L’agence américaine NOAA, qui a en charge notamment des données sur le climat et la météorologie, s’apprête à supprimer une quantité importante de sites internet via une simple annulation d’un contrat avec des hébergeurs cloud.
De nombreux sites de la NOAA, l’agence d’observation océanique et atmosphérique qui s’occupe aussi des données météorologiques aux États-Unis, vont sans doute devenir inaccessible dès ce week-end. En cause ? Un contrat de prestations d’hébergement dans divers cloud a été annulé par sa direction, selon Bloomberg.
Cette agence est, comme de nombreuses agences fédérales américaines et notamment les agences scientifiques, visée par le DOGE et l’administration de Donald Trump depuis son retour au pouvoir. Elle s’est déjà séparée de certains de ses locaux et par deux fois d’une partie de son personnel.
Elle semble aussi particulièrement visée pour son rôle extrêmement important dans l’information sur le climat et la météorologie. Bloomberg explique qu’un contrat signé pour l’ensemble du bureau de la recherche océanique et atmosphérique de l’agence a été visé pour une « résiliation anticipée », selon des documents internes que le média a pu consulter.
Les services d’Amazon, de Google et de WordPress sur le point d’être coupés
« En conséquence, la quasi-totalité des sites web externes dépendant des services d’Amazon, de Google et de WordPress sont sur le point de disparaître tôt samedi matin à Washington, effaçant ainsi de la vue du public l’essentiel du travail de l’unité, qui comprend la recherche en sciences du climat et de l’environnement », explique notre consœur Lauren Rosenthal. La NOAA n’a pas répondu à sa demande de commentaire.
Cette information fait mouche avec une alerte lancée sur le forum du projet Safeguarding Research & Culture. Celui-ci émane de la volonté de certains chercheurs, notamment l’historien allemand Henrik Schönemann de l’université de Humboldt à Berlin, de créer « une infrastructure alternative pour l’archivage et la diffusion du patrimoine culturel et des connaissances scientifiques ». L’alerte concerne une cinquantaine de sites de la NOAA et on y retrouve rien de moins que le site de l’agence dédié à la recherche : https://research.noaa.gov/.
« Ce qui est prévu d’être supprimé, ce sont les services basés sur AWS pour la NOAA », expliquent les chercheurs, évoquant une mise hors-ligne dès ce vendredi soir. Mais des questions se posent aussi sur les données ouvertes hébergées elles aussi sur AWS.
Selon une note interne obtenue par Bloomberg, la résiliation du contrat pourrait aussi affecter d’autres activités de recherche de l’agence : le laboratoire qui surveille les tempêtes « sévères » pour le pays (le National Severe Storms Laboratory) et celui chargé de l’innovation en climatologie (le Earth Prediction Innovation Center) utilisent des services de cloud computing externes pour un système de prévisions météorologiques à grande échelle.
Le réseau national de l’agence menacé aussi
Les chercheurs de l’agence ont d’autres raisons d’être préoccupés : deux autres contrats arrivent à leurs fins concernant le support de N-Wave, son réseau national qui « s’étend sur toute la zone contiguë des États-Unis jusqu’à l’Alaska et Hawaï, atteignant les sites de terrain éloignés, les grands campus, les centres de données et les installations de supercalculateurs ». Ils sont déjà sous le coup d’une extension très brève de cinq jours qui doit se terminer samedi pour l’un et lundi pour l’autre, selon Bloomberg.
Amazon a présenté hier soir une fonction nommée « Buy for me », destinée à simplifier encore un peu plus les achats. Contrairement à d’autres agents IA que l’on a pu voir jusqu’à présent, notamment chez Opera, il n’est pas question cette fois d’écrire une demande et de laisser l’intégralité du processus de découverte et d’achat à un agent.
Cette fonction, disponible en bêta pour un petit groupe de personnes aux États-Unis, a un périmètre nettement plus restreint. Comme l’indique Amazon dans son billet, « Buy for me » veut simplifier les achats pour des produits présentés par la boutique Amazon, mais disponibles depuis d’autres, notamment les sites officiels des entreprises concernées.
La fonction, présente dans les applications Android et iOS, s’affiche sous forme d’un bouton dédié, accompagnant certains résultats. S’il est actionné par l’internaute, il lance une procédure d’achat sur le site officiel du fabricant, de manière automatisée.
Mais si cette fonction est plus restreinte dans ses cas d’usage, elle demande une grande confiance en Amazon. Car contrairement à ce que l’on a déjà pu voir, c’est toute la procédure d’achat qui se retrouve gérée par l’agent, y compris le paiement. Ce qui suppose que l’IA accède aux informations de la carte bancaire. L’achat est considéré comme externe. « La livraison, les retours et les échanges, ainsi que le service client sont gérés par la boutique de la marque », précise Amazon.
Le géant du commerce en ligne précise dans son billet que ces opérations sont chiffrées et qu’il n’accède pas aux données des autres sites. Il affirme qu’il ne tient aucun historique de ces actions et qu’il s’agit simplement d’apporter une commodité. En outre, la présence de cette fonction sur des produits se fait à la demande des fabricants et Amazon assure que les clients peuvent observer toutes les étapes d’un processus décrit comme « transparent ». Le tout repose sur Amazon Bedrock et utilise le modèle Nova maison, ainsi que les modèles Claude d’Anthropic (dont la version 3.7 est sortie fin février), sans plus de précision.
« Gagner la confiance est la pierre angulaire du succès des agents d’IA », déclare Amazon dans son billet. À voir désormais si la clientèle se laissera séduire par un processus automatisé impliquant des informations bancaires. Ajoutons que ce n’est pas la première fois qu’Amazon tente ce type d’approche automatisée. En 2018, nous avions ainsi testé la commande de pizza via Alexa, avec des résultats particulièrement décevants.
Il n’y a pas que les datacenters qui façonnent le monde à cause de leur consommation électrique. La climatisation aussi est fortement consommatrice d’électricité… et cela ne va pas aller en s’arrangeant.
L’arrivée de l’IA générative a bousculé le numérique et soulève de nombreuses questions (droit d’auteur, éthique, biais, hallucinations…). Se pose aussi la question de l’empreinte écologique de datacenter toujours plus gros, partout dans le monde, avec des GPU toujours plus puissants.
La douce/triste « folie » de l’IA générative
Le tout avec une consommation électrique toujours plus importante, sur des zones bien précises. L’augmentation de la densité électrique par baie et l’expansion des datacenters posent d’ailleurs des contraintes sur le choix de l’emplacement physique alloué à ces derniers.
Avec les images et les vidéos de l’IA générative, on passe encore dans une autre dimension. Les chiffres de l’utilisation des IA peuvent donner le tournis, preuve en est encore récemment avec un tweet de Brad Lightcap (COO d’OpenAI) : « Première semaine de folie pour les images dans ChatGPT : plus de 130 millions d’utilisateurs ont généré plus de 700 millions (!) d’images ». Il se garde d’ailleurs bien de détailler l’empreinte environnementale d’une telle utilisation.
Bientôt 1 000 TWh pour les datacenters ?
Dans un rapport publié fin 2024, l’Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA, sous l’égide de l’ONU) expliquait que « les datacenters avaient consommé environ 460 TWh d’électricité en 2022. Cette consommation pourrait s’élever à plus de 1 000 TWh d’ici 2026, soit plus d’un tiers de l’électricité produite par les centrales nucléaires du monde entier l’année dernière, et à peu près l’équivalent de la consommation d’électricité du Japon ». À titre de comparaison, en 2023, la consommation d’électricité en France était de 445,4 TWh.
