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La plus puissante toiture solaire d’Europe sera française

Par : Hugo LARA
5 février 2026 à 18:34

Des dizaines de milliers de panneaux solaires sont en cours d’installation sur le vaste toit du bâtiment Omega, situé à Dourges (Nord). Cette installation qui développera une puissance de 18 MWc détiendra du record de la plus grande centrale photovoltaïque en toiture de France et d’Europe.

Occupé par PepsiCo, le bâtiment Omega est un site logistique géant qui s’étend sur 128 568 m². Depuis octobre 2025, une fourmilière s’active sur son toit, afin de déployer une centrale solaire de 18,01 mégawatts crête (MWc). La production est estimée à 17 gigawattheures (GWh) annuels, dont 1 GWh sera réservé à l’autoconsommation, le reste étant vendu au réseau dans le cadre d’un appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie.

Si la loi imposait un équipement minimum de 30 % de sa surface en panneaux photovoltaïques, les acteurs du projet ont choisi d’aller bien au-delà. La toiture supportera ainsi 38 628 panneaux photovoltaïques de 465 Wc chacun fournis par le chinois Jinko Solar. À sa mise en service qui devrait intervenir au cours du premier semestre 2026, il s’agira de la centrale solaire en toiture unique la plus puissante d’Europe et donc de France. Du financement à la construction en passant par l’exploitation, l’ensemble du projet est géré par le producteur montpelliérain Urbasolar, qui détient un bail de 30 ans sur l’installation.

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Photovoltaïque : le secteur français en perdition ?

5 février 2026 à 14:46

Qui pourra sauver le photovoltaïque français ? Conséquence des baisses de subventions de 2025 et de l’absence de PPE3, le secteur se retrouve plus que jamais plongé dans le brouillard, et le nombre de nouvelles installations fond comme neige au soleil.

Le retard de publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie 3 (PPE3) continue de faire des dégâts, en particulier dans le secteur du photovoltaïque. La filière affiche une bonne santé apparente, avec  40 000 emplois directs et un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros en 2025, mais de nombreuses entreprises finissent par baisser les bras. Dans le Bas-Rhin, à l’occasion du forum « Cap à l’Est », les professionnels du secteur ont dénoncé l’inaction gouvernementale, ainsi que la baisse massive des subventions en 2025.

Entre 2024 et 2025, les exemples de fermeture d’usines ne manquent pas : Photowatt en janvier 2025, l’usine Systovi en mars 2025 ou encore celle du groupe OKWIND il y a seulement quelques mois.

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Une dynamique brisée

En réalité, ce sont principalement les petites installations, notamment pour particuliers qui sont touchées. On a assisté, en 2025 à un record d’installation en termes de puissance. En revanche, il en est autrement concernant le nombre d’installations. Le nombre de nouvelles installations a fortement augmenté à partir de 2023 en comptant 157 000 nouvelles installations sur les 3 premiers trimestres de l’année. Ce nombre d’installations avait même atteint 199 000 sur les 3 premiers trimestres de 2024. Mais sur l’année qui vient de s’écouler, le soufflet est retombé, et on a comptabilisé seulement 155 000 nouvelles installations.

La baisse des aides gouvernementales et l’absence de visibilité à long terme ont donc clairement refroidi les particuliers, ce qui a conduit à cette baisse de près de 22%. Si rien n’est fait, cette dynamique pourrait se renforcer. Étant donné que le prix de rachat de l’électricité a drastiquement chuté, les installations pour particuliers doivent désormais être plus complexes pour être rentables, en intégrant un système de stockage. Or, si le prix des panneaux est plus bas que jamais, l’ajout de batteries vient augmenter le montant d’investissement initial, rendant moins accessible de telles installations.

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De nouvelles méthodes de financement

Pour faire face à cette situation, certaines entreprises ont tout de même trouvé la parade, en proposant des systèmes de location longue durée. C’est le cas pour SunLib, qui propose des panneaux solaires en location, mais également Ensol qui offre ces services pour des panneaux mais également pour des batteries. Enfin, dans un futur proche, on pourrait retrouver des offres de fourniture d’électricité 100% renouvelables, dont le prix au kWh fluctue en direct selon le marché de gros. Ce type de contrat permettrait aux personnes ne pouvant pas avoir d’installation photovoltaïque de profiter des mêmes inconvénients, mais surtout des mêmes avantages avec des tarifs plus faibles quand le soleil est à son zénith.

