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Reçu — 24 mars 2026 Actualités numériques

Guerre en Iran : nouvelles perturbations pour les infrastructures d’Amazon au Bahreïn

24 mars 2026 à 16:02
Collateral damages
Guerre en Iran : nouvelles perturbations pour les infrastructures d’Amazon au Bahreïn

De nouvelles perturbations sur le centre de données d’AWS localisé au Bahreïn soulignent les enjeux que le conflit en Iran pose pour les projets d’infrastructure numérique lancés au Moyen-Orient.

Début mars, AWS faisait déjà partie des victimes collatérales des combats entre États-Unis, Israël et Iran. Ce 23 mars, d’après les informations de Reuters, ses services installés à Bahreïn sont de nouveau perturbés par des activités de drones.

Si ces interruptions de service ont été confirmées par un porte-parole de l’entreprise, ce dernier n’a pas indiqué si le centre de données concerné avait été directement touché par un tir, ou s’il subissait des aléas dus à des frappes à proximité. L’épisode illustre la situation délicate dans laquelle l’attaque de l’Iran par les États-Unis place les plus grands acteurs du numérique, qui ont multiplié ces dernières années les investissements au Moyen-Orient.

Migration encouragée vers d’autres régions

Depuis les premières perturbations liées au conflit, tout début mars, Amazon semble avoir cessé de mettre à jour sa communication sur la situation de ses équipements. Les informations relatives à « me-south-1 », comme le centre de données du Bahreïn est nommé dans la nomenclature d’AWS, restent en effet inchangées depuis le 3 mars.


Services qui restent « touchés » par des perturbations (et non « réparés ») à la suite de perturbation du centre de données me-south-1, en date du 24.03.26
 / Capture d’écran Amazon

Auprès de Reuters, l’entreprise indique aider sa clientèle à migrer ses charges vers d’autres régions où les services d’AWS sont disponibles, le temps que les capacités de ce bâtiment puissent être rétablies. Début mars, l’entreprise avait indiqué plusieurs perturbations, notamment en termes d’approvisionnement électrique, aux Émirats arabes unis et au Bahreïn. L’entreprise affirmait que les frappes du moment avaient causé des « dommages structurels », et qu’à ce titre, la remise en état des équipements serait « longue ».

Multiplication de projets au Moyen-Orient

Mis en service en 2019, le centre de données du Bahreïn est le premier qu’Amazon ait construit dans le Golfe persique. Depuis, elle a développé des infrastructures aux Émirats arabes unis et travaille désormais à un projet à 10 milliards de dollars en Arabie saoudite. Mais les tensions actuelles risquent de mettre en péril certains projets, que ceux-ci visent à fournir de l’infrastructure classique, ou des projets plus spécifiquement dédiés à l’intelligence artificielle. 


En quelques années, les Émirats, le Qatar et l’Arabie Saoudite ont en effet dépensé des milliers de milliards de dollars dans l’industrie du numérique, tandis que géants historiques de l’industrie technologique et projets plus directement liés à l’essor de l’IA venaient y réaliser leurs propres larges investissements. Oracle, Nvidia et Cisco soutiennent ainsi financièrement le projet de campus dédié à l’IA d’Open AI, appelé UAE Stargate (en écho au Stargate états-unien) et financé en collaboration avec la société émiratie G42.



Au total, en 2025, les dépenses liées au numérique orienté business et consommateur auraient dépassé les 65 milliards de dollars en 2025, soit près du double des 36 milliards relevés en 2020, selon la société IDC. Les seuls secteurs du cloud et des centres de données ont enregistré une augmentation de 75 % des dépenses, pour un total de 895 millions de dollars en 2025, relève le New-York Times.

Déjà au moins de septembre, alors que Doha, la capitale qatarie, était touchée par des frappes israéliennes, des investisseurs questionnaient auprès de CNBC la stabilité géopolitique de la région. Et si Donald Trump lui-même a salué, voire aidé à la conclusion de certains projets, sa décision de se lancer dans l’attaque récente contre l’Iran vient largement rebattre les cartes.

Rien n’empêche de considérer, souligne en effet le directeur du Center for Strategic and International Studies, que des centres de données puissent devenir des « cibles d’attaques légitimes dans les conflits armés modernes ». Mi-mars, l’Iran durcissait justement le ton, qualifiant d’« infrastructures technologiques ennemies » les équipements d’Amazon, Microsoft, Google, Palantir, Nvidia, IBM et Oracle.

Si les projets initiés dans la région ne devraient pas disparaître du jour au lendemain, des analystes préviennent qu’à défaut de détente, les prochaines vagues d’investissements pourraient se tourner vers d’autres régions du monde pour s’épargner des risques géopolitiques. Un tel cas de figure pourrait notamment profiter à l’Europe du Nord, l’Inde ou l’Asie du Sud-Est.

Guerre en Iran : nouvelles perturbations pour les infrastructures d’Amazon au Bahreïn

24 mars 2026 à 16:02
Collateral damages
Guerre en Iran : nouvelles perturbations pour les infrastructures d’Amazon au Bahreïn

De nouvelles perturbations sur le centre de données d’AWS localisé au Bahreïn soulignent les enjeux que le conflit en Iran pose pour les projets d’infrastructure numérique lancés au Moyen-Orient.

Début mars, AWS faisait déjà partie des victimes collatérales des combats entre États-Unis, Israël et Iran. Ce 23 mars, d’après les informations de Reuters, ses services installés à Bahreïn sont de nouveau perturbés par des activités de drones.

Si ces interruptions de service ont été confirmées par un porte-parole de l’entreprise, ce dernier n’a pas indiqué si le centre de données concerné avait été directement touché par un tir, ou s’il subissait des aléas dus à des frappes à proximité. L’épisode illustre la situation délicate dans laquelle l’attaque de l’Iran par les États-Unis place les plus grands acteurs du numérique, qui ont multiplié ces dernières années les investissements au Moyen-Orient.

Migration encouragée vers d’autres régions

Depuis les premières perturbations liées au conflit, tout début mars, Amazon semble avoir cessé de mettre à jour sa communication sur la situation de ses équipements. Les informations relatives à « me-south-1 », comme le centre de données du Bahreïn est nommé dans la nomenclature d’AWS, restent en effet inchangées depuis le 3 mars.


Services qui restent « touchés » par des perturbations (et non « réparés ») à la suite de perturbation du centre de données me-south-1, en date du 24.03.26
 / Capture d’écran Amazon

Auprès de Reuters, l’entreprise indique aider sa clientèle à migrer ses charges vers d’autres régions où les services d’AWS sont disponibles, le temps que les capacités de ce bâtiment puissent être rétablies. Début mars, l’entreprise avait indiqué plusieurs perturbations, notamment en termes d’approvisionnement électrique, aux Émirats arabes unis et au Bahreïn. L’entreprise affirmait que les frappes du moment avaient causé des « dommages structurels », et qu’à ce titre, la remise en état des équipements serait « longue ».

Multiplication de projets au Moyen-Orient

Mis en service en 2019, le centre de données du Bahreïn est le premier qu’Amazon ait construit dans le Golfe persique. Depuis, elle a développé des infrastructures aux Émirats arabes unis et travaille désormais à un projet à 10 milliards de dollars en Arabie saoudite. Mais les tensions actuelles risquent de mettre en péril certains projets, que ceux-ci visent à fournir de l’infrastructure classique, ou des projets plus spécifiquement dédiés à l’intelligence artificielle. 


En quelques années, les Émirats, le Qatar et l’Arabie Saoudite ont en effet dépensé des milliers de milliards de dollars dans l’industrie du numérique, tandis que géants historiques de l’industrie technologique et projets plus directement liés à l’essor de l’IA venaient y réaliser leurs propres larges investissements. Oracle, Nvidia et Cisco soutiennent ainsi financièrement le projet de campus dédié à l’IA d’Open AI, appelé UAE Stargate (en écho au Stargate états-unien) et financé en collaboration avec la société émiratie G42.



Au total, en 2025, les dépenses liées au numérique orienté business et consommateur auraient dépassé les 65 milliards de dollars en 2025, soit près du double des 36 milliards relevés en 2020, selon la société IDC. Les seuls secteurs du cloud et des centres de données ont enregistré une augmentation de 75 % des dépenses, pour un total de 895 millions de dollars en 2025, relève le New-York Times.

Déjà au moins de septembre, alors que Doha, la capitale qatarie, était touchée par des frappes israéliennes, des investisseurs questionnaient auprès de CNBC la stabilité géopolitique de la région. Et si Donald Trump lui-même a salué, voire aidé à la conclusion de certains projets, sa décision de se lancer dans l’attaque récente contre l’Iran vient largement rebattre les cartes.

Rien n’empêche de considérer, souligne en effet le directeur du Center for Strategic and International Studies, que des centres de données puissent devenir des « cibles d’attaques légitimes dans les conflits armés modernes ». Mi-mars, l’Iran durcissait justement le ton, qualifiant d’« infrastructures technologiques ennemies » les équipements d’Amazon, Microsoft, Google, Palantir, Nvidia, IBM et Oracle.