L’Agence donne quelques chiffres d’anticipation. En Chine, la demande devrait doubler pour atteindre 400 TWh en 2030. En Irlande, la consommation des datacenters (5,3 TWh) représentait 17 % du total du pays et devrait atteindre 32 % d’ici fin 2026. Elle ajoute au passage que la consommation cumulée d’Amazon, Microsoft, Google et Meta « a plus que doublé entre 2017 et 2021 pour s’établir à environ 72 térawattheures (TWh) ».
Par exemple, pour Meta, la consommation des datacenters était de 14,975 TWh en 2023, contre 6,966 TWh en 2020. Elle a donc quasiment doublé en trois ans.
« On devrait parler davantage de climatisation »…
Dans un article publié sur MIT Review, Casey Crownhart (journaliste spécialisée sur le climat et l’énergie) explique que l’on « devrait parler davantage de climatisation ». Elle met cette problématique (bien moins médiatisée) en balance avec la consommation des datacenters largement plus présente dans les débats. Avec ce sous-titre volontairement provocateur : « oubliez les datacenters, la climatisation est la véritable bête noire »
Elle commence par rappeler le cercle vicieux de la climatisation et du réchauffement climatique : « À mesure que les températures augmentent, le besoin en refroidissement augmente. De plus en plus de centrales électriques à combustibles fossiles sont alors mises en service pour répondre à cette demande, augmentant ainsi la température de la planète ».
…qui représente 2 000 TWh, et plus 5 000 TWh en 2050 ?
Selon une étude publiée mi-2024 par l’organisation à but non lucratif Our World in Data (qui travaille en partenariat avec l’université d’Oxford), sur l’année 2022 « la climatisation représentait 7 % de l’électricité mondiale et 3 % des émissions de carbone ». Sur la base d’une consommation mondiale de 29 000 TWh en 2022, la climatisation représenterait un peu plus de 2 000 TWh. À mettre en face des 460 TWh des datacenters.
Selon une projection de l’Agence internationale de l’énergie (IEA, une organisation internationale fondée à l’OCDE), le nombre de climatiseurs devrait fortement augmenter dans les années à venir. De 2 milliards d’unités à la fin des années 2010, elle prévoit près de 3 milliards en 2030 et plus de 5 milliards en 2050. À ce moment-là, la consommation électrique pourrait grimper entre 3 500 et 5 000 TWh.
La Chine dope la croissance, l’Europe n’est pas en reste
Comme le rappelle Le Monde, les évolutions sont variables selon les continents : « Le nombre de ménages africains équipés en climatisation n’a enregistré qu’une très faible hausse au cours des vingt dernières années, passant de 4 % à 6 % aujourd’hui. Dopée par la Chine, l’Asie a en revanche vu son taux d’équipement exploser de 19 % à 47 % sur la même période ». En Europe, la proportion de ménages équipés d’une climatisation pourrait doubler et atteindre 40 % (55 % en France) d’ici 2050.
Les climatiseurs, contrairement aux datacenters, ont tendance à s’allumer à peu près en même temps dans une zone. « Dans certaines régions des États-Unis, par exemple, les climatiseurs peuvent représenter plus de 70 % de la demande d’énergie résidentielle aux moments où le réseau est le plus sollicité », affirme Casey Crownhart. Les climatiseurs sont répartis un peu partout alors que les datacenters concentrent la consommation en certains points précis (nécessitant des lignes dédiées). Signalons aussi que certains datacenters ont recours à la climatisation.
Notre consœur termine quand même par une bonne nouvelle : « nous assistons à des innovations dans la technologie de refroidissement ». Elle explique que certains proposent par exemple un stockage de l’énergie pour se recharger lorsque l’énergie est disponible à bas coût, et de nouvelles technologies de refroidissement. Cela ne suffira certainement pas à combler la hausse prévue de la consommation de la climatisation.
Ces derniers temps, on parle beaucoup d’une initiative baptisée « EU OS ». Il s’agirait d’une distribution Linux développée par l’Union européenne pour ses propres besoins. EU OS n’est cependant pas un système existant, ni même un projet de l’Union.
EU OS est un nom générique, choisi à dessein par Robert Riemann, auteur de l’initiative. Ce physicien et informaticien travaille actuellement dans l’équipe du Contrôleur européen de la protection des données (CEPD), un organe indépendant établi par le Règlement général sur la protection des données (RGPD) pour veiller à son application cohérente au sein de l’Union. Riemann est en quelque sorte aux premières loges sur les questions de souveraineté numérique.
Son initiative est centrée sur ce thème. Elle est personnelle – dans le sens où elle n’émane pas officiellement d’une instance européenne – mais est conçue pour attirer l’attention. Elle est en outre suffisamment étoffée dans sa vision pour interroger les éventuelles bonnes volontés. Même si certains choix peuvent sembler curieux, voire bloquants.
De quoi parle-t-on ?
EU OS est présenté comme un projet. L’auteur est cependant transparent sur les objectifs : c’est un proof-of-concept (démonstration de faisabilité) visant à explorer l’idée d’un système d’exploitation souverain pour les instances publiques de l’Union européenne. Comme Robert Riemann l’indique, EU OS « n’est techniquement pas un nouveau système d’exploitation »
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Power Delivery a déjà plus de 12 ans. Cette norme, bien pratique, permettait à ces débuts de grimper jusqu’à 100 watts dans un câble USB. On est maintenant à 240 watts… bien loin des 2,5 watts des débuts de l’USB. Il faut néanmoins faire attention à plusieurs points quand on achète un câble ou un chargeur.
En effet, les premiers ports USB étaient en 5 volts seulement avec une intensité maximale de 500 mA, soit 2,5 watts. Avec USB 3.x l’intensité est passée à 900 mA, soit 4,5 watts. Si c’est suffisant pour des clés USB, des souris et des claviers, c’est loin de faire l’affaire pour charger des téléphones, des tablettes, des ordinateurs, etc. Bien plus grave, on ne peut pas brancher sereinement des mini-frigos USB.
De 10 à 100 watts : that escalated quickly
Dès 2010, l’USB Implementers Forum présente le Battery Charging Specification 1.2 qui permet d’augmenter la puissance de charge jusqu’à 7,5 voire 10 watts dans certains cas avec une puissance de 1,5 ou 2 ampères. On est encore loin des dizaines de watts.
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L’acquisition de 50 % du capital d’OpCore par le fonds d’infrastructure français InfraVia est désormais finalisée. « À travers ce partenariat, le Groupe iliad et Infravia vont doter OpCore d’une structure financière à même de libérer ses perspectives d’hypercroissance par le développement de nouveaux datacenters de plusieurs centaines de mégawatts en France et en Europe. Plusieurs projets de construction sont déjà en cours », indiquent les deux entreprises, déjà partenaires de longue date dans les investissements autour de la fibre, dans un communiqué commun.
L’opération, initialement annoncée le 4 décembre dernier, valorise l’entreprise à hauteur de 860 millions d’euros. Elle confère à OpCore (anciennement Scaleway Datacenter) une structure financière et un accès à de nouveaux fonds propres qui doivent permettre à l’entreprise d’aller plus facilement lever de la dette bancaire pour financer la création de ses futurs centres de données. Elle permet dans le même temps à iliad de réduire son endettement, sans perdre le contrôle d’une activité considérée comme stratégique.
