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Ces batteries ont remplacé des groupes électrogènes suite à une panne du réseau électrique

28 février 2026 à 15:24

Quand le réseau électrique n’est plus accessible, on peut compter sur les groupes électrogènes. Mais ils sont polluants. Et d’autres solutions existent maintenant. Aux États-Unis notamment, des batteries ont été utilisées à plusieurs reprises lors de pannes.

Des coupures sur le réseau électrique. Parfois durables. Quelle que soit la qualité des gestionnaires, cela peut arriver. C’est arrivé à nombre de foyers en France en ce mois de février, après le passage des tempêtes. Et ceux qui en ont eu la possibilité, se sont tournés vers des groupes électrogènes pour éviter de perdre le contenu de leurs frigos ou retrouver un peu de chaleur dans leur maison. L’ennui, c’est que ces groupes électrogènes fonctionnent à l’essence ou au diesel, des énergies fossiles. Mais existe-t-il d’autres solutions ?

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Les eaux usées en chef de file de la transition

Dans l’État de New York, on a commencé à déployer des batteries destinées à remplacer les groupes électrogènes. L’une d’entre elles, installée par Viridi dans une station de pompage des eaux usées. La société, créée en Allemagne en 2006 et désormais multinationale, précise que son système RPSLink de 150 kilowattheures (kWh) peut alimenter les pompes du site pendant 32 à 90 heures en fonction de la demande du moment. Avec une durée de vie estimée à 20 ans pour un fonctionnement en discontinu comme c’est le cas pour un système de secours comme celui-ci. Un système qui a par ailleurs été personnalisé pour s’adapter au profil de consommation particulier d’une station de pompage des eaux usées, avec des pics importants au démarrage des machines.

Selon les chiffres de Viridi et tenant compte des coûts de maintenance, de carburant ou encore de test et de personnel pour opérer les groupes électrogènes, l’installation pourrait permettre une économie comprise entre 800 000 et 1,5 million de dollars aux cent stations de pompage des eaux usées du comté d’Érié. C’est ce que les responsables du comté envisagent de faire. Et aux États-Unis, d’autres ont déjà franchi le cap. Y compris dans le secteur du résidentiel.

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Des catastrophes climatiques aux plateaux de cinéma

Depuis quelques mois, d’autres entreprises proposent des systèmes équivalents. Des batteries mobiles qui produisent leur propre électricité grâce à des panneaux solaires posés sur leur toit. Le système Green Grid 90 kWh de Dominion Energy (États-Unis) a été utilisé en 2024 par les équipes de secours lors des opérations de reconstruction en Floride après les ouragans Helene et Milton.

Le constructeur allemand d’engins de chantier Liebherr, de son côté, rapporte plusieurs mois d’alimentation d’un chantier isolé en Autriche grâce à sa propre batterie mobile, baptisée LPO 100. Il n’est pas question ici de suppléer à une coupure réseau, mais de permettre des travaux dans des zones difficiles d’accès sans avoir à transporter des centaines de litres de diesel chaque mois pour nourrir les groupes électrogènes. La capacité de la batterie Liebherr est de 94 kWh. Assez pour alimenter une grue et des outils pendant toute une journée et éviter la surcharge au réseau électrique. La recharge se fait de nuit.

Se passer de groupes électrogènes, c’est aussi le pari pris par le cinéma. Amazon a opté pour la technologie Solar Ring de l’Américain GreenLite Trailers. Pas moins de 14 caravanes solaires ont ainsi alimenté le tournage de la deuxième saison de la série « Fallout ». Disney et Netflix, eux, s’impliquent dans le programme Clean Mobile Power Initiative dont l’objectif est de tester des systèmes de stockage d’énergie portables développés par des start-ups. Une initiative louable lorsque l’on sait que les groupes électrogènes sont responsables d’au moins 15 % des émissions d’une production cinématographique.

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Délirant : cette centrale électrique près de Marseille va couter 1,5 milliard d’euros à l’État

28 février 2026 à 05:29

Dans un rapport publié le 26 février, la Cour des comptes s’est penchée sur la sortie du charbon et la reconversion à la biomasse de la centrale de Provence à Gardanne (Bouches-du-Rhône). Si la part du charbon dans le mix électrique est devenue marginale, les sages critiquent vertement le soutien public et ses implications économiques et juridiques pour poursuivre l’exploitation.

La production d’électricité à partir du charbon a fortement reculé en dix ans : elle est passée de 19,9 TWh en 2013 à 0,7 TWh en 2025, soit 0,13 % de la production nationale. La fermeture des dernières centrales à charbon avait été inscrite dans la loi Énergie-Climat de 2019 avec un objectif fixé à 2022. Pourtant, en 2026, il en reste, car la crise des prix de 2021-2022 a repoussé l’échéance à 2027.

Le rapport de la Cour des comptes n’est pas franchement tendre avec la centrale de Provence, située à quelques kilomètres au nord de Marseille et exploitée par GazelEnergie, filiale du groupe EPH détenu par Daniel Křetínský. L’État a choisi d’accompagner sa reconversion via un avenant à un contrat existant. L’électricité produite à partir de biomasse y est rémunérée 260 euros le mégawattheure. À titre de comparaison, la Commission de régulation de l’énergie avait recommandé un niveau compris entre 188 et 191 euros par mégawattheure et les prix de l’électricité moyens s’établissaient à 61€/MWh en 2025 selon le dernier bilan prévisionnel de RTE.

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Jusqu’à 1,5 milliard d’euros de soutien public

Le coût total du dispositif de soutien avait été évalué à 800 millions d’euros sur huit ans. Mais selon la Cour des comptes, si les prix de marché de l’électricité restent bas, la compensation versée pourrait atteindre jusqu’à 1,5 milliard d’euros sur la même période. Le mécanisme prévoit en effet de combler l’écart entre le tarif garanti et le prix de marché, cela augmente mécaniquement le soutien public avec les prix baissiers.

Un autre problème de l’avenant, c’est la non-remise en concurrence. Ils estiment que ce choix expose l’État à un risque juridique au regard des règles européennes relatives aux aides d’État, un risque que l’État ne prend pas sur les barrages hydroélectriques par exemple. La Commission de régulation de l’énergie doit réaliser un audit afin d’évaluer les coûts complets de l’installation et d’identifier d’éventuelles sur-rémunérations.

Au-delà du cas de la centrale de Provence, la Cour estime que la fermeture des centrales à charbon en 2027 n’est pas risqué. Selon les analyses de RTE citées dans le rapport, un besoin potentiel de 2 à 5 GW de capacités thermiques supplémentaires pourrait apparaître à l’horizon 2030 si la demande d’électricité augmente, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Un soutien public bienvenu pour le milliardaire tchèque qui mise sur ces actifs sans valeur future, mais à grande valeur immédiate.

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