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Reçu — 12 mars 2026 Actualités numériques

ChatGPT Edu : les métadonnées de projets d’universitaires visibles par leurs collègues

12 mars 2026 à 10:50
IA pas très discrète
ChatGPT Edu : les métadonnées de projets d’universitaires visibles par leurs collègues

Lancé en 2024, ChatGPT Edu est une version spéciale pour les universités. Mais la configuration par défaut de l’outil expose les métadonnées de son utilisation dans certains projets à des milliers de personnes sans que les enseignants-chercheurs le sachent.

Les entreprises d’IA générative ont commencé depuis quelque temps à proposer des offres spéciales universités. En mai 2024, OpenAI sortait par exemple son offre « ChatGPT Edu ».

En France, comme nous l’expliquions, « un service d’accès à une IA générative souveraine, développé avec Mistral et opéré sur les datacenters de l’ESR » a été lancé fin janvier en expérimentation par l’Amue, une agence de mutualisation de services numériques pour les universités et autres établissements de l’enseignement supérieur.

Mais des établissements d’enseignement supérieur, l’Université d’Harvard en tête de liste mais aussi en France l’ESCP Business School, ont pris un abonnement chez le leader de l’IA générative.

Pour vanter son produit, OpenAI cite le directeur du système d’information (DSI) de l’université de l’État de l’Arizona : « Le lancement du produit éducatif d’OpenAI, ChatGPT Edu, revêt une importance capitale. Il nous aide à protéger la vie privée de nos étudiants, à protéger nos résultats de recherche qui constituent notre propriété intellectuelle, et répond à nos exigences en matière de sécurité ».

Des métadonnées permettant d’en savoir plus sur les projets en cours

Mais, selon des chercheurs d’Oxford interrogés par le média économique américain Fast Compagny, certaines informations concernant l’utilisation de ChatGPT Edu dans les universités ne sont pas si bien protégées que ça.

Cela concerne plus précisément l’utilisation de Codex via ChatGPT Edu. Si aucun code ou dépôt de données n’est accessible à des personnes non-autorisées, certaines métadonnées sont visibles par des milliers de collègues sans que cela soit notifié clairement aux utilisateurs.

« Tout le monde à l’université, ou du moins un grand nombre de personnes, moi y compris, peut voir de nombreux projets sur lesquels [des gens] ont travaillé avec ChatGPT », explique le chercheur de l’université d’Oxford Luc Rocher à Fast Company.

Luc Rocher explique qu’il peut accéder à des métadonnées comme le nombre de fois qu’un utilisateur a interagi avec ChatGPT dans un projet ou sa date de début. De ces métadonnées, il a pu déduire qu’un étudiant d’Oxford travaillait sur la soumission d’un article scientifique en utilisant ChatGPT Edu (l’étudiant a ensuite confirmé). Le chercheur a signalé le problème à OpenAI et à son université mais, insatisfait de la réponse, il a choisi d’en parler à nos confrères.

Une mauvaise configuration par défaut

Interrogé par Fast Company, OpenAI assure que « les utilisateurs ont un contrôle total sur la manière dont leurs environnements sont partagés. Les noms des dépôts ne peuvent être visibles par les autres membres de la même organisation que si le propriétaire de l’espace de travail en décide ainsi, et le contenu des dépôts reste sécurisé ».

Mais pour Luc Rocher, « il semble que ça soit une question d’une mauvaise configuration par défaut » et d’un manque d’information sur celle-ci.

Même si les métadonnées ne sont pas accessibles à l’extérieur de l’université, celle-ci regroupe des dizaines de milliers de personnes. « " En ce qui concerne l’étendue des personnes qui peuvent accéder aux données comportementales les unes des autres, cela est assez préoccupant », estime un chercheur de l’université qui a requis l’anonymat.

L’université d’Oxford n’a pas voulu faire de commentaires. Selon nos confrères, la même configuration serait en place dans d’autres universités (sans citer leurs noms).

« Je pense que c’est quelque chose dont les universités doivent être conscientes », explique Luc Rocher. « Bien que l’on ne sache pas exactement quelle quantité de données est exposée par défaut par OpenAI, il est clair que la manière dont ces systèmes sont intégrés rend visibles à la fois pour l’entreprise et pour l’ensemble de l’organisation des informations qui ne l’étaient pas auparavant », commente auprès de Fast Company, le chercheur Michael Veale en droit et politique des technologies à UCL.

ChatGPT Edu : les métadonnées de projets d’universitaires visibles par leurs collègues

12 mars 2026 à 10:50
IA pas très discrète
ChatGPT Edu : les métadonnées de projets d’universitaires visibles par leurs collègues

Lancé en 2024, ChatGPT Edu est une version spéciale pour les universités. Mais la configuration par défaut de l’outil expose les métadonnées de son utilisation dans certains projets à des milliers de personnes sans que les enseignants-chercheurs le sachent.

Les entreprises d’IA générative ont commencé depuis quelque temps à proposer des offres spéciales universités. En mai 2024, OpenAI sortait par exemple son offre « ChatGPT Edu ».

En France, comme nous l’expliquions, « un service d’accès à une IA générative souveraine, développé avec Mistral et opéré sur les datacenters de l’ESR » a été lancé fin janvier en expérimentation par l’Amue, une agence de mutualisation de services numériques pour les universités et autres établissements de l’enseignement supérieur.

Mais des établissements d’enseignement supérieur, l’Université d’Harvard en tête de liste mais aussi en France l’ESCP Business School, ont pris un abonnement chez le leader de l’IA générative.

Pour vanter son produit, OpenAI cite le directeur du système d’information (DSI) de l’université de l’État de l’Arizona : « Le lancement du produit éducatif d’OpenAI, ChatGPT Edu, revêt une importance capitale. Il nous aide à protéger la vie privée de nos étudiants, à protéger nos résultats de recherche qui constituent notre propriété intellectuelle, et répond à nos exigences en matière de sécurité ».

Des métadonnées permettant d’en savoir plus sur les projets en cours

Mais, selon des chercheurs d’Oxford interrogés par le média économique américain Fast Compagny, certaines informations concernant l’utilisation de ChatGPT Edu dans les universités ne sont pas si bien protégées que ça.

Cela concerne plus précisément l’utilisation de Codex via ChatGPT Edu. Si aucun code ou dépôt de données n’est accessible à des personnes non-autorisées, certaines métadonnées sont visibles par des milliers de collègues sans que cela soit notifié clairement aux utilisateurs.

« Tout le monde à l’université, ou du moins un grand nombre de personnes, moi y compris, peut voir de nombreux projets sur lesquels [des gens] ont travaillé avec ChatGPT », explique le chercheur de l’université d’Oxford Luc Rocher à Fast Company.

Luc Rocher explique qu’il peut accéder à des métadonnées comme le nombre de fois qu’un utilisateur a interagi avec ChatGPT dans un projet ou sa date de début. De ces métadonnées, il a pu déduire qu’un étudiant d’Oxford travaillait sur la soumission d’un article scientifique en utilisant ChatGPT Edu (l’étudiant a ensuite confirmé). Le chercheur a signalé le problème à OpenAI et à son université mais, insatisfait de la réponse, il a choisi d’en parler à nos confrères.

Une mauvaise configuration par défaut

Interrogé par Fast Company, OpenAI assure que « les utilisateurs ont un contrôle total sur la manière dont leurs environnements sont partagés. Les noms des dépôts ne peuvent être visibles par les autres membres de la même organisation que si le propriétaire de l’espace de travail en décide ainsi, et le contenu des dépôts reste sécurisé ».

Mais pour Luc Rocher, « il semble que ça soit une question d’une mauvaise configuration par défaut » et d’un manque d’information sur celle-ci.

Même si les métadonnées ne sont pas accessibles à l’extérieur de l’université, celle-ci regroupe des dizaines de milliers de personnes. « " En ce qui concerne l’étendue des personnes qui peuvent accéder aux données comportementales les unes des autres, cela est assez préoccupant », estime un chercheur de l’université qui a requis l’anonymat.

L’université d’Oxford n’a pas voulu faire de commentaires. Selon nos confrères, la même configuration serait en place dans d’autres universités (sans citer leurs noms).

« Je pense que c’est quelque chose dont les universités doivent être conscientes », explique Luc Rocher. « Bien que l’on ne sache pas exactement quelle quantité de données est exposée par défaut par OpenAI, il est clair que la manière dont ces systèmes sont intégrés rend visibles à la fois pour l’entreprise et pour l’ensemble de l’organisation des informations qui ne l’étaient pas auparavant », commente auprès de Fast Company, le chercheur Michael Veale en droit et politique des technologies à UCL.

