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Reçu — 2 décembre 2025 Révolution Énergétique

Fusion nucléaire : que signifient les couleurs fascinantes du plasma ?

2 décembre 2025 à 10:10

Tokamak Energy a été fondée en 2009 au Royaume-Uni, à proximité d’Oxford. Bien dotée du point de vue financier – 200 millions de dollars collectés en 2022, puis 125 millions en 2024 – elle a battu plusieurs records technologiques. Et aujourd’hui, elle nous fournit de belles images, très utiles pour comprendre le fonctionnement d’un réacteur à fusion.

Le concept de Tokamak Energy est axé sur deux options technologiques : tout d’abord, le tokamak sphérique, réputé plus compact que ceux en forme de tore (comme ITER, par exemple), et d’autre part, des aimants supraconducteurs à haute température. Par haute température, il faut toutefois comprendre « un peu plus haute température que les autres supraconducteurs », car ils restent refroidis à des températures extrêmement basses, de l’ordre de 20 kelvins, c’est-à-dire -250 °C.

Le sujet qui nous occupe aujourd’hui est visuel, et il concerne une caméra couleur installée à l’intérieur de l’enceinte du tokamak. Il s’agit d’une caméra haute vitesse, capable de capter 16 000 images par seconde (fps). Cette caméra très spéciale permet d’observer les phénomènes qui se produisent à l’intérieur du réacteur à fusion, et de produire des images comme celle-ci.

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Des images essentielles pour la recherche

Ce que nous pouvons voir n’est que la partie du plasma qui émet dans la gamme visible du spectre lumineux. Et c’est la portion du plasma qui est la plus froide, en périphérie, car le cœur du plasma est bien trop chaud pour émettre à des longueurs d’ondes perceptibles par nos yeux. Comme le deutérium et le tritium émettent respectivement une lumière rouge et une lumière bleue, il en résulte ce halo rose que l’on observe dans l’enceinte. Sa portion plus vive, visible en haut à gauche de l’image, correspond à l’injection de deutérium.

Les étincelles rouges visibles en haut à droite correspondent à une poudre de lithium injectée dans le plasma. Lorsque le lithium est ensuite entraîné et chauffé par le plasma, il s’ionise (il perd un électron et devient du Li+) ; sous cette forme, le lithium émet une lumière verte. Il trace alors un anneau qui suit les lignes de champ magnétique.

Ces images, outre leur aspect esthétique, ont un réel intérêt scientifique. En particulier pour suivre le trajet du lithium dans le réacteur. L’objectif est ici de se servir du lithium comme d’un traceur permettant d’étudier le mouvement des gaz et du plasma dans le réacteur, avec pour finalité de renforcer la robustesse de ses composants vis-à-vis des conditions sévères qui leur sont imposées.

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Reçu — 28 novembre 2025 Révolution Énergétique

Hydrogène : pourquoi cette usine toute neuve à 1 milliard d’euros ne sert plus à rien

28 novembre 2025 à 05:43

Cet été, la nouvelle a été comme un coup de tonnerre pour la filière hydrogène : Stellantis met fin à son programme de développement de pile à combustible à hydrogène. Avec des conséquences critiques pour la société Symbio. Symbio, en effet, voit là disparaître son principal marché.

C’est par communiqué de presse que le constructeur automobile, issu de la fusion des groupes PSA et Fiat-Chrysler, a indiqué ne pas percevoir de perspective à moyen terme pour le marché de l’hydrogène. Les raisons invoquées sont principalement la disponibilité d’infrastructures de ravitaillement, la hauteur des investissements à consentir, ainsi que le manque de rentabilité sans incitation gouvernementale. Et cela conduit le groupe à abandonner le lancement de sa nouvelle gamme de véhicules Pro One, propulsés par pile à combustible à hydrogène.

C’est Symbio qui devait produire ces mêmes piles à combustible. Et en masse. Dans la toute nouvelle usine « SymphonHy » située à Saint-Fons, dans la métropole de Lyon. Et Stellantis devait être son principal client, à hauteur de 80 % du chiffre d’affaires.

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Une usine très dépendante de Stellantis

Ce revirement était pour le moins inattendu ; en effet, Stellantis est actionnaire de Symbio, à hauteur d’un tiers. C’est donc toute une filière hydrogène qui était en cours de constitution. Il n’en reste pas moins que l’avenir de l’usine, inaugurée en décembre 2023, est aujourd’hui sérieusement compromis. Or, nous parlons là en effet d’une usine de près d’un milliard d’euros, dont 600 millions avaient été débloqués par l’État, la région et l’Union européenne. Une usine dotée en outre d’une importante portée symbolique, car elle devait préfigurer la mobilité de demain.

