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RAM : Micron dit ne pas abandonner le grand public et prédit des tensions jusqu’en 2028

14 janvier 2026 à 15:24
Dealer de barrettes
RAM : Micron dit ne pas abandonner le grand public et prédit des tensions jusqu’en 2028

Exercice de communication délicat pour Micron : le groupe états-unien est revenu sur l’annonce de l’abandon de la marque et des produits Crucial, en expliquant qu’il ne fallait pas voir dans cette décision un abandon du grand public. Il admet dans le même temps que les tensions à l’œuvre sur le marché de la mémoire vive sont parties pour durer au moins jusqu’en 2028.

Vaut-il mieux adapter discrètement sa production et mettre le marché devant le fait accompli, ou rassurer ses actionnaires et assumer sa position, quitte à enterrer une marque populaire auprès du grand public ? Début décembre, le géant de la mémoire Micron, basé aux États-Unis, a choisi la deuxième solution en annonçant la fin programmée des gammes de produits Crucial (mémoire vive et stockage à mémoire flash), et son recentrement sur les produits entreprise (comprendre, les composants destinés aux datacenters, IA en tête).

Du grand public, oui, mais en OEM

Quelques semaines plus tard, un porte-parole de Micron s’est livré à un jeu d’équilibriste pas évident en tentant de justifier ce choix aux yeux du grand public. Christopher Moore, présenté comme vice-président de Micron en charge du marketing, s’est en effet exprimé auprès du site spécialisé dans le hardware Wccftech. Il y a défendu l’idée selon laquelle la stratégie du groupe n’avait pas été comprise correctement.

« Tout d’abord, je voudrais préciser que cette perception n’est peut-être pas tout à fait exacte, du moins de notre point de vue », avance-t-il prudemment, avant de souligner que Micron conserve « une activité importante sur les marchés des ordinateurs et des appareils mobiles ».

D’après lui, Micron conserve bien une activité destinée au grand public, mais celle-ci s’incarne au travers des activités OEM, qui consistent à fournir des modules de mémoire vive ou des cellules de mémoire flash à des constructeurs tiers qui les intègreront ensuite à leurs produits. Selon Christopher Moore, Micron resterait un partenaire de premier plan du marché informatique, en équipant par exemple les Dell, Asus et consorts en puces de LPDDR5 pour leurs ordinateurs portables.

Dans le même temps, le vice-président admet que Micron ne peut ignorer la demande qui émane du monde des centres de données et des acteurs de l’IA, dans la mesure où le marché total adressable que représente le secteur ne cesse de grandir.

« Ce n’est pas un problème propre à Micron, c’est un problème qui touche tout le secteur. Nous, nos concurrents et nous-mêmes nous efforçons tous de répondre au mieux à la demande, mais l’offre est insuffisante. C’est une situation vraiment regrettable », fait-il valoir, tout en assurant qu’en dépit de cette demande, Micron continue à approvisionner le marché grand public.

Allocation de ressources

Reste à savoir dans quelles proportions ? Comme nous le détaillions fin décembre, les puces mémoire destinées au segment de l’IA sont nettement plus génératrices de marge que le marché grand public au détail, auquel s’adressait principalement Crucial.

Micron et ses concurrents Samsung et SK hynix, qui constituent pour mémoire les trois principaux fabricants de mémoire vive au monde, ont logiquement accéléré leurs investissements dans de nouvelles lignes de production, mais les chantiers prennent du temps, tout comme l’approvisionnement en machines spécialisées. Les projets de création d’usine se concentrent par ailleurs sur les mémoires les plus en pointe (GDDR7, HBM), ce qui laisse craindre aux analystes des tensions durables sur le marché de l’informatique traditionnelle.

Sur ce volet, Christopher Moore annonce que Micron travaille à l’augmentation de ses capacités, mais n’est pas en mesure de formuler de promesses de court terme. Il prend ainsi l’exemple de l’usine ID1, dont la création a été soutenue financièrement par le Chips Act sous l’administration Biden. Sa construction a débuté en 2023, et les premières puces ne sont pas attendues sur le marché avant 2028.