Reçu — 11 mars 2026 Actualités numériques

☕️ WhatsApp permet de créer des comptes aux moins de 13 ans, avec des restrictions

11 mars 2026 à 16:10


Meta change encore des choses pour les utilisateurs mineurs d’une de ses plateformes, en l’occurrence, WhatsApp.

Le groupe de Mark Zuckerberg fait face actuellement à un procès qui l’oppose (ainsi que Google) à une jeune femme de 20 ans qui les accuse d’entretenir l’addiction de leurs plateformes chez les jeunes. Dans ce cadre, le responsable a été pressé de justifier la politique de Meta relative aux préados.

Les icones des applications telegram signal whatsapp line et wechat affichées sur un écran de smartphone.

Meta a par exemple prévu de modérer ses IA pour les mineurs, ce qui a notamment pour conséquence de censurer l’information sur la santé sexuelle.

Jusque-là, WhatsApp interdisait officiellement la création de compte aux moins de 13 ans. L’entreprise annonce ouvrir cette possibilité à condition qu’elle soit supervisée par les parents. « Une fois configurés, ces comptes gérés sont contrôlés par un parent ou un·e représentant·e légal·e qui pourra décider qui peut contacter l’enfant et quels groupes ce dernier peut rejoindre. De plus, le parent pourra examiner les demandes de discussion provenant de contacts inconnus et gérer les paramètres de confidentialité du compte », assure l’entreprise.

Les comptes du parent et de l’enfant seront associés via le scan d’un QR code, explique la FAQ. Un code PIN parental de 6 chiffres permet d’accéder aux paramètres de confidentialité de l’enfant et de les modifier. « Il ne doit pas être communiqué à votre enfant », explique WhatsApp.

L’entreprise s’assure ainsi de pouvoir rester un outil de discussion intrafamiliale tout en rassurant les parents sur le fait que n’importe qui ne puisse pas entrer en contact avec leurs enfants via l’application.

☕️ WhatsApp permet de créer des comptes aux moins de 13 ans, avec des restrictions

11 mars 2026 à 16:10


Meta change encore des choses pour les utilisateurs mineurs d’une de ses plateformes, en l’occurrence, WhatsApp.

Le groupe de Mark Zuckerberg fait face actuellement à un procès qui l’oppose (ainsi que Google) à une jeune femme de 20 ans qui les accuse d’entretenir l’addiction de leurs plateformes chez les jeunes. Dans ce cadre, le responsable a été pressé de justifier la politique de Meta relative aux préados.

Les icones des applications telegram signal whatsapp line et wechat affichées sur un écran de smartphone.

Meta a par exemple prévu de modérer ses IA pour les mineurs, ce qui a notamment pour conséquence de censurer l’information sur la santé sexuelle.

Jusque-là, WhatsApp interdisait officiellement la création de compte aux moins de 13 ans. L’entreprise annonce ouvrir cette possibilité à condition qu’elle soit supervisée par les parents. « Une fois configurés, ces comptes gérés sont contrôlés par un parent ou un·e représentant·e légal·e qui pourra décider qui peut contacter l’enfant et quels groupes ce dernier peut rejoindre. De plus, le parent pourra examiner les demandes de discussion provenant de contacts inconnus et gérer les paramètres de confidentialité du compte », assure l’entreprise.

Les comptes du parent et de l’enfant seront associés via le scan d’un QR code, explique la FAQ. Un code PIN parental de 6 chiffres permet d’accéder aux paramètres de confidentialité de l’enfant et de les modifier. « Il ne doit pas être communiqué à votre enfant », explique WhatsApp.

L’entreprise s’assure ainsi de pouvoir rester un outil de discussion intrafamiliale tout en rassurant les parents sur le fait que n’importe qui ne puisse pas entrer en contact avec leurs enfants via l’application.

Un ancien du DOGE accusé d’avoir emporté les données de la sécu américaine sur une clé USB

11 mars 2026 à 15:50
Tranquille
Un ancien du DOGE accusé d’avoir emporté les données de la sécu américaine sur une clé USB

Un ancien du département temporairement géré par Elon Musk se serait vanté d’avoir deux bases de données, dont une sur une clé USB, contenant des informations concernant 500 millions d’Américains (morts ou vivants). Une plainte a été déposée auprès de la Sécurité sociale américaine par un lanceur d’alerte interne. L’agence de santé nie l’existence de cette fuite.

Les conséquences des incursions du DOGE dans de nombreuses agences étatsuniennes se font ressentir un an après. On apprenait récemment que la suppression des financements de la recherche en sciences sociales s’appuyait sur une simple requête ChatGPT.

Mais un des membres de ce département temporaire, officiellement créé par Donald Trump pour améliorer l’efficacité de l’administration américaine, aurait gardé sur une clé USB deux bases de données issues de la Sécurité sociale des États-Unis (SSA).

On se souvient que, s’étant emparé de son contrôle, le DOGE voulait migrer le code de l’intégralité de cette agence en quelques mois pour se débarrasser du COBOL. Aucune nouvelle de ce projet n’a filtré depuis, pas même depuis que le DOGE n’existe officiellement plus.

Une plainte d’un lanceur d’alerte en interne

Mais en passant, certains des ingénieurs de l’équipe dirigée par Elon Musk pourraient s’être servis dans les bases de données de l’institution. Selon une plainte déposée en interne par un employé de la Sécurité sociale qu’a pu consulter le Washington Post, un ancien ingénieur du DOGE a déclaré à plusieurs de ses nouveaux collègues qu’il était en possession de deux bases de données concernant des citoyens américains, dont au moins l’une d’entre elles sur une clé USB.

Ces deux bases de données, nommées « Numident » et « Master Death File », regrouperaient des informations sur 500 millions d’Américains (morts ou vivants), avec leurs numéros de Sécurité sociale, leurs lieux et dates de naissance, leurs citoyennetés, leurs « races » et ethnies, et les noms de leurs parents.

Toujours selon la plainte, l’ancien ingénieur du DOGE aurait voulu utiliser les données pour le compte de son nouvel employeur, une entreprise sous-traitante du gouvernement américain. C’est quand il lui a demandé de l’aider à transférer les données d’une clé USB « sur son ordinateur personnel afin de pouvoir « nettoyer » les données avant de les utiliser au sein de [l’entreprise] » que le lanceur d’alerte a eu vent du problème.

Alors qu’un autre collègue lui aurait refusé son aide pour des raisons légales, l’ingénieur aurait expliqué qu’il espérait bénéficier d’une grâce présidentielle si ses actes étaient jugés illégaux. La plainte ne dit pas s’il a finalement réussi à fournir les données à sa nouvelle entreprise.

En fait, selon le lanceur d’alerte, après son passage au DOGE, cet ingénieur aurait expliqué avoir conservé son ordinateur et ses identifiants professionnels lui donnant un accès quasi illimité aux systèmes de l’agence, « un niveau d’accès dont aucun autre employé d’entreprise n’avait bénéficié dans le cadre de sa collaboration avec la Sécurité sociale des États-Unis », explique le Washington Post.

Allégations « fermement réfutées par toutes les parties concernées »

Les membres du Congrès américain ont été informés de cette plainte par une lettre de l’inspecteur général de la Sécurité sociale le 6 mars dernier, selon The Independent.

Robert Garcia, représentant démocrate et président de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, qui avait déjà lancé une enquête parlementaire sur les actions du DOGE au sein de la Sécurité sociale, a annoncé l’étendre à cette fuite de données. « Non seulement un ancien membre du DOGE a été accusé d’avoir circulé avec les informations de Sécurité sociale de tous les Américains sur une clé USB, mais il aurait également la possibilité de modifier et de manipuler à sa guise les données de l’administration de la Sécurité sociale », résume-t-il. « C’est dangereux et scandaleux, et les démocrates de la commission de surveillance se battront pour la transparence et la responsabilité ».

Mais l’agence concernée nie l’existence de cette fuite. « Les allégations provenant d’une seule source anonyme ont été fermement réfutées par toutes les parties concernées : la SSA, l’ancien employé et l’entreprise », affirme un porte-parole au journal The Independent.

Un ancien du DOGE accusé d’avoir emporté les données de la sécu américaine sur une clé USB

11 mars 2026 à 15:50
Tranquille
Un ancien du DOGE accusé d’avoir emporté les données de la sécu américaine sur une clé USB

Un ancien du département temporairement géré par Elon Musk se serait vanté d’avoir deux bases de données, dont une sur une clé USB, contenant des informations concernant 500 millions d’Américains (morts ou vivants). Une plainte a été déposée auprès de la Sécurité sociale américaine par un lanceur d’alerte interne. L’agence de santé nie l’existence de cette fuite.

