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Reçu — 16 février 2026 Révolution Énergétique

Déchets nucléaires : un ingénieur de l’Andra visé par une bombe artisanale à son domicile

Par : Hugo LARA
16 février 2026 à 15:27

Un dispositif explosif a été neutralisé sur la propriété d’un ingénieur de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) impliqué dans le projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure. L’acte a été revendiqué par une surprenante « Commission Informelle pour la Promotion des Contes d’Hivers qui Finissent Bien ».

Un engin incendiaire de faible intensité, destiné à déclencher l’explosion de cartouches de gaz, a été désamorcé proche de la résidence d’un ingénieur de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) à Liffol-le-Grand, dans les Vosges. Cette tentative d’attentat a été revendiquée par des opposants anonymes au projet Cigéo, qui prévoit l’enfouissement de déchets hautement radioactifs à 500 m de profondeur dans les sous-sols argileux de Bure (Meuse).

La bombe désamorcée était positionnée à proximité d’un cabanon sur la propriété de l’ingénieur, selon Cyril Vidot, le maire de Liffol. Qualifiée de « mafieux du nucléaire » dans un texte publié par les auteurs autoproclamés de l’attaque, cette personnalité haut placée avait déjà été visée par un jet de farine et des tags sur sa maison. Patrice Torres, directeur industriel de l’Andra, a condamné cette attaque, soulignant la gravité de la menace portée aux personnes et à leur domicile privé.

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Les opposants de Stop Cigéo dénoncent les violences

L’ingénieur et l’Andra ont immédiatement déposé plainte. De son côté, la coordination d’opposants Stop Cigéo a dénoncé les violences en précisant qu’elle ne cautionne pas les agressions contre des individus. Pour rappel, le projet Cigéo prévoit d’enfouir à grande profondeur dans une couche géologique jugée très stable environ 83 000 m³ de déchets nucléaires à haute radioactivité, avec une mise en service prévue entre 2035 et 2040. Le dossier suscite toujours une forte opposition locale et nationale.

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Ce simulateur montre les gigantesques surfaces à cultiver pour produire du kérosène bas-carbone

Par : Hugo LARA
16 février 2026 à 11:58

Décarboner l’aviation est probablement l’un des défis les plus complexes que l’humanité doit relever. L’une des solutions actuellement privilégiées est l’utilisation de kérosène non fossile, produit avec des huiles végétales, des algues ou synthétisé à partir d’énergie photovoltaïque et de dioxyde de carbone. Certaines de ces alternatives nécessitent d’immenses surfaces au sol, qui peuvent désormais être visualisées grâce à un simulateur en ligne créé par un ingénieur indépendant.

« Avec des carburants d’aviation durables conventionnels produits à partir de maïs ou soja, vous aurez besoin d’un champ de la taille de l’Inde ». Le décor est planté par Antoine Pietri, un ingénieur logiciel français, à l’origine d’un simulateur qui indique l’emprunte au sol des sustainable aviation fuels (SAF), ces kérosènes alternatifs qui doivent verdir le trafic aérien. Ils représentent le seul espoir à court et moyen terme pour réduire les émissions de CO₂ de l’aviation, les batteries n’étant pour l’instant pas adaptées, à quelques exceptions près.

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Des impacts radicalement différents selon le carburant alternatif choisi

Toutefois, remplacer le kérosène fossile, abondant et bon marché, par des carburants d’origine végétale ou synthétique est loin d’être gagné d’avance. Il existe d’ailleurs une multitude de façons de les produire : à partir de colza, de maïs, d’huile de palme, de soja, de canne à sucre, de jatropha (une plante tropicale), d’algues ou en combinant de l’hydrogène produit avec de l’électricité solaire avec du CO₂ récupéré de cheminées industrielles.

Chacune de ces solutions nécessite une emprise au sol radicalement différente. Si le SAF fabriqué avec du colza ou du maïs imposerait d’immenses surfaces, le SAF synthétisé avec de l’électricité renouvelable et du dioxyde de carbone capté à la source se contenterait de nettement moins d’espace.

Tout cela paraissait bien abstrait avant la mise en ligne du simulateur « SAF footprint calculator » d’Antoine Pietri. Très simple à utiliser, il permet de s’apercevoir des terres nécessaires à chaque type de SAF, mais aussi de son coût, à différents niveaux. L’on peut estimer la surface monopolisée par un trajet simple ou aller-retour à l’échelle d’un seul passager (la distance parcourue est ajustable), d’un vol entier ou de l’ensemble de la flotte mondiale.

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L’exemple d’un aller-retour Paris – La Réunion

Ainsi, selon ce simulateur, un aller-retour Paris – La Réunion (18 800 km) à bord d’un appareil de 410 places carburant au SAF solaire + CO₂ nécessiterait une surface de 5 hectares, équivalente à un cinquième des célèbres jardins du Champ de Mars, face à la tour Eiffel. Une rotation ultra-bas-carbone à un coût ahurissant puisque le remplissage des réservoirs coûterait 2,1 millions de dollars, soit 13 fois plus cher que du kérosène fossile.

À l’inverse, ce même aller-retour réalisé avec du SAF conventionnel à base de maïs occuperait 100 hectares, soit quatre fois la surface du Champ de Mars. Une surface gigantesque mais un plein moins coûteux : 307 000 dollars, ce qui reste tout de même 2,75 fois plus cher que du kérosène fossile. Le simulateur fournit même une indication sur le risque de compétition avec l’agriculture destinée à l’alimentation humaine. Cette rotation consommerait la quantité de terres nécessaires à l’alimentation d’environ 600 personnes pendant un an.

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L’aviation n’est pas le secteur le plus émetteur, mais peine à participer aux efforts

L’aviation commerciale était responsable de 2,6 % des émissions de CO₂ mondiales en 2018 et de 5,1 % du réchauffement d’origine humaine selon Carbone4. C’est moins que le trafic routier et maritime ou encore l’industrie, mais c’est aussi le secteur dont les marges de réduction des émissions sont les plus faibles.

Si l’électrification des transports terrestres et de l’industrie lourde est relativement facile, avec des alternatives bas-carbone matures et des surcoûts plutôt maîtrisés, l’aviation bute encore contre des écueils technologiques et économiques pour passer au zéro émission.

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