Pour l’heure, les deux autres actionnaires de Symbio, les équipementiers Forvia et Michelin, relèvent un « revirement inattendu » qui « aura des conséquences opérationnelles et financières irréversibles pour Symbio» ; les deux sociétés chercheront des contreparties à ce revirement de Stellantis, tout d’abord au travers d’une conciliation. Et si la direction de Symbio de son côté cherche des marchés de substitution, les salariés de l’entreprise sont laissés dans l’incertitude. À ce titre, ils se sont mobilisés le 19 novembre sur le site de production. Ce sont en effet pas moins de 530 emplois qui sont aujourd’hui menacés.

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Reçu — 23 novembre 2025 Révolution Énergétique

Pourquoi Elon Musk veut expédier 100 GW de panneaux solaires dans l’espace chaque année ?

23 novembre 2025 à 16:17

Elon Musk est un habitué des annonces fracassantes. Certaines se vérifient, d’autres non. Certaines sont proprement vertigineuses. Dont cette annonce : celle de placer en orbite des datacenters alimentés par un gigantesque réseau de centrales solaires.

Commençons par quelques éléments de contexte. Tout d’abord, du côté de la société spatiale SpaceX, qui poursuit le développement du Starship. Il s’agit de la fusée la plus puissante du monde, et récemment, elle a fait parler d’elle pour son mode de récupération au sol, qui est pour le moins original. L’objectif de cette fusée est de réduire de plusieurs ordres de grandeur les coûts de mise en orbite de satellites, en se basant notamment sur la réutilisation du lanceur et un effet de volume radical.

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Des datacenters spatiaux alimentés au solaire

Par ailleurs, nous observons une explosion des besoins énergétiques des modèles d’intelligence artificielle (IA), dont celle, par exemple, qui équipe le système de navigation autonome des véhicules Tesla. L’Agence internationale de l’énergie (IEA) estime les besoins des datacenters à pas moins de 945 TWh en 2030.

C’est au cours d’un entretien avec Ron Baron, fondateur de Baron Capital, que Musk a dévoilé un plan en cours d’étude à SpaceX : la possibilité d’envoyer jusqu’à 100 GW par an de capacité de production solaire en orbite, avec pour finalité d’alimenter des datacenters et des systèmes d’IA. Le concept s’appuie sur la fusée Starship, et les évolutions futures du réseau de satellites Starlink. Musk l’assure : « Nous avons un plan pour y parvenir. ». Ce n’est certes pas la créativité qui manque chez le fondateur de SpaceX et de Tesla, ainsi qu’au sein de ses équipes.

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L’IA spatiale : une surenchère ?

Le solaire spatial est une vieille idée, qui remonte aux années 1970, et qui fait toujours l’objet d’études aujourd’hui. La proposition évoquée par Musk a le mérite de lever une difficulté importante de ces systèmes : la transmission de l’énergie au sol par des faisceaux d’ondes électromagnétiques. Si l’énergie est utilisée dans l’espace pour des datacenters, ce problème est levé, puisque ce sont des données, et non de l’énergie brute, qui seraient transmises. Certains observateurs relèvent toutefois une difficulté d’un autre ordre : dans le vide, il est difficile d’évacuer la chaleur. Or les datacenters en produisent beaucoup – certains constructeurs envisagent même de les placer dans les océans pour cette même raison.

Un projet fou ? Oui, Musk le dit lui-même : « C’est complètement fou. ». Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une idée qui a le vent en poupe. Jeff Bezos, patron d’Amazon et de la société spatiale Blue Origin, l’avait lui même évoquée un mois plus tôt. De ce qui pourrait ressembler à une guerre de la surenchère, nous verrons bien ce qu’il subsistera au final.

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Reçu — 20 novembre 2025 Révolution Énergétique

331 °C : le record de température pour un puits géothermique est pulvérisé

20 novembre 2025 à 11:49

Forer, c’est tout un pan de l’imaginaire collectif américain. Et si cela désigne généralement l’extraction d’hydrocarbures fossiles profondément enfouis, cela concerne tout autant la géothermie. Dans laquelle ce savoir-faire peut trouver une nouvelle application énergétique. Un exemple avec ce record que vient de battre Mazama Energy.

La quantité de chaleur présente dans le volume de notre planète est colossale, et pourrait, en théorie, prendre une large part dans le mix énergétique mondial. Pour prendre un exemple, une étude du MIT de 2008 conclut que le gisement situé sur le territoire des États-Unis entre 3 et 10 kilomètres de profondeur représente, pour ce pays, au moins 1000 ans de consommation d’énergie.

Une ressource d’un grand intérêt donc, mais qui présente un inconvénient de taille : pour que cette chaleur soit utilisable au mieux, il est préférable qu’elle soit récupérée à la plus haute température possible. Et, hors localisations très particulières du point de vue volcanique, cela implique de devoir creuser profond. Et pour un prix le plus bas possible, pour que cette énergie soit compétitive.