De la difficulté d’investir sur un marché cyclique

« Les fabricants de mémoire s’efforcent de construire de nouvelles lignes de production, mais les contraintes du processus les obligent finalement à repousser les délais de plusieurs trimestres, ce qui signifie que pour le consommateur moyen, les pénuries de DRAM pourraient persister pendant un certain temps, ou du moins jusqu’à ce que la demande en IA commence à s’estomper », conclut-il.

Micron se garde bien en revanche d’évoquer un autre facteur, qui rentre pourtant en ligne de compte : la mémoire vive fait partie de ce que l’on considère comme les marchés cycliques. Elle alterne en effet des périodes d’abondance, pendant lesquelles l’offre répond largement à la demande, et les périodes de tension, à l’image de la pénurie actuelle.

Compte tenu des investissements colossaux que suppose la création de nouvelles usines, les géants des semiconducteurs s’efforcent de lisser au maximum l’effet de ces cycles, quitte à accepter que les périodes de pénurie se prolongent. Et comme le fait remarquer un analyste de Bernstein, bien que tous annoncent d’importants projets de construction d’usine, leurs perspectives d’investissement suivent une trajectoire de croissance dont les proportions ne sont pas comparables à celles des dépenses envisagées par les géants du cloud et de l’IA dans leurs infrastructures.

☕️ Instagram teste une fonction permettant d’influencer (un peu) son algo de recommandation

14 janvier 2026 à 08:56

Vous en avez assez de voir votre flux Instagram envahi de publications liées à une recherche ponctuelle que vous avez eu le malheur de faire deux semaines plus tôt ? Le réseau social semble avoir entendu les récriminations de certains de ses utilisateurs. Il vient en effet d’annoncer le déploiement progressif d’une nouvelle option baptisée Your Algorithm (votre algorithme), qui permet à l’internaute d’inclure ou d’exclure les centres d’intérêt de son choix des recommandations formulées par la plateforme.

L’option n’est pour l’instant disponible qu’au travers de l’interface dédiée aux Réels, et uniquement sur les applications paramétrées en langue anglaise. Si vous faites partie du premier contingent de testeurs, vous devriez voir apparaître, lors de la consultation d’un Réel, un bouton combinant deux réglettes et deux cœurs, en haut à droite de l’interface. Celui-ci ouvre un menu dédié, par lequel vous pourrez ajouter, ou retrancher, des centres d’intérêt.

Instagram inaugure une option de personnalisation de l’algorithme, mais ne propose pas d’affichage chronologique des vidéos

Reste à voir quelle sera la portée exacte de cet outil, dans la mesure où la recommandation automatique de contenus constitue désormais l’épine dorsale du fonctionnement d’Instagram (et de ses concurrents), qu’il s’agisse de stimuler l’engagement, de doper le temps passé à consulter des contenus ou, bien sûr, d’optimiser l’efficacité des publicités.

Adam Mosseri, patron d’Instagram chez Meta, avait évoqué l’introduction de cette option de personnalisation de l’algorithme en septembre dernier. « Nous allons bientôt tester une fonctionnalité vous permettant de personnaliser votre algorithme en ajoutant et en supprimant des sujets selon vos centres d’intérêt, en commençant par les vidéos. Nous espérons que ce sera une nouvelle façon pertinente de façonner ce que vous voyez », promettait-il.

Meta a récemment été condamné par la justice néerlandaise en vertu du DSA, pour n’avoir pas proposé un flux chronologique au sein d’Instagram. Depuis fin 2024, le réseau social centré sur l’image dispose d’une fonction de réinitialisation de l’algorithme, pour permettre à l’utilisateur de repartir d’une page blanche en matière de recommandations.

