Vue normale

Reçu — 3 février 2026 Révolution Énergétique

Guider l’électricité par le son : l’étonnante découverte d’une université espagnole

3 février 2026 à 15:19

Nous sommes en 2026, et toujours, les sciences physiques ont quelque chose à nous apprendre ! Et c’est à propos du lien entre l’électricité et le son que ces chercheurs d’Espagne, de Finlande et du Canada ont fait une découverte surprenante.

« Nous avons observé ce phénomène il y a plus d’un an, puis il nous a fallu des mois pour le maîtriser, et encore plus longtemps pour trouver une explication » déclare le Docteur Asier Marzo, de l’université publique de Navarre, à Pampelune en Espagne. Le phénomène en question ? L’influence d’ultrasons sur la trajectoire d’un arc électrique.

Les arcs électrique sont aujourd’hui largement utilisés, dans des domaines aussi divers que la soudure, l’alimentation de composants électroniques, pour la désinfection ou encore l’allumage de moteurs à combustion. Mais leur trajectoire est, en pratique, difficile à maîtriser. Pour ce faire, la technologie suivait jusque-là la piste des lasers, par la technique dite des « électrolasers ». Mais ces derniers étaient difficiles à contrôler – la synchronisation est alors cruciale – et pouvaient poser des problèmes de sécurité.

À lire aussi Transmission d’électricité par laser : un nouveau record de distance battu

Jouer avec la densité de l’air

Mais un effort de recherche conjoint mené par des scientifiques d’Espagne, de Finlande et du Canada, a montré que les ultrasons permettaient de concentrer, voire de guider un arc électrique. Et leurs essais s’avèrent assez impressionnants : l’arc peut être concentré et transformé en ligne droite, une orientation particulière peut lui être donnée, puis alternée, et enfin il est possible de lui imposer des trajectoires courbes permettant d’éviter des obstacles.

Ce phénomène se produit du fait de l’échauffement de l’air produit par l’arc électrique. L’air ainsi chauffé se dilate et voit sa densité diminuer. Cet air chaud et peu dense est ensuite guidé par les ultrasons là où leur intensité est la plus forte – après tout, un son n’est-il pas une vibration de l’air ? L’arc électrique se dirige ensuite là où l’air est le moins dense, du fait d’une tension de claquage plus faible dans ces régions. Et, de proche en proche, l’arc est ainsi guidé.

Les applications sont nombreuses : alimentation sélective de différents circuits électroniques, sciences atmosphériques ou encore recherche en biologie et en médecine. Les chercheurs envisagent même un contrôle tactile d’un genre particulier, qui permettrait, pour les personnes aveugles, une lecture du Braille sans contact, en orientant alternativement de petits arcs électriques vers l’extrémité des doigts.

L’article de recherche, publié dans la revue Science Advances est disponible en source ouverte. Par ailleurs, le communiqué de presse de l’université d’Helsinki propose une très intéressante vidéo du phénomène.

L’article Guider l’électricité par le son : l’étonnante découverte d’une université espagnole est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

L’Europe veut faire de la Mer du Nord le plus grand parc éolien au monde

3 février 2026 à 07:03

Dans un monde en pleine tourmente, l’Europe fait front commun et vient confirmer sa stratégie pour faire de la mer du Nord le plus grand parc éolien offshore au monde. Objectif : 300 GW d’ici 2050. 

Berceau de l’éolien offshore, en ayant compté parmi les premières éoliennes en mer dès les années 90, la mer du Nord compte aujourd’hui pas moins de 6000 turbines tournant au gré du vent. Et cela pourrait n’être que le début. Lors de la troisième édition du Sommet de la mer du Nord, 9 États européens ont déclaré viser l’installation de 100 GW de parcs éoliens via des projets conjoints. Cette annonce s’est concrétisée avec la signature de la « Déclaration de Hambourg » par les 9 pays. Ces projets hybrides seront raccordés à plusieurs pays ou à d’autres parcs transfrontaliers.

Dans le même temps, les pays européens ont réaffirmé l’objectif déjà fixé lors de la précédente édition, de déployer 300 GW d’éolien en mer d’ici 2050, et de faire de la mer du Nord « le principal pôle de l’énergie propre au monde ». Pour atteindre une telle puissance, une cadence de 15 GW installés par an a été évoquée entre 2031 et 2040. Pour répondre à ces objectifs, des investissements de l’ordre de 10 milliards d’euros de la part des industriels ont été évoqués.

À lire aussi En 2030, la Mer du Nord sera la plus puissante centrale d’énergie verte d’Europe

Enfin un sursaut de l’Europe ?

Pour éviter de potentiels nouveaux échecs lors de appels d’offres, chaque projet devra faire l’objet d’un Contract for Difference bilatéral. Cette uniformisation du modèle économique devrait donner plus de visibilité à une filière en demande de stabilité. Qui dit production d’énergie dit infrastructures stratégiques. Le Sommet de la mer du Nord a également évoqué la sécurité de cette mer située au cœur de l’Europe. Les différents pays signataires de la Déclaration de Hambourg ont ainsi souligné l’importance pour l’industrie de développer de détection et de surveillance de potentielles menaces. L’OTAN était également présent lors du Sommet.

Le monde subit actuellement des tensions extrêmes dans lesquelles l’énergie joue un rôle stratégique. Alors que les États-Unis bousculent sévèrement le secteur de l’éolien et plus globalement des énergies renouvelables, la Chine inonde le monde de ses technologies et de son savoir-faire en la matière. Entre les deux, l’Europe paraissait en retard, subissant notamment la grande instabilité du secteur de l’éolien. Cette déclaration conjointe, associée à une prise de position forte concernant le Groenland, pourrait constituer l’étincelle d’un sursaut européen plus que nécessaire, notamment pour tout ce qui touche à la transition énergétique.

 

 

L’article L’Europe veut faire de la Mer du Nord le plus grand parc éolien au monde est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

❌