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Produire de l’électricité à partir des entrailles de la Terre

C’est aujourd’hui chose faite aux États-Unis avec ce record qui vient d’être battu. La startup Manzama Energy vient en effet d’annoncer avoir réussi à creuser un puits dont la température de fond atteint 331°C. Mieux, elle estime pouvoir atteindre 400°C courant 2026. Des températures suffisamment élevées pour assurer un excellent rendement pour la conversion énergétique qui transformera cette chaleur en électricité. Mazama affirme ainsi pouvoir proposer un concept dix fois plus dense en énergie, qui utilise 75 % moins d’eau et nécessite 80 % de puits en moins que les concepts concurrents.

Ce record a été établi sur le site pilote de Newberry, dans l’Oregon aux États-Unis, qui atteint 3 100 m de profondeur. Dans un avenir proche, l’entreprise réalisera des forages horizontaux qui permettront d’alimenter une centrale pilote de 15 MW, qui sera ultérieurement étendue (« scalée ») à 200 MW. Notons que Mazama Energy utilise une technologie de stimulation hydraulique propriétaire (appelée « Thermal Lattice ») ; une technique qui a conduit à des problèmes dans certaines exploitations de gaz de schiste aux États-Unis. Souhaitons que toutes les leçons en aient été tirées.

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L’Italie veut relancer le nucléaire, mais tout est à refaire

20 novembre 2025 à 05:45

Porté par des enjeux environnementaux et de souveraineté, il semble que le nucléaire fasse son retour en Italie. Renversant ainsi une politique initiée quarante ans auparavant.

Le 8 novembre 1987, les Italiens votent trois référendums qui conduiront in fine à l’arrêt de l’énergie nucléaire civile dans ce pays. Ces votes font suite à la catastrophe de Tchernobyl, qui avait alors frappé l’Ukraine un an plus tôt, le 26 avril 1986. Un nouveau référendum les 12 et 13 juin 2011 confirme cette orientation vers l’interdiction de nouveaux projets et l’abandon de cette source d’énergie. Et ce, dans la foulée de l’accident nucléaire japonais de Fukushima, provoqué par le tremblement de terre du 11 mars 2011 et le tsunami qui s’en est suivi.

Au regard de ces votes, on pourrait penser que le nucléaire est une solution définitivement abandonnée en Italie. Mais aujourd’hui, l’idée d’un nouveau nucléaire semble faire son chemin dans la politique italienne. Il faut dire qu’après le début de la guerre en Ukraine et la mise en place des sanctions contre la Russie, l’Italie avait été durement touchée par l’explosion du prix du gaz, dont le pays est très dépendant.

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Un projet de loi pour reconstruire toute une filière

En mars 2025, le Conseil des ministres a approuvé un plan de relance du nucléaire. Aspect notable : ce plan envisage des centrales à fission et à fusion, mais surtout une orientation marquée vers des centrales d’une technologie différente de celles auparavant mises en œuvre. Le plan pourrait porter la contribution du nucléaire de 11 à 22 % de l’approvisionnement électrique de l’Italie à l’échéance de 2050.

La relance du nucléaire en Italie a depuis lors continué son parcours politique. Ce 2 octobre 2025, le gouvernement de Giorgia Meloni a adopté un projet de loi allant dans ce sens. Le texte devra ensuite faire l’objet d’un examen et d’un vote par le Parlement.

S’il est adopté, la loi permettra au gouvernement d’élaborer un programme de construction de capacités de production de l’énergie nucléaire, mais aussi le renforcement de la recherche en ce domaine, la possibilité de mettre en œuvre des campagnes de communication, ainsi que la création d’une autorité de sûreté indépendante. À ce jour, les technologies dans la ligne de mire de l’exécutif italien seraient des petits réacteurs modulaires (SMR) de troisième génération.

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Reçu — 18 novembre 2025 Révolution Énergétique

Voici la première autoroute électrique à induction au monde, et elle est française

18 novembre 2025 à 14:40

L’électrification de la consommation d’énergie est aujourd’hui le principal chemin par lequel nous entendons décarboner l’économie et gagner en souveraineté énergétique. Dans le secteur des transports, elle se heurte toutefois à l’autonomie des batteries, et aux vastes quantités de ressources que nécessite la production de ces dernières. C’est sans compter sur la recharge par induction par la route elle-même, qui promet d’augmenter l’autonomie sans faire enfler la taille des batteries ni la durée des arrêts-recharge.

Les travaux ont commencé le 6 janvier 2025 sur une portion de l’autoroute A10, dans l’Essonne. Ils ont consisté à installer des bobines électriques sous la chaussée de la voie de droite, et ce sur un tronçon de 1,5 km. L’installation du système a duré environ quatre mois.

