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Reçu — 12 août 2026 Révolution Énergétique

L’aviation nucléaire a failli devenir une réalité dans les années 50

12 août 2026 à 07:32

La folle course à l’innovation qui s’est tenue pendant la Guerre Froide a failli aboutir à la réalisation d’un concept aujourd’hui oublié : l’aviation à propulsion nucléaire. Malgré des projets militaires avancés et des essais en vol, l’idée a finalement été abandonnée, notamment à cause des risques potentiels. 

La décarbonation des transports constitue l’un des plus gros défis de la transition énergétique, en particulier le transport aérien. Avec presque 1 milliard de tonnes de CO2 émises chaque année, ce dernier représente 2,5% des émissions mondiales.

Dans les années 50, un projet de recherche américain aurait pu participer à limiter les émissions du secteur, mais pas pour des raisons écologiques, avec la propulsion nucléaire. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, une course à l’armement s’engage entre les États-Unis et l’URSS. Objectif : pouvoir frapper l’ennemi n’importe où et n’importe quand. Pour y parvenir, les américains envisagent le recours au nucléaire pour mettre au point un bombardier sans limite d’autonomie, ou presque.

C’est ainsi que nait le projet Nuclear energy for the propulsion of Aircraft (NEPA) en 1946, ensuite remplacé par le Aircraft nuclear propulsion (ANP) en 1951. À l’époque, l’US Air Force et la Commission de l’énergie atomique des États-Unis commandent deux réacteurs à General Electric et à Pratt & Whitney. Les deux reposent sur un cycle d’air direct : ils ressemblent à un turboréacteur conventionnel, dans lequel l’air chauffé par le réacteur nucléaire remplace le kérosène. Les deux moteurs, appelés HTRE-1 et PWAR-1 atteignent tous les deux la criticité à terre. Mais les faire voler est une autre histoire.

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47 essais en vol avec un réacteur nucléaire en fonctionnement

Si les ingénieurs n’ont pas de réelles inquiétudes sur la possibilité de propulser un avion avec ces moteurs nucléaires, le sujet des radiations est une véritable source de préoccupation. Pour étudier les besoins de bouclier anti-radiations, le fabricant aéronautique Convair modifie un bombardier lourd B-36 Peacemaker pour en faire une version dédiée aux tests nucléaires : le NB-36H.

Cet avion reçoit un réacteur nucléaire fonctionnel refroidi par air, d’une puissance de 1 MWth et d’une masse de 16 tonnes. Pour faciliter sa mise en place et son retrait, il est suspendu à un crochet dans la baie de bombe. La cabine d’équipage est également modifiée avec 11 tonnes de blindage constitué de plomb et de caoutchouc.

Au total, l’avion effectue 47 vols d’essai pour au-dessus du Texas et du Nouveau-Mexique entre 1955 et 1957.

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Une idée désormais largement abandonnée

Si les vols d’essais révèlent la bonne efficacité du bouclier anti-radiation, le projet comporte de nombreuses limites, en particulier concernant les risques de contamination radioactive en cas d’accident. Ce n’est pas tout : le réacteur du NB-36H pouvait potentiellement rejeter des gaz radioactifs dans son sillage. Ces rejets gazeux ont d’ailleurs donné lieu au projet Halitosis, qui avait pour mission de mesurer et caractériser ces rejets.

Le projet est définitivement abandonné en 1961, rendu obsolète par le développement des missiles balistiques intercontinentaux. Sans surprise, l’URSS fait également voler un bombardier, le Tupolev Tu-95LAL, avec à son bord un réacteur nucléaire pour tester des boucliers anti-radiations. Mais les campagnes de vol n’aboutissent pas plus loin et l’URSS abandonne à son tour l’idée d’un bombardier nucléaire en 1965.

Du fait de sa complexité, la propulsion nucléaire dans le secteur de l’aéronautique n’a pas fait l’objet d’autres projets avancés. Désormais, la décarbonation du secteur semble étroitement liée aux SAF dans un premier temps, et à l’hydrogène pour les prochaines décennies.

 

 

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Reçu — 11 août 2026 Révolution Énergétique

Amazon va construire la plus grande centrale gaz des USA

11 août 2026 à 05:25

On pensait Amazon acquis à la cause de la décarbonation avec ses objectifs de neutralité carbone, et ses investissements dans le nucléaire. Mais pris par le temps, dans une course effrénée à l’IA, le géant américain a finalement cédé aux avantages financiers et temporels du gaz naturel, au détriment de l’environnement. L’entreprise vient d’annoncer la construction de la plus grande centrale gaz des États-Unis.

Ce devrait être l’infrastructure la plus émettrice de CO2 de tous les USA. Amazon vient de confirmer la construction d’une centrale à gaz d’une puissance colossale de 7,65 GW dans le comté de Pecos, au Texas. Cette centrale, qui devrait être composée de 35 turbines, a pour vocation d’alimenter 3 centres de données construits sur un territoire particulièrement aride du Texas.

Pour éviter toute polémique, Amazon a annoncé que la centrale serait uniquement raccordée à un réseau électrique privé, dédié au trois centres de données, et qu’elle n’aurait aucun impact sur l’électricité et la facture des texans. De l’eau non-potable sera également utilisée pour ne pas impacter les ressources de la région. Le site devrait vraisemblablement être construit en plusieurs tranches, pour répondre aux besoins des data center au fil des années. Une fois entièrement construit, il pourrait émettre jusqu’à 30 millions de tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions de pays entiers comme l’Irlande, le Danemark ou la Finlande.

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Le nucléaire, pas assez rapide pour l’IA

À première vue, le choix fait par Amazon semble surprendre, car le géant américain rappelle régulièrement son ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040. Pour y parvenir, il a placé de nombreux espoirs dans l’atome et en particulier dans les SMR en investissant plus de 500 millions de dollars. Seulement voilà, les premiers réacteurs de son partenaire X-Energy ne devraient pas démarrer avec 2030, et Amazon espère pouvoir compter sur 5 GW de capacité nucléaire.. En 2039.

Enfin, il y a bien la possibilité de recourir au photovoltaïque, qui est particulièrement développé au Texas. D’ailleurs, Amazon a indiqué envisager l’installation d’une centrale solaire sur son site pour compléter sa centrale gaz. Mais en prenant en compte le facteur de charge moyen annuel du Texas, situé aux alentours de 26%, on obtient une centrale de presque 30 GWc pour espérer atteindre les presque 8 GW de puissance attendue, à laquelle il faudrait associer une BESS très importante. Compte-tenu du fait qu’Amazon ne vendra pas l’électricité produite mais la consommera, on comprend pourquoi il a choisi la solution la moins onéreuse, à savoir une centrale à gaz plutôt qu’une centrale PV hybride.

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Reçu — 10 août 2026 Révolution Énergétique

La Chine gaspille une grande partie de sa production d’électricité renouvelable

10 août 2026 à 15:25

Dans sa course à la décarbonation, la Chine multiplie les infrastructures de production d’électricité renouvelable à un rythme effréné. Mais son réseau de transport d’électricité ne parvient pas à maintenir la cadence, ce qui conduit à des pertes d’énergie colossales.  

Dans le monde la transition énergétique, la Chine fait souvent les gros titres avec ses projets tous plus grands les uns que les autres. Mais si le pays investit massivement dans de nouvelles capacités de production décarbonée, son réseau de transport et de distribution a du mal à suivre la cadence. Résultat : en seulement 6 mois, le pays a gaspillé 360 TWh d’électricité, soit l’équivalent de toute la production nucléaire annuelle de la France.

D’ailleurs, le problème ne fait que s’amplifier, puisque c’est 50% de plus que l’année dernière, sur la même période. Selon le Centre for research on Energy and clean air (CREA) et le Global energy monitor (GEM), à qui on doit ces chiffres, cette quantité d’électricité aurait permis de couvrir la hausse de consommation électrique supplémentaire de la Chine, et même de réduire l’utilisation de charbon.

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Le paradoxe chinois

Sur le premier semestre 2026, les besoins électriques de la Chine ont augmenté de 258 TWh. Conséquence de cette congestion des réseaux électrique, la production d’électricité à base de charbon a augmenté de 3,4% malgré une baisse enregistrée en 2025.

La Chine a beau avoir déployé 525 GW de capacité renouvelable rien que sur l’année 2025, elle est encore très dépendante du charbon. Dans le même rapport, le CREA et le GEM révèlent que pour tout GW de centrale thermique déconnecté, la Chine en met en service 3 ! Au premier semestre 2026, le pays n’a retiré que 2,7 GW de capacité de production, tout en commandant 30 GW de nouvelle capacité. Au total, le pays disposerait d’un pipeline de projets de 275 GW !

