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Reçu — 5 janvier 2026 Actualités numériques

Vague massive de deepfakes générés par Grok : la justice française étend son enquête

5 janvier 2026 à 14:01
IA pas de consentement
Vague massive de deepfakes générés par Grok : la justice française étend son enquête

Grok a généré des deepfakes de femmes déshabillées sans leur consentement, parfois des mineures, à la demande massive d’utilisateurs de X qui ont créé une tendance sur ce réseau. La justice française ajoute cette pièce au désormais épais dossier contre les deux entreprises d’Elon Musk.

La semaine dernière, avant le réveillon de la Saint-Sylvestre, nombre d’utilisateurs du réseau social X ont profité de la publication par des utilisatrices de photos d’elles-mêmes dans des tenues de fête pour les déshabiller virtuellement sans leur consentement, à l’aide de Grok. Saisi par plusieurs députés français et par des membres du gouvernement, le parquet de Paris va élargir l’enquête qu’il a déjà ouverte à propos de X et de xAI.

L’humiliation des femmes par le montage d’images à caractère sexuel n’est pas nouvelle. Mais l’IA générative permet une massification du phénomène depuis 2023 alors que des chercheuses et chercheurs avaient repéré dès 2021 que les ensembles de données utilisés pour entraîner les LLM comme LAION-400M contenaient de la misogynie, de la pornographie et des stéréotypes malveillants.

Début 2024 marquait une nouvelle étape : des utilisateurs de X partageaient massivement des deepfakes pornographiques de Taylor Swift, et quelques mois plus tard des influenceuses moins connues étaient aussi attaquées sur Instagram.

Massification via X et Grok

En cette fin d’année 2025, c’est Grok qui refait parler de lui à ce sujet. En effet, des utilisateurs du réseau social X ont massivement utilisé l’IA générative d’Elon Musk pour déshabiller virtuellement des femmes. Souvent avec une simple demande sous le partage d’une photo d’une utilisatrice, Grok générait une version de cette photo mais en représentant la personne en bikini ou plus ou moins dénudée.

En mai dernier, nos confrères de 404 expliquaient que l’outil de xAI posait très peu de freins à une demande d’utilisateur de déshabiller des femmes en reprenant des photos déjà existantes pour les trafiquer en objet de désir des utilisateurs du réseau social X. Mais cette « tendance » dégradante a été tellement suivie en cette fin d’année 2025 que n’importe quel utilisateur pouvait voir ce genre d’images dans la colonne « pour vous » du réseau social, avec certaines images ciblant des jeunes filles mineures.

« Je me suis retrouvée plus ou moins dévêtue sur plusieurs photos totalement sans mon consentement », raconte Fafa, une streameuse de 28 ans à France Info. « Trois ou quatre personnes s’étaient amusées à utiliser l’IA de X en vue de me dévêtir » en faisant un deepfake à partir d’un selfie de réveillon qu’elle avait posté le 31 décembre. Elle envisage de porter plainte. La doctorante en études théâtrales Marie Coquille-Chambel a vécu le même genre de violences sur le réseau social d’Elon Musk et a ensuite subi un harcèlement massif après l’avoir signalé sur X.

Devant la justice française

Le 2 janvier, les députés Arthur Delaporte (PS) et Éric Bothorel (Renaissance) ont tous deux saisi le procureur de la République de Paris, dénonçant ces deepfakes à caractère sexuel qui « contreviennent de fait à l’article 226-8-1 du Code pénal et portent atteinte à la dignité des personnes représentées et dont les contenus ont été détournés », comme l’affirme le signalement du député du Parti socialiste.

Quelques heures plus tard, le parquet de Paris expliquait à Politico qu’il allait élargir l’enquête déjà ouverte en juillet à propos de X, au départ pour ingérence étrangère. Il l’avait déjà étendue une première fois pour prendre en compte les propos négationnistes générés en novembre dernier par Grok, toujours publiés sur X.

Le gouvernement français réagissait un peu plus tard dans un communiqué expliquant que plusieurs de ses membres avaient aussi effectué des signalements à la justice : « les ministres Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé signalent au procureur de la République ainsi qu’à la plateforme Pharos, en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale, des contenus manifestement illicites générés par l’intelligence artificielle générative Grok et diffusés sur la plateforme X, afin d’obtenir leur retrait immédiat ».

Alors qu’Elon Musk n’avait réagi à cette « tendance » sur son réseau social qu’avec des « 🤣🤣 » à propos d’une image de lui-même en bikini générée par IA, son entreprise a communiqué via le compte de Grok en publiant un message affirmant avoir « identifié des lacunes dans [ses] mesures de sécurité » pour répondre à un signalement d’un deepfake sur une enfant. xAI affirmait « s’ [employer] à les corriger de toute urgence » et ajoutait que « le CSAM [child sexual abuse material, la pédopornographie] est illégal et interdit » en accompagnant son message d’un lien de signalement vers un site du FBI.

L’autorité malaisienne de la communication a elle aussi réagi, expliquant sur Facebook qu’elle avait « pris note avec une vive inquiétude des plaintes du public concernant l’utilisation abusive des outils d’intelligence artificielle (IA) sur la plateforme X, en particulier la manipulation numérique d’images de femmes et de mineurs afin de produire des contenus indécents, grossièrement offensants et autrement préjudiciables » et annonçait, elle aussi, lancer une enquête à ce sujet.

Vague massive de deepfakes générés par Grok : la justice française étend son enquête

5 janvier 2026 à 14:01
IA pas de consentement
Vague massive de deepfakes générés par Grok : la justice française étend son enquête

Grok a généré des deepfakes de femmes déshabillées sans leur consentement, parfois des mineures, à la demande massive d’utilisateurs de X qui ont créé une tendance sur ce réseau. La justice française ajoute cette pièce au désormais épais dossier contre les deux entreprises d’Elon Musk.

La semaine dernière, avant le réveillon de la Saint-Sylvestre, nombre d’utilisateurs du réseau social X ont profité de la publication par des utilisatrices de photos d’elles-mêmes dans des tenues de fête pour les déshabiller virtuellement sans leur consentement, à l’aide de Grok. Saisi par plusieurs députés français et par des membres du gouvernement, le parquet de Paris va élargir l’enquête qu’il a déjà ouverte à propos de X et de xAI.

L’humiliation des femmes par le montage d’images à caractère sexuel n’est pas nouvelle. Mais l’IA générative permet une massification du phénomène depuis 2023 alors que des chercheuses et chercheurs avaient repéré dès 2021 que les ensembles de données utilisés pour entraîner les LLM comme LAION-400M contenaient de la misogynie, de la pornographie et des stéréotypes malveillants.

Début 2024 marquait une nouvelle étape : des utilisateurs de X partageaient massivement des deepfakes pornographiques de Taylor Swift, et quelques mois plus tard des influenceuses moins connues étaient aussi attaquées sur Instagram.

Massification via X et Grok

En cette fin d’année 2025, c’est Grok qui refait parler de lui à ce sujet. En effet, des utilisateurs du réseau social X ont massivement utilisé l’IA générative d’Elon Musk pour déshabiller virtuellement des femmes. Souvent avec une simple demande sous le partage d’une photo d’une utilisatrice, Grok générait une version de cette photo mais en représentant la personne en bikini ou plus ou moins dénudée.

En mai dernier, nos confrères de 404 expliquaient que l’outil de xAI posait très peu de freins à une demande d’utilisateur de déshabiller des femmes en reprenant des photos déjà existantes pour les trafiquer en objet de désir des utilisateurs du réseau social X. Mais cette « tendance » dégradante a été tellement suivie en cette fin d’année 2025 que n’importe quel utilisateur pouvait voir ce genre d’images dans la colonne « pour vous » du réseau social, avec certaines images ciblant des jeunes filles mineures.

« Je me suis retrouvée plus ou moins dévêtue sur plusieurs photos totalement sans mon consentement », raconte Fafa, une streameuse de 28 ans à France Info. « Trois ou quatre personnes s’étaient amusées à utiliser l’IA de X en vue de me dévêtir » en faisant un deepfake à partir d’un selfie de réveillon qu’elle avait posté le 31 décembre. Elle envisage de porter plainte. La doctorante en études théâtrales Marie Coquille-Chambel a vécu le même genre de violences sur le réseau social d’Elon Musk et a ensuite subi un harcèlement massif après l’avoir signalé sur X.

Devant la justice française

Le 2 janvier, les députés Arthur Delaporte (PS) et Éric Bothorel (Renaissance) ont tous deux saisi le procureur de la République de Paris, dénonçant ces deepfakes à caractère sexuel qui « contreviennent de fait à l’article 226-8-1 du Code pénal et portent atteinte à la dignité des personnes représentées et dont les contenus ont été détournés », comme l’affirme le signalement du député du Parti socialiste.

Quelques heures plus tard, le parquet de Paris expliquait à Politico qu’il allait élargir l’enquête déjà ouverte en juillet à propos de X, au départ pour ingérence étrangère. Il l’avait déjà étendue une première fois pour prendre en compte les propos négationnistes générés en novembre dernier par Grok, toujours publiés sur X.

Le gouvernement français réagissait un peu plus tard dans un communiqué expliquant que plusieurs de ses membres avaient aussi effectué des signalements à la justice : « les ministres Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé signalent au procureur de la République ainsi qu’à la plateforme Pharos, en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale, des contenus manifestement illicites générés par l’intelligence artificielle générative Grok et diffusés sur la plateforme X, afin d’obtenir leur retrait immédiat ».

Alors qu’Elon Musk n’avait réagi à cette « tendance » sur son réseau social qu’avec des « 🤣🤣 » à propos d’une image de lui-même en bikini générée par IA, son entreprise a communiqué via le compte de Grok en publiant un message affirmant avoir « identifié des lacunes dans [ses] mesures de sécurité » pour répondre à un signalement d’un deepfake sur une enfant. xAI affirmait « s’ [employer] à les corriger de toute urgence » et ajoutait que « le CSAM [child sexual abuse material, la pédopornographie] est illégal et interdit » en accompagnant son message d’un lien de signalement vers un site du FBI.

L’autorité malaisienne de la communication a elle aussi réagi, expliquant sur Facebook qu’elle avait « pris note avec une vive inquiétude des plaintes du public concernant l’utilisation abusive des outils d’intelligence artificielle (IA) sur la plateforme X, en particulier la manipulation numérique d’images de femmes et de mineurs afin de produire des contenus indécents, grossièrement offensants et autrement préjudiciables » et annonçait, elle aussi, lancer une enquête à ce sujet.

À l’université, l’IA générative « n’est pas tabou », mais toujours questionnée

5 janvier 2026 à 10:17
IA débat
À l’université, l’IA générative « n’est pas tabou », mais toujours questionnée

Trois ans après l’arrivée de ChatGPT, les universitaires sont partagés sur la position à tenir face à cet outil, notamment dans les amphis. Refus poli et argumenté ou intégration malgré tout ? À l’université de Bordeaux-Montaigne, par exemple, des assises sur le sujet sont en cours. À Grenoble, l’enseignante-chercheuse en informatique Florence Maraninchi explique à Next que « ce n’est pas un tabou avec les étudiants, on en discute ».

