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Plus de 2 milliards d’euros : les énergies renouvelables ont rapporté un joli pactole à la France

21 février 2026 à 15:15

Les énergies renouvelables coûtent de l’argent, mais en rapportent aussi beaucoup aux collectivités locales. C’est ce que montre une étude du cabinet Colombus Consulting pour le Syndicat des énergies renouvelables (SER).

Sous le feu des critiques et baisse de leurs objectifs, les renouvelables cherchent à redorer leur image. Alors que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) leur fait la part moins belle, un rapport publié mardi 17 février montre à quel point les renouvelables rapportent de l’argent aux collectivités. En 2024, toutes les filières réunies ont généré 2,172 milliards d’euros. 1,267 milliards proviennent de la fiscalité directe quand 462 millions viennent de la TVA reversée aux collectivités. Et 443 millions sont liés à la chaîne de valeur des installations, peut-on lire dans l’étude. Elle couvre hydroélectricité, l’éolien terrestre et en mer, le solaire, les méthaniseurs, l’aérothermie et d’autres filières.

L’hydroélectricité domine le classement, avec 641,9 millions d’euros versés aux collectivités. Le solaire est deuxième avec 296 millions puis arrive l’éolien terrestre avec 239,7 millions d’euros. L’éolien en mer ne rapporte que 27,2 millions, il est en train de se développer (encore limité à 500 MW installés). L’aérothermie génère 366,9 millions d’euros, principalement grâce à la TVA sur les pompes à chaleur pour qui ne maîtrise pas ce terme. Le biométhane, avec ses 2 000 méthaniseurs, rapporte 84 millions. C’est largement dû aux exonérations fiscales.

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Les communes, premières bénéficiaires

Ces recettes profitent surtout aux communes (32% des recettes, 698,5 millions d’euros) et intercommunalités. 45 % vont aux EPCI. Les départements touchent 15 % et les régions 8 %. Dans certaines petites communes, l’éolien représente jusqu’à 23 % des recettes fiscales. À Saint-Georges-sur-Arnon (Indre) par exemple, les onze éoliennes couvrent 60 % du budget communal.

Regardons les ordres de grandeur. Pour les parcs solaires, un site de 2 MW génère environ 9 000 euros par an, dont 7 000 euros pour la commune. « Une centrale basse chute de 4,5 MW, c’est 63 000 € de recettes fiscales, dont 53 000 € directement pour le bloc communal. En 15 ans, cela permet de financer la construction d’une maison de santé de 400m² » explique Nicolas Goldberg sur LinkedIn. Les méthaniseurs locaux, eux, peuvent dégager 95 000 euros en moyenne pour leur commune.

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Black-out espagnol : un bilan humain bien plus élevé que prévu ?

21 février 2026 à 05:24

Presque un an après le black-out espagnol, on continue de dessiner les contours de ce qui apparaît comme l’une des coupures de courant les plus graves de l’histoire européenne. Au-delà des origines précises de cet incident électrique majeur, des chercheurs ont tenté de préciser le véritable humain de cet évènement. Malheureusement, il semble plus lourd que prévu. 

Le 28 avril 2025, des défaillances du réseau électrique espagnol plongeaient plus de 50 millions de personnes dans le noir pendant près d’une dizaine d’heures. Officiellement, cet incident aurait engendré la mort de 7 à 10 personnes. Une famille aurait notamment été intoxiquée par du monoxyde de carbone suite à l’utilisation d’un groupe électrogène, tandis que le logement d’une personne aurait pris feu à cause de l’utilisation de bougies. Enfin, au moins une personne serait décédée suite au dysfonctionnement d’un équipement médical.

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Une augmentation de la mortalité chez les personnes âgées

Mais la réalité pourrait être beaucoup plus sombre. Une équipe espagnole de recherche a analysé les données du système de surveillance de la mortalité, mis en place en 2004 pour évaluer la surmortalité face aux vagues de chaleur. Cette étude, publiée dans la revue médicale Eurosurveillance, montre qu’aucun pic de mortalité n’a été relevé le 28 avril 2025. En revanche, une hausse de 4,2% de la mortalité dans la population générale a été observée dans les 48 heures qui ont suivi. Ce sont plus spécifiquement les personnes âgées de 65 ans à 84 ans qui auraient été touchées, avec une augmentation de la mortalité de 6,9% par rapport à la normale.

Au total, on compterait un excédent de 147 décès durant les 3 jours suivant le 28 avril 2025. Si le lien direct entre cette surmortalité et le black-out ne peut être clairement défini du fait de l’absence de données sur les causes précises de ces décès, le rapport suggère que les conséquences de la panne électrique vont bien au-delà des 10 décès directs annoncés par les médias et par le gouvernement espagnol.

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L’importance de sécuriser le réseau électrique

Plusieurs éléments peuvent expliquer cette potentielle surmortalité dans les jours suivant le black-out. D’abord, la chute des télécommunications avec les réseaux mobiles et VOIP en tête a rendu les numéros d’urgence injoignables, retardant l’accès aux soins pour des personnes en situations d’urgence. La rupture de soin a également eu des répercussions sur plusieurs jours avec le blocage des transports sanitaires, ainsi que des problèmes au niveau des équipements médicaux à domicile.

Ce rapport souligne une fois de plus l’importance d’une sécurisation plus importante du réseau électrique, notamment pour soutenir une part de renouvelable non pilotable de plus en plus importante. Pour cela, il semble que les interconnexions, l’augmentation des capacités de stockage et la valorisation des machines tournantes jouent un rôle décisif.

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