Vue normale

Reçu — 3 mars 2026 Révolution Énergétique

Vivre à proximité d’une centrale nucléaire pourrait être lié à une hausse de la mortalité par cancer

3 mars 2026 à 16:16

Une étude publiée dans Nature Communications relève une corrélation entre mortalité des cancers et proximité avec des centrales nucléaires aux États-Unis.

Les chercheurs ont publié dans la revue Nature Communications un article relevant une corrélation entre mortalité des cancers et proximité avec une centrale nucléaire. Issus de la Harvard T.H. Chan School of Public Health, ils ont collecté, entre 2000 et 2018 dans tous les comtés américains situés dans un rayon de moins de 200 kilomètres d’une centrale nucléaire opérationnelle au moins un an entre 1990 et 2018, les données de mortalité à partir des registres nationaux des Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

À lire aussi Un salarié reçoit une particule radioactive sur la joue dans la centrale nucléaire de Cattenom

Une possible exposition chronique à de faibles doses de rayonnement

Ils ont retenu tous les décès par cancer, les ont classés par sexe et par six tranches d’âges. Une hypothèse est que la proximité résidentielle des centrales nucléaires pourrait être associée à une exposition chronique à de faibles doses de rayonnements ionisants susceptibles d’augmenter le risque de cancer à long terme. Pour tester cette hypothèse, l’équipe a construit un indicateur continu de proximité : pour chaque comté, elle a calculé la somme des inverses de distance (1/d) à toutes les centrales situées dans un rayon de 200 km, avec un lissage sur 10 ans pour intégrer les effets de latence.

Les chercheurs ont ensuite utilisé des modèles de régression de Poisson avec équations d’estimation généralisées ajustés sur de nombreux facteurs socio-économiques, démographiques, comportementaux, environnementaux et d’accès aux soins. L’unité statistique est le couple comté-année-âge-sexe avec 290 000 observations.

À lire aussi Un nid de guêpes radioactif découvert sur un site nucléaire

Corrélation ne signifie pas causalité

Résultat principal : les comtés les plus proches des centrales présentent des taux de mortalité par cancer plus élevés. Sur l’ensemble de la période 2000-2018, chez les hommes de 65-74 ans, 20 912 décès seraient attribuables à la proximité avec une centrale nucléaire, soit 2 % des décès par cancer dans cette classe d’âge.

Les auteurs de ce papier, en montrant les limites de l’étude, montrent que c’est une corrélation, pas une causalité. « Vivre à proximité d’une centrale nucléaire peut augmenter le risque de cancer ». Ils n’ont pas exemple pas mené d’étude écologique (à l’échelle des comtés) ni de mesure individuelle d’exposition aux rayonnements.

L’article Vivre à proximité d’une centrale nucléaire pourrait être lié à une hausse de la mortalité par cancer est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

Nucléaire : comment EDF optimise les arrêts de réacteurs pour réduire les coûts et augmenter la production

3 mars 2026 à 05:28

La maintenance de réacteur nucléaire fera-t-elle son entrée dans la liste des épreuves olympiques ? Pas sûr. Pourtant, les équipes d’EDF s’entrainent dur pour devenir les plus efficaces possibles. Au programme : répétitions, entraînements et simulateur. 

En apparence, la centrale de Penly, et ses deux réacteurs P’4 de 1300 mégawatts électriques (MWe) ronronnent tranquillement pour produire plus de 17 TWh chaque année. Mais dans ses entrailles, les équipes de maintenance préparent déjà le prochain arrêt de maintenance, qui a lieu moyenne tous les 18 mois, avec un objectif simple : qu’il soit le plus court possible.

Les équipes répètent ainsi les mêmes procédures sur un simulateur spécialement prévu à cet effet. En moyenne, chaque opérateur s’entraîne une vingtaine de fois par an. En parallèle, l’équipe de planification pluriannuelle tient un calendrier très précis qui court jusqu’en 2033, et recense les quelque 70 000 activités de maintenance à réaliser sur une période de 10 ans. Pour arrêter les réacteurs le moins longtemps possible, certaines manœuvres sont anticipées avant l’arrêt du réacteur afin de diminuer la phase d’arrêt. Selon le directeur technique de Penly, qui s’exprime sur France Info, cette optimisation constante a d’ores et déjà permis d’économiser 3 millions d’euros en coûts de maintenance.

À lire aussi 73 milliards d’euros : voici le prix des 6 nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 prévus en France

700 jours de maintenance en moins

En réalité, la situation de Penly n’est pas exceptionnelle. Depuis 2019, c’est tout le parc nucléaire français qui profite d’un programme d’optimisation de la maintenance appelé Start. Le but de ce programme est de réduire drastiquement le nombre de jours d’arrêt des réacteurs pour produire plus d’électricité. Grâce à la démocratisation des entraînements des équipes, et la modélisation des étapes d’interruption ou de redémarrage, chaque opération demande moins de temps. Selon Étienne Dutheil, directeur de la division production nucléaire d’EDF, la préparation de l’arrêt d’un réacteur prend désormais deux fois moins de temps.

Depuis le lancement du programme Start, le nombre de jours d’arrêt de réacteur est passé de 4 800 en 2019 à 4 100 en 2025 ! Cela représente, en moyenne, cinq jours de moins par arrêt. Depuis le lancement du programme Start, grâce à cette meilleure organisation, près de la moitié des arrêts de réacteur a duré moins longtemps que prévu. Voilà qui explique en partie la forme olympique du parc nucléaire français en 2025.

L’article Nucléaire : comment EDF optimise les arrêts de réacteurs pour réduire les coûts et augmenter la production est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

❌