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Reçu — 24 avril 2026 Actualités numériques

En faisant condamner Spliiit, la LFP a-t-elle marqué contre son camp ?

24 avril 2026 à 15:05
La notion de foyer hors jeu
En faisant condamner Spliiit, la LFP a-t-elle marqué contre son camp ?

C’est une première : Spliiit, le service de partage d’abonnements, a été condamné en référé par le tribunal judiciaire de Paris saisi par la Ligue de football professionnel (LFP). En cause : le partage de comptes pour Ligue 1 +, la plateforme de streaming de la LFP. 

La décision du tribunal judiciaire de Paris du 17 avril contre Spliiit a fait du bruit et pour cause : c’est la première fois que l’entreprise spécialisée dans le partage de comptes est condamnée. Par conséquent, elle a cessé de proposer le partage de Ligue 1 +, et supprimé toute référence au service de streaming de la LFP sur son site web, en vertu de la décision de justice. « Je suis tombé de ma chaise quand j’ai appris ça », déclare Jonathan Lalinec, le directeur général de Spliiit, à Next.

La question centrale autour de laquelle gravite toute cette histoire, c’est la notion de foyer. La formule principale de Ligue 1 +à 14,99 euros par mois (avec engagement 12 mois) autorise en effet la lecture sur 2 écrans en simultané. La communication du service de streaming a été pour le moins floue sur le sujet : au lancement de la nouvelle offre l’été dernier, le compte X (anciennement Twitter) de Ligue 1 +annonçait sans ambiguïté qu’il n’y avait pas de notion de foyer pour la gestion des 2 écrans.

Sur le compte Twitter de Ligue 1 +, en août 2025. Capture d’écran

Les conditions générales d’abonnement disent pourtant autre chose : la filiale LFP 2 qui opère Ligue 1 + se réserve en effet le droit de désactiver un compte abonné « en cas de partage de compte ayant pour effet de faire bénéficier à un tiers en dehors du foyer ». Ils indiquent par ailleurs que la notion de foyer « exclut totalement tout type de partage de compte via un site internet dédié, une application, un réseau social, une plateforme dédiée en tout ou partie à ce type de pratiques, etc. »

Le tribunal a nettement penché pour les arguments de la LFP. Spliiit avait pourtant bon espoir de faire entendre les siens. « Si on accepte de retirer Ligue 1 +, c’est la porte ouverte pour d’autres services qui pourraient se dire « on vous supprime » », explique Jonathan Lalinec. Le dirigeant s’était demandé s’il fallait aller devant le tribunal : « autant je suis prêt à me battre contre Netflix, Disney, Apple, mais si on est attaqué par un petit service comme ça, ça ne vaut pas le coup. »

Ligue 1 + n’était en effet qu’une goutte d’eau pour Spliiit : « ça représente 0,1% de nos abonnés », soit « un chiffre d’affaires de 3 000 euros » durant les sept mois où le service a été proposé en partage de comptes. Ces chiffres, transmis à la LFP, ont étonné la Ligue : « ils s’attendaient sans doute à ce qu’on ait des milliers d’abonnés Ligue 1 +, ce qui n’était absolument pas le cas ».

À la réception de la première mise en demeure, le directeur général n’était pas certain de vouloir se défendre face à la LFP, « je ne vous cache pas que des honoraires d’avocats ça coûte beaucoup plus cher ! » Mais finalement, Spliiit a voulu rester droit dans ses bottes : « on assume totalement ce qu’on fait ». Ça n’a pas fonctionné, et le référé est tombé. Une ordonnance qui ne fait pas une jurisprudence, « c’est une mesure provisoire qui est sur 180 jours donc pendant 180 jours on doit le retirer », précise Jonathan Lalinec. La LFP peut aller au fond, mais « on n’a pas eu d’informations là-dessus ».

La LFP n’a pas répondu aux sollicitations de Next pour le moment.

Carton rouge pour le partage de comptes

Ligue 1 + ne devrait de toute manière pas revenir de si tôt sur Spliiit. Dans son communiqué, la LFP ne parle pas explicitement de streaming ou d’IPTV illicites pour qualifier l’activité de l’entreprise. En revanche, l’organisateur du championnat de foot « réaffirme sa détermination à lutter contre toutes les formes d’exploitation non autorisée de ses services ». 