« Nous allons investir avec notre partenaire InfraVia 2,5 milliards d’euros dans notre plateforme de datacenters OpCore pour devenir la première plateforme indépendante européenne », promettait à cette occasion Thomas Reynaud, directeur général du groupe iliad.
En France, OpCore revendique à ce stade plus de 50 MW de capacités opérées à ce jour sur cinq datacenters en région parisienne, ainsi que deux en région lyonnaise et un en région marseillaise, commercialisés sous la marque Free Pro.
Le groupe de pirates Lazarus, lié à l’état nord-coréen, a mis en place un système de piratage visant le monde de la cryptomonnaie, notamment en organisant de faux entretiens d’embauche et en poussant à l’installation de logiciels malveillants via des techniques de social engineering.
En octobre dernier, nous nous étions faits l’écho de la propagation d’une arnaque au recrutement qui cible les développeurs amateurs de crypto. Les soupçons se tournaient vers Lazarus, groupe de pirates nord-coréen auquel est aussi attribué l’immense vol de cryptoactifs, d’une valeur approchant 1,5 milliard de dollars, révélé en février dernier.
L’éditeur de logiciel de cybersécurité français Sekoia confirme dans un rapport que le groupe de pirates est à l’origine d’une campagne d’arnaque au recrutement de ce type. « Il utilise des sites web d’entretiens d’embauche légitimes pour exploiter la tactique ClickFix et installer des portes dérobées pour Windows et macOS », explique l’entreprise française.
Le ClickFix est une tactique d’ingénierie sociale qui « consiste à afficher de faux messages d’erreur dans les navigateurs web pour tromper les utilisateurs et les inciter à copier et à exécuter un code PowerShell malveillant donné, ce qui finit par infecter leurs systèmes », expliquait Sekoia en octobre dernier. Détectée en mai 2024, cette tactique est déjà qualifiée de « tristement célèbre » par Sekoia.
Windows et MacOS, deux variantes
Selon l’entreprise de sécurité, la chaine d’infection utilisée par Lazarus ciblerait les systèmes d’exploitation Windows et MacOS de deux façons différentes. Sur le premier, le groupe de pirates passerait par un script VBS puis un script NodeJS et sur le second via un script Bash puis le malware FrostyFerret pour récupérer le mot de passe système. Mais à la fin, ils utiliseraient un virus, nommé GolangGhost par Sekoia, écrit en GO. Ce code a déjà été partiellement étudié par les spécialistes de cybersécurité Sonatype et dmpdump. Sekoia explique que GolangGhost est prévu pour fonctionner sur Windows et macOS et permet de mettre en place une porte dérobée puis de voler des données via Chrome.
Sous MacOS, FrostyFerret affiche une fausse fenêtre indiquant que le navigateur web Chrome a besoin d’accéder à la caméra ou au microphone. Ensuite, le malware demande à l’utilisateur de saisir le mot de passe du système. Celui-ci est ensuite récupéré et envoyé vers un espace Dropbox.
Essentiellement des acteurs de la CeFi utilisés comme appâts
En analysant cette attaque,Sekoia a récupéré 184 invitations différentes pour des entretiens d’embauche. Parmi ces invitations, elle a trouvé 14 noms d’entreprises utilisés pour inciter la victime à compléter le processus de demande. Parmi elles, Coinbase est celle dont le nom est le plus utilisé par Lazarus pour attirer l’attention de ses proies :
Sekoia fait remarquer que 9 des 14 entreprises « proposent des services financiers centralisés (CeFi), c’est-à-dire des services financiers construits autour des crypto-monnaies qui s’appuient sur des intermédiaires, tels que des échanges et des plateformes de prêt, pour faciliter les transactions ». L’entreprise de sécurité rappelle que « ces plateformes sont dites « centralisées » car elles obligent les utilisateurs à faire confiance à une entité centrale pour gérer les fonds, traiter les transactions et assurer la sécurité ». Archblock est la seule plateforme de services financiers décentralisés (DeFi) détectée par Sekoia comme cible de Lazarus.
Lazarus vise des profils moins tech
Mais si les développeurs amateurs de crypto sont ciblés, l’analyse de Sekoia montre qu’ils ne sont ni les seuls, ni la principale cible. En effet, l’entreprise explique qu’ « il s’agit principalement de postes de responsables axés sur le développement commercial, la gestion des actifs, le développement de produits ou de spécialistes de la finance décentralisée ». Et elle explique que c’est un changement important s’agissant des attaques de Lazarus qui, jusque-là, « visaient principalement les développeurs et les ingénieurs en informatique ».
Sekoia livre une liste des faux sites d’entretiens que l’entreprise a détectés :
Pour les 50 ans de Microsoft, Next vous propose un retour sur le hardware de l’entreprise. On débute dans les années 80 avec des « cartes » d’extension maison surprenantes, pour finir avec des CPU, en passant par des produits pour le moins étranges !
Nous vous avons déjà proposé une rétrospective sur l’histoire de son produit phare – Windows (et son ancêtre MS-DOS). Car oui, il y a eu une longue période avant Windows et son interface graphique. Au début des années 80, c’était MS-DOS qui était à l’honneur, mais aussi une gamme de produits que l’on pourrait estampiller Microsoft Hardware.
Durant plusieurs décennies, la société a proposé de nombreux produits : manettes de jeu, webcams, routeurs, smartphones, montres connectées, lecteurs MP3, consoles de jeux, etc. Depuis quelques années maintenant, ce sont les ordinateurs et tablettes Surface qui sont à l’honneur, avec toujours des Xbox évidemment.
Microsoft : « roi » du hack hardware dans les années 80 !
Le premier produit hardware de Microsoft était la (Z-80) SoftCard pour l’ordinateur Apple II (qui était livré par défaut avec Apple DOS). Elle permettait à l’ordinateur d’exécuter le système d’exploitation C/PM de Digital Research. Ce système était utilisé par les Amstrad CPC, Commodore 128, Osborne 1 et ZX Spectrum (pour ne citer qu’eux).
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Matt Mullenweg, CEO d’Automattic, a dévoilé mercredi les contours d’un vaste plan de restructuration, annoncé le jour même en interne, qui passe essentiellement par le licenciement de 16 % des effectifs. L’entreprise ne précise pas le nombre exact de salariés concernés, mais sa page A propos livre de façon indirecte le détail : le 20 mars dernier, elle mentionnait des équipes composées de 1 781 personnes. Au 4 avril, elle n’évoque plus que 1 495 « Automatticians », ce qui correspondrait à 286 départs officialisés au cours des deux derniers jours.
« Bien que notre chiffre d’affaires continue de croître, Automattic évolue dans un marché hautement concurrentiel et la technologie connaît une évolution sans précédent. Pour accompagner nos clients et nos produits, nous devons améliorer notre productivité, notre rentabilité et notre capacité d’investissement », justifie Matt Mullenweg. Le plan de restructuration permettrait selon lui de redonner un surcroît d’agilité à l’entreprise, éliminer certains silos et améliorer la qualité générale des produits édités par Automattic.
Cette vague de licenciement intervient après une période troublée pour l’écosystème commercial de WordPress, qui a vu Matt Mullenweg s’écharper publiquement avec son concurrent WP Engine, l’accusant d’utiliser la marque WordPress de façon abusive et de ne pas collaborer assez au projet open source éponyme. En réaction à cette affaire et suite à une manche juridique perdue face à WP Engine, Automattic avait annoncé début janvier « réduire ses contributions au projet WordPress ».