Si les projets initiés dans la région ne devraient pas disparaître du jour au lendemain, des analystes préviennent qu’à défaut de détente, les prochaines vagues d’investissements pourraient se tourner vers d’autres régions du monde pour s’épargner des risques géopolitiques. Un tel cas de figure pourrait notamment profiter à l’Europe du Nord, l’Inde ou l’Asie du Sud-Est.

☕️ Pour le patron de Grammarly, tout expert pourrait tirer profit d’agents d’IA à son nom

24 mars 2026 à 13:56


Patron de Superhuman, la société éditrice de Grammarly, Shishir Mehrotra est revenu sur les débats relatifs à sa fonctionnalité « Expert Review », qui permettait de réviser un texte avec l’aide de rendus automatisés présentés comme inspirés des travaux d’autrices et auteurs, scientifiques ou journalistes réels.

Après avoir créé un large débat dans la sphère anglophone, cette dernière a été suspendue le 12 mars, quelques heures après que nous retrouvions les noms de plusieurs scientifiques, écrivaines et journalistes francophones dans l’outil.

Sur les 1 500 personnes travaillant chez Superhuman, nom adopté par la société quelques mois après une levée de fonds d’un milliard de dollars, Shishir Mehrotra explique à The Verge que la décision de lancer un tel outil est revenue à une poignée de personnes, « probablement un gestionnaire de produit et quelques ingénieurs ». Il explique sa décision de la supprimer au fait qu’il s’agissait d’une « mauvaise fonctionnalité », utile « ni pour les utilisateurs, ni pour les experts ».

Illustration : Flock

Interrogé sur la rémunération qui aurait dû être proposée aux universitaires, journalistes, ou autrices et auteurs cités par la machine, l’entrepreneur répond sur la thématique de la visibilité : « Comme experts, vous avez besoin de vous rendre visibles sur internet. »

N’importe quelle personne qui publierait en ligne, estime-t-il, veut voir son contenu utilisé par d’autres, que d’autres utilisateurs y fassent référence, et que les auteurs des contenus en question soient cités. « Et pour citer, il faut utiliser votre nom ». C’est, en substance, ce que Grammarly souhaitait mettre en avant avec son outil « expert review », avance l’entrepreneur, qui considère les accusations d’usurpation d’identité « un peu exagérées ».

La journaliste Julia Angwin et d’autres poursuivent néanmoins l’entreprise en justice aux États-Unis pour usage non consenti du nom et de l’identité de personnes, sans leur consentement.

Relancé sur la question de la rémunération qui aurait pu être proposée aux personnalités citées par la machine, Shishir Mehrotra évacue à nouveau : « Nous ne devrions pas usurper votre identité, point. Nous ne l’avons pas fait. Si nous utilisons votre travail, si n’importe quel LLM ou n’importe quel produit utilise votre travail, il devrait citer la source de ces éléments et fournir les liens qui y renvoient. »

Interrogé une troisième fois sur le sujet, l’entrepreneur évoque finalement un modèle d’affaire en cours de construction – notamment la possibilité de créer des agents d’IA supposés représenter un ou une experte, qui pourrait ensuite partager les revenus tirés de l’usage de cet outil avec Grammarly, sur une répartition de l’ordre de 70 % pour l’auteur, 30 % pour la plateforme. Concrètement, Shishir Mehrotra propose un mode de financement très similaire à ce qui existe déjà dans l’écosystème des créateurs et créatrices de contenu, sans considération particulière sur la volonté des universitaires, journalistes ou autrices et auteurs cités pour ce type de nouvelle activité.

Quant aux noms cités par la fonctionnalité Expert Review – côté français, nous avions noté la présence de Valérie Masson-Delmotte, Annie Ernaux ou encore Florence Aubenas – ces derniers « viennent directement des LLM populaires ». Autrement dit, Grammarly n’aurait rien construit d’autre qu’une forme d’itération sur la pratique consistant à interroger Claude ou Gemini en lui demandant d’améliorer un texte en « s’appuyant sur les personnes les plus utiles pour donner des retours constructifs, prenant leurs travaux les plus intéressants, et utilisant cela pour fournir une révision ».

☕️ Pour le patron de Grammarly, tout expert pourrait tirer profit d’agents d’IA à son nom

24 mars 2026 à 13:56


Patron de Superhuman, la société éditrice de Grammarly, Shishir Mehrotra est revenu sur les débats relatifs à sa fonctionnalité « Expert Review », qui permettait de réviser un texte avec l’aide de rendus automatisés présentés comme inspirés des travaux d’autrices et auteurs, scientifiques ou journalistes réels.

Après avoir créé un large débat dans la sphère anglophone, cette dernière a été suspendue le 12 mars, quelques heures après que nous retrouvions les noms de plusieurs scientifiques, écrivaines et journalistes francophones dans l’outil.

Sur les 1 500 personnes travaillant chez Superhuman, nom adopté par la société quelques mois après une levée de fonds d’un milliard de dollars, Shishir Mehrotra explique à The Verge que la décision de lancer un tel outil est revenue à une poignée de personnes, « probablement un gestionnaire de produit et quelques ingénieurs ». Il explique sa décision de la supprimer au fait qu’il s’agissait d’une « mauvaise fonctionnalité », utile « ni pour les utilisateurs, ni pour les experts ».

Illustration : Flock

Interrogé sur la rémunération qui aurait dû être proposée aux universitaires, journalistes, ou autrices et auteurs cités par la machine, l’entrepreneur répond sur la thématique de la visibilité : « Comme experts, vous avez besoin de vous rendre visibles sur internet. »

N’importe quelle personne qui publierait en ligne, estime-t-il, veut voir son contenu utilisé par d’autres, que d’autres utilisateurs y fassent référence, et que les auteurs des contenus en question soient cités. « Et pour citer, il faut utiliser votre nom ». C’est, en substance, ce que Grammarly souhaitait mettre en avant avec son outil « expert review », avance l’entrepreneur, qui considère les accusations d’usurpation d’identité « un peu exagérées ».

La journaliste Julia Angwin et d’autres poursuivent néanmoins l’entreprise en justice aux États-Unis pour usage non consenti du nom et de l’identité de personnes, sans leur consentement.

Relancé sur la question de la rémunération qui aurait pu être proposée aux personnalités citées par la machine, Shishir Mehrotra évacue à nouveau : « Nous ne devrions pas usurper votre identité, point. Nous ne l’avons pas fait. Si nous utilisons votre travail, si n’importe quel LLM ou n’importe quel produit utilise votre travail, il devrait citer la source de ces éléments et fournir les liens qui y renvoient. »

Interrogé une troisième fois sur le sujet, l’entrepreneur évoque finalement un modèle d’affaire en cours de construction – notamment la possibilité de créer des agents d’IA supposés représenter un ou une experte, qui pourrait ensuite partager les revenus tirés de l’usage de cet outil avec Grammarly, sur une répartition de l’ordre de 70 % pour l’auteur, 30 % pour la plateforme. Concrètement, Shishir Mehrotra propose un mode de financement très similaire à ce qui existe déjà dans l’écosystème des créateurs et créatrices de contenu, sans considération particulière sur la volonté des universitaires, journalistes ou autrices et auteurs cités pour ce type de nouvelle activité.

Quant aux noms cités par la fonctionnalité Expert Review – côté français, nous avions noté la présence de Valérie Masson-Delmotte, Annie Ernaux ou encore Florence Aubenas – ces derniers « viennent directement des LLM populaires ». Autrement dit, Grammarly n’aurait rien construit d’autre qu’une forme d’itération sur la pratique consistant à interroger Claude ou Gemini en lui demandant d’améliorer un texte en « s’appuyant sur les personnes les plus utiles pour donner des retours constructifs, prenant leurs travaux les plus intéressants, et utilisant cela pour fournir une révision ».

☕️ Sur Tiktok, une campagne d’influence en amont des élections législatives hongroises

24 mars 2026 à 10:19


À chaque échéance électorale ou presque, désormais, son lot d’opérations d’influence : alors que la population hongroise doit se rendre aux urnes le 12 avril pour des élections législatives, des centaines de vidéos générées par IA circulent sur TikTok dans un but affiché d’améliorer l’image du Premier ministre Viktor Orbán et de discréditer son concurrent Péter Magyar.

En l’espèce, Newsguard indique avoir identifié un réseau de 34 comptes anonymes dédiés à moquer Péter Magyar – par exemple en faisant prononcer des textes critiques par des animaux – ou à tromper très directement les internautes en singeant des reportages vidéos dénigrant le candidat. Ces derniers éléments reprennent de vraies images de Péter Magyar, mais y ajoutent divers commentaires négatifs, ou de faux présentateurs le qualifiant d’agressif.

L’Ukraine est régulièrement visée dans ces contenus, et les images de stars internationales comme Leonardo DiCaprio ou Johnny Depp utilisées pour diffuser des messages politiques.