Apple réunit ses logiciels vedettes dans un Creator Studio à 12,99€ par mois

14 janvier 2026 à 07:05
Une pierre dans le jardin d'Adobe
Apple réunit ses logiciels vedettes dans un Creator Studio à 12,99€ par mois

Apple embrasse à son tour la logique de l’abonnement, avec le lancement prochain d’une offre baptisée Creator Studio. Elle réunit Final Cut Pro, Pixelmator Pro et Logic Pro ainsi que les outils de la suite iWork que sont Keynote, Pages et Numbers, pour 12,99 euros par mois ou 129 euros par an, avec une tarification encore plus agressive pour les étudiants et enseignants.

Apple cède à son tour aux sirènes de l’abonnement pour ses applications professionnelles, avec le lancement d’une offre dont le tarif se veut particulièrement compétitif. Sur iPad comme sur Mac, Apple propose en effet d’accéder à ses applications vedette en matière de montage vidéo (Final Cut Pro), de travail de l’image (Pixelmator Pro), de création sonore (Logic Pro) et de bureautique (Keynote, Pages, Numbers, Freeform) pour un forfait unique, fixé à 12,99 euros par mois ou 129 euros par an (avec un mois d’essai gratuit).

Apple y ajoute les logiciels satellites de ses outils de création (Motion, Compressor et MainStage sont compris dans l’offre sur Mac) et promet l’arrivée de « fonctionnalités intelligentes » et de « contenus premium » pour Keynote, Pages, Numbers et Freeform (dans leurs versions iOS, iPadOS ou Mac), qui restent par ailleurs accessibles gratuitement. « Un abonne­ment à Apple Creator Studio donne accès à des modèles premium, à une biblio­thèque de photos et d’illustrations libres de droits de haute qualité et à des fonction­nalités intelligentes et puissantes », précise à ce niveau l’entreprise.

Apple embrasse la logique de l’abonnement

Bien que présentée comme un bouquet dédié aux créateurs dans leur activité professionnelle, la formule Apple Creator Studio est compatible avec le Partage familial d’Apple, ce qui signifie que l’abonnement « peut être partagé avec jusqu’à cinq autres membres de la famille ».

Comme sur le matériel, la firme de Cupertino prévoit dans le même temps une politique tarifaire dédiée au monde de l’éducation, avec un rabais plus que conséquent pour les étudiants et les membres du corps enseignant éligibles. Pour eux, l’abonnement passe à 2,99 euros par mois ou 29 euros par an. À ce prix, les fonctions de partage de compte sont cependant exclues.

Quid des licences perpétuelles ? Sur ce point, Apple ménage la chèvre et le chou. L’entreprise maintient la possibilité d’acheter Final Cut Pro, Logic Pro, Pixelmator Pro, MainStage, Motion ou Compressor, mais uniquement sur Mac. Autrement dit, sur iPad, point de salut hors de l’abonnement. Les versions existantes de ces différentes applications obtenues hors abonnement restent (heureusement) fonctionnelles.

Une offre agressive vis-à-vis d’Adobe

De nombreuses dents ont grincé quand Adobe a pris le parti, en 2013, d’imposer la logique d’abonnement avec le lancement de son offre Creative Cloud, qui inclut (entre autres) Photoshop, Premiere, Illustrator, Adobe Express et Acrobat Pro.

Hors promotion, la formule complète, qui réunit plus de vingt applications et offre des fonctions d’IA et l’hébergement de projets dans le cloud d’Adobe, est affichée début 2026 à 78,65 euros par mois. Elle se décline également sous forme d’abonnements à des applications individuelles telles que Photoshop ou Illustrator, dont les offres unitaires se révèlent supérieures, en prix, au Creator Studio annoncé par Apple.

Reste à voir si et comment Adobe, dont le cours en bourse a accusé un recul de 5 % à Wall Street lundi, choisira de répondre à Apple.

L’offre Creator Studio sera disponible à partir du 28 janvier.