 

 

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Quelle biomasse utiliser pour réussir la transition énergétique ?

5 février 2026 à 07:24

Souvent utilisée comme joker dans les scénarios de décarbonation, la biomasse nécessite pourtant une prise en compte particulièrement cohérente pour ne pas être contreproductive. À quelques semaines d’une éventuelle publication de la PPE3, il est plus que jamais temps d’aligner les capacités françaises de production de biomasse avec les objectifs de production d’énergie à partir de cette dernière. 

La biomasse apparaît comme un facteur clé de la transition énergétique. À l’heure actuelle, elle représente 10% de l’énergie finale consommée en France, soit entre 150 et 170 TWh par an. D’ici 2050, ce chiffre pourrait atteindre 300 TWh/an notamment avec la hausse du biométhane.

Le recours aux biocarburants issus de la biomasse est souvent cité comme la solution clé pour toutes les domaines dans lesquels l’électrification ou le recours à l’hydrogène ne serait pas possible. On pense par exemple à une partie du secteur aérien et, dans une moindre mesure, à certains moyens de transports terrestres. Dans ce contexte, la PPE3 qui est en cours d’élaboration fixe un objectif cible de 44 TWh/an de biométhane en 2030 puis 80 TWh/an en 2035, la production actuelle étant de 12 TWh/an.

Comme le pointe du doigt François Beline, directeur de recherche à L’Inrae, dans un article publié sur le site The Conversation, ces objectifs ne sont pas directement corrélés aux capacités réelles de production de biomasse de la France. D’ailleurs, ces capacités ont été plusieurs fois revues à la baisse ces dernières années. Alors que la SNBC 2 (Stratégie nationale bas carbone), publiée en 2020, évoquait 370 TWh/an, ce chiffre est tombé à 250 TWh/an dans un rapport de 2025 présenté par les académies d’agriculture et des technologies.

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Des flux de biomasse complexes

La France produit chaque année 245 millions de tonnes de matière sèche (MtMS) pour des usages directs et indirects. Dans ce volume, on retrouve la biomasse mobilisée pour l’alimentation humaine, pour l’alimentation animale mais également celle qui retourne directement aux sols. Il peut s’agir de résidus de culture, de fourrage, etc. Enfin, les flux indirects sont constitués du lisier, des biodéchets, etc.

Dans ce volume total, 18 MtMS/an sont consacrés à la production d’énergie, dont la moitié provient de flux secondaires. Pour répondre aux besoins nouveaux de production énergétique, ces volumes devraient atteindre entre 30 et 60 MtMS/an, réclamant ainsi une modification de la répartition des volumes. C’est là que ça coince. Dans sa présentation, Fabrice Beline présente trois scénarios pour répondre à ces besoins nouveaux :

  • Rediriger une partie de la biomasse qui retourne actuellement au sol. Néanmoins, cette biomasse est essentielle à la bonne santé des sols déjà malmenés par l’agriculture intensive. De plus, la mobilisation de cette biomasse entraînerait une baisse de la quantité de carbone stockée.
  • Développer la pratique des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE). Cette technique consiste à faire pousser des cultures seulement pour produire de l’énergie entre deux cultures classiques. Néanmoins, elle demande non seulement plus de ressource, mais tend aussi à augmenter les risques de pollution de l’environnement direct.
  • Rediriger une partie de la biomasse actuellement utilisée pour la nourriture animale. Si cette solution est envisageable, elle nécessite une modification en profondeur de nos habitudes alimentaires, en réduisant les cheptels et donc la consommation possible de produits animaux.
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Un besoin urgent de cohérence

En reposant sur le vivant et son équilibre complexe, l’énergie issue de la biomasse nécessite une gestion toute particulière et une prise en compte de tous les aspects qui la composent. L’absence de cohérence globale entre production d’énergie issue de la biomasse et production de biomasse pourrait avoir des conséquences contre-productives. Par exemple, on pourrait assister à des importations massives de matières végétales destinées à la production d’énergie. Or, ce type de mécanismes, que l’on peut retrouver avec la centrale de Gardanne, a de nombreuses limites. Il nécessite de l’énergie fossile, notamment pour le transport de ces matières. Mais il souligne aussi des besoins supérieurs aux capacités de la biomasse sur un territoire donné, et donc un non-respect du circuit court du carbone.

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