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Hydrogène vert : voici pourquoi l’Afrique doit absolument lever le pied

2 février 2026 à 15:19

Sur le papier, l’Afrique dispose d’un potentiel élevé pour le développement de l’hydrogène vert. Dans la réalité, cependant, les conditions du continent restent encore très loin de favoriser l’essor de cette nouvelle filière.

En matière d’hydrogène vert, il semblerait que l’Afrique veut courir avant d’apprendre à marcher. C’est en tout cas le constat effectué par le Conseil des industries de l’énergie (EIC) dans un récent rapport. Malgré les ambitions élevées du continent, la réalité industrielle reste extrêmement limitée. En effet, si les capacités de production annoncées atteignent environ 38 GW, dans les faits, seulement 17 MW sont aujourd’hui réellement en exploitation.

À ce jour, seuls deux projets en Namibie ont été mis en service, tandis que 76 autres, majoritairement situés en Égypte, au Maroc et en Afrique du Sud, restent pour la plupart au stade d’études préliminaires ou d’annonces politiques. Face à cet immense fossé entre ambitions et réalité, l’EIC préconise de ralentir le rythme des grands projets d’hydrogène vert. « Il faut arrêter de se lancer dans des mégaprojets », conclut le rapport.

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Une filière qui risque de stagner

Selon l’EIC, le développement de l’hydrogène vert en Afrique pourrait rester bloqué si le continent continue à viser directement des projets d’exportation massifs sans avoir posé les bases nécessaires sur place. En effet, bon nombre des centrales prévues sont destinées à alimenter de grands marchés étrangers, en Europe et en Asie.

L’organisme recommande ainsi de changer de priorité en développant d’abord une consommation locale de l’hydrogène vert. Cela passe notamment par des usages concrets et existants. Ces marchés locaux, même de petite taille, permettent de créer une demande stable et crédible. Le rapport insiste surtout sur la nécessité d’un développement progressif. L’idée est de commencer par des projets de taille raisonnable, capables de démontrer leur viabilité technique et économique, avant de monter en puissance. Ce n’est qu’une fois ces premières étapes franchies que l’exportation à grande échelle devient envisageable et plus réaliste.

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Encore des obstacles difficiles à franchir

L’Afrique possède des atouts pour développer l’hydrogène vert, comme l’abondance des ressources solaire et éolienne, ainsi que la proximité avec l’Europe. Pourtant, plusieurs obstacles freinent le développement de la filière. Les réseaux électriques risquent d’être faibles et insuffisants, et la concurrence avec la consommation locale peut être forte, surtout dans les pays où la production nationale est déjà limitée.

Par ailleurs, les capacités portuaires sont limitées et peu adaptées au transport d’hydrogène. Et même les projets de gazoducs transcontinentaux ne pourront se concrétiser que si les premières phases sont commercialement viables et si des mécanismes de financement solides sont en place. Sans ces garanties, ces infrastructures ne deviendront jamais des projets réels.

Sans oublier que l’accès à l’eau est souvent difficile en Afrique. Le recours au dessalement peut être possible, mais cela augmenterait les coûts, la complexité des projets et les besoins énergétiques. À cela s’ajoute un gros problème financier : l’absence de contrats d’achat fermes sur le long terme, indispensables pour sécuriser les investissements.

Pour toutes ces raisons, le rapport recommande que l’Afrique commence par des plus petits projets avant de viser des ambitions à grande échelle.

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Ces micro-batteries en céramique d’une startup lyonnaise veulent révolutionner l’électronique

2 février 2026 à 08:10

Dans un monde où le secteur des batteries est très largement dominé par l’Asie, il existe des réussites technologiques qui nous montrent qu’il ne s’agit pas d’une fatalité. En l’occurrence, deux sociétés viennent de communiquer sur la réussite de l’intégration de batteries innovantes au sein de cartes électroniques. Et le tout, en France.

En 2023, l’Union européenne adopte des mesures strictes au sujet du cycle de vie des batteries (Règlement (UE) 2023/1542). En ligne de mire : des standards environnementaux plus avancés, notamment en ce concerne leur recyclage et leur durée de vie. Problème : les piles boutons non rechargeables verraient leur utilisation limitée. Or, elles sont beaucoup utilisées en électronique.

Pour ITEN c’est une opportunité. La société s’appuie sur douze ans de R&D pour proposer une solution de batteries rechargeables, basée sur la technologie des batteries solides en céramique. Aujourd’hui, le concept prend son envol. En 2023, elle est lauréate du programme French Tech 120. En 2024, elle inaugure une ligne de fabrication à Dardilly, en région lyonnaise. Enfin, en ce début 2026, conjointement avec LACROIX, société spécialisée dans les solutions électroniques et connectées, elle annonce avoir démontré la faisabilité industrielle de sa technologie.