Les conséquences des incursions du DOGE dans de nombreuses agences étatsuniennes se font ressentir un an après. On apprenait récemment que la suppression des financements de la recherche en sciences sociales s’appuyait sur une simple requête ChatGPT.

Mais un des membres de ce département temporaire, officiellement créé par Donald Trump pour améliorer l’efficacité de l’administration américaine, aurait gardé sur une clé USB deux bases de données issues de la Sécurité sociale des États-Unis (SSA).

On se souvient que, s’étant emparé de son contrôle, le DOGE voulait migrer le code de l’intégralité de cette agence en quelques mois pour se débarrasser du COBOL. Aucune nouvelle de ce projet n’a filtré depuis, pas même depuis que le DOGE n’existe officiellement plus.

Une plainte d’un lanceur d’alerte en interne

Mais en passant, certains des ingénieurs de l’équipe dirigée par Elon Musk pourraient s’être servis dans les bases de données de l’institution. Selon une plainte déposée en interne par un employé de la Sécurité sociale qu’a pu consulter le Washington Post, un ancien ingénieur du DOGE a déclaré à plusieurs de ses nouveaux collègues qu’il était en possession de deux bases de données concernant des citoyens américains, dont au moins l’une d’entre elles sur une clé USB.

Ces deux bases de données, nommées « Numident » et « Master Death File », regrouperaient des informations sur 500 millions d’Américains (morts ou vivants), avec leurs numéros de Sécurité sociale, leurs lieux et dates de naissance, leurs citoyennetés, leurs « races » et ethnies, et les noms de leurs parents.

Toujours selon la plainte, l’ancien ingénieur du DOGE aurait voulu utiliser les données pour le compte de son nouvel employeur, une entreprise sous-traitante du gouvernement américain. C’est quand il lui a demandé de l’aider à transférer les données d’une clé USB « sur son ordinateur personnel afin de pouvoir « nettoyer » les données avant de les utiliser au sein de [l’entreprise] » que le lanceur d’alerte a eu vent du problème.

Alors qu’un autre collègue lui aurait refusé son aide pour des raisons légales, l’ingénieur aurait expliqué qu’il espérait bénéficier d’une grâce présidentielle si ses actes étaient jugés illégaux. La plainte ne dit pas s’il a finalement réussi à fournir les données à sa nouvelle entreprise.

En fait, selon le lanceur d’alerte, après son passage au DOGE, cet ingénieur aurait expliqué avoir conservé son ordinateur et ses identifiants professionnels lui donnant un accès quasi illimité aux systèmes de l’agence, « un niveau d’accès dont aucun autre employé d’entreprise n’avait bénéficié dans le cadre de sa collaboration avec la Sécurité sociale des États-Unis », explique le Washington Post.

Allégations « fermement réfutées par toutes les parties concernées »

Les membres du Congrès américain ont été informés de cette plainte par une lettre de l’inspecteur général de la Sécurité sociale le 6 mars dernier, selon The Independent.

Robert Garcia, représentant démocrate et président de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, qui avait déjà lancé une enquête parlementaire sur les actions du DOGE au sein de la Sécurité sociale, a annoncé l’étendre à cette fuite de données. « Non seulement un ancien membre du DOGE a été accusé d’avoir circulé avec les informations de Sécurité sociale de tous les Américains sur une clé USB, mais il aurait également la possibilité de modifier et de manipuler à sa guise les données de l’administration de la Sécurité sociale », résume-t-il. « C’est dangereux et scandaleux, et les démocrates de la commission de surveillance se battront pour la transparence et la responsabilité ».

Mais l’agence concernée nie l’existence de cette fuite. « Les allégations provenant d’une seule source anonyme ont été fermement réfutées par toutes les parties concernées : la SSA, l’ancien employé et l’entreprise », affirme un porte-parole au journal The Independent.

YouTube pose une rustine contre les deepfakes des journalistes et personnalités politiques

11 mars 2026 à 13:33
Cible manquée ?
YouTube pose une rustine contre les deepfakes des journalistes et personnalités politiques

Après avoir testé un dispositif anti-deepfakes pour les youtubeurs, la plateforme l’étend à des journalistes, personnalités politiques et représentants de gouvernement. L’outil leur promet de détecter les deepfakes d’eux diffusés sur YouTube et qu’ils pourront faire une demande de dépublication.

Il est désormais « très difficile » de détecter les faux contenus multimédias, expliquait récemment l’ANSSI, pour laquelle c’est même « un enfer ». YouTube, qui profitait de l’IA pour retoucher des vidéos sans l’accord de leurs auteurs, veut aussi montrer qu’elle prend la mesure du problème du phénomène des deepfakes facilité par l’IA générative.

Dans un billet de blog, l’entreprise annonce la mise en place d’un outil pour que certains journalistes, candidats politiques ou responsables gouvernementaux puissent bloquer les deepfakes qui les représentent. Pour l’instant, la plateforme de vidéos a créé un groupe pilote de quelques personnalités. Questionné par Gizmodo, YouTube a refusé de communiquer la liste et n’a pas voulu dire si Donald Trump en faisait partie.

Un déploiement déjà existant pour les YouTubeurs

En septembre dernier, la plateforme annonçait le déploiement de cet outil d’abord en direction des youtubeurs. L’entreprise a publié en octobre une vidéo dans laquelle elle explique comment utiliser l’outil qui ressemble à ce que propose la plateforme pour signaler les contenus qui enfreindraient le copyright. Mais ici, il demande de fournir une pièce d’identité avec photo et des selfies vidéos pour que l’outil puisse détecter les deepfakes :

« Cette extension concerne en réalité l’intégrité du débat public », a affirmé Leslie Miller, vice-présidente des affaires gouvernementales et des politiques publiques chez YouTube, lors d’une conférence de presse à laquelle a assisté TechCrunch. « Nous savons que les risques d’usurpation d’identité par l’IA sont particulièrement élevés pour les acteurs de la sphère civique. Mais si nous fournissons cette nouvelle protection, nous faisons également preuve de prudence quant à son utilisation », ajoute-t-elle.

YouTube fournit l’outil qui détecte les deepfakes mais l’entreprise ne s’engage pas à les dépublier si demande est faite. « YouTube protège depuis longtemps la liberté d’expression et les contenus d’intérêt public, notamment en préservant les contenus tels que les parodies et les satires, même lorsqu’ils sont utilisés pour critiquer des dirigeants mondiaux ou des personnalités influentes », affirme l’entreprise. « Nous continuerons à évaluer attentivement ces exceptions lorsque nous recevrons des demandes de suppression ».

Le déploiement international à grande échelle de l’outil devrait arriver d’ici quelques semaines ou mois, selon un porte-parole de l’entreprise cité par Gizmodo.

La problématique des deepfakes est plus large

Si les deepfakes peuvent être un outil de désinformation problématique, comme nous l’évoquions déjà en septembre dernier, c’est l’arbre qui cache la forêt, la plupart des détournements de ce genre ayant un caractère pornographique. Ils peuvent être aussi utilisés à des fins racistes et sexistes contre des personnalités décédées. Ainsi, à la sortie de Sora 2, des vidéos de Martin Luther King, Malcom X ou Whitney Houston les dépeignaient dans des situations dégradantes.

Sur la plateforme de vidéos, on peut aussi trouver nombre de « tutos » pour utiliser Sora 2, Veo 3.1 ou Wan 2.2 pour faire ses propres deepfakes. Et si l’entreprise n’a pas voulu rendre publics les chiffres de suppression de deepfakes signalés par les YouTubeurs, elle avoue que la quantité de contenu supprimée jusqu’à présent était « très faible ».

« Je pense que pour beaucoup [de créateurs], il s’agit simplement d’une prise de conscience de ce qui est créé, mais le nombre de demandes de suppression est en réalité très faible, car la plupart d’entre elles s’avèrent assez bénignes ou bénéfiques pour leur activité globale », affirme le vice-président des produits pour créateurs chez YouTube, Amjad Hanif, cité par TechCrunch. À voir si les journalistes et politiques faisant partie des happy few qui ont accès à l’outil en auront une utilisation plus intensive.