Illustration : Flock

Jonathan Lalinec regrette d’ailleurs la publication du communiqué : « On leur a dit [à la LFP] : « écoutez, ne communiquez pas forcément » », des discussions entre avocats ont eu lieu, « et le vendredi matin à 9 h, on a vu que le communiqué est parti, donc on s’est dit c’est qu’ils voulaient vraiment le faire savoir. Je pense qu’ils sont assez fiers de leur coup, mais c’est contre-productif pour eux ».

Car Spliiit se présente justement comme une solution contre le piratage. « Nos clients nous le disent eux-mêmes : sans ces services [de partage de comptes], j’aurais tendance à revenir sur de l’IPTV ou des plateformes de streaming [illégales] ». « On aurait pu travailler ensemble », déplore le dirigeant, « on aurait pu aider Ligue 1 +à recruter de nouveaux abonnés : quand vous partagez un abonnement, vous souscrivez directement à l’éditeur, donc vous ne consommez pas de l’IPTV ou du streaming illégal. »

Le service ne propose de ne partager que des comptes comprenant des options multi-utilisateur. « On n’a jamais eu BeinSport, parce que BeinSport n’a jamais eu d’offre multi-utilisateur », illustre le directeur, « donc de toute façon, si vous n’avez pas d’offre multi-utilisateur, vous ne serez jamais référencés […] tant qu’il n’y a pas d’abonnement partageable, on ne se permettra pas de le référencer ».

Disney, Netflix, Apple : toujours le flou

Sur un autre front, Spliiit est toujours en attente d’une décision de justice concernant le dossier qui l’oppose à Netflix, Disney et Apple regroupés au sein de l’ACE (Alliance for Creativity and Entertainment). Une plainte qui a fait l’objet d’une ordonnance de référé du tribunal judiciaire de Paris, en 2022.

Les différentes offres Spliiit.

Les trois plateformes états-uniennes reprochaient une atteinte à leurs marques, une incitation à enfreindre les conditions d’utilisation (partage hors foyer), des actes de concurrence déloyale et du parasitisme. Pour Spliiit, il n’existait ni contrefaçon évidente, ni trouble manifeste. Le tribunal a reconnu que les plaignantes avaient bien qualité à agir, mais que leurs règles de partage étaient (à l’époque) ambigües et incohérentes. Les services pouvaient aussi interpréter leurs propres règles.

Pas de condamnation de Spliiit donc, et renvoi à un procès au fond. Et depuis ? « La justice prend du temps, et entre 2021 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses du point de vue des éditeurs », explique Jonathan Lalinec, « ils ont changé leurs offres, ils ont rajouté des offres payantes, l’offre extra abonné, l’offre abonné supplémentaire ». La notion de foyer a donc volé en éclat, contre monnaie sonnante et trébuchante. « C’est un procès qui est sans objet », affirme-t-il, « il a été repoussé, il aurait dû avoir lieu en 2023, repoussé en 2024, repoussé en 2025… »

L’an dernier, une médiation a été demandée par la justice « à la dernière minute », mais les parties ne sont pas parvenues à se mettre d’accord. Une plaidoirie a finalement eu lieu le 5 octobre, avec une décision programmée en décembre… et sans cesse reportée depuis : « je crois qu’on est au 14e report, donc voilà, je ne peux pas vous donner de date exacte ». Le jugement est attendu : « c’est vraiment la décision au fond de cette affaire qui permettra de trancher si l’abonnement, finalement, peut être partagé et sous quelles conditions. »

Spliiit est aujourd’hui un service qui se porte bien, avec 600 services référencés pour la presse, la musique et la SVOD, en France et en Europe et un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros.

En faisant condamner Spliiit, la LFP a-t-elle marqué contre son camp ?

24 avril 2026 à 15:05
La notion de foyer hors jeu
En faisant condamner Spliiit, la LFP a-t-elle marqué contre son camp ?

C’est une première : Spliiit, le service de partage d’abonnements, a été condamné en référé par le tribunal judiciaire de Paris saisi par la Ligue de football professionnel (LFP). En cause : le partage de comptes pour Ligue 1 +, la plateforme de streaming de la LFP. 

La décision du tribunal judiciaire de Paris du 17 avril contre Spliiit a fait du bruit et pour cause : c’est la première fois que l’entreprise spécialisée dans le partage de comptes est condamnée. Par conséquent, elle a cessé de proposer le partage de Ligue 1 +, et supprimé toute référence au service de streaming de la LFP sur son site web, en vertu de la décision de justice. « Je suis tombé de ma chaise quand j’ai appris ça », déclare Jonathan Lalinec, le directeur général de Spliiit, à Next.