Les images de Leonardo DiCaprio et Johnny Depp utilisées pour interférer dans les débats en amont des élections législatives hongroises / Capture d’écran Newsguard

À l’heure actuelle, les vidéos en question ont accumulé de l’ordre de 10 millions de vues. En parallèle, Newsguard constate que des émanations de la campagne russe Matriochka – qui s’était attaquée à l’Ukraine et à l’organisation des Jeux olympiques de 2024 dans l’espace informationnel français – visent aussi le public hongrois. Ces dernières recourent plutôt à X et Telegram pour diffuser de fausses informations, là encore mentionnant régulièrement l’Ukraine pour en critiquer la population.

Alors que Viktor Orbán est décrit comme le « canal d’influence le plus direct de Vladimir Poutine au sein de l’UE », plusieurs spécialistes alertent contre les risques d’ingérence dans le scrutin de la part de la Russie.

☕️ Sur Tiktok, une campagne d’influence en amont des élections législatives hongroises

24 mars 2026 à 10:19


À chaque échéance électorale ou presque, désormais, son lot d’opérations d’influence : alors que la population hongroise doit se rendre aux urnes le 12 avril pour des élections législatives, des centaines de vidéos générées par IA circulent sur TikTok dans un but affiché d’améliorer l’image du Premier ministre Viktor Orbán et de discréditer son concurrent Péter Magyar.

En l’espèce, Newsguard indique avoir identifié un réseau de 34 comptes anonymes dédiés à moquer Péter Magyar – par exemple en faisant prononcer des textes critiques par des animaux – ou à tromper très directement les internautes en singeant des reportages vidéos dénigrant le candidat. Ces derniers éléments reprennent de vraies images de Péter Magyar, mais y ajoutent divers commentaires négatifs, ou de faux présentateurs le qualifiant d’agressif.

L’Ukraine est régulièrement visée dans ces contenus, et les images de stars internationales comme Leonardo DiCaprio ou Johnny Depp utilisées pour diffuser des messages politiques.

Les images de Leonardo DiCaprio et Johnny Depp utilisées pour interférer dans les débats en amont des élections législatives hongroises / Capture d’écran Newsguard

À l’heure actuelle, les vidéos en question ont accumulé de l’ordre de 10 millions de vues. En parallèle, Newsguard constate que des émanations de la campagne russe Matriochka – qui s’était attaquée à l’Ukraine et à l’organisation des Jeux olympiques de 2024 dans l’espace informationnel français – visent aussi le public hongrois. Ces dernières recourent plutôt à X et Telegram pour diffuser de fausses informations, là encore mentionnant régulièrement l’Ukraine pour en critiquer la population.

Alors que Viktor Orbán est décrit comme le « canal d’influence le plus direct de Vladimir Poutine au sein de l’UE », plusieurs spécialistes alertent contre les risques d’ingérence dans le scrutin de la part de la Russie.

☕️ Chez Arte, les revenus des traducteurs chutent à mesure que l’IA est adoptée

24 mars 2026 à 08:49


Début février, chez Arte, des représentants du collectif de traducteurs et traductrices qui travaillent aux sous-titres de la chaîne franco-allemande étaient venus sonner l’alerte : depuis le début de l’année 2025, leurs revenus étaient en forte baisse.

Depuis plus d’une décennie, la chaîne recourt à leurs services pour adapter les magazines et documentaires vers l’anglais, l’espagnol, le polonais, l’italien et le roumain.

Sur place, les responsables du programme multilingue de la chaîne ne s’en sont pas cachés, rapporte Mediapart : ils sont très satisfaits des résultats de leurs expérimentations de traduction automatisée, menées à partir de mai 2023 et généralisées un an plus tard. À terme, le recours à l’intelligence artificielle devrait devenir « inéluctable ».

Illustration : Flock

Concrètement, cela leur permet de réduire de moitié la facture actuelle versée au prestataire d’Arte Transperfect. Pour un traducteur humain, cette facture s’élève à 10 euros la minute, dont 4 à 5 euros sont finalement reçus par le ou la traductrice. Pour ces derniers, en revanche, cela réduit la qualité du travail tout en réduisant les revenus.

Comme nous l’expliquait Margot Nguyen Béraud, membre du collectif En chair et en os, dans le dernier épisode d’Entre la chaise et le clavier, à l’ère de l’IA, le travail demandé aux professionnels de la traduction n’est plus de partir du texte initial pour l’adapter, mais d’une version « pré-mâchée » par le robot, qu’il s’agit ensuite de « post-éditer ».

L’effet sur les revenus est direct : quand bien même les principaux concernés estiment que ces post-éditions ne leur font pas tellement gagner de temps, Transperfect ne paye plus la minute que 2 ou 2,5 euros lorsqu’un système d’IA (ici, Claude d’Anthropic) est mobilisé.

Côté Arte, en revanche, l’économie permettrait de multiplier les traductions vers vingt-quatre langues à terme, et de mettre ces traductions à disposition en moins de 24 h pour les programmes d’actualité.
Pour les représentants de plusieurs syndicats et collectifs de traducteurs et traductrices, l’affaire est malheureusement « banale », le symptôme d’une tendance qui conduit de plus en plus de professionnels à quitter le métier.

Le public n’y gagne pas forcément, pointe la présidente de l’Association des traducteurs adaptateurs de l’audiovisuel (Ataa), avec des traductions médiocres dans lesquelles des marqueurs comme le tutoiement ou le vouvoiement sont mélangés, des mots intervertis, ou encore l’intégralité du texte retranscrite, alors que les experts du sous-titre tendent à proposer des élisions pour permettre au public de suivre.

☕️ Chez Arte, les revenus des traducteurs chutent à mesure que l’IA est adoptée

24 mars 2026 à 08:49


Début février, chez Arte, des représentants du collectif de traducteurs et traductrices qui travaillent aux sous-titres de la chaîne franco-allemande étaient venus sonner l’alerte : depuis le début de l’année 2025, leurs revenus étaient en forte baisse.

Depuis plus d’une décennie, la chaîne recourt à leurs services pour adapter les magazines et documentaires vers l’anglais, l’espagnol, le polonais, l’italien et le roumain.

Sur place, les responsables du programme multilingue de la chaîne ne s’en sont pas cachés, rapporte Mediapart : ils sont très satisfaits des résultats de leurs expérimentations de traduction automatisée, menées à partir de mai 2023 et généralisées un an plus tard. À terme, le recours à l’intelligence artificielle devrait devenir « inéluctable ».

Illustration : Flock

Concrètement, cela leur permet de réduire de moitié la facture actuelle versée au prestataire d’Arte Transperfect. Pour un traducteur humain, cette facture s’élève à 10 euros la minute, dont 4 à 5 euros sont finalement reçus par le ou la traductrice. Pour ces derniers, en revanche, cela réduit la qualité du travail tout en réduisant les revenus.

Comme nous l’expliquait Margot Nguyen Béraud, membre du collectif En chair et en os, dans le dernier épisode d’Entre la chaise et le clavier, à l’ère de l’IA, le travail demandé aux professionnels de la traduction n’est plus de partir du texte initial pour l’adapter, mais d’une version « pré-mâchée » par le robot, qu’il s’agit ensuite de « post-éditer ».

L’effet sur les revenus est direct : quand bien même les principaux concernés estiment que ces post-éditions ne leur font pas tellement gagner de temps, Transperfect ne paye plus la minute que 2 ou 2,5 euros lorsqu’un système d’IA (ici, Claude d’Anthropic) est mobilisé.

Côté Arte, en revanche, l’économie permettrait de multiplier les traductions vers vingt-quatre langues à terme, et de mettre ces traductions à disposition en moins de 24 h pour les programmes d’actualité.
Pour les représentants de plusieurs syndicats et collectifs de traducteurs et traductrices, l’affaire est malheureusement « banale », le symptôme d’une tendance qui conduit de plus en plus de professionnels à quitter le métier.

Le public n’y gagne pas forcément, pointe la présidente de l’Association des traducteurs adaptateurs de l’audiovisuel (Ataa), avec des traductions médiocres dans lesquelles des marqueurs comme le tutoiement ou le vouvoiement sont mélangés, des mots intervertis, ou encore l’intégralité du texte retranscrite, alors que les experts du sous-titre tendent à proposer des élisions pour permettre au public de suivre.

Reçu — 23 mars 2026 Actualités numériques

☕️ IA : un homme plaide coupable d’avoir détourné des millions de dollars en streams musicaux

23 mars 2026 à 11:29


Michael Smith, un homme de 52 ans originaire de Caroline du Nord, a plaidé coupable, ce 20 mars, d’avoir détourné des millions de dollars de royalties en inondant les plateformes de streaming musical de morceaux générés par IA.

Non content de fabriquer la musique grâce à des systèmes d’IA générative, il avait promu ces morceaux sur les plateformes à l’aide de robots dédiés à faire grimper leur nombre d’écoutes à plusieurs milliards.

