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Reçu — 6 janvier 2026 Révolution Énergétique

Comment EDF veut augmenter la puissance de ses vieux réacteurs nucléaires

6 janvier 2026 à 15:05

Faire du neuf avec du vieux. C’est, en résumé, ce qu’EDF compte faire avec son parc nucléaire français, en attendant la construction puis la mise en service des futurs EPR2. Si les réacteurs de 900 MWe sont visés, ceux de 1300 MWe pourraient également être modernisés. 

EDF s’est fixé l’ambitieux objectif de produire 400 térawattheures (TWh) d’électricité par an d’ici 2030. Mais pour y parvenir, il ne pourra pas compter sur ses futurs EPR2, qui ne devraient pas être mis en service avant 2038. Heureusement, Bernard Fontana, président de l’énergéticien national, a un plan : augmenter la puissance des plus anciens réacteurs nucléaires français, qui plafonnent actuellement à 900 mégawatts électriques (MWe). Il a ainsi fait valider un plan d’investissement auprès du Conseil d’administration, visant à augmenter la puissance de 11 de ces réacteurs.

Ici, pas question de toucher à l’îlot nucléaire. L’opération consiste à remplacer les ailettes des turbines pour obtenir une meilleure conversion chaleur/électricité. Cette optimisation de l’arbre du groupe turboalternateur devrait permettre une hausse de puissance de l’ordre de 35 MWe par réacteur. Les travaux devraient être confiés à Arabelle Solutions.

Ce retrofit n’est pas une nouveauté. Entre 1999 et 2015, EDF a déjà réalisé ce type de travaux sur 9 des 18 réacteurs du palier CP1, engagé en 1974. Après 2015, EDF n’avait pas pu poursuivre la modernisation de ses turbines à cause de l’adoption de la loi de transition énergétique pour la croissance verte, qui limitait la puissance du parc nucléaire français à 63,2 GW. Finalement, l’abrogation de cette loi en 2022 a permis à EDF de retravailler sur le sujet.

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La même chose pour les réacteurs de 1300 MWe ?

Si ce type d’opération n’est possible que pour les réacteurs de 900 MWe, EDF envisage également d’optimiser la puissance des réacteurs de 1300 MWe. Beaucoup plus complexe, l’opération consiste à intervenir sur la puissance thermique de la chaudière, afin de délivrer plus d’eau chaude et donc transmettre plus de vapeur aux turbines. On parle d’une augmentation de puissance de 300 MWth, pour un gain d’environ 90 MWe.

Les conséquences de cette modification de chaudière sont plus importantes que le simple changement d’ailettes. De ce fait, il faudrait mettre en place une nouvelle gestion du combustible pour maintenir une campagne de rechargement tous les 18 mois. Si le projet va plus loin, il nécessitera une collaboration avec l’ASNR.

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Pourquoi il n’y a plus d’aides MaPrimeRenov’ depuis le 1er janvier ?

6 janvier 2026 à 09:55

La nouvelle année commence mal pour la rénovation énergétique. Faute de budget voté, le programme MaPrimeRenov’ est suspendu pour une durée indéterminée.

Depuis le 1ᵉʳ janvier, le dispositif d’aide à la rénovation MaPrimeRenov’ est suspendu pour une durée indéterminée. Cette nouvelle a été annoncée par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun sur France 3. « Je l’avais dit : pas de budget, pas de guichet », avait-il déclaré. Pourtant, une loi devrait bel et bien être votée pour combler l’absence de budget pour la nouvelle année. Mais cette loi ne concerne que les dépenses contractuelles, ce qui exclut MaPrimeRenov’.

Cette mauvaise nouvelle ne fait que rallonger la liste des difficultés rencontrées autour du dispositif. Déjà, l’année 2025 avait mal commencé puisque les dossiers traités après le 1ᵉʳ janvier 2025 avaient connu des retards de versement. Si le premier semestre 2025 s’était déroulé correctement, la situation s’est compliquée à partir de l’été avec un premier arrêt temporaire du guichet par manque de budget. Le dispositif avait bien été relancé à l’automne, mais avec des conditions d’attribution drastiques et un plafond maximal rabaissé.

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L’État privilégie les rénovations d’ampleur

Pour l’année 2026, l’incertitude est de mise. On parle d’un budget de 4,4 milliards d’euros de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) et d’un objectif de 120 000 rénovations performantes. Mais dans les faits, 80 000 dossiers sont déjà en attente.

Plus que jamais, le programme devrait viser les rénovations d’ampleur, même si elles sont compliquées à mettre en œuvre du fait des nombreuses conditions à remplir. La liste des travaux éligibles aux subventions de type « monogeste » continue de se réduire. En 2026, il ne sera plus possible d’en profiter pour isoler les murs par l’intérieur ou l’extérieur, ou pour installer une chaudière biomasse.

Il se murmure que dans les mois à venir, l’Anah ne détiendra plus l’exclusivité de l’instruction et de la gestion des dossiers de rénovation d’ampleur. Ce changement pourrait simplifier l’accès aux aides avec des gestions plus fluides, et des délais raccourcis.

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