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Comment fonctionne une batterie solide ?

Le principe d’une batterie tout-solide céramique (en anglais SSCD pour Solide-state ceramic device) est similaire à celui d’une batterie lithium-ion. Toutefois, et c’est là le point clé, l’électrolyte liquide au travers duquel transitent les charges électriques entre les électrodes est remplacé ici par un matériau solide, comme une céramique ou un polymère. Pour ITEN, c’est la céramique qui a été choisie.

La technologie permet une plus grande densité de puissance que les alternatives Li-ion, une sécurité renforcée, un rechargement rapide et une plus longue durée de vie. En outre, par rapport aux piles-bouton, elle est rechargeable.

Au sein de son site de Beaupréau-en-Mauges, dans le Maine-et-Loire, la société LACROIX a pu démontrer l’industrialisation de l’intégration de la petite batterie solide. Elle a pu les monter dans les sockets d’une carte électronique, et valider le procédé de soudure et de refusion à 265°C. Ces essais démontrent ainsi la compatibilité de la technologie SSCD. Et cette démonstration prend un sens plus large, car il démontre par ailleurs qu’il est bien possible de développer une filière nationale souveraine, dans un secteur jusque-là dominé par l’Asie.

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Aura-t-on trop de gaz dans les années à venir ?

2 février 2026 à 05:24

Le marché gazier mondial passe de tendu à abondant. Les capacités de production et d’importation de gaz explosent et la demande progresse plus lentement que prévu (voire même baisse en Europe). La situation devient surcapacitaire.

Plus de 300 milliards de mètres cubes par an de nouvelles capacités de gaz naturel liquéfié (GNL) doivent entrer en service dans le monde d’ici à 2030. C’est colossal. C’est près de 80 % de la consommation annuelle de l’Union européenne. Jamais l’industrie gazière n’avait engagé autant de projets sur une période aussi courte. Les États-Unis concentrent près de la moitié de ces nouvelles capacités. Le Qatar et le Canada juste derrière. Ces investissements ont été décidés entre 2019 et 2023, dans un contexte de prix élevés et de fortes tensions géopolitiques. La guerre en Ukraine a servi de déclencheur.

En Europe, nous avons lancé des constructions à tour de bras. Aujourd’hui, les capacités d’importation de GNL dépassent largement nos besoins. En 2024, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont consommé environ 380 milliards de mètres cubes de gaz contre plus de 450 milliards avant la crise. Près de 40 % de ces volumes provenaient du GNL.

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Un terminal méthanier flottant bientôt abandonné

Et cette baisse de la demande s’installe dans la durée du fait de la sobriété énergétique rémanente, la fermeture d’industries et le remplacement par les renouvelables. Les prix se sont naturellement détendus. Le marché anticipe un gaz vendu autour de 25 euros le mégawattheure (€/MWh) en 2027, puis proche de 22 €/MWh en 2030.

Les premiers signes de surcapacités sont visibles. En France, l’État mettra fin à l’exploitation du terminal méthanier flottant du Havre le 8 mai 2026. Mise en service dans l’urgence, cette infrastructure peut décharger jusqu’à 5 milliards de mètres cubes par an. Elle a été très peu utilisée depuis 2023, au point que son maintien n’est plus jugé nécessaire dans un marché désormais détendu.

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La France ne sera plus le hub européen ?

Dans le même temps, la France cherche à consolider son rôle de porte d’entrée du gaz en Europe. Depuis 2022, elle est devenue un point de transit, avec l’Espagne, et des prix du gaz hors taxes inférieurs à ceux de plusieurs pays voisins, plus des recettes permettant de financer les réseaux. Mais cette stratégie de « hub gazier » ne pourra peut-être pas durer.

En effet, certaines dispositions du projet de loi d’adaptation au droit de l’Union européenne prévoient des sanctions en matière de limitation des fuites de méthane. Frédéric Marin (président de France Gaz) juge ainsi que « les États-Unis, le Qatar et l’Algérie ne sont pas disposés à agir contre les fuites ».

Les États-Unis fournissent aujourd’hui 58 % du GNL importé par l’UE. Et cette dépendance inquiète Bruxelles. La Commission cherche à diversifier ses fournisseurs vers le Canada, le Qatar ou l’Afrique du Nord. Sans baisse rapide de la demande, la part du GNL américain pourrait atteindre 75 à 80 % d’ici à 2030. Jean-Luc Mélenchon s’est par ailleurs montré favorable à « remettre Nord Stream en route » pour « faire baisser d’un seul coup le prix de l’énergie en Europe », lui qui s’inquiète de la dépendance avec les EU.

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