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Le second parc éolien flottant français en Méditerranée injecte ses premiers électrons

Par : Hugo LARA
24 avril 2026 à 11:06

Le parc pilote flottant Eolmed, installé au large de Port-La Nouvelle, vient d’injecter ses premiers mégawattheures dans le réseau électrique français. Il s’agit de l’un des trois projets expérimentaux éoliens flottants français sur les côtes méditerranéennes, qui préfigure le développement de parcs de grande envergure.

Après trois ans de travaux sur le quai industriel de Port-La Nouvelle (Aude), le projet pilote Eolmed franchit une étape hautement symbolique. Le parc éolien flottant, ancré à 18 kilomètres des côtes, produit depuis le 23 avril à midi, de l’électricité, directement injectée sur le réseau de transport national géré par RTE.

Cette petite ferme expérimentale est composée de trois éoliennes Vestas V-164 d’une puissance de 10 MW. Elles sont montées sur des flotteurs barge en acier de type Damping Pool eux-mêmes reliés à des ancres sur le fond marin, par une profondeur de 62 m. La production annuelle est estimée à environ 110 GWh, soit l’équivalent de la consommation de 50 000 personnes.

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Dix ans de la conception à la mise en service

La première injection sera suivie d’une campagne de tests avant la mise en service officielle du parc, prévue en mai 2026. Il aura fallu une décennie entière depuis la conception du projet Eolmed jusqu’à son inauguration. Le parc fait partie des trois projets pilotes d’éolien flottant sur la façade méditerranéenne française. Le premier, Provence Grand Large (PGL), est en service depuis presque un an. Le dernier, baptisé Eoliennes flottantes du Golfe du Lion (EFGL), vient tout juste d’être raccordé au réseau électrique.

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Que prévoit le grand plan d’électrification de la France présenté par le gouvernement ?

24 avril 2026 à 10:00

Le gouvernement a présenté le 23 avril son plan d’électrification avec 22 mesures pour réduire notre dépendance énergétique qui coûte encore près de 58 milliards d’euros par an à la France, dont 17,4 milliards pour le gaz.

Aujourd’hui, les énergies fossiles représentent encore 58 % de la consommation finale, contre seulement 27 % pour l’électricité. L’objectif est de ramener cette part à 40 % dès 2030, fixé par la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), et sous les 30 % en 2035. Et pour cela, il faut électrifier. Au-delà d’un objectif écologique, c’est les prix du gaz durablement hauts qui inquiètent le gouvernement.

Les mesures liées à la crise énergétique causée par le conflit au Moyen-Orient, comme le gel de 6 milliards d’euros et les primes carburant, sont autant de dépenses temporaires qui n’ont aucun effet pour changer la dépendance. Ce sont des mesures d’atténuation.

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Fin programmée du gaz dans le bâtiment

C’est dans le secteur du logement que l’annonce est la plus importante. On peut lire, dans le plan, la fin du gaz dans les constructions neuves : à partir de 2027, aucun bâtiment ne pourra en être équipé, même en appoint. À l’horizon 2030, plus aucun logement neuf ne devra consommer de gaz. C’est une révolution.

MaPrimeRénov’ change à partir du 1ᵉʳ septembre 2026 : les rénovations d’ampleur ne pourront plus conduire à conserver un chauffage au gaz. Finies donc les rénovations « hybrides », une pompe à chaleur (PAC) est plus écologique et permet de diviser par deux la facture énergétique d’un ménage.
Dans le parc social, même logique : l’éco-PLS ne financera plus aucune installation au gaz dès 2027 et les bailleurs s’engagent à ne plus installer de chaudières fossiles dans les maisons individuelles.

Les PAC ont décidément le vent en poupe, malgré leur baisse des ventes. Objectif : un million d’équipements installés d’ici 2030. Une nouvelle offre « clés en main » doit lever le principal frein, celui de l’investissement initial. Les ménages pourront financer leur installation sous forme de mensualités sur trois ans, sans avance de trésorerie, avec un coût inférieur à leur facture énergétique actuelle.

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Transports : véhicule électrique à tour de bras

Le gouvernement prévoit 50 000 nouveaux véhicules électriques en location sociale dès 2026, pour les ménages modestes, avec des loyers pouvant aller sous les 100 euros par mois. Un second dispositif vise les « gros rouleurs » des classes moyennes : infirmiers, aides à domicile ou travailleurs ruraux, avec des aides à l’achat jusqu’à 7 700 euros pour compenser l’écart de prix avec les modèles thermiques. Objectif : 50 000 achats supplémentaires dès cette année.

Le soutien est tous azimuts, exemple avec les professionnels. Les aides à l’achat de véhicules utilitaires électriques pourront atteindre 9 500 euros, destinées aux poids lourds de plus de 100 000 euros. En parallèle, l’État veut accélérer le déploiement des infrastructures : le nombre de points de recharge sur le réseau routier national doit être multiplié par cinq d’ici 2035.

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Limiter structurellement le gaz

Et si le réseau de gaz devenait largement payant ? Les nouveaux raccordements devront être financés par les demandeurs et ne seront plus mutualisés. C’était un avantage du gaz sur les raccordements électriques. Parallèlement, 100 « territoires d’électrification » seront lancés dès l’été 2026, avec pour mission explicite de planifier la sortie du gaz. La publicité pour les énergies fossiles sera interdite d’ici fin 2026.

Qui va financer ?

Au total, 4,5 milliards d’euros par an seront fléchés vers l’électrification d’ici 2030 en complément des 5,5 milliards déjà mobilisés. Le bâtiment captera la plus grande part avec 1,1 milliard d’euros des CEE. Le plan du gouvernement s’est partiellement inspiré des groupes de travail pilotés par les secteurs industriels. Numérique, industrie, artisanat, agriculture, tous sont représentés.

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