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Reçu — 4 décembre 2025 Actualités numériques

Anthropic, OpenAI, Google : entre stratégie de conquête et manœuvres financières

4 décembre 2025 à 16:58
Ils jouent à cash cash
Anthropic, OpenAI, Google : entre stratégie de conquête et manœuvres financières

Les grandes manœuvres financières se poursuivent sur le terrain de l’IA générative, avec une révélation de taille : Anthropic, éditeur de Claude, étudierait les modalités d’une introduction en bourse dès 2026. OpenAI aurait pour sa part décidé de retarder son offensive dans la publicité en ligne, en raison d’une consigne d’urgence passée par Sam Altman. Celui-ci s’inquiéterait en effet de l’accueil réservé à Gemini 3, que Google diffuse le plus largement possible…

Alors que la rumeur prête à OpenAI l’intention d’aller chercher le carburant nécessaire à sa frénésie d’investissements en bourse, l’éditeur de ChatGPT pourrait-il se faire damer le pion par son concurrent Anthropic ? C’est l’une des questions qui a animé les milieux financiers de la tech cette semaine, après que le Financial Times a révélé mercredi que la maison mère des modèles de langage Claude travaillait à la question avec son conseil, le cabinet Wilson Sonsini.

Anthropic sur le sentier de la bourse ?

À ce stade, il ne s’agit encore que de bruits de couloir, mais ces derniers résonnent assez fort pour que le quotidien britannique se risque à avancer cette éventualité d’une introduction en bourse, pour laquelle Dario Amodei et ses équipes auraient déjà sondé plusieurs grandes banques. Une autre source évoque un processus engagé dès 2026.

Du côté d’Anthropic, on répond qu’il est naturel, à ce niveau d’activités, d’étudier les différentes options stratégiques possibles, sans confirmer quoi que ce soit. « Nous n’avons pris aucune décision quant à une date ou même une éventuelle ouverture [du capital, ndlr] au public, et nous n’avons aucune information à partager pour le moment », indique un porte-parole.

L’entrée en bourse d’Anthropic constituerait à n’en pas douter une opération d’un montant record, d’où l’attention particulière accordée au sujet. Le dernier tour de financement réalisé par l’entreprise, mi-novembre, portait sur 15 milliards de dollars, amenés par NVIDIA et Microsoft, en échange de promesses d’achat de composants et de services cloud, conformément à la logique d’engagements circulaires qui semble désormais prévaloir dans le secteur.

Cet accord tripartite a été conclu, estime le FT, sur la base d’une capitalisation comprise entre 300 et 350 milliards de dollars pour Anthropic. Une introduction en bourse signifierait une nouvelle révision à la hausse de cette valorisation, sur un marché dont la dimension spéculative et les montages financiers hasardeux font redouter à certains l’éclatement à venir d’une bulle de l’IA…

L’entrée, à Wall Street, des deux pure players les plus emblématiques du secteur déplacerait par ailleurs leur rivalité vers un nouveau terrain de jeu, purement financier cette fois. De quoi, sans doute, soutenir un phénomène à venir de concentration dans le secteur.

Anthropic vient à ce sujet d’annoncer l’acquisition de Bun, éditeur d’un framework JavaScript open source qui sous-tend déjà le fonctionnement de certains composants de Claude Code. Reste à savoir pourquoi Anthropic n’a pas fait créer un fork de Bun à son IA, si cette dernière est si performante, s’interroge un internaute taquin.

« Code rouge » autour de ChatGPT chez OpenAI

En attendant, la bataille se joue à l’échelle commerciale bien sûr – comme en témoignent les nombreux accords annoncés entre acteurs de l’IA et poids lourds des pans plus traditionnels de l’économie –, mais aussi technique. Et sur ce point, c’est Google qui semble avoir pris l’avantage, au moins temporairement, avec la sortie de Gemini 3 Pro, dont les performances sont globalement saluées.

En matière de communication, Google s’est d’ailleurs trouvé un allié de poids, en la personne de Marc Benioff, CEO de Salesforce, qui a littéralement encensé Gemini 3 le 23 novembre dernier : « Bordel de merde. J’utilise ChatGPT tous les jours depuis 3 ans. Je viens de passer deux heures sur Gemini 3. Je ne reviendrai pas en arrière ».