Dans le cadre d’un accord passé avec les procureurs fédéraux de New York, cet homme a plaidé coupable de complot en vue de commettre une fraude électronique, rapporte the Guardian. Cette décision fait de l’affaire l’une des premières pour fraude liée à l’IA qui aboutit.

Image by Sang Hyun Cho from Pixabay

De fait, le prévenu a « créé des milliers de fausses chansons à l’aide de l’IA », mais les revenus obtenus, eux, « étaient réels », souligne le procureur Jay Clayton dans un communiqué. D’après les termes de son accord, Michael Smith risque maintenant jusqu’à cinq ans de prison et 8 millions de dollars au titre de la confiscation de ses gains lorsque sa peine définitive sera prononcée, en juillet.

En janvier, le magazine Rolling Stones révélait que ce père de famille avait utilisé 1 040 comptes pour diffuser de l’ordre de 636 morceaux générés par IA par jour.

L’affaire illustre une tendance plus large à la diffusion de musique créée automatiquement, dont l’un des effets de bord revient à menacer directement les revenus des artistes.
Des plateformes dédiées à la fabrication de ce type de morceaux, à commencer par Udio et Suno, sont ainsi attaquées devant la justice états-unienne.

☕️ IA : un homme plaide coupable d’avoir détourné des millions de dollars en streams musicaux

23 mars 2026 à 11:29


Michael Smith, un homme de 52 ans originaire de Caroline du Nord, a plaidé coupable, ce 20 mars, d’avoir détourné des millions de dollars de royalties en inondant les plateformes de streaming musical de morceaux générés par IA.

Non content de fabriquer la musique grâce à des systèmes d’IA générative, il avait promu ces morceaux sur les plateformes à l’aide de robots dédiés à faire grimper leur nombre d’écoutes à plusieurs milliards.

Dans le cadre d’un accord passé avec les procureurs fédéraux de New York, cet homme a plaidé coupable de complot en vue de commettre une fraude électronique, rapporte the Guardian. Cette décision fait de l’affaire l’une des premières pour fraude liée à l’IA qui aboutit.

Image by Sang Hyun Cho from Pixabay

De fait, le prévenu a « créé des milliers de fausses chansons à l’aide de l’IA », mais les revenus obtenus, eux, « étaient réels », souligne le procureur Jay Clayton dans un communiqué. D’après les termes de son accord, Michael Smith risque maintenant jusqu’à cinq ans de prison et 8 millions de dollars au titre de la confiscation de ses gains lorsque sa peine définitive sera prononcée, en juillet.

En janvier, le magazine Rolling Stones révélait que ce père de famille avait utilisé 1 040 comptes pour diffuser de l’ordre de 636 morceaux générés par IA par jour.

L’affaire illustre une tendance plus large à la diffusion de musique créée automatiquement, dont l’un des effets de bord revient à menacer directement les revenus des artistes.
Des plateformes dédiées à la fabrication de ce type de morceaux, à commencer par Udio et Suno, sont ainsi attaquées devant la justice états-unienne.

Reçu — 19 mars 2026 Actualités numériques

Un projet « hypothétique » de centre de données doit-il être évalué dans son entier ?

19 mars 2026 à 17:07
Par étapes ou en entier ?
Un projet « hypothétique » de centre de données doit-il être évalué dans son entier ?

Ce 19 mars, à Versailles, le projet de centre de données de CyrusOne dans la ville de Wissous se retrouvait de nouveau devant la justice. Objet des débats : en vertu du Code de l’environnement, aurait-il dû être présenté en entier à l’administration et au public dès le début, ou son découpage en trois phases reste-t-il recevable ?

Au sortir du tribunal, les opposants au projet de centre de données de CyrusOne à Wissous avaient repris un peu d’espoir : le juge Even avait posé deux questions sur le raisonnement économique qui avait poussé l’opérateur états-unien à initier son projet. D’après Philippe de Fruyt, tête de la liste Wissous notre ville, qui vient d’être battu au premier tour des municipales, « c’est la première fois que ce point était abordé » devant la Justice.

Ce 19 mars, c’est pourtant la deuxième fois que ce retraité de l’industrie automobile se retrouvait face à la justice en tant que représentant de l’association Wissous-notre-ville, cette fois-ci devant la Cour administrative de Justice de Versailles. L’enjeu, comme nous l’expliquions dans un précédent article : contester la manière dont le projet a été porté par l’opérateur CyrusOne.

Désormais rejointe par deux associations nationales, France Nature Environnement (FNE) et Data For Good, Wissous-la-Ville estime que l’opérateur a découpé son projet en trois phases taillées à dessein pour passer sous les différents seuils de contrôle imposés par le code de l’environnement, et repousser ainsi au plus tard possible le déclenchement des audits environnementaux et de la consultation publique les plus poussés.

Sous les 20 mégawatts (MW) de puissance, les opérateurs d’installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) n’ont qu’à soumettre une déclaration à l’administration pour pouvoir lancer leurs travaux. Entre 20 et 50 MW, ils doivent l’enregistrer auprès de la préfecture. Au-dessus de 50 MW, ils doivent demander une autorisation, qui implique entre autres de réaliser des études environnementales et de consulter le public.

Projet complet en devenir vs. phases successives d’un projet hypothétique

Mais, au-delà de l’existence de ces seuils, le Code de l’environnement indique : « Lorsqu’un projet est constitué de plusieurs travaux (…), il doit être appréhendé dans son ensemble, y compris en cas de fractionnement dans le temps et dans l’espace et en cas de multiplicité de maîtres d’ouvrage, afin que ses incidences sur l’environnement soient évaluées dans leur globalité. »


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Reçu — 18 mars 2026 Actualités numériques

Pokémon Go signe un partenariat avec la société de livraison robotisée Coco Robotics

18 mars 2026 à 15:13
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Pokémon Go signe un partenariat avec la société de livraison robotisée Coco Robotics

Le partenariat de l’ex-éditeur de Pokémon Go avec Coco Robotics agite les discussions en ligne. Étant donné la spécialisation croissante de Niantic dans la construction de modèles de géolocalisation, il illustre pourtant un débouché classique de systèmes d’automatisation vers la robotique.

Oui, les données des joueurs de Pokémon Go servent à entraîner des systèmes d’IA. La nouvelle a fait bruisser les discussions numériques, ces derniers jours, alors que Niantic, l’éditeur du jeu vidéo ultra-populaire de l’été 2016 Pokémon Go, annonçait un partenariat avec Coco Robotics.

En cause : une partie du public semblait y découvrir que les multiples données de géolocalisation collectée par l’entreprise au gré des sessions de chasse aux Pokémon en réalité virtuelle servaient des finalités plus concrètes. Mais l’annonce n’est que la traduction de deux tendances : l’évolution du modèle initial de Niantic Labs, et la pratique plus globale de recherche de nouveaux débouchés économiques aux collecte de données orchestrées par les sociétés numériques.

D’éditeur de jeu vidéo à éditeur de modèle géospatial

Initialement lancée au sein de Google, en 2010 par John Hanke, Niantic Labs est en effet une société qui a pris son indépendance en 2015. Depuis, son business model a évolué, pour s’appuyer au fil du temps sur deux pieds : les revenus tirés des jeux eux-même (achats au sein des applications, événements liés à des succès comme Pokémon Go, ou encore publicité) et ceux obtenus par sa filiale Niantic Spatial, dédiée à faire évoluer les technologies de réalité augmentée et d’IA.

Depuis plusieurs années, cette dernière s’emploie en particulier à construire des modèles géospatiaux dont l’efficacité est précisément permise… par la somme de données récoltées grâce aux différents jeux en réalité augmentée de Niantic Labs. En 2024, l’entreprise dévoilait notamment son Large Geospatial Model (LGM), un système qui vient alimenter le Visual Position System (VPS) construit par l’entreprise, et à la base des jeux Pokémon Go, Ingress et Peridot. 



Le but de ces différents outils : permettre aux terminaux des utilisateurs de comprendre où ils se situent dans le monde réel. L’entraînement du LGM, expliquait alors l’entreprise, avait été permis par les « milliards d’images du monde, toutes reliées à des endroits précis du globe » que lui avaient partagées les joueurs de Pokémon Go.

À l’époque, Niantic avait d’ailleurs déployé une nouvelle fonctionnalité, Pokémon Playgrounds, dans laquelle joueuses et joueurs pouvaient placer leur Pokémon dans des lieux donnés, afin que d’autres internautes puissent les voir et jouer avec. L’entreprise se targuait de recevoir en moyenne 1 million de nouveaux points de localisation par semaine, et en détenir déjà 10 millions.

La robotique, débouché industriel à part entière

Depuis Niantic a encore évolué : en mars 2025, l’entreprise vendait sa branche jeux vidéos à Scopely, pour faire de Niantic Spatial une société à par entière. Concrètement, John Hanke indiquait prendre la tête de Niantic Spatial, qui se lançait de manière indépendante grâce à 200 millions de dollars des revenus de Niantic et 50 millions de dollars d’investissements de Scopely. Le projet : faire prendre leur essor aux outils de vision et géolocalisation spatiale auxquels travaillait déjà l’entreprise.