YouTube pose une rustine contre les deepfakes des journalistes et personnalités politiques

11 mars 2026 à 13:33
Cible manquée ?
YouTube pose une rustine contre les deepfakes des journalistes et personnalités politiques

Après avoir testé un dispositif anti-deepfakes pour les youtubeurs, la plateforme l’étend à des journalistes, personnalités politiques et représentants de gouvernement. L’outil leur promet de détecter les deepfakes d’eux diffusés sur YouTube et qu’ils pourront faire une demande de dépublication.

Il est désormais « très difficile » de détecter les faux contenus multimédias, expliquait récemment l’ANSSI, pour laquelle c’est même « un enfer ». YouTube, qui profitait de l’IA pour retoucher des vidéos sans l’accord de leurs auteurs, veut aussi montrer qu’elle prend la mesure du problème du phénomène des deepfakes facilité par l’IA générative.

Dans un billet de blog, l’entreprise annonce la mise en place d’un outil pour que certains journalistes, candidats politiques ou responsables gouvernementaux puissent bloquer les deepfakes qui les représentent. Pour l’instant, la plateforme de vidéos a créé un groupe pilote de quelques personnalités. Questionné par Gizmodo, YouTube a refusé de communiquer la liste et n’a pas voulu dire si Donald Trump en faisait partie.

Un déploiement déjà existant pour les YouTubeurs

En septembre dernier, la plateforme annonçait le déploiement de cet outil d’abord en direction des youtubeurs. L’entreprise a publié en octobre une vidéo dans laquelle elle explique comment utiliser l’outil qui ressemble à ce que propose la plateforme pour signaler les contenus qui enfreindraient le copyright. Mais ici, il demande de fournir une pièce d’identité avec photo et des selfies vidéos pour que l’outil puisse détecter les deepfakes :

« Cette extension concerne en réalité l’intégrité du débat public », a affirmé Leslie Miller, vice-présidente des affaires gouvernementales et des politiques publiques chez YouTube, lors d’une conférence de presse à laquelle a assisté TechCrunch. « Nous savons que les risques d’usurpation d’identité par l’IA sont particulièrement élevés pour les acteurs de la sphère civique. Mais si nous fournissons cette nouvelle protection, nous faisons également preuve de prudence quant à son utilisation », ajoute-t-elle.

YouTube fournit l’outil qui détecte les deepfakes mais l’entreprise ne s’engage pas à les dépublier si demande est faite. « YouTube protège depuis longtemps la liberté d’expression et les contenus d’intérêt public, notamment en préservant les contenus tels que les parodies et les satires, même lorsqu’ils sont utilisés pour critiquer des dirigeants mondiaux ou des personnalités influentes », affirme l’entreprise. « Nous continuerons à évaluer attentivement ces exceptions lorsque nous recevrons des demandes de suppression ».

Le déploiement international à grande échelle de l’outil devrait arriver d’ici quelques semaines ou mois, selon un porte-parole de l’entreprise cité par Gizmodo.

La problématique des deepfakes est plus large

Si les deepfakes peuvent être un outil de désinformation problématique, comme nous l’évoquions déjà en septembre dernier, c’est l’arbre qui cache la forêt, la plupart des détournements de ce genre ayant un caractère pornographique. Ils peuvent être aussi utilisés à des fins racistes et sexistes contre des personnalités décédées. Ainsi, à la sortie de Sora 2, des vidéos de Martin Luther King, Malcom X ou Whitney Houston les dépeignaient dans des situations dégradantes.

Sur la plateforme de vidéos, on peut aussi trouver nombre de « tutos » pour utiliser Sora 2, Veo 3.1 ou Wan 2.2 pour faire ses propres deepfakes. Et si l’entreprise n’a pas voulu rendre publics les chiffres de suppression de deepfakes signalés par les YouTubeurs, elle avoue que la quantité de contenu supprimée jusqu’à présent était « très faible ».

« Je pense que pour beaucoup [de créateurs], il s’agit simplement d’une prise de conscience de ce qui est créé, mais le nombre de demandes de suppression est en réalité très faible, car la plupart d’entre elles s’avèrent assez bénignes ou bénéfiques pour leur activité globale », affirme le vice-président des produits pour créateurs chez YouTube, Amjad Hanif, cité par TechCrunch. À voir si les journalistes et politiques faisant partie des happy few qui ont accès à l’outil en auront une utilisation plus intensive.

☕️ Les Ig Nobels déménagent en Europe à cause de la politique de visa de Donald Trump

11 mars 2026 à 09:16


Les organisateurs des Ig Nobels, prix parodiques récompensant des recherches « improbables », ont annoncé le déménagement de l’organisation de la cérémonie des États-Unis vers l’Europe.

En cause, comme l’explique le responsable, Marc Abrahams, à l’agence de presse Associated Press, la politique de visa des États-Unis décidée par Donald Trump. « Au cours de l’année écoulée, il est devenu dangereux pour nos invités de se rendre dans ce pays », explique-t-il. « Nous ne pouvons en toute conscience demander aux nouveaux lauréats, ni aux journalistes internationaux qui couvrent l’événement, de se rendre aux États-Unis cette année ».

L’année dernière, quatre des dix gagnants ont fait le choix de ne pas se déplacer à l’université de Boston pour recevoir le prix. Jusqu’ici, les cérémonies des Ig Nobels se déroulaient soit à Harvard, soit à l’université de Boston, soit au MIT. Mais les organisateurs préfèrent maintenant déménager l’événement en Europe.

Plus précisément, l’organisation compte s’implanter en Suisse en mettant en place une collaboration avec l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) et l’université de la ville. La cérémonie devrait s’y dérouler cette année ainsi que tous les deux ans en alternance avec d’autres villes européennes.

« La Suisse a donné naissance à de nombreuses choses inattendues – la physique d’Albert Einstein, l’économie mondiale et les coucous viennent immédiatement à l’esprit – et aide à nouveau le monde à apprécier des personnes et des idées improbables », affirme Marc Abrahams.

☕️ Les Ig Nobels déménagent en Europe à cause de la politique de visa de Donald Trump

11 mars 2026 à 09:16


Les organisateurs des Ig Nobels, prix parodiques récompensant des recherches « improbables », ont annoncé le déménagement de l’organisation de la cérémonie des États-Unis vers l’Europe.

En cause, comme l’explique le responsable, Marc Abrahams, à l’agence de presse Associated Press, la politique de visa des États-Unis décidée par Donald Trump. « Au cours de l’année écoulée, il est devenu dangereux pour nos invités de se rendre dans ce pays », explique-t-il. « Nous ne pouvons en toute conscience demander aux nouveaux lauréats, ni aux journalistes internationaux qui couvrent l’événement, de se rendre aux États-Unis cette année ».

L’année dernière, quatre des dix gagnants ont fait le choix de ne pas se déplacer à l’université de Boston pour recevoir le prix. Jusqu’ici, les cérémonies des Ig Nobels se déroulaient soit à Harvard, soit à l’université de Boston, soit au MIT. Mais les organisateurs préfèrent maintenant déménager l’événement en Europe.

Plus précisément, l’organisation compte s’implanter en Suisse en mettant en place une collaboration avec l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) et l’université de la ville. La cérémonie devrait s’y dérouler cette année ainsi que tous les deux ans en alternance avec d’autres villes européennes.

« La Suisse a donné naissance à de nombreuses choses inattendues – la physique d’Albert Einstein, l’économie mondiale et les coucous viennent immédiatement à l’esprit – et aide à nouveau le monde à apprécier des personnes et des idées improbables », affirme Marc Abrahams.

Reçu — 10 mars 2026 Actualités numériques

Signal : 2 failles (corrigées) permettaient d’insérer des messages dans des conversations

10 mars 2026 à 15:36
Auditer les protocoles ne suffit pas
Signal : 2 failles (corrigées) permettaient d’insérer des messages dans des conversations

Des chercheurs et chercheuses ont repéré deux failles dans l’application Signal. Leurs exploitations permettaient d’insérer des messages dans des conversations entre individus ou de groupes. Elles ont été corrigées.

En septembre dernier, des chercheurs et chercheuses de l’École polytechnique fédérale de Zurich et du Max Planck Institute allemand ont signalé deux failles à l’équipe de Signal. Leurs exploitations n’étaient pas triviales, mais combinées, et permettaient d’insérer des messages dans une conversation. Depuis, l’application a été patchée mais les chercheurs appellent à un audit plus complet de l’application.

Signal a profondément changé l’univers des messageries en boostant l’usage de protocoles de chiffrement robustes, comme le reconnaissent les trois chercheurs Kenneth G. Paterson, Kien Tuong Truong et la chercheuse Noemi Terzo. Libsignal est une bibliothèque d’algorithmes et de protocoles de cryptographie utilisée dans de nombreux projets.