Avant même la sortie de ChatGPT, certains étudiants utilisaient déjà les modèles de langage pour générer tout ou partie de leurs devoirs. Cette pratique, qui s’est largement popularisée avec l’arrivée du chatbot d’OpenAI, a changé les choses à l’université. Il est devenu compliqué de garder les mêmes systèmes d’évaluation. En effet, les devoirs, notamment ceux traditionnellement faits à la maison, ne peuvent plus être considérés comme des travaux personnels.

Trois ans après l’arrivée massive de l’IA générative dans notre quotidien, son utilisation est massive à l’université, par les étudiants de toutes disciplines, qu’ils soient en sciences humaines et sociales, en informatique, en philosophie, en ingénierie ou ailleurs.

Ainsi, 85 % des étudiants de l’université de Bordeaux-Montaigne (axée notamment sur la littérature et les sciences humaines et sociales) déclarent, en réponse à un questionnaire de l’établissement, avoir souvent recours aux IA génératives, et près de 70 % affirment l’utiliser tout le temps.

Si vous traînez en bibliothèque universitaire, vous pouvez parfois entendre des « il dit quoi ChatGPT ? » dans la bouche d’étudiants et d’étudiantes qui bossent leurs cours avec l’IA sans pour autant répéter bêtement ce que dit la machine.

Des universitaires appellent à l’ « arrêt de l’adoption aveugle » ou à l’« objection de conscience »

Si certains estiment que l’IA générative est là et qu’il faut faire avec, force est de constater que le sujet fait encore débat à l’université, en France mais aussi à l’étranger. Ainsi, en juin 2025, plusieurs universitaires néerlandais ont publié une lettre ouverte adressée aux universités de leur pays réclamant l’ « arrêt de l’adoption aveugle des technologies d’IA dans le milieu universitaire ». Celle-ci a recueilli plus de 1 500 signatures, dont celles de plusieurs de leurs collègues en dehors du pays.

En septembre, les enseignants-chercheurs qui ont impulsé cette lettre ouverte ont publié un nouveau texte plus précis pour expliquer « pourquoi les universités doivent prendre leur rôle au sérieux afin a) de contrer le marketing, le battage médiatique et les effets néfastes de l’industrie technologique, et b) de préserver l’enseignement supérieur, la pensée critique, l’expertise, la liberté académique et l’intégrité scientifique ».

Ces critiques ne viennent pas de nulle part ou de personnes qui n’y comprennent rien, au contraire. Par exemple, la première autrice de ces deux textes, Olivia Guest, est enseignante-chercheuse en neurosciences computationnelles, un domaine où on essaie de « comprendre le traitement de l’information opéré par le cerveau à l’aide des modèles de l’informatique », comme le rappelle Wikipédia.

« Étude après étude, il apparaît que les étudiants souhaitent développer ces compétences de pensée critique, qu’ils ne sont pas paresseux et qu’un grand nombre d’entre eux seraient favorables à l’interdiction de ChatGPT et d’outils similaires dans les universités », expliquait Olivia Guest dans un communiqué de son université.

Du côté français aussi la question reste discutée. En février 2025, Florence Maraninchi, professeure en informatique à Grenoble-INP UGA, a publié un billet pour expliquer pourquoi elle n’utilise pas ChatGPT et d’autres outils du genre. « Mon refus personnel de mettre le doigt dans l’engrenage ChatGPT s’appuie beaucoup sur mes connaissances scientifiques antérieures et ma méfiance envers des systèmes opaques, non déterministes et non testables, mais il est aussi nourri de positions politiques », expliquait-elle.

Depuis, un manifeste pour une « objection de conscience » dans l’enseignement supérieur a été publié. Il réunit à ce jour près de 2 000 signatures. « Nous considérons que le déploiement de l’IAg dans les institutions de l’ESR et de l’EN est incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme que nous sommes censé·es représenter et diffuser », y expliquent les enseignants-chercheurs.

« La mission de l’université n’a jamais consisté à ignorer ce qui se passe dans la société, mais à en construire la compréhension critique », lui rétorque le Réseau scientifique de recherche et de publication (TERRA-HN) dans un texte intitulé « Refuser l’IA à l’université, c’est en abandonner le contrôle au capitalisme ».


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Starlink va descendre l’orbite de plus de 4 000 de ses satellites

5 janvier 2026 à 07:42
Star links war
Starlink va descendre l’orbite de plus de 4 000 de ses satellites

Le fournisseur d’accès à Internet par satellite Starlink planifie de descendre de 70 km plus de 4 000 satellites de sa constellation. La direction de l’entreprise évoque la sécurité dans l’espace alors qu’elle en a récemment perdu un de façon incontrôlée. Elle avait pourtant déjà prévu cette manœuvre et demandé l’autorisation à la FCC depuis des mois.

« Starlink entame une reconfiguration importante de sa constellation de satellites afin d’améliorer la sécurité spatiale », a affirmé Michael Nicolls, le vice-président de l’ingénierie Starlink, dans un message publié sur le réseau social X.

Le responsable de la constellation explique que son entreprise va abaisser tous ses satellites (environ 4 400 satellites, précise-t-il) orbitant aux alentours de 550 km pour les faire rejoindre l’orbite de 480 km autour de la Terre. Il assure que cette opération est « étroitement coordonnée avec les autres opérateurs, les autorités réglementaires et l’USSPACECOM [le commandement interarmées états-unien des opérations spatiales] ». Starlink a, pour rappel, envoyé plus de 10 000 satellites en orbite, sur différentes orbites.

Améliorer la sécurité spatiale…

Michael Nicolls présente cette modification comme « une condensation des orbites Starlink » qui « améliorera la sécurité spatiale de plusieurs façons ». Son entreprise avait annoncé le 18 décembre dernier avoir perdu la communication avec l’un de ses satellites. « Le satellite est en grande partie intact, en chute libre, et va rentrer dans l’atmosphère terrestre et disparaître complètement dans les semaines à venir. La trajectoire actuelle du satellite le placera sous la Station spatiale internationale, ne présentant aucun risque pour le laboratoire orbital ou son équipage », affirmait Starlink.

« Le nombre de débris et de constellations de satellites prévues est nettement inférieur en dessous de 500 km, ce qui réduit la probabilité globale de collision », affirme Michael Nicolls pour justifier cette décision.

… Ou la place de Starlink ?

Et en effet, les places sont chères pour les constellations de satellites. Comme nous l’expliquait Gilles Brégant (directeur général de l’ANFR) en 2023, « il n’y a que six places » dans la course mondiale. Et l’autre raison pour laquelle Starlink ferait cette manœuvre pourrait être de se réserver la meilleure. Elon Musk n’a pas pu s’empêcher d’expliquer que « le principal avantage d’une altitude plus basse est que le diamètre du faisceau est plus petit pour une taille d’antenne donnée, ce qui permet à Starlink de desservir une plus grande densité de clients ».

De fait, Starlink n’avait pas attendu de perdre un satellite pour anticiper cette manœuvre. Dès octobre 2024, l’entreprise demandait à la Federal Communications Commission (FCC) l’autorisation d’abaisser l’altitude des satellites « de 525 km, 530 km et 535 km à respectivement 480 km, 485 km et 475 km », comme l’avait repéré ArsTechnica.

Dans son argumentaire [PDF], Starlink expliquait que « cette reconfiguration entraînera une augmentation du nombre maximal potentiel de plans orbitaux et de satellites par plan pour toutes les couches sauf une à 475 km, le nombre total de satellites dans le système Gen2 ne dépassera pas 29 988 satellites, et la première tranche de satellites dans le système Gen2 restera de 7 500 satellites jusqu’à ce que la Commission autorise des déploiements au-delà de cette première tranche ».

Mais l’entreprise mettait en avant d’autres arguments que ceux de la sécurité spatiale : « Cette reconfiguration permettra à SpaceX d’offrir une meilleure couverture haut débit et une meilleure qualité de service aux consommateurs américains dans les zones à forte demande, et de répondre à l’évolution de la demande des consommateurs en déployant rapidement et de manière flexible des capacités aux États-Unis et dans le monde entier, là où elles sont le plus nécessaires ». En février dernier, la FCC a officiellement accepté cette demande [PDF].

Une conséquence incidente de cette opération pourrait être l’accentuation des traces laissées par la constellation sur les observations astronomiques, traces dont se plaignent déjà régulièrement les chercheurs en astrophysique.

Starlink va descendre l’orbite de plus de 4 000 de ses satellites

5 janvier 2026 à 07:42
Star links war
Starlink va descendre l’orbite de plus de 4 000 de ses satellites

Le fournisseur d’accès à Internet par satellite Starlink planifie de descendre de 70 km plus de 4 000 satellites de sa constellation. La direction de l’entreprise évoque la sécurité dans l’espace alors qu’elle en a récemment perdu un de façon incontrôlée. Elle avait pourtant déjà prévu cette manœuvre et demandé l’autorisation à la FCC depuis des mois.

« Starlink entame une reconfiguration importante de sa constellation de satellites afin d’améliorer la sécurité spatiale », a affirmé Michael Nicolls, le vice-président de l’ingénierie Starlink, dans un message publié sur le réseau social X.

Le responsable de la constellation explique que son entreprise va abaisser tous ses satellites (environ 4 400 satellites, précise-t-il) orbitant aux alentours de 550 km pour les faire rejoindre l’orbite de 480 km autour de la Terre. Il assure que cette opération est « étroitement coordonnée avec les autres opérateurs, les autorités réglementaires et l’USSPACECOM [le commandement interarmées états-unien des opérations spatiales] ». Starlink a, pour rappel, envoyé plus de 10 000 satellites en orbite, sur différentes orbites.

Améliorer la sécurité spatiale…

Michael Nicolls présente cette modification comme « une condensation des orbites Starlink » qui « améliorera la sécurité spatiale de plusieurs façons ». Son entreprise avait annoncé le 18 décembre dernier avoir perdu la communication avec l’un de ses satellites. « Le satellite est en grande partie intact, en chute libre, et va rentrer dans l’atmosphère terrestre et disparaître complètement dans les semaines à venir. La trajectoire actuelle du satellite le placera sous la Station spatiale internationale, ne présentant aucun risque pour le laboratoire orbital ou son équipage », affirmait Starlink.

« Le nombre de débris et de constellations de satellites prévues est nettement inférieur en dessous de 500 km, ce qui réduit la probabilité globale de collision », affirme Michael Nicolls pour justifier cette décision.

… Ou la place de Starlink ?

Et en effet, les places sont chères pour les constellations de satellites. Comme nous l’expliquait Gilles Brégant (directeur général de l’ANFR) en 2023, « il n’y a que six places » dans la course mondiale. Et l’autre raison pour laquelle Starlink ferait cette manœuvre pourrait être de se réserver la meilleure. Elon Musk n’a pas pu s’empêcher d’expliquer que « le principal avantage d’une altitude plus basse est que le diamètre du faisceau est plus petit pour une taille d’antenne donnée, ce qui permet à Starlink de desservir une plus grande densité de clients ».

De fait, Starlink n’avait pas attendu de perdre un satellite pour anticiper cette manœuvre. Dès octobre 2024, l’entreprise demandait à la Federal Communications Commission (FCC) l’autorisation d’abaisser l’altitude des satellites « de 525 km, 530 km et 535 km à respectivement 480 km, 485 km et 475 km », comme l’avait repéré ArsTechnica.