Dans ces conditions, et sachant que l’essentiel des sociétés qui ont fait de la collecte de données un pan de leur modèle d’affaire ont ensuite mobilisé ces données pour construire divers systèmes technologiques, Niantic Spatial a assez logiquement cherché des débouchés pour son VPS et son modèle géospatial.

Ce 10 mars, la société indiquait la mise en place d’un partenariat stratégique avec la société Coco Robotics, qui construit des robots dédiés à la livraison automatisée. Une telle alliance s’explique techniquement : les systèmes de visualisation dans l’espace réel développé par Niantic Spatial pourraient servir d’« yeux » aux robots de Coco. « La navigation dans les rues chaotiques des villes est un des défis d’ingénierie les plus complexes » déclare John Danke dans leur communiqué commun, et c’est à ce défi que les deux sociétés prévoient de s’atteler ensemble.

En l’espèce, leur alliance n’est qu’un symptôme d’une recherche plus large de débouchés des technologies d’IA dans le monde hors ligne. En France, ces dernières semaines, le cofondateur d’AMI Labs Yann LeCun ne s’est ainsi pas caché de chercher des débouchés à ses futurs modèles dans « l’automatisation, les dispositifs portables, la robotique », entre autres exemples.

Bien sûr, cela signifie que Niantic tire profit des activités ludiques et bénévoles des joueurs de Pokémon Go au cours de la décennie passée. Mais est-ce une spécificité, quand on sait que l’essentiel des réseaux sociaux font de même, voire que les tests CAPTCHA que les internautes remplissent pour entrer sur des sites web permettent d’entraîner des modèles d’IA ?

Pokémon Go signe un partenariat avec la société de livraison robotisée Coco Robotics

18 mars 2026 à 15:13
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Pokémon Go signe un partenariat avec la société de livraison robotisée Coco Robotics

Le partenariat de l’ex-éditeur de Pokémon Go avec Coco Robotics agite les discussions en ligne. Étant donné la spécialisation croissante de Niantic dans la construction de modèles de géolocalisation, il illustre pourtant un débouché classique de systèmes d’automatisation vers la robotique.

Oui, les données des joueurs de Pokémon Go servent à entraîner des systèmes d’IA. La nouvelle a fait bruisser les discussions numériques, ces derniers jours, alors que Niantic, l’éditeur du jeu vidéo ultra-populaire de l’été 2016 Pokémon Go, annonçait un partenariat avec Coco Robotics.

En cause : une partie du public semblait y découvrir que les multiples données de géolocalisation collectée par l’entreprise au gré des sessions de chasse aux Pokémon en réalité virtuelle servaient des finalités plus concrètes. Mais l’annonce n’est que la traduction de deux tendances : l’évolution du modèle initial de Niantic Labs, et la pratique plus globale de recherche de nouveaux débouchés économiques aux collecte de données orchestrées par les sociétés numériques.

D’éditeur de jeu vidéo à éditeur de modèle géospatial

Initialement lancée au sein de Google, en 2010 par John Hanke, Niantic Labs est en effet une société qui a pris son indépendance en 2015. Depuis, son business model a évolué, pour s’appuyer au fil du temps sur deux pieds : les revenus tirés des jeux eux-même (achats au sein des applications, événements liés à des succès comme Pokémon Go, ou encore publicité) et ceux obtenus par sa filiale Niantic Spatial, dédiée à faire évoluer les technologies de réalité augmentée et d’IA.

Depuis plusieurs années, cette dernière s’emploie en particulier à construire des modèles géospatiaux dont l’efficacité est précisément permise… par la somme de données récoltées grâce aux différents jeux en réalité augmentée de Niantic Labs. En 2024, l’entreprise dévoilait notamment son Large Geospatial Model (LGM), un système qui vient alimenter le Visual Position System (VPS) construit par l’entreprise, et à la base des jeux Pokémon Go, Ingress et Peridot. 



Le but de ces différents outils : permettre aux terminaux des utilisateurs de comprendre où ils se situent dans le monde réel. L’entraînement du LGM, expliquait alors l’entreprise, avait été permis par les « milliards d’images du monde, toutes reliées à des endroits précis du globe » que lui avaient partagées les joueurs de Pokémon Go.

À l’époque, Niantic avait d’ailleurs déployé une nouvelle fonctionnalité, Pokémon Playgrounds, dans laquelle joueuses et joueurs pouvaient placer leur Pokémon dans des lieux donnés, afin que d’autres internautes puissent les voir et jouer avec. L’entreprise se targuait de recevoir en moyenne 1 million de nouveaux points de localisation par semaine, et en détenir déjà 10 millions.

La robotique, débouché industriel à part entière

Depuis Niantic a encore évolué : en mars 2025, l’entreprise vendait sa branche jeux vidéos à Scopely, pour faire de Niantic Spatial une société à par entière. Concrètement, John Hanke indiquait prendre la tête de Niantic Spatial, qui se lançait de manière indépendante grâce à 200 millions de dollars des revenus de Niantic et 50 millions de dollars d’investissements de Scopely. Le projet : faire prendre leur essor aux outils de vision et géolocalisation spatiale auxquels travaillait déjà l’entreprise.

Dans ces conditions, et sachant que l’essentiel des sociétés qui ont fait de la collecte de données un pan de leur modèle d’affaire ont ensuite mobilisé ces données pour construire divers systèmes technologiques, Niantic Spatial a assez logiquement cherché des débouchés pour son VPS et son modèle géospatial.

Ce 10 mars, la société indiquait la mise en place d’un partenariat stratégique avec la société Coco Robotics, qui construit des robots dédiés à la livraison automatisée. Une telle alliance s’explique techniquement : les systèmes de visualisation dans l’espace réel développé par Niantic Spatial pourraient servir d’« yeux » aux robots de Coco. « La navigation dans les rues chaotiques des villes est un des défis d’ingénierie les plus complexes » déclare John Danke dans leur communiqué commun, et c’est à ce défi que les deux sociétés prévoient de s’atteler ensemble.

En l’espèce, leur alliance n’est qu’un symptôme d’une recherche plus large de débouchés des technologies d’IA dans le monde hors ligne. En France, ces dernières semaines, le cofondateur d’AMI Labs Yann LeCun ne s’est ainsi pas caché de chercher des débouchés à ses futurs modèles dans « l’automatisation, les dispositifs portables, la robotique », entre autres exemples.

Bien sûr, cela signifie que Niantic tire profit des activités ludiques et bénévoles des joueurs de Pokémon Go au cours de la décennie passée. Mais est-ce une spécificité, quand on sait que l’essentiel des réseaux sociaux font de même, voire que les tests CAPTCHA que les internautes remplissent pour entrer sur des sites web permettent d’entraîner des modèles d’IA ?

IA : Meta investit dans l’infrastructure, mais pourrait licencier 20 % de ses équipes

18 mars 2026 à 11:04
Investissements non humains
IA : Meta investit dans l’infrastructure, mais pourrait licencier 20 % de ses équipes

Alors que l’entreprise multiplie les projets dédiés à étendre ses capacités de hardware et d’infrastructure dédié à l’intelligence artificielle, elle pourrait licencier jusqu’à 20 % de ses effectifs actuels.

Meta s’apprêterait à licencier 20 % de ses équipes, selon les informations de Reuters, une réduction d’effectif qui représenterait donc environ 16 000 emplois sur les 79 000 que la société compte actuellement.

S’il n’a pas encore été confirmé, ce projet se ferait dans un contexte de poursuite des investissements de l’entreprise dans l’intelligence artificielle. Ce 17 mars, la société néerlandaise Nebius indiquait par exemple avoir signé un contrat de 27 milliards de dollars avec Meta pour lui fournir diverses capacités d’infrastructure (data center, serveurs, GPU) sur les cinq prochaines années. Mi-mars, le géant des réseaux sociaux annonçait par ailleurs le développement de quatre nouvelles puces MTIA (Meta Training and Inference Accelerator), qu’elle produit depuis 2023, sur les deux prochaines années.

Investissements accélérés dans l’IA

Ces différents éléments s’intègrent dans une redirection plus large de la société vers l’intelligence artificielle générative. À l’été 2025, Mark Zuckerberg annonçait ainsi son projet d’investir des « centaines de milliards de dollars » dans l’industrie, que ce soit du côté du développement ou de la sous-traitance de centres de données spécialisés dans l’équipement dédié à faire tourner de grands modèles de langage, ou dans le recrutement de personnalités de l’IA.

À l’époque, les packages au montant faramineux proposés à des ingénieurs d’Apple, Google ou Open AI avaient défrayé la chronique : pour tenter de rattraper ses concurrents, Mark Zuckerberg avait en effet proposé jusqu’à un milliard de dollars sur plusieurs années à certains spécialistes. Début septembre, cela n’avait pas empêché certaines embauches récentes (ou plus anciennes) de repartir aussi rapidement, quelquefois pour aller directement chez la concurrence – l’ancienne directrice de produits d’IA générative Chay Nayak a rejoint OpenAI –, quelquefois pour créer leurs propres entreprises – ainsi de l’ancien directeur du laboratoire Facebook Artificial Intelligence Research (FAIR) Yann LeCun, rentré en France pour cofonder la start-up AMI.