Tennis, spéléologie : nouvelles fuites de données chez les fédérations sportives

13 janvier 2026 à 16:48
J'fais des trous, des p'tits trous encore des p'tits trous
Tennis, spéléologie : nouvelles fuites de données chez les fédérations sportives

L’hémorragie de données personnelles se poursuit au niveau des fédérations sportives françaises avec deux nouveaux incidents qui touchent respectivement les adeptes du tennis et de la spéléologie. L’auteur présumé de l’intrusion au sein des systèmes de la fédération française de tir a quant à lui été interpellé.

La Fédération française de tennis a alerté, lundi par mail, certains de ses adhérents au sujet d’un « acte de cyber-malveillance ayant affecté une plateforme utilisée par les clubs ». Reprise dans un communiqué publié sur son site, cette intrusion a conduit à l’exposition de certaines informations personnelles des licenciés.

1,2 million de licenciés à la FFT

Dans le lot figurent « notamment le nom, le prénom, les coordonnées (adresse e-mail, adresse postale, numéro de téléphone) ainsi que, le cas échéant, des informations relatives à la licence », indique la FFT.

Elle prend soin de préciser qu’aucune donnée bancaire ni aucun mot de passe n’ont été compromis, un message rassurant qui ne doit cependant pas occulter les risques d’usurpation d’identité ou les tentatives de phishing rendus possibles par la combinaison des informations personnelles divulguées.

« Dès la détection de cet incident, la FFT a immédiatement mis en œuvre les mesures nécessaires afin de sécuriser la plateforme, notamment par le blocage des accès concernés et le lancement d’investigations techniques approfondies », promet la fédération, qui prodigue dans la foulée les habituels conseils de vigilance en cas de prise de contact suspecte, que ce soit par mail, par SMS ou par téléphone…

La FFT, qui se félicitait en juillet dernier d’avoir franchi la barre des 1,2 million de licenciés, ne précise pas combien de comptes individuels ont pu être exposés. Elle s’abstient également de communiquer le nom du « portail » incriminé dans la fuite ou la raison sociale de son éditeur.

Nouvelle vague d’intrusions et de fuites

Le phénomène n’épargne pas les disciplines plus confidentielles. La Fédération française de spéléologie (environ 7 500 licenciés en 2020 d’après Wikipédia) a par exemple subi coup sur coup deux attaques. La première, signalée le 31 décembre dernier, a entraîné la coupure, pendant quelques jours, du portail utilisé pour la souscription d’assurances dédiées aux initiations. Les données exposées comprenaient identité, coordonnées, informations fédérales et métier renseigné par l’utilisateur.

Quelques jours plus tard, nouvel incident, enregistré cette fois au niveau du portail dédié à la gestion des adhésions en ligne de la fédération. « Cette attaque a entraîné un accès non autorisé à une partie de vos données personnelles associées à votre compte : nom, prénom, date de naissance, métier, nationalité, adresse e-mail, numéro de téléphone, adresse postale, numéro de licence et abonnement aux revues de la Fédération. Aucun de vos mots de passe n’est concerné », a informé par mail daté du 10 janvier le président de la FFSpéléo.

Le mois de décembre avait déjà été marqué par plusieurs attaques ou fuites de données reconnues au niveau d’autres organisations sportives de premier plan. Le 10 décembre, c’est par exemple la Fédération française de cyclisme qui alertait ses licenciés d’une « intrusion non autorisée sur son système d’information » survenue dans la nuit. Les informations d’identité et les coordonnées ont pu être exposées, mais « la base documentaire et les pièces d’identité stockées sur l’Espace FFC ne sont pas concernées », rassurait la fédération.

L’Ufolep incrimine l’un de ses prestataires

L’Ufolep (fédération multisports) a elle aussi informé d’une intrusion certains de ses licenciés aux alentours du 9 décembre. Cette fois, l’Union cible nommément le prestataire par lequel la fuite serait intervenue : « nous avons le regret de vous informer qu’un incident de sécurité a récemment affecté notre plateforme de gestion de formation et de compétition, opérée par notre prestataire Exalto », indique son message.