Une fois alimentées en courant électrique, ces bobines émettront un champ électromagnétique. Ce dernier pourra être capté par les très rares véhicules compatibles dotés de bobines réceptrices, alors même qu’ils circuleront sur la chaussée, le transformant en électricité. L’électricité pourra ensuite alimenter à la fois le moteur et la batterie, permettant ainsi de gagner en autonomie. Avec des bénéfices importants : les temps d’arrêt pour rechargement pourront être réduits, voire éliminés, et la batterie à embarquer pourra être de moindre capacité. C’est toute la promesse de la recharge dynamique par induction.

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Place aux essais sur le tronçon pilote de l’A10

Une fois les travaux sur l’A10 terminés, l’installation a pu être testée. Vinci a dernièrement communiqué sur le succès de l’expérimentation. Le 22 octobre dernier, en effet, un camion électrique a pu se recharger par induction, tout en circulant sur la portion d’autoroute. La puissance électrique transférée a été en moyenne de 200 kW, voire jusqu’à 300 kW en instantané. Le système permettrait ainsi de gagner un kilomètre d’autonomie par kilomètre parcouru pour un poids lourd. Un gain qui pourrait s’élever jusqu’à 3 km pour un véhicule léger.

La recharge dynamique par induction a déjà fait l’objet de plusieurs expérimentations en France et dans le monde. Ainsi, en 2017, Renault, en partenariat avec Qualcomm et VEDECOM, avait pu tester un véhicule récupérant 20 kW jusqu’à 100 km/h. Le projet de Vinci, quant à lui, est le premier au monde équipant une autoroute. Une solution qui mérite que l’on s’y intéresse, dès lors que l’on considère l’explosion du besoin en transport par camion, pour les besoins des professionnels, ou simplement pour les colis des particuliers – un sujet pour le moins d’actualité alors que la plupart des sites en ligne affûtent leurs offres pour le Black Friday.

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À peine lancée, cette giga batterie à 500 millions d’euros subit une panne monstrueuse

18 novembre 2025 à 10:50

Construite sur le site d’une ancienne centrale au charbon, la batterie stationnaire (BESS) de Waratah est le fleuron de la transition énergétique en Australie. D’une capacité de 1680 MWh, et d’une puissance de 850 MW, elle était la batterie la plus puissante du monde. Elle avait démarré en août dernier, et devait être pleinement opérationnelle à fin 2025. Jusqu’à cette énorme panne.

La nouvelle est tombée mi-novembre. L’Australian Financial Review (AFR) annonce que l’un des transformateurs du site de stockage de Waratah a subi une « défaillance catastrophique ». Un deuxième transformateur a également été mis à l’arrêt et devra probablement lui aussi être remplacé. La batterie était équipée de trois transformateurs, ce qui permettra aux 2592 batteries LFP de continuer à fonctionner, mais pour une puissance totale réduite, à hauteur de 350 MW.

Cette défaillance majeure n’est pas sans impact sur le réseau électrique australien. Ce dernier, en effet, est construit sur un territoire immense – l’Australie est un continent à elle toute seule – et il en résulte un réseau peu robuste et des interconnexions quasi inexistantes avec d’autres pays. Et la batterie stationnaire de Waratah, située non loin de Sydney en Nouvelle-Galles du Sud, devait être un maillon clé de la transition énergétique en Australie.

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La difficile atteinte d’un équilibre pour le réseau australien

La batterie participait en effet à un vaste plan de remplacement des centrales au charbon australiennes (le Electricity Infrastructure Investment Act), et était destinée à absorber les variations de production des sources d’énergie renouvelables, à stabiliser les prix de l’électricité, ainsi qu’à protéger le réseau vis-à-vis des autres aléas (incendies, orages, …). À ce titre, elle avait été qualifiée de « Giant shock-absorber » (absorbeur de choc géant).

Le remplacement rapide des deux transformateurs accidentés sera difficile, car il s’agit d’un marché très tendu. Les délais de fourniture peuvent dépasser un an. De sorte que les gestionnaires de l’installation n’estiment pas possible un retour à la capacité maximale de la batterie avant 2026. Les autorités, quant à elles, se montrent plutôt rassurantes et n’envisagent pour le moment de modifier le calendrier de la transition énergétique. Dont en particulier l’arrêt programmé de la centrale au charbon d’Eraring (2880 MW), en 2027 – dont la fermeture avait déjà été repoussée.

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Reçu — 15 novembre 2025 Révolution Énergétique

Le surgénérateur nucléaire du français Hexana séduit les Pays-Bas

15 novembre 2025 à 15:59

Le nouveau nucléaire, c’est une myriade de nouveaux concepts. Certains tiendront dans le temps, et d’autres non. Aussi, quand une coopérative énergétique spécialisée dans le nucléaire montre son intérêt pour le concept d’une startup du nucléaire, c’est forcément une bonne nouvelle pour cette dernière.

