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Reçu — 23 janvier 2026 Actualités numériques

Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

23 janvier 2026 à 11:59
Last man standing
Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

Lui même propriété du groupe de presse Ebra, l’éditeur de FrAndroid et de Numerama vient de boucler l’acquisition du média en ligne Clubic, jusqu’ici indépendant. Le paysage de la presse tech francophone se retrouve désormais concentré autour de quelques groupes média, autour duquel gravite une poignée d’indépendants.

Clubic, vétéran de la presse informatique en ligne, change à nouveau de mains. Le site, édité par une structure indépendante (Clubic SAS) depuis qu’il a quitté le giron du groupe M6 en 2018, est racheté par le groupe de presse quotidienne régionale Ebra (propriété du Crédit Mutuel), qui renforce ainsi son portefeuille de marques tournées vers la tech. Ebra a en effet déjà racheté en 2022 la société Humanoid, née du succès de FrAndroid.

Complémentarité entre les marques

Dans un communiqué (.pdf) du 22 janvier, Ebra annonce donc l’acquisition de Clubic, saluant l’arrivée d’une « marque historique et incontournable du web français ». Fort de la contribution de ce nouvel entrant, le groupe revendique désormais une audience de près de 10 millions de visiteurs uniques pour sa filiale Humanoid, qui lui confèrerait le statut de « premier groupe médias tech et numérique en France », selon les chiffres d’audience mesurés par Médiamétrie en novembre 2025.

Pour Ebra, Clubic vient compléter efficacement l’éventail déjà adressé par les marques d’Humanoid, en apportant une « expertise » sur les thématiques informatique et logicielles ainsi que sur les services en ligne, là où FrAndroid se veut « la référence des tests et guides d’achat », et Numerama le média « qui anticipe l’avenir ».

Cette complémentarité, et la consolidation des audiences qui en résulte, confère à Humanoid « une offre publicitaire intégrée capable de proposer aux marques des dispositifs d’envergure, alliant prescription et performance sur l’ensemble du parcours d’achat », estiment ses cofondateurs.

D’un point de vue plus opérationnel, les actuels dirigeants de Clubic, Florent Maitre et Philippe Favier du Noyer, assurent que le média restera piloté par la même équipe, dans des conditions de fonctionnement similaires à l’existant. « Chaque média conservera son identité et son approche éditoriale », promettent-ils, tout en expliquant que Clubic profitera des compétences déjà développées par Humanoid autour de la vidéo et des usages sociaux. « Notre objectif est clair : s’appuyer sur ce savoir-faire pour renforcer la présence de Clubic au-delà du site, sans dénaturer ce qui fait sa voix ».

« Enfin, l’ambition sur les tests, les comparateurs et les services va clairement monter d’un cran. C’est un axe fort de notre rapprochement, à savoir enrichir et développer ces contenus, notamment dans les télécoms, les équipements et les services numériques, pour rester au plus près de vos besoins réels. », écrivent-ils encore.

Massifier les audiences face aux risques de marché

Cette logique de recommandation de services ou de « bons plans », monétisée grâce à des systèmes d’affiliation (le média est rétribué à la commission quand un internaute achète un produit par l’intermédiaire d’une de ses publications), est historiquement l’un des piliers économiques de Clubic, aux côtés des formes plus traditionnelles de publicité (bannières, habillages, articles sponsorisés).

Clubic avait repris son indépendance en 2018 à l’occasion d’un rachat orchestré par deux cadres du site et deux des cofondateurs qui l’avaient vendu à M6 dix ans plus tôt. Basé à Lyon, le site a réalisé en 2024 environ 320 000 euros de résultat net à partir d’un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, en léger recul sur un an. Humanoid se révèle aussi une machine lucrative, puisqu’en 2024, la filiale d’Ebra a totalisé 7,58 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour 1 million d’euros de résultat net.

La consolidation, et la massification des audiences qui en découle, sont présentées comme un moyen d’assurer une trajectoire de développement positive, dans un contexte de chamboulements structurels pour les médias, notamment touchés par l’évolution des modes de consommation de l’information. « On va partager nos compétences, nos bonnes pratiques, et soyons honnêtes, nos échecs aussi pour ne pas les reproduire. Et face aux plateformes américaines et aux bouleversements de l’IA, rester isolé est dangereux. En nous regroupant, nous construisons un groupe média solide, capable d’investir dans la qualité plutôt que dans le clic facile », conclut Ulrich Rozier, cofondateur et directeur de la publication de FrAndroid.

Un paysage tech de plus en plus concentré

Jusqu’ici, c’est le groupe d’origine suisse Keleops AG qui revendiquait la place de numéro un sur le marché français, en s’appuyant précisément sur les chiffres cités par Ebra dans sa communication. Construit à coup d’opérations de croissance externe, Keleops détient en effet quelques marques fortes, avec 01net (le site, pas le magazine papier, liquidé en 2025), Journal du Geek, Presse Citron et iPhon, ainsi que Gizmodo et Kotaku outre -Atlantique. Le groupe joue lui aussi la carte de la complémentarité entre ses marques, et décline auprès de ses clients annonceurs une palette d’outils publicitaires basée sur le triptyque affiliation, display (bannières) et brand content (contenus sponsorisés).

Derrière ces deux leaders revendiqués (en audience), qui reste-t-il ? Un temps passé par le groupe TF1, le spécialiste historique du test et de la recommandation produit Les Numériques fait depuis 2022 partie du large portefeuille de marques du groupe Reworld Media.

Le groupe Galaxie Media, qui édite notamment Tom’s Guide et Tom’s Hardware France, fait toujours figure d’indépendant, mais les chiffres consultés par Next font état d’une trajectoire descendante, confirmée par la cession, actée fin 2022, de ses marques Phonandroid et Papergeek à CCM Benchmark. Cette filiale du groupe Figaro opère sur un univers bien plus diversifié que la tech, mais elle agrège tout de même, elle aussi, des audiences significatives sur le secteur grâce à ses médias, dont le JDN ou L’Internaute, et ses services (Ariase, DegroupTest et d’autres).

Arrivent ensuite les indépendants. Dans le lot, on peut bien sûr citer MacG, qui a récemment lancé un appel à soutien, entendu par ses lecteurs, et cultive un modèle économique hybride basé sur un mélange d’abonnement, de publicité, et de vente de contenus ou de services. La scène plus spécifiquement hardware, marquée par la transformation de quelques marques historiques en sites zombies générés par IA, compte elle aussi quelques projets qui se maintiennent, comme Cowcotland ou Comptoir du Hardware, ou se développent, à l’image de HardwareandCo, fondé par quelques déçus du précédent.

Et puis il y a Next, bien sûr, qui cultive son sillon à contre-courant, mais c’est une autre histoire 😉

NB : l’auteur de cet article a été journaliste pour Clubic entre 2006 et 2016.

Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

23 janvier 2026 à 11:59
Last man standing
Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

Lui même propriété du groupe de presse Ebra, l’éditeur de FrAndroid et de Numerama vient de boucler l’acquisition du média en ligne Clubic, jusqu’ici indépendant. Le paysage de la presse tech francophone se retrouve désormais concentré autour de quelques groupes média, autour duquel gravite une poignée d’indépendants.

Clubic, vétéran de la presse informatique en ligne, change à nouveau de mains. Le site, édité par une structure indépendante (Clubic SAS) depuis qu’il a quitté le giron du groupe M6 en 2018, est racheté par le groupe de presse quotidienne régionale Ebra (propriété du Crédit Mutuel), qui renforce ainsi son portefeuille de marques tournées vers la tech. Ebra a en effet déjà racheté en 2022 la société Humanoid, née du succès de FrAndroid.

Complémentarité entre les marques

Dans un communiqué (.pdf) du 22 janvier, Ebra annonce donc l’acquisition de Clubic, saluant l’arrivée d’une « marque historique et incontournable du web français ». Fort de la contribution de ce nouvel entrant, le groupe revendique désormais une audience de près de 10 millions de visiteurs uniques pour sa filiale Humanoid, qui lui confèrerait le statut de « premier groupe médias tech et numérique en France », selon les chiffres d’audience mesurés par Médiamétrie en novembre 2025.

Pour Ebra, Clubic vient compléter efficacement l’éventail déjà adressé par les marques d’Humanoid, en apportant une « expertise » sur les thématiques informatique et logicielles ainsi que sur les services en ligne, là où FrAndroid se veut « la référence des tests et guides d’achat », et Numerama le média « qui anticipe l’avenir ».

Cette complémentarité, et la consolidation des audiences qui en résulte, confère à Humanoid « une offre publicitaire intégrée capable de proposer aux marques des dispositifs d’envergure, alliant prescription et performance sur l’ensemble du parcours d’achat », estiment ses cofondateurs.

D’un point de vue plus opérationnel, les actuels dirigeants de Clubic, Florent Maitre et Philippe Favier du Noyer, assurent que le média restera piloté par la même équipe, dans des conditions de fonctionnement similaires à l’existant. « Chaque média conservera son identité et son approche éditoriale », promettent-ils, tout en expliquant que Clubic profitera des compétences déjà développées par Humanoid autour de la vidéo et des usages sociaux. « Notre objectif est clair : s’appuyer sur ce savoir-faire pour renforcer la présence de Clubic au-delà du site, sans dénaturer ce qui fait sa voix ».

« Enfin, l’ambition sur les tests, les comparateurs et les services va clairement monter d’un cran. C’est un axe fort de notre rapprochement, à savoir enrichir et développer ces contenus, notamment dans les télécoms, les équipements et les services numériques, pour rester au plus près de vos besoins réels. », écrivent-ils encore.

Massifier les audiences face aux risques de marché

Cette logique de recommandation de services ou de « bons plans », monétisée grâce à des systèmes d’affiliation (le média est rétribué à la commission quand un internaute achète un produit par l’intermédiaire d’une de ses publications), est historiquement l’un des piliers économiques de Clubic, aux côtés des formes plus traditionnelles de publicité (bannières, habillages, articles sponsorisés).

Clubic avait repris son indépendance en 2018 à l’occasion d’un rachat orchestré par deux cadres du site et deux des cofondateurs qui l’avaient vendu à M6 dix ans plus tôt. Basé à Lyon, le site a réalisé en 2024 environ 320 000 euros de résultat net à partir d’un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, en léger recul sur un an. Humanoid se révèle aussi une machine lucrative, puisqu’en 2024, la filiale d’Ebra a totalisé 7,58 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour 1 million d’euros de résultat net.

La consolidation, et la massification des audiences qui en découle, sont présentées comme un moyen d’assurer une trajectoire de développement positive, dans un contexte de chamboulements structurels pour les médias, notamment touchés par l’évolution des modes de consommation de l’information. « On va partager nos compétences, nos bonnes pratiques, et soyons honnêtes, nos échecs aussi pour ne pas les reproduire. Et face aux plateformes américaines et aux bouleversements de l’IA, rester isolé est dangereux. En nous regroupant, nous construisons un groupe média solide, capable d’investir dans la qualité plutôt que dans le clic facile », conclut Ulrich Rozier, cofondateur et directeur de la publication de FrAndroid.