Licenciements dans la tech

Mais maintenir ce rythme implique de larges dépenses. En novembre, l’entreprise prévoyait d’investir 600 milliards de dollars dans des infrastructures et des emplois sur les trois prochaines années, sachant que la société avait déjà dépensé 135 milliards de dollars dans le domaine sur la seule année 2025.

Auprès de Business Insider, des cadres de Meta n’en avancent pas moins que le projet de licenciements de la société pourrait débuter dès ce mois de mars. S’il se confirme, ce serait le plus gros réalisé depuis la pandémie. En novembre 2022, la société avait licencié 11 000 employés, avant de se séparer de 10 000 personnes supplémentaires en mars 2023. Début janvier 2026, elle remerciait par ailleurs 1 500 personnes de son Reality Labs, actant son détournement du métavers, pourtant ardemment promu par Mark Zuckerberg pendant la pandémie.

Outre le contexte spécifique à l’entreprise, il s’inscrirait dans une tendance plus large de licenciements dans l’industrie numérique : l’éditeur de logiciel Atlassian a par exemple indiqué se séparer de 10 % de ses effectifs il y a quelques jours, suivi notamment par Block, la société dirigé par le fondateur de Twitter Jack Dorsey. Cette dernière a annoncé fin février se séparer d’un coup de 40 % de ses 10 000 employés.

IA : Meta investit dans l’infrastructure, mais pourrait licencier 20 % de ses équipes

18 mars 2026 à 11:04
Investissements non humains
IA : Meta investit dans l’infrastructure, mais pourrait licencier 20 % de ses équipes

Alors que l’entreprise multiplie les projets dédiés à étendre ses capacités de hardware et d’infrastructure dédié à l’intelligence artificielle, elle pourrait licencier jusqu’à 20 % de ses effectifs actuels.

Meta s’apprêterait à licencier 20 % de ses équipes, selon les informations de Reuters, une réduction d’effectif qui représenterait donc environ 16 000 emplois sur les 79 000 que la société compte actuellement.

S’il n’a pas encore été confirmé, ce projet se ferait dans un contexte de poursuite des investissements de l’entreprise dans l’intelligence artificielle. Ce 17 mars, la société néerlandaise Nebius indiquait par exemple avoir signé un contrat de 27 milliards de dollars avec Meta pour lui fournir diverses capacités d’infrastructure (data center, serveurs, GPU) sur les cinq prochaines années. Mi-mars, le géant des réseaux sociaux annonçait par ailleurs le développement de quatre nouvelles puces MTIA (Meta Training and Inference Accelerator), qu’elle produit depuis 2023, sur les deux prochaines années.

Investissements accélérés dans l’IA

Ces différents éléments s’intègrent dans une redirection plus large de la société vers l’intelligence artificielle générative. À l’été 2025, Mark Zuckerberg annonçait ainsi son projet d’investir des « centaines de milliards de dollars » dans l’industrie, que ce soit du côté du développement ou de la sous-traitance de centres de données spécialisés dans l’équipement dédié à faire tourner de grands modèles de langage, ou dans le recrutement de personnalités de l’IA.

À l’époque, les packages au montant faramineux proposés à des ingénieurs d’Apple, Google ou Open AI avaient défrayé la chronique : pour tenter de rattraper ses concurrents, Mark Zuckerberg avait en effet proposé jusqu’à un milliard de dollars sur plusieurs années à certains spécialistes. Début septembre, cela n’avait pas empêché certaines embauches récentes (ou plus anciennes) de repartir aussi rapidement, quelquefois pour aller directement chez la concurrence – l’ancienne directrice de produits d’IA générative Chay Nayak a rejoint OpenAI –, quelquefois pour créer leurs propres entreprises – ainsi de l’ancien directeur du laboratoire Facebook Artificial Intelligence Research (FAIR) Yann LeCun, rentré en France pour cofonder la start-up AMI.

Licenciements dans la tech

Mais maintenir ce rythme implique de larges dépenses. En novembre, l’entreprise prévoyait d’investir 600 milliards de dollars dans des infrastructures et des emplois sur les trois prochaines années, sachant que la société avait déjà dépensé 135 milliards de dollars dans le domaine sur la seule année 2025.

Auprès de Business Insider, des cadres de Meta n’en avancent pas moins que le projet de licenciements de la société pourrait débuter dès ce mois de mars. S’il se confirme, ce serait le plus gros réalisé depuis la pandémie. En novembre 2022, la société avait licencié 11 000 employés, avant de se séparer de 10 000 personnes supplémentaires en mars 2023. Début janvier 2026, elle remerciait par ailleurs 1 500 personnes de son Reality Labs, actant son détournement du métavers, pourtant ardemment promu par Mark Zuckerberg pendant la pandémie.

Outre le contexte spécifique à l’entreprise, il s’inscrirait dans une tendance plus large de licenciements dans l’industrie numérique : l’éditeur de logiciel Atlassian a par exemple indiqué se séparer de 10 % de ses effectifs il y a quelques jours, suivi notamment par Block, la société dirigé par le fondateur de Twitter Jack Dorsey. Cette dernière a annoncé fin février se séparer d’un coup de 40 % de ses 10 000 employés.

Reçu — 17 mars 2026 Actualités numériques

À Rome, le séminaire de Peter Thiel sur l’Antéchrist crée des remous

17 mars 2026 à 11:02
Vade retro
À Rome, le séminaire de Peter Thiel sur l’Antéchrist crée des remous

Peter Thiel lançait ce 15 mars à Rome un nouveau séminaire de quatre jours sur l’Antéchrist. Sa venue a créé des remous dans l’écosystème catholique comme du côté du gouvernement italien.

Après Paris, Rome… et la proximité du Vatican. Après la leçon donnée fin janvier à l’Académie des sciences morales et politiques, Peter Thiel continue sa tournée des pays européens pour se rapprocher cette fois-ci du cœur de la religion dont il a adopté une lecture si personnelle.

Comme il le fait habituellement, sa prise de parole a été organisée dans un secret relatif, éventé notamment par le refus de l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin de Rome de lui accorder une salle. L’entrepreneur et capital-risqueur avait pourtant soigneusement préparé son spectacle : messe en latin à l’église Saint-Jean-Baptiste-des-Florentins, puis ouverture de ses quatre jours de séminaires.

Qu’à cela ne tienne, ses hôtes, l’Associazione culturale Vincenzo Gioberti et le Cluny Institute, proche de la Catholic University of America, lui ont trouvé un espace au Palazzo Taverne pour ouvrir, ce 15 mars, une série de conférences à huis clos sur sa figure favorite : l’Antéchrist. L’épisode traduit bien, cela dit, les débats que sa venue à Rome a suscités, aussi bien du côté du Vatican que des représentants politiques italiens.

L’action de Thiel ? Un « acte d’hérésie »

Car au Vatican, le pape prépare sa première encyclique, une de ces lettres solennelles qui permettent aux pontifes de dessiner leur doctrine, et celle-ci pourrait bien se pencher en partie sur l’intelligence artificielle et les technologies. Dans le quotidien Avvenire, lu par les évêques italiens, plusieurs articles très critiques de Palantir ont fleuri. Pour un auditoire plus généraliste, le père Paolo Benanti signait ce week-end dans Le Grand Continent un article très défavorable au positionnement de Thiel.

« L’ensemble de l’action de Thiel peut se lire comme un acte prolongé d’hérésie contre le consensus libéral, écrit cet artisan des travaux du Vatican sur l’IA : une contestation des fondements mêmes de la coexistence civile, qu’il juge désormais dépassés. » Et de préciser que l’hérésie, étymologiquement, n’est pas simple « blasphème » ou « erreur doctrinale », mais un « choix, une option ». Ou, d’un point de vue philosophique, « l’isolement d’une vérité partielle, détaché du tissu relationnel de l’ensemble et élevée au rang de principe absolu ».

S’appuyant sur cette conception, le conseiller du pape appelle à lire le positionnement de Thiel « non comme un simple rejet des valeurs occidentales mais comme la radicalisation pathologique de certaines de leurs composantes — la compétition, la technologie, l’individu — qui, érigées en unique boussole, conduisent à des résultats radicalement divergents du projet démocratique commun ».

Embarras jusque chez Giorgia Meloni

Outre irriter l’écosystème catholique romain, la venue de Peter Thiel a gêné jusqu’à la présidente du Conseil des ministres italiens, Giorgia Meloni, pourtant présidente du parti d’extrême-droite Fratelli D’Italia et ouvertement proche de Donald Trump, J.D. Vance et Elon Musk.

Plusieurs législateurs ont clairement demandé si Thiel rencontrerait Meloni, et si Palantir travaillait déjà pour l’administration publique italienne, rapporte Euractiv. En 2024, le ministère de la Défense avait notamment lancé un appel d’offre susceptible de correspondre à une licence pour la plateforme Gotham, qui permet d’explorer de multiples sources d’information.

