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Reçu — 13 mai 2026 Actualités numériques

☕️ L’UE veut l’ouverture d’Android aux IA rivales : Apple vole au secours de Google

13 mai 2026 à 15:02


Google reçoit un coup de main d’Apple, pour éviter d’avoir à donner aux IA concurrentes un accès à Android. Fin avril, dans le cadre du règlement sur les marchés numériques (DMA), la Commission européenne envoyait au moteur de recherche ses « conclusions préliminaires » concernant le contrôle de certains fonctions du système d’exploitation par les assistants IA. Seul Gemini est aujourd’hui en mesure d’accéder aux profondeurs d’Android — une pratique qui s’est encore renforcée avec l’annonce de Gemini Intelligence.

Bruxelles a ouvert une consultation publique, qui s’est achevée aujourd’hui, mercredi 13 mai. Et Apple est venue au secours de Google, comme le rapporte Reuters. Les mesures proposées par l’exécutif européen « soulèvent des préoccupations urgentes et sérieuses ». La Commission veut en effet que les IA rivales bénéficient du même niveau d’accès que Gemini, ce qui leur permettrait d’envoyer des courriels, partager des photos ou lancer une action dans une app tierce.

Apple vs EU : le bras de fer
Illustration : Flock

C’est une mauvaise idée selon Apple, car cette ouverture créerait « des risques profonds pour la confidentialité, la sécurité et la sûreté des utilisateurs, ainsi que pour l’intégrité et les performances des appareils ». Ce coup de main n’a rien d’innocent : le constructeur de Cupertino pourrait en effet être obligé de faire de même sur iOS. 

Les risques posés par un accès total aux couches basses d’Android sont « particulièrement aigus dans le contexte de systèmes d’IA en évolution rapide » : leurs capacités, leurs comportements et les vecteurs de menace restent en effet « imprévisibles ». 

Cette intervention d’Apple ne manque pas de sel : une rumeur de Bloomberg indiquait que l’entreprise pourrait autoriser l’utilisation d’un autre modèle que ceux d’Apple Intelligence pour propulser les fonctions IA d’iOS 27… soit ce que demande la Commission. Mais bien sûr, si cela devait arriver, ce serait Apple qui dicterait ses conditions à la concurrence, pas un régulateur.

Le groupe s’interroge plus largement sur l’expertise technique de la Commission, qui voudrait « redesigner » un système d’exploitation. L’autorité européenne « substitue son propre jugement à celui des ingénieurs de Google sur la base de moins de trois mois de travail. C’est d’autant plus dangereux que la seule valeur qui semble guider ces projets de mesures est un accès ouvert et sans restriction. »

En octobre dernier, Apple portait plainte contre l’UE devant la Cour de justice (CJUE) au Luxembourg, sur le dossier du DMA.

☕️ L’UE veut l’ouverture d’Android aux IA rivales : Apple vole au secours de Google

13 mai 2026 à 15:02


Google reçoit un coup de main d’Apple, pour éviter d’avoir à donner aux IA concurrentes un accès à Android. Fin avril, dans le cadre du règlement sur les marchés numériques (DMA), la Commission européenne envoyait au moteur de recherche ses « conclusions préliminaires » concernant le contrôle de certains fonctions du système d’exploitation par les assistants IA. Seul Gemini est aujourd’hui en mesure d’accéder aux profondeurs d’Android — une pratique qui s’est encore renforcée avec l’annonce de Gemini Intelligence.

Bruxelles a ouvert une consultation publique, qui s’est achevée aujourd’hui, mercredi 13 mai. Et Apple est venue au secours de Google, comme le rapporte Reuters. Les mesures proposées par l’exécutif européen « soulèvent des préoccupations urgentes et sérieuses ». La Commission veut en effet que les IA rivales bénéficient du même niveau d’accès que Gemini, ce qui leur permettrait d’envoyer des courriels, partager des photos ou lancer une action dans une app tierce.

Apple vs EU : le bras de fer
Illustration : Flock

C’est une mauvaise idée selon Apple, car cette ouverture créerait « des risques profonds pour la confidentialité, la sécurité et la sûreté des utilisateurs, ainsi que pour l’intégrité et les performances des appareils ». Ce coup de main n’a rien d’innocent : le constructeur de Cupertino pourrait en effet être obligé de faire de même sur iOS. 

Les risques posés par un accès total aux couches basses d’Android sont « particulièrement aigus dans le contexte de systèmes d’IA en évolution rapide » : leurs capacités, leurs comportements et les vecteurs de menace restent en effet « imprévisibles ». 

Cette intervention d’Apple ne manque pas de sel : une rumeur de Bloomberg indiquait que l’entreprise pourrait autoriser l’utilisation d’un autre modèle que ceux d’Apple Intelligence pour propulser les fonctions IA d’iOS 27… soit ce que demande la Commission. Mais bien sûr, si cela devait arriver, ce serait Apple qui dicterait ses conditions à la concurrence, pas un régulateur.

Le groupe s’interroge plus largement sur l’expertise technique de la Commission, qui voudrait « redesigner » un système d’exploitation. L’autorité européenne « substitue son propre jugement à celui des ingénieurs de Google sur la base de moins de trois mois de travail. C’est d’autant plus dangereux que la seule valeur qui semble guider ces projets de mesures est un accès ouvert et sans restriction. »

En octobre dernier, Apple portait plainte contre l’UE devant la Cour de justice (CJUE) au Luxembourg, sur le dossier du DMA.

Tokenmaxxing : quand les salariés d’Amazon brûlent des tokens pour se faire bien voir

13 mai 2026 à 06:50
La course au token
Tokenmaxxing : quand les salariés d’Amazon brûlent des tokens pour se faire bien voir

Des salariés d’Amazon utilisent un outil maison équivalent à OpenClaw pour brûler des tokens et générer artificiellement de l’activité IA pour éviter de mauvaises évaluations. Ce phénomène du « tokenmaxxing » n’est pas propre à Amazon.

Les entreprises qui investissent lourdement dans l’IA générative poussent leurs employés à utiliser cette technologie au quotidien, ne serait-ce que pour justifier les sommes ahurissantes mises sur la table pour développer des modèles et faire pousser les centres de données. Amazon en fait partie : le géant du commerce en ligne a ainsi annoncé 200 milliards de dépenses d’investissement (capex) pour 2026 : il faut prouver que tout cet argent sert à quelque chose et les salariés sont mis à contribution.

Amazon a lancé il y a quelques semaines un nouvel outil interne, MeshClaw, qui fonctionne sur le même principe qu’OpenClaw. Il permet de déployer des agents IA pour accomplir des tâches au nom de l’utilisateur : MeshClaw peut ainsi trier des courriels, interagir dans la messagerie Slack, déployer du code, surveiller des apps ou encore exécuter des tâches répétitives.

Le Financial Times rapporte que certains salariés d’Amazon font tourner MeshClaw non pas parce qu’ils en ont besoin, mais pour générer artificiellement de l’activité IA et améliorer leurs statistiques.

Si les stats d’utilisation de tokens IA ne sont pas censées servir à l’évaluation des performances des salariés d’Amazon, plusieurs d’entre eux ressentent une pression très forte pour les intégrer dans leur travail. L’entreprise a fixé des objectifs ambitieux : dépasser le seuil des 80 % de développeurs utilisant l’IA chaque semaine. La direction aurait aussi commencé à suivre la consommation de tokens dans des classements internes.

« Les managers regardent ces chiffres », affirme un employé sous le sceau de l’anonymat. « À partir du moment où l’usage est surveillé, ça crée des effets pervers et certaines personnes deviennent très compétitives là-dessus. » À cela s’ajoutent des craintes concernant l’autonomie assez large donnée aux agents MeshClaw, qui a accès à des outils internes sensibles. Ce qui ouvre la porte à des erreurs pouvant provoquer de sérieux incidents.

Le nouveau Graal de la Silicon Valley

Ce phénomène du « tokenmaxing » n’est pas circonscrit à Amazon. De nombreuses entreprises ont des objectifs d’usage de l’IA, ce qui peut déboucher sur des abus. Un tableau de bord interne chez Meta attribuait des statuts (« Token Legend ») aux employés qui consommaient le plus de tokens. Ce classement, développé par un employé sans l’aval du groupe, a été retiré depuis… même s’il existe un tableau de bord officiel qui suit l’usage de l’IA au global (pas uniquement la consommation de tokens).

Une étude réalisée par Jellyfish publiée le mois dernier remettait en cause cette idée très répandue dans la Silicon Valley (et ailleurs) que les gains de productivité sont liés à la consommation de tokens IA. Les auteurs ont analysé les usages de 12 000 développeurs répartis dans 200 entreprises au premier trimestre 2026.

Le premier enseignement, c’est qu’il existe une grande disparité dans la consommation de tokens : un développeur « médian » utilise environ 51 millions de tokens par mois, quand les 10 % des plus gros consommateurs dépassent les 380 millions de tokens mensuels. Une consommation massive qui coûte très cher, environ 52 dollars par mois pour un utilisateur moyen selon les tarifs de l’API Claude, mais près de 700 dollars par mois pour les plus gros utilisateurs.

C’est le rapport coût/productivité qui est le plus intéressant ici. Les développeurs qui consomment énormément de tokens produisent effectivement davantage de code, et même s’il est correct, il nécessite davantage de travail : plus d’allers-retours, plus de supervision humaine, plus de corrections, et au bout du compte plus d’abandon de code. Tout cela fait grimper la facture bien plus vite que la productivité gagnée.

Les auteurs de l’étude estiment que les 20 % des développeurs les plus économes en tokens génèrent en moyenne 11 modifications de code validées et intégrées aux projets (pull request fusionnées) pour 3 dollars de tokens sur un trimestre. Les 20 % des plus gros consommateurs en comptabilisent en moyenne 23, mais la facture est de 1 822 dollars.