En octobre dernier, suite à ce conflit, Matt Mullenweg affirmait qu’Automattic était à court d’employés.
Aie confiance, crois en moi, que je puisse veiller sur toi
OpenAI et Anthropic viennent tous deux de lancer une offensive en direction du monde universitaire outre-Atlantique. Le premier choisit de rendre son abonnement ChatGPT Plus gratuit pour tous les étudiants aux États-Unis et au Canada jusqu’au mois de mai. Le second mise sur la création d’une offre dédiée, Claude for Education.
Les étudiants d’aujourd’hui sont les professionnels de demain, et cette logique, qui explique en partie pourquoi des éditeurs comme Microsoft courtisent le monde de l’éducation, n’a pas échappé aux ténors de l’intelligence artificielle générative, comme l’illustrent deux annonces quasi simultanées.
ChatGPT Plus gratuit pour les étudiants… pendant deux mois
La première émane d’OpenAI, qui vient de lancer une offre d’essai promotionnelle dédiée à son abonnement payant, ChatGPT Plus. L’entreprise dirigée par Sam Altman offre aux étudiants deux mois d’accès gratuits (valables jusqu’au 31 mai 2025), sous réserve qu’ils soient inscrits dans un établissement supérieur, aux États-Unis ou au Canada. Le statut d’étudiant sera vérifié au travers du système SheerID, indique OpenAI.
Il appartiendra ensuite aux étudiants ayant souscrit l’abonnement de résilier avant le 31 mai ou, à défaut de s’acquitter du montant de l’abonnement, soit 20 dollars par mois. « Votre abonnement se renouvelle automatiquement au tarif mensuel standard de ChatGPT Plus, sauf résiliation. Si vous ne souhaitez plus continuer, veuillez résilier avant la première date de facturation suivant la période promotionnelle », avertit l’éditeur.
OpenAI cible ici directement l’utilisateur final, alors que l’entreprise mène en parallèle une politique de conquête commerciale tournée vers les établissements supérieurs avec une offre dédiée, ChatGPT Edu, qui propose notamment des possibilités plus poussées en matière d’administration, de sécurité et de création d’agents personnalisés.
Anthropic lance Claude for Education
Concurrent d’OpenAI avec ses modèles Claude, Anthropic lance justement sa propre offensive en la matière. L’entreprise a en effet annoncé mercredi le lancement de Claude for Education, une offre qui vise à fournir aux établissements supérieurs un accès personnalisé à ses outils d’IA générative. Anthropic promet notamment une « nouvelle expérience Claude qui guide le processus de raisonnement des élèves plutôt que de fournir des réponses, contribuant ainsi à développer des compétences de pensée critique ».
En attendant de voir ce que recouvre cette dernière, Anthropic ne cache pas son ambition de contribuer à améliorer le taux de pénétration de ses IA parmi le public des étudiants. Le lancement de Claude for Education s’accompagne ainsi d’accords commerciaux avec plusieurs grands campus (Northeastern University à Boston, London School of Economics and Political Science (LSE), Champlain College au Canada), dont les étudiants accèderont gratuitement aux outils d’Anthropic.
La société présente également un programme d’étudiants ambassadeurs, à qui elle promet un accès privilégié à ses équipes, mais aussi une formule de crédits gratuits pour les étudiants qui souhaiteraient élaborer leurs projets d’étude grâce à Claude. Anthropic annonce par ailleurs rejoindre à cette occasion le consortium Internet2 et collaborer avec la ed tech américaine Instructure pour interfacer Claude avec la plateforme d’apprentissage Canvas LMS.
Études : les bénéfices de l’IA toujours contestés
« L’IA change ce que signifie être paré à l’emploi et, en tant qu’établissement tourné vers l’avenir, Champlain offre aux étudiants la possibilité d’utiliser l’IA afin qu’ils puissent être opérationnels dès l’obtention de leur diplôme », se réjouit Alex Hernandez, président du Champlain College, cité par Anthopic.
Si la capacité à utiliser l’IA générative, comprendre leurs atouts et se prémunir de leurs limites constitue assurément un atout, plusieurs études alertent déjà sur les risques associés à l’omniprésence de ces outils dans les cursus étudiants. Des chercheurs de Microsoft, en partenariat avec l’université de Carnegie Mellon, ont par exemple récemment conclu que l’utilisation de l’IA générative contribuait à une diminution de l’esprit critique.
Dans son Journal, le CNRS se pose des questions existentielles autour de la conscience : « Quand commence-t-elle et où finit-elle ? Comment la mesurer ? Et l’IA en est-elle douée ? ». De quoi ouvrir de nombreux débats…
L’article s’articule autour de cinq questions avec des réponses de plusieurs chercheurs, notamment Catherine Tallon-Baudry, (directrice de recherche CNRS au Laboratoire de neurosciences cognitives computationnelles à Paris) et Jean-Rémy Hochmann (directeur de recherche CNRS à l’Institut des sciences cognitives Marc-Jeannerod).
La question des intelligences artificielles est évidemment abordée par le CNRS : « une intelligence artificielle (IA) pourrait-elle, à terme, être consciente ? Si l’on définit la conscience uniquement par la capacité à traiter l’information et à raisonner, certaines intelligences artificielles pourraient déjà être considérées comme conscientes. Mais si la conscience implique nécessairement une dimension organique, subjective et sensible, alors les machines en sont encore très loin ».
D’après le Journal, les chercheurs suggèrent que, chez les humains, « les structures de base, cognitives et neuronales, qui permettent la conscience sont déjà en place très tôt, peut-être dès la naissance ». Mais la conscience est-elle seulement dans le cerveau ? Catherine Tallon-Baudry soutient l’idée que « la conscience résulte d’une interaction complexe entre le cerveau et le corps – un aspect souvent négligé par les théories classiques », explique le CNRS.
Quoi qu’il en soit, n’attendez pas une réponse tranchée (il faudrait déjà s’accorder sur le sens précis de la question et des mots utilisés). L’article termine par une autre question : « une intelligence artificielle pourrait-elle un jour devenir consciente ? ». Vous avez deux heures.
À l’occasion des 50 ans de Microsoft, nous avons republié notre dossier sur l’histoire de Windows. Le dernier de la série, Windows 11, est pourtant un cas à part : sa genèse est floue et personne ne l’attendait. Son arrivée sonne surtout une fin de vie difficile pour Windows 10 et comme un prélude à un Windows 12 dans un monde dominé par l’IA et le cloud.
Windows 10 devait être le dernier. Ce n’était pas une figure de style : Microsoft l’avait présenté ainsi lors d’une conférence Ignite en 2015, un « système d’exploitation en tant que service ».
Initialement, le système était pensé pour évoluer une à deux fois par an, via des mises à jour majeures lui apportant petit à petit améliorations et nouvelles fonctions. C’est effectivement ce qu’a fait l’éditeur, à un rythme plus ou moins régulier. Toutefois, la carrière de Windows 10 n’a pas été de tout repos, son parcours ayant été émaillé à plusieurs reprises de mises à jour problématiques.
Nous sommes donc en 2021 et le monde s’est habitué à un Windows évoluant petit à petit, en fonction des usages et besoins. La première moitié de l’année est marquée par des rumeurs insistantes autour d’un projet nommé Sun Valley. Nous nous en étions fait l’écho à plusieurs reprises. Et pour cause : il était présenté comme un grand renouvellement de l’interface, une modernisation tenant compte de l’évolution des canons esthétiques. Un « flat design » moins flat et moins austère (Windows 10 avait poussé fort ce curseur, certains le qualifiant de « monochrome »).