Dans son argumentaire [PDF], Starlink expliquait que « cette reconfiguration entraînera une augmentation du nombre maximal potentiel de plans orbitaux et de satellites par plan pour toutes les couches sauf une à 475 km, le nombre total de satellites dans le système Gen2 ne dépassera pas 29 988 satellites, et la première tranche de satellites dans le système Gen2 restera de 7 500 satellites jusqu’à ce que la Commission autorise des déploiements au-delà de cette première tranche ».

Mais l’entreprise mettait en avant d’autres arguments que ceux de la sécurité spatiale : « Cette reconfiguration permettra à SpaceX d’offrir une meilleure couverture haut débit et une meilleure qualité de service aux consommateurs américains dans les zones à forte demande, et de répondre à l’évolution de la demande des consommateurs en déployant rapidement et de manière flexible des capacités aux États-Unis et dans le monde entier, là où elles sont le plus nécessaires ». En février dernier, la FCC a officiellement accepté cette demande [PDF].

Une conséquence incidente de cette opération pourrait être l’accentuation des traces laissées par la constellation sur les observations astronomiques, traces dont se plaignent déjà régulièrement les chercheurs en astrophysique.

Reçu — 2 janvier 2026 Actualités numériques

☕️ Fermeture de la principale bibliothèque de la NASA

2 janvier 2026 à 14:06

L’administration Trump a notamment pris pour cible, depuis son retour au pouvoir, les agences scientifiques fédérales américaines.

Alors que le budget de la NASA est en baisse, l’agence spatiale américaine ferme ce vendredi la bibliothèque du Goddard Space Flight Center. Un lieu qui abrite des dizaines de milliers de livres, de documents et de revues, dont beaucoup ne sont pas numérisés ou disponibles ailleurs, explique le New York Times.

Selon un porte-parole de la NASA, l’agence va faire l’inventaire de la bibliothèque d’ici deux mois pour trier les documents qu’elle stockera dans un entrepôt gouvernemental et ceux qu’elle jettera. « Ce processus est une méthode établie utilisée par les agences fédérales pour éliminer correctement les biens appartenant à l’État fédéral », justifie-t-il auprès du New York Times.

« L’administration Trump a passé l’année dernière à attaquer la NASA Goddard et son personnel, et à menacer nos efforts visant à explorer l’espace, approfondir notre compréhension de la Terre et stimuler les avancées technologiques qui renforcent notre économie et rendent notre nation plus sûre », affirme de son côté le sénateur démocrate du Maryland Chris Van Hollen.

Le porte-parole de la NASA renvoie les employés de l’agence vers un service numérique nommé « Ask a Librarian » ou vers les bibliothèques d’autres agences fédérales.

Selon le New York Times, le fonds de cette bibliothèque inclut, entre autres, des livres de scientifiques soviétiques des années 60 et 70 comme des informations sur les premières missions de l’agence américaine.

☕️ Fermeture de la principale bibliothèque de la NASA

2 janvier 2026 à 14:06

L’administration Trump a notamment pris pour cible, depuis son retour au pouvoir, les agences scientifiques fédérales américaines.

Alors que le budget de la NASA est en baisse, l’agence spatiale américaine ferme ce vendredi la bibliothèque du Goddard Space Flight Center. Un lieu qui abrite des dizaines de milliers de livres, de documents et de revues, dont beaucoup ne sont pas numérisés ou disponibles ailleurs, explique le New York Times.

Selon un porte-parole de la NASA, l’agence va faire l’inventaire de la bibliothèque d’ici deux mois pour trier les documents qu’elle stockera dans un entrepôt gouvernemental et ceux qu’elle jettera. « Ce processus est une méthode établie utilisée par les agences fédérales pour éliminer correctement les biens appartenant à l’État fédéral », justifie-t-il auprès du New York Times.

« L’administration Trump a passé l’année dernière à attaquer la NASA Goddard et son personnel, et à menacer nos efforts visant à explorer l’espace, approfondir notre compréhension de la Terre et stimuler les avancées technologiques qui renforcent notre économie et rendent notre nation plus sûre », affirme de son côté le sénateur démocrate du Maryland Chris Van Hollen.

Le porte-parole de la NASA renvoie les employés de l’agence vers un service numérique nommé « Ask a Librarian » ou vers les bibliothèques d’autres agences fédérales.

Selon le New York Times, le fonds de cette bibliothèque inclut, entre autres, des livres de scientifiques soviétiques des années 60 et 70 comme des informations sur les premières missions de l’agence américaine.

L’Arcom va évaluer la pertinence des actions d’éducation aux médias et au numérique

2 janvier 2026 à 11:34
Éducation prétexte ?
L’Arcom va évaluer la pertinence des actions d’éducation aux médias et au numérique

Dans un rapport publié fin décembre, l’Arcom constate l’augmentation des actions d’éducation aux médias, à l’information et à la citoyenneté numérique (EMI&CN) par les acteurs qu’elle contrôle (chaînes de télévision, de radio et plateformes en ligne) sans pour autant être capable d’en faire un bilan réel. Pour cela, et bien tardivement, elle met en place un « kit », à usage volontaire, pour évaluer la pertinence des actions.

La fin d’année est souvent l’occasion de bilans. L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) en a profité la semaine dernière pour publier son rapport sur l’éducation aux médias, à l’information et à la citoyenneté numérique pour les années 2024 et 2025. Alors que pour l’instant l’Autorité ne fait le bilan que sur le décompte des actions menées, elle commence timidement à mettre en place une démarche d’évaluation… volontaire.

L’Arcom considère que ce thème entre dans ses missions d’accompagnement des acteurs qu’elle contrôle concernant leurs « responsabilités démocratiques et sociétales des médias audiovisuels et des plateformes en ligne ». Parmi ces acteurs, l’audiovisuel public depuis longtemps mais aussi les chaines du secteur privé, car l’Autorité a ajouté une clause depuis 2020 aux conventions qu’elle signe avec elles.

Depuis 2024 et la transposition du DSA dans la loi française, la participation à des campagnes d’éducation aux médias est considérée comme une des mesures à mettre en place par les très grandes plateformes et très grands moteurs de recherche en ligne (VLOPSEs) pour atténuer les risques systémiques liés à la diffusion de contenus de désinformation. L’Arcom doit veiller à ce que ces acteurs en tiennent compte. Une des difficultés est de contrôler si ces actions ont réellement une efficacité.

Une hausse des actions du PAF, peu d’informations sur celles des plateformes

Pour l’instant, l’Autorité ne donne dans son bilan que le décompte des actions menées par ces différents acteurs. Ainsi, elle met en avant qu’« en 2024 - 2025, les chaînes de télévision et de radio ont déclaré plus d’initiatives que l’exercice précédent : 267 de plus, soit une hausse de 35 %. Cette augmentation concerne tous les types d’actions : 125 actions de plus sur les antennes, 45 de plus sur le numérique et 97 de plus sur le terrain ». Sans donner de montant, l’Arcom salue « l’engagement constant des chaînes de télévision et de radio qui, chaque année, mobilisent des moyens importants pour mener ces actions ».

Plus en détail, on peut constater que la plupart de ces actions d’éducation aux médias, à l’information et au numérique du paysage audiovisuel français sont réalisées directement sur leurs antennes :

Mais l’Autorité souligne une hausse des actions de terrain : près de 100 de plus en 2025 que l’année précédente, ce qui représente une hausse de 75 %. Elle ajoute que les médias français ont suivi ses préconisations formulées en 2024 leur demandant de diversifier leur public cible.

En effet, si les collégiens et lycéens restent toujours la cible principale (58 % en 2024 et 51 % en 2025), les médias visent un peu plus les étudiants (+ 4 points entre 2024 et 2025) et le grand public (+ 8 points). L’Arcom regrette que ces actions se concentrent sur trois thèmes : « la lutte contre la désinformation (56 %), la découverte du métier de journaliste (30 %) et l’éducation au numérique, loin derrière (5 %) », et demande aux acteurs de « diversifier les thématiques abordées ».

Concernant les plateformes en ligne et les réseaux sociaux, l’Arcom est peu loquace. S’appuyant seulement sur les rapports que les plateformes doivent transmettre à la Commission européenne, elle liste juste des « tendances s’agissant de l’implication de ces acteurs en la matière ». Il y est question de campagnes d’éducation aux médias via des vidéos et des messages d’intérêt général, de l’intégration d’outils pédagogiques dans leurs services et de la conclusion de partenariats avec des associations spécialisées ou des agences de presse.

En exemple, l’Autorité donne même un programme de Google Search avec Public Librairies 2030, dont le lien date de 2022 et affiche maintenant une page d’erreur (cf sa sauvegarde sur archive.org). L’Arcom ne pose pas non plus la question de la mise en avant de ces actions par les différentes plateformes et de l’engagement qu’elles pourraient leur offrir, puisqu’elles maitrisent les algorithmes qui peuvent les booster.

Pas d’évaluation de l’efficacité

Dans ce rapport, si l’Arcom donne des chiffres sur le nombre d’actions menées au moins par les médias audiovisuels français, l’Autorité ne propose aucune évaluation de ces actions. Elle semble avoir identifié le problème, puisqu’elle annonce la mise en œuvre, « en concertation avec le ministère de l’Éducation nationale (DGESCO et DNE), le CLEMI et une chercheuse de l’Université de Lille » (sans la nommer), d’un « dispositif opérationnel pour mesurer l’impact des actions en EMI&CN ».

Celui-ci doit se faire via un « Kit d’évaluation des actions menées en EMI&CN » disponible sur la plateforme demarche.numerique.gouv.fr. Pour l’instant, cela semble se résumer à un dossier à remplir sans autre information :

L’Arcom va évaluer la pertinence des actions d’éducation aux médias et au numérique

2 janvier 2026 à 11:34
Éducation prétexte ?
L’Arcom va évaluer la pertinence des actions d’éducation aux médias et au numérique

Dans un rapport publié fin décembre, l’Arcom constate l’augmentation des actions d’éducation aux médias, à l’information et à la citoyenneté numérique (EMI&CN) par les acteurs qu’elle contrôle (chaînes de télévision, de radio et plateformes en ligne) sans pour autant être capable d’en faire un bilan réel. Pour cela, et bien tardivement, elle met en place un « kit », à usage volontaire, pour évaluer la pertinence des actions.

La fin d’année est souvent l’occasion de bilans. L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) en a profité la semaine dernière pour publier son rapport sur l’éducation aux médias, à l’information et à la citoyenneté numérique pour les années 2024 et 2025. Alors que pour l’instant l’Autorité ne fait le bilan que sur le décompte des actions menées, elle commence timidement à mettre en place une démarche d’évaluation… volontaire.

L’Arcom considère que ce thème entre dans ses missions d’accompagnement des acteurs qu’elle contrôle concernant leurs « responsabilités démocratiques et sociétales des médias audiovisuels et des plateformes en ligne ». Parmi ces acteurs, l’audiovisuel public depuis longtemps mais aussi les chaines du secteur privé, car l’Autorité a ajouté une clause depuis 2020 aux conventions qu’elle signe avec elles.