Consommer plus de tokens permet effectivement de produire davantage, mais le coût unitaire se révèle bien plus élevé. L’étude dresse une comparaison intéressante : les tokens ressemblent à du carburant de fusée. On peut aller plus vite mais chaque gain supplémentaire nécessite énormément plus de ressources. Dans ces conditions, un usage modéré et raisonnable de l’IA semble bien plus indiqué que de forcer une consommation poussée à l’extrême.

Tokenmaxxing : quand les salariés d’Amazon brûlent des tokens pour se faire bien voir

13 mai 2026 à 06:50
La course au token
Tokenmaxxing : quand les salariés d’Amazon brûlent des tokens pour se faire bien voir

Des salariés d’Amazon utilisent un outil maison équivalent à OpenClaw pour brûler des tokens et générer artificiellement de l’activité IA pour éviter de mauvaises évaluations. Ce phénomène du « tokenmaxxing » n’est pas propre à Amazon.

Les entreprises qui investissent lourdement dans l’IA générative poussent leurs employés à utiliser cette technologie au quotidien, ne serait-ce que pour justifier les sommes ahurissantes mises sur la table pour développer des modèles et faire pousser les centres de données. Amazon en fait partie : le géant du commerce en ligne a ainsi annoncé 200 milliards de dépenses d’investissement (capex) pour 2026 : il faut prouver que tout cet argent sert à quelque chose et les salariés sont mis à contribution.

Amazon a lancé il y a quelques semaines un nouvel outil interne, MeshClaw, qui fonctionne sur le même principe qu’OpenClaw. Il permet de déployer des agents IA pour accomplir des tâches au nom de l’utilisateur : MeshClaw peut ainsi trier des courriels, interagir dans la messagerie Slack, déployer du code, surveiller des apps ou encore exécuter des tâches répétitives.

Le Financial Times rapporte que certains salariés d’Amazon font tourner MeshClaw non pas parce qu’ils en ont besoin, mais pour générer artificiellement de l’activité IA et améliorer leurs statistiques.

Si les stats d’utilisation de tokens IA ne sont pas censées servir à l’évaluation des performances des salariés d’Amazon, plusieurs d’entre eux ressentent une pression très forte pour les intégrer dans leur travail. L’entreprise a fixé des objectifs ambitieux : dépasser le seuil des 80 % de développeurs utilisant l’IA chaque semaine. La direction aurait aussi commencé à suivre la consommation de tokens dans des classements internes.

« Les managers regardent ces chiffres », affirme un employé sous le sceau de l’anonymat. « À partir du moment où l’usage est surveillé, ça crée des effets pervers et certaines personnes deviennent très compétitives là-dessus. » À cela s’ajoutent des craintes concernant l’autonomie assez large donnée aux agents MeshClaw, qui a accès à des outils internes sensibles. Ce qui ouvre la porte à des erreurs pouvant provoquer de sérieux incidents.

Le nouveau Graal de la Silicon Valley

Ce phénomène du « tokenmaxing » n’est pas circonscrit à Amazon. De nombreuses entreprises ont des objectifs d’usage de l’IA, ce qui peut déboucher sur des abus. Un tableau de bord interne chez Meta attribuait des statuts (« Token Legend ») aux employés qui consommaient le plus de tokens. Ce classement, développé par un employé sans l’aval du groupe, a été retiré depuis… même s’il existe un tableau de bord officiel qui suit l’usage de l’IA au global (pas uniquement la consommation de tokens).

Une étude réalisée par Jellyfish publiée le mois dernier remettait en cause cette idée très répandue dans la Silicon Valley (et ailleurs) que les gains de productivité sont liés à la consommation de tokens IA. Les auteurs ont analysé les usages de 12 000 développeurs répartis dans 200 entreprises au premier trimestre 2026.

Le premier enseignement, c’est qu’il existe une grande disparité dans la consommation de tokens : un développeur « médian » utilise environ 51 millions de tokens par mois, quand les 10 % des plus gros consommateurs dépassent les 380 millions de tokens mensuels. Une consommation massive qui coûte très cher, environ 52 dollars par mois pour un utilisateur moyen selon les tarifs de l’API Claude, mais près de 700 dollars par mois pour les plus gros utilisateurs.

C’est le rapport coût/productivité qui est le plus intéressant ici. Les développeurs qui consomment énormément de tokens produisent effectivement davantage de code, et même s’il est correct, il nécessite davantage de travail : plus d’allers-retours, plus de supervision humaine, plus de corrections, et au bout du compte plus d’abandon de code. Tout cela fait grimper la facture bien plus vite que la productivité gagnée.

Les auteurs de l’étude estiment que les 20 % des développeurs les plus économes en tokens génèrent en moyenne 11 modifications de code validées et intégrées aux projets (pull request fusionnées) pour 3 dollars de tokens sur un trimestre. Les 20 % des plus gros consommateurs en comptabilisent en moyenne 23, mais la facture est de 1 822 dollars.

Consommer plus de tokens permet effectivement de produire davantage, mais le coût unitaire se révèle bien plus élevé. L’étude dresse une comparaison intéressante : les tokens ressemblent à du carburant de fusée. On peut aller plus vite mais chaque gain supplémentaire nécessite énormément plus de ressources. Dans ces conditions, un usage modéré et raisonnable de l’IA semble bien plus indiqué que de forcer une consommation poussée à l’extrême.

Google troque le Chromebook pour un Googlebook dopé à Gemini Intelligence

13 mai 2026 à 06:01

Google troque le Chromebook pour un Googlebook dopé à Gemini Intelligence

Google n’attend pas l’ouverture de son événement I/O la semaine prochaine pour lever le voile sur un gros paquet de nouveautés qui, sans trop de surprise, tournent beaucoup autour de l’intelligence artificielle. Mais il y a tout de même quelque chose de nouveau (et d’inattendu) du côté du matériel.

Pour fêter les 15 ans du Chromebook, Google a décidé de… tuer le Chromebook. À l’occasion de l’Android Show, le moteur de recherche a en effet dévoilé le Googlebook, un nouvel ordinateur portable qui consacre la fusion entre Android et ChromeOS — c’est le fameux système d’exploitation unifié Aluminium OS, sur lequel Google planche depuis des années.

L’entreprise donne très peu de détail sur le matériel en lui-même, si ce n’est que les ordinateurs seront conçus « avec des matériaux haut de gamme et un soin particulier ». Ils porteront tous une barre lumineuse « glowbar » sur le capot, histoire de faire joli. En revanche, Google en dit un peu plus sur le logiciel et l’IA intégrée.

Le Googlebook est un ordinateur taillé pour Gemini, et même pour « Gemini Intelligence ». C’est le nom donné par le moteur de recherche aux fonctions d’IA basées principalement sur les agents. Les smartphones Android y auront droit (on s’en reparle très vite), mais le Googlebook est le premier appareil à avoir été imaginé spécifiquement pour ces fonctionnalités IA.

L’équipe de Google Deepmind a ainsi été mise à contribution pour développer le Magic Pointer : en secouant le curseur à l’écran, on activera un menu contextuel contenant des suggestions IA. En visant une date présente dans un courriel, le curseur magique va proposer de l’ajouter dans l’agenda. Ce même curseur proposera aussi de combiner deux images après leur sélection.

On verra à l’usage s’il s’agit d’un outil vraiment utile ou d’un Clippy dopé à l’IA encore plus pénible que l’original. Le système d’exploitation du Googlebook — qui ne porte pas de nom pour l’instant — proposera de créer des widgets personnalisées en le demandant dans une fenêtre texte.

L’accès à un smartphone Android sur le Googlebook depuis la barre des tâches.

L’OS du Googlebook reposant en partie sur des technologies Android, il communique de manière transparente avec un smartphone Android. Les apps du téléphone s’ouvrent sur le portable quand on n’a pas le temps de le dégainer ; voilà qui n’a rien de franchement original. Microsoft, Samsung et Apple n’ont pas attendu Google pour développer des solutions similaires.

Plusieurs constructeurs sont sur les rangs pour fabriquer des Googlebook : Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo. Les premiers modèles devraient être commercialisés cet automne. Aucun prix n’a été avancé, ce qui est probablement plus prudent vu la situation des composants mémoire actuellement.

Gemini Intelligence met de l’IA partout

La grande affaire du jour, c’est surtout Gemini Intelligence, qui fera son apparition sur les smartphones Samsung et les modèles Pixel les plus récents cet été, probablement dans les bagages d’Android 17. Il s’agit d’imposer les agents au quotidien. Google vante ainsi la capacité de Gemini d’effectuer des tâches complexes dans les apps, avec ou sans données contextuelles comme une photo ou une capture d’écran.

 

L’entreprise donne l’exemple d’une liste de courses dans l’app Notes. Un appui prolongé sur la bouton d’allumage du smartphone sur cette liste lancera Gemini qui remplira un panier dans une app de livraison d’épicerie. Autre exemple : en prenant la photo d’une brochure de voyage, l’utilisateur pourra demander à Gemini de créer une excursion similaire dans Expedia. L’assistant fera connaitre où il en est de ses élucubrations via des notifications. Et bien sûr, il vous reviendra de valider une commande (ouf).

Après avoir fourré Gemini dans tous les coins de la version de bureau de Chrome, le tour de Chrome mobile est arrivé. À partir de la fin juin, l’assistant niché en haut à droite de la barre de menu pourra rechercher, résumer et comparer du contenu en ligne. Le navigateur pourra également puiser des informations dans d’autres applications. Ces nouveautés seront proposées sur tous les smartphones sous Android 12 et au-delà, aux États-Unis pour commencer.

Le remplissage automatique des formulaires est une fonction discrète mais qui a certainement contribué à faire progresser l’humanité d’un pas de géant (j’exagère à peine). Gemini pourra piocher dans les informations personnelles de l’utilisateur pour remplir encore plus de ces petits formulaires mal adaptés aux écrans mobiles.

Une nouvelle interface verra le jour spécialement pour Gemini Intelligence, basée sur le langage de design Material 3 Expressive. Elle est pensée pour réduire les distractions et mettre en avant les informations qui comptent.