Le nom d’Exalto et sa plateforme e-licence s’étaient déjà invités dans l’actualité début 2025, à l’occasion d’une précédente vague d’attaques ciblant les clubs et fédérations sportifs. Next avait alors remonté la trace du prestataire dont les outils faisaient office de dénominateur commun entre toutes les organisations touchées.

La nouvelle vague d’attaques survenue entre décembre et janvier semble plus hétérogène pour ce qui est du mode opératoire. Elle montre toutefois que le secteur du sport amateur reste à la fois vulnérable et attractif aux yeux des pirates.

Fédération française de tir (FFTir) : un suspect interpellé

Hasard du calendrier, cette recrudescence d’attaques intervient alors que l’enquête relative au vol de données réalisé sur l’intranet de la Fédération française de tir, le 20 octobre dernier, a débouché ce 9 janvier sur la mise en examen d’un suspect. Interpellé trois jours plus tôt, ce jeune homme de 18 ans originaire d’Aubervilliers est accusé d’avoir participé à la fuite et à la vente d’informations personnelles associées aux licenciés de la FFTir.

Outre les habituels risques d’usurpation d’identité ou de communication frauduleuse, ces données semblent avoir été exploitées dans le cadre de vols par effraction chez certains détenteurs d’armes à feu, survenus après le vol des données concernées. En novembre dernier, le service central des armes et explosifs avait d’ailleurs reconnu (PDF) que des manœuvres frauduleuses avaient été rapportées par des adhérents. « En particulier, certains licenciés ont été appelés par des individus se présentant comme policier ou gendarme et les questionnant sur les armes éventuellement détenues ».

☕️ BXIA : Bordeaux se prépare à accueillir un datacenter IA à plusieurs milliards d’euros

13 janvier 2026 à 07:49

Un consortium d’acteurs privés travaille à la création d’un datacenter IA de grande envergure qui prendrait place à proximité immédiate de la ville centre, sur le parking de l’actuel Parc des expositions. Le projet serait dimensionné pour un raccordement électrique de l’ordre de 380 MW, et viserait l’équivalent de 250 MW de puissance de calcul utile.

C’est Pierre Hurmic, maire écologiste de Bordeaux, qui a vendu la mèche le 7 janvier dernier, lors de la présentation de ses vœux au monde économique, par l’entremise du Medef Gironde. « On parle de milliards d’euros », a souligné l’édile, cité par Placéco. À ce stade, l’identité des porteurs de projet est encore confidentielle.

De premières précisions émergent le 10 janvier, dans les colonnes de Rue89 Bordeaux : le média révèle que le projet est porté par NFU (Nouvelles Fonctions Urbaines), un promoteur immobilier basé à Bordeaux, et cofondé en 2022 par Vincent Feltesse, ancien président de Bordeaux Métropole, avec le soutien financier d’Osae Partners, un fonds lui aussi spécialisé dans l’immobilier.

NFU a notamment piloté le volet immobilier de BX1, le datacenter bordelais (plus exactement situé à Bruges, dans la métropole) d’Equinix, où aboutit le câble transatlantique Amitié, mis en service en 2023.

NFU était par ailleurs engagé avec Equinix autour d’un deuxième datacenter girondin, BX2. Ce dernier avait vocation à prendre place à proximité du Parc des expositions de Bordeaux, et sa construction devait intervenir en parallèle de celle d’un centre nautique porté par la commune de Bruges, qui aurait servi de débouché à la chaleur fatale émise par les équipements informatiques. Le projet de centre nautique a cependant été abandonné pour des raisons budgétaires par la ville de Bruges…

Le Parc des expositions de Bordeaux s’étend le long du lac – Beam33000, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

… et BX2 semble avoir été sorti du viseur, au profit d’une infrastructure de calcul nettement plus ambitieuse, baptisée BXIA. Mardi matin, les porteurs de projet sont sortis officiellement du bois, en révélant à Sud Ouest les grandes lignes de leur montage : trois milliards d’euros d’investissements sur dix ans, un an de travaux préparatoires en coulisse, et un modèle de type colocation, qui permettrait donc d’accueillir tous les acteurs intéressés par cette puissance de calcul d’une envergure sans précédent sur la façade Atlantique.