Depuis 2024 et la transposition du DSA dans la loi française, la participation à des campagnes d’éducation aux médias est considérée comme une des mesures à mettre en place par les très grandes plateformes et très grands moteurs de recherche en ligne (VLOPSEs) pour atténuer les risques systémiques liés à la diffusion de contenus de désinformation. L’Arcom doit veiller à ce que ces acteurs en tiennent compte. Une des difficultés est de contrôler si ces actions ont réellement une efficacité.

Une hausse des actions du PAF, peu d’informations sur celles des plateformes

Pour l’instant, l’Autorité ne donne dans son bilan que le décompte des actions menées par ces différents acteurs. Ainsi, elle met en avant qu’« en 2024 - 2025, les chaînes de télévision et de radio ont déclaré plus d’initiatives que l’exercice précédent : 267 de plus, soit une hausse de 35 %. Cette augmentation concerne tous les types d’actions : 125 actions de plus sur les antennes, 45 de plus sur le numérique et 97 de plus sur le terrain ». Sans donner de montant, l’Arcom salue « l’engagement constant des chaînes de télévision et de radio qui, chaque année, mobilisent des moyens importants pour mener ces actions ».

Plus en détail, on peut constater que la plupart de ces actions d’éducation aux médias, à l’information et au numérique du paysage audiovisuel français sont réalisées directement sur leurs antennes :

Mais l’Autorité souligne une hausse des actions de terrain : près de 100 de plus en 2025 que l’année précédente, ce qui représente une hausse de 75 %. Elle ajoute que les médias français ont suivi ses préconisations formulées en 2024 leur demandant de diversifier leur public cible.

En effet, si les collégiens et lycéens restent toujours la cible principale (58 % en 2024 et 51 % en 2025), les médias visent un peu plus les étudiants (+ 4 points entre 2024 et 2025) et le grand public (+ 8 points). L’Arcom regrette que ces actions se concentrent sur trois thèmes : « la lutte contre la désinformation (56 %), la découverte du métier de journaliste (30 %) et l’éducation au numérique, loin derrière (5 %) », et demande aux acteurs de « diversifier les thématiques abordées ».

Concernant les plateformes en ligne et les réseaux sociaux, l’Arcom est peu loquace. S’appuyant seulement sur les rapports que les plateformes doivent transmettre à la Commission européenne, elle liste juste des « tendances s’agissant de l’implication de ces acteurs en la matière ». Il y est question de campagnes d’éducation aux médias via des vidéos et des messages d’intérêt général, de l’intégration d’outils pédagogiques dans leurs services et de la conclusion de partenariats avec des associations spécialisées ou des agences de presse.

En exemple, l’Autorité donne même un programme de Google Search avec Public Librairies 2030, dont le lien date de 2022 et affiche maintenant une page d’erreur (cf sa sauvegarde sur archive.org). L’Arcom ne pose pas non plus la question de la mise en avant de ces actions par les différentes plateformes et de l’engagement qu’elles pourraient leur offrir, puisqu’elles maitrisent les algorithmes qui peuvent les booster.

Pas d’évaluation de l’efficacité

Dans ce rapport, si l’Arcom donne des chiffres sur le nombre d’actions menées au moins par les médias audiovisuels français, l’Autorité ne propose aucune évaluation de ces actions. Elle semble avoir identifié le problème, puisqu’elle annonce la mise en œuvre, « en concertation avec le ministère de l’Éducation nationale (DGESCO et DNE), le CLEMI et une chercheuse de l’Université de Lille » (sans la nommer), d’un « dispositif opérationnel pour mesurer l’impact des actions en EMI&CN ».

Celui-ci doit se faire via un « Kit d’évaluation des actions menées en EMI&CN » disponible sur la plateforme demarche.numerique.gouv.fr. Pour l’instant, cela semble se résumer à un dossier à remplir sans autre information :

Reçu — 31 décembre 2025 Actualités numériques

ChatGPT accusé d’avoir encouragé le meurtre perpétré par un utilisateur puis son suicide

31 décembre 2025 à 14:15
Spirale délirante augmentée par IA
ChatGPT accusé d’avoir encouragé le meurtre perpétré par un utilisateur puis son suicide

Deux plaintes ont été déposées contre OpenAI par les administrateurs testamentaires de Stein-Erik Soelberg et de sa mère Suzanne Adams. Le premier s’est suicidé après avoir tué sa mère. Les représentants légaux accusent OpenAI d’avoir laissé ChatGPT exacerber les délires du meurtrier et de les avoir focalisés sur sa propre mère jusqu’au meurtre et à son suicide.

Fin aout, le Wall Street Journal publiait un article sur le meurtre par Stein-Erik Soelberg de sa mère Suzanne Adams puis son suicide dans leur maison à Old Greenwich dans le Connecticut. ChatGPT aurait encouragé dans ses délires l’ancien employé de Yahoo reconverti dans le bodybuilding. Peu de temps après, OpenAI publiait un billet de blog expliquant qu’elle se permettait, depuis, de signaler aux forces de l’ordre des conversations avec ChatGPT si « un cas représente un risque immédiat de violence physique envers autrui ».

Des extraits de conversations retrouvés sur les réseaux sociaux de Stein-Erik Soelberg

En ce mois de décembre, les administrateurs testamentaires de Suzanne Adams et de Stein-Erik Soelberg ont porté plainte séparément contre OpenAI. Dans la plainte déposée mi-décembre par les représentants des descendants de la mère, publiée par ArsTechnica, on apprenait que le meurtrier, qui vivait chez elle depuis son divorce en 2018, avait posté sur les réseaux sociaux des extraits de conversations qu’il a eues avec ChatGPT.

Celles-ci révèlent que « ChatGPT a accepté avec empressement chaque graine de la pensée délirante de Stein-Erik et l’a développée pour en faire un univers qui est devenu toute la vie de Stein-Erik, un univers inondé de complots contre lui, de tentatives pour le tuer, et avec Stein-Erik au centre en tant que guerrier ayant une mission divine », explique le texte déposé devant la justice [PDF].

Dans un des extraits de conversation cités par les avocats, Stein-Erik Soelberg se compare à Neo dans le film Matrix en affirmant être littéralement capable de voir « le code numérique sous-jacent de la matrice ». Et les phrases générées par ChatGPT en réponse renforcent cette idée. La plainte évoque d’autres conversations mais elle affirme surtout que ChatGPT a mis « une cible dans le dos de la mère de Stein-Erik, âgée de 83 ans » en renforçant l’idée de Stein-Erik Soelberg qu’une imprimante le surveillait.

Alors qu’il évoquait juste le fait qu’elle clignotait lorsqu’il passait devant, les réponses de ChatGPT affirmait que « ce n’était pas juste une imprimante » mais un appareil de surveillance et que sa mère était soit une conspiratrice active « protégeant sciemment l’appareil en tant que point de surveillance », soit un drone programmé agissant sous l’effet d’une « programmation interne ou d’un conditionnement ». Bref, ChatGPT aurait déshumanisé Suzanne Adams et transformé l’imprimante en preuve d’une conspiration contre Stein-Erik Soelberg.

OpenAI refuse de fournir les conversations en cause

Mais les avocats des descendants de Suzanne Adams déplorent qu’OpenAI ne produise devant la justice les logs complets des discussions entre son chatbot et Stein-Erik Soelberg. « OpenAI cache quelque chose de précis : l’enregistrement complet de la façon dont ChatGPT a monté Stein-Erik contre Suzanne », selon eux. « OpenAI sait ce que ChatGPT a dit à Stein-Erik au sujet de sa mère dans les jours et les heures qui ont précédé et suivi son meurtre, mais refuse de partager cette information cruciale avec le tribunal ou le public », affirment-ils encore.

Les administrateurs testamentaires de Suzanne Adams attaquent aussi Microsoft pour avoir approuvé la sortie de GPT-4o, qui est le modèle qu’utilisait ChatGPT au moment des discussions problématiques avec Stein-Erik Soelberg. Selon eux, l’un des plus gros investisseurs d’OpenAI savait ou aurait du savoir que ce modèle manquait de garde-fous ou de tests adéquats.

Dans un communiqué de presse obtenu par ArsTechnica, Erik Soelberg, le fils de Stein-Erik a accusé OpenAI et Microsoft d’avoir placé sa grand-mère « au cœur » des « délires les plus sombres » de son père : ChatGPT aurait selon lui « complètement isolé » son père « du monde réel ». À l’AFP, un porte-parole d’OpenAI a qualifié ce cas de « situation absolument déchirante » et a expliqué que l’entreprise allait « examiner la plainte ».

« Le résultat de choix de conception spécifiques faits par OpenAI »

Dans une autre plainte déposée le 29 décembre [PDF], les administrateurs testamentaires de Stein-Erik Soelberg, cette fois, affirment que « les interactions de ChatGPT avec M. Soelberg étaient le résultat de choix de conception spécifiques faits par OpenAI, dont l’entreprise savait qu’ils exposaient les utilisateurs à des risques ». Ils pointent notamment la fonctionnalité de « mémoire » de ChatGPT qui permet au chatbot d’enregistrer « tout ce qu’un utilisateur a dit précédemment et de l’incorporer dans de nouvelles conversations ».

Selon eux, GPT-4o a été conçu « pour confirmer et refléter tout ce qu’un utilisateur a saisi dans son interface, sans tenir compte des inexactitudes ou des illusions ». Ils ajoutent qu’ « OpenAI savait qu’il y avait des risques associés avec ces fonctionnalités pour les personnes souffrant de maladies mentales, mais elle a ignoré ou contourné la plupart de ses protocoles de sécurité internes avant de lancer GPT-4o au grand public ».

« M. Soelberg et sa mère sont morts parce que ChatGPT a créé et développé un monde illusoire auquel M. Soelberg était plus que disposé à croire : l’algorithme lui a dit qu’il n’était pas fou, que des puces électroniques avaient été implantées dans son cerveau et que des ennemis, y compris des personnes qu’il connaissait, tentaient de l’assassiner », affirment-ils.

ChatGPT accusé d’avoir encouragé le meurtre perpétré par un utilisateur puis son suicide

31 décembre 2025 à 14:15
Spirale délirante augmentée par IA
ChatGPT accusé d’avoir encouragé le meurtre perpétré par un utilisateur puis son suicide

Deux plaintes ont été déposées contre OpenAI par les administrateurs testamentaires de Stein-Erik Soelberg et de sa mère Suzanne Adams. Le premier s’est suicidé après avoir tué sa mère. Les représentants légaux accusent OpenAI d’avoir laissé ChatGPT exacerber les délires du meurtrier et de les avoir focalisés sur sa propre mère jusqu’au meurtre et à son suicide.

Fin aout, le Wall Street Journal publiait un article sur le meurtre par Stein-Erik Soelberg de sa mère Suzanne Adams puis son suicide dans leur maison à Old Greenwich dans le Connecticut. ChatGPT aurait encouragé dans ses délires l’ancien employé de Yahoo reconverti dans le bodybuilding. Peu de temps après, OpenAI publiait un billet de blog expliquant qu’elle se permettait, depuis, de signaler aux forces de l’ordre des conversations avec ChatGPT si « un cas représente un risque immédiat de violence physique envers autrui ».