Un paysage tech de plus en plus concentré

Jusqu’ici, c’est le groupe d’origine suisse Keleops AG qui revendiquait la place de numéro un sur le marché français, en s’appuyant précisément sur les chiffres cités par Ebra dans sa communication. Construit à coup d’opérations de croissance externe, Keleops détient en effet quelques marques fortes, avec 01net (le site, pas le magazine papier, liquidé en 2025), Journal du Geek, Presse Citron et iPhon, ainsi que Gizmodo et Kotaku outre -Atlantique. Le groupe joue lui aussi la carte de la complémentarité entre ses marques, et décline auprès de ses clients annonceurs une palette d’outils publicitaires basée sur le triptyque affiliation, display (bannières) et brand content (contenus sponsorisés).

Derrière ces deux leaders revendiqués (en audience), qui reste-t-il ? Un temps passé par le groupe TF1, le spécialiste historique du test et de la recommandation produit Les Numériques fait depuis 2022 partie du large portefeuille de marques du groupe Reworld Media.

Le groupe Galaxie Media, qui édite notamment Tom’s Guide et Tom’s Hardware France, fait toujours figure d’indépendant, mais les chiffres consultés par Next font état d’une trajectoire descendante, confirmée par la cession, actée fin 2022, de ses marques Phonandroid et Papergeek à CCM Benchmark. Cette filiale du groupe Figaro opère sur un univers bien plus diversifié que la tech, mais elle agrège tout de même, elle aussi, des audiences significatives sur le secteur grâce à ses médias, dont le JDN ou L’Internaute, et ses services (Ariase, DegroupTest et d’autres).

Arrivent ensuite les indépendants. Dans le lot, on peut bien sûr citer MacG, qui a récemment lancé un appel à soutien, entendu par ses lecteurs, et cultive un modèle économique hybride basé sur un mélange d’abonnement, de publicité, et de vente de contenus ou de services. La scène plus spécifiquement hardware, marquée par la transformation de quelques marques historiques en sites zombies générés par IA, compte elle aussi quelques projets qui se maintiennent, comme Cowcotland ou Comptoir du Hardware, ou se développent, à l’image de HardwareandCo, fondé par quelques déçus du précédent.

Et puis il y a Next, bien sûr, qui cultive son sillon à contre-courant, mais c’est une autre histoire 😉

NB : l’auteur de cet article a été journaliste pour Clubic entre 2006 et 2016.

☕️ Microsoft publie son outil de développement Winapp CLI en preview

23 janvier 2026 à 07:29

Microsoft a publié jeudi une première version de test publique (public preview) d’un nouvel outil baptisé Windows App Development CLI, abrégé en Winapp. Adressé aux développeurs d’applications Windows, il permet de travailler en ligne de commande en disposant d’un accès direct et simplifié aux interfaces de programmation et composants nécessaires au fonctionnement sur l’OS de Microsoft. « Cet outil comble le fossé entre le développement multiplateforme et les capacités natives de Windows », promet l’éditeur sur le Github dédié au projet.

« L’interface Winapp est spécialement conçue pour les frameworks multiplateformes et les développeurs travaillant en dehors de Visual Studio ou MSBuild. Que vous soyez un développeur web utilisant Electron, un développeur C++ expérimenté avec CMake, ou un développeur .NET, Rust ou Dart créant des applications pour Windows, l’interface de ligne de commande simplifie les complexités du développement Windows, de la configuration de votre environnement à la création des packages pour la distribution », détaille encore Microsoft dans un billet d’annonce.

Microsoft a publié le 22 janvier la préversion de winapp CLI

Entre autres avantages, l’éditeur met par exemple en avant la rapidité de mise en oeuvre d’un nouveau projet, avec la commande init qui permet de configurer automatiquement l’environnement, télécharger les paquets nécessaires, etc. Ou la simplicité de gestion des identités Windows grâce à l’intégration, en une ligne, de Package Identity, le composant qui sous tend la plupart des API du système.

Le projet, publié sous licence MIT, est ouvert à la fois aux contributions tierces et aux retours des utilisateurs.

☕️ Microsoft publie son outil de développement Winapp CLI en preview

23 janvier 2026 à 07:29

Microsoft a publié jeudi une première version de test publique (public preview) d’un nouvel outil baptisé Windows App Development CLI, abrégé en Winapp. Adressé aux développeurs d’applications Windows, il permet de travailler en ligne de commande en disposant d’un accès direct et simplifié aux interfaces de programmation et composants nécessaires au fonctionnement sur l’OS de Microsoft. « Cet outil comble le fossé entre le développement multiplateforme et les capacités natives de Windows », promet l’éditeur sur le Github dédié au projet.

« L’interface Winapp est spécialement conçue pour les frameworks multiplateformes et les développeurs travaillant en dehors de Visual Studio ou MSBuild. Que vous soyez un développeur web utilisant Electron, un développeur C++ expérimenté avec CMake, ou un développeur .NET, Rust ou Dart créant des applications pour Windows, l’interface de ligne de commande simplifie les complexités du développement Windows, de la configuration de votre environnement à la création des packages pour la distribution », détaille encore Microsoft dans un billet d’annonce.

Microsoft a publié le 22 janvier la préversion de winapp CLI

Entre autres avantages, l’éditeur met par exemple en avant la rapidité de mise en oeuvre d’un nouveau projet, avec la commande init qui permet de configurer automatiquement l’environnement, télécharger les paquets nécessaires, etc. Ou la simplicité de gestion des identités Windows grâce à l’intégration, en une ligne, de Package Identity, le composant qui sous tend la plupart des API du système.

Le projet, publié sous licence MIT, est ouvert à la fois aux contributions tierces et aux retours des utilisateurs.

Reçu — 22 janvier 2026 Actualités numériques

Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?

22 janvier 2026 à 17:10
28 jours plus tard
Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?

Après le Venezuela, l’escalade déclenchée par Donald Trump autour du Groenland fait redouter à certains l’exercice d’un moyen de pression sans précédent : l’interruption des principaux services numériques émanant d’entreprises ou d’organisations placées sous l’autorité des États-Unis.

Groenland oblige, on a vu revenir, sur les réseaux sociaux, l’hypothèse d’un Donald Trump furibard qui, lassé des protestations de l’Union européenne, appuierait sur le kill switch des services numériques états-uniens. Et nous priverait donc, braves Européens que nous sommes, de nos outils bureautiques, de nos moteurs de recherche et de nos réseaux sociaux.

L’hypothèse se double depuis lundi d’un autre scénario en forme de réponse du berger à la bergère : celui d’une privation, volontaire cette fois, que l’Europe pourrait décider en vertu d’un dispositif réglementaire entré en vigueur en décembre 2023, l’Instrument anti-coercition (ACI, pour Anti-Coercion Instrument).

Quel que soit le côté depuis lequel s’exerce la tentative de chantage, il parait peu plausible que les mesures de rétorsion aillent jusqu’à une interruption complète de services en ligne, ou d’approvisionnement en équipements de pointe. Mais, nous aurait-il paru réaliste il y a 24 mois que les États-Unis déclarent publiquement envisager l’option militaire pour prendre le contrôle d’un territoire souverain, administré par un pays ami de l’OTAN ?

Quand les fluctuations de l’actualité gagnent en amplitude dans de telles proportions, il est permis (et même conseillé) d’interroger les scénarios extrêmes.

Début 2025, le déclenchement, par Donald Trump, de la guerre des droits de douane nous avait conduit à nous demander s’il était possible de boycotter la tech américaine. Début 2026, il convient peut-être de se poser la question en des termes différents : risque-t-on de se trouver privés de tech américaine ?

Dire qu’il aurait suffi d’un Nobel

Rappel pour les retardataires : après une extraction en forme de coup d’État au Venezuela, c’est donc le Groenland que lorgne Donald Trump, à la fois pour sa proximité géographique avec les États-Unis, et pour les immenses réserves foncières, géologiques et énergétiques que représente ce territoire de 2,17 millions de km².

Trump a multiplié les sorties publiques au sujet du Groenland ces derniers jours, et plusieurs pays européens, dont la France, ont en réaction envoyé quelques troupes d’élite sur place, afin de montrer leur soutien au Danemark et leur détermination à ne pas laisser passer un acte offensif.

Samedi 17 janvier, le locataire de la Maison-Blanche a répondu en annonçant l’introduction de nouveaux droits de douane : à compter du 1er février 2026, les exportations de la France, du Royaume-Uni, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, des Pays-Bas et de l’Allemagne seront ainsi frappées par une taxe de 10 %, qui sera ensuite relevée à 25 % au 1er juin. « Ces droits de douane resteront applicables et payables jusqu’à la conclusion d’un accord portant sur l’achat complet et total du Groenland », promet Trump.

Comme si cette annonce ne suffisait pas, le président des États-Unis a franchi un nouveau cap dans la provocation dimanche, en laissant circuler un courrier adressé par ses soins au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre. « Cher Jonas, puisque votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, même si elle restera toujours ma priorité », y écrit Trump.

Alors que les jets privés du monde entier commencent à converger vers le Forum économique mondial de Davos, la tension est depuis encore montée d’un cran. Pour punir la France, dont le président a publiquement déclaré qu’il refusait de s’asseoir au Conseil de paix imaginé par Trump comme une alternative plus facile à manier que l’ONU, le président des États-Unis a par exemple menacé d’une surtaxe à l’importation de 200 % sur les vins hexagonaux.

Mercredi 21 janvier, les leaders politiques et économiques du monde moderne, réels ou supposés, sont donc réunis à Davos, et la cacophonie monte encore d’un cran. Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, marque des points dans les médias européens en appelant le Vieux Continent à s’affirmer devant Donald Trump et à le frapper à la figure si nécessaire pour le faire reculer sur la question du Groenland.

Une petite avarie électrique à bord d’Air Force One a retardé Trump, mais lui aussi arrive à Davos mercredi. Dans son discours officiel, très critique vis-à-vis de la vieille Europe, il réaffirme sa détermination à acquérir le Groenland, mais exclut, au moins pour l’instant, l’usage de la force.

Si les nuages de la guerre armée s’éloignent, quels sont donc les moyens de pression qu’envisage l’homme d’affaires devenu chef d’État ?

Des limites de la guerre commerciale

Pour les États souverains qu’il ne peut pas se permettre de traiter comme le Venezuela, la guerre commerciale à base d’interdictions et de droits de douane est le principal levier employé par Donald Trump. Le problème de cette lame, efficace même si elle dépasse les prérogatives du président, comme le souligne Hugo Toudic, c’est qu’elle est à double tranchant.

Comme nous le détaillions il y a un an, les États-Unis et l’Europe entretiennent en effet une balance commerciale globalement équilibrée. En 2023, les échanges représentent un total de 1 600 milliards d’euros, qui se répartissent entre biens et services.

Sur le volet des biens, la balance commerciale de l’Europe est excédentaire : le Vieux Continent exporte 503 milliards d’euros de marchandises vers les États-Unis, et en importe 347 milliards d’euros. La situation s’inverse quand on regarde les services : l’Union européenne exporte l’équivalent de 319 milliards d’euros vers les États-Unis, alors que ces derniers génèrent 427 milliards d’euros à partir du marché européen.