Politiquement, analyse par ailleurs l’Opinion, Peter Thiel paraîtrait même trop extrême aux yeux du gouvernement actuel. Aussi proche soit-il des dirigeants politiques et technologique états-unien, ce dernier doit en effet composer avec les retombées de la guerre lancée brusquement par Donald Trump en Iran – guerre contre laquelle plusieurs milliers de personnes ont protesté ce week-end à Rome.

À Rome, le séminaire de Peter Thiel sur l’Antéchrist crée des remous

17 mars 2026 à 11:02
Vade retro
À Rome, le séminaire de Peter Thiel sur l’Antéchrist crée des remous

Peter Thiel lançait ce 15 mars à Rome un nouveau séminaire de quatre jours sur l’Antéchrist. Sa venue a créé des remous dans l’écosystème catholique comme du côté du gouvernement italien.

Après Paris, Rome… et la proximité du Vatican. Après la leçon donnée fin janvier à l’Académie des sciences morales et politiques, Peter Thiel continue sa tournée des pays européens pour se rapprocher cette fois-ci du cœur de la religion dont il a adopté une lecture si personnelle.

Comme il le fait habituellement, sa prise de parole a été organisée dans un secret relatif, éventé notamment par le refus de l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin de Rome de lui accorder une salle. L’entrepreneur et capital-risqueur avait pourtant soigneusement préparé son spectacle : messe en latin à l’église Saint-Jean-Baptiste-des-Florentins, puis ouverture de ses quatre jours de séminaires.

Qu’à cela ne tienne, ses hôtes, l’Associazione culturale Vincenzo Gioberti et le Cluny Institute, proche de la Catholic University of America, lui ont trouvé un espace au Palazzo Taverne pour ouvrir, ce 15 mars, une série de conférences à huis clos sur sa figure favorite : l’Antéchrist. L’épisode traduit bien, cela dit, les débats que sa venue à Rome a suscités, aussi bien du côté du Vatican que des représentants politiques italiens.

L’action de Thiel ? Un « acte d’hérésie »

Car au Vatican, le pape prépare sa première encyclique, une de ces lettres solennelles qui permettent aux pontifes de dessiner leur doctrine, et celle-ci pourrait bien se pencher en partie sur l’intelligence artificielle et les technologies. Dans le quotidien Avvenire, lu par les évêques italiens, plusieurs articles très critiques de Palantir ont fleuri. Pour un auditoire plus généraliste, le père Paolo Benanti signait ce week-end dans Le Grand Continent un article très défavorable au positionnement de Thiel.

« L’ensemble de l’action de Thiel peut se lire comme un acte prolongé d’hérésie contre le consensus libéral, écrit cet artisan des travaux du Vatican sur l’IA : une contestation des fondements mêmes de la coexistence civile, qu’il juge désormais dépassés. » Et de préciser que l’hérésie, étymologiquement, n’est pas simple « blasphème » ou « erreur doctrinale », mais un « choix, une option ». Ou, d’un point de vue philosophique, « l’isolement d’une vérité partielle, détaché du tissu relationnel de l’ensemble et élevée au rang de principe absolu ».

S’appuyant sur cette conception, le conseiller du pape appelle à lire le positionnement de Thiel « non comme un simple rejet des valeurs occidentales mais comme la radicalisation pathologique de certaines de leurs composantes — la compétition, la technologie, l’individu — qui, érigées en unique boussole, conduisent à des résultats radicalement divergents du projet démocratique commun ».

Embarras jusque chez Giorgia Meloni

Outre irriter l’écosystème catholique romain, la venue de Peter Thiel a gêné jusqu’à la présidente du Conseil des ministres italiens, Giorgia Meloni, pourtant présidente du parti d’extrême-droite Fratelli D’Italia et ouvertement proche de Donald Trump, J.D. Vance et Elon Musk.

Plusieurs législateurs ont clairement demandé si Thiel rencontrerait Meloni, et si Palantir travaillait déjà pour l’administration publique italienne, rapporte Euractiv. En 2024, le ministère de la Défense avait notamment lancé un appel d’offre susceptible de correspondre à une licence pour la plateforme Gotham, qui permet d’explorer de multiples sources d’information.

Politiquement, analyse par ailleurs l’Opinion, Peter Thiel paraîtrait même trop extrême aux yeux du gouvernement actuel. Aussi proche soit-il des dirigeants politiques et technologique états-unien, ce dernier doit en effet composer avec les retombées de la guerre lancée brusquement par Donald Trump en Iran – guerre contre laquelle plusieurs milliers de personnes ont protesté ce week-end à Rome.

Quand l’IA s’invite dans les municipales

17 mars 2026 à 07:11
IA quoi ?
Quand l’IA s’invite dans les municipales

Utilisée par certains candidats, refusée par d’autres, l’intelligence artificielle s’est aussi immiscée dans certaines discussions de campagne municipale à l’initiative de l’association Pause IA. Peu de candidats sensibles à son discours sur les risques existentiels se sont qualifiés pour le second tour des élections.

L’intelligence artificielle est partout. L’est-elle jusque dans les municipales ? À en croire les usages d’une variété de candidats, oui.

En février, le maire divers gauche de Barentin (Seine-Maritime) Christophe Bouillon comme le communicant politique Paul Brounais le déclaraient au Monde : si tout le monde a de l’IA dans la poche, autant s’en servir aussi pour faire campagne. Cela dit, par conviction personnelle ou mobilisés par des associations comme Pause IA, certains ont décidé de rejeter plus ou moins explicitement le recours à ces technologies.

De l’IA dans la préparation des campagnes

À quoi l’IA peut-elle servir dans un contexte d’élection locale ? Dans certains cas, il s’agit simplement de reproduire des usages du monde professionnel : recourir à l’IA pour prendre des notes de réunions puis en établir la synthèse, comme l’a fait le candidat de Poissy Karl Olive (Renaissance), voire pour les faire lire sous forme de courts podcasts et les rendre ainsi accessibles sur toutes les plateformes, comme l’a proposé Florence Woerth (divers droite) à Chantilly.

Dans d’autres, les moteurs génératifs permettent d’écrire un premier jet de discours, voire d’imaginer des affiches ou des contenus pour les réseaux sociaux, comme l’a largement illustré la candidate Reconquête à Paris Sarah Knafo. Problème, la génération d’images irréelles permet non seulement d’attaquer les politiques menées jusque-là, mais aussi d’attaquer nommément. À Strasbourg, la gestion écologiste a par exemple été critiquée par la candidate Rassemblement National Virginie Joran à l’aide d’une vidéo d’une rue représentée pleine de déchets… sauf que la rue en question n’existe pas : elle a été générée par IA.

À Corbeil-Essonnes, la candidate Samira Ketfi (divers droite) a porté plainte après s’être retrouvée représentée en tenue de danseuse orientale. L’image repose « sur des stéréotypes à connotation raciste et sexiste », a-t-elle écrit au procureur de la République. À Guéret, les candidats Marie-Françoise Fournier (sans étiquette) et Didier Hoeltgen (PS) ont tous deux porté plainte contre la diffusion, par un compte Facebook anonyme, d’images détournées des opposants pour la mairie. Le commissariat « a indiqué qu’il n’y aurait pas de suite, explique le second au Monde. Ils disent que Facebook ne répond pas à la justice en France. L’impunité est totale. »

Les candidats dont s’étaient rapprochés Pause IA en mauvaise posture

Dans ces conditions, quid du développement de l’intelligence artificielle en général ? Quid des enjeux politiques que le développement de l’industrie crée pour la France en général, et les communes en particulier ?

La question a été soulevée par divers acteurs de la société civile, de la dizaine d’associations qui proposaient dès la fin 2025 des mesures pour une « désescalade numérique » jusqu’aux acteurs engagés pour faire de la construction de certains centres de données un sujet de débat à part entière.

L’association Pause IA, elle, se félicitait d’avoir convaincu une dizaine de candidats en France d’avoir signé tout ou partie d’une charte en 14 points sur les risques de l’intelligence artificielle. Parmi ces signataires, seule la maire sortante de Nantes, Johanna Rolland, est arrivée en tête des élections de sa ville au lendemain du premier tour. À la tête d’une liste de gauche hors LFI, elle a remporté 35,24 % des suffrages exprimés, mais est talonnée par le candidat LR, Renaissance, Modem et Horizons Foulques Chombart de Lauwe (33,77%). Elle a signé 13 des 14 engagements proposés par Pause IA, à l’exception de l’adoption d’un « vœu municipal appelant le Gouvernement à une pause du développement des modèles les plus avancés ».

Plusieurs ont obtenu suffisamment de votes pour passer au second tour, mais risquent de se voir embarqués dans les négociations de ralliement. À Metz, l’écologiste Jérémy Roques, qui a signé 12 engagements sur 14, n’a récolté que 9,9 % des suffrages. Il doit négocier avec les candidats du Parti Socialiste (Bertrand Mertz, 13 % des votes) et de La France insoumise (Charlotte Leduc, 10,4 %), sans que l’on sache pour le moment ce que cela impliquera en termes de positionnement sur l’IA.