En 2016, WhatsApp finalisait l’intégration du protocole de chiffrement imaginé par les équipes de Signal. Et en 2023, Signal adaptait son protocole pour résister à de futures attaques via des ordinateurs quantiques, qui auront des capacités de calcul beaucoup plus importantes. Quelques mois plus tard, Apple suivait.

Une première faille dans l’implémentation de la pseudonymisation de Signal

Mais les trois chercheurs ont creusé un peu l’implémentation des différents protocoles dans l’application de Signal. Et ils ont trouvé une première faille dans la mise en place de la pseudonymisation annoncée officiellement en 2024 dans la version Android et Desktop de l’application, expliquent-ils dans un article mis en ligne sur la plateforme de prépublication spécialisée Cryptology ePrint Archive.


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Quand le DOGE supprimait les financements de la recherche en sciences sociales via ChatGPT

10 mars 2026 à 10:04
Inintelligence artificielle
Quand le DOGE supprimait les financements de la recherche en sciences sociales via ChatGPT

Dans un procès remettant en cause les suppressions de financements décidées l’année dernière par l’administration Trump, on découvre que le DOGE a pris ces décisions via de simples prompts dans ChatGPT.

L’année dernière, l’administration Trump a confié le démantèlement d’une grande partie des agences de la recherche américaine au DOGE, conduit à l’époque par Elon Musk. Plusieurs sociétés savantes américaines ont attaqué en justice les décisions prises au nom de la National Endowment for the Humanities (NEH), l’agence américaine de financement des recherches en sciences sociales. Celles-ci dénoncent le fait que plus de 1 400 programmes de recherche, représentant un montant total de 100 millions de dollars, ont été annulés en utilisant une simple question à ChatGPT.

« Les éléments suivants ont-ils un rapport avec D.E.I. [les politiques de Diversité, équité et inclusion, ndlr] ? Réponds de manière factuelle en moins de 120 caractères. Commence par « Oui » ou « Non » ». Voilà le prompt que les jeunes recrues du DOGE utilisaient pour sélectionner les projets de financements à annuler au sein de la NEH, explique le New York Times.

Cela faisait suite à l’un des premiers décrets pris par Donald Trump après le jour de son investiture, dans lequel le dirigeant états-unien ciblait précisément comme « illégaux » tous les programmes de « diversité, équité et inclusion ». Les salariés de l’agence avaient déjà discriminé les projets de recherche en plusieurs catégories. Mais le DOGE, en prenant les rênes comme il l’a fait pour d’autres agences comme la National Science Foundation ou la National Oceanic and Atmospheric Administration, n’en a pas tenu compte.

Au lieu de ça, « Les deux membres du DOGE ont utilisé ChatGPT pour identifier les subventions associées à un point de vue contraire et supposé dangereux : la promotion de la « DEI » », explique le texte de la plainte [PDF], cosignée par plusieurs sociétés savantes.

Des projets non financés parce qu’ils parlaient de minorités

Les deux agents du DOGE, Justin Fox et Nate Cavanaugh n’avaient aucune formation en sciences humaines et sociales avant d’effectuer cette mission de sélection de financement de la recherche dans ces domaines pour le DOGE.

Leur prompt leur a donné des réponses toutes faites pour supprimer des financements de projets scientifiques qui étaient en place, parfois depuis des années. Ainsi, comme on peut le voir dans cette liste [PDF], un projet de réunion des archives consacrées aux langues autochtones en Alaska risquait, selon ChatGPT, de « promouvoir l’inclusion et la diversité des points de vue ».

Mais on peut voir aussi que le financement d’un projet de film sur le sociologue W.E.B du Bois, premier Afro-américain a obtenir un doctorat aux États-Unis, a été supprimé parce que ChatGPT a généré une réponse affirmant que « la biographie, l’activisme et les écrits de W.E.B. Du Bois contribuent à la compréhension des contextes historiques et sociaux liés à la politique de Diversité, équité et inclusion » et répondant donc « oui » au classement dans des sujets étiquetés « DEI ».

De la même manière, le projet d’un documentaire sur des femmes juives réduites en esclavage pendant la Shoah a été estampillé DEI par ChatGPT car il aurait « amplifié les voix marginalisées ».

Un documentaire sur le Massacre de Colfax, qui vit une milice blanche tuer 150 anciens esclaves libérés, a aussi été stoppé. Sur celui-ci, dans sa déposition publiée sur YouTube par l’American Historical Association, l’une des co-plaignantes, Justin Fox justifie le choix en affirmant que le projet de documentaire « se concentre sur une seule race. Il n’est pas pour le bénéfice de l’humanité ».

Si ce sont ces deux agents du DOGE qui ont sélectionné avec ChatGPT les financements à supprimer, l’un des responsables de l’agence, Michael McDonald, a bien validé la liste suivant la volonté de l’administration Trump de « faire table rase », comme il l’a expliqué lors de l’enquête.

La meilleure publicité pour la nécessité d’une éducation aux sciences humaines ?

« Le principe selon lequel la connaissance de l’histoire, de la littérature, de la religion, de la philosophie et des arts est nécessaire pour maintenir une nation forte et résiliente a poussé le Congrès à créer la NEH », a déclaré dans un communiqué Joy Connolly, la présidente de l’American Council of Learned Societies, l’une des sociétés savantes qui ont entamé ce procès :

« Notre action en justice révèle le mépris de cette administration pour ce principe et pour l’investissement public dans la recherche pour le bien commun. L’utilisation par les employés du DOGE de ChatGPT pour identifier les subventions « inutiles » est peut-être la meilleure publicité pour la nécessité d’une éducation aux sciences humaines, qui développe les compétences en matière de pensée critique. »

Interrogés par le New York Times, ni Michael McDonald, ni Justin Fox, ni Nate Cavanaugh, ni le National Endowment for the Humanities n’ont répondu.

Rappelons qu’en 2023, Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en France, rêvait, lui, d’une IA pour présélectionner les projets de recherche pour les financements de France 2030.

Quand le DOGE supprimait les financements de la recherche en sciences sociales via ChatGPT

10 mars 2026 à 10:04
Inintelligence artificielle
Quand le DOGE supprimait les financements de la recherche en sciences sociales via ChatGPT

Dans un procès remettant en cause les suppressions de financements décidées l’année dernière par l’administration Trump, on découvre que le DOGE a pris ces décisions via de simples prompts dans ChatGPT.

L’année dernière, l’administration Trump a confié le démantèlement d’une grande partie des agences de la recherche américaine au DOGE, conduit à l’époque par Elon Musk. Plusieurs sociétés savantes américaines ont attaqué en justice les décisions prises au nom de la National Endowment for the Humanities (NEH), l’agence américaine de financement des recherches en sciences sociales. Celles-ci dénoncent le fait que plus de 1 400 programmes de recherche, représentant un montant total de 100 millions de dollars, ont été annulés en utilisant une simple question à ChatGPT.

« Les éléments suivants ont-ils un rapport avec D.E.I. [les politiques de Diversité, équité et inclusion, ndlr] ? Réponds de manière factuelle en moins de 120 caractères. Commence par « Oui » ou « Non » ». Voilà le prompt que les jeunes recrues du DOGE utilisaient pour sélectionner les projets de financements à annuler au sein de la NEH, explique le New York Times.

Cela faisait suite à l’un des premiers décrets pris par Donald Trump après le jour de son investiture, dans lequel le dirigeant états-unien ciblait précisément comme « illégaux » tous les programmes de « diversité, équité et inclusion ». Les salariés de l’agence avaient déjà discriminé les projets de recherche en plusieurs catégories. Mais le DOGE, en prenant les rênes comme il l’a fait pour d’autres agences comme la National Science Foundation ou la National Oceanic and Atmospheric Administration, n’en a pas tenu compte.

Au lieu de ça, « Les deux membres du DOGE ont utilisé ChatGPT pour identifier les subventions associées à un point de vue contraire et supposé dangereux : la promotion de la « DEI » », explique le texte de la plainte [PDF], cosignée par plusieurs sociétés savantes.

Des projets non financés parce qu’ils parlaient de minorités

Les deux agents du DOGE, Justin Fox et Nate Cavanaugh n’avaient aucune formation en sciences humaines et sociales avant d’effectuer cette mission de sélection de financement de la recherche dans ces domaines pour le DOGE.

Leur prompt leur a donné des réponses toutes faites pour supprimer des financements de projets scientifiques qui étaient en place, parfois depuis des années. Ainsi, comme on peut le voir dans cette liste [PDF], un projet de réunion des archives consacrées aux langues autochtones en Alaska risquait, selon ChatGPT, de « promouvoir l’inclusion et la diversité des points de vue ».