À Sud Ouest, le duo NFU Osaé déclare disposer de « deux ans de fonds propres » pour acheter le foncier nécessaire à Bordeaux Métropole et lancer les premières phases de construction, avec un objectif de mise en service de la première tranche à horizon 2028. Quid de la suite ? Les porteurs affirment qu’ils croient en « un supercalculateur souverain » mais devront trouver des fonds extérieurs.

À l’échelle locale, la ville de Bordeaux, où Pierre Hurmic vient d’annoncer qu’il était candidat à sa réélection, aurait déjà donné son accord, et les élus de Bordeaux Métropole sont censés étudier le 30 janvier prochain la cession du foncier. D’après Placéco, la demande de raccordement à RTE aurait déjà été faite.

☕️ Défense : Harmattan AI lève 200 millions de dollars, Dassault Aviation au capital

12 janvier 2026 à 15:31

Fondée en avril 2024 et spécialisée dans le développement de systèmes de défense autonomes, la startup française Harmattan AI annonce lundi avoir bouclé une levée de fonds de 200 millions dollars, sur la base d’une valorisation fixée à 1,4 milliards de dollars.

L’entreprise peut donc désormais s’enorgueillir du statut de licorne (nom donné aux startups dont la capitalisation dépasse le milliard de dollars), mais aussi d’un soutien industriel de premier plan.

Cette deuxième levée de fonds (série B) est en effet emmenée par Dassault Aviation (avions d’affaires Falcon et chasseurs Rafale), qui se positionne à la fois comme investisseur et comme partenaire, avec la perspective de débouchés commerciaux au sein de la « prochaine génération de systèmes de combat aérien » conçus par l’avionneur.

Dassault Aviation mène ce tour de table auquel participent aussi les fonds Motier Ventures ou Sisyphus

Dassault n’évoque pas le programme européen SCAF (système de combat aérien du futur), objet de discordes entre les différents états membres impliqués, mais mentionne explicitement le Rafale F5, prochain standard de son avion de combat attendu à horizon 2035, et le système de drone de combat UCAS qui doit l’accompagner. « Cette collaboration s’inscrit dans une stratégie globale visant à intégrer une IA souveraine, contrôlée et supervisée aux systèmes de combat de Dassault Aviation », affirme le groupe.

Harmattan AI, qui revendique déjà « plusieurs milliers de systèmes livrés chaque mois », devrait mettre à profit les fonds réunis pour muscler ses effectifs, comme en témoigne la longue liste de postes ouverts. Les recrutements s’opèrent entre Paris (son siège social), Wissous (à côté d’Orly, où l’entreprise assemble ses appareils) mais aussi Londres et Lausanne, où la startup cofondée par Mouad M’ghari et Martin de Gourcuff (ancien de Parrot, puis de Withings) dispose de bureaux.

Bien que très jeune, Harmattan AI dispose déjà de solides références. Le 30 juin dernier, elle a remporté l’appel d’offres européen lancé par la DGA française portant sur l’acquisition de 1 000 drones destinés à l’armée de terre. En septembre 2025, elle a annoncé un contrat similaire avec le ministère de la Défense britannique, portant cette fois sur 3 000 appareils.

☕️ Mail de récupération mot de passe : Instagram récuse tout piratage

12 janvier 2026 à 10:14

Si vous disposez d’un compte Instagram, peut-être avez-vous reçu, ces derniers jours, un mail non sollicité de récupération de votre mot de passe. Malwarebytes, éditeur de l’antivirus éponyme, a affirmé dans sa newsletter que le phénomène découlait d’une intrusion dans les systèmes d’Instagram.