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Un problème géographique

Pour revenir au problème de « gaspillage » d’électricité décarbonée, le problème est principalement géographique. En effet, le pays investit massivement dans de nouvelles capacités renouvelables dans l’ouest du pays, du fait de conditions géographiques et climatiques propices. C’est particulièrement vrai au Tibet, où on retrouve l’une des plus grandes centrales solaires au monde, aux portes du désert de Gobi. C’est également dans cette région du monde que devrait voir le jour le plus grand barrage hydroélectrique au monde, d’une puissance de 60 GW.

Néanmoins, la plus grande partie des industries chinoises se retrouvent sur la côte est, à proximité du littoral. De ce fait, l’électricité renouvelable produite doit traverser le pays sur plusieurs milliers de kilomètres afin d’être utilisée. Ce sont ces liaisons qui traversent le pays d’est en ouest qui génèrent des goulots d’étranglement. Cela se vérifie quand on observe le détail des pertes d’énergie. Les centrales de production renouvelables de l’ouest et du nord-ouest de la Chine enregistrent 15% à 30% de production non injectée au réseau. À l’inverse, les régions situées à l’est, comme le Guangdong ou le Zhejiang, n’enregistrent que 3% de pertes de production.

Pour inverser la tendance, le pays multiplie les projets HVDC d’envergure afin de transporter le courant produit à l’ouest du pays vers les zones industrielles de l’est. On retrouve notamment la plus longue ligne terrestre, qui relie Changji à Guquan depuis 2019, qui permet d’acheminer 12 GW d’électricité sur 3324 kilomètres.

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Tarifs dynamique et batterie solaire : une association qui va vous faire économiser 600€

10 août 2026 à 05:23

C’est en quelque sorte la suite logique. Après avoir développé une IA capable d’optimiser la gestion de l’énergie solaire et des contrats HP/HC, Zendure s’attaque à la tarification dynamique grâce à un partenariat avec Sobry. Ce fournisseur d’électricité alternatif, qui se distingue par ses offres à tarification dynamique, permettrait à Zendure d’aller encore plus loin dans l’optimisation, et donc de maximiser les économies sur la facture.  

Proposant déjà un écosystème destiné à optimiser la gestion de l’énergie des foyers, Zendure souhaite aller encore plus loin, annonçant un partenariat stratégique avec Sobry. Ce nom vous dit peut-être quelque chose. Comme nous l’évoquions il y a quelques mois, il s’agit d’un fournisseur d’électricité alternatif qui a la particularité de proposer une offre calée sur le prix du marché de gros, heure par heure.

Avec ce partenariat, l’idée est simple : associer le stockage intelligent de Zendure à la tarification dynamique de Sobry pour « rendre la gestion énergétique plus simple, plus intelligente et plus durable ». Cette intégration devrait permettre d’adapter, grâce à l’IA, les cycles de stockage et de consommation d’électricité en fonction des habitudes des occupants, de la production d’énergie solaire et des variations tarifaires.

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625€ d’économies par an.. En théorie

Avec cette combinaison, Zendure annonce des économies pouvant atteindre jusqu’à 625€ par an pour une consommation moyenne de 6 000 kWh. Le fabricant de batterie indique que pour approcher de ces économies, il faudrait être doté d’une batterie Solar Flow 2400 (AC+ ou Pro), d’un compteur intelligent, de deux batteries supplémentaires (pour un total de 8,16 kWh), et d’une installation solaire.

En se fournissant exclusivement chez Zendure, on obtient un coût total proche des 3 600€, ou 4 000€ sans les remises. En théorie, cela indiquerait un retour sur investissement en moins de 7 ans, ce qui s’annonce très intéressant.

Reste à savoir dans quelles conditions d’ensoleillement et de production solaire ces chiffres ont été atteints. D’autre part, si la tarification dynamique permet aujourd’hui de faire des économies quand elle est bien optimisée, il est impossible de prévoir dans quelle mesure les fluctuations journalières vont évoluer dans les mois et les années à venir, rendant incertaines les potentielles économies réalisables.

 

 

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Reçu — 9 août 2026 Révolution Énergétique

Éclipse du 12 août : RTE se prépare à une baisse soudaine de la production photovoltaïque

9 août 2026 à 07:09

Le 12 aout aura lieu une éclipse solaire, un événement aussi rare que fascinant. Mais avec la démocratisation de l’énergie photovoltaïque, ces quelques minutes sont également une source de risque pour le réseau électrique. Heureusement, RTE a tout prévu pour éviter le black-out. 

Où étiez-vous, le 11 août 1999 aux alentours de 12h30 ? Ce jour là, l’éclipse totale qui avait plongé tout le nord de la France dans l’obscurité n’avait pas bouleversé les habitudes d’EDF, du fait d’une capacité de production photovoltaïque presque inexistante. Tout juste la consommation avait-elle ralentit, puisque tout le monde avait les yeux rivés vers le ciel.

27 ans plus tard, la situation est bien différente, et le centre de dispatching de RTE, qui n’existait pas à l’époque, va avoir du pain sur la planche. De 1 GW de puissance cumulée à travers le monde, la capacité totale de production solaire est passée à 30 GW, rien que dans l’Hexagone.

Conséquence de cette évolution, ce mercredi 12 août un peu après 20 heures, RTE s’attend à une baisse de production photovoltaïque de l’ordre de 1,8 GW, et la production européenne pourrait être réduite de 9,7 GW.

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Un événement souvent bien maîtrisé par les gestionnaires de réseau

Si, en 1999, le solaire n’occupait aucune place dans le mix énergétique français, plusieurs éclipses ont depuis permis aux gestionnaires de réseaux de se préparer à ces événements. Déjà, en 2015, une éclipse partielle avait fait baisser la production de 2 GW en France, et près de 35 GW à l’échelle de toute l’Europe, sans qu’aucun incident ne soit relevé.

Plus récemment, aux États-Unis, l’éclipse solaire de 22 août 2017 a généré une baisse de production de l’ordre de 5 GW dans l’ouest du pays. D’ailleurs, en Californie, une hausse de consommation relative a été observée à cause de l’arrêt de production des installations solaires résidentielles. Enfin, témoin de l’essor du photovoltaïque, une autre éclipse solaire a causé une baisse de 8,9 GW de production en quelques minutes, rien qu’au Texas, en 2024.

Le 12 août, choisirez-vous de mettre des lunettes certifiées ISO 12312-2 pour contempler ce spectacle aussi rare que fascinant, ou préférez-vous scruter la production en direct sur le site Éco2Mix ? De notre côté, malgré notre addiction à la plateforme de suivi de la production, nous serons bien dehors, en train de contempler l’un des plus beaux spectacles que la nature puisse nous offrir.

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Reçu — 8 août 2026 Révolution Énergétique

Le gouvernement allemand souhaite freiner les renouvelables

8 août 2026 à 15:47

Le grand plan renouvelables en Allemagne tousse, le chancelier ferme les vannes de subventions. Ce n’est pas fini mais le constat est là : l’Etat laissera se développer seules les technologies renouvelables matures.

25 ans après avoir lancé l’Energiewende, l’Allemagne est en train de refermer ce vaste plan, constitué de généreux tarifs de rachat qui ont fait son succès, l’Allemagne étant le moteur des ENR en Europe. Le gouvernement de Friedrich Merz a signé, le 29 juillet, une réforme de la loi sur les énergies renouvelables (EEG) où les producteurs d’électricité verte devront désormais vivre davantage des revenus du marché que des aides publiques.

« Les énergies renouvelables sont devenues compétitives. Là où elles sont rentables, elles n’ont plus besoin de subventions permanentes », acte la ministre de l’Économie et de l’Énergie, Katherina Reiche. L’Etat ne veut plus soutenir indéfiniment des technologies désormais matures. « Les prix de l’électricité doivent être déterminés par le marché et non maintenus artificiellement bas par des aides permanentes ». La ministre ne peut pas faire passer son message plus clairement.

Depuis son adoption en 2000, l’EEG garantit des tarifs d’achat sur vingt ans et l’Allemagne est devenue le premier marché solaire européen avec plus de 110 gigawatts (GW) installés et près de 10 GW supplémentaires raccordés chaque année. Ce modèle date d’une époque où le solaire et l’éolien étaient encore coûteux, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Les épisodes de prix négatifs et l’abondance de la production continuent d’être subventionnés.