Ces rumeurs plongeaient elles-mêmes leurs racines dans un projet annoncé en octobre 2019 : Windows 10X. L’objectif de Microsoft était alors de concevoir un système taillé spécifiquement pour les appareils à deux écrans tactiles. On parle d’interface adaptée, de barre des tâches centrée, de configurations d’écrans dépendant du contexte, d’un nouveau menu Démarrer… Le projet a par la suite évolué, pour être finalement annulé.
En revanche, le travail accompli sur le projet n’est pas complètement perdu. On parle alors d’une mise à jour conséquente pour Windows 10, prévue pour l’automne 2021. Mais en mai de cette année, lors de la conférence Build, Satya Nadella, PDG de l’entreprise, lance une bombe : l’entreprise se dit prête pour la « nouvelle génération » de Windows.
Une surprise gâchée
Tout s’enchaine alors très vite. Un évènement spécial est annoncé pour le 24 juin. Tout le monde ne parle plus alors que de « Windows 11 » comme successeur logique. Une semaine avant la conférence de présentation, le secret est brisé par un forum chinois : une préversion du système a fuité et des captures arrivent dans la presse américaine, puis internationale. Déjà, des réactions circonspectes apparaissent, la cohérence de l’ensemble étant mise en doute.
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Le géant du Net prépare depuis des années un concurrent à Starlink de SpaceX : Kuiper. Les premiers prototypes ont été lancés fin 2023 et il est cette fois-ci question de commencer le « déploiement à grande échelle du réseau Internet par satellite ». En France, des stations de base ont déjà été autorisées par l’Arcep.
Cette mission se nomme Atlas V Kuiper 1 pour Kuiper Atlas 01. Elle sera lancée à bord d’une fusée Atlas V de United Launch Alliance (ULA) depuis Cap Canaveral (Floride). Elle « déploiera 27 satellites à une altitude de 450 kilomètres au-dessus de la Terre ». Le lancement est programmé pour le 9 avril. Amazon affirme que ce sera « la charge utile la plus lourde jamais transportée par la fusée Atlas V d’ULA ».
L’entreprise indique avoir largement revu sa copie depuis ses prototypes : « Nous avons amélioré les performances de tous les systèmes et sous-systèmes à bord, y compris les antennes réseau, les processeurs, les panneaux solaires, les systèmes de propulsion et les liaisons optiques entre les satellites. De plus, les satellites sont recouverts d’un film miroir diélectrique unique à Kuiper qui disperse la lumière du soleil pour les rendre moins visibles pour les astronomes au sol ».
Amazon prévoit ensuite 7 autres lancements sur Atlas V, 38 supplémentaires sur Vulcan Centaur d’ULA et 30 autres chez des partenaires tels qu’Arianespace, Blue Origin et SpaceX.
We all live in a cable submarine, cable submarine, cable submarine
Les câbles sous-marins à fibre optique sont les véritable épines dorsales de l’Internet mondial. Ils permettent de relier des pays et des continents, en complément de la fibre optique sur terre (et en l’air). Sur le papier, la solution semble idéale, mais elle a des contraintes techniques, notamment le besoin de répéteurs à intervalles réguliers.
Dans les précédents articles de notre dossier sur le fonctionnement d’Internet, nous avons pu suivre le voyage d’une requête. Nous sommes partis d’une URL, passée à la moulinette du DNS pour trouver l’adresse IP du serveur, puis nous avons utilisé les routes BGP pour le rejoindre. Un peu de peering et de transit via des points d’échange, éventuellement un « détour » par les CDN pour éviter de faire le tour de la Terre pour pas grand-chose, nous voilà à destination. Sur le papier, cela fonctionne bien. Mais en pratique, comment relie-t-on ce petit monde ?
Dans cette sixième partie, nous allons parler du cœur des réseaux. La principale technologie utilisée pour transporter des données est la fibre optique… mais on va commencer par briser un mythe auquel certains sont peut-être encore attachés : la fibre n’est pas le moyen le plus rapide (au sens de la latence) de transmettre des données.
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Pour entrainer et tenir à jour leurs intelligences artificielles, les crawlers des entreprises d’IA parcourent le web en permanence et sont suspectés de ne pas respecter les fameux robots.txt censés permettre leur blocage. Leur activité va jusqu’à mettre en péril des sites web de projets de logiciels libres ou toucher fortement les activités de Wikimédia.
Les entreprises qui ont mis en place des IA génératives comme OpenAI, Meta, Anthropic, Mistral ou encore Amazon, Google et Microsoft ont besoin d’indexer des contenus sur le web en permanence pour entrainer leurs grands modèles de langage (LLM), récupérer les nouvelles informations afin que leurs outils soient capables de répondre aux demandes de leurs utilisateurs.
Un trafic difficile à gérer, même pour la fondation Wikimédia
Mais en venant en permanence sur les sites web, ils ajoutent du trafic important à leur bande passante, au point de saturer certains. La fondation Wikimédia a publié un billet pour expliquer à quel point ces robots ont un impact sur ses projets : « Notre infrastructure est conçue pour supporter des pics soudains de trafic d’origine humaine lors d’événements très intéressants, mais le volume de trafic généré par les robots scrapeurs est sans précédent et présente des risques et des coûts croissants ».
En effet, ces entreprises récupèrent ces contenus à l’aide de « crawlers », des robots d’indexation, ou plutôt ici de récupération de données. OpenAI a officiellement donné le nom de son robot, GPTBot, en aout 2023, suscitant immédiatement la réaction de RSF qui a rapidement invité « tous les médias à configurer leurs sites pour éviter qu’OpenAI ne récupère leur contenu gratuitement ». C’est ce qu’ont fait beaucoup de sites web.
Un blocage pas si efficace
Pour cela, il « suffit » de lister dans le fichier robots.txt de son site les robots dont on ne veut pas. Mais, comme l’ont démontré récemment des chercheuses, certains robots récupèrent des informations de sites qui, pourtant, les ont ajoutés dans leurs listes. De plus, l’outil d’IA générative de Microsoft, Copilot, utilise BingBot, le robot d’indexation du moteur de recherche de l’entreprise. Un site qui voudrait bloquer l’IA de Microsoft ne serait plus indexé dans le moteur de recherche Bing.
Et, comme on l’a vu récemment, certains sites peuvent être visités 2 millions de fois par un bot en un trimestre. Il est déjà difficile pour des infrastructures comme celles de la Fondation Wikimédia de faire face à cet afflux « artificiel » pour gérer sa bande passante, mais ça l’est encore plus pour des projets qui ont moins de moyens.
Certains expriment leur ras-le-bol
Plusieurs responsables de projets de logiciels libres se sont plaints du problème, expliquait récemment ArsTechnica. Le développeur Xe Iaso a, par exemple, exprimé son ras-le-bol en janvier face au crawler d’Amazon : « À la personne qui gère AmazonBot, veuillez ajouter git.xeserv.us à votre liste de domaines bloqués. Si vous connaissez quelqu’un chez Amazon, merci de lui transmettre ce message et de lui demander de le transmettre à l’équipe d’AmazonBot » alors qu’il avait radicalement bloqué tous les robots dans son fichier robots.txt.
