Vue normale

Reçu — 18 novembre 2025 Révolution Énergétique

Voici la première autoroute électrique à induction au monde, et elle est française

18 novembre 2025 à 14:40

L’électrification de la consommation d’énergie est aujourd’hui le principal chemin par lequel nous entendons décarboner l’économie et gagner en souveraineté énergétique. Dans le secteur des transports, elle se heurte toutefois à l’autonomie des batteries, et aux vastes quantités de ressources que nécessite la production de ces dernières. C’est sans compter sur la recharge par induction par la route elle-même, qui promet d’augmenter l’autonomie sans faire enfler la taille des batteries ni la durée des arrêts-recharge.

Les travaux ont commencé le 6 janvier 2025 sur une portion de l’autoroute A10, dans l’Essonne. Ils ont consisté à installer des bobines électriques sous la chaussée de la voie de droite, et ce sur un tronçon de 1,5 km. L’installation du système a duré environ quatre mois.

Une fois alimentées en courant électrique, ces bobines émettront un champ électromagnétique. Ce dernier pourra être capté par les très rares véhicules compatibles dotés de bobines réceptrices, alors même qu’ils circuleront sur la chaussée, le transformant en électricité. L’électricité pourra ensuite alimenter à la fois le moteur et la batterie, permettant ainsi de gagner en autonomie. Avec des bénéfices importants : les temps d’arrêt pour rechargement pourront être réduits, voire éliminés, et la batterie à embarquer pourra être de moindre capacité. C’est toute la promesse de la recharge dynamique par induction.

À lire aussi Autoroute électrique : voici les milliers de bobines qu’il faut placer sous la chaussée

Place aux essais sur le tronçon pilote de l’A10

Une fois les travaux sur l’A10 terminés, l’installation a pu être testée. Vinci a dernièrement communiqué sur le succès de l’expérimentation. Le 22 octobre dernier, en effet, un camion électrique a pu se recharger par induction, tout en circulant sur la portion d’autoroute. La puissance électrique transférée a été en moyenne de 200 kW, voire jusqu’à 300 kW en instantané. Le système permettrait ainsi de gagner un kilomètre d’autonomie par kilomètre parcouru pour un poids lourd. Un gain qui pourrait s’élever jusqu’à 3 km pour un véhicule léger.

La recharge dynamique par induction a déjà fait l’objet de plusieurs expérimentations en France et dans le monde. Ainsi, en 2017, Renault, en partenariat avec Qualcomm et VEDECOM, avait pu tester un véhicule récupérant 20 kW jusqu’à 100 km/h. Le projet de Vinci, quant à lui, est le premier au monde équipant une autoroute. Une solution qui mérite que l’on s’y intéresse, dès lors que l’on considère l’explosion du besoin en transport par camion, pour les besoins des professionnels, ou simplement pour les colis des particuliers – un sujet pour le moins d’actualité alors que la plupart des sites en ligne affûtent leurs offres pour le Black Friday.

L’article Voici la première autoroute électrique à induction au monde, et elle est française est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

À peine lancée, cette giga batterie à 500 millions d’euros subit une panne monstrueuse

18 novembre 2025 à 10:50

Construite sur le site d’une ancienne centrale au charbon, la batterie stationnaire (BESS) de Waratah est le fleuron de la transition énergétique en Australie. D’une capacité de 1680 MWh, et d’une puissance de 850 MW, elle était la batterie la plus puissante du monde. Elle avait démarré en août dernier, et devait être pleinement opérationnelle à fin 2025. Jusqu’à cette énorme panne.

La nouvelle est tombée mi-novembre. L’Australian Financial Review (AFR) annonce que l’un des transformateurs du site de stockage de Waratah a subi une « défaillance catastrophique ». Un deuxième transformateur a également été mis à l’arrêt et devra probablement lui aussi être remplacé. La batterie était équipée de trois transformateurs, ce qui permettra aux 2592 batteries LFP de continuer à fonctionner, mais pour une puissance totale réduite, à hauteur de 350 MW.

Cette défaillance majeure n’est pas sans impact sur le réseau électrique australien. Ce dernier, en effet, est construit sur un territoire immense – l’Australie est un continent à elle toute seule – et il en résulte un réseau peu robuste et des interconnexions quasi inexistantes avec d’autres pays. Et la batterie stationnaire de Waratah, située non loin de Sydney en Nouvelle-Galles du Sud, devait être un maillon clé de la transition énergétique en Australie.

À lire aussi Pourquoi toutes les centrales solaires ne sont pas équipées de méga batteries ?

La difficile atteinte d’un équilibre pour le réseau australien

La batterie participait en effet à un vaste plan de remplacement des centrales au charbon australiennes (le Electricity Infrastructure Investment Act), et était destinée à absorber les variations de production des sources d’énergie renouvelables, à stabiliser les prix de l’électricité, ainsi qu’à protéger le réseau vis-à-vis des autres aléas (incendies, orages, …). À ce titre, elle avait été qualifiée de « Giant shock-absorber » (absorbeur de choc géant).

Le remplacement rapide des deux transformateurs accidentés sera difficile, car il s’agit d’un marché très tendu. Les délais de fourniture peuvent dépasser un an. De sorte que les gestionnaires de l’installation n’estiment pas possible un retour à la capacité maximale de la batterie avant 2026. Les autorités, quant à elles, se montrent plutôt rassurantes et n’envisagent pour le moment de modifier le calendrier de la transition énergétique. Dont en particulier l’arrêt programmé de la centrale au charbon d’Eraring (2880 MW), en 2027 – dont la fermeture avait déjà été repoussée.

L’article À peine lancée, cette giga batterie à 500 millions d’euros subit une panne monstrueuse est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

❌