La question centrale autour de laquelle gravite toute cette histoire, c’est la notion de foyer. La formule principale de Ligue 1 +à 14,99 euros par mois (avec engagement 12 mois) autorise en effet la lecture sur 2 écrans en simultané. La communication du service de streaming a été pour le moins floue sur le sujet : au lancement de la nouvelle offre l’été dernier, le compte X (anciennement Twitter) de Ligue 1 +annonçait sans ambiguïté qu’il n’y avait pas de notion de foyer pour la gestion des 2 écrans.

Sur le compte Twitter de Ligue 1 +, en août 2025. Capture d’écran

Les conditions générales d’abonnement disent pourtant autre chose : la filiale LFP 2 qui opère Ligue 1 + se réserve en effet le droit de désactiver un compte abonné « en cas de partage de compte ayant pour effet de faire bénéficier à un tiers en dehors du foyer ». Ils indiquent par ailleurs que la notion de foyer « exclut totalement tout type de partage de compte via un site internet dédié, une application, un réseau social, une plateforme dédiée en tout ou partie à ce type de pratiques, etc. »

Le tribunal a nettement penché pour les arguments de la LFP. Spliiit avait pourtant bon espoir de faire entendre les siens. « Si on accepte de retirer Ligue 1 +, c’est la porte ouverte pour d’autres services qui pourraient se dire « on vous supprime » », explique Jonathan Lalinec. Le dirigeant s’était demandé s’il fallait aller devant le tribunal : « autant je suis prêt à me battre contre Netflix, Disney, Apple, mais si on est attaqué par un petit service comme ça, ça ne vaut pas le coup. »

Ligue 1 + n’était en effet qu’une goutte d’eau pour Spliiit : « ça représente 0,1% de nos abonnés », soit « un chiffre d’affaires de 3 000 euros » durant les sept mois où le service a été proposé en partage de comptes. Ces chiffres, transmis à la LFP, ont étonné la Ligue : « ils s’attendaient sans doute à ce qu’on ait des milliers d’abonnés Ligue 1 +, ce qui n’était absolument pas le cas ».

À la réception de la première mise en demeure, le directeur général n’était pas certain de vouloir se défendre face à la LFP, « je ne vous cache pas que des honoraires d’avocats ça coûte beaucoup plus cher ! » Mais finalement, Spliiit a voulu rester droit dans ses bottes : « on assume totalement ce qu’on fait ». Ça n’a pas fonctionné, et le référé est tombé. Une ordonnance qui ne fait pas une jurisprudence, « c’est une mesure provisoire qui est sur 180 jours donc pendant 180 jours on doit le retirer », précise Jonathan Lalinec. La LFP peut aller au fond, mais « on n’a pas eu d’informations là-dessus ».

La LFP n’a pas répondu aux sollicitations de Next pour le moment.

Carton rouge pour le partage de comptes

Ligue 1 + ne devrait de toute manière pas revenir de si tôt sur Spliiit. Dans son communiqué, la LFP ne parle pas explicitement de streaming ou d’IPTV illicites pour qualifier l’activité de l’entreprise. En revanche, l’organisateur du championnat de foot « réaffirme sa détermination à lutter contre toutes les formes d’exploitation non autorisée de ses services ». 

Illustration : Flock

Jonathan Lalinec regrette d’ailleurs la publication du communiqué : « On leur a dit [à la LFP] : « écoutez, ne communiquez pas forcément » », des discussions entre avocats ont eu lieu, « et le vendredi matin à 9 h, on a vu que le communiqué est parti, donc on s’est dit c’est qu’ils voulaient vraiment le faire savoir. Je pense qu’ils sont assez fiers de leur coup, mais c’est contre-productif pour eux ».

Car Spliiit se présente justement comme une solution contre le piratage. « Nos clients nous le disent eux-mêmes : sans ces services [de partage de comptes], j’aurais tendance à revenir sur de l’IPTV ou des plateformes de streaming [illégales] ». « On aurait pu travailler ensemble », déplore le dirigeant, « on aurait pu aider Ligue 1 +à recruter de nouveaux abonnés : quand vous partagez un abonnement, vous souscrivez directement à l’éditeur, donc vous ne consommez pas de l’IPTV ou du streaming illégal. »

Le service ne propose de ne partager que des comptes comprenant des options multi-utilisateur. « On n’a jamais eu BeinSport, parce que BeinSport n’a jamais eu d’offre multi-utilisateur », illustre le directeur, « donc de toute façon, si vous n’avez pas d’offre multi-utilisateur, vous ne serez jamais référencés […] tant qu’il n’y a pas d’abonnement partageable, on ne se permettra pas de le référencer ».