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Des CfDs à la rescousse

Alors quelle procédure pour les exposer au marché ? Toutes les nouvelles installations devront désormais vendre directement leur production sur le marché en contrats pour différence (CfD), qui garantissent certes un revenu minimal (tout dépendra de ce niveau).

« Nous voulons davantage de mécanismes orientés vers le marché », estimant que les futurs dispositifs devront offrir « une sécurité d’investissement tout en renforçant les incitations à produire lorsque l’électricité est réellement nécessaire au système ». Les CfDs inciteront à produire au bon moment.

Et sur les réseaux, un second texte autorise désormais les gestionnaires de réseau à repousser jusqu’à six ans le raccordement de nouveaux projets dans les zones les plus congestionnées. « Le développement des renouvelables doit être mieux coordonné avec celui des réseaux », défend Katherina Reiche. Le ministère souhaite privilégier des installations « utiles au système » (systemdienlich en allemand), couplées à du stockage ou flexibles pour le réseau (en s’arrêtant de produire).

Le patronat allemand (BDI) s’en réjouit car l’efficacité économique du système électrique s’en verra renforcée et cela limitera le coût des soutiens publics. Les ONG, elles, font grise mine.

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L’État débourse 260 millions d’euros pour adapter les ports français aux éoliennes flottantes

8 août 2026 à 05:33

La France ambitionne de devenir un acteur incontournable de l’éolien flottant en Europe, et le prouve en octroyant une enveloppe de 260 millions d’euros destinée à la préparation de ses infrastructures portuaires. Au total, 5 ports d’envergure en profiteront pour permettre d’atteindre 6 GW d’éolien flottant en service dans moins de 15 ans. 

Quelques semaines après la publication de l’AO10, le Gouvernement vient d’annoncer les résultats de l’appel à projets relatif au financement des infrastructures portuaires pour le développement de l’éolien flottant. Cette annonce est importante, car la France espère mettre en service 6 GW d’éolien flottant d’ici 2040.

Cette enveloppe conséquente sera répartie entre les projets de 5 ports français stratégiques, de cette manière :

  • 10 millions d’euros pour le port de Cherbourg,
  • 58 millions d’euros pour le port de Brest,
  • 60 millions d’euros pour le port de Nantes-Saint Nazaire,
  • 48 millions d’euros pour le port de Port-la-Nouvelle,
  • 82 millions d’euros pour Marseille-Fos.

Cet appel à projet avait été lancé en 2024 dans le cadre de France 2030. Il porte principalement sur les investissements nécessaires à la construction et à l’assemblage des éoliennes flottantes à quai.

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Une filière industrielle à construire en un temps record

C’est d’ailleurs l’une des particularités des éoliennes flottantes : leur conception permet un montage à quai, avant d’être acheminées en mer. À l’inverse, actuellement, les éoliennes offshore posées doivent être assemblées directement sur leur emplacement définitif.

Cet avantage, qui permet en théorie d’accélérer la cadence de construction, nécessite cependant des infrastructures portuaires et une logistique d’une autre échelle. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un oeil aux projets qui ont été retenus dans le cadre de l’appel à projets.

Du côté de Cherbourg, on attend 30 millions d’euros d’investissement pour la construction d’un nouveau quai lourd de 140m à 160m de  long. À Brest, les travaux devraient permettre l’assemblage de flotteurs d’éoliennes de plusieurs dizaines de milliers de tonnes, puis leur mise à l’eau. Sur le Port de Nantes-Saint Nazaire, les travaux concernent la plateforme Eole, une vaste infrastructure industrielle dotée d’un quai de 530 mètres de long, et permettant le stockage et l’assemblage des éoliennes avec jusqu’à 5 flotteurs en attente.

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Reçu — 7 août 2026 Révolution Énergétique

Une électrification trop lente coûtera cher prévient RTE

7 août 2026 à 15:41

Si la demande électrique stagne, le système électrique coûtera plus cher, les producteurs seraient en difficulté et le nucléaire et les renouvelables seraient obligées de moduler beaucoup plus.

La France pourrait-elle avoir trop d’électricité décarbonée ? C’est l’un des paradoxes que l’on peut lire dans l’analyse économique de RTE publiée le 15 juillet. Il analyse plusieurs trajectoires d’évolution de la consommation et montre qu’un retard dans l’électrification des usages se traduirait automatiquement par une facture plus salée pour l’ensemble du système. Et donc le message est d’électrifier la France, vite.

Dans sa trajectoire de décarbonation rapide, RTE table sur une consommation électrique de 510 térawattheures (TWh) en 2030 contre 470 TWh dans un scénario lent. Selon les calculs de RTE, le coût complet du mégawattheure consommé passerait respectivement d’environ 78-82 euros par mégawattheure (€/MWh) à 84-91 €/MWh dans une trajectoire plus lente. « La différence de volume d’électricité consommée entre les trajectoires entraîne une augmentation du coût complet par unité d’électricité consommée », résume donc RTE dans son analyse économique.

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Des consommateurs à la fête mais pas les producteurs et les finances publiques

Un ralentissement de l’électrification aurait un double effet paradoxal sur les prix. Une demande plus faible favoriserait un contexte de prix bas, favorable aux consommateurs à court terme, mais beaucoup moins favorable aux producteurs et aux finances publiques.
RTE estime que le coût des dispositifs de soutien public augmenterait d’environ 5 milliards d’euros par an dans un scénario de prix bas par rapport à une trajectoire de forte électrification. Et les producteurs qui ne sont pas sous appel d’offre ou obligation d’achat pourraient perdre jusqu’à 9,4 milliards d’euros par an.

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Jusqu’à 55 TWh de modulation pour le nucléaire

Et physiquement, il faut équilibrer ce réseau surcapacitaire. Avec un parc nucléaire conséquent et des renouvelables qui ne cessent de se déployer, la capacité à moduler la production sera importante et obligatoirement imposée. À court terme, la modulation du nucléaire due à l’absence d’opportunité économique sur le marché pourrait être absorbée par EDF en étant combinée avec les variations déjà réalisées aujourd’hui pour optimiser le fonctionnement du parc (la modulation qui, aujourd’hui, lui fait gagner de l’argent).

Mais en 2030-2035, dans la trajectoire de décarbonation rapide, les besoins de modulation du nucléaire se stabiliseraient entre 10 et 20 TWh et ceux des énergies renouvelables resteraient autour de 5 TWh et explosent dans l’autre scénario. La modulation du parc nucléaire pourrait atteindre 40 à 55 TWh dès 2030. Pour les renouvelables, les besoins iraient jusqu’à 20 TWh en 2035.

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La plus grande centrale solaire de France épargnée par les méga feux

7 août 2026 à 05:32

Habitants évacués, maisons abandonnées : la commune de Cestas n’a pas été épargnée par les graves incendies qui ont ravagés plus de 42 000 hectares de forêt en Gironde. Pourtant, une infrastructure particulière a tenu bon : la centrale solaire géante de Neoen. Située en plein coeur d’une front de pins des Landes, elle a été épargnée grâce à sa bonne préparation contre les incendies. 

La plus grande centrale photovoltaïque de France a failli y passer. Mêmes si les flammes sont venues aux abords de la centrale lors des violents incendies qui ravagent toujours la Gironde, la centrale de Cestas, 300 mégawatts crêtes (MWc), n’a pas vraiment été abimée. Le feu est quand même entré sur quelques mètres à l’intérieur. À Cestas, au sud-ouest de Bordeaux, dans la nuit du 26 au 27 juillet, les panneaux du parc PV ont été épargnés et les dommages ne sont que sur des câbles souterrains et peut-être, encore à vérifier, sur le poste source.

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Les panneaux solaires jouent le rôle de pare-feux

« Les bandes de débroussaillage alentours et la tonte régulière à l’intérieur l’ont préservée. Le feu n’a pénétré que quelques mètres sous les panneaux », explique Guillaume Decaen, directeur général des opérations de Neoen, auprès du média Greenunivers. Les pompiers ont aussi réalisé des contre-feux à proximité du site.
La centrale a quand même été mise à l’arrêt dès dimanche matin. Le courant a été coupé à distance et les équipes n’ont pas pu accéder immédiatement au site, le feu continuant d’être un peu actif. Des équipes dont quatre salariés présents sur le site ont dû évacuer leur logement.

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Des centrales qui peuvent aussi freiner les incendies

Alors comment a-t-elle pu être bien préparée ? Les centrales photovoltaïques en milieu forestier doivent obligatoirement bien entretenir leurs pourtours en lien avec la végétation. A cela s’ajoute le fait que la centrale a déboisé une grande parcelle, limitant le combustible des flammes. Les pompiers ont même pu s’appuyer sur les trois forages du site qui donnent accès à la nappe phréatique pour alimenter leurs opérations. Les pompiers ont aussi surveillé de près cette centrale car se trouvent à côté le Laser Mégajoule et le centre du CEA du Barp.

