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Les combustibles métalliques : un nouveau vecteur énergétique pour notre avenir ?

23 février 2026 à 15:26

L’économie, c’est de l’énergie transformée. C’est ainsi que certains résument l’importance primordiale de l’énergie dans nos sociétés modernes. Produire et manipuler l’énergie est ainsi un enjeu essentiel, et à ce titre, il stimule l’émergence d’idées nouvelles. Comme celle-ci, curieuse au premier abord : utiliser des poudres métalliques.

À de rares exceptions près, l’énergie ne se trouve pas sous une forme utilisable là où il y en a besoin et quand il y en a besoin. C’est là où intervient la notion de vecteur énergétique, en tant qu’agent intermédiaire contenant de l’énergie sous une forme aisément utilisable, transportable et pouvant être stocké – avec, selon le vecteur, plus ou moins de facilité.

Les vecteurs énergétiques nous sont bien connus : combustibles solides (charbon, pellets, …), liquides (essence, gazole, fioul…) ou gazeux (gaz naturel, hydrogène, …), ou encore l’électricité et la chaleur. Et la transition énergétique, qui repose en partie sur des moyens de production intermittents (éolien, solaire, …) rend ces vecteurs plus importants encore, car il accroît la disjonction entre production et consommation.

Nous avons pu rapporter de nombreuses actualités au sujet de l’électrification, de l’hydrogène, ou encore des carburants de synthèse. Mais au sein de ce paysage, il existe d’autres alternatives, moins matures, mais dont l’intérêt n’est pas pour autant à négliger sur le long terme. Et c’est précisément le cas des combustibles métalliques.

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L’énergie stockée dans les métaux

Le concept des combustibles métalliques (metal fuels, en anglais) repose sur un constat simple : il y a beaucoup d’énergie stockée dans un métal. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer la grande quantité d’énergie nécessaire pour transformer un minerai en un métal, que ce soit dans les hauts fourneaux pour produire des alliages de fer, ou dans les cellules d’électrolyse pour produire de l’aluminium par le procédé Hall-Héroult. En effet, dans la nature, les éléments métalliques sont souvent sous la forme d’un oxyde, c’est-à-dire liés à l’oxygène, et il faut beaucoup d’énergie pour casser ce lien.

Cet état de fait est un obstacle pour la production des métaux – et il justifie par ailleurs le recyclage de ces derniers. Mais il peut être aussi considéré comme une opportunité. Car il implique que les métaux peuvent être considérés comme un important stock d’énergie. Et donc comme un vecteur d’énergie.

Une boucle d’énergie basée sur le recyclage

Comme est-ce que cela fonctionne ? Un schéma de principe proposé par Engie nous permet de l’expliciter.

Schéma de principe de l’utilisation d’un combustible métallique / Image : Engie

Tout d’abord, un oxyde métallique est transformé en métal (phénomène de réduction) à l’aide d’un procédé et d’une source d’énergie propres. Le métal est ensuite transporté et stocké à son lieu d’utilisation, par exemple sous la forme d’une poudre fine. Là, il est consommé par l’usage énergétique qui lui est dévolu, par exemple un véhicule – mais ce peut être également un autre système mécanique, ou encore un système de production de chaleur ou d’électricité.

Lorsque la poudre métallique est utilisée, de l’oxygène est consommé, et le métal est transformé à nouveau en oxyde – c’est une réaction de combustion, tout comme celle des hydrocarbures. L’oxyde est ensuite retourné à son lieu de réduction, où il sera à nouveau transformé en métal pour enclencher un nouveau cycle. Un cycle qui offre le potentiel de ne pas être carboné.

Aujourd’hui, les métaux envisagés en tant que combustible métallique sont principalement l’aluminium ou le fer. Des métaux moins communs sont également envisagés, comme le sodium, le magnésium ou le bore. Il va de soi que si de tels métaux sont utilisés comme vecteurs énergétiques décarbonés, leur production ne devra pas impliquer de dégagements de dioxyde de carbone, comme c’est le cas des procédés industriels actuels. Pour ce faire, ce sont des procédés moins communs qui doivent être utilisés, comme la réduction directe par l’hydrogène ou l’électrolyse par des électrodes inertes.

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Une filière encore à l’état embryonnaire

Force est de constater que les développements sur les combustibles métalliques en sont aujourd’hui encore à un stade très préliminaire. En 2016, Peugeot avait financé une thèse visant à stabiliser une flamme aluminium-air, avec en ligne de mire la conception d’un moteur automobile à combustion externe utilisant un combustible métallique.

Plus récemment, la startup Found Energy, spécialisé dans le recyclage énergétique de l’aluminium, a annoncé un partenariat avec une usine d’aluminium du sud-est des États-Unis. Le fondateur de la société, Peter Godart, est un ancien ingénieur de la NASA qui avait travaillé sur un robot capable de consommer en tant que source d’énergie les composants en aluminium de fusées devenus inutiles après leur utilisation.

En 2020, des chercheurs suisses menés par le docteur Michel Haller de l’Institute for Solar Technology étudient l’utilisation d’un cycle réversible employant l’aluminium en cogénération, pour produire à la fois de l’électricité et de la chaleur pour les besoins d’une maison d’habitation. Ils concluent à la faisabilité d’un stockage saisonnier de l’énergie solaire, basé sur la possibilité de stocker l’aluminium. Leurs calculs aboutissent à un coût de l’énergie de 0,20 €/kWh – dans l’ordre de grandeur, donc, des prix de l’électricité réseau. L’article est disponible en source ouverte.