Disney, Netflix, Apple : toujours le flou

Sur un autre front, Spliiit est toujours en attente d’une décision de justice concernant le dossier qui l’oppose à Netflix, Disney et Apple regroupés au sein de l’ACE (Alliance for Creativity and Entertainment). Une plainte qui a fait l’objet d’une ordonnance de référé du tribunal judiciaire de Paris, en 2022.

Les différentes offres Spliiit.

Les trois plateformes états-uniennes reprochaient une atteinte à leurs marques, une incitation à enfreindre les conditions d’utilisation (partage hors foyer), des actes de concurrence déloyale et du parasitisme. Pour Spliiit, il n’existait ni contrefaçon évidente, ni trouble manifeste. Le tribunal a reconnu que les plaignantes avaient bien qualité à agir, mais que leurs règles de partage étaient (à l’époque) ambigües et incohérentes. Les services pouvaient aussi interpréter leurs propres règles.

Pas de condamnation de Spliiit donc, et renvoi à un procès au fond. Et depuis ? « La justice prend du temps, et entre 2021 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses du point de vue des éditeurs », explique Jonathan Lalinec, « ils ont changé leurs offres, ils ont rajouté des offres payantes, l’offre extra abonné, l’offre abonné supplémentaire ». La notion de foyer a donc volé en éclat, contre monnaie sonnante et trébuchante. « C’est un procès qui est sans objet », affirme-t-il, « il a été repoussé, il aurait dû avoir lieu en 2023, repoussé en 2024, repoussé en 2025… »

L’an dernier, une médiation a été demandée par la justice « à la dernière minute », mais les parties ne sont pas parvenues à se mettre d’accord. Une plaidoirie a finalement eu lieu le 5 octobre, avec une décision programmée en décembre… et sans cesse reportée depuis : « je crois qu’on est au 14e report, donc voilà, je ne peux pas vous donner de date exacte ». Le jugement est attendu : « c’est vraiment la décision au fond de cette affaire qui permettra de trancher si l’abonnement, finalement, peut être partagé et sous quelles conditions. »

Spliiit est aujourd’hui un service qui se porte bien, avec 600 services référencés pour la presse, la musique et la SVOD, en France et en Europe et un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros.

☕️ Erreur 521 en série : des dizaines de sites pirates hors ligne

24 avril 2026 à 12:37


Plusieurs sites de contenus piratés très populaires affichent désormais une erreur 521 de Cloudflare. Impossible d’y accéder, et le plus intéressant c’est qu’ils sont tous tombés en même temps : le serveur d’origine refuse la connexion ou ne répond plus.

Myflixerz, Sflix, Watchseries, HDtoday et d’autres encore sont aux abonnés absents. Ces sites distribuent des contenus piratés à grands flots, attirant des millions de visiteurs chaque mois… qui se cassent désormais le nez en tentant d’y accéder. Les noms de domaine existent toujours, Cloudflare est bien en place, mais l’erreur 521 indique que l’infrastructure qui héberge ces sites est hors ligne ou inaccessible.

Capture d’écran du site Myflyxerz

Cloudflare n’est donc pas responsable de ce mystérieux serrage de kiki. Comme le rapporte TorrentFreak, il est probable que ces dizaines de sites web ne soient pas indépendants : ils s’appuient sur un modèle « Piracy-as-a-Service » (PaaS) dans lequel le contenu est hébergé par des services communs comme MegaCloud ou VidCloud qui servent de colonne vertébrale technique.

Logiquement, si cette infrastructure centrale tombe, tous les sites qui s’y adossent également. Personne n’ayant revendiqué quoi que ce soit pour le moment, difficile de pointer du doigt le responsable. Néanmoins, plusieurs hypothèses sont sur la table. La première est probablement la moins probable, il s’agirait d’une coupure technique, une simple panne côté backend. L’ampleur de l’événement est tel que ce scénario semble peu crédible.

Autre hypothèse : une action concertée d’ayants droit. La Motion Picture Association (MPA) surveille activement ces réseaux. Le rapport de l’organisation, remis au représentant américain au commerce l’automne dernier (PDF), affirmait ainsi que les réseaux Myflixerz et Sflix avaient généré 622 millions de visites rien qu’au mois d’août 2025. Autant de manque à gagner…

Il existe un précédent. En 2023, l’Alliance for Creativity and Entertainment (ACE) mettait le grappin sur 2Embed, une infrastructure PaaS hébergeant de nombreux contenus distribués par une myriade de portails de streaming illicite. L’opération, menée au Vietnam, avait provoqué un effet domino sur de nombreux sites (dont la plupart se sont remis depuis).