TheLibre.News a aussi recensé plusieurs infrastructures de logiciels libres touchés par ce problème. Le GitLab des développeurs de KDE a, par exemple, été touché par des crawlers ayant des IP détenues par Alibaba, ce qui l’a rendu temporairement inaccessible. L’un des administrateurs systèmes du projet Pagure de Fedora a, lui aussi, constaté un afflux massif de robots de récupération de données venant du Brésil. Il explique avoir décidé de bloquer temporairement toutes les IP brésiliennes pour en venir à bout tout en sachant bien que ce n’était pas une solution de long terme.
Gergely Orosz, qui publie la newsletter The Pragmatic Engineer, explique sur LinkedIn que le site d’un de ses projets personnels qui déclinait a reçu récemment un trafic important « lorsque le crawler AI de Meta et d’autres bots comme Imagesiftbot ont commencé à crawler le site sans réfléchir : ça a poussé le trafic à plus de 700Go par mois » alors qu’il était aux alentours de 100Go par mois un peu avant.
« Le site est hébergé sur Render où 500Go/mois sont inclus, au-delà c’est 30 $ pour 100Go. Ce mois-ci, je paie donc 90 $ pour l’entrainement de ces LLM », commente-t-il. Et lui aussi pointe que « l’ironie est que les robots – y compris Meta ! – ignorent manifestement le fichier robots.txt du site qui leur dit de « s’il vous plait, restez à l’écart » ».
Drew DeVault, le fondateur de la plateforme d’outils open source Source Hut, a publié un billet de blog le 17 mars dernier demandant aux entreprises d’IA génératives d’ « arrêter d’externaliser [leur] coûts directement sur [lui] ». « Au lieu de travailler sur nos priorités à SourceHut, j’ai passé entre 20 et 100 % de mon temps à atténuer les crawlers LLM hyper-agressifs », s’y lamente-t-il. Il explique que Source Hut subit des « dizaines de brèves pannes par semaine » et qu’il doit chercher tous les jours de nouvelles solutions pour ne pas voir la situation empirer. Le même jour, son entreprise expliquait que des crawlers de LLM continuaient à provoquer un DDoS sur SourceHut.
Des solutions pour piéger les crawlers d’IA
Elle expliquait avoir décidé de déployer Anubis pour essayer de bloquer les bots des entreprises d’IA. « Ce logiciel présente à certains utilisateurs un défi de preuve de travail qui est résolu par le navigateur de l’utilisateur à l’aide de JavaScript », explique SourceHut. C’est en fait une solution qu’a développée Xe Iaso après avoir publié son ras-le-bol.
D’autres solutions commencent à être développées, notamment en essayant de piéger les IA dans un labyrinthe de liens. Nepenthes, par exemple. Sa documentation explique que le logiciel « fonctionne en générant des séquences infinies de pages, chacune contenant des dizaines de liens, qui retournent simplement dans un piège ». Nepenthes ajoute des petits détails comme un délai ou une fausse apparence de fichiers statiques pour tromper le crawler.
De son côté, Cloudflare a aussi pensé à une solution de labyrinthe, explique-t-elle dans un billet de blog. Celle-ci « utilise du contenu généré par l’IA pour ralentir, embrouiller et gaspiller les ressources des AI Crawlers et d’autres robots qui ne respectent pas les directives « no crawl » ». L’entreprise, connue pour vendre des solutions pour augmenter la sécurité et les performances des sites internet, propose pour le moment à tous ses utilisateurs la possibilité d’activer gratuitement cette fonctionnalité.
Évoquant des pressions et concessions en faveur des industriels, Reporters sans frontières estime que « rien de concret n’est fait pour protéger le droit des citoyens à accéder à une information fiable » dans l’AI Act. Une coalition de 38 organisations représentant les ayants droit déplore de son côté qu’il contrevienne « au droit de l’UE et ignore l’intention du législateur européen ».
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) vient d’annoncer qu’elle quittait la table des négociations du Code de bonnes pratiques du règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act). « Après avoir joué, en vain, le jeu de la négociation », elle « dénonce l’absence de garanties sur le droit à l’information et le poids exorbitant de l’industrie dans le processus ».
« Le projet repose sur une liste concise d’engagements de haut niveau et prévoit des mesures plus détaillées pour mettre en œuvre chaque engagement », précise la Commission, qui en propose un résumé dédié et un site web interactif.
Il s’agit de « 2 engagements liés à la transparence et au droit d’auteur » pour tous les fournisseurs de modèles d’IA à usage général, mais « avec des exemptions notables aux obligations de transparence pour les fournisseurs de certains modèles open source conformément à la loi sur la transparence », et de « 16 autres engagements liés à la sûreté et à la sécurité », mais « uniquement pour un petit nombre » de fournisseurs de modèles d’IA classés comme « présentant un risque systémique ».
Le processus de rédaction de ce code s’étalera jusqu’en mai 2025 et implique près de 1000 parties prenantes, dont des représentants des États membres de l’UE et des observateurs européens et internationaux, précise la Commission dans sa FAQ consacrée à la question.
Mais « toutes ne bénéficient cependant pas du même statut », relevaitRSF en décembre dernier : les fournisseurs d’IA sont en effet invités à des « ateliers de rédaction » tandis que les autres acteurs, comme les universitaires et organisations de la société civile, « sont uniquement conviés à émettre leur avis sur les versions intermédiaires du texte, et à participer à des groupes de travail – auxquels participent également les fournisseurs d’IA ».
Un outil d’autorégulation par et pour les concepteurs d’IA
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exFAT est un système de fichier créé par Microsoft en 2006 pour les supports amovibles, particulièrement les cartes SD, avec un accent mis sur la gestion des métadonnées. Il s’agissait alors d’un système de fichiers propriétaire. Les spécifications ont finalement été ouvertes en 2019 et la propriété des brevets transférée à l’Open Invention Network. Ce n’est cependant pas une technologie ouverte.
Son support dans Linux a toujours été bancal, malgré des améliorations notables de temps en temps. La version 6.15 du noyau devrait cependant donner un gros coup de fouet, notamment lors de la suppression de fichiers, quand l’option de montage « discard » est active. Cette dernière signifie qu’une opération informe le périphérique de stockage que les blocs sous-jacents ne sont plus utilisés. Supprimer un fichier envoie ainsi un signal pour passer ces blocs du statut « occupé » à « libre ».
C’est un ingénieur de Sony, Yuezhang Mo, qui a apporté la modification. Il explique ainsi qu’en mode discard, les clusters sont éliminés un par un quand l’utilisateur déclenche une suppression de fichiers. Plus le nombre et le poids des fichiers augmente, plus l’opération prend de temps. Au point que ce dernier peut devenir excessif et entrainer un plantage des composants logiciels impliqués, jusqu’au blocage parfois de la machine. Sa modification a donc consisté à permettre le traitement par lots des clusters impliqués, comme le rapporte notamment Phoronix.
Pour donner un ordre d’idée, la suppression d’un fichier unique de 80 Go prenait la bagatelle de 286 secondes, un temps que l’on peut considérer comme « fou ». Avec le noyau Linux 6.15, la même opération prend… 1,6 seconde.
Donald Trump a tenu parole, en annonçant, mercredi, de nouveaux droits de douane exceptionnels, censés favoriser selon lui la réindustrialisation des États-Unis. Si la sidération domine encore sur les marchés financiers, les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. L’Europe et la France défendent déjà l’idée de contre-mesures, parmi lesquelles l’hypothèse d’une taxe GAFAM, appliquée sur les flux financiers des géants du numérique, risque de s’imposer comme une évidence.
