Vue normale

Ces interminables délais de raccordements au réseau qui freinent l’essor des énergies bas-carbone

9 février 2026 à 15:17

L’accès au réseau électrique peut être un point de blocage pour les énergies renouvelables, certaines essuyant des refus.

En 2025, les volumes de projets éoliens terrestres autorisés sont en baisse (1,37 GW autorisés l’année dernière contre 1,5 GW en 2024 et 1,51 GW en 2023 selon le bureau d’études Wattabase) et les décisions de justice favorables aux développeurs se font plus rares. Les données accessibles montrent une baisse des autorisations et surtout un recul du nombre de projets débloqués par voie contentieuse.

Là où les juridictions administratives annulaient autrefois certains refus préfectoraux, elles semblent aujourd’hui plus réticentes à intervenir. Les professionnels du secteur s’en inquiètent. L’aspect juridictionnel est de plus en plus difficile à anticiper, fondé sur des appréciations subjectives liées au paysage, au voisinage ou aux impacts environnementaux.

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Des goulots d’étranglement sur le réseau électrique

Un deuxième verrou fait obstacle aux producteurs d’énergies renouvelables : le raccordement au réseau électrique. Ils peuvent essuyer des refus ou des délais parfois longs pour accéder aux lignes électriques. Les transformateurs sont parfois à capacité maximale.

L’ancienne ministre de l’Environnement, Corinne Lepage, a poussé un coup de gueule en ce sens, dans les colonnes de Tecsol. Elle y voit un sérieux problème de conformité avec le droit européen. Celui-ci repose sur un accès non discriminatoire aux réseaux pour les producteurs d’électricité. Or, la multiplication des refus et l’opacité des critères techniques ralentissent mécaniquement le déploiement des énergies renouvelables.

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Vers la fin du « premier arrivé, premier servi » ?

RTE est d’ailleurs en train de réfléchir à changer la règle du « premier arrivé, premier servi » en « premier prêt, premier servi ». Les retards de raccordement immobilisent des capitaux et dégradent la rentabilité des projets (les batteries stationnaires perdent, par exemple, les premières années les plus profitables). Les opérations de renouvellement de parcs existants, voire leur augmentation de puissance, sont parfois confrontées à des règles de raccordement encore disparates (les projets deviennent généralement plus petits).

Nous écrivions sur le cas allemand. Dans les Länder les plus fournis en éoliennes, les nouvelles autorisations font face à une saturation des réseaux et à l’acceptabilité locale en baisse.

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Chauffage : qui est le mieux loti en Europe ?

9 février 2026 à 07:15

Part importante de la consommation des pays, et marqueur d’inégalités entre les ménages, le chauffage est un sujet complexe. Une nouvelle étude a montré les différences de températures moyennes des logements entre les différents pays d’Europe. Les résultats sont riches en enseignements. 

En matière de chauffage intérieur, est-ce que tous les pays européens sont logés à la même enseigne ? Quelques années après le début de la guerre en Ukraine et la crise de l’énergie qui a suivi, on pourrait logiquement se demander si la politique de sobriété appliquée par la France, et surtout les français, est équivalente chez nos voisins européens.

Le spécialiste des thermostats connectés Tado, a profité de ses nombreuses données analytiques pour mesurer la température intérieure moyenne des logements dans différents pays européens. La température moyenne de la France est indiquée à 18,65°C, tandis que celle de l’Allemagne est de 19,03°C et celle du Royaume-Uni à 16,72°C. De manière générale, on constate que les pays de l’ouest de l’Europe ont des températures moyennes plus basses que les pays d’Europe de l’est, alors même que les conditions climatiques sont souvent plus favorables.

Image : Tado

Ce chiffre est d’ailleurs en cohérence avec une récente étude qui a indiqué que 9% des européens n’ont pas les moyens de se chauffer. Dans cette analyse, on constate que l’Espagne, le Portugal et même la France se situent au-dessus de cette moyenne. Dans l’Hexagone, ce sont 11,8% des français qui ne peuvent pas se chauffer en hiver. À l’inverse, dans les pays scandinaves, où les conditions climatiques sont très rudes, moins de 4% de la population ne peut pas se chauffer.

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Une question d’isolation ?

À y regarder de plus près, l’explication de cette hétérogénéité en matière de température intérieure pourrait bien s’expliquer par les méthodes de construction des logements, en matière d’isolation. Une autre étude réalisée par Tado sur 80 000 logements entre 2019 et 2020 a analysé la baisse de température d’un logement sur 5 heures sans chauffage, avec pour point de départ une température intérieure de 20°C et une température extérieure de 0°C. Dans cette analyse, on constate que les logements allemands ont perdu 1°C, les logements autrichiens 1,2°C et les logements norvégiens 0,9°C.

À l’inverse, en Espagne, les logements ont perdu 2,2°C, et les logements français 2,5°C. Le record appartient au Royaume-Uni avec une baisse de 3°C durant les 5 heures. Ainsi, difficile de ne pas voir de lien entre maintien de la température intérieure et qualité de l’isolation.

D’ailleurs, la rénovation thermique des bâtiments n’est pas systématiquement associée à une baisse de la consommation d’énergie, mais plutôt à une hausse du confort intérieur. Avec une isolation plus performante, les occupants sont souvent plus enclins à adapter la température de leur logement à leurs besoins réels. C’est ce qu’on constate en Allemagne ou en Scandinavie ou les températures de consigne dépassent souvent les 19°C. À l’inverse, en France selon le Médiateur de l’énergie, en 2024, 30% des français ont souffert du froid dans leur logement.

 

 

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