Quelques nouveautés pour Android aussi

Gemini Intelligence est une chose, et il est très clair que Google est très loin d’en avoir terminé avec ce bouquet de fonctions IA. Mais il y a aussi Android tout court. Plusieurs nouveautés ont été présentées hier, à commencer par Pause Point qui limite l’usage compulsif des apps addictives — il faudra au préalable l’activer dans les réglages.

Pause Point.

Au lancement d’une application, Android pourra imposer une pause de 10 secondes pour inciter l’utilisateur à se demander s’il veut vraiment doomscroller pendant des heures. Durant ce laps de temps, la fonction propose de faire un exercice de respiration, définir une limite de temps ou se tourner vers une activité moins chronophage comme lire un livre (ce qui peut être tout aussi addictif). Désactiver Pause Point nécessitera de redémarrer le smartphone, une contrainte qui poussera certains à la laisser active.

La fonction Quick Share de partage instantané de document s’est récemment enrichie du support d’AirDrop, une technologie jusqu’à présent réservée aux appareils Apple. Disponible sur les appareils Pixel depuis novembre dernier, elle s’est ouvert aux modèles de Samsung. Dans le courant de l’année, elle sera aussi disponible sur des modèles de Vivo, Xiaomi, Oppo, OnePlus et Honor. Et sur les téléphones qui ne sont pas compatibles, Quick Share proposera un code QR pour partager du contenu avec les appareils iOS depuis le nuage.

La migration depuis un iPhone.

Google et Apple continuent leur travail commun pour faciliter la migration entre Android et iPhone, et inversement. Le processus de transfert de données entre smartphones ajoute celui de l’eSIM, ce qui sera bien pratique, et pourra fonctionner sans fil. Ce changement sera disponible sur les Pixel et les Galaxy de Samsung.

Google troque le Chromebook pour un Googlebook dopé à Gemini Intelligence

13 mai 2026 à 06:01

Google troque le Chromebook pour un Googlebook dopé à Gemini Intelligence

Google n’attend pas l’ouverture de son événement I/O la semaine prochaine pour lever le voile sur un gros paquet de nouveautés qui, sans trop de surprise, tournent beaucoup autour de l’intelligence artificielle. Mais il y a tout de même quelque chose de nouveau (et d’inattendu) du côté du matériel.

Pour fêter les 15 ans du Chromebook, Google a décidé de… tuer le Chromebook. À l’occasion de l’Android Show, le moteur de recherche a en effet dévoilé le Googlebook, un nouvel ordinateur portable qui consacre la fusion entre Android et ChromeOS — c’est le fameux système d’exploitation unifié Aluminium OS, sur lequel Google planche depuis des années.

L’entreprise donne très peu de détail sur le matériel en lui-même, si ce n’est que les ordinateurs seront conçus « avec des matériaux haut de gamme et un soin particulier ». Ils porteront tous une barre lumineuse « glowbar » sur le capot, histoire de faire joli. En revanche, Google en dit un peu plus sur le logiciel et l’IA intégrée.

Le Googlebook est un ordinateur taillé pour Gemini, et même pour « Gemini Intelligence ». C’est le nom donné par le moteur de recherche aux fonctions d’IA basées principalement sur les agents. Les smartphones Android y auront droit (on s’en reparle très vite), mais le Googlebook est le premier appareil à avoir été imaginé spécifiquement pour ces fonctionnalités IA.

L’équipe de Google Deepmind a ainsi été mise à contribution pour développer le Magic Pointer : en secouant le curseur à l’écran, on activera un menu contextuel contenant des suggestions IA. En visant une date présente dans un courriel, le curseur magique va proposer de l’ajouter dans l’agenda. Ce même curseur proposera aussi de combiner deux images après leur sélection.

On verra à l’usage s’il s’agit d’un outil vraiment utile ou d’un Clippy dopé à l’IA encore plus pénible que l’original. Le système d’exploitation du Googlebook — qui ne porte pas de nom pour l’instant — proposera de créer des widgets personnalisées en le demandant dans une fenêtre texte.

L’accès à un smartphone Android sur le Googlebook depuis la barre des tâches.

L’OS du Googlebook reposant en partie sur des technologies Android, il communique de manière transparente avec un smartphone Android. Les apps du téléphone s’ouvrent sur le portable quand on n’a pas le temps de le dégainer ; voilà qui n’a rien de franchement original. Microsoft, Samsung et Apple n’ont pas attendu Google pour développer des solutions similaires.

Plusieurs constructeurs sont sur les rangs pour fabriquer des Googlebook : Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo. Les premiers modèles devraient être commercialisés cet automne. Aucun prix n’a été avancé, ce qui est probablement plus prudent vu la situation des composants mémoire actuellement.

Gemini Intelligence met de l’IA partout

La grande affaire du jour, c’est surtout Gemini Intelligence, qui fera son apparition sur les smartphones Samsung et les modèles Pixel les plus récents cet été, probablement dans les bagages d’Android 17. Il s’agit d’imposer les agents au quotidien. Google vante ainsi la capacité de Gemini d’effectuer des tâches complexes dans les apps, avec ou sans données contextuelles comme une photo ou une capture d’écran.

 

L’entreprise donne l’exemple d’une liste de courses dans l’app Notes. Un appui prolongé sur la bouton d’allumage du smartphone sur cette liste lancera Gemini qui remplira un panier dans une app de livraison d’épicerie. Autre exemple : en prenant la photo d’une brochure de voyage, l’utilisateur pourra demander à Gemini de créer une excursion similaire dans Expedia. L’assistant fera connaitre où il en est de ses élucubrations via des notifications. Et bien sûr, il vous reviendra de valider une commande (ouf).

Après avoir fourré Gemini dans tous les coins de la version de bureau de Chrome, le tour de Chrome mobile est arrivé. À partir de la fin juin, l’assistant niché en haut à droite de la barre de menu pourra rechercher, résumer et comparer du contenu en ligne. Le navigateur pourra également puiser des informations dans d’autres applications. Ces nouveautés seront proposées sur tous les smartphones sous Android 12 et au-delà, aux États-Unis pour commencer.

Le remplissage automatique des formulaires est une fonction discrète mais qui a certainement contribué à faire progresser l’humanité d’un pas de géant (j’exagère à peine). Gemini pourra piocher dans les informations personnelles de l’utilisateur pour remplir encore plus de ces petits formulaires mal adaptés aux écrans mobiles.

Une nouvelle interface verra le jour spécialement pour Gemini Intelligence, basée sur le langage de design Material 3 Expressive. Elle est pensée pour réduire les distractions et mettre en avant les informations qui comptent.

Quelques nouveautés pour Android aussi

Gemini Intelligence est une chose, et il est très clair que Google est très loin d’en avoir terminé avec ce bouquet de fonctions IA. Mais il y a aussi Android tout court. Plusieurs nouveautés ont été présentées hier, à commencer par Pause Point qui limite l’usage compulsif des apps addictives — il faudra au préalable l’activer dans les réglages.

Pause Point.

Au lancement d’une application, Android pourra imposer une pause de 10 secondes pour inciter l’utilisateur à se demander s’il veut vraiment doomscroller pendant des heures. Durant ce laps de temps, la fonction propose de faire un exercice de respiration, définir une limite de temps ou se tourner vers une activité moins chronophage comme lire un livre (ce qui peut être tout aussi addictif). Désactiver Pause Point nécessitera de redémarrer le smartphone, une contrainte qui poussera certains à la laisser active.

La fonction Quick Share de partage instantané de document s’est récemment enrichie du support d’AirDrop, une technologie jusqu’à présent réservée aux appareils Apple. Disponible sur les appareils Pixel depuis novembre dernier, elle s’est ouvert aux modèles de Samsung. Dans le courant de l’année, elle sera aussi disponible sur des modèles de Vivo, Xiaomi, Oppo, OnePlus et Honor. Et sur les téléphones qui ne sont pas compatibles, Quick Share proposera un code QR pour partager du contenu avec les appareils iOS depuis le nuage.

La migration depuis un iPhone.

Google et Apple continuent leur travail commun pour faciliter la migration entre Android et iPhone, et inversement. Le processus de transfert de données entre smartphones ajoute celui de l’eSIM, ce qui sera bien pratique, et pourra fonctionner sans fil. Ce changement sera disponible sur les Pixel et les Galaxy de Samsung.

Reçu — 12 mai 2026 Actualités numériques

☕️ Daybreak, la nouvelle plateforme cybersécurité d’OpenAI

12 mai 2026 à 14:30


OpenAI ne veut pas se laisser distancer par Anthropic sur le terrain de la cybersécurité. Avec Daybreak, le créateur de ChatGPT a lancé sa réponse à Mythos : l’idée est la même dans les deux cas (équiper les défenseurs d’un outil IA de chasse aux bugs), mais la pratique diffère.

Daybreak est la réplique d’OpenAI au Mythos d’Anthropic. Ce dernier a fait grand bruit le mois dernier : il serait si puissant que son créateur a décidé d’en limiter la diffusion à une quarantaine d’organisations et d’entreprises au travers du projet Glasswing. Un déploiement à la discrétion d’Anthropic : l’Union européenne est toujours exclue du club.

Illustration : Flock

OpenAI prend un autre chemin avec Daybreak. Cette nouvelle initiative a pour objectif d’« accélérer le travail des défenseurs et sécuriser les logiciels en continu ». Là où Mythos est un modèle de langage, Daybreak est davantage une plateforme regroupant plusieurs services. Il combine Codex Security avec différents modèles : GPT-5.5, GPT-5.5 avec Trusted Access for Cyber (TAC) et GPT-5.5-Cyber.

Codex Security (anciennement Aardvark⁠) a été lancé début mars. Cet « agent de sécurité » est chargé d’identifier, de valider et de corriger des vulnérabilités dans le code. Il s’appuie par défaut sur GPT-5.5, mais on peut utiliser le modèle TAC dédié à la cybersécurité, accessible via un programme d’accès de confiance. Le dernier palier, GPT-5.5-Cyber, dévoilé le 7 mai, se présente comme le plus puissant du lot.