Marc Benioff, VRP pas super élégant mais très efficace de Gemini 3 – capture d’écran Next

Le succès de Gemini 3 n’a pas laissé Sam Altman indifférent, c’est peu de le dire. Dans un mémo interne, envoyé lundi 1ᵉʳ décembre aux équipes d’OpenAI et révélé par The Information, le patron d’OpenAI a annoncé un « code rouge », face à ce qu’il considère comme une « situation critique » pour ChatGPT. L’alerte se traduirait par un focus accru sur le développement produit de ChatGPT, quitte à retarder ou abandonner certains projets connexes.

« Notre priorité est désormais de continuer à améliorer ChatGPT, de poursuivre sa croissance et d’étendre son accessibilité à travers le monde, tout en le rendant encore plus intuitif et personnalisé », a souligné publiquement Nick Tuley, patron de ChatGPT chez OpenAI, tout en se réjouissant des résultats accomplis au cours de ces trois premières années de mise à disposition au public.

De la pub dans ChatGPT… mais quand ?

Le code rouge prononcé par Sam Altman pourrait avoir un effet sur un des sujets les plus stratégiques qui soient pour OpenAI : la monétisation via la publicité. D’après The Information, l’intégration de publicités au sein de ChatGPT ferait en effet partie des dossiers sortis du haut de la pile, alors même que l’entreprise a besoin de justifier de revenus en hausse pour soutenir sa recherche de financements.

OpenAI n’a pas communiqué publiquement sur ses velléités en matière de publicités, mais une confirmation de ses travaux sur le sujet a fait surface fin novembre. Des internautes ont effet découvert, au sein d’une bêta de l’application Android de ChatGPT, des mentions à l’intitulé explicitement rattaché à l’affichage de réclames, telles que ads feature, bazaar content, search ad, ou search ads carousel.

Le sujet n’est pas trivial : pour être efficace, la réclame au sein de ChatGPT devra en effet être contextualisée soit en fonction des requêtes de l’utilisateur (ce qui pose des questions de neutralité dans la génération de la réponse), soit en fonction de la connaissance qu’a le modèle de l’utilisateur (et donc d’éléments relevant de sa vie privée).

Google ouvre les vannes sur Gemini 3, puis les referme (un peu)

S’il y en a dont les projets en la matière seront scrutés de près, c’est bien sûr Google, qui dispose avec son moteur de recherche, Android et Chrome, de multiples points de contact pour toucher l’internaute et lui dispenser des services d’IA générative financés par la publicité.

Et Google semble bien décidée à accélérer la conquête de nouveaux utilisateurs. Si OpenAI caracole en tête en revendiquant 800 millions d’utilisateurs par semaine sur ChatGPT, Google est de son côté passé de 450 millions à 650 millions d’utilisateurs actifs mensuels, selon les déclarations d’Alphabet lors de la présentation de ses derniers résultats financiers.

Pour continuer sur cette lancée, Google joue la carte de la synergie. Les abonnés à l’offre de stockage cloud Google One Premium ont ainsi reçu cette semaine une invitation à profiter sans surcoût des avantages de l’abonnement AI Plus, qui intègre un accès plus généreux à Gemini 3 Pro et Nano Banana pour les images. La dernière version du modèle s’est également invitée dans l’AI Mode, l’agent conversationnel de recherche de Google (encore non disponible en France) qui constitue une alternative à la traditionnelle liste de liens.

Problème : gagner des utilisateurs coûte cher, et tous ne basculent pas vers des formules payantes, ce qui conduit dans le même temps Google, comme OpenAI, à limiter en volume les possibilités offertes en version gratuite. Chez OpenAI, c’est au niveau de Sora, le modèle de génération vidéo, que la barre est abaissée à six requêtes par jour, contre trente précédemment. « Nos cartes graphiques surchauffent, et nous voulons permettre au plus grand nombre de personnes possible d’accéder à Sora ! », explique Bill Peebles, patron de Sora, dans un message du 28 novembre.

La veille, Google avait procédé à un mouvement similaire, en réduisant les paliers d’utilisation gratuite de Gemini 3 Pro et de Nano Banana.