L’incertitude a duré jusqu’aux dernières heures : jusqu’où Donald Trump allait-il mettre à exécution ses menaces de droits de douane ? Le président des États-Unis n’a finalement pas mis d’eau dans son vin. Il a annoncé mercredi, à l’occasion de ce qu’il qualifie de « Liberation Day », un jeu de mesures exceptionnelles, qui instaurent des droits de douane particulièrement lourds pour les marchandises importées aux États-Unis. La Chine et les autres pays de l’Asie manufacturière sont particulièrement touchés, tout comme l’Union européenne.
Outre une taxe plancher sur les importations de 10 %, valable pour tous les pays – une approche systématique qui conduit à introduire des droits de douane sur des archipels peuplés uniquement de manchots et d’oiseaux, Trump prévoit des droits de douane individualisés et réciproques plus élevés pour les pays avec lesquels les États-Unis entretiennent une balance commerciale déficitaire.
Présentés à grands renforts de tableaux pendant une conférence de presse, ces droits de douane se montent à 20 % pour l’Union européenne, 54 % pour la Chine (en intégrant les précédentes taxes de 20 % entrées en vigueur début mars), 32 % pour Taïwan, 24 % pour le Japon, 49 % pour le Cambodge ou 46 % pour le Vietnam, 48% pour le Laos, 47% pour Madagascar, 44% pour le Sri Lanka, etc.
Ils ne préjugent pas, par ailleurs, d’éventuelles taxes spécifiques, comme les 25 % désormais prélevés sur l’importation de véhicules produits en dehors des États-Unis.
Une méthodologie qui interroge
Outre les cas particuliers comme le Canada, le Mexique ou la Chine, pourquoi de telles variations entre, disons, le Vietnam et le Cambodge ? Après analyse des chiffres, l’économiste américain James Surowiecki a remarqué une corrélation entre le déficit commercial des États-Unis avec le pays concerné et le niveau de droits de douane appliqué. Une hypothèse qu’a partiellement confirmée le bureau du représentant américain au commerce (USPTR), en publiant, jeudi, l’équation ayant soi-disant présidé au calcul.
Si les modalités de ce calcul interrogent, c’est aussi parce que Donald Trump parle de droits de douane réciproques, comme si les États-Unis ne faisaient que réagir aux pressions commerciales que lui font subir les autres pays du monde. L’Europe est dans ce contexte accusée de taxer à hauteur de 39 % les importations venues de l’autre côté de l’Atlantique, mais d’où vient ce chiffre ?
De façon empirique, un journaliste de Wired vérifie, sur 182 des 185 pays concernés, l’hypothèse de Surowiecki : « pour chaque pays, ils ont simplement pris notre déficit commercial avec ce pays et l’ont divisé par les exportations de ce pays vers nous ». En 2024, l’Union européenne a, par exemple, exporté l’équivalent de 605 milliards de dollars vers les États-Unis, mais importé uniquement 370 milliards de dollars, soit une balance déficitaire de 236 milliards de dollars… qui représente 39 % de ce que les États-Unis ont consommé en provenance de l’Europe.
Quel impact sur le secteur de la tech ?
Jeudi matin, les marchés européens ont vu rouge, très rouge, et l’ouverture de Wall Street s’annonce difficile. Bien que Trump défende l’impact positif de ses mesures pour l’économie américaine, ces droits de douane risquent en effet de soulever de nombreuses difficultés pour les sociétés qui produisent ou s’approvisionnent dans le reste du monde. Apple, qui fabrique massivement en Asie (Chine, Inde, Vietnam) ou Amazon, dont les rayons virtuels débordent de produits manufacturés à l’étranger, figurent parmi les acteurs de premier plan les plus exposés.
Les répercussions à plus long terme sont toutefois difficiles à mesurer. D’abord, parce que l’économie de la tech repose sur une infinité d’interdépendances entre composants, technologies, logiciels et flux financiers mondialisés. Ensuite, parce que la manœuvre de Donald Trump recèle une part variable non négligeable.
« Ces droits de douane resteront en vigueur jusqu’à ce que le président Trump détermine que la menace posée par le déficit commercial et le traitement non réciproque sous-jacent est satisfaite, résolue ou atténuée », expose clairement la Maison blanche. Le président ne s’en cache pas : il cherche à faire pression sur les états comme sur les acteurs économiques, pour obtenir des mesures favorables à l’économie des États-Unis, et ramener sur son sol des investissements, des usines et des emplois.
Vers une guerre commerciale ?
Droits de douane contre droits de douane, l’hypothèse laisse supposer une hausse généralisée des prix avec, à la clé, un risque de récession de l’économie américaine, dont la consommation des ménages représente près de 70 %. Un risque assumé par Donald Trump. « Ce que nous faisons est grand, nous rapportons la richesse à l’Amérique, et il y aura une période de transition. Il faut du temps », déclarait-il le 9 mars dernier, au micro de NBC.
En attendant, une forme de riposte s’organise, même si les contours en sont encore flous. Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a rappelé jeudi matin que l’Union préparait déjà un lot de mesures visant à taxer les marchandises venues des États-Unis, en réponse aux droits de douane déjà instaurés par Donald Trump sur les produits contenant de l’acier et de l’aluminium. « Et nous nous préparons maintenant à de nouvelles contre-mesures pour protéger nos intérêts et nos entreprises si les négociations échouent », a-t-elle ajouté lors de sa déclaration.
Le retour d’une taxe GAFAM européenne ?
Il est toutefois probable que d’autres mesures, moins « réciproques », soient aussi envisagées, et l’hypothèse d’une taxe GAFAM suscite déjà, dans ce contexte, de premières déclarations. Elle apparaît en effet comme une mesure de rétorsion relativement évidente, du fait de la part prépondérante des services, et donc de l’économie numérique, dans la balance commerciale états-unienne. Un point que Donald Trump omet sciemment dans ses propres chiffres et déclarations, qui ne raisonnent que sur la base des biens matériels.
En 2023, l’Europe exportait par exemple 503 milliards d’euros de marchandises vers les États-Unis, et en importait 347 milliards d’euros. Or la situation s’inverse quand on regarde les services : l’Union européenne exportait l’équivalent de 319 milliards d’euros vers les États-Unis, alors que ces derniers génèraient 427 milliards d’euros à partir du marché européen. En matière de services, les États-Unis bénéficient donc d’un excédent commercial significatif vis à vis de l’Europe.
La France semble déjà pencher en faveur de l’idée d’une taxe GAFAM, comme l’a laissé entendre Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, sur RTL. Rappelant le premier volet de la riposte européenne relative à l’aluminium et à l’acier, elle évoque un second volet, plus large, « probablement prêt à la fin du mois d’avril sur l’ensemble des produits et des services, et j’insiste bien sur les services, avec de nouveaux outils » réglementaires, dits anti-coercition.
Mise à jour du 3 avril 2025 : À l’occasion des 50 ans de Microsoft, nous republions petit à petit notre dossier sur l’histoire de Windows. À l’époque, il s’était achevé sur Windows 10. Nous le complèterons demain par une nouvelle partie consacrée à Windows 11.
Article original du 18 novembre 2020 :
Après Windows 8, il devient urgent pour Microsoft de rétablir le consensus. L’aventure Windows 8 avait prouvé que les grandes cassures ergonomiques n’étaient pas possibles. Après tout, on ne pouvait pas tabler sur une philosophie héritée de Windows 95 et tout jeter sans prendre de gants.