Les organisations intéressées peuvent demander un « scan de vulnérabilité » afin d’identifier les problèmes de sécurité présents dans le code de leurs infrastructures informatiques. Il s’agit certes d’un simple formulaire, mais il existe au moins une procédure standardisée pour faire partie du programme, alors que l’extension du projet Glasswing est laissée aux bons soins d’Anthropic.

Sam Altman explique vouloir travailler « avec le plus d’entreprises possible » pour sécuriser leurs logiciels. OpenAI semble se montrer proactif : l’entreprise est allée frapper à la porte de la Commission européenne pour proposer un accès à ses LLM cyber.

☕️ Daybreak, la nouvelle plateforme cybersécurité d’OpenAI

12 mai 2026 à 14:30


OpenAI ne veut pas se laisser distancer par Anthropic sur le terrain de la cybersécurité. Avec Daybreak, le créateur de ChatGPT a lancé sa réponse à Mythos : l’idée est la même dans les deux cas (équiper les défenseurs d’un outil IA de chasse aux bugs), mais la pratique diffère.

Daybreak est la réplique d’OpenAI au Mythos d’Anthropic. Ce dernier a fait grand bruit le mois dernier : il serait si puissant que son créateur a décidé d’en limiter la diffusion à une quarantaine d’organisations et d’entreprises au travers du projet Glasswing. Un déploiement à la discrétion d’Anthropic : l’Union européenne est toujours exclue du club.

Illustration : Flock

OpenAI prend un autre chemin avec Daybreak. Cette nouvelle initiative a pour objectif d’« accélérer le travail des défenseurs et sécuriser les logiciels en continu ». Là où Mythos est un modèle de langage, Daybreak est davantage une plateforme regroupant plusieurs services. Il combine Codex Security avec différents modèles : GPT-5.5, GPT-5.5 avec Trusted Access for Cyber (TAC) et GPT-5.5-Cyber.

Codex Security (anciennement Aardvark⁠) a été lancé début mars. Cet « agent de sécurité » est chargé d’identifier, de valider et de corriger des vulnérabilités dans le code. Il s’appuie par défaut sur GPT-5.5, mais on peut utiliser le modèle TAC dédié à la cybersécurité, accessible via un programme d’accès de confiance. Le dernier palier, GPT-5.5-Cyber, dévoilé le 7 mai, se présente comme le plus puissant du lot.

Les organisations intéressées peuvent demander un « scan de vulnérabilité » afin d’identifier les problèmes de sécurité présents dans le code de leurs infrastructures informatiques. Il s’agit certes d’un simple formulaire, mais il existe au moins une procédure standardisée pour faire partie du programme, alors que l’extension du projet Glasswing est laissée aux bons soins d’Anthropic.

Sam Altman explique vouloir travailler « avec le plus d’entreprises possible » pour sécuriser leurs logiciels. OpenAI semble se montrer proactif : l’entreprise est allée frapper à la porte de la Commission européenne pour proposer un accès à ses LLM cyber.

L’IA aurait aidé des pirates à développer un exploit zero-day, une première selon Google

12 mai 2026 à 07:03
Un assistant IA pour les pirates
L’IA aurait aidé des pirates à développer un exploit zero-day, une première selon Google

Un « avant-goût de ce qui nous attend » : c’est ainsi que John Hultquist, chef analyste du Google Threat Intelligence Group (GTIG), a qualifié la découverte du labo. Les chercheurs en sécurité de l’entreprise ont identifié un acteur malveillant utilisant un exploit « zero-day » vraisemblablement développé avec l’aide de l’IA.

Le ou les cybercriminels prévoyaient d’exploiter cette vulnérabilité « dans le cadre d’une campagne d’exploitation massive ». Cette « découverte proactive » a permis d’éviter le pire, même si Google ne peut pas exclure que la vulnérabilité — implémenté sous la forme d’un script Python — a pu être exploitée à plus petite échelle (le labo n’a cependant pas vu de campagne active). Le GTIG se veut discret : il ne révèle pas le nom des criminels, mais précise que des acteurs en Corée du Nord et en Chine s’intéressent à l’utilisation de l’IA pour débusquer des failles de sécurité.

La faille a été corrigée

Google n’indique pas non plus le logiciel affecté par cette faille, si ce n’est qu’il s’agit d’un outil d’administration open-source très utilisé. La vulnérabilité permettait de contourner la double authentification (2FA), mais les pirates devaient au préalable connaître les identifiants et mots de passe de leurs victimes. Le GTIG a prévenu de manière responsable l’éditeur concerné, dont le nom n’a pas été révélé, pour corriger la faille.

Le groupe de chercheurs constate que les acteurs malveillants utilisent de plus en plus les outils d’IA des assistants « niveau expert » pour la recherche de vulnérabilités et le développement d’exploits, y compris pour des failles zero-day. Le verre à moitié plein, c’est que ces mêmes outils sont aussi aux mains des défenseurs. Ce serait la raison pour laquelle OpenAI et Anthropic réservent leurs modèles de cybersécurité à des organisations et des entreprises triées sur le volet.

De la même manière, le GTIG ne dévoile pas le modèle IA utilisé pour cette faille. « Nous ne pensons pas que Gemini a été utilisé », avance-t-il prudemment. Mais la structure et le contenu de l’exploit donne au labo de fortes raisons de croire que l’acteur a eu recours à un modèle AI « pour faciliter la découverte et l’exploitation de cette vulnérabilité ».

Les LLM de plus en plus finauds

Les grands modèles de langage actuels ont encore du mal à appréhender les logiques complexes d’autorisation en entreprise, détaillent les chercheurs. Par contre, « ils sont de plus en plus capables d’effectuer un raisonnement contextuel en interprétant l’intention du développeur ». Dans le cas qui nous intéresse, la faille ne provient pas d’un bug technique classique, mais d’un passe-droit intégré directement dans le code qui permettait dans certains cas de contourner la 2FA.

Les chercheurs estiment que les LLM sont particulièrement efficaces pour identifier ces erreurs logiques de haut niveau, qui sont souvent invisibles pour les outils de détection traditionnels. Cette découverte est qualifiée de première par Google et par des spécialistes en cybersécurité indépendants. 

« Nous pensons que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », s’alarme John Hultquist auprès du New York Times. « Le problème est probablement bien plus vaste ; c’est simplement la première preuve tangible que nous pouvons observer. » Il est évidemment difficile d’assurer à 100 % que du code a été écrit par un humain ou une IA. Mais dans ce cas précis, les indices relevés par le GTIG (trop de texte explicatif, un style de code très propre et scolaire, une mise en forme jugée caractéristique des données d’entraînement des LLM) font pencher nettement la balance vers l’hypothèse IA.

Ce premier cas possible de faille zero-day développée avec l’IA devrait en tout cas renforcer les appels à un encadrement plus strict des modèles IA les plus avancés. L’administration Trump voudrait ainsi avoir un droit de regard sur les LLM avant leur diffusion, pour s’assurer de leur innocuité.

L’IA aurait aidé des pirates à développer un exploit zero-day, une première selon Google

12 mai 2026 à 07:03
Un assistant IA pour les pirates
L’IA aurait aidé des pirates à développer un exploit zero-day, une première selon Google

Un « avant-goût de ce qui nous attend » : c’est ainsi que John Hultquist, chef analyste du Google Threat Intelligence Group (GTIG), a qualifié la découverte du labo. Les chercheurs en sécurité de l’entreprise ont identifié un acteur malveillant utilisant un exploit « zero-day » vraisemblablement développé avec l’aide de l’IA.

Le ou les cybercriminels prévoyaient d’exploiter cette vulnérabilité « dans le cadre d’une campagne d’exploitation massive ». Cette « découverte proactive » a permis d’éviter le pire, même si Google ne peut pas exclure que la vulnérabilité — implémenté sous la forme d’un script Python — a pu être exploitée à plus petite échelle (le labo n’a cependant pas vu de campagne active). Le GTIG se veut discret : il ne révèle pas le nom des criminels, mais précise que des acteurs en Corée du Nord et en Chine s’intéressent à l’utilisation de l’IA pour débusquer des failles de sécurité.

La faille a été corrigée

Google n’indique pas non plus le logiciel affecté par cette faille, si ce n’est qu’il s’agit d’un outil d’administration open-source très utilisé. La vulnérabilité permettait de contourner la double authentification (2FA), mais les pirates devaient au préalable connaître les identifiants et mots de passe de leurs victimes. Le GTIG a prévenu de manière responsable l’éditeur concerné, dont le nom n’a pas été révélé, pour corriger la faille.

Le groupe de chercheurs constate que les acteurs malveillants utilisent de plus en plus les outils d’IA des assistants « niveau expert » pour la recherche de vulnérabilités et le développement d’exploits, y compris pour des failles zero-day. Le verre à moitié plein, c’est que ces mêmes outils sont aussi aux mains des défenseurs. Ce serait la raison pour laquelle OpenAI et Anthropic réservent leurs modèles de cybersécurité à des organisations et des entreprises triées sur le volet.

De la même manière, le GTIG ne dévoile pas le modèle IA utilisé pour cette faille. « Nous ne pensons pas que Gemini a été utilisé », avance-t-il prudemment. Mais la structure et le contenu de l’exploit donne au labo de fortes raisons de croire que l’acteur a eu recours à un modèle AI « pour faciliter la découverte et l’exploitation de cette vulnérabilité ».

Les LLM de plus en plus finauds

Les grands modèles de langage actuels ont encore du mal à appréhender les logiques complexes d’autorisation en entreprise, détaillent les chercheurs. Par contre, « ils sont de plus en plus capables d’effectuer un raisonnement contextuel en interprétant l’intention du développeur ». Dans le cas qui nous intéresse, la faille ne provient pas d’un bug technique classique, mais d’un passe-droit intégré directement dans le code qui permettait dans certains cas de contourner la 2FA.

Les chercheurs estiment que les LLM sont particulièrement efficaces pour identifier ces erreurs logiques de haut niveau, qui sont souvent invisibles pour les outils de détection traditionnels. Cette découverte est qualifiée de première par Google et par des spécialistes en cybersécurité indépendants. 