Anthropic, OpenAI, Google : entre stratégie de conquête et manœuvres financières

4 décembre 2025 à 16:58
Ils jouent à cash cash
Anthropic, OpenAI, Google : entre stratégie de conquête et manœuvres financières

Les grandes manœuvres financières se poursuivent sur le terrain de l’IA générative, avec une révélation de taille : Anthropic, éditeur de Claude, étudierait les modalités d’une introduction en bourse dès 2026. OpenAI aurait pour sa part décidé de retarder son offensive dans la publicité en ligne, en raison d’une consigne d’urgence passée par Sam Altman. Celui-ci s’inquiéterait en effet de l’accueil réservé à Gemini 3, que Google diffuse le plus largement possible…

Alors que la rumeur prête à OpenAI l’intention d’aller chercher le carburant nécessaire à sa frénésie d’investissements en bourse, l’éditeur de ChatGPT pourrait-il se faire damer le pion par son concurrent Anthropic ? C’est l’une des questions qui a animé les milieux financiers de la tech cette semaine, après que le Financial Times a révélé mercredi que la maison mère des modèles de langage Claude travaillait à la question avec son conseil, le cabinet Wilson Sonsini.

Anthropic sur le sentier de la bourse ?

À ce stade, il ne s’agit encore que de bruits de couloir, mais ces derniers résonnent assez fort pour que le quotidien britannique se risque à avancer cette éventualité d’une introduction en bourse, pour laquelle Dario Amodei et ses équipes auraient déjà sondé plusieurs grandes banques. Une autre source évoque un processus engagé dès 2026.

Du côté d’Anthropic, on répond qu’il est naturel, à ce niveau d’activités, d’étudier les différentes options stratégiques possibles, sans confirmer quoi que ce soit. « Nous n’avons pris aucune décision quant à une date ou même une éventuelle ouverture [du capital, ndlr] au public, et nous n’avons aucune information à partager pour le moment », indique un porte-parole.

L’entrée en bourse d’Anthropic constituerait à n’en pas douter une opération d’un montant record, d’où l’attention particulière accordée au sujet. Le dernier tour de financement réalisé par l’entreprise, mi-novembre, portait sur 15 milliards de dollars, amenés par NVIDIA et Microsoft, en échange de promesses d’achat de composants et de services cloud, conformément à la logique d’engagements circulaires qui semble désormais prévaloir dans le secteur.

Cet accord tripartite a été conclu, estime le FT, sur la base d’une capitalisation comprise entre 300 et 350 milliards de dollars pour Anthropic. Une introduction en bourse signifierait une nouvelle révision à la hausse de cette valorisation, sur un marché dont la dimension spéculative et les montages financiers hasardeux font redouter à certains l’éclatement à venir d’une bulle de l’IA…

L’entrée, à Wall Street, des deux pure players les plus emblématiques du secteur déplacerait par ailleurs leur rivalité vers un nouveau terrain de jeu, purement financier cette fois. De quoi, sans doute, soutenir un phénomène à venir de concentration dans le secteur.

Anthropic vient à ce sujet d’annoncer l’acquisition de Bun, éditeur d’un framework JavaScript open source qui sous-tend déjà le fonctionnement de certains composants de Claude Code. Reste à savoir pourquoi Anthropic n’a pas fait créer un fork de Bun à son IA, si cette dernière est si performante, s’interroge un internaute taquin.

« Code rouge » autour de ChatGPT chez OpenAI

En attendant, la bataille se joue à l’échelle commerciale bien sûr – comme en témoignent les nombreux accords annoncés entre acteurs de l’IA et poids lourds des pans plus traditionnels de l’économie –, mais aussi technique. Et sur ce point, c’est Google qui semble avoir pris l’avantage, au moins temporairement, avec la sortie de Gemini 3 Pro, dont les performances sont globalement saluées.

En matière de communication, Google s’est d’ailleurs trouvé un allié de poids, en la personne de Marc Benioff, CEO de Salesforce, qui a littéralement encensé Gemini 3 le 23 novembre dernier : « Bordel de merde. J’utilise ChatGPT tous les jours depuis 3 ans. Je viens de passer deux heures sur Gemini 3. Je ne reviendrai pas en arrière ».

Marc Benioff, VRP pas super élégant mais très efficace de Gemini 3 – capture d’écran Next

Le succès de Gemini 3 n’a pas laissé Sam Altman indifférent, c’est peu de le dire. Dans un mémo interne, envoyé lundi 1ᵉʳ décembre aux équipes d’OpenAI et révélé par The Information, le patron d’OpenAI a annoncé un « code rouge », face à ce qu’il considère comme une « situation critique » pour ChatGPT. L’alerte se traduirait par un focus accru sur le développement produit de ChatGPT, quitte à retarder ou abandonner certains projets connexes.

