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Reçu — 23 novembre 2025 Révolution Énergétique

Pourquoi Elon Musk veut expédier 100 GW de panneaux solaires dans l’espace chaque année ?

23 novembre 2025 à 16:17

Elon Musk est un habitué des annonces fracassantes. Certaines se vérifient, d’autres non. Certaines sont proprement vertigineuses. Dont cette annonce : celle de placer en orbite des datacenters alimentés par un gigantesque réseau de centrales solaires.

Commençons par quelques éléments de contexte. Tout d’abord, du côté de la société spatiale SpaceX, qui poursuit le développement du Starship. Il s’agit de la fusée la plus puissante du monde, et récemment, elle a fait parler d’elle pour son mode de récupération au sol, qui est pour le moins original. L’objectif de cette fusée est de réduire de plusieurs ordres de grandeur les coûts de mise en orbite de satellites, en se basant notamment sur la réutilisation du lanceur et un effet de volume radical.

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Des datacenters spatiaux alimentés au solaire

Par ailleurs, nous observons une explosion des besoins énergétiques des modèles d’intelligence artificielle (IA), dont celle, par exemple, qui équipe le système de navigation autonome des véhicules Tesla. L’Agence internationale de l’énergie (IEA) estime les besoins des datacenters à pas moins de 945 TWh en 2030.

C’est au cours d’un entretien avec Ron Baron, fondateur de Baron Capital, que Musk a dévoilé un plan en cours d’étude à SpaceX : la possibilité d’envoyer jusqu’à 100 GW par an de capacité de production solaire en orbite, avec pour finalité d’alimenter des datacenters et des systèmes d’IA. Le concept s’appuie sur la fusée Starship, et les évolutions futures du réseau de satellites Starlink. Musk l’assure : « Nous avons un plan pour y parvenir. ». Ce n’est certes pas la créativité qui manque chez le fondateur de SpaceX et de Tesla, ainsi qu’au sein de ses équipes.

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L’IA spatiale : une surenchère ?

Le solaire spatial est une vieille idée, qui remonte aux années 1970, et qui fait toujours l’objet d’études aujourd’hui. La proposition évoquée par Musk a le mérite de lever une difficulté importante de ces systèmes : la transmission de l’énergie au sol par des faisceaux d’ondes électromagnétiques. Si l’énergie est utilisée dans l’espace pour des datacenters, ce problème est levé, puisque ce sont des données, et non de l’énergie brute, qui seraient transmises. Certains observateurs relèvent toutefois une difficulté d’un autre ordre : dans le vide, il est difficile d’évacuer la chaleur. Or les datacenters en produisent beaucoup – certains constructeurs envisagent même de les placer dans les océans pour cette même raison.

Un projet fou ? Oui, Musk le dit lui-même : « C’est complètement fou. ». Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une idée qui a le vent en poupe. Jeff Bezos, patron d’Amazon et de la société spatiale Blue Origin, l’avait lui même évoquée un mois plus tôt. De ce qui pourrait ressembler à une guerre de la surenchère, nous verrons bien ce qu’il subsistera au final.

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Aussi puissante qu’un réacteur nucléaire : la première giga batterie européenne se profile

23 novembre 2025 à 06:02

Les batteries géantes veulent s’imposer comme la nouvelle colonne vertébrale du stockage électrique en Europe. Le Vieux Continent s’apprête d’ailleurs à accueillir sa toute première installation de batteries à l’échelle du gigawatt.

Cette future installation est annoncée comme « le plus grand projet de stockage d’énergie par batteries d’Europe ». Le mastodonte sera développé par l’énergéticien allemand LEAG Clean Power à Jänschwalde, près de la frontière polonaise. Il couvrira 10 hectares, soit l’équivalent de 12 terrains de football, et abritera plus de 500 batteries géantes SmartStack (7,5 MWh chacune), fournies par la société Fluence. L’ensemble constituera la « GigaBattery Jänschwalde 1000 », une installation de 1 GW de puissance et 4 GWh de capacité, capable d’alimenter environ 1,6 million de foyers allemands pendant quatre heures.

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Une capacité plus grande que celle du parc allemand entier

Cette année, le gouvernement avait réaffirmé l’importance du stockage énergétique pour garantir la sécurité du système électrique national. LEAG et Fluence entendent donc répondre à cette demande avec un projet dont la seule capacité dépasse celle de tout le parc de batteries à grande échelle existant dans le pays. À l’heure actuelle, l’Allemagne totalise en effet environ 3,2 GWh de systèmes installés.

Le plus grand dispositif en service à ce jour est la centrale d’Eco Stor, mise en service cet été à Bollingstedt (Schleswig-Holstein), avec 103 MW de puissance et 238 MWh de capacité. D’autres projets sont en préparation, mais aucun n’approche encore l’envergure de celui prévu à Jänschwalde.

La centrale devrait être achevée entre 2027 et 2028. « Ce sera une question de mois », assure Lars Stephan, de Fluence, en comparant ce chantier aux six années nécessaires pour construire la plus grande STEP du pays, d’une puissance équivalente, mais d’une plus grande capacité (8,48 GWh).

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Un sous-projet du GigawattFactory

La GigaBattery s’inscrit dans le projet GigawattFactory porté par l’énergéticien LEAG. Il s’agit d’une vaste initiative de transition énergétique destinée à transformer la région minière de la Lausace (Allemagne) après la sortie du charbon. Ce grand projet prévoit un ensemble cohérent de parcs solaires, d’éoliennes, de batteries géantes et d’infrastructures dédiées à l’hydrogène vert. L’objectif : produire d’importantes quantités d’électricité renouvelable et la rendre disponible à tout moment grâce au stockage et à des centrales flexibles. « Ce projet nous permet d’alimenter un nouveau moteur de croissance pour notre GigawattFactory », s’est réjoui Adi Roesch, PDG du groupe LEAG.

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