« Cette semaine, Malwarebytes a découvert que des pirates informatiques avaient dérobé les informations sensibles de 17,5 millions de comptes Instagram. Ces données, comprenant noms d’utilisateur, adresses postales, numéros de téléphone, adresses électroniques et autres, peuvent être exploitées par des cybercriminels pour usurper l’identité de marques de confiance, tromper les utilisateurs et voler leurs mots de passe », affirmait l’éditeur.

L’hypothèse de cette intrusion a largement circulé sur les réseaux sociaux entre samedi et dimanche, bien aidée, dans la sphère francophone, par le relais de Clément Domingo (alias SaxX sur les réseaux sociaux), récemment épinglé pour ses révélations discutables d’un point de vue éthique.

Instagram a fini par réagir dimanche, non pas sur les canaux de Meta, mais par l’intermédiaire d’un message posté sur X. Via son compte officiel, le réseau social indique :

« Nous avons corrigé un problème qui permettait à un tiers de demander l’envoi d’e-mails de réinitialisation de mot de passe pour certains utilisateurs. Nos systèmes n’ont subi aucune intrusion et vos comptes Instagram sont sécurisés. Vous pouvez ignorer ces e-mails. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. »

Instagram a communiqué dimanche sur X

Le message constitue une dénégation catégorique, mais il ne donne aucune explication concrète sur la nature du « problème » en question.

D’où viennent dans ce cas les 17,5 millions de comptes compromis évoqués par Malwarebytes ? D’après Troy Hunt de Have I Been Pwned, le déclencheur serait le « repost » d’une publication de 2024 annonçant la mise en vente d’un jeu de 17 millions d’enregistrements issus des bases de données d’Instagram. Dans le lot, environ 6 millions de lignes seraient associées à une adresse email. Un volume qui correspond à celui de la fuite surnommée Doxagram, survenue en 2017.

Troy Hunt n’établit aucun lien formel, mais renvoie vers la déclaration d’Instagram en remarquant que «  les données extraites ne semblent pas être liées aux demandes de réinitialisation de mot de passe effectuées sur la plateforme, malgré la concordance temporelle. Rien ne prouve que des mots de passe ou d’autres données sensibles aient été compromis. »

☕️ Internet est coupé à grande échelle en Iran, alerte l’ONG Netblocks

8 janvier 2026 à 19:39

Alors que les protestations contre le régime en place s’intensifient depuis douze jours en Iran, l’ONG Netblocks a alerté jeudi, en fin d’après-midi, sur la coupure progressive des principaux réseaux de télécommunications à l’échelle du pays. Ce n’est pas la première fois que l’Iran se ferme ainsi.

« Les données en direct du réseau montrent que Téhéran et d’autres régions d’Iran sont désormais plongées dans un black-out numérique, la connexion internet étant interrompue chez plusieurs fournisseurs. Ce nouvel incident fait suite à des coupures régionales et risque de limiter fortement la couverture des événements sur le terrain, alors que les manifestations s’étendent », s’inquiète Netblocks sur ses réseaux sociaux.

Partagée par Netblocks sur ses réseaux sociaux, cette capture d’écran illustre le trafic mesuré au niveau de l’AS58224 opéré par Iran Telecommunication Company PJS

« Cet incident fait suite à une série de mesures de censure numérique croissantes visant les manifestations à travers le pays et entrave le droit du public à communiquer à un moment critique », ajoute encore l’ONG, selon qui ces coupures sont donc à mettre au crédit du régime de Téhéran.

Cloudflare confirme la situation via son Radar, avec un trafic quasi nul en Iran depuis la fin d’après-midi. En début d’après-midi, « le nombre d’adresses IPv6 annoncées en Iran a chuté d’environ 98,5 % », ajoute Cloudflare. D’après nos constatations, plusieurs sites officiels de l’administration iranienne étaient inaccessibles jeudi vers 20h30 (heure de Paris).