Hexana développe un réacteur modulaire (SMR) de quatrième génération, de 400 MW thermiques, basé sur la technologie des réacteurs à neutrons rapides à caloporteur sodium. Il s’agit de la technologie qui a été développée pendant plusieurs décennies au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), mise en œuvre dans les réacteurs Phénix et Superphénix et qui devait trouver son prolongement dans le projet ASTRID, avant l’arrêt de ce dernier.

Le concept ne se limite pas à la production d’électricité. Le réacteur d’Hexana vise également à produire de la chaleur à haute température, jusqu’à 500°C, pour décarboner les applications industrielles qui en ont besoin. Une cogénération nucléaire, en somme. De façon à lisser les appels de charge, le réacteur est doté de réservoirs destinés à stocker la chaleur, et à découpler la production du cœur nucléaire de la variation des besoins, qu’ils soient thermiques ou électriques.

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Une manifestation d’intérêt bienvenue

La startup vient de recevoir une manifestation d’intérêt de la part d’Atoomcoöperatie, située dans les Pays-Bas. Cette société, qui se décrit comme la première coopérative d’énergie nucléaire citoyenne, envisage un partenariat avec Hexana de façon à défendre l’énergie nucléaire en tant que proposition propre et résiliente pour décarboner le mix énergétique des Pays-Bas. Une bonne nouvelle, donc, comme l’indique Sylvain Nizou, président d’Hexana : « L’expertise et la connaissance approfondie du paysage énergétique néerlandais dont dispose Atoomcoöperatie seront déterminantes pour accélérer notre déploiement aux Pays-Bas. »

La coopérative se destine à investir dans de nouvelles centrales nucléaires, en particulier dans des SMR, et en particulier avec une implication citoyenne que permet son statut de coopérative. Rappelons qu’en décembre 2021, le nouveau gouvernement des Pays-Bas a donné au nucléaire une place de choix : il prévoit en particulier la construction de deux nouveaux réacteurs de 1000 à 1650 MWe, ainsi que le déploiement possible de SMR.

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Reçu — 13 novembre 2025 Révolution Énergétique

Fusion nucléaire : quel réacteur a maintenu un plasma le plus longtemps ?

13 novembre 2025 à 15:52

Certains affirment que la fusion nucléaire est une promesse qui nous est faite depuis plus de soixante-dix ans, mais que l’on ne voit rien venir. Ce n’est pas complètement faux, mais ce n’est pas vrai non plus. Pour preuve, cette course aux records entre les différents acteurs. Un véritable marathon, qui s’étale sur des décennies. Et qui ne se perçoit qu’avec un peu de recul

Tore Supra est un tokamak situé sur le site du centre de recherche nucléaire CEA de Cadarache dans les Bouches-du-Rhône. Il est destiné à produire des réactions de fusion dans une enceinte en forme de tore, et le plasma y est maintenu selon le principe du confinement magnétique. Il démarre en 1988.

Le 16 décembre 2003, Tore Supra établit un record : celui de la durée de fonctionnement en continu pour un tokamak. Le plasma y est maintenu pendant 6 minutes et 30 s. Un record qui restera longtemps imbattu.

Mais c’était sans compter sur la compétition internationale. Et notamment celle qui nous vient d’Asie, et d’une nouvelle superpuissance : la Chine. Cette dernière mène de longue date un programme dédié au développement de la fusion nucléaire. À ce titre, elle participe par exemple au programme ITER, le réacteur international en cours de construction à Cadarache.

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La Chine pulvérise un record de près de vingt ans

Sa participation à ITER n’a pas empêché la Chine de construire un autre tokamak sur son territoire. Le réacteur EAST (Experimental Advanced Superconducting Tokamak) est en effet mis en service en 2006. Et ce qui devait arriver arriva : en décembre 2021, il pulvérise le record de Tore Supra, avec un plasma de 70 millions de degrés maintenu pendant plus de 17 minutes (1056 secondes).

Mais ce record ne tiendra pas longtemps. Entre temps, un vaste programme de réaménagement est mis en œuvre sur Tore Supra, qui sera alors rebaptisé WEST (W Environment in Steady-State Tokamak). WEST redémarre en 2016. Et, le 19 février 2025, il reprend la tête : un plasma de 50 millions de degrés maintenu pendant plus de 22 minutes (1337 secondes).

Une course effrénée ? Seulement si l’on est patient et que l’on est prêt à suivre cette course qui se mène à un rythme de tortue. Elle n’en reste pas moins une course bel et bien réelle, et l’on ne peut qu’attendre avec une impatience l’annonce des prochains records – dans quelques temps.

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Reçu — 8 novembre 2025 Révolution Énergétique

Cette nouvelle puce pourrait diviser par 1000 la consommation de l’intelligence artificielle

8 novembre 2025 à 15:22

Depuis quelques années, l’intelligence artificielle s’est imposée dans nos vies, et a montré un développement exponentiel. Avec à la clé des inquiétudes légitimes concernant l’explosion de la consommation énergétique des datacenters. Tout du moins si l’on en reste aux technologies connues. Et cette startup vient de révéler une solution nouvelle, pour le moins exotique.

