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Risqué ? Cet organisme veut réaliser un « stress test » sur le réseau électrique européen

22 février 2026 à 16:15

Présenté en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le nouveau rapport Le lobby européen de l’électricité Eurelectric appelle à « tester en conditions réelles » la robustesse des systèmes électriques européens face aux attaques hybrides

Le lobby européen de l’électricité Eurelectric a profité de la conférence de Munich sur la sécurité pour publier, le 13 février, un rapport intitulé « Battle-tested power systems », que l’on pourrait traduire par « réseaux électriques éprouvés pour le combat ». Eurelectric y expose ses préconisations pour faire face aux menaces physiques et cybernétiques. Et presse les États d’accélérer l’application des textes européens existants et les entreprises à s’adapter immédiatement.

Le rapport constate que les réseaux électriques européens sont devenus des cibles stratégiques dans les guerres hybrides. Les attaques menées contre les infrastructures ukrainiennes depuis 2022 ont montré qu’un système électrique interconnecté, numérisé et de plus en plus dépendant des données peut être fragilisé par des bombardements et des attaques cyber.

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Une faible application des textes européens

Et même si l’UE s’est dotée d’un cadre réglementaire prolifique, Eurelectric regrette que son application réelle soit hétérogène. Il appelle à l’application plus concrète de la directive SRI2 (NIS2) sur la cybersécurité, de la directive sur la résilience des entités critiques (CER) et des dispositions de la réforme du marché de l’électricité relatives à la préparation aux crises. L’organisme plaide pour des audits de cybersécurité réguliers, des tests d’intrusion, des exercices de gestion de crise à l’échelle nationale et aux interconnexions, et un meilleur partage des données. Eurelectric plaide également pour une meilleure coordination entre les secteurs de l’énergie, des télécommunications et de la défense, les trois poursuivant de mêmes objectifs.

Enfin, le lobby recommande la constitution de stocks stratégiques d’équipements (notamment de grands transformateurs, difficiles à remplacer rapidement) et la mise en place de chaînes d’approvisionnement sécurisées au sein de l’UE. Les entreprises sont invitées à cartographier leurs dépendances industrielles et à identifier les points de vulnérabilité susceptibles de provoquer des interruptions prolongées.

En cas de cyberattaque majeure ou de panne des réseaux de télécommunications, la formation du personnel et la planification de modes dégradés d’exploitation sont importantes, selon Eurelectric.

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Pourquoi Macron critique le mix électrique espagnol

22 février 2026 à 06:02

En matière de production d’électricité, la France fait souvent cavalier seul en Europe. Emmanuel Macron vient d’ailleurs de le prouver une nouvelle fois en évoquant la responsabilité du mix électrique espagnol dans le black-out d’avril dernier. Une position à contre-courant du discours européen, qui met en avant le manque d’interconnexions. 

Le black-out de l’année dernière, qui a secoué la péninsule ibérique plus d’une dizaine d’heures, n’a pas fini de faire parler. Si le manque d’interconnexion entre la France et l’Espagne a plusieurs fois été pointé du doigt, en particulier par la Commission Européenne, Emmanuel Macron a profité d’une interview au journal espagnol El País pour donner son avis sur la question. Selon lui, l’origine du black-out n’a rien à voir avec un manque d’interconnexion entre la France et l’Espagne, mais vient plutôt d’un mix électrique largement dominé par les énergies renouvelables.

Le Président français a évoqué un problème structurel, et a indiqué qu’au regard des technologies actuelles, la stabilité du réseau de ne peut pas être assurée quand la production électrique est principalement issue du vent et du soleil.

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Une histoire d’inertie des générateurs

Dans les faits, le mix électrique global de l’Espagne n’est pas 100% renouvelable puisque le pays produit 54 TWh par an d’électricité nucléaire, et utilise également du gaz naturel. Néanmoins, la production éolienne est importante avec 62 TWh en 2024, contre 47 TWh pour la France.

L’énergie solaire connaît une croissance fulgurante : de 9 TWh produits en 2019, le pays est passé à 54 TWh en 2024, surpassant largement la France et ses 24 TWh produits la même année. Du fait de cette forte capacité de production, il arrive que sur certaines périodes, les productions solaires et éoliennes dominent largement le mix électrique. Or, ces modes de production ne participent pas à la stabilité du réseau comme le font les machines tournantes des centrales nucléaires, des barrages hydroélectriques ou des centrales thermiques. Ces dernières, quand elles fonctionnent, ont une inertie importante qui maintient la fréquence et la tension du réseau aux valeurs souhaitées. C’est d’ailleurs l’une des forces du réseau électrique français.

De ce fait, la position du Président français se comprend. Néanmoins, il faut bien admettre qu’une augmentation des interconnexions permettrait d’améliorer la stabilité globale du réseau européen, et donc de faire profiter à l’Espagne de la stabilité de la France, tout en favorisant la décarbonation du mix électrique européen.

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