« Notre priorité est désormais de continuer à améliorer ChatGPT, de poursuivre sa croissance et d’étendre son accessibilité à travers le monde, tout en le rendant encore plus intuitif et personnalisé », a souligné publiquement Nick Tuley, patron de ChatGPT chez OpenAI, tout en se réjouissant des résultats accomplis au cours de ces trois premières années de mise à disposition au public.

De la pub dans ChatGPT… mais quand ?

Le code rouge prononcé par Sam Altman pourrait avoir un effet sur un des sujets les plus stratégiques qui soient pour OpenAI : la monétisation via la publicité. D’après The Information, l’intégration de publicités au sein de ChatGPT ferait en effet partie des dossiers sortis du haut de la pile, alors même que l’entreprise a besoin de justifier de revenus en hausse pour soutenir sa recherche de financements.

OpenAI n’a pas communiqué publiquement sur ses velléités en matière de publicités, mais une confirmation de ses travaux sur le sujet a fait surface fin novembre. Des internautes ont effet découvert, au sein d’une bêta de l’application Android de ChatGPT, des mentions à l’intitulé explicitement rattaché à l’affichage de réclames, telles que ads feature, bazaar content, search ad, ou search ads carousel.

Le sujet n’est pas trivial : pour être efficace, la réclame au sein de ChatGPT devra en effet être contextualisée soit en fonction des requêtes de l’utilisateur (ce qui pose des questions de neutralité dans la génération de la réponse), soit en fonction de la connaissance qu’a le modèle de l’utilisateur (et donc d’éléments relevant de sa vie privée).

Google ouvre les vannes sur Gemini 3, puis les referme (un peu)

S’il y en a dont les projets en la matière seront scrutés de près, c’est bien sûr Google, qui dispose avec son moteur de recherche, Android et Chrome, de multiples points de contact pour toucher l’internaute et lui dispenser des services d’IA générative financés par la publicité.

Et Google semble bien décidée à accélérer la conquête de nouveaux utilisateurs. Si OpenAI caracole en tête en revendiquant 800 millions d’utilisateurs par semaine sur ChatGPT, Google est de son côté passé de 450 millions à 650 millions d’utilisateurs actifs mensuels, selon les déclarations d’Alphabet lors de la présentation de ses derniers résultats financiers.

Pour continuer sur cette lancée, Google joue la carte de la synergie. Les abonnés à l’offre de stockage cloud Google One Premium ont ainsi reçu cette semaine une invitation à profiter sans surcoût des avantages de l’abonnement AI Plus, qui intègre un accès plus généreux à Gemini 3 Pro et Nano Banana pour les images. La dernière version du modèle s’est également invitée dans l’AI Mode, l’agent conversationnel de recherche de Google (encore non disponible en France) qui constitue une alternative à la traditionnelle liste de liens.

Problème : gagner des utilisateurs coûte cher, et tous ne basculent pas vers des formules payantes, ce qui conduit dans le même temps Google, comme OpenAI, à limiter en volume les possibilités offertes en version gratuite. Chez OpenAI, c’est au niveau de Sora, le modèle de génération vidéo, que la barre est abaissée à six requêtes par jour, contre trente précédemment. « Nos cartes graphiques surchauffent, et nous voulons permettre au plus grand nombre de personnes possible d’accéder à Sora ! », explique Bill Peebles, patron de Sora, dans un message du 28 novembre.

La veille, Google avait procédé à un mouvement similaire, en réduisant les paliers d’utilisation gratuite de Gemini 3 Pro et de Nano Banana.

Mémoire vive, SSD : Micron sort du marché grand public et met fin à la marque Crucial

4 décembre 2025 à 07:46
Crucial (adj) : qualifie ce qui est décisif
Mémoire vive, SSD : Micron sort du marché grand public et met fin à la marque Crucial

Micron invoque les tensions grandissantes sur l’approvisionnement en mémoire provoquées par les investissements dans l’IA pour justifier une décision radicale : sa sortie prochaine du marché grand public. Ce faisant, il met un terme à la marque Crucial, bien connue des amateurs de hardware.

Les tensions déjà à l’œuvre sur le marché grand public de la mémoire, vive ou flash, risquent de s’accentuer. Le groupe états-unien Micron vient en effet d’annoncer la fin de ses activités grand public, qui s’incarnaient jusqu’ici au travers de la marque Crucial. Il acte sa décision au travers d’un communiqué daté du 3 décembre, qui précise que la vente des produits Crucial va s’interrompre sur tous les canaux de distribution, à l’échelle mondiale.