Enfin, il peut s’agir tout simplement d’une coupure de l’accès par les services backend, qui peuvent l’avoir fait de leur plein gré ou sous la contrainte d’un hébergeur ou d’un fournisseur réseau. Dans tous les cas, les sites en question ne sont pas à court de ressources : ils finiront par réapparaitre un jour ou l’autre. Cela n’en reste pas moins un coup dur, car construire une nouvelle infrastructure PaaS demande du temps.

☕️ Erreur 521 en série : des dizaines de sites pirates hors ligne

24 avril 2026 à 12:37


Plusieurs sites de contenus piratés très populaires affichent désormais une erreur 521 de Cloudflare. Impossible d’y accéder, et le plus intéressant c’est qu’ils sont tous tombés en même temps : le serveur d’origine refuse la connexion ou ne répond plus.

Myflixerz, Sflix, Watchseries, HDtoday et d’autres encore sont aux abonnés absents. Ces sites distribuent des contenus piratés à grands flots, attirant des millions de visiteurs chaque mois… qui se cassent désormais le nez en tentant d’y accéder. Les noms de domaine existent toujours, Cloudflare est bien en place, mais l’erreur 521 indique que l’infrastructure qui héberge ces sites est hors ligne ou inaccessible.

Capture d’écran du site Myflyxerz

Cloudflare n’est donc pas responsable de ce mystérieux serrage de kiki. Comme le rapporte TorrentFreak, il est probable que ces dizaines de sites web ne soient pas indépendants : ils s’appuient sur un modèle « Piracy-as-a-Service » (PaaS) dans lequel le contenu est hébergé par des services communs comme MegaCloud ou VidCloud qui servent de colonne vertébrale technique.

Logiquement, si cette infrastructure centrale tombe, tous les sites qui s’y adossent également. Personne n’ayant revendiqué quoi que ce soit pour le moment, difficile de pointer du doigt le responsable. Néanmoins, plusieurs hypothèses sont sur la table. La première est probablement la moins probable, il s’agirait d’une coupure technique, une simple panne côté backend. L’ampleur de l’événement est tel que ce scénario semble peu crédible.

Autre hypothèse : une action concertée d’ayants droit. La Motion Picture Association (MPA) surveille activement ces réseaux. Le rapport de l’organisation, remis au représentant américain au commerce l’automne dernier (PDF), affirmait ainsi que les réseaux Myflixerz et Sflix avaient généré 622 millions de visites rien qu’au mois d’août 2025. Autant de manque à gagner…

Il existe un précédent. En 2023, l’Alliance for Creativity and Entertainment (ACE) mettait le grappin sur 2Embed, une infrastructure PaaS hébergeant de nombreux contenus distribués par une myriade de portails de streaming illicite. L’opération, menée au Vietnam, avait provoqué un effet domino sur de nombreux sites (dont la plupart se sont remis depuis).

Enfin, il peut s’agir tout simplement d’une coupure de l’accès par les services backend, qui peuvent l’avoir fait de leur plein gré ou sous la contrainte d’un hébergeur ou d’un fournisseur réseau. Dans tous les cas, les sites en question ne sont pas à court de ressources : ils finiront par réapparaitre un jour ou l’autre. Cela n’en reste pas moins un coup dur, car construire une nouvelle infrastructure PaaS demande du temps.

Vers la fin du « 100 % renouvelable » ? La réforme du Scope 2 fait grincer des dents

24 avril 2026 à 08:26
Le courant ne passe pas
Vers la fin du « 100 % renouvelable » ? La réforme du Scope 2 fait grincer des dents

Une partie de l’industrie s’est levée comme un seul homme pour s’opposer à une réforme des règles de calcul des émissions indirectes de CO₂. Porté par le Greenhouse Gas Protocol, ce projet a pour objectif d’améliorer la fiabilité des données et leur utilité pour les politiques climatiques. Au vu de l’environnement politique aux États-Unis et des contraintes économiques, ces changements sont explosifs.

De grands groupes états-uniens (Apple, Amazon, FedEx, Akamai, GM, eBay…) mais aussi internationaux (BYD, Luxshare, Hon Hai…) ont signé une déclaration publique pour s’opposer à la réforme portée par le Greenhouse Gas Protocol qui veut donner davantage de transparence dans le calcul des émissions indirectes de gaz à effet de serre. C’est ce qu’on appelle le Scope 2, qui concerne les émissions liées à l’énergie (électricité, chaleur…) achetée et consommée par une entreprise.