Nous connaissions le processeur, appelé CPU pour Central processing unit, contenant plusieurs cœurs très complexes et polyvalents. Ou encore la carte graphique, le GPU, pour Graphics processing unit, constitué de milliers de cœurs plus simples et spécialisés, mais hautement performants pour réaliser des calculs massivement parallèles. Dorénavant, il semble qu’il faille compter également sur le TSU, pour Thermodynamic sampling unit.

Il s’agit d’un nouveau type de puce créée par la startup Extropic. Son fonctionnement est bien différent de celles auxquelles nous sommes habitués. Ces dernières, en effet, traitent des bits, c’est-à-dire des unités d’information binaires (0 ou 1). L’architecture de la TSU au contraire utilise les fluctuations thermodynamiques des électrons qui la parcourent pour traiter des probabilités ; créant ce faisant ce que la société appelle un p-bit (pour probabilistic bit – précisons qu’il ne s’agit pas là d’une puce quantique).

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Une architecture extrêmement efficace pour de grands calculs complexes

Les applications d’un tel concept sont nombreuses. Il permettrait en effet de réaliser des calculs très complexes avec une grande facilité, comme ceux qui sont menés pour les prévisions météorologiques. Mais aussi pour entraîner et utiliser des modèles d’intelligence artificielle (LLM, grands modèles de langage) comme ceux qui nous sont accessibles dans notre quotidien pour générer ou analyser du texte, des images ou des vidéos.

Et, à l’heure où la consommation exponentielle d’énergie de l’IA inquiète, cette nouvelle puce pourrait changer la donne. Car l’intégration de calculs probabilistes directement dans son principe de fonctionnement serait bien plus efficace pour entraîner ou utiliser une IA. Et cette efficacité serait payante, car elle permettrait de gagner plusieurs ordres de grandeur en termes de consommation d’énergie et de densité.

Pour l’heure, la startup a proposé à plusieurs partenaires, une première carte, baptisée XTR-0, dont le processeur TSU contient quelques p-bits. Ce premier modèle, sommaire, a toutefois suscité un réel enthousiasme. Avant que ne sorte le prochain modèle Z-1, plus conséquent, puisqu’il contiendra 250 000 p-bits.

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Faire le plein de sa voiture avec de la poudre d’aluminium ? Ce sera possible selon cette startup

8 novembre 2025 à 05:49

L’aluminium brûle dans l’air. Ce phénomène est bien connu des industriels qui travaillent avec des poudres de ce métal, qui, dans certaines conditions, sont susceptibles de s’enflammer, voire d’exploser – il s’agit du phénomène dit de pyrophoricité. Mis en contact avec de l’eau, l’aluminium produit également de la chaleur, mais aussi de l’hydrogène. Chaleur et hydrogène, voilà des ressources intéressantes dans le cadre de la transition énergétique. Et cela n’a pas échappé à la startup dont nous allons parler dans cet article.

La réaction chimique de l’aluminium et de l’eau est à la base du concept de la startup Found Energy, basée à Boston, aux États-Unis. Celle-ci récupère des déchets d’aluminium, les place dans un réacteur de sa conception, de façon à produire de la chaleur et de l’hydrogène, destinés à des procédés industriels. Et ces déchets d’aluminium peuvent provenir des rebuts d’usines, ou simplement de déchets du quotidien, comme une simple canette.

Il y a une subtilité dans le procédé de Found Energy. Lorsqu’il est oxydé par l’air ou par l’eau, l’aluminium forme des hydroxydes d’aluminium ou de l’alumine, lesquels bloquent la progression de l’oxydation. C’est la raison pour laquelle, dans notre quotidien, les objets en aluminium ne s’enflamment pas facilement. Pour contourner cette difficulté, la startup utilise un catalyseur dont la composition reste secrète, et qui est décrit comme « un métal liquide à bas point de fusion qui n’est pas le mercure ».

La startup commence tout juste son développement à l’échelle industrielle. Le réacteur de Found Energy équipera bientôt une usine du sud-est des États-Unis (dont l’identité n’a pas encore été divulguée), et utilisera les déchets d’aluminium de cette usine pour ensuite l’alimenter en chaleur et en hydrogène.

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Vers un « vecteur aluminium » ?