Des extraits de conversations retrouvés sur les réseaux sociaux de Stein-Erik Soelberg

En ce mois de décembre, les administrateurs testamentaires de Suzanne Adams et de Stein-Erik Soelberg ont porté plainte séparément contre OpenAI. Dans la plainte déposée mi-décembre par les représentants des descendants de la mère, publiée par ArsTechnica, on apprenait que le meurtrier, qui vivait chez elle depuis son divorce en 2018, avait posté sur les réseaux sociaux des extraits de conversations qu’il a eues avec ChatGPT.

Celles-ci révèlent que « ChatGPT a accepté avec empressement chaque graine de la pensée délirante de Stein-Erik et l’a développée pour en faire un univers qui est devenu toute la vie de Stein-Erik, un univers inondé de complots contre lui, de tentatives pour le tuer, et avec Stein-Erik au centre en tant que guerrier ayant une mission divine », explique le texte déposé devant la justice [PDF].

Dans un des extraits de conversation cités par les avocats, Stein-Erik Soelberg se compare à Neo dans le film Matrix en affirmant être littéralement capable de voir « le code numérique sous-jacent de la matrice ». Et les phrases générées par ChatGPT en réponse renforcent cette idée. La plainte évoque d’autres conversations mais elle affirme surtout que ChatGPT a mis « une cible dans le dos de la mère de Stein-Erik, âgée de 83 ans » en renforçant l’idée de Stein-Erik Soelberg qu’une imprimante le surveillait.

Alors qu’il évoquait juste le fait qu’elle clignotait lorsqu’il passait devant, les réponses de ChatGPT affirmait que « ce n’était pas juste une imprimante » mais un appareil de surveillance et que sa mère était soit une conspiratrice active « protégeant sciemment l’appareil en tant que point de surveillance », soit un drone programmé agissant sous l’effet d’une « programmation interne ou d’un conditionnement ». Bref, ChatGPT aurait déshumanisé Suzanne Adams et transformé l’imprimante en preuve d’une conspiration contre Stein-Erik Soelberg.

OpenAI refuse de fournir les conversations en cause

Mais les avocats des descendants de Suzanne Adams déplorent qu’OpenAI ne produise devant la justice les logs complets des discussions entre son chatbot et Stein-Erik Soelberg. « OpenAI cache quelque chose de précis : l’enregistrement complet de la façon dont ChatGPT a monté Stein-Erik contre Suzanne », selon eux. « OpenAI sait ce que ChatGPT a dit à Stein-Erik au sujet de sa mère dans les jours et les heures qui ont précédé et suivi son meurtre, mais refuse de partager cette information cruciale avec le tribunal ou le public », affirment-ils encore.

Les administrateurs testamentaires de Suzanne Adams attaquent aussi Microsoft pour avoir approuvé la sortie de GPT-4o, qui est le modèle qu’utilisait ChatGPT au moment des discussions problématiques avec Stein-Erik Soelberg. Selon eux, l’un des plus gros investisseurs d’OpenAI savait ou aurait du savoir que ce modèle manquait de garde-fous ou de tests adéquats.

Dans un communiqué de presse obtenu par ArsTechnica, Erik Soelberg, le fils de Stein-Erik a accusé OpenAI et Microsoft d’avoir placé sa grand-mère « au cœur » des « délires les plus sombres » de son père : ChatGPT aurait selon lui « complètement isolé » son père « du monde réel ». À l’AFP, un porte-parole d’OpenAI a qualifié ce cas de « situation absolument déchirante » et a expliqué que l’entreprise allait « examiner la plainte ».

« Le résultat de choix de conception spécifiques faits par OpenAI »

Dans une autre plainte déposée le 29 décembre [PDF], les administrateurs testamentaires de Stein-Erik Soelberg, cette fois, affirment que « les interactions de ChatGPT avec M. Soelberg étaient le résultat de choix de conception spécifiques faits par OpenAI, dont l’entreprise savait qu’ils exposaient les utilisateurs à des risques ». Ils pointent notamment la fonctionnalité de « mémoire » de ChatGPT qui permet au chatbot d’enregistrer « tout ce qu’un utilisateur a dit précédemment et de l’incorporer dans de nouvelles conversations ».

Selon eux, GPT-4o a été conçu « pour confirmer et refléter tout ce qu’un utilisateur a saisi dans son interface, sans tenir compte des inexactitudes ou des illusions ». Ils ajoutent qu’ « OpenAI savait qu’il y avait des risques associés avec ces fonctionnalités pour les personnes souffrant de maladies mentales, mais elle a ignoré ou contourné la plupart de ses protocoles de sécurité internes avant de lancer GPT-4o au grand public ».

« M. Soelberg et sa mère sont morts parce que ChatGPT a créé et développé un monde illusoire auquel M. Soelberg était plus que disposé à croire : l’algorithme lui a dit qu’il n’était pas fou, que des puces électroniques avaient été implantées dans son cerveau et que des ennemis, y compris des personnes qu’il connaissait, tentaient de l’assassiner », affirment-ils.

☕️ Réseaux sociaux avant 15 ans : un projet de loi du gouvernement pour la rentrée 2026

31 décembre 2025 à 13:50

Selon l’AFP et le Monde, un projet de loi du gouvernement est prêt pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et généraliser l’interdiction des téléphones portables aux lycées.

Nos confrères, qui ont pu se procurer le texte, expliquent que le premier article prévoit l’interdiction de « la fourniture, par une plateforme en ligne, d’un service de réseau social en ligne à un mineur de moins de 15 ans ». Ceci est justifié par des risques comme « l’exposition à des contenus inappropriés », « le cyberharcèlement » et « les altérations du sommeil ».

Flock

Un deuxième article prévoit l’interdiction de l’usage du téléphone portable au lycée, élargissant le programme « portable en pause » qui existe déjà dans les collèges. « Il appartiendra au règlement intérieur de l’établissement de préciser les modalités de mise en œuvre de cette interdiction », explique le texte du gouvernement.

Cette proposition de loi suit les diverses interventions d’Emmanuel Macron sur ces sujets devant la presse régionale. Comme nous l’expliquions en novembre, le programme « portable en pause » rame pourtant déjà au collège : seuls 9 % des établissements avaient mis en place le dispositif à la rentrée 2025.

☕️ Réseaux sociaux avant 15 ans : un projet de loi du gouvernement pour la rentrée 2026

31 décembre 2025 à 13:50

Selon l’AFP et le Monde, un projet de loi du gouvernement est prêt pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et généraliser l’interdiction des téléphones portables aux lycées.

Nos confrères, qui ont pu se procurer le texte, expliquent que le premier article prévoit l’interdiction de « la fourniture, par une plateforme en ligne, d’un service de réseau social en ligne à un mineur de moins de 15 ans ». Ceci est justifié par des risques comme « l’exposition à des contenus inappropriés », « le cyberharcèlement » et « les altérations du sommeil ».

Flock

Un deuxième article prévoit l’interdiction de l’usage du téléphone portable au lycée, élargissant le programme « portable en pause » qui existe déjà dans les collèges. « Il appartiendra au règlement intérieur de l’établissement de préciser les modalités de mise en œuvre de cette interdiction », explique le texte du gouvernement.

Cette proposition de loi suit les diverses interventions d’Emmanuel Macron sur ces sujets devant la presse régionale. Comme nous l’expliquions en novembre, le programme « portable en pause » rame pourtant déjà au collège : seuls 9 % des établissements avaient mis en place le dispositif à la rentrée 2025.

Reçu — 29 décembre 2025 Actualités numériques

[Offert] OpenAI veut absolument nous faire croire que GPT-5 a le niveau d’un chercheur

29 décembre 2025 à 13:55
Marketing pseudoscientifique
[Offert] OpenAI veut absolument nous faire croire que GPT-5 a le niveau d’un chercheur

Ce jeudi 20 novembre, des chercheurs d’OpenAI ont mis en ligne une série de témoignages sur l’utilisation de GPT-5 en recherche. En jouant avec les codes de la publication scientifique sans faire un réel travail de recherche, ils appuient la communication de leur entreprise et poussent les chercheurs à adopter leur outil dans leur routine de travail.

Pour les fêtes de fin d’année, Next vous offre cet article initialement paru le 24 novembre 2025 et réservé aux abonnés. Pour lire les prochains entretiens dès leur publication, abonnez-vous !


OpenAI et ses chercheurs ont publié ce jeudi 20 novembre sur le blog de l’entreprise un billet vantant les mérites de GPT-5 qui permettrait d’ « accélérer la science ». L’entreprise s’appuie pour cela sur des témoignages de chercheurs qu’elle a recueillis et compilés dans un fichier qui a la présentation d’un article scientifique, qui a comme auteurs des chercheurs qui pourraient signer un article scientifique, mais qui n’est pas un article scientifique.

De vieilles lunes

Rappelons d’abord qu’il y a trois ans quasiment jour pour jour, Meta s’était embourbée dans un « bad buzz » après avoir publié son IA Galactica. À l’époque, l’entreprise expliquait que cette IA était un grand modèle de langage pour la science capable de « résumer la littérature académique, résoudre des problèmes de maths, générer des articles Wiki, écrire du code scientifique, annoter des molécules et des protéines, et plus encore ». Critiqué par la communauté scientifique, notamment car Galactica pouvait générer des réponses fausses à des questions de culture scientifique assez basiques, le projet avait été dépublié au bout de trois jours. Seulement une semaine après, Sam Altman annonçait, avec un peu moins d’arrogance que Meta à l’époque, la disponibilité d’un nouveau chatbot : ChatGPT.

Les proclamations des entreprises d’IA génératives pour nous assurer que leurs outils sont de très bons compagnons pour les chercheurs ne sont donc pas nouvelles.

D’ailleurs, si OpenAI est resté pendant un temps un peu en dehors de ces déclarations, l’entreprise affirmait en septembre 2024 que son modèle o1, « dépassait le niveau d’un docteur [human PhD-level accuracy] » sur un benchmark de physique, de biologie et de chimie, tout en précisant un peu plus loin que « ces résultats ne signifient pas que o1 est plus compétent qu’un docteur à tous égards, mais seulement que le modèle est plus performant pour résoudre certains problèmes qu’un docteur serait censé résoudre ».

Nous expliquions en juin dernier que le benchmark utilisé se basait sur un QCM alors que les compétences demandées à un chercheur ne sont pas de répondre à des questions de culture scientifique (même très pointue) mais de formuler des problèmes scientifiques, d’établir des projets de recherche et de mettre en place des protocoles, tout ça pour trouver potentiellement de nouvelles réponses. Comme le remarquait Ars Technica, l’industrie de l’IA a, depuis ce moment-là, adopté le terme marketing « PhD-level AI » (« IA du niveau doctorat », en français) pour promouvoir ses modèles.

« Comme un chercheur débutant »

« Avec notre modèle le plus avancé, GPT-5, nous avons maintenant des IA qui agissent vraiment comme un chercheur débutant », affirme maintenant le chercheur d’OpenAI Sébastien Bubeck interrogé par Le Monde.

L’entreprise joue d’ailleurs sur le fil, puisque si son chercheur compare GPT-5 à un « chercheur débutant », dans son billet, OpenAI avoue qu’ « il ne mène pas de projets ni ne résout de problèmes scientifiques de manière autonome, mais il peut élargir le champ d’exploration et aider les chercheurs à obtenir plus rapidement des résultats corrects ».