Mais on peut voir aussi que le financement d’un projet de film sur le sociologue W.E.B du Bois, premier Afro-américain a obtenir un doctorat aux États-Unis, a été supprimé parce que ChatGPT a généré une réponse affirmant que « la biographie, l’activisme et les écrits de W.E.B. Du Bois contribuent à la compréhension des contextes historiques et sociaux liés à la politique de Diversité, équité et inclusion » et répondant donc « oui » au classement dans des sujets étiquetés « DEI ».

De la même manière, le projet d’un documentaire sur des femmes juives réduites en esclavage pendant la Shoah a été estampillé DEI par ChatGPT car il aurait « amplifié les voix marginalisées ».

Un documentaire sur le Massacre de Colfax, qui vit une milice blanche tuer 150 anciens esclaves libérés, a aussi été stoppé. Sur celui-ci, dans sa déposition publiée sur YouTube par l’American Historical Association, l’une des co-plaignantes, Justin Fox justifie le choix en affirmant que le projet de documentaire « se concentre sur une seule race. Il n’est pas pour le bénéfice de l’humanité ».

Si ce sont ces deux agents du DOGE qui ont sélectionné avec ChatGPT les financements à supprimer, l’un des responsables de l’agence, Michael McDonald, a bien validé la liste suivant la volonté de l’administration Trump de « faire table rase », comme il l’a expliqué lors de l’enquête.

La meilleure publicité pour la nécessité d’une éducation aux sciences humaines ?

« Le principe selon lequel la connaissance de l’histoire, de la littérature, de la religion, de la philosophie et des arts est nécessaire pour maintenir une nation forte et résiliente a poussé le Congrès à créer la NEH », a déclaré dans un communiqué Joy Connolly, la présidente de l’American Council of Learned Societies, l’une des sociétés savantes qui ont entamé ce procès :

« Notre action en justice révèle le mépris de cette administration pour ce principe et pour l’investissement public dans la recherche pour le bien commun. L’utilisation par les employés du DOGE de ChatGPT pour identifier les subventions « inutiles » est peut-être la meilleure publicité pour la nécessité d’une éducation aux sciences humaines, qui développe les compétences en matière de pensée critique. »

Interrogés par le New York Times, ni Michael McDonald, ni Justin Fox, ni Nate Cavanaugh, ni le National Endowment for the Humanities n’ont répondu.

Rappelons qu’en 2023, Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en France, rêvait, lui, d’une IA pour présélectionner les projets de recherche pour les financements de France 2030.

☕️ Bluesky : Jay Graber démissionne de son poste de CEO mais reste dans l’entreprise

10 mars 2026 à 08:06


Dans un billet de blog, la CEO de Bluesky explique qu’elle abandonne la tête de l’entreprise. Jay Graber a rejoint Bluesky en 2019 alors que le réseau social n’était qu’un projet et a été à la tête de l’entreprise dès sa création officielle en 2021.

La responsable du réseau social, qui réunit un peu plus de 43 millions d’utilisateurs, affirme que l’entreprise a désormais besoin d’une personne qui se concentre sur la croissance et la performance pendant que elle « retourne à ce que [elle fait] le mieux : construire de nouvelles choses ».

Jay Graber, photo Makeworldpedia, Creative Commons by-sa

Jay Graber a un profil très technique d’ingénieure logiciel et est arrivée dans l’équipe de Bluesky pour travailler sur le framework décentralisé du réseau social. Elle ne quitte pas l’entreprise et va occuper le poste de directrice de l’innovation, qui n’existait pas jusque-là au sein de Bluesky.

Dans son billet, elle annonce passer la main, pour une période d’intérim, à Toni Schneider, ancien CEO d’Automattic (de 2006 à 2014) et toujours partenaire dans la société de capital-risque True Ventures.

Dans un billet de blog, Toni Schneider affirme qu’il était sceptique sur la réussite d’un réseau social décentralisé, mais « Bluesky a changé cela. Après avoir entendu leur vision et, plus important encore, découvert l’architecture qu’ils avaient mise en place (le protocole AT), je suis devenu un adepte ». Pour lui, son rôle sera de « contribuer à mettre en place la prochaine phase de croissance de Bluesky », tout en expliquant qu’il n’abandonne pas son rôle chez True Ventures.

☕️ Bluesky : Jay Graber démissionne de son poste de CEO mais reste dans l’entreprise

10 mars 2026 à 08:06


Dans un billet de blog, la CEO de Bluesky explique qu’elle abandonne la tête de l’entreprise. Jay Graber a rejoint Bluesky en 2019 alors que le réseau social n’était qu’un projet et a été à la tête de l’entreprise dès sa création officielle en 2021.

La responsable du réseau social, qui réunit un peu plus de 43 millions d’utilisateurs, affirme que l’entreprise a désormais besoin d’une personne qui se concentre sur la croissance et la performance pendant que elle « retourne à ce que [elle fait] le mieux : construire de nouvelles choses ».

Jay Graber, photo Makeworldpedia, Creative Commons by-sa

Jay Graber a un profil très technique d’ingénieure logiciel et est arrivée dans l’équipe de Bluesky pour travailler sur le framework décentralisé du réseau social. Elle ne quitte pas l’entreprise et va occuper le poste de directrice de l’innovation, qui n’existait pas jusque-là au sein de Bluesky.

Dans son billet, elle annonce passer la main, pour une période d’intérim, à Toni Schneider, ancien CEO d’Automattic (de 2006 à 2014) et toujours partenaire dans la société de capital-risque True Ventures.

Dans un billet de blog, Toni Schneider affirme qu’il était sceptique sur la réussite d’un réseau social décentralisé, mais « Bluesky a changé cela. Après avoir entendu leur vision et, plus important encore, découvert l’architecture qu’ils avaient mise en place (le protocole AT), je suis devenu un adepte ». Pour lui, son rôle sera de « contribuer à mettre en place la prochaine phase de croissance de Bluesky », tout en expliquant qu’il n’abandonne pas son rôle chez True Ventures.

Reçu — 9 mars 2026 Actualités numériques

Le contrat OpenAI-Pentagone fait encore des remous : Caitlin Kalinowski démissionne

9 mars 2026 à 11:30

Le contrat OpenAI-Pentagone fait encore des remous : Caitlin Kalinowski démissionne

La responsable de la branche robotique d’OpenAI, Caitlin Kalinowski, a annoncé sa démission alors que l’entreprise a passé un contrat avec le département de la Défense des États-Unis. Elle le juge précipité.

Le mini mea-culpa de Sam Altman n’aura pas suffi à garder Caitlin Kalinowski dans les rangs de son entreprise. La responsable de la branche robotique d’OpenAI a expliqué samedi soir dans un post sur X qu’elle avait démissionné en affirmant qu’« il s’agissait d’une question de principe, pas de personnes ».

Sam Altman avait déjà reconnu dans un mémo interne rendu ensuite public s’être précipité et avoir signé un contrat qui « paraissait opportuniste et bâclé ». L’entreprise avait sauté sur l’opportunité du refus de son concurrent Anthropic de signer le même contrat avec le département de la Défense, sans clause bloquant l’utilisation de l’outil à des fins de surveillance des citoyens américains et dans des armes totalement autonomes.

La directrice de l’équipe robotique d’OpenAI aurait été au premier rang des responsables de la mise en place d’armes totalement autonomes utilisant les systèmes d’OpenAI.

Pas une opposition totale, mais un besoin de davantage de réflexion

Dans son message, Caitlin Kalinowski n’affiche pas une opposition totale à la possibilité que l’armée américaine utilise ce genre d’outils. Elle aurait cependant voulu que cette question, ainsi que celle de l’utilisation de l’IA pour surveiller les Américains, ne soient pas prises à la légère : « L’IA joue un rôle important dans la sécurité nationale. Mais la surveillance des Américains sans contrôle judiciaire et l’autonomie létale sans autorisation humaine sont des questions qui méritaient davantage de réflexion qu’elles n’en ont reçu ».

« Pour être clair, mon problème est que l’annonce a été faite précipitamment, sans que les garde-fous aient été définis. Il s’agit avant tout d’une question de gouvernance. Ces questions sont trop importantes pour que les accords ou les annonces soient précipités », a-t-elle ajouté.

Sam Altman avait affiché une volonté de modifier le contrat avec le département de la Défense des États-Unis. Mais si son message aborde le problème de la surveillance des citoyens américains, il n’a pas évoqué directement la question des armes autonomes.