Ces centrales sont donc, en quelques sortes, des pare-feux. Et d’autres centrales ont du s’arrêter dans ce contexte d’incendie en Gironde. Engie et Valorem ont subi le même sort et ont été obligé d’arrêter la production. Plus largement, RTE a mis hors tension des lignes menacées par les flammes et Enedis doit faire le bilan des dégâts.

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Reçu — 6 août 2026 Révolution Énergétique

Les niveaux historiquement bas du Danube mettent à mal la sécurité énergétique européenne

6 août 2026 à 05:24

En prise à d’importantes vagues de chaleur, l’Europe centrale doit composer avec le faible niveau du Danube, qui empêche le bon fonctionnement de plusieurs centrales nucléaires. 

Le schönen blauen Donau (Le « Beau Danube Bleu », ndlr), a perdu de sa splendeur depuis quelques semaines. Du fait d’épisodes de sécheresses intenses, le plus long fleuve d’Europe (après la Volga) est à un niveau historiquement bas. La situation est telle que la Serbie a été contrainte de réduire drastiquement la production de ses deux centrales hydroélectriques Djerdap 1 et 2. Ces dernières ne produisent fonctionnement qu’à 20% et 30% de leurs capacités.

Ce n’est pas tout. Plus en amont, en Hongrie, la seule centrale du pays est quasiment à l’arrêt puisqu’un seul réacteur sur les quatre est encore en service, et son maintien en service est conditionné à la météo des prochains jours. C’est la première fois en 44 ans que la centrale Paks se retrouve dans une telle situation, malgré les importantes vagues de sécheresses de 1985 et 2003.

Pour finir, en Roumanie, c’est le fonctionnement de la centrale de Cernavoda qui est compromis. D’ailleurs, dans l’espoir d’améliorer la situation, l’armée roumaine est allée jusqu’à détruire à l’explosif un rocher présent dans le lit du fleuve, et accusé d’empêcher le bon écoulement de l’eau vers les dispositifs de refroidissement de la centrale nucléaire. Le Premier ministre roumain a d’ailleurs appelé ses habitants à réduire leur consommation d’électricité en soirée, pendant les pics de consommation.

Le plus long fleuve d’Europe

Avec ses quelque 2850 km, le Danube prend sa source dans la Foret Noire allemand, traverse une dizaine de pays européens, puis se jette dans la Mer Noire. Il a joué un rôle capital dans le développement de l’Europe en étant considéré comme une voie fluviale majeure. Si le transport fluvial a moins d’ampleur que lors des siècles précédents, le Danube joue un rôle important dans la stabilité énergétique européenne. 

La souveraineté énergétique européenne mise à mal par le climat

Il y a quelques semaines, la crise du Détroit d’Ormuz révélait le manque d’indépendance énergétique de l’Europe, en particulier à cause des énergies fossiles. Cette fois, des conditions météorologiques extrêmes illustrent le potentiel manque de résilience du Vieux Continent au monde de demain. Au-delà des inquiétudes autour du niveau d’eau du Danube, les épisodes de sécheresses ont des conséquences dramatiques avec notamment plusieurs pays européens ayant dépassé les 40°C dès le mois de juin. D’ailleurs, les fortes chaleurs impactent directement le rendement des parcs éoliens à cause d’un air moins dense. Une étude de CarbonBrief a notamment relevé une baisse de production de 30% à 50% de l’éolien pendant les vagues de chaleur. En juin 2026, la part de l’éolien dans le mix électrique du Royaume-Uni est même passé de 30% à 15% selon Octopus.

Les feux de forêt se multiplient en Espagne, au Portugal ou dans le sud de la France. Certaines données tendent même à montrer que la fumée de ces incendies limite l’irradiation solaire et donc la production d’électricité solaire.

Si en France, la situation énergétique est beaucoup moins tendue, rappelons tout de même que les centrales nucléaires sont fréquemment bridées, voire arrêtées à cause de problèmes environnementaux. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la centrale de la Chooz est à l’arrêt à cause de la baisse du niveau de la Meuse, tandis qu’un réacteur a également été stoppé à Cattenom. Quatre autres réacteurs tournent au ralenti à cause des fortes chaleurs.

 

 

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Reçu — 5 août 2026 Révolution Énergétique

Comment décarboner efficacement les logements par l’électrification ?

5 août 2026 à 15:09

Depuis le mois d’avril, c’est officiel : la France met le cap sur l’électrification pour atteindre ses objectifs de décarbonation. Pour parvenir à électrifier le secteur du bâtiment, un institut propose une série de mesures concrètes censées rendre accessibles les objectifs de la nouvelle Stratégie nationale bas carbone 3. 

Le gouvernement présentait en grandes pompes, le 23 avril dernier, son grand plan d’électriification du pays avec un objectif simple : accélérer la transition énergétique tout en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles.

Parmi les challenges de cette électrification figure l’enjeu du secteur du bâtiment, et en particulier du chauffage. Aujourd’hui, le chauffage des bâtiments représente 55% de la consommation de gaz naturel en France, 77% de la consommation de bois et 8% de la consommation de produits pétroliers. L’État a bien mis en place des objectifs sur le sujet et des pistes d’électrification. Par exemple, aucun bâtiment neuf ne pourra consommer de gaz à l’horizon 2030 et les chauffages au gaz ne pourront pas être conservés avec les rénovations d’ampleur. Mais selon TerraWater, ce n’est pas suffisant. L’institut a mené une longue analyse autour de l’électrification des bâtiments en France, et propose 20 mesures pour rendre les objectifs de la SNBC3 atteignables.

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Les chaudières gaz, colonne vertébrale du chauffage en France

Pour proposer un schéma d’électrification cohérent du secteur du bâtiment, TerraWater en a d’abord dressé le portrait actuel, avec notamment l’impact du chauffage sur la consommation énergétique française. En 2023, le chauffage représentait 359 TWh d’énergie, l’eau chaude sanitaire 62 TWh et la climatisation 24 TWh. La production de chaleur est encore largement carbonée malgré une part des chauffages électriques historiquement plus élevée en France que chez ses voisins européens.

De ce fait, la production de chaleur des bâtiments est assurée à 28% par les chaudières gaz, et à 11% par les chaudières au fioul et au GPL. La biomasse joue un rôle prépondérant avec 18% de part de production de chaleur.

Côté électrique, la combinaison des radiateurs électriques et des pompes à chaleur représente moins du tiers de la production totale (28%).

Qui est TerraWater ?

Fondé par l’association Les Voix du Nucléaire, l’institut TerraWater s’est d’abord fait connaître avec son scénario énergétique pour la France, publié en novembre 2022. Ce dernier proposait la construction de 22 nouveaux EPR2 et l’augmentation des capacités de production et de stockage du parc hydroélectrique français pour atteindre 42 GW de puissance et 8 TWh. Le succès de ce scénarion a donné naissance à un institut qui fonctionne comme un fonds de dotation d‘intérêt général financé principalement par des dons et du mécénat. 

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20 propositions pour électrifier les logements français

Les propositions faites par l’institut sont groupées sous 4 grandes thématiques.

La mobilisation de gisements d’électrification rapides

  • 300 000 chaufferies à hybrider avec un appoint électrique,
  • Décret tertiaire : introduire une incitation à l’électrification,
  • Mettre fin au remplacement pièce-à-pièce des chaudières fossiles,
  • Appliquer le modèle CEE « Coup de pouce aux Véhicules Particuliers Électriques » aux pompes à chaleur,
  • Améliorer l’effet de levier et le coût de financement des aides à l’achat de PAC,
  • Adapter le cadre légal pour faciliter l’installation de pompes à chaleur en toiture des immeubles collectifs.

En résumé, TerraWater propose d’abord de renforcer l’incitation au passage à la pompe à chaleur, tout en facilitant ce déploiement notamment dans les immeubles collectifs. L’idée est également de mettre fin aux situations d’urgence qui conduisent à un choix non réfléchi vers les énergies fossiles. Enfin, l’hybridation des chaufferies de moins de 15 ans permettrait de réduire l’impact environnemental des installations qui ont encore de nombreuses années de vie devant eux.