« Nous pensons que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », s’alarme John Hultquist auprès du New York Times. « Le problème est probablement bien plus vaste ; c’est simplement la première preuve tangible que nous pouvons observer. » Il est évidemment difficile d’assurer à 100 % que du code a été écrit par un humain ou une IA. Mais dans ce cas précis, les indices relevés par le GTIG (trop de texte explicatif, un style de code très propre et scolaire, une mise en forme jugée caractéristique des données d’entraînement des LLM) font pencher nettement la balance vers l’hypothèse IA.

Ce premier cas possible de faille zero-day développée avec l’IA devrait en tout cas renforcer les appels à un encadrement plus strict des modèles IA les plus avancés. L’administration Trump voudrait ainsi avoir un droit de regard sur les LLM avant leur diffusion, pour s’assurer de leur innocuité.

Avec iOS 26.5, Apple ouvre un peu plus son jardin fermé dans l’UE et ailleurs

12 mai 2026 à 06:01
L'innovation dictée par les régulateurs
Avec iOS 26.5, Apple ouvre un peu plus son jardin fermé dans l’UE et ailleurs

Apple innove contre son gré. iOS 26.5, dont la version finale est disponible depuis lundi, est plein de fonctions qui ont été dictées au constructeur par des régulateurs. Outre le support du RCS chiffré de bout en bout, plusieurs nouveautés destinées aux utilisateurs européens et brésiliens sont au rendez-vous.

Soyons justes : la prise en charge du chiffrement de bout en bout dans les RCS, une des grosses nouveautés d’iOS 26.5, n’est pas le fait d’un coup de pression d’un gouvernement. C’est le résultat d’un travail commun entre Apple et Google pour sécuriser les échanges entre iOS et Android. Néanmoins, le constructeur de Cupertino s’est fait tirer l’oreille pendant des années pour intégrer le RCS tout court dans son application Messages. Et il n’a cédé qu’après que la Chine en a exigé le support.

Ce qui est en revanche le résultat direct d’une demande d’un régulateur — en l’occurrence l’Union européenne —, c’est le jumelage de proximité entre un iPhone et une paire d’écouteurs tierce. Avec iOS 26.5, la procédure doit maintenant être aussi simple et rapide que pour des AirPods. Il suffit d’approcher des écouteurs (compatibles avec la fonction) pour initier et compléter le processus d’appairage en une « tape ». Ce qui évite des manipulations parfois compliquées ou l’installation d’une app tierce.

Apple cède, contrainte et forcée

Toujours dans l’UE, les utilisateurs de montres connectées (et d’autres accessoires tiers) qui reçoivent des notifications provenant de l’iPhone peuvent désormais interagir avec ces alertes. C’était auparavant un privilège de l’Apple Watch ; les autres appareils devaient se contenter de notifications en lecture seule. Il faut néanmoins avoir en tête que les notifications ne peuvent être connectées qu’à un seul appareil à la fois : les activer sur un accessoire tiers désactivera les alertes sur une Apple Watch.

Image : 9to5Mac

Enfin, les activités en direct peuvent également s’afficher sur des accessoires tiers. Ce sont des notifications rafraîchies régulièrement, pour indiquer l’heure d’arrivée d’une course Uber par exemple. Jusqu’à présent, seuls l’iPhone, l’iPad, le Mac et les Apple Watch pouvaient afficher ces activités.

Ces fonctions sont apparues dans les versions bêta d’iOS 26.3, mais comme le note MacRumors, elles sont effectives et disponibles partout dans l’UE avec iOS 26.5. 

Les fabricants doivent encore intégrer ces changements dans les firmwares de leurs produits, ce qui explique pourquoi bien peu d’entre eux sont compatibles avec ces nouveautés. iGeneration avait relevé début février la compatibilité de certaines montres Garmin avec le nouveau système de jumelage simplifié.

La section 3.3.7(J) de l’accord de licence du programme Apple Developer a par ailleurs été mis à jour le 30 mars pour refléter ces évolutions. Il y est notamment écrit que les notifications ne peuvent pas être utilisées pour de la publicité, pour entraîner des modèles, pour collecter des données de localisation, ou pour nourrir un profil de suivi publicitaire.

Ce n’est pas la première fois qu’Apple doit repousser les murs de son jardin fermé dans l’Union européenne. En vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA), l’entreprise a ainsi dû travailler avec Google sur une fonction de transfert simplifié des données pour faciliter la migration entre un iPhone et un smartphone Android, et vice-versa. iOS 26.5 apporte d’ailleurs une nouveauté ici : l’utilisateur peut choisir les pièces jointes attachées aux messages qu’il veut transférer sur son nouveau téléphone.

Ce qu’Apple donne d’une main, elle le reprend de l’autre : en novembre dernier, le constructeur prévenait que les futures versions (à l’époque) d’iOS 26.4 et de watchOS 26.4 allaient supprimer une fonction dans l’UE. En l’occurrence, il s’agissait de la connexion automatique aux réseaux Wi-Fi connus sur l’Apple Watch. L’entreprise ne voulait pas ouvrir cette fonction à la concurrence, car elle aurait pu poser des problèmes de protection de la vie privée.

Pour terminer, iOS 26.5 ouvre aux utilisateurs brésiliens la possibilité d’installer des boutiques alternatives à l’App Store, comme au Japon et dans l’UE. Là aussi, Apple ne l’a pas fait de gaieté de cœur, il s’agit d’une exigence du régulateur.

Avec iOS 26.5, Apple ouvre un peu plus son jardin fermé dans l’UE et ailleurs

12 mai 2026 à 06:01
L'innovation dictée par les régulateurs
Avec iOS 26.5, Apple ouvre un peu plus son jardin fermé dans l’UE et ailleurs

Apple innove contre son gré. iOS 26.5, dont la version finale est disponible depuis lundi, est plein de fonctions qui ont été dictées au constructeur par des régulateurs. Outre le support du RCS chiffré de bout en bout, plusieurs nouveautés destinées aux utilisateurs européens et brésiliens sont au rendez-vous.

Soyons justes : la prise en charge du chiffrement de bout en bout dans les RCS, une des grosses nouveautés d’iOS 26.5, n’est pas le fait d’un coup de pression d’un gouvernement. C’est le résultat d’un travail commun entre Apple et Google pour sécuriser les échanges entre iOS et Android. Néanmoins, le constructeur de Cupertino s’est fait tirer l’oreille pendant des années pour intégrer le RCS tout court dans son application Messages. Et il n’a cédé qu’après que la Chine en a exigé le support.

Ce qui est en revanche le résultat direct d’une demande d’un régulateur — en l’occurrence l’Union européenne —, c’est le jumelage de proximité entre un iPhone et une paire d’écouteurs tierce. Avec iOS 26.5, la procédure doit maintenant être aussi simple et rapide que pour des AirPods. Il suffit d’approcher des écouteurs (compatibles avec la fonction) pour initier et compléter le processus d’appairage en une « tape ». Ce qui évite des manipulations parfois compliquées ou l’installation d’une app tierce.

Apple cède, contrainte et forcée

Toujours dans l’UE, les utilisateurs de montres connectées (et d’autres accessoires tiers) qui reçoivent des notifications provenant de l’iPhone peuvent désormais interagir avec ces alertes. C’était auparavant un privilège de l’Apple Watch ; les autres appareils devaient se contenter de notifications en lecture seule. Il faut néanmoins avoir en tête que les notifications ne peuvent être connectées qu’à un seul appareil à la fois : les activer sur un accessoire tiers désactivera les alertes sur une Apple Watch.

Image : 9to5Mac

Enfin, les activités en direct peuvent également s’afficher sur des accessoires tiers. Ce sont des notifications rafraîchies régulièrement, pour indiquer l’heure d’arrivée d’une course Uber par exemple. Jusqu’à présent, seuls l’iPhone, l’iPad, le Mac et les Apple Watch pouvaient afficher ces activités.

Ces fonctions sont apparues dans les versions bêta d’iOS 26.3, mais comme le note MacRumors, elles sont effectives et disponibles partout dans l’UE avec iOS 26.5. 

Les fabricants doivent encore intégrer ces changements dans les firmwares de leurs produits, ce qui explique pourquoi bien peu d’entre eux sont compatibles avec ces nouveautés. iGeneration avait relevé début février la compatibilité de certaines montres Garmin avec le nouveau système de jumelage simplifié.

La section 3.3.7(J) de l’accord de licence du programme Apple Developer a par ailleurs été mis à jour le 30 mars pour refléter ces évolutions. Il y est notamment écrit que les notifications ne peuvent pas être utilisées pour de la publicité, pour entraîner des modèles, pour collecter des données de localisation, ou pour nourrir un profil de suivi publicitaire.

Ce n’est pas la première fois qu’Apple doit repousser les murs de son jardin fermé dans l’Union européenne. En vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA), l’entreprise a ainsi dû travailler avec Google sur une fonction de transfert simplifié des données pour faciliter la migration entre un iPhone et un smartphone Android, et vice-versa. iOS 26.5 apporte d’ailleurs une nouveauté ici : l’utilisateur peut choisir les pièces jointes attachées aux messages qu’il veut transférer sur son nouveau téléphone.

Ce qu’Apple donne d’une main, elle le reprend de l’autre : en novembre dernier, le constructeur prévenait que les futures versions (à l’époque) d’iOS 26.4 et de watchOS 26.4 allaient supprimer une fonction dans l’UE. En l’occurrence, il s’agissait de la connexion automatique aux réseaux Wi-Fi connus sur l’Apple Watch. L’entreprise ne voulait pas ouvrir cette fonction à la concurrence, car elle aurait pu poser des problèmes de protection de la vie privée.

Pour terminer, iOS 26.5 ouvre aux utilisateurs brésiliens la possibilité d’installer des boutiques alternatives à l’App Store, comme au Japon et dans l’UE. Là aussi, Apple ne l’a pas fait de gaieté de cœur, il s’agit d’une exigence du régulateur.

Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

12 mai 2026 à 05:20
Caméra cachée (sur le nez)
Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

Les lunettes connectées présentent des risques majeurs pour la vie privée, alerte la CNIL qui lance un plan d’action pour répondre à ce « nouveau défi ».

La CNIL s’inquiète des risques que font peser les lunettes connectées pour la vie privée. Leur utilisation est bien sûr soumise au règlement général sur la protection des données (RGPD) et à la loi Informatique et Libertés, mais ces appareils dépassent le cadre juridique actuel. La commission relève ainsi que les lunettes peuvent capter des sons, des images et des vidéos de personnes sans que celles-ci en aient nécessairement conscience.

Le risque de la surveillance généralisée

Les modèles Ray-Ban de Meta intègrent une loupiote qui s’allume dès que le propriétaire prend une photo ou enregistre une vidéo. Mais cet indicateur a une « portée limitée » et il est absent pour certains usages. Contrairement aux smartphones qu’il est impossible de ne pas voir quand quelqu’un filme avec, les lunettes sont un objet du quotidien qui n’a habituellement pas cette finalité ; il existe donc un risque « important » que les lunettes ne soient pas identifiées comme un appareil connecté par les personnes se trouvant dans le champ de captation. Ces montures présentent donc « un caractère particulièrement intrusif ».

La CNIL s’inquiète du risque important de surveillance généralisée et une forme de banalité induite : n’importe qui est en mesure de filmer n’importe quoi n’importe où, aussi bien en privé qu’en public. Voilà qui pourrait avoir des conséquences importantes dans les interactions sociales entre citoyens, et même conduire à des dérives.

« Toute personne pourrait ainsi douter de manière constante d’un enregistrement potentiel de ses moindres faits et gestes et de ses échanges, créant un sentiment d’être constamment observée, voire surveillée, et engendrant peu à peu une forme d’autocensure. L’exercice des libertés individuelles (libertés d’expression, de réunion, de manifestation) s’en trouverait directement menacé. »

La CNIL cite l’article 9 du Code civil, qui garantit le droit au respect de la vie privée de chacun dans tous les lieux privés comme publics, et n’oublie pas de rappeler les sanctions en cas de violation de l’article 226 - 1 du Code pénal : jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour le fait de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé sans son consentement.

Les enjeux liés aux lunettes connectées dépassant le cadre d’intervention de la CNIL, le régulateur lance donc des travaux sur la conformité de ces appareils en matière de protection des données personnelles. D’abord en engageant une discussion avec ses homologues européens au sein du CEPD (Comité européen de la protection des données), puisque cette problématique ne concerne pas que la France. Les autres autorités publiques compétentes sur ces questions vont aussi être approchées car les enjeux vont plus loin que la seule question de la protection des données.

En attendant, la commission liste les bonnes pratiques à destination des porteurs de lunettes connectées, avec des conseils de bon sens comme prévenir les personnes à proximité quand on utilise ces montures, désactiver les fonctions de captation quand elles ne sont plus utiles, éteindre les fonctions connectées des lunettes quand il est demandé d’éteindre le téléphone et, moins évident, éviter d’utiliser ces lunettes dans les lieux où les personnes ne s’y attendent pas.

Dans tous les cas, la CNIL demande d’obtenir le consentement des personnes pour utiliser des photos ou des vidéos où elles apparaissent (le droit à l’image s’applique), et pour finir de réfléchir avant de partager quoi que ce soit : « une publication, même anodine, peut avoir des effets durables pour les personnes ».

Peu d’enthousiasme pour les lunettes connectées

Un sondage réalisé fin janvier par le laboratoire d’innovation numérique de la CNIL, avec Harris Interactive – Toluna indique que 57 % des personnes interrogées s’inquiètent du droit à l’image et du consentement des personnes. L’utilisation de l’IA à des fin de détournement ou de deepfakes vient ensuite (37 %), puis le vol ou la fuite de données collectées par les lunettes (34 %).

«  D’après ce que vous en savez ou l’idée que vous vous en faites, diriez-vous que les lunettes connectées peuvent être utiles ou pas utiles au quotidien ? ». Image : LINC

L’enquête révèle également que 87 % des sondés ont entendu parler des lunettes connectées, mais 9 % seulement ont eu l’occasion d’en tester, en particulier dans la catégorie 18 - 25 ans (25 %), et plus généralement chez les férus de technologies (29 %). 22 % des personnes interrogées ont de ce produit une vision plutôt négative, contre 20 % qui en ont une perception positive.

« De manière générale, êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec chacune des affirmations suivantes concernant les lunettes connectées ? » Image : LINC

En termes d’utilisation, près de 8 personnes sur 10 (78 %) perçoivent les lunettes connectées comme une aide potentielle pour les personnes en situation de handicap visuel ou auditif. En revanche, 67 % trouvent qu’elles posent un problème d’atteinte à la vie privée, et 55 % un danger tout simplement (distraction, visibilité réduite). Enfin, et cela montre que les constructeurs ont encore du chemin à faire pour convaincre, 62 % des sondés ne veulent pas acquérir ce type d’appareil, contre 36 % d’enthousiastes. 1 % ont déclaré en posséder une paire.

Des dizaines d’associations de défense des libertés numériques ont publié une lettre ouverte mi-avril à destination de Mark Zuckerberg. Le texte souligne les risques que feraient peser les lunettes connectées sur « les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleur, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ». Les signataires demandent à Meta de renoncer au déploiement de la reconnaissance faciale dans ces appareils.

Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

12 mai 2026 à 05:20
Caméra cachée (sur le nez)
Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

Les lunettes connectées présentent des risques majeurs pour la vie privée, alerte la CNIL qui lance un plan d’action pour répondre à ce « nouveau défi ».

La CNIL s’inquiète des risques que font peser les lunettes connectées pour la vie privée. Leur utilisation est bien sûr soumise au règlement général sur la protection des données (RGPD) et à la loi Informatique et Libertés, mais ces appareils dépassent le cadre juridique actuel. La commission relève ainsi que les lunettes peuvent capter des sons, des images et des vidéos de personnes sans que celles-ci en aient nécessairement conscience.

Le risque de la surveillance généralisée

Les modèles Ray-Ban de Meta intègrent une loupiote qui s’allume dès que le propriétaire prend une photo ou enregistre une vidéo. Mais cet indicateur a une « portée limitée » et il est absent pour certains usages. Contrairement aux smartphones qu’il est impossible de ne pas voir quand quelqu’un filme avec, les lunettes sont un objet du quotidien qui n’a habituellement pas cette finalité ; il existe donc un risque « important » que les lunettes ne soient pas identifiées comme un appareil connecté par les personnes se trouvant dans le champ de captation. Ces montures présentent donc « un caractère particulièrement intrusif ».

La CNIL s’inquiète du risque important de surveillance généralisée et une forme de banalité induite : n’importe qui est en mesure de filmer n’importe quoi n’importe où, aussi bien en privé qu’en public. Voilà qui pourrait avoir des conséquences importantes dans les interactions sociales entre citoyens, et même conduire à des dérives.

« Toute personne pourrait ainsi douter de manière constante d’un enregistrement potentiel de ses moindres faits et gestes et de ses échanges, créant un sentiment d’être constamment observée, voire surveillée, et engendrant peu à peu une forme d’autocensure. L’exercice des libertés individuelles (libertés d’expression, de réunion, de manifestation) s’en trouverait directement menacé. »

La CNIL cite l’article 9 du Code civil, qui garantit le droit au respect de la vie privée de chacun dans tous les lieux privés comme publics, et n’oublie pas de rappeler les sanctions en cas de violation de l’article 226 - 1 du Code pénal : jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour le fait de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé sans son consentement.

Les enjeux liés aux lunettes connectées dépassant le cadre d’intervention de la CNIL, le régulateur lance donc des travaux sur la conformité de ces appareils en matière de protection des données personnelles. D’abord en engageant une discussion avec ses homologues européens au sein du CEPD (Comité européen de la protection des données), puisque cette problématique ne concerne pas que la France. Les autres autorités publiques compétentes sur ces questions vont aussi être approchées car les enjeux vont plus loin que la seule question de la protection des données.

En attendant, la commission liste les bonnes pratiques à destination des porteurs de lunettes connectées, avec des conseils de bon sens comme prévenir les personnes à proximité quand on utilise ces montures, désactiver les fonctions de captation quand elles ne sont plus utiles, éteindre les fonctions connectées des lunettes quand il est demandé d’éteindre le téléphone et, moins évident, éviter d’utiliser ces lunettes dans les lieux où les personnes ne s’y attendent pas.

Dans tous les cas, la CNIL demande d’obtenir le consentement des personnes pour utiliser des photos ou des vidéos où elles apparaissent (le droit à l’image s’applique), et pour finir de réfléchir avant de partager quoi que ce soit : « une publication, même anodine, peut avoir des effets durables pour les personnes ».

Peu d’enthousiasme pour les lunettes connectées

Un sondage réalisé fin janvier par le laboratoire d’innovation numérique de la CNIL, avec Harris Interactive – Toluna indique que 57 % des personnes interrogées s’inquiètent du droit à l’image et du consentement des personnes. L’utilisation de l’IA à des fin de détournement ou de deepfakes vient ensuite (37 %), puis le vol ou la fuite de données collectées par les lunettes (34 %).

«  D’après ce que vous en savez ou l’idée que vous vous en faites, diriez-vous que les lunettes connectées peuvent être utiles ou pas utiles au quotidien ? ». Image : LINC

L’enquête révèle également que 87 % des sondés ont entendu parler des lunettes connectées, mais 9 % seulement ont eu l’occasion d’en tester, en particulier dans la catégorie 18 - 25 ans (25 %), et plus généralement chez les férus de technologies (29 %). 22 % des personnes interrogées ont de ce produit une vision plutôt négative, contre 20 % qui en ont une perception positive.