Le Scope 1 correspond aux émissions directes, le Scope 3 mesure quant à lui toutes les autres émissions (indirectes), des fournisseurs au transport de marchandises, en passant par le déplacement des employés…

Du renouvelable en différé

Si ces émissions sont indirectes, c’est parce qu’elles sont attribuées à l’entreprise qui consomme une énergie produite ailleurs. Les émissions produites par une centrale électrique pour le compte d’une autre entreprise sont comptabilisées en Scope 2. La communication de ces émissions indirectes peut être obligatoire en fonction des régions.

Dans l’Union européenne, la directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité (CSRD), en cours d’application à l’échelle du continent, doit présenter les émissions Scope 1 et Scope 2, ainsi que Scope 3 si l’information est pertinente en regard de l’activité de l’entreprise.

Le Greenhouse Gas Protocol (GHGP) est utilisé partout dans le monde, en Europe comme en Asie et aux États-Unis, c’est un référentiel qui, depuis 2015, sert de base à de nombreux cadres réglementaires. Les règles plus strictes de la réforme en cours ont été imaginées pour limiter les risques de greenwashing : le texte propose un alignement horaire entre la production et la consommation.

Les entreprises « compensent » leur consommation d’énergie fossile en achetant des certificats d’électricité renouvelable sur une base annuelle sans nécessairement refléter leur consommation réelle heure par heure. 


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GPT-5.5, Privacy Filter, ChatGPT Images 2.0 : OpenAI fait feu de tout bois

24 avril 2026 à 06:08
Y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?
GPT-5.5, Privacy Filter, ChatGPT Images 2.0 : OpenAI fait feu de tout bois

On n’en est pas à un nouveau LLM par jour, mais pas loin ! OpenAI a dévoilé GPT-5.5, alors que son prédécesseur GPT-5.4 remonte à début mars. Cette nouvelle version s’ajoute au lancement de ChatGPT Images 2.0 il y a quelques jours, et à celui de Privacy Filter qui masque les données personnelles dans du texte.

Il se passe toujours quelque chose chez OpenAI. Tenez, la startup a lancé cette nuit GPT-5.5, nouvelle version du grand modèle de langage qui propulse, entre autres, ChatGPT. Comme GPT-5.4 lancé le 5 mars, cette mouture est censée accélérer les tâches de productivité. Y compris quand la requête n’est pas tout à fait claire : « Vous pouvez confier à GPT-5.5 une tâche complexe et mal structurée, composée de plusieurs volets, et lui faire confiance pour planifier, utiliser des outils, vérifier son travail, composer avec l’incertitude et poursuivre le travail jusqu’au bout ».

OpenAI promet une amélioration sensible dans les capacités de raisonnement dans un contexte donné : en code agentique, en utilisation de l’ordinateur, dans le travail intellectuel et les premières étapes de la recherche scientifique. La société assure en outre que GPT-5.5 conserve la même latence par token que GPT-5.4, « tout en offrant un niveau d’intelligence supérieur ». 

Image : OpenAI

GPT-5.4 reste nettement moins cher à l’unité, avec un coût de 2,50 dollars en entrée et 15 dollars en sortie par million de tokens. GPT-5.5 double ces tarifs, mais le modèle compense par une plus grande efficacité, selon OpenAI : il utilise moins de tokens pour effectuer les mêmes tâches. Et ce serait aussi le cas dans Codex.

Les benchmarks publiés par OpenAI indiquent un bond réel dans les tâches agentiques : GPT-5.5 creuse nettement l’écart avec son prédécesseur direct et ses concurrents sur Terminal-Bench, qui mesure la capacité à utiliser un ordinateur, enchaîner des actions, planifier et corriger ses erreurs. Sur les tests de torture plus classiques, la progression du LLM est incrémentale avec des gains modérés sur GDPval (tâches professionnelles réelles) et OSWorld (usage d’un ordinateur).

Image : OpenAI

GPT-5.5 est en phase de déploiement pour les abonnés payants (Plus, Pro, Business, Enterprise) et dans Codex. GPT-5.5 Pro l’est également pour les utilisateurs Pro, Business et Enterprise. L’API y aura droit très bientôt. ChatGPT intègre la déclinaison Thinking de GPT-5.5 dans les formules Plus, Pro, Business et Enterprise.