L’adoption d’une évaluation plus pertinente de la rénovation énergétique

  • Conditionner le maintien de chaque dispositif de soutien public à un critère de suivi et de maîtrise des coûts d’abattement,
  • DPE : Dissocier la réalisation du diagnostic et la génération de l’attestation,
  • Définir la notion de « bâtiment à émissions nulles » en droit français ,
  • Renforcer la transparence des gestionnaires de réseaux,
  • Mise en place d’une comptabilité dédiée aux énergies renouvelables ambiantes.

Cet ensemble de mesures vise à faciliter le suivi de cette électrification. Le DPE est une nouvelle fois au coeur des enjeux mais avec ici une proposition particulièrement pertinente. La dissociation du diagnostic et de son attestation permettrait une mise à jour régulière du DPE d’un logement sans refaire systématiquement le diagnostic. Rappelons qu’il vient d’être mis à jour pour favoriser l’électricité.

L’évolution du marché des pompes à chaleur

  • Renforcer la transparence sur les performances réelles et les fonctionnalités des PAC
  • Créer un Rendu Standardisé de Faisabilité PAC, sur le principe du Rendu Standardisé d’Etude Thermique déjà existant
  • Réformer l’usage des normes de dimensionnement des systèmes de chauffage et refroidissement
  • Créer un « Challenge industriel » pour la filière française et européenne des pompes à chaleur
  • Créer un AAP dédié aux technologies émergentes de pompes à chaleur

Sans surprise, TerraWater compte énormément sur les pompes à chaleur pour électrifier le chauffage. Néanmoins, l’institut souhaite renforcer la confiance des utilisateurs dans cette filière en gommant des défauts souvent mis en avant : manque de transparence sur les performances, durée de vie inférieure aux chaudières fossiles, contre performance de certains modèles et/ou défauts d’isolation acoustique. Cette évolution devrait passer par une filière française et européenne compétitive.

La responsabilisation des propriétaires et des collectivités locales

  • Mettre les données de comptage des réseaux de distribution au service de l’électrification
  • Mettre en place un registre des livraisons de fioul et gaz liquéfiés par point de livraison (par adresse)
  • Renforcer les obligations de transparence des réseaux de chaleur sur leur facteur d’émission à l’horizon 2030, 2035, 2040
  • Décliner les objectifs d’électrification par territoire / collectivité locale

Pour finir, TerraWater propose plusieurs mesures destinées à aider les propriétaires et collectivités locales à se positionner en faveur de l’électrification grâce à une meilleure connaissance de la distribution des énergies fossiles.

Avec ces mesures, TerraWater souligne l’importance d’accompagner les objectifs d’électrification par des solutions techniques établies, mais également un cadre légal qui facilite cette transition. Enfin, ce travail met en évidence l’idée que les utilisateurs doivent s’y retrouver d’un point de vue confiance, et d’un point de vue économique.

 

 

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Ces centrales nucléaires européennes flambant neuves n’ont jamais démarré

5 août 2026 à 05:15

Bien connues des passionnés d’Urbex, mais aussi d’Histoire, certaines centrales nucléaires européennes n’ont jamais vu passer le moindre combustible nucléaire, et n’ont jamais produit le moindre électron. Voici pourquoi. 

La plus célèbre de ces centrales arrêtées avant même d’avoir démarré est peut-être celle de Kalkar, dans l’ouest de l’Allemagne. Ce site témoigne d’une volonté commune de l’Allemagne, de la Belgique, des Pays-Bas et du Royaume-Uni d’apprivoiser la technologie des surgénérateurs. Le site devait donc accueillir un réacteur SNR-300 d’une puissance électrique de 327 MW. La construction de ce réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium débute en 1973. Terminée en 1986, la centrale ne démarre pas et est abandonnée en 1991. En Autriche, on retrouve une situation similaire. Le pays veut se doter de sa première centrale nucléaire à Zentendorf. Commence alors la construction d’un réacteur à eau bouillante de 730 MWe en 1972. Mais le réacteur est finalement abandonné en 1978 avant même sa mise en service.

Plus au sud, en Espagne, la construction de la centrale nucléaire de Lemoiz est démarrée en 1972, mais finalement abandonnée en 1984. Pourtant, les deux réacteurs sont parfaitement opérationnels au moment de cette prise de décision. Enfin, en Italie, la construction de la centrale de Montalto di Castro est stoppée à plus de 70% d’achèvement en décembre 1987.

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Mouvements écologiques et incidents nucléaires

Si on pourrait attribuer cette épidémie de centrales nucléaires abandonnées à l’incident de de Three Miles Island et à la catastrophe de Tchernobyl, on constate en réalité une vague de contestation qui traverse l’Europe un peu plus tôt, au milieu des années 70. Ainsi, la construction de la centrale de Kalkar est jalonnée de manifestations. On comptera même 40 000 manifestants dans les rues de Kalkar en 1977, avant que l’accident de Tchernobyl ne repousse indéfiniment son démarrage.

En Espagne, des manifestations spectaculaires ont lieu autour de la construction de la centrale de Lemoiz, non loin de Bilbao. En 1978, près de 150 000 personnes viennent faire opposition au chantier. À partir de 1979, les événements prennent une tournure tragique quand une manifestante est abattue par une policier, puis quand l’organisation ETA enlève et assassine l’ingénieur en chef de la centrale en 1981.

Rappelons que pendant cette période, des manifestants se réunissent en masse dans la petite commune bretonne de Plogoff pour s’opposer à la construction d’une nouvelle centrale nucléaire.

Du côté de l’Autriche et de l’Italie, les événements se déroulent de manière moins brutale. En Autriche, lors d’un référendum, le peuple autrichien s’oppose au démarrage de la centrale de Zentedorf, avant que le parlement ne vote une loi de non-utilisation de l’énergie nucléaire. En Italie, c’est également un référendum qui vient à bout de la centrale Montalto di Castro, presque au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl. À l’époque l’Italie est pourtant la troisième puissance nucléaire mondiale. Ce référendum marquant la fin du nucléaire en Italie, le site accueille par la suite une centrale thermique de 3,6 GW de puissance, qui fera polémique pour ses coûts de fonctionnement astronomiques et ses émissions, avant d’être arrêtée en 2019.

La centrale engloutie de Zarnowiec

La Pologne a connu une situation similaire à l’Autriche. En 1982 débute la construction d’une centrale de 1600 MW sur les rives du lac éponyme. Si son démarrage est prévu pour 1989 et 1990, la catastrophe de Tchernobyl vient stopper cet élan, conduisant à une suspension des travaux le temps d’un référendum. Ces derniers ne reprendront jamais, et les bâtiments en ruine sont désormais en partie inondés, au bénéficie d’images spectaculaires.

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Certains pays reviennent tout de même au nucléaire

Près de 50 ans après cette vague anti-nucléaire qui a secoué l’Europe, le paysage énergétique européen a beaucoup changé. Il est intéressant de noter que face à l’urgence climatique et aux enjeux de décarbonation, le nucléaire se positionne désormais du côté de l’écologie, malgré ses nombreuses problématiques notamment au niveau de la gestion des déchets.

De ce fait, plusieurs pays envisagent de nouveau de recourir au nucléaire. Par exemple, l’Italie travaille sur un projet de loi pour permettre un retour du nucléaire et envisage la construction de nouveaux réacteurs. Si l’Espagne s’était en partie détournée du nucléaire en envisageant de fermer toutes ses centrales, elle montre un nouvel intérêt sur le sujet avec la possible prolongation de ses réacteurs actuels. Enfin, si l’Allemagne est officiellement sortie du nucléaire, elle affiche une position moins opposée que par le passé.

 

 

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Reçu — 4 août 2026 Révolution Énergétique

Solaire résidentiel : la France fait toujours moins bien que ses voisins européens

4 août 2026 à 07:02

Pourquoi le solaire résidentiel stagne à 6% des maisons françaises ? Alors que nos voisins européens nous dépassent largement, Hello Watt publie une étude pour comprendre la raison : soutien public, maturité, révolution Energétique s’est plongé dans ce rapport.

Dans une étude publiée par Hello Watt, seulement 6 % des maisons individuelles françaises étaient équipées de panneaux photovoltaïques entre juillet 2025 et juin 2026. C’est ridicule devant les Pays-Bas (58 %), la Belgique (39 %) ou l’Allemagne (33 %). La méthode d’abord : Hello Watt a analysé 100 000 maisons individuelles. Le Nord-Est avance vite, notamment dû à leur proximité avec la Belgique et les Pays-Bas, deux marchés matures en la matière.