De tels exemples, il y en a d’autres, et ils sont nombreux. Au total, ils montrent une technologie qui en est encore à un stade embryonnaire : celui de la recherche et des prototypes. Il n’est donc pas encore possible de déterminer à quelle échéance une telle solution pourrait être employée massivement. Mais ils ouvrent la voie à un vecteur énergétique nouveau et intéressant, notamment au regard des enjeux du stockage saisonnier des énergies, notamment renouvelables.

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Aides à la rénovation énergétique : MaPrimeRénov’ officiellement rouverte

Par : Hugo LARA
23 février 2026 à 14:37

Suspendu depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le dispositif national d’aides dédiées à la transition énergétique MaPrimeRénov’ a rouvert ses portes le 23 février, avec quelques modifications.

Que ce soit pour isoler son logement ou remplacer son vieux système de chauffage et de production d’eau chaude par un mode plus écologique, MaPrimeRénov’ est une aide cruciale. Elle octroie aux ménages des subventions dont les montants peuvent être très élevés selon le niveau de revenus du demandeur. Suspendu depuis plusieurs mois, le dispositif est officiellement relancé le 23 février. Avec une grande nouveauté : désormais, un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ est obligatoire avant tout dépôt de demande d’aide dans le cadre du parcours rénovation d’ampleur.

Ce dernier, qui permet de financer un ensemble de travaux visant un gain d’au moins deux classes énergétiques, est à présent réservé aux logements classés E, F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE). Le parcours par geste, destiné à financer des travaux isolés comme l’installation d’un chauffage décarboné ou d’un chauffe-eau écologique, rouvre quant à lui pour les ménages intermédiaires, modestes et très modestes. Il exclut toutefois deux types de travaux qui en étaient jusqu’ici éligibles : l’isolation des murs et l’installation de chaudières à biomasse.

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Les parties communes et copropriétés toujours éligibles

Le dispositif conserve par ailleurs son troisième volet, dédié à la rénovation des parties communes en copropriété. Les modalités de dépôt restent inchangées : les demandes s’effectuent toujours en ligne sur le site officiel maprimerenov.gouv.fr.

Depuis son lancement en 2020, MaPrimeRénov’ affirme avoir accompagné plus de 2,5 millions de ménages. Parmi eux, près de 350 000 ont engagé une rénovation d’ampleur, ce qui leur aurait permis de diviser par deux la consommation énergétique de leur logement, en moyenne.

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Comment la baisse des prix de l’électricité plombe les comptes d’EDF

23 février 2026 à 14:08

EDF peut se targuer d’une bonne année 2025 en matière de production d’électricité. Malheureusement, les résultats financiers ne suivent pas, la faute à une baisse généralisée des prix de l’électricité en Europe. 

À l’heure de tirer les bilans de l’année 2025, Bernard Fontana, président-directeur général d’EDF, n’a pas hésité à évoquer une année « marquée par des résultats opérationnels et financiers solides », mais la frustration doit être de mise. Si les résultats opérationnels de l’électricien sont plutôt favorables, avec 515 TWh d’électricité générés sur l’année, la baisse généralisée du prix de l’électricité a sérieusement entamé ses résultats. Entre 2024 et 2025, le prix de marché moyen lissé est passé de 192 €/MWh à 103 €/MWh.

De ce fait, si le chiffre d’affaires du groupe est resté plutôt stable avec 113 milliards d’euros, le résultat net est en recul de 26% avec un total de 8,3 milliards d’euros. L’excédent brut d’exploitation (EBITDA), indicateur financier qui mesure la rentabilité opérationnelle d’une entreprise a été revu à la baisse avec 29,3 milliards d’euros contre 36,5 milliards d’euros en 2024.

Malgré ces conditions plus difficiles que l’année précédente, EDF annonce avoir réussi à réduire sa dette de 2,8 milliards d’euros, pour atteindre 51,5 milliards d’euros au 31 décembre 2025. Enfin, l’électricien a indiqué un taux effectif d’impôts de 31,6%, notamment du fait de la contribution exceptionnelle, une taxe sur les bénéfices des grandes entreprises.

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Des niveaux de production solides

La baisse des prix de l’électricité ne concrétise donc pas la bonne année d’EDF d’un point de vue opérationnel. Sur les 515 TWh d’électricité produits sur l’année, on compte 373 TWh d’origine nucléaire, un record depuis six ans. Si la production hydroélectrique est revenue à la normale après une année 2024 particulièrement favorable, la production issue de l’éolien et du solaire a augmenté de 2,1%. Enfin, les STEP ont tourné à plein régime avec un record de production de 6 TWh.

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Consolidation du modèle financier et préparation de l’avenir

Cette présentation des résultats financiers a été l’occasion de tirer les bilans d’une année charnière pour EDF. Afin de préparer la fin de l’ARENH, EDF a réussi à sécuriser 47 TWh de contrats de production par le biais de 18 000 contrats d’électricité à moyen terme et 18 contrats à long terme, dont 12 contrats d’allocation de production nucléaire (CAPN). En parallèle, le groupe a présenté son devis relatif à la construction de 6 EPR 2 pour un montant total de 78 milliards d’euros.

Pour cette nouvelle année 2026, les prix de l’électricité devraient continuer de baisser, maintenant ainsi l’EBITDA à la baisse. L’année 2026 devrait également être conditionnée par la décision finale d’investissement concernant les EPR2, ainsi que l’obtention de nouveaux contrats à long terme pour sécuriser ses revenus et ainsi faire face dans les meilleures conditions possibles aux quelque 460 milliards d’euros d’investissement prévus pour les prochaines dizaines d’années.

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