Les masses ne sont pas identiques, mais il n’existe pas de déséquilibre patent qui constituerait un moyen de pression absolu. D’autant que les deux côtés de l’Atlantique sont des terres d’investissements croisés, avec d’importants flux bilatéraux de capitaux.

Chacune des deux parties essaie d’ailleurs de jouer sur les positions dominantes de l’autre. Ainsi, l’Europe regarde comment taxer plus efficacement les flux financiers qui traversent l’Atlantique en direction des géants du numérique. En face, la politique de droits de douane de Trump cible en premier lieu l’acier allemand ou les vins français quand il est question d’engager un bras de fer. Mais sur ces dossiers, on crée simplement de la friction : on n’enraye pas totalement la machine.

Les États-Unis peuvent-ils couper leurs services numériques en Europe ?

Si le bras de fer dure trop longtemps, on s’épuise, et Trump n’aime pas particulièrement gagner à l’usure, il préfère la blitzkrieg. D’où cette idée, inconcevable il y a seulement un an, d’un président qui déciderait de couper l’Europe de certains services numériques ou technologiques vitaux : les équipements de cœur de réseau, le Web en .com, Windows, les réseaux sociaux, pourquoi pas l’iPhone, Gmail, Hotmail, Netflix ou ChatGPT. Le cloud d’AWS peut-être, dont les interruptions de service paralysent Internet ? Ou les CDN comme Akamai et Cloudflare, qui assurent la desserte vers d’innombrables services français ou européens.

Trump peut-il le faire, au sens politique du terme ? Les premiers mois de son deuxième mandat ont montré qu’il ne s’embarrassait ni de scrupules, ni du Congrès, alors pourquoi pas…

« Trump n’a aucune limite. Son arme majeure : le numérique (Microsoft etc) et les systèmes de paiements (Mastercard, visa, Apple Pay…) Il peut tout couper. Il l’a déjà fait », s’alarme (sur X) Aurore Lalucq (Place publique), Présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

L’exemple n’est pas choisi au hasard. Il fait directement référence à l’expérience vécue par le juge Nicolas Guillou, de la Cour pénale internationale, qui a fait l’objet de sanctions prononcées par les États-Unis et s’est vu privé de sa boîte mail ou de ses moyens de paiement. Ce dernier alertait justement mardi sur la façon dont cette dépendance se transforme en vassalisation dès lors que « du jour au lendemain, vous pouvez vous retrouver banni du numérique de votre propre pays ».

Trump peut-il tout couper, au sens technique du terme cette fois ? Mardi, un vrai ou faux de Radio France s’est attaché à démontrer, rapport de la Banque centrale européenne à l’appui, que si Visa et Mastercard disposent d’une position oligopolistique sur le marché des systèmes de paiement, il existe des alternatives européennes. De la même façon, couper l’accès au .com ou aux DNS basés aux États-Unis (voir notre dossier mode d’emploi d’Internet) ne figerait pas d’un seul coup le navigateur de 450 millions d’Européens. Mais ce serait à coup sûr « a major pain in the ass », pour emprunter au langage fleuri de Donald Trump.

L’Europe pourrait-elle rétorquer ?

L’Europe dispose-t-elle d’un potentiel de privation comparable ? S’il existe dans le monde technologique quelques secteurs bien précis qui dépendent exclusivement d’une compétence européenne (on pense par exemple à ASML, premier et unique producteur des machines nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs de pointe), la réponse est globalement non. Le numérique européen regorge de sociétés, de services et de produits absolument brillants, mais leur taux de pénétration est sans commune mesure avec celui de la tech américaine, devenue littéralement pervasive dans notre quotidien.

Ce n’est guère plus brillant d’un point de vue politique ou législatif. Plusieurs politiques ont brandi dans les médias ces derniers jours la nécessité d’activer de façon préventive l’ACI, l’instrument anti-coercition européen, évoqué notamment par Emmanuel Macron dimanche en réponse à une énième provocation de Trump. Entré en vigueur le 27 décembre 2023 suite à l’adoption du texte dédié, ce dispositif définit le cadre d’action de l’Union européenne en cas de coercition économique à l’encontre de tout ou partie de ses membres.

C’est un outil puissant, puisqu’il autorise par exemple l’Union européenne à restreindre l’import-export, les droits de propriété intellectuelle, les investissements étrangers ou l’accès aux marchés publics. C’est en revanche un outil fastidieux à mettre en œuvre. « La décision de recourir à l’instrument anti-coercition doit être adoptée par le Conseil à la majorité qualifiée », rappelle par exemple Vie publique. Il n’est donc pas dit qu’il soit efficace face à un décret signé de façon impulsive dans le Bureau ovale…

Le « 28 jours plus tard » de la tech

Le risque parait faible, mais admettons que Trump aille plus loin. Imaginons qu’Intel, Qualcomm, AMD, NVIDIA, Cisco, Broadcom, Apple et tous les autres fournisseurs américains de semi-conducteurs activent d’un seul coup, sans crier gare, les portes dérobées qui leur permettent de désactiver à distance nos appareils. Imaginons que Microsoft, Google, Amazon, Meta, mais aussi IBM, ServiceNow, Salesforce, Oracle, VMware, Shopify, Stripe, Adobe, Infosys, Brocade, Juniper, Rackspace, HashiCorp et une infinité d’autres coupent simultanément leurs services aux Européens.

C’est le scénario d’un livre blanc collaboratif proposé à discussion depuis quelques jours par Genma de l’association Framasoft. Un document partagé dresse déjà le panorama des dégâts potentiels, avec des effets en cascade virtuellement infinis. Le projet se veut un outil de sensibilisation :

« Ce livre blanc explore un scénario volontairement radical mais techniquement plausible : les États-Unis coupent l’accès aux services numériques américains pour l’Europe (cloud, plateformes, identités, CDN, services associés). L’objectif n’est ni la peur, ni l’idéologie, mais la lucidité : Comprendre ce qui tomberait réellement.  Identifier ce qui continuerait à fonctionner. Mettre en lumière les dépendances invisibles. Aider citoyens, DSI et décideurs à se préparer sérieusement. »

On reproche parfois au courant survivaliste son anticipation presque paranoïaque du pire… mais il arrive que le pire survienne. La population iranienne sait par exemple très bien qu’on peut couper de façon autoritaire l’accès à Internet à l’échelle d’un pays pendant plus de deux semaines.

« Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne. », déclarait Emmanuel Macron le 17 janvier dernier. Reste à savoir comment. Un sommet exceptionnel doit justement réunir les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres jeudi soir à Bruxelles.

Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?

22 janvier 2026 à 17:10
28 jours plus tard
Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?

Après le Venezuela, l’escalade déclenchée par Donald Trump autour du Groenland fait redouter à certains l’exercice d’un moyen de pression sans précédent : l’interruption des principaux services numériques émanant d’entreprises ou d’organisations placées sous l’autorité des États-Unis.

Groenland oblige, on a vu revenir, sur les réseaux sociaux, l’hypothèse d’un Donald Trump furibard qui, lassé des protestations de l’Union européenne, appuierait sur le kill switch des services numériques états-uniens. Et nous priverait donc, braves Européens que nous sommes, de nos outils bureautiques, de nos moteurs de recherche et de nos réseaux sociaux.

L’hypothèse se double depuis lundi d’un autre scénario en forme de réponse du berger à la bergère : celui d’une privation, volontaire cette fois, que l’Europe pourrait décider en vertu d’un dispositif réglementaire entré en vigueur en décembre 2023, l’Instrument anti-coercition (ACI, pour Anti-Coercion Instrument).

Quel que soit le côté depuis lequel s’exerce la tentative de chantage, il parait peu plausible que les mesures de rétorsion aillent jusqu’à une interruption complète de services en ligne, ou d’approvisionnement en équipements de pointe. Mais, nous aurait-il paru réaliste il y a 24 mois que les États-Unis déclarent publiquement envisager l’option militaire pour prendre le contrôle d’un territoire souverain, administré par un pays ami de l’OTAN ?

Quand les fluctuations de l’actualité gagnent en amplitude dans de telles proportions, il est permis (et même conseillé) d’interroger les scénarios extrêmes.

Début 2025, le déclenchement, par Donald Trump, de la guerre des droits de douane nous avait conduit à nous demander s’il était possible de boycotter la tech américaine. Début 2026, il convient peut-être de se poser la question en des termes différents : risque-t-on de se trouver privés de tech américaine ?

Dire qu’il aurait suffi d’un Nobel

Rappel pour les retardataires : après une extraction en forme de coup d’État au Venezuela, c’est donc le Groenland que lorgne Donald Trump, à la fois pour sa proximité géographique avec les États-Unis, et pour les immenses réserves foncières, géologiques et énergétiques que représente ce territoire de 2,17 millions de km².

Trump a multiplié les sorties publiques au sujet du Groenland ces derniers jours, et plusieurs pays européens, dont la France, ont en réaction envoyé quelques troupes d’élite sur place, afin de montrer leur soutien au Danemark et leur détermination à ne pas laisser passer un acte offensif.

Samedi 17 janvier, le locataire de la Maison-Blanche a répondu en annonçant l’introduction de nouveaux droits de douane : à compter du 1er février 2026, les exportations de la France, du Royaume-Uni, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, des Pays-Bas et de l’Allemagne seront ainsi frappées par une taxe de 10 %, qui sera ensuite relevée à 25 % au 1er juin. « Ces droits de douane resteront applicables et payables jusqu’à la conclusion d’un accord portant sur l’achat complet et total du Groenland », promet Trump.

Comme si cette annonce ne suffisait pas, le président des États-Unis a franchi un nouveau cap dans la provocation dimanche, en laissant circuler un courrier adressé par ses soins au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre. « Cher Jonas, puisque votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, même si elle restera toujours ma priorité », y écrit Trump.

Alors que les jets privés du monde entier commencent à converger vers le Forum économique mondial de Davos, la tension est depuis encore montée d’un cran. Pour punir la France, dont le président a publiquement déclaré qu’il refusait de s’asseoir au Conseil de paix imaginé par Trump comme une alternative plus facile à manier que l’ONU, le président des États-Unis a par exemple menacé d’une surtaxe à l’importation de 200 % sur les vins hexagonaux.

Mercredi 21 janvier, les leaders politiques et économiques du monde moderne, réels ou supposés, sont donc réunis à Davos, et la cacophonie monte encore d’un cran. Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, marque des points dans les médias européens en appelant le Vieux Continent à s’affirmer devant Donald Trump et à le frapper à la figure si nécessaire pour le faire reculer sur la question du Groenland.

Une petite avarie électrique à bord d’Air Force One a retardé Trump, mais lui aussi arrive à Davos mercredi. Dans son discours officiel, très critique vis-à-vis de la vieille Europe, il réaffirme sa détermination à acquérir le Groenland, mais exclut, au moins pour l’instant, l’usage de la force.