Les raisons ensuite. On pourrait naturellement penser à l’ensoleillement, mais les pays les plus avancés ne sont pas les plus ensoleillés. Cela n’explique donc pas les écarts constatés. Pour Sylvain Le Falher, cofondateur de Hello Watt, c’est plutôt un critère économique. Dans ces pays, « Le coût de l’électricité est plus élevé qu’en France » et donc mécaniquement l’autoconsommation est bien plus avantageuse même si le solaire est aujourd’hui rentable en France, précise-t-il, notamment avec la baisse des coûts.

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Une politique moins volontariste que nos voisins

Depuis 2023, les prix des panneaux et des batteries ont été divisés par deux et sont plus rapidement rentabilisés. Les freins maintenant. Si le coût des équipements diminue, l’investissement initial reste élevé et il faut avoir les moyens. Hello Watt remarque que la France incite moins que d’autres pays. En France, les aides se limitent à une TVA réduite à 10 % ou 5,5 % selon les installations, et à une exonération d’impôt sur le revenu dans certains cas.

À l’inverse, les Pays-Bas proposent une TVA nulle et des prêts à taux préférentiels pour financer les travaux d’économie d’énergie. Alors la France pourrait-elle ouvrir l’éco-prêt à taux zéro au photovoltaïque résidentiel ? C’est en tout cas ce que plaide Hello Watt. Cela permettrait de réduire de 50 % les mensualités d’un foyer équipé de panneaux solaires et jusqu’à 60 % lorsqu’une batterie est ajoutée. Les panneaux solaires deviennent plus accessibles même pour les ménages modestes. La maturité du marché français sur le PV est moyennement bonne. « Nous partons de plus bas. Nous en sommes au début de la filière », se désole Sylvain Le Falher. Il n’y a pas de large politique volontariste sur le PV contrairement au développement depuis une décennie aux Pays-Bas ou en Belgique. Peut-être que la donne changera avec le grand plan d’électrification toujours attendu.

 

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Reçu — 3 août 2026 Révolution Énergétique

Les ENR totalisent 20 GW de puissance supplémentaire par rapport au nucléaire en 2025

3 août 2026 à 15:33

La France a raccordé 7,3 GW de capacités renouvelables supplémentaires en 2025, pour 84,2 GW de puissance totale. Pourtant, les ENR marquent le pas par rapport aux années précédentes. Cette tendance, constatée par le Syndicat des énergies renouvelables, éloigne un peu plus la France des objectifs de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Dans ce contexte peu réjouissant, l’éolien offshore fait figure d’exception grâce aux raccordements réalisés en 2025, et à la publication de l’AO10. 

Le syndicat des énergies renouvelables, le SER, a publié le Panorama de l’électricité renouvelable en France pour faire le bilan des capacités installées. Le lobby des ENR, par la voix de son président Jules Nyssen très actif dans la sphère politique et dans sa communication, alarme sur le ralentissement du déploiement des ENR.

L’occasion, dans ce rapport de faire le bilan, ENR par ENR des capacités installées et des ajouts en 2025. L’éolien terrestre culmine à 23,87 GW installés fin 2025, avec +883 MW raccordés dans l’année. Le rythme est plus faible que l’année 2024, qui voyait +1,14 gigawatts (GW). L’éolien terrestre a produit +2,5 % sur un an et un facteur de charge de 21,4 %. Sa production électrique représente l’équivalent de 9,8 % de la consommation électrique métropolitaine en 2025 contre 9,7 % en 2024.

Les Hauts-de-France ont 6,59 GW d’éolien terrestre, devant le Grand Est et ses 5,17 GW, qui représentent la moitié de la production nationale.
Avec le rythme qui ralentit, la filière peine à rattraper son retard sur les ambitions de la PPE 3 qui prévoit 31 GW d’éolien terrestre en 2030. On en est donc à 77 % fin 2025. Les projets en développement représentent encore 13,5 GW.

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Pied sur l’accélérateur pour l’éolien en mer

L’éolien en mer a le plus fortement progressé et atteint 1,92 GW (+415 MW en 2025), soit une augmentation de 27% en un an, et 5,7 TWh de production (+43,3% par rapport à 2024). Un facteur de charge plus élevé que l’éolien terrestre (38%) montre pourquoi la priorité lui est donnée dans le développement futur. La PPE 3 luis consacre 3,6 GW installés en 2030 et 15 GW en 2035.

30 GW de solaire et la dynamique s’accélère. En 2025, avec 5 941 MW raccordés contre 3 GW par an entre 2022 et 2023 et 5 GW en 2024, c’est la plus grande progression de ces dernières années. Mais la filière fait grise mine : les appels d’offres n’arrivent pas ou en faible volumes.

 

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Ce moteur de bateau est le premier à fonctionner entièrement à l’hydrogène

3 août 2026 à 07:16

C’est une première mondiale. À Gand, en Belgique, la société BeHydro vient de faire certifier un moteur fonctionnant exclusivement à l’hydrogène par la société de classification Lloyd’s Register. Cette annonce marque une étape importante vers la décarbonation du secteur maritime, responsable de 3% des émissions de CO2 de la planète.

C’est l’entreprise BeHydro qui est à l’origine de cette première mondiale. L’entreprise belge a été lancée en 2020 par les sociétés Anglo Belgian Corporation (ABC) et CMB.TECH, avec pour mission de mettre au point une motorisation hydrogène adaptée au secteur maritime. Pour atteindre cet objectif, l’entreprise a d’abord fait certifier un moteur bicarburant en 2023, aussi bien capable de fonctionner au gazole qu’à l’hydrogène. Ce moteur, qui permet de réduire largement la consommation d’énergies fossiles d’un navire, équipe déjà deux remorqueurs. Le premier, appelé Hydrotug 1, navigue dans les eaux du port Anvers-Bruges et embarque une réserve de 415 Kg d’hydrogène à son bord sous forme de bouteilles. Le deuxième, fabriqué au Japon, stocke 250 kg d’hydrogène dans des réservoirs haute pression, et équipé de deux moteurs V12 de 4400 chevaux.

Selon les versions, le nouveau moteur développé par BeHydro, cette fois 100% hydrogène, pourra afficher des puissances comprises entre 1200 et 3580 chevaux. Il se destine aux remorqueurs, bateaux-pilotes et autres navires de servitude. Il permettra ainsi aux ports de réduire leurs émissions de CO2 grâce à des bateaux fonctionnant avec 100% d’hydrogène.

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Une solution encore imparfaite

En matière de propulsion, l’hydrogène est souvent utilisé sous forme d’une pile à hydrogène associée à des moteurs électriques. BeHydro a choisi une autre direction en concevant un moteur à combustion interne, qui fonctionne de la même manière qu’un moteur essence ou diesel. En revanche, ce moteur a été spécialement conçu pour prendre en compte les particularités de l’hydrogène, à savoir une très grande plage d’inflammabilité, une tendance à chauffer rapidement ou encore des risques de pré-allumage.

Pour l’heure, la propulsion hydrogène n’est pas adaptée à des navires de plus grande taille ou de plus grande autonomie, car le stockage de l’hydrogène reste un défi à surmonter. Dans des conditions atmosphériques normales, l’hydrogène affiche un très petite masse volumique, ce qui le rend difficile à stocker et transporter. Pour résoudre ce problème, il existe trois solutions : le refroidir à -254°C pour le liquéfier, le comprimer à plus de 350 bar, ou le stocker sous forme d’ammoniac. Ces trois pistes sont étudiées, mais soulèvent de nombreux défis techniques.

 

 

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Reçu — 2 août 2026 Révolution Énergétique

Hyper électrification de la France : ce député propose 29 solutions pour y parvenir

2 août 2026 à 05:28

Une trentaine de recommandations élaborées sur mission du gouvernement, Raphaël Schellenberger a livré le fruit de mois de travail pour faire décoller la consommation d’électricité et tenter de se passer progressivement des énergies fossiles.

Le réseau électrique doit-il servir en priorité les usines plutôt que les datacenters ? C’est une des questions que s’est posées le député de droite mais non inscrit Raphaël Schellenberger, dans son rapport remis au Premier ministre. Vingt-neuf recommandations pour accélérer l’électrification de l’industrie française que nous avons décortiquées.

Il part d’un constat qui justifie qu’aujourd’hui, l’électrification stagne à 37 % dans l’industrie : les technologies existent mais les investissements n’arrivent pas. Tout ce qui a besoin de chaleur est toujours d’origine fossile : sur 210 térawattheures (TWh) consommés en 2021, seulement 15,3 TWh étaient électriques. Pourtant, la moitié des fossiles utilisés dans les procédés qui nécessitent beaucoup de chaleur pourraient être remplacés par de l’électricité avec des technologies qui sont déjà sur le marché.