« De manière générale, êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec chacune des affirmations suivantes concernant les lunettes connectées ? » Image : LINC

En termes d’utilisation, près de 8 personnes sur 10 (78 %) perçoivent les lunettes connectées comme une aide potentielle pour les personnes en situation de handicap visuel ou auditif. En revanche, 67 % trouvent qu’elles posent un problème d’atteinte à la vie privée, et 55 % un danger tout simplement (distraction, visibilité réduite). Enfin, et cela montre que les constructeurs ont encore du chemin à faire pour convaincre, 62 % des sondés ne veulent pas acquérir ce type d’appareil, contre 36 % d’enthousiastes. 1 % ont déclaré en posséder une paire.

Des dizaines d’associations de défense des libertés numériques ont publié une lettre ouverte mi-avril à destination de Mark Zuckerberg. Le texte souligne les risques que feraient peser les lunettes connectées sur « les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleur, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ». Les signataires demandent à Meta de renoncer au déploiement de la reconnaissance faciale dans ces appareils.

Reçu — 11 mai 2026 Actualités numériques

☕️ SoftBank investirait jusqu’à 100 milliards de dollars dans des infrastructures IA en France

11 mai 2026 à 15:15


Le groupe SoftBank s’apprêterait à dévoiler un plan à 100 milliards de dollars pour doter la France de nouveaux centres de données. C’est du moins le projet qu’aurait monté Masayoshi Son, patron du conglomérat japonais, après une rencontre avec Emmanuel Macron.

Lors de sa visite au Japon fin mars, Emmanuel Macron a fait la tournée des popotes auprès des responsables politiques et des grands acteurs de l’économie de l’archipel. Parmi eux, Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, opérateur télécom, fournisseur de services en ligne et surtout mastodonte des investissements tous azimuts. Selon Bloomberg, le président français lui aurait proposé d’établir des infrastructures IA dans l’Hexagone.

consommation de l'ia
Illustration : Flock

L’investisseur aurait été intrigué par cette approche provenant d’un chef d’État, alors qu’il est plus souvent sollicité par des dirigeants d’entreprise. Depuis, il étudierait sérieusement le projet et aurait même évoqué auprès de proches du dossier la possibilité de mettre jusqu’à 100 milliards de dollars sur la table. Gardons la tête froide : le montant final pourrait être beaucoup moins élevé. 

Ce d’autant que SoftBank a déjà fort à faire avec ses autres projets, dont l’initiative Stargate avec OpenAI, Oracle et le fonds émirati MGX — un investissement à 500 milliards qui semble presque modeste face aux plus de 700 milliards avancés par Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet pour cette année. 

SoftBank s’est également engagée à investir plus de 60 milliards dans OpenAI pour en obtenir 13 % du capital et travaille de près avec la startup IA sur de nombreux projets.

La liste des investissements (réels et potentiels) de Masayoshi Son est très longue, de nombreux milliards promis n’ont toujours pas été concrétisés. Le projet français pourrait être dévoilé à l’occasion du sommet Choose France, le 19 mai. Les détails restent encore flous et la portée de l’annonce peut encore évoluer. 

En février 2025, à l’occasion d’un sommet pour l’action sur l’IA, Emmanuel Macron avait déjà annoncé 109 milliards d’euros d’investissements « dans les prochaines années », soit « l’équivalent pour la France de ce que les États-Unis ont annoncé avec “Stargate” », avait-il affirmé. Pour attirer les entreprises IA, le locataire de l’Élysée met en avant les capacités nucléaires de la France qui donnent aux centres de données « l’énergie la plus décarbonée d’Europe ».

☕️ SoftBank investirait jusqu’à 100 milliards de dollars dans des infrastructures IA en France

11 mai 2026 à 15:15


Le groupe SoftBank s’apprêterait à dévoiler un plan à 100 milliards de dollars pour doter la France de nouveaux centres de données. C’est du moins le projet qu’aurait monté Masayoshi Son, patron du conglomérat japonais, après une rencontre avec Emmanuel Macron.

Lors de sa visite au Japon fin mars, Emmanuel Macron a fait la tournée des popotes auprès des responsables politiques et des grands acteurs de l’économie de l’archipel. Parmi eux, Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, opérateur télécom, fournisseur de services en ligne et surtout mastodonte des investissements tous azimuts. Selon Bloomberg, le président français lui aurait proposé d’établir des infrastructures IA dans l’Hexagone.

consommation de l'ia
Illustration : Flock

L’investisseur aurait été intrigué par cette approche provenant d’un chef d’État, alors qu’il est plus souvent sollicité par des dirigeants d’entreprise. Depuis, il étudierait sérieusement le projet et aurait même évoqué auprès de proches du dossier la possibilité de mettre jusqu’à 100 milliards de dollars sur la table. Gardons la tête froide : le montant final pourrait être beaucoup moins élevé. 

Ce d’autant que SoftBank a déjà fort à faire avec ses autres projets, dont l’initiative Stargate avec OpenAI, Oracle et le fonds émirati MGX — un investissement à 500 milliards qui semble presque modeste face aux plus de 700 milliards avancés par Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet pour cette année. 

SoftBank s’est également engagée à investir plus de 60 milliards dans OpenAI pour en obtenir 13 % du capital et travaille de près avec la startup IA sur de nombreux projets.

La liste des investissements (réels et potentiels) de Masayoshi Son est très longue, de nombreux milliards promis n’ont toujours pas été concrétisés. Le projet français pourrait être dévoilé à l’occasion du sommet Choose France, le 19 mai. Les détails restent encore flous et la portée de l’annonce peut encore évoluer. 

En février 2025, à l’occasion d’un sommet pour l’action sur l’IA, Emmanuel Macron avait déjà annoncé 109 milliards d’euros d’investissements « dans les prochaines années », soit « l’équivalent pour la France de ce que les États-Unis ont annoncé avec “Stargate” », avait-il affirmé. Pour attirer les entreprises IA, le locataire de l’Élysée met en avant les capacités nucléaires de la France qui donnent aux centres de données « l’énergie la plus décarbonée d’Europe ».

☕️ Bruxelles obtient un accès à GPT-5.5-Cyber, mais ça bloque toujours avec Mythos

11 mai 2026 à 13:46


L’Union européenne a décroché son billet pour GPT-5.5-Cyber, le grand modèle de langage d’OpenAI spécialisé dans la cybersécurité. En revanche, les discussions se poursuivent avec Anthropic pour obtenir un accès à Mythos.

L’UE court après les LLM américains spécialisés dans la cybersécurité. Pour l’un d’entre eux, GPT-5.5-Cyber, c’est chose faite : la Commission européenne a confirmé l’accès au modèle de langage d’OpenAI. « Nous saluons la transparence d’OpenAI et sa volonté de donner à la Commission un accès à son nouveau modèle », s’est réjoui Thomas Regnier, le porte-parole à la souveraineté technologique. « Cela nous permettra de suivre de très près le déploiement de ce modèle, mais aussi de traiter plus directement certaines préoccupations en matière de sécurité. »

OpenAI est allé frapper à la porte de la Commission pour leur proposer un accès au modèle. Ce n’est que le début de la collaboration, la Commission doit par exemple déterminer qui pourra travailler sur GPT-5.5-Cyber au sein de l’UE. Plusieurs organisations pourraient y prétendre : la DG Connect (direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies), l’AI Office (centre d’expertise pour l’IA), l’agence de cybersécurité Enisa… « Une étape après l’autre : nous discutons d’abord avec l’entreprise. Ensuite, nous verrons évidemment quelles seront les prochaines étapes », ajoute le porte-parole.

« Les laboratoires d’IA comme le nôtre ne devraient pas être les seuls arbitres de la cybersécurité », déclare George Osborne, responsable d’OpenAI for Countries. « La résilience repose sur des partenaires de confiance travaillant ensemble ». Les capacités de GPT-5.5-Cyber doivent être « accessibles aux nombreux défenseurs européens, et pas seulement à quelques-uns », ajoute-t-il en rappelant l’existence du plan d’action européen d’OpenAI pour la cybersécurité.

La déclinaison cyber de GPT‑5.5 est disponible depuis le 7 mai, dans un « aperçu limité » réservé aux « défenseurs chargés de sécuriser les infrastructures critiques », explique OpenAI. L’entreprise a élargi son programme TAC (Trusted Access for Cyber) au mois d’avril avec le lancement de GPT-5.4-Cyber ; il faut montrer patte blanche pour entrer dans le club, les partenaires étant vérifiés et approuvés par l’entreprise.

L’UE reste en revanche privée de Mythos. Thomas Regnier a indiqué qu’il y avait « un niveau d’engagement » avec Anthropic, « nous avons eu quatre ou cinq réunions avec l’entreprise ». Les discussions semblent aller bon train mais pour le moment, « nous ne sommes pas au même niveau [qu’avec OpenAI] ». Bruxelles salue « l’approche proactive adoptée par OpenAI, y compris sa volonté de nous donner accès au modèle », et voudrait bien que ça soit le cas avec Anthropic également.

☕️ Bruxelles obtient un accès à GPT-5.5-Cyber, mais ça bloque toujours avec Mythos

11 mai 2026 à 13:46


L’Union européenne a décroché son billet pour GPT-5.5-Cyber, le grand modèle de langage d’OpenAI spécialisé dans la cybersécurité. En revanche, les discussions se poursuivent avec Anthropic pour obtenir un accès à Mythos.

L’UE court après les LLM américains spécialisés dans la cybersécurité. Pour l’un d’entre eux, GPT-5.5-Cyber, c’est chose faite : la Commission européenne a confirmé l’accès au modèle de langage d’OpenAI. « Nous saluons la transparence d’OpenAI et sa volonté de donner à la Commission un accès à son nouveau modèle », s’est réjoui Thomas Regnier, le porte-parole à la souveraineté technologique. « Cela nous permettra de suivre de très près le déploiement de ce modèle, mais aussi de traiter plus directement certaines préoccupations en matière de sécurité. »

OpenAI est allé frapper à la porte de la Commission pour leur proposer un accès au modèle. Ce n’est que le début de la collaboration, la Commission doit par exemple déterminer qui pourra travailler sur GPT-5.5-Cyber au sein de l’UE. Plusieurs organisations pourraient y prétendre : la DG Connect (direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies), l’AI Office (centre d’expertise pour l’IA), l’agence de cybersécurité Enisa… « Une étape après l’autre : nous discutons d’abord avec l’entreprise. Ensuite, nous verrons évidemment quelles seront les prochaines étapes », ajoute le porte-parole.