Or un chercheur n’est pas formé pour sortir de son cerveau des réponses à des questions très compliquées comme les QCM utilisés dans certains benchmarks de LLM ou à aider des chercheurs séniors à réfléchir.

Des témoignages recueillis par OpenAI présentés comme un article scientifique

Le billet d’OpenAI sur l’ « accélération de la science » avec GPT-5 s’appuie sur un texte cosigné par Sébastien Bubeck. Présenté comme un article scientifique (même mise en page et présentation, mis en ligne sur arXiv après l’avoir d’abord été sur les serveurs d’OpenAI [PDF]), il réunit surtout des témoignages de chercheurs en mathématiques, physique ou biologie sélectionnés par l’entreprise qui expliquent comment ils ont utilisé GPT-5 dans leur recherche.

Si les entreprises d’IA générative ont pris l’habitude de mettre en ligne des articles de leurs chercheurs (sur leur site ou sur des serveurs de prépublication comme arXiv), celui-ci se distingue sur le sujet du texte. Ici, pas question de dévoiler un nouveau modèle accompagné de ses caractéristiques techniques. Il diffuse des avis de chercheurs sans information sur une éventuelle méthode scientifique avec laquelle auraient été recueillis les témoignages. Six des douze cas impliquent des chercheurs d’OpenAI (dont trois de Sébastien Bubeck lui-même).

Deux des cas évoqués dans le texte concernent des problèmes de mathématiques posés par le mathématicien Paul Erdős. « Outre la publication de plus de 1 500 articles mathématiques, Erdős a posé un nombre considérable de conjectures mathématiques, dont plusieurs sont devenues des problèmes centraux en mathématiques », explique l’article.

Des résultats déjà grandement dégonflés par la communauté

En octobre dernier, sur X, Sébastien Bubeck avait proclamé que « deux chercheurs ont trouvé des solutions à 10 problèmes de Erdős pendant le week-end avec l’aide de GPT-5 ». Comme l’expliquait Gary Marcus, le chercheur d’OpenAI a ensuite supprimé son message. En effet, il a ensuite précisé « seules des solutions ont été trouvées dans la littérature [scientifique], et je trouve que ça accélère beaucoup les choses parce que je sais que c’est difficile de faire des recherches dans la littérature ». Cette anecdote avait engendré quelques persiflages de la communauté, notamment de la part de Yann LeCun.

Dans leur texte présenté comme un article scientifique, les chercheurs d’OpenAI présentent quand même l’utilisation de leur modèle pour la recherche bibliographique concernant certains problèmes de Erdős.

Pour l’un d’entre eux (le 848e problème de Erdős), ils fournissent une solution mathématique formelle qu’ils auraient trouvée, en s’aidant donc du modèle d’OpenAI. Il en reviendra à des mathématiciens de se prononcer sur la qualité de cette proposition. Dans ce témoignage, ils affirment que cet exemple « met en évidence la capacité du GPT-5 à servir d’assistant mathématique efficace, capable de rappeler des lemmes pertinents, d’identifier des analogies et de localiser des résultats pertinents à partir d’indications vagues et mal spécifiées ». Cependant, ils remarquent des limites importantes, notamment sur « une confiance excessive dans la puissance des méthodes existantes […] car cette discussion est largement absente de la littérature mathématique elle-même ».

Le texte mis en ligne par les chercheurs d’OpenAI aborde aussi quelques critiques de l’utilisation des LLM dans la recherche, comme les hallucinations des références scientifiques. Ainsi Timothy Gowers y témoigne que, selon lui, « GPT-5 semble significativement meilleur que GPT-4 » à ce sujet. Le mathématicien, chercheur au Collège de France et à Cambridge, y affirme qu’ « avec GPT-5, mon expérience m’a montré que les références sont rarement imaginaires, et même les hallucinations peuvent s’avérer être des indications vers des références qui existent et qui sont utiles », mais aucune analyse chiffrée n’y est effectuée.

Rappelons que même en dehors de la communauté scientifique, une semaine après sa sortie, GPT-5 essuyait les mêmes critiques que ses prédécesseurs sur ses réponses à de simples questions logiques ou mathématiques.

Reçu — 23 décembre 2025 Actualités numériques

☕️ Le cofondateur de Mistral a participé à l’entrainement du modèle Llama de Meta sur LibGen

23 décembre 2025 à 12:55

Médiapart souligne, dans un article publié ce lundi 22 décembre, la participation de Guillaume Lample, cofondateur de Mistral AI, dans l’utilisation de la librairie clandestine Libgen pour entrainer les modèles de Meta en 2022.

En janvier dernier, à l’occasion du procès opposant notamment l’auteur de science-fiction Richard Kadrey à Meta, des documents internes à l’entreprise confirmaient les soupçons de l’utilisation des livres stockés par Libgen pour entrainer les modèles Llama de Meta. Certains montraient d’ailleurs que le CEO Mark Zuckerberg avait donné son accord.

des nuages de données s'échappent des cheminées de petites maisons dessinées en rang d'oignon

L’enquête de Médiapart s’appuie sur des documents sortis un peu plus tard lors du procès. Ceux-ci montrent que Guillaume Lample, alors employé chez Meta, a participé activement aux discussions pour pousser les chercheurs de l’entreprise à utiliser allègrement la bibliothèque clandestine comme source d’entrainement pour les modèles. Alors que l’utilisation de LibGen ne fait pas consensus, Guillaume Lample aurait affirmé que « tout le monde utilise LibGen ».

Dans une autre conversation, une autre salariée lui a demandé si le service légal de Meta avait confirmé la possibilité d’utiliser les archives de LibGen ou si « on n’est pas juste en train d’essayer de ne pas trop poser de question ». Guillaume Lample répond qu’il n’a pas posé de question et que « c’est ce qu’OpenAI fait avec GPT3, ce que Google fait avec Palm, ce que DeepMind fait avec Chinchilla, donc on va le faire aussi ».

Guillaume Lample est maintenant responsable scientifique de Mistral AI, après avoir co-fondé l’entreprise d’IA générative française. Mistral AI, Meta et Guillaume Lample n’ont pas répondu aux diverses relances de Médiapart.

☕️ Le cofondateur de Mistral a participé à l’entrainement du modèle Llama de Meta sur LibGen

23 décembre 2025 à 12:55

Médiapart souligne, dans un article publié ce lundi 22 décembre, la participation de Guillaume Lample, cofondateur de Mistral AI, dans l’utilisation de la librairie clandestine Libgen pour entrainer les modèles de Meta en 2022.

En janvier dernier, à l’occasion du procès opposant notamment l’auteur de science-fiction Richard Kadrey à Meta, des documents internes à l’entreprise confirmaient les soupçons de l’utilisation des livres stockés par Libgen pour entrainer les modèles Llama de Meta. Certains montraient d’ailleurs que le CEO Mark Zuckerberg avait donné son accord.

des nuages de données s'échappent des cheminées de petites maisons dessinées en rang d'oignon

L’enquête de Médiapart s’appuie sur des documents sortis un peu plus tard lors du procès. Ceux-ci montrent que Guillaume Lample, alors employé chez Meta, a participé activement aux discussions pour pousser les chercheurs de l’entreprise à utiliser allègrement la bibliothèque clandestine comme source d’entrainement pour les modèles. Alors que l’utilisation de LibGen ne fait pas consensus, Guillaume Lample aurait affirmé que « tout le monde utilise LibGen ».

Dans une autre conversation, une autre salariée lui a demandé si le service légal de Meta avait confirmé la possibilité d’utiliser les archives de LibGen ou si « on n’est pas juste en train d’essayer de ne pas trop poser de question ». Guillaume Lample répond qu’il n’a pas posé de question et que « c’est ce qu’OpenAI fait avec GPT3, ce que Google fait avec Palm, ce que DeepMind fait avec Chinchilla, donc on va le faire aussi ».

Guillaume Lample est maintenant responsable scientifique de Mistral AI, après avoir co-fondé l’entreprise d’IA générative française. Mistral AI, Meta et Guillaume Lample n’ont pas répondu aux diverses relances de Médiapart.

Anna’s Archive revendique la récupération de 300 To de musique de Spotify

23 décembre 2025 à 10:30
Retour au torrent ?
Anna’s Archive revendique la récupération de 300 To de musique de Spotify

La bibliothèque clandestine Anna’s Archive affirme avoir « sauvegardé Spotify (métadonnées et fichiers musicaux) ». Près de 300 To de musique téléchargés au nez et à la barbe de la plateforme de streaming qui explique avoir mis en place « de nouvelles mesures de protection contre ce type d’attaques anti-copyright ».

La bibliothèque clandestine Anna’s Archive semble vouloir aller au-delà de la distribution pirate de livres numériques. Dans un billet de blog publié ce week-end, elle revendique avoir téléchargé environ 300 To de données de musique sur la plateforme de streaming Spotify. Mais plus qu’un téléchargement massif, elle explique vouloir distribuer les fichiers musicaux en torrent dans des archives regroupant les morceaux en fonction de leur popularité.

« Cette version comprend la plus grande base de données de métadonnées musicales accessible au public, avec 256 millions de titres et 186 millions d’ISRC [International Standard Recording Code, système de standardisation d’identifiants d’enregistrement] uniques », revendique la bibliothèque clandestine.

De fait, les responsables d’Anna’s Archive n’ont pas récupéré l’entièreté des musiques de Spotify, comme pourrait le laisser entendre une lecture rapide. « Seulement » 37 % du répertoire de la plateforme de streaming ont été téléchargés, mais « il s’agit de la première « archive de préservation » au monde pour la musique qui soit entièrement ouverte (ce qui signifie qu’elle peut être facilement reproduite par toute personne disposant d’un espace disque suffisant), avec 86 millions de fichiers musicaux, représentant environ 99,6 % des écoutes » sur Spotify, assurent les responsables d’Anna’s Archive.

Ce sont essentiellement des morceaux de musique qui sont concernés : si le billet d’Anna’s Archive évoque incidemment la récupération de métadonnées concernant les podcasts, la bibliothèque clandestine semble ne pas avoir téléchargé ce genre de médias.

Des « extrémistes anti-copyright » pour Spotify

Sans confirmer la taille de la fuite, Spotify explique avoir identifié un téléchargement de plusieurs fichiers audio sur sa plateforme : « Une enquête sur un accès non autorisé a révélé qu’un tiers avait récupéré des métadonnées publiques et utilisé des tactiques illicites pour contourner le DRM afin d’accéder à certains fichiers audio de la plateforme. Nous menons actuellement une enquête approfondie sur cet incident », a-t-elle expliqué à Musically, qualifiant les responsables d’Anna’s Archive d’ « extrémistes anti-copyright qui ont déjà piraté du contenu sur YouTube et d’autres plateformes ».

« Spotify a identifié et désactivé les comptes d’utilisateurs malveillants qui se livraient à des activités illégales de scraping. Nous avons mis en place de nouvelles mesures de protection contre ce type d’attaques anti-copyright et surveillons activement tout comportement suspect », détaille la plateforme.

Elle assure également aux artistes et à l’industrie musicale avoir toujours soutenu « la communauté artistique dans sa lutte contre le piratage et [travailler] avec [ses] partenaires industriels pour protéger les créateurs et défendre leurs droits ». Spotify devra en effet mettre les bouchées doubles après cette fuite de données pour garder les artistes et les producteurs dans son giron.