Pour les secteurs de l’agroalimentaire, la chimie, le papier ou le textile, il propose de créer un fonds de garantie, porté par Bpifrance, et de faciliter le tiers-financement des investissements (où le financeur est aussi l’opérateur et l’industriel achète, par exemple, la vapeur). Il souhaite aussi revoir les aides publiques pour privilégier l’électrification, adapter les taux réduits d’accise lorsque seul un procédé est électrifié et accompagner, avec les chambres de commerce, 10 000 PME au plus vite.

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Équilibrer production d’électricité et électrification à venir

D’autres recommandations portent sur le raccordement. Trente gigawatts (GW) sont actuellement demandés à RTE (trois fois la puissance de l’industrie). Les demandes d’études exploratoires ont elles aussi explosé : 260 en 2019 à plus de 5 300 en 2025.

Comme la file d’attente de batteries, la saturation est plutôt administrative que physique. Des projets ont réservé de la capacité, mais ne sont pas matures pour autant (il pense à l’hydrogène et aux data centers). Le député se prononce donc en faveur d’une réflexion déjà entamée en dehors de ses travaux, qui est le « premier prêt, premier servi » et non plus le premier arrivé. Les projets d’électrification d’usines existantes devraient être prioritaires, dit-il, avec les travaux de raccordement les plus courts.

Toujours sur le réseau, il veut remplacer les Schémas régionaux de raccordement des énergies renouvelables (S3REnR) par des Schémas régionaux de raccordement aux réseaux (S3R), qui prendraient en compte non seulement les nouvelles productions d’électricité mais aussi les futurs besoins de consommation. Les saturations pourraient bouger et un territoire saturé en injection (trop d’énergies renouvelables localement) pourrait accueillir des programmes d’électrification et, au contraire, d’autres territoires qui attendent l’électrification pourraient voir des ENR raccordées à proximité.

Enfin, il dresse une hiérarchie des usages de l’électricité, comme il y a par exemple sur la ressource bois, eau… D’abord, les industries extractives, manufacturières et de transformation avant les services numériques. Dans son viseur : les data centers.

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Reçu — 1 août 2026 Révolution Énergétique

Ils augmentent : voici les nouveaux tarifs de l’électricité au 1er aout 2026

Par : Hugo LARA
1 août 2026 à 04:15

Le 1ᵉʳ aout marque la traditionnelle révision de mi-année du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRV). Cette fois, l’État a décidé d’une hausse de 2,5 % en moyenne du prix du kilowattheure. La faute à une taxe destinée au financement des réseaux électriques, qui augmente. Mais qu’est-ce que cela représente sur votre facture ?

Que votre contrat soit au tarif réglementé ou pas, votre facture d’électricité va connaître une légère majoration à partir du 1ᵉʳ aout. Cette évolution peut sembler étonnante dans un contexte où le prix brut de l’électron reste relativement stable. En réalité, la responsable de cette hausse est une taxe : le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), qui augmente.

Pourquoi le TURPE augmente ?

Représentant près d’un tiers du montant total d’une facture d’électricité, le TURPE s’applique aussi bien à l’abonnement qu’au prix du kilowattheure, avec des montants qui varient selon le type de contrat et la période de l’année. Cette hausse vise à compenser une baisse des recettes d’Enedis et de RTE, ainsi qu’une augmentation des coûts liés à la congestion des réseaux, selon les explications fournies par la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Cette taxe concerne l’ensemble des contrats de fourniture d’électricité, qu’il s’agisse du tarif bleu d’EDF ou des offres de marché, quel que soit le fournisseur choisi. Même les offres à prix fixe garanti sur plusieurs années n’y échappent pas. Rassurez-vous toutefois : cette révision du 1ᵉʳ aout ne devrait pas bouleverser vos dépenses énergétiques, même pour un logement tout-électrique équipé d’une ou plusieurs bornes de recharge pour véhicule.

Voici les nouveaux prix du kilowattheure et des abonnements :

Tarif réglementé au 1ᵉʳ aout 2026 : les nouveaux tarifs du kilowattheure

Option, tranche tarifaire et puissance souscrite

Prix du kWh

au 01/08/26

(€/kWh TTC)

Variation

OPTION BASE

3 et 6 kVA

0,2001

+3,14 %

9 à 36 kVA

0,1985

+3,01 %

OPTION HEURES PLEINES/HEURES CREUSES

Heures pleines

0,2142

+3,73 %

Heures creuses

0,1589

+0,63 %

OPTION TEMPO

Bleu HP 🔵

0,1654

+2,61 %

Bleu HC 🔵

0,1356

+2,34 %

Blanc HP ⚪

0,1921

+2,67 %

Blanc HC ⚪

0,1536

+2,47 %

Rouge HP 🔴

0,7295

+3,33 %

Rouge HC 🔴

0,1615

+2,54 %

OPTION EJP (en extinction)

Heures normales

0,1789

+0,45 %

Heures de pointe mobile

0,4324

+25,70 %

Les anciens tarifs peuvent être consultés sur cet article.

Environ un centime de plus par kilowattheure pour le tarif réglementé

Pour les 60 % d’abonnés français qui bénéficient du tarif réglementé (lequel sert par ailleurs de référence sur le marché) l’augmentation devrait tourner autour d’un centime supplémentaire par kilowattheure. Deux autres changements accompagnent cette révision tarifaire :

➡️ L’option heures pleines/heures creuses devient accessible dès le palier de puissance 3 kVA, alors que seule l’option base y était auparavant proposée.
➡️ Concernant l’option Tempo, les puissances 24 et 30 kVA, jusqu’ici facturées au même tarif d’abonnement, sont désormais différenciées.

À l’exception des heures de pointe mobile de l’option EJP, qui ne peut plus être souscrite, la hausse la plus marquée concerne les heures pleines de l’option heures pleines/heures creuses. Le kilowattheure gagne un peu plus d’un centime en heures pleines, mais reste pratiquement identique durant les heures creuses.

La hausse est assez peu significative, puisqu’elle ne représente que 37 € sur une année pour un logement énergivore, consommant 10 000 kWh dont 60 % en heures creuses. Elle est même imperceptible pour les petits foyers : un appartement consommant 1 000 kWh chaque année en option base ne verra sa facture augmenter que de 6,10 €.

Tarif réglementé au 1ᵉʳ août 2026 : les nouveaux prix de l’abonnement

Puissance souscrite

(kVA)

Base ou HP/HC

(€/mois)*

Tempo

(€/mois)

3

12,13

Non proposé

6

15,86

15,80

9

19,88

19,70

12

23,76

23,50

15

27,40

27,01

18

31,14

30,69

24

39,14

38,21

30

46,47

45,82

36

53,88

53,76

*les puissances de 9 à 36 kVA ne peuvent plus être souscrites en option base

Des abonnements en légère hausse

Concernant la part fixe de la facture, indépendante de la consommation, l’augmentation reste modeste. Pour une puissance souscrite de 12 kVA en option base ou heures pleines/heures creuses, l’abonnement mensuel progresse de 44 centimes, soit 5,28 € supplémentaires sur une année. Un montant qui reste raisonnable au regard des besoins d’entretien et de développement des réseaux électriques.

Seuls les foyers ayant souscrit une puissance très élevée verront leur facture grimper de plus d’un euro par mois. C’est le cas notamment des contrats en 36 kVA sous option Tempo, qui devront s’acquitter de 16,08 € supplémentaires chaque année.

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Les offres de marché restent plus avantageuses

Le tarif réglementé conserve ses adeptes, séduits par la sécurité et la lisibilité qu’il procure, et parfois simplement par réticence à changer de fournisseur. Pourtant, les offres de marché affichent aujourd’hui des tarifs nettement plus compétitifs. Ainsi, pour un foyer consommant 10 000 kWh par an avec un compteur de 12 kVA, le comparateur du Médiateur de l’énergie place en tête l’offre du fournisseur alternatif Primeo Energie.

Le tarif réglementé, lui, ne se classe qu’en sixième position — et encore, il s’agit de l’option Tempo, qui exige une réduction significative de la consommation pendant 22 jours d’hiver en heures pleines. L’écart de prix annuel entre l’offre la plus économique et le tarif réglementé atteint tout de même 100 €.

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Reçu — 31 juillet 2026 Révolution Énergétique

Ces trois projets d’hydrogène bas-carbone qui vont toucher 780 millions d’euros de l’État

31 juillet 2026 à 14:47

Les trois projets HydroZère (Engie Solutions H2), eM-Rhône (Elyse Energy) et FertHySomme (FertigHy) percevront 778 millions d’euros pour concevoir leurs électrolyseurs et produire de l’hydrogène décarboné.