Privacy Filter masque les informations privées

L’entreprise a également présenté un modèle tout à fait inédit, OpenAI Privacy Filter, dont la mission est de détecter et de supprimer des données personnelles (PII) dans du texte. Le modèle doit comprendre le contexte linguistique, identifier des informations personnelles (même implicites) et distinguer ce qui est public de ce qui relève de la vie privée.

Dit autrement, ce filtre de confidentialité ne se contente pas de repérer des informations basiques comme « @exemple.com » ou un numéro de téléphone. Il est en mesure de décider si cette information doit être masquée, en fonction de l’usage. Le modèle peut être exécuté en local : pas besoin d’envoyer le texte contenant des données sensibles sur un serveur, tout est fait par l’appareil. 

Par conséquent, il s’agit d’un modèle relativement petit (1,5 milliard de paramètres, dont 50 millions sont actifs) qui peut tout de même traiter des documents relativement longs, jusqu’à 128 000 tokens. Privacy Filter couvre huit catégories de données : personnes privées, adresses, emails, téléphones, URL, dates privées, numéros de compte et secrets (mots de passe, clés API, etc.). Attention cependant, ce n’est pas un outil d’anonymisation complet : il peut en effet se tromper et il nécessite absolument une validation humaine dans les cas sensibles.

Le modèle est publié en poids ouverts sous licence Apache 2.0, sur Hugging Face et GitHub. OpenAI le propose à des fins d’expérimentation, de personnalisation, mais aussi dans le cadre d’un déploiement commercial. Privacy Filter est conçu pour s’intégrer dans les bases de données indexées, les outils d’analyse ou de support client, les systèmes de logs ou dans les pipelines d’entraînement de modèles.

ChatGPT Images 2.0, toujours plus loin dans le faux

Si OpenAI a abandonné ses prétentions en matière de génération vidéo en fermant Sora sans cérémonie, la génération d’images, elle, est toujours aussi importante. L’entreprise a lancé le 21 avril ChatGPT Images 2.0, un peu plus d’un an après la première version. Le nouveau modèle est censé respecter scrupuleusement les instructions, qu’il s’agisse de placement et de relation entre les objets, ou de rendu de textes denses.

Image générée par ChatGPT Images 2.0.

Images 2.0 devrait donc se montrer plus doué pour générer des bandes dessinées en respectant le look des personnages d’une case à une autre, des pages de magazine avec une typographie correcte, mais aussi des interfaces d’applications et de jeux, des storyboards et des assets marketing.

Une des nouveautés intéressantes d’Images 2.0 : le mode « Thinking » du modèle peut effectuer des recherches en ligne pour obtenir des informations en temps réel, créer plusieurs images distinctes à partir d’une seule requête, et vérifier ses propres résultats. Les images générées, que l’on peut modifier et affiner, peuvent monter à une résolution 2K. OpenAI fait enfin une sacrée promesse, celle que les images générées par Images 2.0 fassent moins « générées par IA » — floutant un peu plus la frontière entre le vrai et le faux.

GPT-5.5, Privacy Filter, ChatGPT Images 2.0 : OpenAI fait feu de tout bois

24 avril 2026 à 06:08
Y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?
GPT-5.5, Privacy Filter, ChatGPT Images 2.0 : OpenAI fait feu de tout bois

On n’en est pas à un nouveau LLM par jour, mais pas loin ! OpenAI a dévoilé GPT-5.5, alors que son prédécesseur GPT-5.4 remonte à début mars. Cette nouvelle version s’ajoute au lancement de ChatGPT Images 2.0 il y a quelques jours, et à celui de Privacy Filter qui masque les données personnelles dans du texte.

Il se passe toujours quelque chose chez OpenAI. Tenez, la startup a lancé cette nuit GPT-5.5, nouvelle version du grand modèle de langage qui propulse, entre autres, ChatGPT. Comme GPT-5.4 lancé le 5 mars, cette mouture est censée accélérer les tâches de productivité. Y compris quand la requête n’est pas tout à fait claire : « Vous pouvez confier à GPT-5.5 une tâche complexe et mal structurée, composée de plusieurs volets, et lui faire confiance pour planifier, utiliser des outils, vérifier son travail, composer avec l’incertitude et poursuivre le travail jusqu’au bout ».