La plateforme fait aussi régulièrement face à des annonces de boycott de la part d’artistes comme Deerhoof ou Massive Attack visant notamment les investissements du fondateur et CEO de Spotify, Daniel Ek, dans l’intelligence artificielle de défense. 20 ans après la création de la plateforme, celui-ci va, rappelons-le, lâcher la main sur l’opérationnel de la plateforme tout en restant président exécutif.

Une aubaine pour l’industrie de l’IA générative ?

L’arrivée massive de l’IA pour générer des musiques a attiré certains internautes mais aussi attisé les tensions dans le secteur. Justement, cette fuite pourrait être une aubaine pour l’industrie de l’IA générative. Celle-ci, qui n’a jamais vraiment hésité à entrainer ses modèles sur des archives pirates, pourrait profiter des fichiers torrent pour améliorer la génération de musique.

Le projet Anna’s Archive met déjà en avant l’intérêt de ses collections de données pour l’amélioration des modèles de langage : « Il est bien connu que les grands modèles de langage (LLM) fonctionnent mieux avec des données de haute qualité. Nous disposons de la plus grande collection au monde de livres, d’articles, de magazines, etc., qui constituent certaines des sources textuelles de la plus haute qualité », explique une page. « Nous sommes en mesure de fournir un accès haut débit à l’intégralité de nos collections, ainsi qu’à des collections inédites », ajoutent les responsables.

Comme l’a remarqué ArsTechnica, certains fans d’Anna’s Archive ne sont pas à l’aise avec le nouveau fait d’armes de la bibliothèque clandestine. « C’est dingue. Je ne savais absolument pas que le DRM de Spotify avait été piraté pour permettre des téléchargements à une telle échelle », réagit l’un d’entre eux sur Hacker News. « Je me demande vraiment si cela répondait à une demande des chercheurs/entreprises spécialisés dans l’IA qui souhaitaient disposer de ces données. Ou si les grandes maisons de disques accordent déjà des licences pour l’ensemble de leurs catalogues à des fins de formation à un prix suffisamment bas, de sorte que cela relève uniquement d’un effort de préservation ? », ajoute-t-il.

Anna’s Archive revendique la récupération de 300 To de musique de Spotify

23 décembre 2025 à 10:30
Retour au torrent ?
Anna’s Archive revendique la récupération de 300 To de musique de Spotify

La bibliothèque clandestine Anna’s Archive affirme avoir « sauvegardé Spotify (métadonnées et fichiers musicaux) ». Près de 300 To de musique téléchargés au nez et à la barbe de la plateforme de streaming qui explique avoir mis en place « de nouvelles mesures de protection contre ce type d’attaques anti-copyright ».

La bibliothèque clandestine Anna’s Archive semble vouloir aller au-delà de la distribution pirate de livres numériques. Dans un billet de blog publié ce week-end, elle revendique avoir téléchargé environ 300 To de données de musique sur la plateforme de streaming Spotify. Mais plus qu’un téléchargement massif, elle explique vouloir distribuer les fichiers musicaux en torrent dans des archives regroupant les morceaux en fonction de leur popularité.

« Cette version comprend la plus grande base de données de métadonnées musicales accessible au public, avec 256 millions de titres et 186 millions d’ISRC [International Standard Recording Code, système de standardisation d’identifiants d’enregistrement] uniques », revendique la bibliothèque clandestine.

De fait, les responsables d’Anna’s Archive n’ont pas récupéré l’entièreté des musiques de Spotify, comme pourrait le laisser entendre une lecture rapide. « Seulement » 37 % du répertoire de la plateforme de streaming ont été téléchargés, mais « il s’agit de la première « archive de préservation » au monde pour la musique qui soit entièrement ouverte (ce qui signifie qu’elle peut être facilement reproduite par toute personne disposant d’un espace disque suffisant), avec 86 millions de fichiers musicaux, représentant environ 99,6 % des écoutes » sur Spotify, assurent les responsables d’Anna’s Archive.

Ce sont essentiellement des morceaux de musique qui sont concernés : si le billet d’Anna’s Archive évoque incidemment la récupération de métadonnées concernant les podcasts, la bibliothèque clandestine semble ne pas avoir téléchargé ce genre de médias.

Des « extrémistes anti-copyright » pour Spotify

Sans confirmer la taille de la fuite, Spotify explique avoir identifié un téléchargement de plusieurs fichiers audio sur sa plateforme : « Une enquête sur un accès non autorisé a révélé qu’un tiers avait récupéré des métadonnées publiques et utilisé des tactiques illicites pour contourner le DRM afin d’accéder à certains fichiers audio de la plateforme. Nous menons actuellement une enquête approfondie sur cet incident », a-t-elle expliqué à Musically, qualifiant les responsables d’Anna’s Archive d’ « extrémistes anti-copyright qui ont déjà piraté du contenu sur YouTube et d’autres plateformes ».

« Spotify a identifié et désactivé les comptes d’utilisateurs malveillants qui se livraient à des activités illégales de scraping. Nous avons mis en place de nouvelles mesures de protection contre ce type d’attaques anti-copyright et surveillons activement tout comportement suspect », détaille la plateforme.

Elle assure également aux artistes et à l’industrie musicale avoir toujours soutenu « la communauté artistique dans sa lutte contre le piratage et [travailler] avec [ses] partenaires industriels pour protéger les créateurs et défendre leurs droits ». Spotify devra en effet mettre les bouchées doubles après cette fuite de données pour garder les artistes et les producteurs dans son giron.

La plateforme fait aussi régulièrement face à des annonces de boycott de la part d’artistes comme Deerhoof ou Massive Attack visant notamment les investissements du fondateur et CEO de Spotify, Daniel Ek, dans l’intelligence artificielle de défense. 20 ans après la création de la plateforme, celui-ci va, rappelons-le, lâcher la main sur l’opérationnel de la plateforme tout en restant président exécutif.

Une aubaine pour l’industrie de l’IA générative ?

L’arrivée massive de l’IA pour générer des musiques a attiré certains internautes mais aussi attisé les tensions dans le secteur. Justement, cette fuite pourrait être une aubaine pour l’industrie de l’IA générative. Celle-ci, qui n’a jamais vraiment hésité à entrainer ses modèles sur des archives pirates, pourrait profiter des fichiers torrent pour améliorer la génération de musique.

Le projet Anna’s Archive met déjà en avant l’intérêt de ses collections de données pour l’amélioration des modèles de langage : « Il est bien connu que les grands modèles de langage (LLM) fonctionnent mieux avec des données de haute qualité. Nous disposons de la plus grande collection au monde de livres, d’articles, de magazines, etc., qui constituent certaines des sources textuelles de la plus haute qualité », explique une page. « Nous sommes en mesure de fournir un accès haut débit à l’intégralité de nos collections, ainsi qu’à des collections inédites », ajoutent les responsables.

Comme l’a remarqué ArsTechnica, certains fans d’Anna’s Archive ne sont pas à l’aise avec le nouveau fait d’armes de la bibliothèque clandestine. « C’est dingue. Je ne savais absolument pas que le DRM de Spotify avait été piraté pour permettre des téléchargements à une telle échelle », réagit l’un d’entre eux sur Hacker News. « Je me demande vraiment si cela répondait à une demande des chercheurs/entreprises spécialisés dans l’IA qui souhaitaient disposer de ces données. Ou si les grandes maisons de disques accordent déjà des licences pour l’ensemble de leurs catalogues à des fins de formation à un prix suffisamment bas, de sorte que cela relève uniquement d’un effort de préservation ? », ajoute-t-il.

Reçu — 22 décembre 2025 Actualités numériques

Epstein Files : la confusion dans la publication de milliers de documents

22 décembre 2025 à 16:35
What's the point?
Epstein Files : la confusion dans la publication de milliers de documents

L’administration de Donald Trump a publié, comme l’y obligeait une loi votée récemment, des milliers de documents émanant de l’affaire Epstein. Mais tout n’y est pas, pointent notamment certaines victimes du pédocriminel.

Ce vendredi 19 décembre, le département de la Justice (DOJ) états-unien devait, selon l’Epstein Files Transparency Act, « publier (dans un format consultable et téléchargeable) tous les dossiers, documents, communications et éléments d’enquête non classifiés en [sa] possession qui se rapportent à l’enquête et aux poursuites judiciaires concernant Jeffrey Epstein ».

Le jour J, le DOJ a bien livré un outil permettant de naviguer dans près de 4 000 documents mis en ligne, même si Donald Trump s’est montré ces derniers mois plus hésitant sur le sujet, étant lui aussi accusé d’avoir été dans le réseau du pédocriminel décédé en prison en 2019. Comme le décrit Wired, les documents publiés en fin de semaine dernière sont un mélange hétéroclite de photos, de notes manuscrites et d’autres documents qui ont servi à l’enquête sur le pédocriminel. L’outil est moins ergonomique que Jmail, cette boîte mail remplie des correspondances de Jeffrey Epstein, créée par deux informaticiens pour mieux naviguer dans les emails qui circulaient déjà.

Quelques documents et des photos de personnalités déjà impliquées

Il permet néanmoins de trouver des documents du dossier, comme l’explique The Guardian, cette note [PDF] du FBI détaillant les instructions que donnait Jeffrey Epstein pour obtenir des femmes mineures. Y figurent aussi des documents nommant des personnalités dont les noms étaient déjà sortis. Ainsi, ce document [PDF] qui parle de Bill « Clinton, Prince Andrew et Richard Branson », ou des photos montrant des personnes connues (Mick Jagger, Michael Jackson ou encore David Copperfield aux côtés de Jeffrey Epstein ou de sa complice Ghislaine Maxwell).

Rappelons que ces documents ne sont pas forcément des preuves que toutes ces personnes ont eu connaissance ou sont impliquées dans le système de pédocriminalité mis en place.

Des photos de Bill Clinton, une de Donald Trump supprimée puis réintégrée

La sphère républicaine et MAGA (Make America Great Again) a cependant souligné nombre de photos où l’on voit Bill Clinton aux côtés de Jeffrey Epstein, dont notamment l’une d’entre elles où il apparait dans un jacuzzi à côté d’une personne dont le visage est volontairement caché par un carré noir. Bill Clinton a nié auparavant avoir été au courant des crimes commis par Jeffrey Epstein. Selon le Boston Globe, un porte-parole de Bill Clinton a accusé l’administration d’avoir publié ces photos de l’ancien président pour détourner l’attention.

De fait, l’attachée de presse de la Maison-Blanche, Abigail Jackson, a insisté par exemple, sur X, sur une photo de Bill Clinton avec Michael Jackson, la présentant comme une « photo de Bill Clinton avec son bras autour de Michael Jackson, et des personnes dont l’identité a été dissimulée ». Pourtant, cette photo n’a rien à voir avec l’affaire, comme l’ont souligné des utilisateurs de X dans les notes de la communauté. Elle est disponible sur Getty Images depuis 2010 sans que les enfants de Michael Jackson et Diana Ross soient cachés.