Si les nuages de la guerre armée s’éloignent, quels sont donc les moyens de pression qu’envisage l’homme d’affaires devenu chef d’État ?

Des limites de la guerre commerciale

Pour les États souverains qu’il ne peut pas se permettre de traiter comme le Venezuela, la guerre commerciale à base d’interdictions et de droits de douane est le principal levier employé par Donald Trump. Le problème de cette lame, efficace même si elle dépasse les prérogatives du président, comme le souligne Hugo Toudic, c’est qu’elle est à double tranchant.

Comme nous le détaillions il y a un an, les États-Unis et l’Europe entretiennent en effet une balance commerciale globalement équilibrée. En 2023, les échanges représentent un total de 1 600 milliards d’euros, qui se répartissent entre biens et services.

Sur le volet des biens, la balance commerciale de l’Europe est excédentaire : le Vieux Continent exporte 503 milliards d’euros de marchandises vers les États-Unis, et en importe 347 milliards d’euros. La situation s’inverse quand on regarde les services : l’Union européenne exporte l’équivalent de 319 milliards d’euros vers les États-Unis, alors que ces derniers génèrent 427 milliards d’euros à partir du marché européen.

Les masses ne sont pas identiques, mais il n’existe pas de déséquilibre patent qui constituerait un moyen de pression absolu. D’autant que les deux côtés de l’Atlantique sont des terres d’investissements croisés, avec d’importants flux bilatéraux de capitaux.

Chacune des deux parties essaie d’ailleurs de jouer sur les positions dominantes de l’autre. Ainsi, l’Europe regarde comment taxer plus efficacement les flux financiers qui traversent l’Atlantique en direction des géants du numérique. En face, la politique de droits de douane de Trump cible en premier lieu l’acier allemand ou les vins français quand il est question d’engager un bras de fer. Mais sur ces dossiers, on crée simplement de la friction : on n’enraye pas totalement la machine.

Les États-Unis peuvent-ils couper leurs services numériques en Europe ?

Si le bras de fer dure trop longtemps, on s’épuise, et Trump n’aime pas particulièrement gagner à l’usure, il préfère la blitzkrieg. D’où cette idée, inconcevable il y a seulement un an, d’un président qui déciderait de couper l’Europe de certains services numériques ou technologiques vitaux : les équipements de cœur de réseau, le Web en .com, Windows, les réseaux sociaux, pourquoi pas l’iPhone, Gmail, Hotmail, Netflix ou ChatGPT. Le cloud d’AWS peut-être, dont les interruptions de service paralysent Internet ? Ou les CDN comme Akamai et Cloudflare, qui assurent la desserte vers d’innombrables services français ou européens.

Trump peut-il le faire, au sens politique du terme ? Les premiers mois de son deuxième mandat ont montré qu’il ne s’embarrassait ni de scrupules, ni du Congrès, alors pourquoi pas…

« Trump n’a aucune limite. Son arme majeure : le numérique (Microsoft etc) et les systèmes de paiements (Mastercard, visa, Apple Pay…) Il peut tout couper. Il l’a déjà fait », s’alarme (sur X) Aurore Lalucq (Place publique), Présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

L’exemple n’est pas choisi au hasard. Il fait directement référence à l’expérience vécue par le juge Nicolas Guillou, de la Cour pénale internationale, qui a fait l’objet de sanctions prononcées par les États-Unis et s’est vu privé de sa boîte mail ou de ses moyens de paiement. Ce dernier alertait justement mardi sur la façon dont cette dépendance se transforme en vassalisation dès lors que « du jour au lendemain, vous pouvez vous retrouver banni du numérique de votre propre pays ».

Trump peut-il tout couper, au sens technique du terme cette fois ? Mardi, un vrai ou faux de Radio France s’est attaché à démontrer, rapport de la Banque centrale européenne à l’appui, que si Visa et Mastercard disposent d’une position oligopolistique sur le marché des systèmes de paiement, il existe des alternatives européennes. De la même façon, couper l’accès au .com ou aux DNS basés aux États-Unis (voir notre dossier mode d’emploi d’Internet) ne figerait pas d’un seul coup le navigateur de 450 millions d’Européens. Mais ce serait à coup sûr « a major pain in the ass », pour emprunter au langage fleuri de Donald Trump.

L’Europe pourrait-elle rétorquer ?

L’Europe dispose-t-elle d’un potentiel de privation comparable ? S’il existe dans le monde technologique quelques secteurs bien précis qui dépendent exclusivement d’une compétence européenne (on pense par exemple à ASML, premier et unique producteur des machines nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs de pointe), la réponse est globalement non. Le numérique européen regorge de sociétés, de services et de produits absolument brillants, mais leur taux de pénétration est sans commune mesure avec celui de la tech américaine, devenue littéralement pervasive dans notre quotidien.

Ce n’est guère plus brillant d’un point de vue politique ou législatif. Plusieurs politiques ont brandi dans les médias ces derniers jours la nécessité d’activer de façon préventive l’ACI, l’instrument anti-coercition européen, évoqué notamment par Emmanuel Macron dimanche en réponse à une énième provocation de Trump. Entré en vigueur le 27 décembre 2023 suite à l’adoption du texte dédié, ce dispositif définit le cadre d’action de l’Union européenne en cas de coercition économique à l’encontre de tout ou partie de ses membres.

C’est un outil puissant, puisqu’il autorise par exemple l’Union européenne à restreindre l’import-export, les droits de propriété intellectuelle, les investissements étrangers ou l’accès aux marchés publics. C’est en revanche un outil fastidieux à mettre en œuvre. « La décision de recourir à l’instrument anti-coercition doit être adoptée par le Conseil à la majorité qualifiée », rappelle par exemple Vie publique. Il n’est donc pas dit qu’il soit efficace face à un décret signé de façon impulsive dans le Bureau ovale…

Le « 28 jours plus tard » de la tech

Le risque parait faible, mais admettons que Trump aille plus loin. Imaginons qu’Intel, Qualcomm, AMD, NVIDIA, Cisco, Broadcom, Apple et tous les autres fournisseurs américains de semi-conducteurs activent d’un seul coup, sans crier gare, les portes dérobées qui leur permettent de désactiver à distance nos appareils. Imaginons que Microsoft, Google, Amazon, Meta, mais aussi IBM, ServiceNow, Salesforce, Oracle, VMware, Shopify, Stripe, Adobe, Infosys, Brocade, Juniper, Rackspace, HashiCorp et une infinité d’autres coupent simultanément leurs services aux Européens.

C’est le scénario d’un livre blanc collaboratif proposé à discussion depuis quelques jours par Genma de l’association Framasoft. Un document partagé dresse déjà le panorama des dégâts potentiels, avec des effets en cascade virtuellement infinis. Le projet se veut un outil de sensibilisation :

« Ce livre blanc explore un scénario volontairement radical mais techniquement plausible : les États-Unis coupent l’accès aux services numériques américains pour l’Europe (cloud, plateformes, identités, CDN, services associés). L’objectif n’est ni la peur, ni l’idéologie, mais la lucidité : Comprendre ce qui tomberait réellement.  Identifier ce qui continuerait à fonctionner. Mettre en lumière les dépendances invisibles. Aider citoyens, DSI et décideurs à se préparer sérieusement. »

On reproche parfois au courant survivaliste son anticipation presque paranoïaque du pire… mais il arrive que le pire survienne. La population iranienne sait par exemple très bien qu’on peut couper de façon autoritaire l’accès à Internet à l’échelle d’un pays pendant plus de deux semaines.

« Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne. », déclarait Emmanuel Macron le 17 janvier dernier. Reste à savoir comment. Un sommet exceptionnel doit justement réunir les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres jeudi soir à Bruxelles.

☕️ Microsoft porte l’app Xbox sur la version Arm de Windows et promet 85 % du Game Pass

22 janvier 2026 à 14:56

Un atout de poids pour le succès des PC Copilot+ équipés en processeurs Qualcomm ? Microsoft a annoncé mercredi la prise en charge officielle de l’application Xbox sur les PC Windows équipés d’un processeur à architecture Arm. Cette dernière ouvre donc la voie au support des jeux vidéo contenus dans le Game Pass, l’abonnement mensuel commercialisé par l’éditeur.

À ce niveau, Microsoft affirme que « plus de 85 % » du catalogue du Game Pass est compatible avec les PC Windows on Arm.

Ce sont notamment les progrès récents réalisés par l’émulateur maison Prism qui sous-tendent cette prise en charge étendue : depuis décembre, celui-ci sait en effet gérer les instructions AVX (Advanced Vector Extensions) et AVX2, indispensables au bon fonctionnement de certains jeux et applications.

Fortnite sur un PC équipé d’une puce Arm, c’est possible via l’app Xbox – crédit Microsoft

Outre les jeux, Microsoft signale également le support de certains systèmes anti-triches tels que celui d’Epic (Epic Anti-Cheat, ou EAC), indispensable pour accéder aux fonctionnalités en ligne de titres tels que Fortnite. Cette disponibilité ne constitue pas réellement un avantage concurrentiel par rapport à d’autres environnements (EAC est disponible sur Linux, dont SteamDeck, ou macOS depuis 2021), mais elle participe à la promesse d’une expérience de jeu complète selon Microsoft, qui renvoie vers son offre Xbox Cloud Gaming pour les titres non pris en charge.

« En collaboration avec Xbox et nos partenaires, nous continuerons à travailler pour proposer au fil du temps encore plus de titres sur les PC Windows 11 équipés de processeurs Arm », promet l’éditeur.

☕️ Microsoft porte l’app Xbox sur la version Arm de Windows et promet 85 % du Game Pass

22 janvier 2026 à 14:56

Un atout de poids pour le succès des PC Copilot+ équipés en processeurs Qualcomm ? Microsoft a annoncé mercredi la prise en charge officielle de l’application Xbox sur les PC Windows équipés d’un processeur à architecture Arm. Cette dernière ouvre donc la voie au support des jeux vidéo contenus dans le Game Pass, l’abonnement mensuel commercialisé par l’éditeur.

À ce niveau, Microsoft affirme que « plus de 85 % » du catalogue du Game Pass est compatible avec les PC Windows on Arm.

Ce sont notamment les progrès récents réalisés par l’émulateur maison Prism qui sous-tendent cette prise en charge étendue : depuis décembre, celui-ci sait en effet gérer les instructions AVX (Advanced Vector Extensions) et AVX2, indispensables au bon fonctionnement de certains jeux et applications.

Fortnite sur un PC équipé d’une puce Arm, c’est possible via l’app Xbox – crédit Microsoft

Outre les jeux, Microsoft signale également le support de certains systèmes anti-triches tels que celui d’Epic (Epic Anti-Cheat, ou EAC), indispensable pour accéder aux fonctionnalités en ligne de titres tels que Fortnite. Cette disponibilité ne constitue pas réellement un avantage concurrentiel par rapport à d’autres environnements (EAC est disponible sur Linux, dont SteamDeck, ou macOS depuis 2021), mais elle participe à la promesse d’une expérience de jeu complète selon Microsoft, qui renvoie vers son offre Xbox Cloud Gaming pour les titres non pris en charge.