Le concept est susceptible d’une large généralisation – tout du moins en théorie. La densité énergétique de l’aluminium est en effet deux fois plus importante que celle de l’essence, par exemple. Il est ainsi envisageable de l’utiliser comme vecteur énergétique pour une large palette d’applications, le chauffage ou la mobilité. C’est le concept des « combustibles métalliques ». Dans un tel schéma, l’aluminium serait produit à partir de ses oxydes et de sources d’énergie bas-carbone, et par des procédés eux-aussi bas-carbone. Il serait utilisé ensuite dans ses applications énergétiques, qui le ramènerait à l’état d’oxyde. Lequel serait à nouveau converti en aluminium métallique par ces mêmes procédés. Une boucle de recyclage, qui définit ainsi un vecteur énergétique.

Il va de soi qu’une telle « économie aluminium » n’apparaîtra pas demain. Toutefois, les développements de Found Energy nous en rapprochent. Rappelons au passage qu’en 2016, Peugeot avait financé une thèse visant à stabiliser une flamme poudre d’aluminium-air, avec en ligne de mire la conception d’un moteur automobile à combustible métallique.

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Reçu — 6 novembre 2025 Révolution Énergétique

Une première conversion du thorium en uranium dans un réacteur à sels fondus réussie par la Chine

6 novembre 2025 à 09:46

Le thorium est susceptible de remplacer l’uranium dans les réacteurs nucléaires de prochaine génération. Un concept qui n’a rien de neuf, mais qui n’avait pas encore été démontré du point de vue technologique. En Chine, c’est dorénavant chose faite.

L’Académie des sciences de Shanghai, par le biais de son Institut de physique appliquée (SINAP), vient de l’annoncer : elle a réussi à convertir du thorium en uranium. Cette transmutation, qui vise à produire du combustible nucléaire à partir de thorium, a été réalisée dans le tout nouveau réacteur TSMR (Thorium molten salt reactor). Ce dernier, situé dans le désert de Gobi, a en effet atteint le 17 juin 2024 sa pleine puissance, à savoir 2 MWth.

La technologie du TSMR est celle des réacteurs à sels fondus (RSF), un des concepts retenus pour la génération IV. Dans ce concept, le combustible nucléaire n’est pas disposé dans le cœur sous forme solide comme dans les réacteurs à eau pressurisée (REP), mais bien sous forme liquide, dissous dans un sel de fluor, de lithium et de béryllium (FLiBe) porté à environ 630 °C.

Le RSF est aujourd’hui le concept favori pour la production d’énergie à partir du thorium. Ce dernier, en effet, nécessite des conditions bien particulières, car il n’est pas utilisable directement en tant que combustible nucléaire : il doit être transformé au préalable en uranium, et ce au sein du réacteur (principe de surgénération). Or la Chine est particulièrement intéressée par le thorium.

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La Chine dispose de gigantesques gisements de thorium

S’il était besoin de démontrer cet intérêt, citons cet inventaire national du thorium que les autorités chinoises ont publié en 2025. Il montre une ressource proprement colossale : la seule exploitation des déchets miniers issus de l’extraction des terres rares pourrait représenter plusieurs dizaines de milliers d’années de consommation pour la Chine. Dans un tel contexte, il va de soi que la démonstration de l’utilisabilité d’un tel gisement devient cruciale.

Avec cette expérimentation, la Chine signe une première mondiale et démontre la viabilité du concept de surgénération au thorium dans un réacteur à sels fondus. Confirmant ainsi la décision chinoise de déployer cette filière sur le long terme. Un projet pilote de 10 MWth est en effet en construction depuis début 2025, et le démarrage de réacteurs à l’échelle industrielle est prévu à l’horizon 2030.

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Reçu — 2 novembre 2025 Révolution Énergétique

Ce générateur chinois fait de l’électricité à partir de l’air

2 novembre 2025 à 15:44

Parmi les énergies renouvelables, nous connaissons bien l’énergie éolienne, qui convertit le vent, c’est-à-dire le mouvement de l’air, en électricité, ou encore l’énergie hydraulique, qui exploite le déplacement des cours d’eau. L’énergie photovoltaïque couvre également nos colonnes, et elle a pour principe de transformer l’énergie lumineuse du Soleil en électricité. Mais connaissiez-vous l’hydrovoltaïsme ?

Notre atmosphère contient une petite quantité de vapeur d’eau, de l’ordre de quelques grammes par mètre-cube d’air, qui, lorsqu’elle se condense, produit les nuages et les précipitations. Un mécanisme qui alimente, par le cycle d’évaporation-précipitation de l’eau, une majeure partie des cycles naturels de notre planète. Il s’avère que des chercheurs de différentes institutions scientifiques de Chine et de Singapour auraient trouvé un moyen d’utiliser ce processus pour produire directement de l’électricité. Et ils ont publiés leurs résultats dans la revue Nano de l’American Chemical Society (ACS), dans un article accessible en source ouverte.