À Clermont-Ferrand, la candidate LFI Marianne Maximi, qui avait signé 6 des 14 engagements de la charte de Pause IA, a remporté 17,01 % des voix, ce qui la place derrière le candidat Les Républicains (Julien Rony, 33,93 % des voix) et le maire sortant, le socialiste Olivier Bianchi (29,99 %). À Lille, l’écologiste Stéphane Baly, qui a signé l’intégralité des 14 points proposés par Pause IA, est arrivé troisième avec 18 % des voix. Reste à voir s’il parvient, en s’alliant soit au candidat PS Arnaud Deslandes (26,26 %), soit avec sa concurrente LFI Lahouaria Addouche (23,36 %), à porter ses engagements sur le sujet.

Tous les autres, majoritairement engagés sur des listes citoyennes ou de gauche, à l’exception notable de l’écologiste niçois Jean-Marc Governatori (qui a rallié Éric Ciotti en amont des élections), n’ont pas dépassé le seuil des 10 % de voix qui leur aurait permis de porter ces questions au moins jusqu’au second tour.

Quand l’IA s’invite dans les municipales

17 mars 2026 à 07:11
IA quoi ?
Quand l’IA s’invite dans les municipales

Utilisée par certains candidats, refusée par d’autres, l’intelligence artificielle s’est aussi immiscée dans certaines discussions de campagne municipale à l’initiative de l’association Pause IA. Peu de candidats sensibles à son discours sur les risques existentiels se sont qualifiés pour le second tour des élections.

L’intelligence artificielle est partout. L’est-elle jusque dans les municipales ? À en croire les usages d’une variété de candidats, oui.

En février, le maire divers gauche de Barentin (Seine-Maritime) Christophe Bouillon comme le communicant politique Paul Brounais le déclaraient au Monde : si tout le monde a de l’IA dans la poche, autant s’en servir aussi pour faire campagne. Cela dit, par conviction personnelle ou mobilisés par des associations comme Pause IA, certains ont décidé de rejeter plus ou moins explicitement le recours à ces technologies.

De l’IA dans la préparation des campagnes

À quoi l’IA peut-elle servir dans un contexte d’élection locale ? Dans certains cas, il s’agit simplement de reproduire des usages du monde professionnel : recourir à l’IA pour prendre des notes de réunions puis en établir la synthèse, comme l’a fait le candidat de Poissy Karl Olive (Renaissance), voire pour les faire lire sous forme de courts podcasts et les rendre ainsi accessibles sur toutes les plateformes, comme l’a proposé Florence Woerth (divers droite) à Chantilly.

Dans d’autres, les moteurs génératifs permettent d’écrire un premier jet de discours, voire d’imaginer des affiches ou des contenus pour les réseaux sociaux, comme l’a largement illustré la candidate Reconquête à Paris Sarah Knafo. Problème, la génération d’images irréelles permet non seulement d’attaquer les politiques menées jusque-là, mais aussi d’attaquer nommément. À Strasbourg, la gestion écologiste a par exemple été critiquée par la candidate Rassemblement National Virginie Joran à l’aide d’une vidéo d’une rue représentée pleine de déchets… sauf que la rue en question n’existe pas : elle a été générée par IA.

À Corbeil-Essonnes, la candidate Samira Ketfi (divers droite) a porté plainte après s’être retrouvée représentée en tenue de danseuse orientale. L’image repose « sur des stéréotypes à connotation raciste et sexiste », a-t-elle écrit au procureur de la République. À Guéret, les candidats Marie-Françoise Fournier (sans étiquette) et Didier Hoeltgen (PS) ont tous deux porté plainte contre la diffusion, par un compte Facebook anonyme, d’images détournées des opposants pour la mairie. Le commissariat « a indiqué qu’il n’y aurait pas de suite, explique le second au Monde. Ils disent que Facebook ne répond pas à la justice en France. L’impunité est totale. »

Les candidats dont s’étaient rapprochés Pause IA en mauvaise posture

Dans ces conditions, quid du développement de l’intelligence artificielle en général ? Quid des enjeux politiques que le développement de l’industrie crée pour la France en général, et les communes en particulier ?

La question a été soulevée par divers acteurs de la société civile, de la dizaine d’associations qui proposaient dès la fin 2025 des mesures pour une « désescalade numérique » jusqu’aux acteurs engagés pour faire de la construction de certains centres de données un sujet de débat à part entière.

L’association Pause IA, elle, se félicitait d’avoir convaincu une dizaine de candidats en France d’avoir signé tout ou partie d’une charte en 14 points sur les risques de l’intelligence artificielle. Parmi ces signataires, seule la maire sortante de Nantes, Johanna Rolland, est arrivée en tête des élections de sa ville au lendemain du premier tour. À la tête d’une liste de gauche hors LFI, elle a remporté 35,24 % des suffrages exprimés, mais est talonnée par le candidat LR, Renaissance, Modem et Horizons Foulques Chombart de Lauwe (33,77%). Elle a signé 13 des 14 engagements proposés par Pause IA, à l’exception de l’adoption d’un « vœu municipal appelant le Gouvernement à une pause du développement des modèles les plus avancés ».

Plusieurs ont obtenu suffisamment de votes pour passer au second tour, mais risquent de se voir embarqués dans les négociations de ralliement. À Metz, l’écologiste Jérémy Roques, qui a signé 12 engagements sur 14, n’a récolté que 9,9 % des suffrages. Il doit négocier avec les candidats du Parti Socialiste (Bertrand Mertz, 13 % des votes) et de La France insoumise (Charlotte Leduc, 10,4 %), sans que l’on sache pour le moment ce que cela impliquera en termes de positionnement sur l’IA.

À Clermont-Ferrand, la candidate LFI Marianne Maximi, qui avait signé 6 des 14 engagements de la charte de Pause IA, a remporté 17,01 % des voix, ce qui la place derrière le candidat Les Républicains (Julien Rony, 33,93 % des voix) et le maire sortant, le socialiste Olivier Bianchi (29,99 %). À Lille, l’écologiste Stéphane Baly, qui a signé l’intégralité des 14 points proposés par Pause IA, est arrivé troisième avec 18 % des voix. Reste à voir s’il parvient, en s’alliant soit au candidat PS Arnaud Deslandes (26,26 %), soit avec sa concurrente LFI Lahouaria Addouche (23,36 %), à porter ses engagements sur le sujet.

Tous les autres, majoritairement engagés sur des listes citoyennes ou de gauche, à l’exception notable de l’écologiste niçois Jean-Marc Governatori (qui a rallié Éric Ciotti en amont des élections), n’ont pas dépassé le seuil des 10 % de voix qui leur aurait permis de porter ces questions au moins jusqu’au second tour.

Reçu — 16 mars 2026 Actualités numériques

☕️ La Fondation des Femmes met Meta en demeure de diffuser sa campagne « Inarrêtables »

16 mars 2026 à 11:33


Après la décision « unilatérale » de Meta d’interdire toute publicité « politique, électorale et sur les sujets sociaux », la Fondation des Femmes en vient cette fois-ci au recours juridique.

Autour de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, l’ONG prévoyait de diffuser sur ses différents canaux de communication, dont les réseaux sociaux de Meta, une vidéo liée à sa campagne « Inarrêtables ».

En application de son interprétation du règlement européen sur la transparence et le ciblage de la publicité à caractère politique (TTPA), plus extensive que celle adoptée par les autres réseaux sociaux, Meta a refusé la diffusion de la vidéo (dont diverses versions sont visibles sur le site de l’ONG ou son compte TikTok). 


Ce 12 mars, la Fondation des Femmes indiquait donc mettre Meta en demeure de publier le clip en question, qui vise principalement à rappeler les activités que finance la fondation (défense du droit à l’avortement, écoute spécialisée et hébergement pour les femmes victimes de violences) et d’appeler aux dons.

L’épisode n’est qu’un nouveau symptôme d’une dynamique relevée par plusieurs ONG dès le mois de novembre et décembre 2025. Alors que le TTPA venait d’entrer en vigueur, l’Unicef relevait un taux inhabituellement élevé de rejet de ses publicités, de même que SOS Méditerranée.

Sur les questions relatives aux droits reproductifs et aux droits des femmes, la Fondation des Femmes décrivait une nouvelle étape dans une logique d’invisibilisation de long terme – auprès de Next, sa directrice de l’engagement Lise Gallard expliquait notamment que les indicateurs des pages Instagram (181 000 abonnés) et Facebook (84 000 abonnés) de l’ONG traduisaient une sous-performance chronique par rapport à d’autres profils aux audiences similaires.

La lecture que Meta a adoptée du TTPA s’inscrit dans un double contexte de lobbying pour une réduction des régulations imposées par l’Union européenne aux plateformes numériques et de modification des règles de modération des services de l’entreprise depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.

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