« En collaboration avec Xbox et nos partenaires, nous continuerons à travailler pour proposer au fil du temps encore plus de titres sur les PC Windows 11 équipés de processeurs Arm », promet l’éditeur.

Aux États-Unis, un juge refuse (pour l’instant) que le FBI fouille le téléphone d’une journaliste

22 janvier 2026 à 13:44
Émois au pays du Premier amendement
Aux États-Unis, un juge refuse (pour l’instant) que le FBI fouille le téléphone d’une journaliste

Un juge fédéral a interdit mercredi aux forces de l’ordre de fouiller les appareils électroniques saisis au domicile d’une journaliste du Washington Post. Elle avait chroniqué, le 24 décembre dernier, comment les grandes purges lancées par l’administration Trump lui avaient valu d’entrer en contact avec une myriade de sources prêtes à en dénoncer les travers.

L’article, paru le 24 décembre dernier, a dû déclencher quelques grincements de dents du côté de la Maison-Blanche. Hannah Natanson, journaliste au Washington Post, y décrit, dans un récit écrit à la première personne, comment son compte Signal est progressivement devenu le réceptacle d’innombrables confidences de collaborateurs de l’administration Trump.

Elle reçoit des centaines de messages de sources internes

Elle y raconte avoir reçu jusqu’à plusieurs dizaines de messages dans la même journée, émanant d’employés d’agences fédérales. Beaucoup témoignent de leurs craintes ou de leur mal-être face aux bouleversements en cours, mais d’aucuns deviennent aussi lanceurs d’alerte pour signaler, entre autres, les actions expéditives du célèbre Doge (le Département pour l’efficacité gouvernementale), un temps piloté par Elon Musk avant de tomber en disgrâce.

Hannah Natanson, qui ne suivait pas particulièrement l’actualité du Doge au départ, relate comment cette avalanche de messages a chamboulé son année, de la soirée de Saint-Valentin flinguée par les notifications Signal jusqu’à la façon dont ses collègues du Washington Post et elle ont été amenés à publier certains scoops, précisément grâce à ces lanceurs d’alerte. L’article est émaillé d’anecdotes tantôt légères, tantôt dramatiques, à l’image de ce message d’une employée fédérale qui annonce vouloir mettre fin à ses jours.

Le FBI saisit son matériel informatique

Trois semaines plus tard, le Post tire publiquement la sonnette d’alarme : le quotidien, d’obédience plutôt démocrate et propriété de Jeff Bezos, annonce le 14 janvier que le FBI vient de perquisitionner le domicile d’Hannah Natanson et de saisir ses équipements informatiques dont deux ordinateurs portables (l’un étant propriété du journal), un smartphone, une montre GPS, un enregistreur vocal et un disque dur externe.

Renseignement pris, le Post affirme dans son article que cette perquisition est en lien avec une enquête relative à Aurelio Perez-Lugones, un administrateur système pour un sous-traitant du Pentagone. Accusé d’avoir consulté et emporté chez lui des rapports de renseignement classifiés, ce dernier aurait été arrêté alors qu’il était en train de rédiger un message à l’attention d’Hannah Natanson.

D’après un commentaire public de Donald Trump évoqué par CNN, la fuite en question concernait le coup de force en préparation au Venezuela, même si le président n’établit pas formellement le lien. Ce serait donc le risque de voir sortir cette opération classée secret défense, par ailleurs objet de spéculations sur Polymarket, qui aurait motivé cette perquisition.

« Il est exceptionnellement rare que les forces de l’ordre effectuent des perquisitions au domicile de journalistes. La réglementation fédérale, destinée à protéger la liberté de la presse, vise à empêcher le recours à des méthodes policières agressives contre les journalistes pour obtenir l’identité de leurs sources ou leurs informations », souligne le journal.

Le Reporters Committee for Freedom of the Press a dans la foulée initié une procédure en justice aux côtés du Post visant à interdire l’exploitation des matériels saisis chez la journaliste. L’association de défense de la liberté de la presse qualifie cette perquisition de première historique, dans la mesure où la journaliste a précisément reconnu qu’elle avait reçu de nombreux messages de sources :

« La saisie par le ministère de la Justice des appareils électroniques de Natanson lui donne accès à une mine d’informations, au-delà de ses communications avec la personne soupçonnée (…). Ceci pourrait compromettre des documents journalistiques sensibles. La situation est d’autant plus préoccupante que Natanson couvre la réforme du gouvernement fédéral. Ses appareils pourraient contenir de nombreuses communications avec des sources gouvernementales. »

Le juge met en pause la procédure

Dans sa procédure, le Post estime que « cette saisie intimide la liberté d’expression, paralyse le journalisme » et invoque sans surprise le Premier amendement pour demander la restitution immédiate des appareils électroniques confisqués. Faute de contradictoire avec le gouvernement ou le ministère de la Justice, le juge en charge a prononcé mercredi le gel de la procédure : le matériel d’Hannah Natanson reste aux mains des forces de l’ordre, mais sans que ces dernières soient autorisées à l’analyser.

La portée de l’affaire et les risques de remise en cause du Premier amendement qu’elle fait planer rappellent bien sûr la longue bataille judiciaire des États-Unis visant à faire condamner Julian Assange, qui s’était finalement conclue par un accord de plaider coupable en 2024.

Le dossier d’Hannah Natanson sera bientôt discuté au fond. Le gouvernement est en effet censé justifier par écrit son intervention avant le 28 janvier, en vue d’une première audition orale le 2 février.

Aux États-Unis, un juge refuse (pour l’instant) que le FBI fouille le téléphone d’une journaliste

22 janvier 2026 à 13:44
Émois au pays du Premier amendement
Aux États-Unis, un juge refuse (pour l’instant) que le FBI fouille le téléphone d’une journaliste

Un juge fédéral a interdit mercredi aux forces de l’ordre de fouiller les appareils électroniques saisis au domicile d’une journaliste du Washington Post. Elle avait chroniqué, le 24 décembre dernier, comment les grandes purges lancées par l’administration Trump lui avaient valu d’entrer en contact avec une myriade de sources prêtes à en dénoncer les travers.

L’article, paru le 24 décembre dernier, a dû déclencher quelques grincements de dents du côté de la Maison-Blanche. Hannah Natanson, journaliste au Washington Post, y décrit, dans un récit écrit à la première personne, comment son compte Signal est progressivement devenu le réceptacle d’innombrables confidences de collaborateurs de l’administration Trump.

Elle reçoit des centaines de messages de sources internes

Elle y raconte avoir reçu jusqu’à plusieurs dizaines de messages dans la même journée, émanant d’employés d’agences fédérales. Beaucoup témoignent de leurs craintes ou de leur mal-être face aux bouleversements en cours, mais d’aucuns deviennent aussi lanceurs d’alerte pour signaler, entre autres, les actions expéditives du célèbre Doge (le Département pour l’efficacité gouvernementale), un temps piloté par Elon Musk avant de tomber en disgrâce.

Hannah Natanson, qui ne suivait pas particulièrement l’actualité du Doge au départ, relate comment cette avalanche de messages a chamboulé son année, de la soirée de Saint-Valentin flinguée par les notifications Signal jusqu’à la façon dont ses collègues du Washington Post et elle ont été amenés à publier certains scoops, précisément grâce à ces lanceurs d’alerte. L’article est émaillé d’anecdotes tantôt légères, tantôt dramatiques, à l’image de ce message d’une employée fédérale qui annonce vouloir mettre fin à ses jours.

Le FBI saisit son matériel informatique

Trois semaines plus tard, le Post tire publiquement la sonnette d’alarme : le quotidien, d’obédience plutôt démocrate et propriété de Jeff Bezos, annonce le 14 janvier que le FBI vient de perquisitionner le domicile d’Hannah Natanson et de saisir ses équipements informatiques dont deux ordinateurs portables (l’un étant propriété du journal), un smartphone, une montre GPS, un enregistreur vocal et un disque dur externe.

Renseignement pris, le Post affirme dans son article que cette perquisition est en lien avec une enquête relative à Aurelio Perez-Lugones, un administrateur système pour un sous-traitant du Pentagone. Accusé d’avoir consulté et emporté chez lui des rapports de renseignement classifiés, ce dernier aurait été arrêté alors qu’il était en train de rédiger un message à l’attention d’Hannah Natanson.

D’après un commentaire public de Donald Trump évoqué par CNN, la fuite en question concernait le coup de force en préparation au Venezuela, même si le président n’établit pas formellement le lien. Ce serait donc le risque de voir sortir cette opération classée secret défense, par ailleurs objet de spéculations sur Polymarket, qui aurait motivé cette perquisition.

« Il est exceptionnellement rare que les forces de l’ordre effectuent des perquisitions au domicile de journalistes. La réglementation fédérale, destinée à protéger la liberté de la presse, vise à empêcher le recours à des méthodes policières agressives contre les journalistes pour obtenir l’identité de leurs sources ou leurs informations », souligne le journal.

Le Reporters Committee for Freedom of the Press a dans la foulée initié une procédure en justice aux côtés du Post visant à interdire l’exploitation des matériels saisis chez la journaliste. L’association de défense de la liberté de la presse qualifie cette perquisition de première historique, dans la mesure où la journaliste a précisément reconnu qu’elle avait reçu de nombreux messages de sources :

« La saisie par le ministère de la Justice des appareils électroniques de Natanson lui donne accès à une mine d’informations, au-delà de ses communications avec la personne soupçonnée (…). Ceci pourrait compromettre des documents journalistiques sensibles. La situation est d’autant plus préoccupante que Natanson couvre la réforme du gouvernement fédéral. Ses appareils pourraient contenir de nombreuses communications avec des sources gouvernementales. »

Le juge met en pause la procédure

Dans sa procédure, le Post estime que « cette saisie intimide la liberté d’expression, paralyse le journalisme » et invoque sans surprise le Premier amendement pour demander la restitution immédiate des appareils électroniques confisqués. Faute de contradictoire avec le gouvernement ou le ministère de la Justice, le juge en charge a prononcé mercredi le gel de la procédure : le matériel d’Hannah Natanson reste aux mains des forces de l’ordre, mais sans que ces dernières soient autorisées à l’analyser.

La portée de l’affaire et les risques de remise en cause du Premier amendement qu’elle fait planer rappellent bien sûr la longue bataille judiciaire des États-Unis visant à faire condamner Julian Assange, qui s’était finalement conclue par un accord de plaider coupable en 2024.

Le dossier d’Hannah Natanson sera bientôt discuté au fond. Le gouvernement est en effet censé justifier par écrit son intervention avant le 28 janvier, en vue d’une première audition orale le 2 février.

Ubisoft se scinde en cinq « maisons », annule six jeux, et annonce de nouveaux licenciements

22 janvier 2026 à 07:31
Sacrée journée !
Ubisoft se scinde en cinq « maisons », annule six jeux, et annonce de nouveaux licenciements

Ubisoft a dévoilé les grandes lignes de son plan de restructuration, basé sur l’articulation du groupe autour de cinq « maisons créatives » autonomes sur le plan stratégique. L’éditeur français annonce dans le même temps l’annulation de six jeux et la fermeture de deux studios dans le cadre d’un nouveau programme de réduction de coûts fixé à 200 millions d’euros sur deux ans. Un syndicat d’employés a immédiatement appelé à un débrayage pour contester ces mesures.