Donald Trump figure sur au moins une photo [PDF] du dossier. Elle représente un meuble exposant diverses autres photos sur lesquelles apparait Jeffrey Epstein accompagné d’autres personnalités. Le visage du dirigeant actuel des États-Unis apparait sur l’une d’entre elles qui se situe dans le tiroir ouvert du meuble. Ici aussi, ça n’est pas la preuve de la connaissance de crime. Comme l’explique Ici Canada, plusieurs photos (dont celle-ci) ont été supprimées du dossier public samedi.

Finalement, le DOJ a republié la photo en question dimanche, affirmant sur X l’avoir retirée « afin de la soumettre à un examen plus approfondi ». « Après examen, il a été déterminé qu’il n’y avait aucune preuve que des victimes d’Epstein figuraient sur la photographie, et celle-ci a été republiée sans aucune modification ni expurgation », a ajouté l’administration états-unienne.

Pas grand-chose de neuf selon la presse américaine

Selon une lettre du procureur général adjoint Todd Blanche obtenue par Fox News, plus de 1 200 victimes et leurs familles ont été découvertes au cours de cet examen exhaustif. « Sous la direction du président Donald J. Trump et de la procureure générale Pam Bondi, cette divulgation sans précédent souligne notre engagement à respecter la loi, à faire preuve de transparence et à protéger les victimes », affirme le document.

Mais, pour Associated Press, la publication de ces documents n’apporte pas grand chose de neuf. « Les documents les plus révélateurs publiés jusqu’à présent montrent que les procureurs fédéraux disposaient en 2007 d’éléments solides contre Epstein, mais ne l’ont jamais inculpé », explique l’agence de presse. Le New York Times pointe notamment l’existence d’une plainte pour pédopornographie datant de 1996 et que le FBI a ignorée.

Des documents biffés qui n’apportent pas d’information supplémentaire

Dans le dossier figure aussi une liste de 254 masseuses. Mais le fichier [PDF] est illisible puisque tous les noms sont cachés, le document portant une notice expliquant « expurgé afin de protéger les informations relatives aux victimes potentielles ».

D’autres documents apparaissent largement biffés. Ainsi, des internautes ont remarqué qu’un des documents [PDF] dont certaines parties étaient cachées avait déjà été publié [PDF] auparavant par l’administration, montrant le nom de Donald Trump accompagné de celui de Bill Clinton :

Depuis vendredi, le DOJ essaye de se dépatouiller, sur X, des accusations de censure. « Des expurgations ont été apportées à ces documents lorsqu’ils ont été déposés dans le cadre des affaires judiciaires respectives à l’époque. Nous avons reproduit les documents tels qu’ils se trouvaient en notre possession », expliquait l’administration sur X dimanche.

« On nous laisse tomber », explique une victime

« Nous avons découvert que les documents les plus importants ont disparu », affirmait de son côté le représentant du Parti démocrate, Ro Khanna, vendredi à CNN. « Ils ont fait l’objet de caviardages excessifs, et la question centrale que les Américains veulent connaître – qui sont les autres hommes riches et puissants de l’île qui violent ces jeunes filles ou qui couvrent ces faits – n’a pas trouvé de réponse ». Pour la députée démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, ces caviardages protègent « une bande de violeurs et de pédophiles parce qu’ils ont de l’argent, du pouvoir et des relations » et elle demande la démission de la procureure générale Pam Bondi.

De leur côté, les victimes expriment aussi leur frustration. « Ils confirment tout ce que nous avons dit au sujet de la corruption et des retards dans la justice », déplore Jess Michaels, l’une des premières victimes connues de Jeffrey Epstein citée par le New York Times. « Que protègent-ils ? La dissimulation continue ». « Si tout est censuré, où est la transparence ? », interroge Marijke Chartouni, qui accuse Epstein de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle avait 20 ans. « Énormément de photos sont hors de propos », explique Marina Larcerda, qui a témoigné en 2019 d’abus sexuels lorsqu’elle avait 14 ans. « On nous laisse tomber. Nous attendions ce jour-là pour attaquer en justice d’autres hommes qui ont été protégés ».

Epstein Files : la confusion dans la publication de milliers de documents

22 décembre 2025 à 16:35
What's the point?
Epstein Files : la confusion dans la publication de milliers de documents

L’administration de Donald Trump a publié, comme l’y obligeait une loi votée récemment, des milliers de documents émanant de l’affaire Epstein. Mais tout n’y est pas, pointent notamment certaines victimes du pédocriminel.

Ce vendredi 19 décembre, le département de la Justice (DOJ) états-unien devait, selon l’Epstein Files Transparency Act, « publier (dans un format consultable et téléchargeable) tous les dossiers, documents, communications et éléments d’enquête non classifiés en [sa] possession qui se rapportent à l’enquête et aux poursuites judiciaires concernant Jeffrey Epstein ».

Le jour J, le DOJ a bien livré un outil permettant de naviguer dans près de 4 000 documents mis en ligne, même si Donald Trump s’est montré ces derniers mois plus hésitant sur le sujet, étant lui aussi accusé d’avoir été dans le réseau du pédocriminel décédé en prison en 2019. Comme le décrit Wired, les documents publiés en fin de semaine dernière sont un mélange hétéroclite de photos, de notes manuscrites et d’autres documents qui ont servi à l’enquête sur le pédocriminel. L’outil est moins ergonomique que Jmail, cette boîte mail remplie des correspondances de Jeffrey Epstein, créée par deux informaticiens pour mieux naviguer dans les emails qui circulaient déjà.

Quelques documents et des photos de personnalités déjà impliquées

Il permet néanmoins de trouver des documents du dossier, comme l’explique The Guardian, cette note [PDF] du FBI détaillant les instructions que donnait Jeffrey Epstein pour obtenir des femmes mineures. Y figurent aussi des documents nommant des personnalités dont les noms étaient déjà sortis. Ainsi, ce document [PDF] qui parle de Bill « Clinton, Prince Andrew et Richard Branson », ou des photos montrant des personnes connues (Mick Jagger, Michael Jackson ou encore David Copperfield aux côtés de Jeffrey Epstein ou de sa complice Ghislaine Maxwell).

Rappelons que ces documents ne sont pas forcément des preuves que toutes ces personnes ont eu connaissance ou sont impliquées dans le système de pédocriminalité mis en place.

Des photos de Bill Clinton, une de Donald Trump supprimée puis réintégrée

La sphère républicaine et MAGA (Make America Great Again) a cependant souligné nombre de photos où l’on voit Bill Clinton aux côtés de Jeffrey Epstein, dont notamment l’une d’entre elles où il apparait dans un jacuzzi à côté d’une personne dont le visage est volontairement caché par un carré noir. Bill Clinton a nié auparavant avoir été au courant des crimes commis par Jeffrey Epstein. Selon le Boston Globe, un porte-parole de Bill Clinton a accusé l’administration d’avoir publié ces photos de l’ancien président pour détourner l’attention.

De fait, l’attachée de presse de la Maison-Blanche, Abigail Jackson, a insisté par exemple, sur X, sur une photo de Bill Clinton avec Michael Jackson, la présentant comme une « photo de Bill Clinton avec son bras autour de Michael Jackson, et des personnes dont l’identité a été dissimulée ». Pourtant, cette photo n’a rien à voir avec l’affaire, comme l’ont souligné des utilisateurs de X dans les notes de la communauté. Elle est disponible sur Getty Images depuis 2010 sans que les enfants de Michael Jackson et Diana Ross soient cachés.

Donald Trump figure sur au moins une photo [PDF] du dossier. Elle représente un meuble exposant diverses autres photos sur lesquelles apparait Jeffrey Epstein accompagné d’autres personnalités. Le visage du dirigeant actuel des États-Unis apparait sur l’une d’entre elles qui se situe dans le tiroir ouvert du meuble. Ici aussi, ça n’est pas la preuve de la connaissance de crime. Comme l’explique Ici Canada, plusieurs photos (dont celle-ci) ont été supprimées du dossier public samedi.

Finalement, le DOJ a republié la photo en question dimanche, affirmant sur X l’avoir retirée « afin de la soumettre à un examen plus approfondi ». « Après examen, il a été déterminé qu’il n’y avait aucune preuve que des victimes d’Epstein figuraient sur la photographie, et celle-ci a été republiée sans aucune modification ni expurgation », a ajouté l’administration états-unienne.

Pas grand-chose de neuf selon la presse américaine

Selon une lettre du procureur général adjoint Todd Blanche obtenue par Fox News, plus de 1 200 victimes et leurs familles ont été découvertes au cours de cet examen exhaustif. « Sous la direction du président Donald J. Trump et de la procureure générale Pam Bondi, cette divulgation sans précédent souligne notre engagement à respecter la loi, à faire preuve de transparence et à protéger les victimes », affirme le document.

Mais, pour Associated Press, la publication de ces documents n’apporte pas grand chose de neuf. « Les documents les plus révélateurs publiés jusqu’à présent montrent que les procureurs fédéraux disposaient en 2007 d’éléments solides contre Epstein, mais ne l’ont jamais inculpé », explique l’agence de presse. Le New York Times pointe notamment l’existence d’une plainte pour pédopornographie datant de 1996 et que le FBI a ignorée.

Des documents biffés qui n’apportent pas d’information supplémentaire

Dans le dossier figure aussi une liste de 254 masseuses. Mais le fichier [PDF] est illisible puisque tous les noms sont cachés, le document portant une notice expliquant « expurgé afin de protéger les informations relatives aux victimes potentielles ».

D’autres documents apparaissent largement biffés. Ainsi, des internautes ont remarqué qu’un des documents [PDF] dont certaines parties étaient cachées avait déjà été publié [PDF] auparavant par l’administration, montrant le nom de Donald Trump accompagné de celui de Bill Clinton :

Depuis vendredi, le DOJ essaye de se dépatouiller, sur X, des accusations de censure. « Des expurgations ont été apportées à ces documents lorsqu’ils ont été déposés dans le cadre des affaires judiciaires respectives à l’époque. Nous avons reproduit les documents tels qu’ils se trouvaient en notre possession », expliquait l’administration sur X dimanche.

« On nous laisse tomber », explique une victime

« Nous avons découvert que les documents les plus importants ont disparu », affirmait de son côté le représentant du Parti démocrate, Ro Khanna, vendredi à CNN. « Ils ont fait l’objet de caviardages excessifs, et la question centrale que les Américains veulent connaître – qui sont les autres hommes riches et puissants de l’île qui violent ces jeunes filles ou qui couvrent ces faits – n’a pas trouvé de réponse ». Pour la députée démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, ces caviardages protègent « une bande de violeurs et de pédophiles parce qu’ils ont de l’argent, du pouvoir et des relations » et elle demande la démission de la procureure générale Pam Bondi.

De leur côté, les victimes expriment aussi leur frustration. « Ils confirment tout ce que nous avons dit au sujet de la corruption et des retards dans la justice », déplore Jess Michaels, l’une des premières victimes connues de Jeffrey Epstein citée par le New York Times. « Que protègent-ils ? La dissimulation continue ». « Si tout est censuré, où est la transparence ? », interroge Marijke Chartouni, qui accuse Epstein de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle avait 20 ans. « Énormément de photos sont hors de propos », explique Marina Larcerda, qui a témoigné en 2019 d’abus sexuels lorsqu’elle avait 14 ans. « On nous laisse tomber. Nous attendions ce jour-là pour attaquer en justice d’autres hommes qui ont été protégés ».

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