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Reçu — 19 janvier 2026 Révolution Énergétique

Nucléaire : un excès de sel marin à l’origine de l’arrêt de la centrale de Flamanville

Par : Hugo LARA
19 janvier 2026 à 15:31

Depuis le passage de la tempête Goretti le 9 janvier, la centrale nucléaire de Flamanville est à l’arrêt forcé, privant EDF d’environ 3 GW de puissance en plein pic hivernal. En cause : non pas la tempête elle-même, mais une « forte présence de sel marin arrivé via les embruns » qui a provoqué un effet domino sur l’ensemble du site cotentinois, explique l’énergéticien.

Dans la nuit du 8 au 9 janvier, le réacteur n°1 s’est retrouvé déconnecté du réseau au passage de la tempête Goretti. La cause est désormais connue : une concentration importante de sel marin a perturbé les isolateurs reliant les transformateurs à la ligne haute tension dédiée au réacteur. Ne pouvant plus évacuer sa production, celui-ci a été mis à l’arrêt complet le 10 janvier par sécurité, détaille EDF par communiqué.

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Un enchaînement de malchances

Plus insolite encore : l’arrêt de l’EPR (réacteur n°3) résulte d’un enchaînement indirect. Le réacteur n°2, pourtant arrêté pour maintenance programmée, a vu son transformateur auxiliaire également saturé d’embruns salés. Cette défaillance a coupé l’alimentation du transformateur auxiliaire de l’EPR qui, combinée à l’indisponibilité d’un diesel de secours lui aussi en maintenance, a contraint EDF à arrêter par précaution le fleuron nucléaire national.

Ce contretemps tombe au pire moment : il prive l’électricien de 4,8 % de sa capacité nucléaire nationale durant la période de forte consommation hivernale. Pour l’EPR, l’enjeu est d’autant plus critique qu’il ne dispose plus que de neuf mois pour achever ses essais avant une mise sous cocon d’un an, nécessaire au remplacement du couvercle défectueux de sa cuve. Les deux réacteurs devraient redémarrer début février, après intervention des équipes d’EDF, Mastergrid et RTE.

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L’énergie solaire a boosté la production électrique européenne en 2025

19 janvier 2026 à 15:04

Le lobby de l’électricité, Eurelectric, considère 2025 comme une année record pour le photovoltaïque, mitigée par l’ombre de l’éolien, de l’hydro et de la demande électrique.

Comme chaque année, Eurelectric, le lobby européen de l’électricité, publie son bilan. Pour commencer par une bonne note, le solaire a le pied sur l’accélérateur. La production photovoltaïque a atteint 340 TWh, c’est 12,5 % de l’électricité totale de l’UE, un record. Pour imaginer ce que cela représente, la hausse par rapport à 2024 dépasse les 60 térawattheures (TWh), c’est l’équivalent de ce que consomme le Portugal sur une année entière.

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Le solaire brille, les autres modes de production un peu moins

Mais la progression du solaire, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. L’hydroélectricité a reculé de 13 %, l’éolien de 4 %. Le nucléaire et les centrales à combustibles fossiles se sont maintenus une production stable au niveau européen. Au niveau français, c’est -15,8% pour l’hydro et +3% pour le nucléaire.

Sur les marchés, la montée du solaire participe à décorréler un peu plus chaque année les prix de l’électricité des coûts du gaz et du charbon. En 2025, les prix moyens ont dépassé le coût de production au gaz pendant seulement 32 % des heures, c’était 74 % en 2019. Autrement dit, l’électricité produite par les renouvelables commence à influencer le marché et faire baisser les prix, décarbonant le mix électrique et limitant la formation des prix à la volatilité du gaz (dont l’exemple européen nous a montré que la guerre en Ukraine peut faire monter les prix en flèche).

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La faible demande en électricité, un problème européen

Une autre ombre, celle dont on parle beaucoup en ce moment et sur laquelle le gouvernement français planche : la demande en électricité. La consommation européenne est restée environ 7 % en dessous des niveaux de 2021, il n’y a pas vraiment de signal d’électrification, la sobriété et l’efficacité gagnant sur l’électrification.

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2050 ou 2150 : lequel de la Chine ou des USA atteindra le 100 % énergies renouvelables en premier ?

19 janvier 2026 à 05:25

Tous les pays du monde se sont engagés dans une transition énergétique visant à ramener à zéro leurs émissions. Le tout à des vitesses très variables. Des chercheurs font le point.

Notre monde doit éliminer au plus vite ses émissions liées à sa production d’énergie. Ses émissions non seulement de dioxyde de carbone (CO2), mais aussi de particules. Car les premières sont responsables à hauteur de près de 80 % d’un réchauffement climatique qui deviendra bientôt insoutenable. Et les secondes endossent 90 % de la responsabilité pour environ 7,5 millions de morts prématurées chaque année dans le monde.

L’objectif est donc clairement défini. Transitionner vers une énergie 100 % propre et renouvelable. Pourtant aucune étude n’avait, jusqu’ici, projeté de calendrier de réalisation de cet objectif pour chaque pays du monde en fonction à la fois de sa production d’énergie bas carbone actuelle et du taux auquel celle-ci augmente. C’est la tâche à laquelle s’est attelée une équipe de l’université de Stanford (États-Unis).

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Beaucoup de pays en retard sur la décarbonation de leur énergie

Les experts en génie civil et énergie ont étudié 150 pays. Parmi eux, sept sont en bonne voie pour atteindre le 100 % renouvelable avant 2050. Presque tous en Europe : le Portugal, la Suisse, la Norvège, la Grèce, la Lituanie et l’Estonie ainsi que le Laos — qui l’a atteint en 2025. En France nous pourrions avoir à patienter jusqu’en 2094. Mais cela reste positif si l’on considère que le Canada ou le Japon ne devraient pas remplir l’objectif avant… 2300 !

Toutefois, la « conclusion la plus importante et la plus encourageante » de l’étude est à chercher du côté de la Chine. Le premier consommateur d’énergie au monde opère actuellement une transition à un rythme soutenu qui pourrait lui permettre de ramener à zéro ses émissions de CO2 et de polluants atmosphériques d’ici 2052. Le tout grâce à la quasi-électrification de tous les secteurs de l’énergie. En 2025, l’augmentation de sa production d’énergies renouvelables était vingt fois supérieure à la plus forte augmentation de la production nucléaire enregistrée en France. C’était en 1981.

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De la Chine aux États-Unis, des conclusions en demi-teinte

Aux États-Unis, la situation est très différente. Si le pays maintient son rythme actuel de transition, il pourrait bien ne pas être en mesure d’atteindre le 100 % renouvelable avant 2128. Compte tenu des progrès affichés par la puissance chinoise, les chercheurs estiment que « les principaux obstacles » à un développement des énergies renouvelables aussi important aux États-Unis qu’en Chine « sont d’ordre social et politique, et non technique ou économique ». Parmi les secrets de la Chine mentionnés par les experts de l’université de Stanford : ne pas perdre son temps — et son argent — dans des projets de type captage — en sortie d’usine ou direct dans l’air — de CO2, hydrogène bleu ou production de biocarburants.

Reste à voir si, comme l’espèrent les chercheurs, leurs résultats aideront à accélérer la transition mondiale. Parce qu’ils donnent des exemples de pays qui réussissent une transition rapide. Parce qu’ils stimuleraient la concurrence internationale. Et parce qu’en révélant les progrès réellement accomplis, ils encourageraient les efforts de chacun. Le calendrier établi par les experts de Stanford devrait en tout cas servir à aider les pays à mieux se préparer à ce qui les attend en matière de pollution et de dommages climatiques.

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