Le nom même de Windows 10 a été sélectionné pour incarner un changement important chez Microsoft. À l’heure actuelle, le système doit être considéré comme le dernier des Windows. Aucune autre version majeure ne semble pour l’instant en développement, l’éditeur ayant choisi une autre approche, à savoir des mises à jour fonctionnelles.
Le produit a volontiers été décrit par Microsoft comme un « system as a service », ce qui n’a pas que des avantages. À sa sortie, Windows 10 a conservé le niveau de rapidité de son prédécesseur. En fait, le matériel minimum requis n’a pas bougé depuis Vista, à savoir un processeur de 1 GHz et 1 ou 2 Go de mémoire selon que l’on utilise une édition 32 ou 64 bits. Actuellement, le système est mis à jour tous les six mois, les nouvelles versions étant finalisées en mars et septembre, pour des distributions en avril et octobre.
Les éditions proposées sont toujours les mêmes. La Famille ne pouvait initialement repousser l’installation des mises à jour semestrielle, tandis que les versions Professionnelle et Entreprise ont davantage d’outils. Le menu Démarrer est de retour sous une forme plus complète et personnalisable. Le style graphique reste cependant celui de Windows 8, avec ses vignettes de couleur dynamiques. Windows 10 a beau être une plateforme de consensus, ce courant graphique continue de s’étaler, comme on le voit dans les Paramètres ou dans les applications fournies.
En 2024, comme les années précédentes, le nombre de plaintes envoyées à l’Arcep est en hausse. Les alertes concernant la fibre optique sont sans surprise les plus importantes. Sur le mobile, on note aussi une explosion des spams téléphonique. Dans le même temps, l’Observatoire de la satisfaction client 2025 est aussi disponible.
L’Arcep (régulateur des télécoms) vient de publier le bilan annuel de sa plateforme J’alerte l’Arcep. Lancée fin 2017, elle permet à tout un chacun (particuliers et professionnels) de lui signaler un problème. « Les alertes recueillies permettent de suivre en temps réel les difficultés rencontrées par les utilisateurs, d’identifier les dysfonctionnements récurrents ou les pics d’alertes », explique l’Autorité.
En 2024, le gendarme des télécoms a reçu plus de « 57 000 [+ 8% par rapport à 2023, ndlr] alertes dont environ 49 000 directement sur la plateforme ». Sans surprise, « l’utilisation de j’alerte l’Arcep, en hausse constante, reflète les évolutions des problèmes rencontrés depuis 2018 ».
Le nombre d’alertes sur les réseaux hors fibre décroit (sauf un petit rebond en 2023), tandis que celui sur la fibre optique représente désormais plus de la moitié des signalements. On peut également voir (zone rose) une forte hausse des appels/messages non sollicités ou abusifs sur le mobile, nous allons y revenir.
Signalements : Free (en tête) vs les trois autres opérateurs
Au niveau des opérateurs, Free se démarque à la fois sur le fixe et sur le mobile, mais pas de la meilleure des manières :
« Les signalements reçus concernant les opérateurs Orange, SFR et Bouygues sont en baisse en 2024 et compris entre 75 et 100 pour 100 000 utilisateurs, ceux pour Free sont stables aux alentours de 150 pour 100 000 utilisateurs.
Sur le marché mobile, les signalements reçus concernant les opérateurs Bouygues, Orange et SFR sont plutôt stables depuis 3 ans et sont compris entre 5 et 10 pour 100 000 utilisateurs, ceux pour Free sont en hausse et sont compris entre 10 et 15 pour 100 000 utilisateurs ».
Satisfaction client : Free aussi en tête
Si Free arrive premier sur le nombre de signalements, l’opérateur est aussi en tête sur les notes de satisfaction attribuées par les utilisateurs au service client, avec 2,8/5. Bouygues Telecom et Orange sont deuxièmes avec 2,4/5 et SFR dernier avec 2,2 sur 5.
Autre indicateur : la satisfaction globale des abonnés à un réseau fixe et/ou mobile. Elle « est en légère hausse, pour l’ensemble des opérateurs, par rapport à l’année précédente ». Free est en tête avec 8,1 sur 10, Orange deuxième avec 8,0, Bouygues Telecom troisième avec 7,8 et SFR encore dernier avec 7,5.
« La satisfaction des utilisateurs vis-à-vis des opérateurs mobiles (notés 7,9/10 en moyenne) est équivalente à celle vis-à-vis des fournisseurs d’accès à internet fixe (notés 7,8/10 en moyenne) », ajoute l’Arcep.
Le bilan complet de la satisfaction des utilisateurs vis-à-vis des opérateurs mobiles et Internet est disponible ici. Le document (PDF) fait pas moins de 111 pages. C’était un questionnaire en ligne auto-administré d’une quinzaine de minutes réalisé entre le 23 septembre et le 11 octobre sur un échantillon de 4 006 consommateurs âgés de 18 ans et plus.
Grogne sur les déploiements
Les alertes sur le fixe sont encore et toujours majoritaires avec 85,4%, contre 14,6 % pour le mobile. Néanmoins, « les signalements relatifs au marché fixe ont, pour la première fois depuis le début du lancement de la plateforme de « J’alerte », diminué en 2024 », avec presque deux points de moins.
Dans le détail, sur le fixe chez le grand public, le déploiement des réseaux et la qualité de services et du SAV représentent 94,7 % des signalements. Entre 2023 et 2024, il y a eu un fort mouvement : les plaintes sur les déploiements ont augmenté de presque 50 %, tandis que celles sur la qualité de service ont baissé de 67 %.
Spam téléphonique : explosion des alertes
Cela ne surprendra personne : « en 2024, le volume des signalements relatifs au phénomène d’usurpation de numéro a été multiplié par 16 passant approximativement de 500 alertes en 2023 à 8500 en 2024 ». L’Arcep note une forte fluctuation durant l’année, avec un pic au mois de septembre avec près de 1 500 alertes.
Au global, c’est l’ensemble de la catégorie des alertes liées aux appels et messages non sollicités ou abusifs qui est en très forte augmentation : de 2 029 alertes en 2023, l’Arcep en a reçu 10 973 en 2024, soit plus de cinq fois plus.
Quasiment tous les indicateurs sont en très forte hausse par rapport à 2023 si on se base sur le nombre d’alertes. Par exemple, le démarchage téléphonique abusif est passé de 1 094 à 1 517 alertes, mais ne représentent plus que 13,8 % de l’ensemble à cause de l’explosion du nombre d’usurpations de numéro.
Les opérateurs mettent en place des protections… encore partielles
La lutte s’est intensifiée fin 2024 et début 2025 avec le Mécanisme d’Authentification des Numéros (MAN) en place depuis 1ᵉʳ octobre sur le fixe et sur le mobile chez les quatre opérateurs depuis le début de l’année. Cela pourrait expliquer l’intensification de septembre, avec un dernier tour « d’honneur » ?
Il faudra attendre le prochain observatoire pour juger d’éventuels effets sur le mobile, mais il reste un important trou dans le filet de protection du MAN, comme nous l’expliquions récemment : « les appels en roaming (depuis l’étranger) avec un numéro français ne sont pas concernés ».
Sur le graphique de droite ci-dessous, ne vous fiez pas uniquement à la longueur des barres qui représentent la répartition des alertes (en pourcentage), pas le nombre de signalements.