Si Anthropic a posé ses limites à un nouveau contrat avec le département de la Défense, l’entreprise s’était engagée avec le Pentagone dans plusieurs projets, dont le montant s’élevait à 200 millions de dollars. Après ce refus, l’administration Trump l’a officiellement désignée comme menace pour la sécurité nationale « en matière de chaîne d’approvisionnement ».

Mais l’armée américaine engagée en Iran utilise actuellement encore son IA. Selon le Washington Post, le système Maven Smart développé par Palantir et auquel elle recourt intègre l’IA Claude d’Anthropic.

OpenAI reporte le « mode adulte » de ChatGPT

L’organisation interne d’OpenAI semble donc faire les frais de la précipitation de Sam Altman pour emporter le contrat tombé des mains d’Anthropic.

L’entreprise a d’ailleurs encore repoussé le lancement du « mode adulte » dont elle parlait en octobre dernier. « Nous reportons le lancement du mode adulte afin de pouvoir nous concentrer sur des tâches qui sont actuellement plus prioritaires pour un plus grand nombre d’utilisateurs », affirme l’entreprise à Axios. « Nous continuons à croire au principe selon lequel il faut traiter les adultes comme des adultes, mais il faudra plus de temps pour acquérir l’expérience nécessaire », ajoute-t-elle.

Cette fonctionnalité avait été critiquée en interne par une de ses cadres en charge de la sécurité des utilisateurs, Ryan Beiermeister. Celle-ci a été licenciée au motif qu’elle aurait commis une discrimination de genre à l’encontre de l’un de ses collègues masculins.

Le contrat OpenAI-Pentagone fait encore des remous : Caitlin Kalinowski démissionne

9 mars 2026 à 11:30

Le contrat OpenAI-Pentagone fait encore des remous : Caitlin Kalinowski démissionne

La responsable de la branche robotique d’OpenAI, Caitlin Kalinowski, a annoncé sa démission alors que l’entreprise a passé un contrat avec le département de la Défense des États-Unis. Elle le juge précipité.

Le mini mea-culpa de Sam Altman n’aura pas suffi à garder Caitlin Kalinowski dans les rangs de son entreprise. La responsable de la branche robotique d’OpenAI a expliqué samedi soir dans un post sur X qu’elle avait démissionné en affirmant qu’« il s’agissait d’une question de principe, pas de personnes ».

Sam Altman avait déjà reconnu dans un mémo interne rendu ensuite public s’être précipité et avoir signé un contrat qui « paraissait opportuniste et bâclé ». L’entreprise avait sauté sur l’opportunité du refus de son concurrent Anthropic de signer le même contrat avec le département de la Défense, sans clause bloquant l’utilisation de l’outil à des fins de surveillance des citoyens américains et dans des armes totalement autonomes.

La directrice de l’équipe robotique d’OpenAI aurait été au premier rang des responsables de la mise en place d’armes totalement autonomes utilisant les systèmes d’OpenAI.

Pas une opposition totale, mais un besoin de davantage de réflexion

Dans son message, Caitlin Kalinowski n’affiche pas une opposition totale à la possibilité que l’armée américaine utilise ce genre d’outils. Elle aurait cependant voulu que cette question, ainsi que celle de l’utilisation de l’IA pour surveiller les Américains, ne soient pas prises à la légère : « L’IA joue un rôle important dans la sécurité nationale. Mais la surveillance des Américains sans contrôle judiciaire et l’autonomie létale sans autorisation humaine sont des questions qui méritaient davantage de réflexion qu’elles n’en ont reçu ».

« Pour être clair, mon problème est que l’annonce a été faite précipitamment, sans que les garde-fous aient été définis. Il s’agit avant tout d’une question de gouvernance. Ces questions sont trop importantes pour que les accords ou les annonces soient précipités », a-t-elle ajouté.

Sam Altman avait affiché une volonté de modifier le contrat avec le département de la Défense des États-Unis. Mais si son message aborde le problème de la surveillance des citoyens américains, il n’a pas évoqué directement la question des armes autonomes.

Si Anthropic a posé ses limites à un nouveau contrat avec le département de la Défense, l’entreprise s’était engagée avec le Pentagone dans plusieurs projets, dont le montant s’élevait à 200 millions de dollars. Après ce refus, l’administration Trump l’a officiellement désignée comme menace pour la sécurité nationale « en matière de chaîne d’approvisionnement ».

Mais l’armée américaine engagée en Iran utilise actuellement encore son IA. Selon le Washington Post, le système Maven Smart développé par Palantir et auquel elle recourt intègre l’IA Claude d’Anthropic.

OpenAI reporte le « mode adulte » de ChatGPT

L’organisation interne d’OpenAI semble donc faire les frais de la précipitation de Sam Altman pour emporter le contrat tombé des mains d’Anthropic.

L’entreprise a d’ailleurs encore repoussé le lancement du « mode adulte » dont elle parlait en octobre dernier. « Nous reportons le lancement du mode adulte afin de pouvoir nous concentrer sur des tâches qui sont actuellement plus prioritaires pour un plus grand nombre d’utilisateurs », affirme l’entreprise à Axios. « Nous continuons à croire au principe selon lequel il faut traiter les adultes comme des adultes, mais il faudra plus de temps pour acquérir l’expérience nécessaire », ajoute-t-elle.

Cette fonctionnalité avait été critiquée en interne par une de ses cadres en charge de la sécurité des utilisateurs, Ryan Beiermeister. Celle-ci a été licenciée au motif qu’elle aurait commis une discrimination de genre à l’encontre de l’un de ses collègues masculins.

Reçu — 6 mars 2026 Actualités numériques

En chimie, l’IA permet d’« optimiser la manière de faire de la recherche »

6 mars 2026 à 16:14
C'est du chimique !
En chimie, l’IA permet d’« optimiser la manière de faire de la recherche »

Les méthodes d’IA ont passé les portes des laboratoires depuis quelques années. Mais, concrètement, à quoi sert-elle quand les chimistes l’utilisent ? Next a voulu en savoir plus et a interrogé le chimiste théorique François-Xavier Coudert.

Le machine learning ou le deep learning pour analyser des images, des vidéos, des textes ou des sons, on commence à connaître. Mais à quoi peuvent bien servir les techniques d’IA dans un laboratoire de chimie ? Qu’est-ce qu’un chimiste théorique peut bien faire d’un réseau de neurones ?

Next a discuté avec François-Xavier Coudert, chercheur au CNRS qui a travaillé, par exemple, sur l’utilisation de l’IA pour trouver de nouveaux réseaux métallo-organiques, ces matériaux poreux dont la découverte a valu aux chimistes Susumu Kitagawa, Richard Robson et Omar M. Yaghi le prix Nobel en 2025.

>> Quel est le but de s’appuyer sur l’IA quand on fait des recherches en chimie ?

Une des idées est de trouver de meilleures molécules ou de meilleurs matériaux pour des applications choisies. Typiquement, on peut vouloir séparer le CO₂ des autres gaz en sortie de cheminée d’usines. On va aller creuser dans les matériaux connus qui n’ont jamais été testés pour cette application-là.

Jusqu’ici, les gens qui développaient des matériaux avaient une application en tête. Si ça marche, ils le publient et expliquent que ce matériau fait ce qu’ils veulent super bien, sinon, ils le mettent dans un tiroir et font un autre essai. L’idée, c’est que, dans les matériaux qui ont telle propriété pour laquelle ils sont connus, il y en a peut-être qui pourraient être très bien pour d’autres applications. Et ainsi d’aller chercher des matériaux connus mais qui n’auraient pas été complètement exploités. Mais comment le savoir ? On est face à des milliers de matériaux et de molécules. C’est aussi un peu l’idée du « repurposing » (réutilisation) des médicaments : si je trouve une molécule connue mais qu’elle a un autre effet, c’est toujours plus facile à déployer que de réinventer depuis rien une nouvelle molécule.

Aller au-delà de l’« intuition chimique »

>> Les techniques d’IA permettent de modéliser, sélectionner, générer plein de choses, dans quels buts les chimistes utilisent l’IA actuellement ?

Il y a beaucoup de champs scientifiques qui utilisent l’IA parce qu’ils ont de larges volumes de données qui étaient jusque-là inexploitées, c’est le paradigme du big data. En chimie, il y a la même motivation : à force, les laboratoires académiques comme ceux de R&D ont accumulé des données et ils veulent les valoriser.


