, soit 15 MPa. Deep Fission a donc imaginé un réacteur de 15 MWe dont le cœur serait inséré dans un étroit forage jusqu’à une profondeur de 1600 mètres, maintenu dans de l’eau. Lors du fonctionnement, la vapeur d’eau serait conduite jusqu’à des turbines situées en surface.

Avec cette idée, Deep Fission espère profiter de technologies largement éprouvées dans l’industrie pétrolière pour les forages et la géothermie pour la circulation d’eau par grandes profondeurs. L’un des principaux intérêts de cette technologie, outre un gain de place important, serait d’assurer un haut niveau de sécurité pour un coût réduit de 80 % grâce à l’absence de bâtiment de confinement. Ici, pas de dôme en béton, ou de bâtiment blindé, c’est la roche qui protège le réacteur.

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Un premier prototype opérationnel dès juillet 2026 ?

Forte de cette idée et encouragée par le département américain de l’Énergie, l’entreprise américaine veut avancer vite et mettre en service son premier prototype du réacteur baptisé Gravity d’ici juillet 2026, dans l’État du Kansas.

Ce premier prototype devrait permettre de valider cette technologie de réacteur et de vérifier que les nombreux espoirs associés sont bien réalistes. Pour l’heure, Deep Fission espère pouvoir installer un réacteur de 15 MWe en seulement 6 mois, et atteindre un coût compris entre 50 et 70 €/MWh. Certaines questions restent néanmoins en suspens, comme la gestion des pannes, des imprévus et des étapes de maintenance.

Néanmoins l’idée séduit de nombreux investisseurs et l’entreprise compterait déjà pour 12,5 GW de clients. La première centrale commerciale est prévue pour 2028, et devrait comporter 10 réacteurs pour une puissance cumulée de 150 MWe.

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Une batterie géante de 200 MWh pour la Nouvelle-Calédonie

Par : Hugo LARA
16 décembre 2025 à 15:21

Le producteur français d’énergie renouvelable Akuo vient d’annoncer le lancement d’un projet d’envergure en Nouvelle-Calédonie : la construction de l’une des plus importantes centrales de stockage d’électricité de France.

Implantée à Boulouparis (province Sud), cette batterie de plus de 200 MWh, dont le chantier vient de démarrer, devrait être mise en service au troisième trimestre 2027. Une fois opérationnelle, elle sera capable de délivrer 50 MW pendant trois heures chaque jour, sur une durée contractuelle de douze ans. Sa capacité de stockage en fera la plus puissante batterie de France, ex aequo avec la batterie de Cheviré (Harmony Energy), mise en service en aout 2025.

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Stabiliser un réseau électrique insulaire non interconnecté

L’objectif principal de ce site de stockage sera de stabiliser le réseau électrique calédonien tout en facilitant l’intégration des énergies renouvelables. Concrètement, elle stockera l’électricité solaire produite en journée pour la réinjecter durant le pic de consommation du soir. Avec ses 150 MWh de capacité utile (sur le 200 MWh nominaux), elle pourra couvrir l’équivalent de la consommation de Nouméa pendant environ trois heures.

Dotée d’une technologie « grid forming », l’installation aura la capacité de créer et de stabiliser la tension et la fréquence du réseau, un atout majeur pour absorber une part croissante d’énergies renouvelables dans le mix électrique local.

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Des revenus pour les tribus locales

Akuo n’en est pas à son premier projet sur l’île : le groupe exploite déjà trois fermes solaires en Nouvelle-Calédonie, dont la centrale photovoltaïque de Kwita Wije à Boulouparis (6 MWc), couplée à une station de stockage de 3 MW/3 MWh.

Le financement du projet repose sur un partenariat public-privé associant plusieurs établissements bancaires et l’Agence française de développement. Ce projet présente une particularité étonnante : trois tribus coutumières locales, représentées par les groupements Wiwa et Wije, sont également actionnaires, leur permettant de bénéficier des retombées économiques de l’exploitation, promet Akuo.

Cette infrastructure s’inscrit dans la stratégie ambitieuse du gouvernement néocalédonien, qui vise une réduction de 75 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035.

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Même pas terminée, cette usine de panneaux solaires sur trackers va fermer en Bretagne

16 décembre 2025 à 08:41

Nouveau coup dur pour la filière française du photovoltaïque. En difficulté financière, le groupe OKWIND renonce à sa nouvelle usine avant même son inauguration, près de 90 emplois sont menacés. 

L’histoire devait être belle. Le groupe breton OKWind, qui a construit son succès grâce à la fabrication de trackers solaires, devait continuer son expansion grâce à une toute nouvelle usine située près de Vitré, en Bretagne. Cependant, le groupe vient d’enregistrer un début d’exercice 2025 très inquiétant, obligeant la direction à prendre des mesures difficiles. Sur le premier semestre 2025, le groupe a enregistré une baisse de chiffre d’affaires de près de 57 % par rapport à l’année précédente, soit un recul de 13,4 millions d’euros. Et la situation ne s’est pas améliorée durant le second semestre puisque sur les 9 premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires a été de 18,4 millions d’euros contre 46 millions d’euros jusqu’en septembre 2024.

OKWind va désormais mettre en place un grand plan de transformation pour tenter de survivre. Ce plan passe par la revente d’une usine à peine construite qui n’est plus adaptée à l’activité de l’entreprise. Surtout, ce sont près de 89 postes qui sont menacés, soit 40 % des effectifs de l’entreprise.

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Les trackers solaires, de plus en plus difficiles à justifier ?

Fondé en 2009, le groupe OKWIND s’est développé rapidement en déployant une énergie solaire locale et bas carbone, grâce à des trackers solaires dont le premier modèle a été installé en 2015. Si les trackers solaires sont fréquents sur les sites agricoles et les sites industriels, OKWIND a pris le pari de développer un modèle dédié aux particuliers, à travers sa filiale Lumioo en 2020. Il faut reconnaître que les trackers solaires ont des atouts indéniables en permettant une optimisation constante de l’énergie du soleil. Avec ce type d’installation, le pic de production est étalé sur plusieurs heures, ce qui permet de mieux profiter de l’énergie solaire. De plus, ces installations peuvent représenter un véritable gain de place quand une installation en toiture n’est pas possible.

Néanmoins se pose la question du prix et du retour sur investissement depuis la baisse considérable du prix des panneaux solaires. Dans le cas des trackers solaires, le prix des panneaux devient marginal en comparaison au coût de la structure et du dispositif de suivi. C’est particulièrement flagrant pour les particuliers. Lumioo commercialise son tracker solaire destiné aux particuliers à un tarif supérieur à 11 000 € pour une puissance de 1480 Wc.

À titre de comparaison, le prix d’une installation traditionnelle en toiture débute aux alentours de 6 000 € ou 7 000 € pour une puissance de 3 000 Wc. Dans ces conditions, la différence d’investissement est difficile à justifier. Le groupe a annoncé vouloir recentrer son portefeuille d’activités sur les offres les plus attractives, à plus fortes valeurs ajoutées, notamment via les technologies favorisant l’autonomie énergétique pour laquelle les trackers sont particulièrement adaptés.

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