Des lignes reconverties vers des marchés plus porteurs

S’il prend soin de remercier les équipes et les clients de la marque Crucial, active pendant 29 ans, et souligne le caractère « difficile » de cette décision, le groupe assume la dimension stratégique de cette dernière. Ce mouvement témoignerait « de l’engagement de Micron envers la transformation continue de son portefeuille et l’alignement qui en résulte de ses activités sur des vecteurs de croissance structurels et rentables dans le domaine de la mémoire et du stockage », enrobe le communiqué.

« Alimentée par l’IA, la croissance des centres de données a entraîné une forte augmentation de la demande en mémoire et en stockage. Micron a pris la difficile décision de se retirer du marché grand public de Crucial afin d’améliorer l’approvisionnement et le support pour ses clients stratégiques les plus importants dans les segments à forte croissance », décrit de façon plus explicite Sumit Sadana, vice président exécutif du groupe des activités.

Micron indique que l’approvisionnement en produits Crucial sera assuré jusqu’en février 2026, et promet que le support et le service après-vente seront assurés au-delà de cette date. Les produits RAM et NAND vendus sous la marque Micron sur le marché professionnel (serveurs notamment) resteront quant à eux disponibles. Les lignes précédemment dévolues à la fabrication des puces DDR et NAND intégrées aux barrettes et SSD Crucial seront quant à elles reconverties vers des segments de marché plus lucratifs.

Micron ne précise pas si ses lignes de production de GDDR7, dont les puces équipent une partie des cartes graphiques pour joueurs de la série RTX 5000 chez NVIDIA, sont concernées par ce mouvement.

Etabli par Trendforce, ce tableau classe les principaux fournisseurs de DRAM du marché en fonction de leur chiffre d’affaires et de leurs parts de marché sur le troisième trimestre 2025. Micron arrive en troisième position

Pénurie à venir, des effets déjà sensibles

Cette annonce intervient alors que les analystes évoquent depuis plusieurs semaines une possible pénurie à venir sur le marché de la mémoire. Alors que la demande globale ne cesse d’augmenter, les principaux acteurs du secteur que sont Samsung, SK Hynix et Micron concentrent en effet leurs capacités de production, actuelles ou en cours de développement, vers les segments associés à l’IA générative : la mémoire vive DDR pour serveurs et surtout la mémoire HBM (High Bandwidth Memory) utilisée au sein des puces spécialisées dans l’IA, qu’il s’agisse des composants signés NVIDIA, des derniers TPU de Google ou des produits développés par Amazon.

Il faut dire que la demande, nourrie par les promesses d’investissement de tous les grands noms de l’IA, est phénoménale. Début 2024, le Coréen SK Hynix indiquait par exemple avoir déjà vendu la quasi-totalité de sa production prévisionnelle pour 2025. Le phénomène s’est depuis considérablement accéléré, et les tensions déjà sensibles devraient s’accentuer, sur la DDR comme sur la NAND.

D’après le cabinet spécialisé Trendforce, les fournisseurs de mémoire flash n’auraient plus que sept à dix semaines de stock d’avance, contre 10 à 15 semaines un trimestre plus tôt. Côté mémoire vive, les leaders coréens Samsung et SK Hynix ont tous deux émis des alertes quant à la disponibilité de leurs puces DRAM. Le premier serait par exemple en mesure de ne traiter que 70 % des demandes entrantes, et ne verrait pas l’horizon s’éclaircir avant 2028.

Reste à voir quels seront les effets concrets de cette pénurie sur le marché de l’informatique grand public ou professionnelle, hors serveurs. Doc_TB, ancien de Canard PC Hardware qui accompagne LDLC sur des sujets d’approvisionnement et de création de composants en marque blanche, remarque que les difficultés déjà à l’oeuvre font revenir un phénomène oublié de longue date : celui des barrettes DDR no-name, faisant appel à des puces mémoire déclassées (n’ayant pas rempli les exigences de contrôle qualité pour être intégrées sur des produits de grande marque).

Mémoire vive, SSD : Micron sort du marché grand public et met fin à la marque Crucial

4 décembre 2025 à 07:46
Crucial (adj) : qualifie ce qui est décisif
Mémoire vive, SSD : Micron sort du marché grand public et met fin à la marque Crucial

Micron invoque les tensions grandissantes sur l’approvisionnement en mémoire provoquées par les investissements dans l’IA pour justifier une décision radicale : sa sortie prochaine du marché grand public. Ce faisant, il met un terme à la marque Crucial, bien connue des amateurs de hardware.