Lorsque l’eau s’évapore, elle produit un refroidissement, et c’est par ce mécanisme que notre corps régule sa température interne par la transpiration. Il est donc possible, en concevant un système judicieusement, de produire une différence de température entre deux faces de ce même système : une face chaude à la température de l’air, et une face froide où se produit l’évaporation de l’eau. Cette différence de température peut ensuite être exploitée pour produire de l’électricité à l’aide d’un système thermoélectrique ; ces derniers systèmes exploitent un phénomène bien connu : l’effet Seebeck, qui se caractérise par l’apparition d’une tension à la jonction d’un couple de matériaux portés à des températures différentes.

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Un revêtement innovant pour favoriser l’évaporation

Et c’est précisément à ce résultat que sont parvenus les chercheurs asiatiques. Ils ont construit un système thermoélectrique dont le radiateur en aluminium a été revêtu de graphite poreux, de façon à améliorer sa surface de contact avec l’eau – caractéristique appelée sa mouillabilité. Au cours de leurs expériences, ils sont parvenus à maintenir une différence de température constante de 6°C au travers du système, permettant de produire 2,72 mW pendant 30 minutes. Soit environ 4,2 W/m², pulvérisant les records précédents pour ce type de système.

Ces résultats pourraient apparaître bien peu importants en termes quantitatifs, mais les perspectives ne sont pas dénuées d’intérêt : elles permettent en effet d’envisager des systèmes électroniques qui tirent leur énergie directement de leur environnement, sans nécessiter d’alimentation, d’exposition au Soleil, ou encore de recharge de batteries. Les applications sont importantes, en premier lieu par exemple pour des capteurs ou des objets connectés totalement autonomes – les fameux « wearables », comme les montres ou les senseurs médicaux.

Transformer directement l’humidité de l’air en électricité ? C’est bien ce que semble promettre l’ère de l’hydrovoltaïsme.

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Cette startup veut remplacer les batteries lithium par de petits panneaux solaires

2 novembre 2025 à 05:55

Le marché des objets connectés représente déjà plus de mille milliards de dollars annuels, et il connaît une croissance exponentielle. Or, ces objets, il faut bien les alimenter en électricité. Et cela laisse craindre une explosion du nombre de piles et de batteries nécessaires pour alimenter ceux qui ne peuvent être connectés au réseau électrique. Mais cette startup française a une solution, dont elle vient de lancer l’industrialisation.

Dracula Technologies a été fondée en 2012 à Vienne, dans la Drôme. Depuis lors, elle peaufine une technologie dont elle s’est faite une spécialité : les cellules photovoltaïques performantes même en conditions de faible luminosité. La finalité est bien de pouvoir alimenter des objets connectés à partir de la lumière ambiante, même sous éclairage artificiel (par exemple LED), et sans qu’il soit besoin d’exposer les cellules directement au Soleil.

La technologie est basée sur un matériau organique dans laquelle les différentes couches actives, nécessaires à produire l’effet photovoltaïques, sont déposées à l’aide d’encres spéciales permettant de constituer des couches minces. Il s’agit bien d’un procédé d’impression à jet d’encre – similaire dans son principe à celui des imprimantes de bureau. Et ce procédé permet de fabriquer des cellules photovoltaïques de toute taille et de toute forme, à la demande en fonction des besoins du client.

Techniquement, il s’agit de cellules bifaciales qui peuvent collecter la lumière par leurs deux faces. Les cellules sont minces (0,3 mm) et leur poids est faible (0,04 g/cm²). Elles ont une durée de vie de 10 ans en intérieur, selon le fabricant, et sont encapsulées de façon à les préserver de l’eau et de l’oxygène. Et leur prix serait suffisamment faible pour leur permettre d’être compétitives avec les piles ou les batteries.

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Une invention qui surfe sur la vague de l’Internet of Things (IoT)

Le marché visé par Dracula Technologies est conséquent. Les petites cellules photovoltaïques peuvent équiper en effet un grand nombre d’appareils. Du suivi de colis, de palettes ou de tout conteneur logistique, elles peuvent équiper également des systèmes domestiques de la vie de tous les jours, comme les montres, balances, les souris, ou les claviers. Elles peuvent également être intégrées à des capteurs de toute sorte, par exemple de température ou d’humidité. La perspective est d’autant plus intéressante que ce type de capteurs, essentiel au « smart building »,  trouve une place de plus en plus importante dans des secteurs comme l’industrie, le commerce ou le bâtiment de manière générale.

L’avantage le plus important des ces cellules photovoltaïques organique est bien évidemment de simplifier la maintenance, puisqu’elle permet d’éviter le remplacement fréquent de piles ou de batteries. Ainsi que tout ce qu’implique leur cycle de vie en termes de matériaux critiques. En effet, selon Dracula Technologies, leurs cellules photovoltaïques n’utilisent aucun de ces matériaux et seraient aisément recyclables.

La société vient d’inaugurer son usine à Valence, démontrant par cet investissement que les perspectives de marché sont importantes. La « Green Micro Power Factory » pourra produire environ 150 millions de cm² de cellules par an.

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