L’année à venir s’annonce mouvementée chez Ubisoft. L’éditeur français a en effet précisé (PDF), mercredi 21 janvier au soir, les contours du grand plan de restructuration qui fait suite à son accord stratégique avec Tencent, et doit lui permettre de renouer avec la croissance (et la rentabilité). Le chantier s’annonce dantesque : il suppose en effet la réorganisation totale du groupe, la révision de la feuille de route à trois ans, et un effort renforcé en matière de réduction des coûts.

D’un groupe unifié à cinq « maisons créatives »

L’annonce la plus structurante concerne la mise en place d’un nouveau modèle opérationnel, dans lequel le groupe Ubisoft s’efface au profit de cinq Creative Houses, présentées comme des « unités d’affaires intégrées regroupant désormais production et distribution ». Ces cinq maisons, qui se partagent le catalogue de licences d’Ubisoft, ont donc vocation à développer et commercialiser leurs propres projets, chacune disposant de ses propres équipes et de son propre compte de résultats.

La première de ces maisons avait été annoncée fin novembre. Baptisée Vantage Studio, elle compte le chinois Tencent comme actionnaire minoritaire, et prend en charge trois des licences les plus puissantes du groupe : Assassin’s Creed, Far Cry, et Tom Clancy’s Rainbow Six.

Cinq grandes maisons se partagent le trésor d’Ubisoft, ses licences

Les quatre autres maisons (ou filiales) se répartissent les autres univers d’Ubisoft, sur la base d’une approche thématique : les jeux de tir à dimension compétitive, les jeux « d’expériences Live ciblées et à forte identité » dont For Honor ou The Crew, les jeux à dimension narrative et immersive (une drôle de catégorie qui réunit aussi bien la stratégie d’un Anno que Rayman ou Beyond Good & Evil) et l’inévitable branche dédiée aux jeux dits casual. Ubisoft indique travailler actuellement au développement de quatre nouvelles marques, mais ne précise pas leur rattachement.

Dans ce nouveau modèle, la direction du groupe, récemment passée de Montreuil à Saint-Mandé (Val-de-Marne), reste en charge de la stratégie globale et de l’allocation du capital, tandis que différents services et fonctions support horizontaux sont censés sous-tendre le fonctionnement des cinq entités de création de jeux. « Cette nouvelle organisation entrera en fonctionnement début avril », affirme Ubisoft.

Une direction et cinq « maisons » soutenues par un réseau de studios, ainsi que des fonctions de production et de support – crédit Ubisoft

Une feuille de route à trois ans recentrée

Insuffler de tels changements, à plus forte raison dans un contexte de réduction des coûts, ne peut se faire sans impact sur la bonne marche des activités. Ubisoft indique donc avoir procédé, entre décembre et janvier, à la revue stratégique de ses projets.

En pratique, le groupe a taillé à la hache : il annonce ainsi l’annulation de six jeux, dont le remake de Prince of Persia The Sands of Time, et quatre jeux encore non annoncés, dont trois nouvelles licences et un jeu mobile.

Il repousse dans le même temps la sortie de sept autres titres.

Studios fermés, réduction de coûts et cinq jours de présence par semaine

Ubisoft dessine enfin les contours d’un nouveau tour de vis budgétaire avec l’annonce d’une troisième phase pour son plan de restructuration, qui vise à limiter les coûts de fonctionnement à hauteur de 200 millions d’euros sur deux ans (soit 100 millions d’euros par an, iso avec l’objectif déjà fixé pour la deuxième phase, qui sera « entièrement atteint » d’ici mars 2026).

« Ce nouvel objectif devrait ramener les coûts fixes totaux à environ 1,25 milliard d’euros sur une base annualisée d’ici mars 2028, contre 1,75 milliard d’euros en FY2022-23 », calcule l’éditeur, qui confirme la fermeture des studios de Stockholm et d’Halifax, et annonce des restructurations à Abu Dhabi, RedLynx et Massive.

Ubisoft ne chiffre pas l’impact de ces efforts sur sa masse salariale, mais il douche en revanche les espoirs des salariés adeptes du travail à distance, avec l’annonce d’un retour au présentiel cinq jours par semaine, complété tout de même « par un quota annuel de jours de télétravail ».

« Cette évolution vise à renforcer la collaboration, incluant un partage constant des connaissances, et la dynamique collective au sein des équipes. Dans un marché AAA durablement plus sélectif, la collaboration en présentiel constitue un levier clé d’efficacité, de créativité et de réussite collective », justifie Ubisoft, qui espère peut-être aussi favoriser des départs volontaires. Rappelons que le sujet avait déjà déclenché des tensions sociales fin 2024.

Perspectives financières : le retournement sera long

Réduction du pipeline de projets, licenciements, fermetures de studio… la restructuration aura logiquement un impact sur l’activité du groupe à l’échelle de l’exercice en cours. Ubisoft annonce à ce niveau une anticipation de net bookings (l’indicateur qui tient lieu de chiffre d’affaires hors éléments différés dans l’industrie du jeu vidéo) de 1,5 milliard d’euros pour l’exercice en cours, et une révision de 330 millions d’euros de ses perspectives de marge brute.

« Le recentrage du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme du Groupe, notamment sur les exercices 2026 et 2027, mais cette refonte renforcera Ubisoft et lui permettra de renouer avec une croissance durable et une génération de trésorerie robuste. Ubisoft entre dans une nouvelle phase, conçue pour reconquérir son leadership créatif et créer de la valeur durable pour les joueurs et les parties prenantes », résume l’éditeur.

Grève en vue chez les salariés

En attendant de connaître l’impact précis de ces mesures, la section Ubisoft Paris de Solidaires Informatique a immédiatement appelé les salariés du groupe à un débrayage jeudi matin, dénonçant des annonces « catastrophiques ».

Elle revendique l’arrêt du plan de restructuration, l’extension des conditions de télétravail et des augmentations « décentes » pour l’année en cours. « Ceci est une première réponse à l’absurdité des décisions managériale. D’autres mouvements de grève sont actuellement discutés. Il est hors de question de laisser un patron en roue libre démolir nos conditions de travail. Peut être faut il lui rappeler que ce sont ses salarié-es qui font les jeux ».

Tract de Solidaires Informatiques diffusé mercredi 21 janvier au soir sur Blueksy

Ubisoft se scinde en cinq « maisons », annule six jeux, et annonce de nouveaux licenciements

22 janvier 2026 à 07:31
Sacrée journée !
Ubisoft se scinde en cinq « maisons », annule six jeux, et annonce de nouveaux licenciements

Ubisoft a dévoilé les grandes lignes de son plan de restructuration, basé sur l’articulation du groupe autour de cinq « maisons créatives » autonomes sur le plan stratégique. L’éditeur français annonce dans le même temps l’annulation de six jeux et la fermeture de deux studios dans le cadre d’un nouveau programme de réduction de coûts fixé à 200 millions d’euros sur deux ans. Un syndicat d’employés a immédiatement appelé à un débrayage pour contester ces mesures.

L’année à venir s’annonce mouvementée chez Ubisoft. L’éditeur français a en effet précisé (PDF), mercredi 21 janvier au soir, les contours du grand plan de restructuration qui fait suite à son accord stratégique avec Tencent, et doit lui permettre de renouer avec la croissance (et la rentabilité). Le chantier s’annonce dantesque : il suppose en effet la réorganisation totale du groupe, la révision de la feuille de route à trois ans, et un effort renforcé en matière de réduction des coûts.

D’un groupe unifié à cinq « maisons créatives »

L’annonce la plus structurante concerne la mise en place d’un nouveau modèle opérationnel, dans lequel le groupe Ubisoft s’efface au profit de cinq Creative Houses, présentées comme des « unités d’affaires intégrées regroupant désormais production et distribution ». Ces cinq maisons, qui se partagent le catalogue de licences d’Ubisoft, ont donc vocation à développer et commercialiser leurs propres projets, chacune disposant de ses propres équipes et de son propre compte de résultats.

La première de ces maisons avait été annoncée fin novembre. Baptisée Vantage Studio, elle compte le chinois Tencent comme actionnaire minoritaire, et prend en charge trois des licences les plus puissantes du groupe : Assassin’s Creed, Far Cry, et Tom Clancy’s Rainbow Six.

Cinq grandes maisons se partagent le trésor d’Ubisoft, ses licences

Les quatre autres maisons (ou filiales) se répartissent les autres univers d’Ubisoft, sur la base d’une approche thématique : les jeux de tir à dimension compétitive, les jeux « d’expériences Live ciblées et à forte identité » dont For Honor ou The Crew, les jeux à dimension narrative et immersive (une drôle de catégorie qui réunit aussi bien la stratégie d’un Anno que Rayman ou Beyond Good & Evil) et l’inévitable branche dédiée aux jeux dits casual. Ubisoft indique travailler actuellement au développement de quatre nouvelles marques, mais ne précise pas leur rattachement.

Dans ce nouveau modèle, la direction du groupe, récemment passée de Montreuil à Saint-Mandé (Val-de-Marne), reste en charge de la stratégie globale et de l’allocation du capital, tandis que différents services et fonctions support horizontaux sont censés sous-tendre le fonctionnement des cinq entités de création de jeux. « Cette nouvelle organisation entrera en fonctionnement début avril », affirme Ubisoft.

Une direction et cinq « maisons » soutenues par un réseau de studios, ainsi que des fonctions de production et de support – crédit Ubisoft

Une feuille de route à trois ans recentrée

Insuffler de tels changements, à plus forte raison dans un contexte de réduction des coûts, ne peut se faire sans impact sur la bonne marche des activités. Ubisoft indique donc avoir procédé, entre décembre et janvier, à la revue stratégique de ses projets.

En pratique, le groupe a taillé à la hache : il annonce ainsi l’annulation de six jeux, dont le remake de Prince of Persia The Sands of Time, et quatre jeux encore non annoncés, dont trois nouvelles licences et un jeu mobile.

Il repousse dans le même temps la sortie de sept autres titres.

Studios fermés, réduction de coûts et cinq jours de présence par semaine

Ubisoft dessine enfin les contours d’un nouveau tour de vis budgétaire avec l’annonce d’une troisième phase pour son plan de restructuration, qui vise à limiter les coûts de fonctionnement à hauteur de 200 millions d’euros sur deux ans (soit 100 millions d’euros par an, iso avec l’objectif déjà fixé pour la deuxième phase, qui sera « entièrement atteint » d’ici mars 2026).

« Ce nouvel objectif devrait ramener les coûts fixes totaux à environ 1,25 milliard d’euros sur une base annualisée d’ici mars 2028, contre 1,75 milliard d’euros en FY2022-23 », calcule l’éditeur, qui confirme la fermeture des studios de Stockholm et d’Halifax, et annonce des restructurations à Abu Dhabi, RedLynx et Massive.