Les tensions déjà à l’œuvre sur le marché grand public de la mémoire, vive ou flash, risquent de s’accentuer. Le groupe états-unien Micron vient en effet d’annoncer la fin de ses activités grand public, qui s’incarnaient jusqu’ici au travers de la marque Crucial. Il acte sa décision au travers d’un communiqué daté du 3 décembre, qui précise que la vente des produits Crucial va s’interrompre sur tous les canaux de distribution, à l’échelle mondiale.

Des lignes reconverties vers des marchés plus porteurs

S’il prend soin de remercier les équipes et les clients de la marque Crucial, active pendant 29 ans, et souligne le caractère « difficile » de cette décision, le groupe assume la dimension stratégique de cette dernière. Ce mouvement témoignerait « de l’engagement de Micron envers la transformation continue de son portefeuille et l’alignement qui en résulte de ses activités sur des vecteurs de croissance structurels et rentables dans le domaine de la mémoire et du stockage », enrobe le communiqué.

« Alimentée par l’IA, la croissance des centres de données a entraîné une forte augmentation de la demande en mémoire et en stockage. Micron a pris la difficile décision de se retirer du marché grand public de Crucial afin d’améliorer l’approvisionnement et le support pour ses clients stratégiques les plus importants dans les segments à forte croissance », décrit de façon plus explicite Sumit Sadana, vice président exécutif du groupe des activités.

Micron indique que l’approvisionnement en produits Crucial sera assuré jusqu’en février 2026, et promet que le support et le service après-vente seront assurés au-delà de cette date. Les produits RAM et NAND vendus sous la marque Micron sur le marché professionnel (serveurs notamment) resteront quant à eux disponibles. Les lignes précédemment dévolues à la fabrication des puces DDR et NAND intégrées aux barrettes et SSD Crucial seront quant à elles reconverties vers des segments de marché plus lucratifs.

Micron ne précise pas si ses lignes de production de GDDR7, dont les puces équipent une partie des cartes graphiques pour joueurs de la série RTX 5000 chez NVIDIA, sont concernées par ce mouvement.

Etabli par Trendforce, ce tableau classe les principaux fournisseurs de DRAM du marché en fonction de leur chiffre d’affaires et de leurs parts de marché sur le troisième trimestre 2025. Micron arrive en troisième position

Pénurie à venir, des effets déjà sensibles

Cette annonce intervient alors que les analystes évoquent depuis plusieurs semaines une possible pénurie à venir sur le marché de la mémoire. Alors que la demande globale ne cesse d’augmenter, les principaux acteurs du secteur que sont Samsung, SK Hynix et Micron concentrent en effet leurs capacités de production, actuelles ou en cours de développement, vers les segments associés à l’IA générative : la mémoire vive DDR pour serveurs et surtout la mémoire HBM (High Bandwidth Memory) utilisée au sein des puces spécialisées dans l’IA, qu’il s’agisse des composants signés NVIDIA, des derniers TPU de Google ou des produits développés par Amazon.

Il faut dire que la demande, nourrie par les promesses d’investissement de tous les grands noms de l’IA, est phénoménale. Début 2024, le Coréen SK Hynix indiquait par exemple avoir déjà vendu la quasi-totalité de sa production prévisionnelle pour 2025. Le phénomène s’est depuis considérablement accéléré, et les tensions déjà sensibles devraient s’accentuer, sur la DDR comme sur la NAND.

D’après le cabinet spécialisé Trendforce, les fournisseurs de mémoire flash n’auraient plus que sept à dix semaines de stock d’avance, contre 10 à 15 semaines un trimestre plus tôt. Côté mémoire vive, les leaders coréens Samsung et SK Hynix ont tous deux émis des alertes quant à la disponibilité de leurs puces DRAM. Le premier serait par exemple en mesure de ne traiter que 70 % des demandes entrantes, et ne verrait pas l’horizon s’éclaircir avant 2028.

Reste à voir quels seront les effets concrets de cette pénurie sur le marché de l’informatique grand public ou professionnelle, hors serveurs. Doc_TB, ancien de Canard PC Hardware qui accompagne LDLC sur des sujets d’approvisionnement et de création de composants en marque blanche, remarque que les difficultés déjà à l’oeuvre font revenir un phénomène oublié de longue date : celui des barrettes DDR no-name, faisant appel à des puces mémoire déclassées (n’ayant pas rempli les exigences de contrôle qualité pour être intégrées sur des produits de grande marque).

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