Près de six ans après l’annonce de la stratégie nationale hydrogène, le gouvernement vient de désigner les premiers bénéficiaires du mécanisme de soutien à la production d’hydrogène décarboné par électrolyse. Les projets HydroZère (Engie Solutions H2), eM-Rhône (Elyse Energy) et FertHySomme (FertigHy) se partageront 778 millions d’euros d’aides sur quinze ans, a annoncé le ministère de l’Économie dans un communiqué de presse. Ils représentent 161,4 mégawatts (MW) de capacités d’électrolyse.

En Lozère, HydroZère concevra un électrolyseur de 5 MW sur le site d’ArcelorMittal de Saint-Chély-d’Apcher pour remplacer l’H2 produit par vaporeformage du méthane et alimenter les fours de recuit de l’aciériste. À Salaise-sur-Rhône, en Isère, eM-Rhône est soutenu sur 61,1 MW de son électrolyseur de 210 MW. Cette partie du projet produira environ 50 000 tonnes par an de méthanol bas-carbone pour l’industrie chimique. Ces volumes ne s’adressent pas aux carburants de synthèse pour le transport maritime ou aérien.

Le troisième, FertHySomme (FertigHy) voit sa capacité soutenue à hauteur de 95,3 MW des 200 MW d’électrolyseurs. Elle est destinée à alimenter une nouvelle usine d’engrais azotés bas carbone dans la Somme.

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Une stratégie hydrogène qui a mis du temps à être définie

Le dispositif ne date pas d’hier (2020) mais a réellement été lancé fin 2024. Tout est souvent long à se décider dans l’hydrogène, et c’est maintenant que l’État aide à compenser l’écart de coût entre l’hydrogène produit par électrolyse et celui issu du gaz naturel fossile. Nous écrivions sur le soutien démesuré par rapport à ses effets et les critiques de la Cour des comptes sur l’ancienne trajectoire H2 qui visait les voitures. Désormais, la stratégie est recentrée et l’avenir nous dira si ces électrolyseurs peuvent être économiquement viables.

Sur les dix projets présélectionnés lors de la phase de dialogue concurrentiel, seuls six ont finalement déposé une offre et trois ont été retenus. Le gouvernement n’a pas dévoilé le nom des candidats recalés mais c’est vrai qu’il manque GravitHy. Le soutien de son projet de production de fer préréduit à Fos-sur-Mer alimenté par un électrolyseur de 720 MW ne pouvait pas cumuler cette aide avec le mécanisme de compensation des coûts indirects du carbone destiné aux industries électro-intensives. L’entreprise a déposé, le 23 juillet (lendemain de l’AO), ses demandes de permis de construire et d’autorisation environnementale en espérant être sélectionnée lors d’un deuxième tour.

D’autres comme Verso Energy, Lhyfe ou H2V n’avaient pas candidaté, car les usages destinés à l’export ou aux transports étaient exclus de cette première tranche.

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Cette usine près de Marseille produira 30 flotteurs d’éoliennes chaque année

31 juillet 2026 à 08:33

C’est une excellente nouvelle pour la filière française de l’éolien offshore. BW Ideol et NGE viennent d’annoncer un partenariat pour construire une usine à fondation flottante sur le site dédié de Fos-sur-Mer. L’installation doit être mise en service d’ici 2030. 

Les ports français continuent de s’organiser pour soutenir le développement de l’éolien offshore au large des côtes françaises et même au-delà. Du côté de Port-la-Nouvelle ou de Brest, les aménagements prévus devraient permettre l’assemblage d’éoliennes offshore. À Fos-sur-Mer, la plateforme industrielle DEOS sera principalement dédiée à la fabrication de flotteurs.

D’ailleurs, BW Ideol et NGE envisagent un investissement de 200 millions d’euros pour la construction d’une usine de flotteurs en béton, d’une superficie de 30 hectares pour 400 mètres linéaires de longueur de quai. Cette usine devrait permettre la construction de 30 fondations flottantes par an, soit l’équivalent de 500 MW. Au total, 1300 emplois devraient être créés pour l’occasion.

Il n’est pas impossible que d’autres projets de construction de fondations d’éoliennes émergent sur la plateforme de 120 hectares de Fos-sur-Mer. Si l’ensemble devait d’abord accueillir toutes les étapes de construction et d’assemblage d’éoliennes flottantes, la proximité de la base aérienne 125 d’Istres limite la hauteur des structures sur le site à 190 mètres. On retrouvera donc principalement des infrastructures dédiées aux fondations flottantes d’éoliennes.

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La technologie Damping Pool

Cette nouvelle usine, répondant au nom de Fos3F, permettra la construction de flotteurs de type Damping Pool déjà déployés en France par BW Ideol. C’est cette technologie de flotteur qui équipe Floatgen, la toute première éolienne flottante française située au large du Croisic. Une deuxième unité avait été déployée en 2018 dans la mer du Japon. Ces deux éoliennes, toujours en fonctionnement, affichent une puissance respective de 2 MW et 3 MW.

Ce type de flotteur, construit en acier ou en béton, prend la forme d’un carré avec un puits central. Quand de la houle met le flotteur en mouvement, l’eau située dans le puits se met également en mouvement, mais avec un décalage. C’est ce mouvement d’eau en décalage avec le roulis et le tangage du flotteur qui en réduit les oscillations.

Grâce aux données récupérées avec les deux premiers prototypes, cette technologie a plus récemment été déployée sur le parc EOLMED au large de Port-La-Nouvelle. Ce parc, composé de 3 éoliennes de 10 MW, génère de l’électricité depuis avril dernier.

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Reçu — 30 juillet 2026 Révolution Énergétique

Le coût du soutien aux énergies renouvelables va bondir de 15 % en 2027

30 juillet 2026 à 04:59

La Commission de régulation de l’énergie estime que les charges de service public de l’énergie (CSPE) bondiront de 15 % en 2027. Elles augmentent année après année depuis la fin de la crise des prix.

La facture du soutien de l’État aux énergies renouvelables (ENR) continue sa hausse. Dans une délibération publiée le 20 juillet par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), les prévisions des charges de service public de l’énergie (CSPE) pour 2026 s’élèvent à 12,3 milliards d’euros, et, dès 2027, ces charges devraient atteindre 14,2 milliards d’euros, soit +1,9 milliard (+15,4 %) en un an.

Certes, les charges avaient été moins élevées qu’anticipé lors du même exercice, il y a un an, en 2026. L’anticipé (6,79 milliards) est plus élevé que le corrigé (6,24 milliards), notamment grâce à la diminution des primes versées aux installations photovoltaïques sous les arrêtés tarifaires S17 et S21.

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Le soutien au biométhane moins coûteux grâce aux prix élevés du gaz

Le soutien au biométhane coûte lui aussi moins cher qu’anticipé. La hausse des prix du gaz augmente en effet les revenus tirés de la vente du biométhane sur les marchés, réduisant mécaniquement la compensation versée par l’État. Le soutien aux ENR est un contrat pour différence : un tarif cible est garanti, la production est vendue sur le marché et l’État vient combler ou récupérer la différence entre le tarif cible et le prix de marché si le prix est inférieur ou supérieur respectivement. Il ne coûtera finalement pas 1,74 mais 1,57 milliard d’euros.

Malgré ces provisions plus élevées et corrigées, les CSPE sont en augmentation régulière, particulièrement avec la hausse des renouvelables soutenus et déployés.

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Limiter les heures à prix négatifs pour économiser

Et le rythme est plutôt à une augmentation de la CSPE même si le mode de rémunération et son montant essaient de les faire baisser. C’est parce que les volumes ENR augmentent. En 2025 : 75 térawattheures (TWh) sous appel d’offres ou obligation d’achat, 89 TWh en 2026 et 98,7 TWh en 2027. En deux ans, 24 TWh supplémentaires seraient soutenus par l’État.

Le biométhane se met, lui aussi, à augmenter ses charges. +263 millions d’euros en 2027 avec des prix du gaz en baisse et des volumes de biométhane en hausse. Des économies de CSPE pourraient venir, selon la CRE, des épisodes de prix négatifs à moins compenser. Obliger d’arrêter leur production lorsque les prix de marché sont négatifs permettrait d’économiser 100 millions d’euros par an. Comme les 26 avril et 1ᵉʳ mai 2026 où les prix spot ont atteint -500 €/MWh sur certaines heures et où l’État aurait perdu 40 millions d’euros.

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