Ubisoft ne chiffre pas l’impact de ces efforts sur sa masse salariale, mais il douche en revanche les espoirs des salariés adeptes du travail à distance, avec l’annonce d’un retour au présentiel cinq jours par semaine, complété tout de même « par un quota annuel de jours de télétravail ».

« Cette évolution vise à renforcer la collaboration, incluant un partage constant des connaissances, et la dynamique collective au sein des équipes. Dans un marché AAA durablement plus sélectif, la collaboration en présentiel constitue un levier clé d’efficacité, de créativité et de réussite collective », justifie Ubisoft, qui espère peut-être aussi favoriser des départs volontaires. Rappelons que le sujet avait déjà déclenché des tensions sociales fin 2024.

Perspectives financières : le retournement sera long

Réduction du pipeline de projets, licenciements, fermetures de studio… la restructuration aura logiquement un impact sur l’activité du groupe à l’échelle de l’exercice en cours. Ubisoft annonce à ce niveau une anticipation de net bookings (l’indicateur qui tient lieu de chiffre d’affaires hors éléments différés dans l’industrie du jeu vidéo) de 1,5 milliard d’euros pour l’exercice en cours, et une révision de 330 millions d’euros de ses perspectives de marge brute.

« Le recentrage du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme du Groupe, notamment sur les exercices 2026 et 2027, mais cette refonte renforcera Ubisoft et lui permettra de renouer avec une croissance durable et une génération de trésorerie robuste. Ubisoft entre dans une nouvelle phase, conçue pour reconquérir son leadership créatif et créer de la valeur durable pour les joueurs et les parties prenantes », résume l’éditeur.

Grève en vue chez les salariés

En attendant de connaître l’impact précis de ces mesures, la section Ubisoft Paris de Solidaires Informatique a immédiatement appelé les salariés du groupe à un débrayage jeudi matin, dénonçant des annonces « catastrophiques ».

Elle revendique l’arrêt du plan de restructuration, l’extension des conditions de télétravail et des augmentations « décentes » pour l’année en cours. « Ceci est une première réponse à l’absurdité des décisions managériale. D’autres mouvements de grève sont actuellement discutés. Il est hors de question de laisser un patron en roue libre démolir nos conditions de travail. Peut être faut il lui rappeler que ce sont ses salarié-es qui font les jeux ».

Tract de Solidaires Informatiques diffusé mercredi 21 janvier au soir sur Blueksy
Reçu — 21 janvier 2026 Actualités numériques

☕️ Sony est prêt à transférer ses TV Bravia à une coentreprise contrôlée par TCL

21 janvier 2026 à 09:46

L’annonce revêt une portée symbolique certaine : Sony, pionnier du téléviseur et référence emblématique du secteur, a annoncé le 20 janvier son projet de transférer les activités associées à ses gammes d’écrans Bravia au sein d’une coentreprise opérée en partenariat avec le fabricant chinois TCL.

Selon les termes préliminaires de ce protocole d’entente (memorandum of understanding), c’est TCL qui aurait le contrôle de cette nouvelle entité, avec 51 % des parts (et donc des droits de vote), contre 49 % pour Sony.

La coentreprise aurait vocation à intervenir sur l’ensemble de la chaine, « du développement et de la conception de produits à la fabrication, aux ventes, à la logistique et au service client pour des produits tels que les téléviseurs et les équipements audio domestiques », indique le géant japonais.

Les produits Sony Bravia devraient être produits par la nouvelle coentreprise à partir d’avril 2027 – crédit Sony

Sony et TCL viseraient un accord ratifié aux alentours de mars 2026. Une fois ce dernier validé par les différentes autorités compétentes, la coentreprise ainsi constituée débuterait ses activités à partir d’avril 2027.

Les deux partenaires présentent la démarche comme la combinaison du savoir-faire historique de Sony et de la puissance de sa marque aux capacités industrielles de TCL, notamment en matière de production de dalles haut de gamme, d’économies d’échelle et d’efficacité industrielle globale.

Les produits TV et audio de la future coentreprise (dont le nom n’a pas été révélé) porteront les marques Sony et Bravia. Le groupe japonais, qui confirme donc son virage engagé vers les contenus, n’a pas précisé quelles conséquences cet accord aurait sur ses propres ressources industrielles, notamment en matière d’emploi.

☕️ Sony est prêt à transférer ses TV Bravia à une coentreprise contrôlée par TCL

21 janvier 2026 à 09:46

L’annonce revêt une portée symbolique certaine : Sony, pionnier du téléviseur et référence emblématique du secteur, a annoncé le 20 janvier son projet de transférer les activités associées à ses gammes d’écrans Bravia au sein d’une coentreprise opérée en partenariat avec le fabricant chinois TCL.

Selon les termes préliminaires de ce protocole d’entente (memorandum of understanding), c’est TCL qui aurait le contrôle de cette nouvelle entité, avec 51 % des parts (et donc des droits de vote), contre 49 % pour Sony.

La coentreprise aurait vocation à intervenir sur l’ensemble de la chaine, « du développement et de la conception de produits à la fabrication, aux ventes, à la logistique et au service client pour des produits tels que les téléviseurs et les équipements audio domestiques », indique le géant japonais.

Les produits Sony Bravia devraient être produits par la nouvelle coentreprise à partir d’avril 2027 – crédit Sony

Sony et TCL viseraient un accord ratifié aux alentours de mars 2026. Une fois ce dernier validé par les différentes autorités compétentes, la coentreprise ainsi constituée débuterait ses activités à partir d’avril 2027.

Les deux partenaires présentent la démarche comme la combinaison du savoir-faire historique de Sony et de la puissance de sa marque aux capacités industrielles de TCL, notamment en matière de production de dalles haut de gamme, d’économies d’échelle et d’efficacité industrielle globale.

Les produits TV et audio de la future coentreprise (dont le nom n’a pas été révélé) porteront les marques Sony et Bravia. Le groupe japonais, qui confirme donc son virage engagé vers les contenus, n’a pas précisé quelles conséquences cet accord aurait sur ses propres ressources industrielles, notamment en matière d’emploi.

Reçu — 20 janvier 2026 Actualités numériques

Stockage S3 Next : nouveaux accès ouverts en bêta !

20 janvier 2026 à 19:35
Cherry on the cake
Stockage S3 Next : nouveaux accès ouverts en bêta !

300 nouveaux accès viennent d’être ouverts pour tester la bêta du service de stockage S3 désormais offert par Next dans le cadre de votre abonnement premium, avec 1 To garanti et 100 Go supplémentaires par année d’ancienneté. Rendez-vous fin janvier pour la disponibilité générale.

Les lecteurs de Next allaient-ils être au rendez-vous d’une mise en prod effectuée un 24 décembre, à quelques heures du réveillon ? Vous avez été si rapides à demander les 100 premiers accès ouverts à notre nouvelle infrastructure de stockage que nous avons, dès le lendemain, étendu la première vague de notre bêta à 200 comptes supplémentaires. Et là, aussi, il n’a pas fallu longtemps pour que les accès ouverts soient distribués… et que les sauvegardes commencent à se remplir !

300 nouveaux accès en bêta et nouvelle page d’abonnement

Quatre semaines plus tard, il parait que l’infra se tourne un peu les pouces, ce serait lui faire affront que ne pas ouvrir les vannes. Dans le même temps, il nous restait quand même de nombreux petits détails à peaufiner, et ça a pas mal avancé !

Outre nos développements sur la partie stockage, qui vous permet désormais de réinitialiser votre espace, nous avons profité de ce joli mois de janvier pour retravailler plusieurs de nos pages et services dédiés à l’abonnement, à la facturation ou à la gestion des comptes Entreprises. Les comptes perso profitent par exemple d’une génération de facture à la demande !

Il faudrait la faconde fastueuse et foisonnante d’un Poing Dev pour relater dans le détail tous ces changements, mais en attendant son éventuel verbe vibrionnant, disons juste qu’ils sont plus importants qu’il n’y parait.

Pour fêter leur mise en prod, nous venons d’ouvrir 300 accès supplémentaires à notre brique de stockage, sur la base du premier arrivé, premier servi. L’activation se fait depuis l’onglet Stockage S3 de votre profil.

De quoi, nous l’espérons, répondre aux attentes des plus impatients d’entre vous, tout en nous laissant le temps de poursuivre le rodage de nos disques durs et le fignolage des derniers détails. Cette deuxième phase de bêta devrait gentiment nous emmener jusqu’à la disponibilité générale du service, prévue fin janvier ou tout début février.

D’ici là, n’hésitez pas à nous partager vos retours dans les commentaires. Et faites résonner dans vos contrées un grand tonnerre d’applaudissements en direction d’Hasnaine qui a planché d’arrache-pied sur toutes ces récentes évolutions !

1 To et plus de stockage S3 dans votre abonnement premium

Au fait, de quoi cause-t-on ? Si vous n’étiez pas sur Next le jour de Noël (comment se fait-ce ?), petite piqûre de rappel : en synergie avec l’opérateur moji, qui garantit la pérennité financière de notre média, nous avons développé une offre de stockage désormais incluse dans votre abonnement Next.

Celle-ci vous permet de disposer, pendant toute la durée de votre abonnement premium (hors abonnement à tarif réduit), d’un bucket S3 hébergé en France, sur une infrastructure opérée en propre par moji, avec une capacité de départ fixée à 1 To, à laquelle s’ajoutent 100 Go supplémentaires par année d’ancienneté de votre compte Next.

Nos lecteurs les plus anciens peuvent donc revendiquer jusqu’à 3,2 To, et certains ne se sont pas fait prier pour les remplir !

On profite de l’occasion pour rappeler les fondamentaux de cette offre : il s’agit d’un service de stockage à usage personnel qui fonctionne en mode best-effort (un seul site géographique). Il est fourni sans garantie (respectez toujours les principes 3,2,1), et son utilisation suppose que vous chiffriez vos données avant de nous les envoyer !

Si ces notions vous sont un peu étrangères, pas de panique : en attendant d’autres articles développant des aspects plus techniques, on vous a mitonné un tutoriel très simple qui devrait vous permettre de chiffrer et créer votre première sauvegarde sur cet espace en quelques minutes, depuis l’ordinateur ou le NAS de votre choix :

Notez que dans le cadre de la bêta, l’accès au stockage n’est pas activé pour les abonnements souscrits par l’intermédiaire de l’offre Entreprise, mais cette lacune sera corrigée à la disponibilité générale.

Stockage S3 Next : nouveaux accès ouverts en bêta !

20 janvier 2026 à 19:35
Cherry on the cake
Stockage S3 Next : nouveaux accès ouverts en bêta !

300 nouveaux accès viennent d’être ouverts pour tester la bêta du service de stockage S3 désormais offert par Next dans le cadre de votre abonnement premium, avec 1 To garanti et 100 Go supplémentaires par année d’ancienneté. Rendez-vous fin janvier pour la disponibilité générale.