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Désignée « fournisseur à risque pour la sécurité nationale » aux US, Anthropic conteste

6 mars 2026 à 13:37
Misanthropic world
Désignée « fournisseur à risque pour la sécurité nationale » aux US, Anthropic conteste

L’administration Trump a mis sa menace à exécution : elle a désigné officiellement Anthropic comme une menace pour la sécurité nationale « en matière de chaîne d’approvisionnement ». Dario Amodei a annoncé que l’entreprise allait contester cette décision devant la justice. Le responsable s’excuse en même temps pour la fuite d’un mémo dans lequel il comparait Trump à un « dictateur ».

La tension n’est toujours pas retombée entre Anthropic et l’administration Trump. Cette dernière a officiellement désigné la startup comme une menace pour la sécurité nationale « en matière de chaîne d’approvisionnement ». Jusque-là, ce qualificatif n’avait jamais été utilisé par le pouvoir états-unien contre une entreprise du pays. L’implication juridique pourrait être plus ou moins importante économiquement pour Anthropic.

Une portée différente selon les deux parties

Le CEO de l’entreprise, Dario Amodei, a affirmé ce jeudi sur le blog d’Anthropic avoir reçu, la veille, la lettre officielle du Département de la Défense américain (DOD, désigné aussi sous le nom de Département de la Guerre par l’administration Trump).

Vendredi dernier, Pete Hegseth, le secrétaire d’État à la Défense, avait annoncé que cette qualification impliquait qu’ « aucun contractant, fournisseur ou partenaire entretenant des relations commerciales avec l’armée américaine n’est autorisé à mener une quelconque activité commerciale avec Anthropic ». Cela aurait de lourdes conséquences pour la startup, dont les clients comme Microsoft, Google ou Amazon devraient choisir entre la startup ou leurs contrats avec la défense des États-Unis.

Mais dans son billet, le responsable de la startup conteste la portée de la mesure. Sans citer la lettre, il affirme que « le langage utilisé par le ministère de la Guerre dans la lettre (en supposant qu’il soit juridiquement valable) correspond à notre déclaration de vendredi selon laquelle la grande majorité de nos clients ne sont pas concernés par une désignation de risque lié à la chaîne d’approvisionnement » :

« cela s’applique clairement uniquement à l’utilisation de Claude par les clients dans le cadre direct de contrats avec le ministère de la Guerre, et non à toute utilisation de Claude par les clients qui ont conclu de tels contrats. »

Microsoft confirme au New York Times : « Nos avocats ont étudié cette désignation et ont conclu que les produits Anthropic, y compris Claude, peuvent rester disponibles pour nos clients (à l’exception du ministère de la Guerre) via des plateformes telles que M365, GitHub et Microsoft AI Foundry, et que nous pouvons continuer à travailler avec Anthropic sur des projets non liés à la défense ».

Des excuses pour des propos contre l’administration Trump dans un mémo interne

« Cette action imprudente est court-termiste, autodestructrice et fait le jeu de nos adversaires », affirme à nos confrères la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand. « Le fait que le gouvernement attaque ouvertement une entreprise américaine pour avoir refusé de compromettre ses propres mesures de sécurité est quelque chose que l’on attendrait de la Chine, pas des États-Unis », ajoute-t-elle.

Dans son billet de blog, Dario Amodei est aussi revenu sur la fuite d’un mémo interne qu’il a envoyé à ses employés. Dans celui-ci, obtenu par le média The Information et relayé par Futurism, le CEO fulminait : « La véritable raison pour laquelle [le département de la Défense] et l’administration Trump ne nous aiment pas, c’est que nous n’avons pas fait de dons à Trump ».

« Nous n’avons pas fait d’éloges à Trump dignes d’un dictateur (contrairement à Sam [Altman, ndlr]) », ajoutait Amodei, qui s’excuse sur son blog où il assure que ce n’est pas la direction de l’entreprise qui est à l’origine de la fuite : « Il n’est pas dans notre intérêt d’aggraver la situation ».

Et il remet le mémo dans son contexte du message de Donald Trump posté sur Truth Social et celui du département de la Défense sur X vendredi dernier. Le dirigeant y qualifiait notamment Anthropic d’ « entreprise woke de gauche radicale » et affirmait que les États-Unis ne la « laisseraient jamais dicter la manière dont [leur] grande armée mène et gagne les guerres ». Quant au Pentagone, il accusait l’entreprise et son CEO de duplicité.

Désignée « fournisseur à risque pour la sécurité nationale » aux US, Anthropic conteste

6 mars 2026 à 13:37
Misanthropic world
Désignée « fournisseur à risque pour la sécurité nationale » aux US, Anthropic conteste

L’administration Trump a mis sa menace à exécution : elle a désigné officiellement Anthropic comme une menace pour la sécurité nationale « en matière de chaîne d’approvisionnement ». Dario Amodei a annoncé que l’entreprise allait contester cette décision devant la justice. Le responsable s’excuse en même temps pour la fuite d’un mémo dans lequel il comparait Trump à un « dictateur ».

La tension n’est toujours pas retombée entre Anthropic et l’administration Trump. Cette dernière a officiellement désigné la startup comme une menace pour la sécurité nationale « en matière de chaîne d’approvisionnement ». Jusque-là, ce qualificatif n’avait jamais été utilisé par le pouvoir états-unien contre une entreprise du pays. L’implication juridique pourrait être plus ou moins importante économiquement pour Anthropic.

Une portée différente selon les deux parties

Le CEO de l’entreprise, Dario Amodei, a affirmé ce jeudi sur le blog d’Anthropic avoir reçu, la veille, la lettre officielle du Département de la Défense américain (DOD, désigné aussi sous le nom de Département de la Guerre par l’administration Trump).

Vendredi dernier, Pete Hegseth, le secrétaire d’État à la Défense, avait annoncé que cette qualification impliquait qu’ « aucun contractant, fournisseur ou partenaire entretenant des relations commerciales avec l’armée américaine n’est autorisé à mener une quelconque activité commerciale avec Anthropic ». Cela aurait de lourdes conséquences pour la startup, dont les clients comme Microsoft, Google ou Amazon devraient choisir entre la startup ou leurs contrats avec la défense des États-Unis.

Mais dans son billet, le responsable de la startup conteste la portée de la mesure. Sans citer la lettre, il affirme que « le langage utilisé par le ministère de la Guerre dans la lettre (en supposant qu’il soit juridiquement valable) correspond à notre déclaration de vendredi selon laquelle la grande majorité de nos clients ne sont pas concernés par une désignation de risque lié à la chaîne d’approvisionnement » :

« cela s’applique clairement uniquement à l’utilisation de Claude par les clients dans le cadre direct de contrats avec le ministère de la Guerre, et non à toute utilisation de Claude par les clients qui ont conclu de tels contrats. »

Microsoft confirme au New York Times : « Nos avocats ont étudié cette désignation et ont conclu que les produits Anthropic, y compris Claude, peuvent rester disponibles pour nos clients (à l’exception du ministère de la Guerre) via des plateformes telles que M365, GitHub et Microsoft AI Foundry, et que nous pouvons continuer à travailler avec Anthropic sur des projets non liés à la défense ».

Des excuses pour des propos contre l’administration Trump dans un mémo interne

« Cette action imprudente est court-termiste, autodestructrice et fait le jeu de nos adversaires », affirme à nos confrères la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand. « Le fait que le gouvernement attaque ouvertement une entreprise américaine pour avoir refusé de compromettre ses propres mesures de sécurité est quelque chose que l’on attendrait de la Chine, pas des États-Unis », ajoute-t-elle.

Dans son billet de blog, Dario Amodei est aussi revenu sur la fuite d’un mémo interne qu’il a envoyé à ses employés. Dans celui-ci, obtenu par le média The Information et relayé par Futurism, le CEO fulminait : « La véritable raison pour laquelle [le département de la Défense] et l’administration Trump ne nous aiment pas, c’est que nous n’avons pas fait de dons à Trump ».

« Nous n’avons pas fait d’éloges à Trump dignes d’un dictateur (contrairement à Sam [Altman, ndlr]) », ajoutait Amodei, qui s’excuse sur son blog où il assure que ce n’est pas la direction de l’entreprise qui est à l’origine de la fuite : « Il n’est pas dans notre intérêt d’aggraver la situation ».

Et il remet le mémo dans son contexte du message de Donald Trump posté sur Truth Social et celui du département de la Défense sur X vendredi dernier. Le dirigeant y qualifiait notamment Anthropic d’ « entreprise woke de gauche radicale » et affirmait que les États-Unis ne la « laisseraient jamais dicter la manière dont [leur] grande armée mène et gagne les guerres ». Quant au Pentagone, il accusait l’entreprise et son CEO de duplicité.

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