« Les laboratoires d’IA comme le nôtre ne devraient pas être les seuls arbitres de la cybersécurité », déclare George Osborne, responsable d’OpenAI for Countries. « La résilience repose sur des partenaires de confiance travaillant ensemble ». Les capacités de GPT-5.5-Cyber doivent être « accessibles aux nombreux défenseurs européens, et pas seulement à quelques-uns », ajoute-t-il en rappelant l’existence du plan d’action européen d’OpenAI pour la cybersécurité.

La déclinaison cyber de GPT‑5.5 est disponible depuis le 7 mai, dans un « aperçu limité » réservé aux « défenseurs chargés de sécuriser les infrastructures critiques », explique OpenAI. L’entreprise a élargi son programme TAC (Trusted Access for Cyber) au mois d’avril avec le lancement de GPT-5.4-Cyber ; il faut montrer patte blanche pour entrer dans le club, les partenaires étant vérifiés et approuvés par l’entreprise.

L’UE reste en revanche privée de Mythos. Thomas Regnier a indiqué qu’il y avait « un niveau d’engagement » avec Anthropic, « nous avons eu quatre ou cinq réunions avec l’entreprise ». Les discussions semblent aller bon train mais pour le moment, « nous ne sommes pas au même niveau [qu’avec OpenAI] ». Bruxelles salue « l’approche proactive adoptée par OpenAI, y compris sa volonté de nous donner accès au modèle », et voudrait bien que ça soit le cas avec Anthropic également.

Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

11 mai 2026 à 12:23
Une URL, et tout devient accessible
Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

Plus besoin de connaissances en HTML ou en JavaScript pour développer des web apps : il suffit de la décrire à une des plateformes de vibe coding qui se partagent un marché florissant. Mais la sécurité est le parent pauvre de cette pratique.

Les apps générées par IA publiées sur internet sont souvent peu sécurisées. Red Access, une entreprise spécialisée dans la sécurité dans le nuage, et son cofondateur Dor Zvi ont analysé des milliers de web apps créées avec des outils comme Lovable, Replit, Base44 et Netlify. Le résultat fait froid dans le dos : plus de 5 000 d’entre elles ne présentent aucune authentification ni véritable sécurité.

La simplicité c’est bien, la sécurité c’est mieux

Il suffit de trouver l’URL du site web pour accéder aux données de ces applications. D’autres n’opposaient comme résistance que des barrières faciles à franchir, comme l’obligation de se connecter avec une adresse email. Environ 40 % de ces web apps exposent des données sensibles, des documents confidentiels ou des historiques de conversation entre clients et chatbots. Dor Zvi tire la sonnette d’alarme chez Wired :

« Des organisations se retrouvent à divulguer des données privées via des applications créées avec le vibe coding. C’est l’un des plus grands cas de fuite où des personnes exposent des informations d’entreprise ou d’autres données sensibles à n’importe qui dans le monde. »

Parmi les trouvailles de l’équipe de Red Access : des plannings d’hôpitaux avec des informations personnelles sur des médecins, les achats publicitaires d’une entreprise, une présentation de lancement commercial, les registres de cargaisons d’une société de transport… Dans certains cas, Dor Zvi aurait pu obtenir les privilèges admin de certaines de ces apps en ligne — et même supprimer des comptes administrateurs.

Les plateformes de vibe coding permettent aux utilisateurs d’héberger leurs web apps directement sur leurs propres domaines. Pour mettre la main dessus, les chercheurs ont simplement utilisé Google ou Bing. Ils ont également trouvé plusieurs sites d’hameçonnage reproduisant ceux de grandes entreprises, créés et hébergés chez Lovable.

« Certains utilisateurs ont publié sur le web des applications qui auraient dû rester privées », explique Amjad Masad, le directeur général de Replit. « Qu’une application publique soit accessible sur internet est donc un comportement attendu. Les paramètres de confidentialité peuvent être modifiés à tout moment en un clic. » Rappelant l’existence d’outils de sécurité sur sa plateforme, le dirigeant s’engage à basculer les applications en mode privé et à informer les utilisateurs, si Red Access décide de lui transmettre une liste de ces derniers.

Masad reproche au passage le délai très court donné par la société de cybersécurité : « moins de 24 heures » avant de rendre l’affaire publique, ce qui n’a guère laissé de temps à Replit pour s’organiser. Le 6 mai, Replit annonçait que tous les utilisateurs du service, gratuit comme payant, peuvent publier leurs apps en mode privé. Une fonction qui était réservée auparavant aux clients Pro et Enterprise.

La responsabilité des plateformes

Chez Lovable, on indique également que les utilisateurs ont des outils de sécurité à leur disposition, « mais la manière dont une application est configurée relève au final de la responsabilité de son créateur ». Même discours du côté de Base44 : « Désactiver ces contrôles [de sécurité] est une action volontaire et simple, que n’importe quel utilisateur peut effectuer ». Une web app rendue publique est « un choix de configuration de l’utilisateur, et pas une faille de la plateforme ».

Base44 rappelle aussi qu’il est très simple de générer des données ressemblant à des vraies. Malgré tout, le risque d’exposer des informations confidentielles via des web apps vibe-codées reste réel. Ces outils sont utilisés par des utilisateurs n’ayant pas nécessairement le bagage technique suffisant pour sécuriser leurs données en ligne. 

« N’importe qui dans une entreprise peut générer une application à tout moment, sans passer par un cycle de développement standard ni par le moindre contrôle de sécurité », prévient Dor Zvi. Les plateformes ont une responsabilité ici, celle de mettre en place des garde-fous pour éviter un tsunami potentiel de fuites de données.

Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

11 mai 2026 à 12:23
Une URL, et tout devient accessible
Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

Plus besoin de connaissances en HTML ou en JavaScript pour développer des web apps : il suffit de la décrire à une des plateformes de vibe coding qui se partagent un marché florissant. Mais la sécurité est le parent pauvre de cette pratique.

Les apps générées par IA publiées sur internet sont souvent peu sécurisées. Red Access, une entreprise spécialisée dans la sécurité dans le nuage, et son cofondateur Dor Zvi ont analysé des milliers de web apps créées avec des outils comme Lovable, Replit, Base44 et Netlify. Le résultat fait froid dans le dos : plus de 5 000 d’entre elles ne présentent aucune authentification ni véritable sécurité.

La simplicité c’est bien, la sécurité c’est mieux

Il suffit de trouver l’URL du site web pour accéder aux données de ces applications. D’autres n’opposaient comme résistance que des barrières faciles à franchir, comme l’obligation de se connecter avec une adresse email. Environ 40 % de ces web apps exposent des données sensibles, des documents confidentiels ou des historiques de conversation entre clients et chatbots. Dor Zvi tire la sonnette d’alarme chez Wired :

« Des organisations se retrouvent à divulguer des données privées via des applications créées avec le vibe coding. C’est l’un des plus grands cas de fuite où des personnes exposent des informations d’entreprise ou d’autres données sensibles à n’importe qui dans le monde. »

Parmi les trouvailles de l’équipe de Red Access : des plannings d’hôpitaux avec des informations personnelles sur des médecins, les achats publicitaires d’une entreprise, une présentation de lancement commercial, les registres de cargaisons d’une société de transport… Dans certains cas, Dor Zvi aurait pu obtenir les privilèges admin de certaines de ces apps en ligne — et même supprimer des comptes administrateurs.

Les plateformes de vibe coding permettent aux utilisateurs d’héberger leurs web apps directement sur leurs propres domaines. Pour mettre la main dessus, les chercheurs ont simplement utilisé Google ou Bing. Ils ont également trouvé plusieurs sites d’hameçonnage reproduisant ceux de grandes entreprises, créés et hébergés chez Lovable.

« Certains utilisateurs ont publié sur le web des applications qui auraient dû rester privées », explique Amjad Masad, le directeur général de Replit. « Qu’une application publique soit accessible sur internet est donc un comportement attendu. Les paramètres de confidentialité peuvent être modifiés à tout moment en un clic. » Rappelant l’existence d’outils de sécurité sur sa plateforme, le dirigeant s’engage à basculer les applications en mode privé et à informer les utilisateurs, si Red Access décide de lui transmettre une liste de ces derniers.

Masad reproche au passage le délai très court donné par la société de cybersécurité : « moins de 24 heures » avant de rendre l’affaire publique, ce qui n’a guère laissé de temps à Replit pour s’organiser. Le 6 mai, Replit annonçait que tous les utilisateurs du service, gratuit comme payant, peuvent publier leurs apps en mode privé. Une fonction qui était réservée auparavant aux clients Pro et Enterprise.

La responsabilité des plateformes

Chez Lovable, on indique également que les utilisateurs ont des outils de sécurité à leur disposition, « mais la manière dont une application est configurée relève au final de la responsabilité de son créateur ». Même discours du côté de Base44 : « Désactiver ces contrôles [de sécurité] est une action volontaire et simple, que n’importe quel utilisateur peut effectuer ». Une web app rendue publique est « un choix de configuration de l’utilisateur, et pas une faille de la plateforme ».

Base44 rappelle aussi qu’il est très simple de générer des données ressemblant à des vraies. Malgré tout, le risque d’exposer des informations confidentielles via des web apps vibe-codées reste réel. Ces outils sont utilisés par des utilisateurs n’ayant pas nécessairement le bagage technique suffisant pour sécuriser leurs données en ligne. 

« N’importe qui dans une entreprise peut générer une application à tout moment, sans passer par un cycle de développement standard ni par le moindre contrôle de sécurité », prévient Dor Zvi. Les plateformes ont une responsabilité ici, celle de mettre en place des garde-fous pour éviter un tsunami potentiel de fuites de données.

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