Les lecteurs de Next allaient-ils être au rendez-vous d’une mise en prod effectuée un 24 décembre, à quelques heures du réveillon ? Vous avez été si rapides à demander les 100 premiers accès ouverts à notre nouvelle infrastructure de stockage que nous avons, dès le lendemain, étendu la première vague de notre bêta à 200 comptes supplémentaires. Et là, aussi, il n’a pas fallu longtemps pour que les accès ouverts soient distribués… et que les sauvegardes commencent à se remplir !

300 nouveaux accès en bêta et nouvelle page d’abonnement

Quatre semaines plus tard, il parait que l’infra se tourne un peu les pouces, ce serait lui faire affront que ne pas ouvrir les vannes. Dans le même temps, il nous restait quand même de nombreux petits détails à peaufiner, et ça a pas mal avancé !

Outre nos développements sur la partie stockage, qui vous permet désormais de réinitialiser votre espace, nous avons profité de ce joli mois de janvier pour retravailler plusieurs de nos pages et services dédiés à l’abonnement, à la facturation ou à la gestion des comptes Entreprises. Les comptes perso profitent par exemple d’une génération de facture à la demande !

Il faudrait la faconde fastueuse et foisonnante d’un Poing Dev pour relater dans le détail tous ces changements, mais en attendant son éventuel verbe vibrionnant, disons juste qu’ils sont plus importants qu’il n’y parait.

Pour fêter leur mise en prod, nous venons d’ouvrir 300 accès supplémentaires à notre brique de stockage, sur la base du premier arrivé, premier servi. L’activation se fait depuis l’onglet Stockage S3 de votre profil.

De quoi, nous l’espérons, répondre aux attentes des plus impatients d’entre vous, tout en nous laissant le temps de poursuivre le rodage de nos disques durs et le fignolage des derniers détails. Cette deuxième phase de bêta devrait gentiment nous emmener jusqu’à la disponibilité générale du service, prévue fin janvier ou tout début février.

D’ici là, n’hésitez pas à nous partager vos retours dans les commentaires. Et faites résonner dans vos contrées un grand tonnerre d’applaudissements en direction d’Hasnaine qui a planché d’arrache-pied sur toutes ces récentes évolutions !

1 To et plus de stockage S3 dans votre abonnement premium

Au fait, de quoi cause-t-on ? Si vous n’étiez pas sur Next le jour de Noël (comment se fait-ce ?), petite piqûre de rappel : en synergie avec l’opérateur moji, qui garantit la pérennité financière de notre média, nous avons développé une offre de stockage désormais incluse dans votre abonnement Next.

Celle-ci vous permet de disposer, pendant toute la durée de votre abonnement premium (hors abonnement à tarif réduit), d’un bucket S3 hébergé en France, sur une infrastructure opérée en propre par moji, avec une capacité de départ fixée à 1 To, à laquelle s’ajoutent 100 Go supplémentaires par année d’ancienneté de votre compte Next.

Nos lecteurs les plus anciens peuvent donc revendiquer jusqu’à 3,2 To, et certains ne se sont pas fait prier pour les remplir !

On profite de l’occasion pour rappeler les fondamentaux de cette offre : il s’agit d’un service de stockage à usage personnel qui fonctionne en mode best-effort (un seul site géographique). Il est fourni sans garantie (respectez toujours les principes 3,2,1), et son utilisation suppose que vous chiffriez vos données avant de nous les envoyer !

Si ces notions vous sont un peu étrangères, pas de panique : en attendant d’autres articles développant des aspects plus techniques, on vous a mitonné un tutoriel très simple qui devrait vous permettre de chiffrer et créer votre première sauvegarde sur cet espace en quelques minutes, depuis l’ordinateur ou le NAS de votre choix :

Notez que dans le cadre de la bêta, l’accès au stockage n’est pas activé pour les abonnements souscrits par l’intermédiaire de l’offre Entreprise, mais cette lacune sera corrigée à la disponibilité générale.

☕️ Capgemini envisage jusqu’à 2 400 suppressions de postes en France

20 janvier 2026 à 13:15

Capgemini, première entreprise de services numériques (ESN) en France en volume d’affaires, a annoncé mardi 20 janvier envisager « jusqu’à 2 400 suppressions de postes » via des reclassements ou des départs volontaires, dans un communiqué transmis à l’AFP et relayé par France Info.

« Dans un environnement économique marqué par une croissance modérée et des défis majeurs pour certaines industries (…) Capgemini en France doit se transformer pour répondre aux challenges et opportunités créés par l’accélération des mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle », écrit le groupe, qui compte 35 000 collaborateurs dans l’Hexagone, et environ 355 000 dans le monde.

Ce plan doit encore faire l’objet d’une présentation et de négociations avec les instances représentatives du personnel, indique Capgemini, qui réduirait donc de près de 7 % ses effectifs en France.

Aucune indication n’a été donnée quant à la localisation géographique ou à la nature des métiers concernés, le groupe se contentant simplement d’indiquer que les suppressions interviendraient dans les « filières fortement impactées par l’évolution de la demande client et les mutations technologiques ».

Capgemini, dont le cours a perdu près de 3 % mardi en début d’après-midi à la Bourse de Paris dans un contexte globalement baissier, doit présenter le 13 février prochain les résultats financiers de son exercice 2025. Pour son troisième trimestre 2025, il faisait état d’un chiffre d’affaires en légère croissance, et soulignait « la pertinence de [son] positionnement de partenaire commercial et technologique basé sur l’IA ».

Sans lien annoncé avec cette décision, Capgemini est présent cette semaine à Davos avec un discours axé sur les possibilités offertes par l’IA et la nécessité d’accompagner les dirigeants dans les évolutions à venir en matière de « gouvernance, de compétences, de responsabilité et d’”alchimie Homme-IA” »

En juillet dernier, Capgemini a lancé le processus d’acquisition de son homologue et concurrent indien WNS, notamment pour nourrir ses offres en matière d’IA agentique.

☕️ Capgemini envisage jusqu’à 2 400 suppressions de postes en France

20 janvier 2026 à 13:15

Capgemini, première entreprise de services numériques (ESN) en France en volume d’affaires, a annoncé mardi 20 janvier envisager « jusqu’à 2 400 suppressions de postes » via des reclassements ou des départs volontaires, dans un communiqué transmis à l’AFP et relayé par France Info.

« Dans un environnement économique marqué par une croissance modérée et des défis majeurs pour certaines industries (…) Capgemini en France doit se transformer pour répondre aux challenges et opportunités créés par l’accélération des mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle », écrit le groupe, qui compte 35 000 collaborateurs dans l’Hexagone, et environ 355 000 dans le monde.

Ce plan doit encore faire l’objet d’une présentation et de négociations avec les instances représentatives du personnel, indique Capgemini, qui réduirait donc de près de 7 % ses effectifs en France.

Aucune indication n’a été donnée quant à la localisation géographique ou à la nature des métiers concernés, le groupe se contentant simplement d’indiquer que les suppressions interviendraient dans les « filières fortement impactées par l’évolution de la demande client et les mutations technologiques ».

Capgemini, dont le cours a perdu près de 3 % mardi en début d’après-midi à la Bourse de Paris dans un contexte globalement baissier, doit présenter le 13 février prochain les résultats financiers de son exercice 2025. Pour son troisième trimestre 2025, il faisait état d’un chiffre d’affaires en légère croissance, et soulignait « la pertinence de [son] positionnement de partenaire commercial et technologique basé sur l’IA ».

Sans lien annoncé avec cette décision, Capgemini est présent cette semaine à Davos avec un discours axé sur les possibilités offertes par l’IA et la nécessité d’accompagner les dirigeants dans les évolutions à venir en matière de « gouvernance, de compétences, de responsabilité et d’”alchimie Homme-IA” »

En juillet dernier, Capgemini a lancé le processus d’acquisition de son homologue et concurrent indien WNS, notamment pour nourrir ses offres en matière d’IA agentique.

☕️ Nouvelle fuite de données à l’Urssaf, 12 millions de victimes potentielles

20 janvier 2026 à 07:09

L’Urssaf a publié lundi 19 janvier au soir une alerte relative à « un accès non autorisé à l’API (interface d’échanges) contenant certaines données de la déclaration préalable à l’embauche, réservée à ses partenaires institutionnels ».

Cette intrusion aurait permis la consultation ou l’extraction de données relatives à des salariés « ayant fait l’objet d’une nouvelle embauche depuis moins de 3 ans ». Les informations concernées sont « nom, prénom, date de naissance, Siret de l’employeur, date d’embauche », indique l’organisme.

L’accès aurait été réalisé via un compte partenaire, grâce à des identifiants dérobés lors d’une attaque survenue plus tôt et ayant visé ce partenaire. Les systèmes d’information de l’Urssaf n’auraient pas été compromis, et la continuité de service est assurée pour la déclaration préalable à l’embauche.

« Les employeurs peuvent continuer à utiliser le service de déclaration préalable à l’embauche comme habituellement », promet l’Urssaf, qui indique avoir immédiatement pris les mesures nécessaires, mis fin aux accès du compte compromis et augmenté la « sécurisation des habilitations des partenaires pour limiter les risques ».

L’Urssaf ne précise pas nommément qui sont les victimes potentielles mais chiffre à 12 millions de salariés le périmètre de salariés concernés.

L’organisme en charge des cotisation sociales avait déjà été victime d’un incident de cybersécurité en novembre dernier. Il concernait alors le service Pajemploi (formalités entre parents employeurs et gardes d’enfants), et avait exposé « jusqu’à 1,2 million de salariés de particuliers employeurs ».

☕️ Nouvelle fuite de données à l’Urssaf, 12 millions de victimes potentielles

20 janvier 2026 à 07:09

L’Urssaf a publié lundi 19 janvier au soir une alerte relative à « un accès non autorisé à l’API (interface d’échanges) contenant certaines données de la déclaration préalable à l’embauche, réservée à ses partenaires institutionnels ».

Cette intrusion aurait permis la consultation ou l’extraction de données relatives à des salariés « ayant fait l’objet d’une nouvelle embauche depuis moins de 3 ans ». Les informations concernées sont « nom, prénom, date de naissance, Siret de l’employeur, date d’embauche », indique l’organisme.

L’accès aurait été réalisé via un compte partenaire, grâce à des identifiants dérobés lors d’une attaque survenue plus tôt et ayant visé ce partenaire. Les systèmes d’information de l’Urssaf n’auraient pas été compromis, et la continuité de service est assurée pour la déclaration préalable à l’embauche.

« Les employeurs peuvent continuer à utiliser le service de déclaration préalable à l’embauche comme habituellement », promet l’Urssaf, qui indique avoir immédiatement pris les mesures nécessaires, mis fin aux accès du compte compromis et augmenté la « sécurisation des habilitations des partenaires pour limiter les risques ».

L’Urssaf ne précise pas nommément qui sont les victimes potentielles mais chiffre à 12 millions de salariés le périmètre de salariés concernés.

L’organisme en charge des cotisation sociales avait déjà été victime d’un incident de cybersécurité en novembre dernier. Il concernait alors le service Pajemploi (formalités entre parents employeurs et gardes d’enfants), et avait exposé « jusqu’à 1,2 million de salariés de particuliers employeurs ».

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