OpenAI promet une amélioration sensible dans les capacités de raisonnement dans un contexte donné : en code agentique, en utilisation de l’ordinateur, dans le travail intellectuel et les premières étapes de la recherche scientifique. La société assure en outre que GPT-5.5 conserve la même latence par token que GPT-5.4, « tout en offrant un niveau d’intelligence supérieur ». 

Image : OpenAI

GPT-5.4 reste nettement moins cher à l’unité, avec un coût de 2,50 dollars en entrée et 15 dollars en sortie par million de tokens. GPT-5.5 double ces tarifs, mais le modèle compense par une plus grande efficacité, selon OpenAI : il utilise moins de tokens pour effectuer les mêmes tâches. Et ce serait aussi le cas dans Codex.

Les benchmarks publiés par OpenAI indiquent un bond réel dans les tâches agentiques : GPT-5.5 creuse nettement l’écart avec son prédécesseur direct et ses concurrents sur Terminal-Bench, qui mesure la capacité à utiliser un ordinateur, enchaîner des actions, planifier et corriger ses erreurs. Sur les tests de torture plus classiques, la progression du LLM est incrémentale avec des gains modérés sur GDPval (tâches professionnelles réelles) et OSWorld (usage d’un ordinateur).

Image : OpenAI

GPT-5.5 est en phase de déploiement pour les abonnés payants (Plus, Pro, Business, Enterprise) et dans Codex. GPT-5.5 Pro l’est également pour les utilisateurs Pro, Business et Enterprise. L’API y aura droit très bientôt. ChatGPT intègre la déclinaison Thinking de GPT-5.5 dans les formules Plus, Pro, Business et Enterprise.

Privacy Filter masque les informations privées

L’entreprise a également présenté un modèle tout à fait inédit, OpenAI Privacy Filter, dont la mission est de détecter et de supprimer des données personnelles (PII) dans du texte. Le modèle doit comprendre le contexte linguistique, identifier des informations personnelles (même implicites) et distinguer ce qui est public de ce qui relève de la vie privée.

Dit autrement, ce filtre de confidentialité ne se contente pas de repérer des informations basiques comme « @exemple.com » ou un numéro de téléphone. Il est en mesure de décider si cette information doit être masquée, en fonction de l’usage. Le modèle peut être exécuté en local : pas besoin d’envoyer le texte contenant des données sensibles sur un serveur, tout est fait par l’appareil. 

Par conséquent, il s’agit d’un modèle relativement petit (1,5 milliard de paramètres, dont 50 millions sont actifs) qui peut tout de même traiter des documents relativement longs, jusqu’à 128 000 tokens. Privacy Filter couvre huit catégories de données : personnes privées, adresses, emails, téléphones, URL, dates privées, numéros de compte et secrets (mots de passe, clés API, etc.). Attention cependant, ce n’est pas un outil d’anonymisation complet : il peut en effet se tromper et il nécessite absolument une validation humaine dans les cas sensibles.

Le modèle est publié en poids ouverts sous licence Apache 2.0, sur Hugging Face et GitHub. OpenAI le propose à des fins d’expérimentation, de personnalisation, mais aussi dans le cadre d’un déploiement commercial. Privacy Filter est conçu pour s’intégrer dans les bases de données indexées, les outils d’analyse ou de support client, les systèmes de logs ou dans les pipelines d’entraînement de modèles.

ChatGPT Images 2.0, toujours plus loin dans le faux

Si OpenAI a abandonné ses prétentions en matière de génération vidéo en fermant Sora sans cérémonie, la génération d’images, elle, est toujours aussi importante. L’entreprise a lancé le 21 avril ChatGPT Images 2.0, un peu plus d’un an après la première version. Le nouveau modèle est censé respecter scrupuleusement les instructions, qu’il s’agisse de placement et de relation entre les objets, ou de rendu de textes denses.

Image générée par ChatGPT Images 2.0.

Images 2.0 devrait donc se montrer plus doué pour générer des bandes dessinées en respectant le look des personnages d’une case à une autre, des pages de magazine avec une typographie correcte, mais aussi des interfaces d’applications et de jeux, des storyboards et des assets marketing.

Une des nouveautés intéressantes d’Images 2.0 : le mode « Thinking » du modèle peut effectuer des recherches en ligne pour obtenir des informations en temps réel, créer plusieurs images distinctes à partir d’une seule requête, et vérifier ses propres résultats. Les images générées, que l’on peut modifier et affiner, peuvent monter à une résolution 2K. OpenAI fait enfin une sacrée promesse, celle que les images générées par Images 2.0 fassent moins « générées par IA » — floutant un peu plus la frontière entre le vrai et le faux.

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