L’ONG Iran Human Rights s’est elle aussi inquiétée jeudi du durcissement de la réponse apportée par le pouvoir aux manifestations. Surgies du bazar de Téhéran le 28 décembre dernier et motivées, au départ, par une inflation galopante doublée d’une monnaie complètement dévaluée, elles concernent maintenant tout le pays.

Iran Human Rights affirme que les forces de l’ordre ont procédé à des tirs à balle réelle, et estime qu’au moins 45 personnes, dont huit mineurs, ont été tués depuis le début du mouvement, dont 13 sur la seule journée du 7 janvier.

L’Iran s’était déjà massivement coupé d’Internet en juin dernier, en raison d’« inquiétudes » de cyberattaques. Le blackout avait été mis en place pendant plus de 60 heures. L’ONG Miaan rappelait alors les conséquences d’une telle coupure : communications internationales coupées, messageries (WhatsApp, Signal…) non disponibles, accès aux informations limité, etc.

Et si vous vous demandez comment l’Iran (ou d’autres pays) peuvent aussi facilement et rapidement se couper d’Internet, nous avons publié un dossier sur le sujet.

☕️ Aux États-Unis, l’Apple Card va passer de Goldman Sachs à JPMorgan Chase

8 janvier 2026 à 12:45

Opérés depuis Goldman Sachs depuis leur lancement, la carte de paiement Apple Card et les services de crédit et de cashback associés vont passer entre les mains d’une autre banque, JP Morgan Chase. Cette transition, annoncée le 7 janvier, doit s’échelonner sur environ deux ans.

Elle est censée se dérouler sans heurts et surtout sans interruption de service pour les souscripteurs de ces services financiers, lancés par Apple aux États-Unis à partir de 2019. « Les utilisateurs d’Apple Card peuvent continuer à utiliser leur carte comme d’habitude pendant la transition. Des informations supplémentaires seront communiquées à l’approche de la date de transition », indique Apple dans une FAQ dédiée.

S’il est présenté comme indolore pour le client final, ce changement de partenaire financier se révèle cependant le fruit de longues négociations. Il aurait ainsi fallu plus d’un an à Apple pour identifier un successeur à Goldman Sachs, et parvenir à la négociation d’un accord susceptible de convenir aux trois parties prenantes.

La clientèle de l’Apple Card représente environ 20 milliards de dollars d’encours de prêts, d’après le Wall Street Journal. JPMorgan Chase aurait obtenu une décote de plus d’un milliard de dollars sur cet encours, révèle le quotidien économique, ce qui signifie que Goldman Sachs souhaitait s’en débarrasser.

Associée en priorité à l’iPhone et Apple Pay, l’offre Apple Card s’accompagne d’une carte physique, blanche, en titane – crédit Apple

Dans sa propre communication, Goldman Sachs affirme poliment que cette transaction participe de sa volonté de resserrer son offre de services financiers à destination du grand public. Son CEO, David Solomon, n’avait cependant pas fait mystère de sa volonté de se désengager de l’accord passé avec Apple.

Alors que les deux entreprises devaient initialement collaborer jusqu’en 2030, Solomon avait publiquement évoqué une rupture anticipée de contrat en janvier 2025, expliquant que l’Apple Card avait contribué à faire baisser le rendement des capitaux propres de Goldman Sachs de 75 à 100 points de base en 2024.

Goldman Sachs n’a pas communiqué précisément les pertes associées à l’Apple Card, mais la banque déclarait, sur son exercice 2024, 859 millions de dollars de déficit pour sa division Platform Solutions, dédiée notamment à ses partenariats en matière de paiement.

Reste à voir dans quelle mesure JPMorgan Chase et Apple décideront (ou non) de faire évoluer l’offre Apple Card pour améliorer sa rentabilité. La carte de paiement aux couleurs d’Apple (blanche, en titane et gravée au laser) promet notamment 3 % de rétrocessions (cashback) sur les achats réalisés chez Apple et une série de partenaires, une épargne rémunérée et un accès simplifié à des offres de crédit à la consommation qui constituent le nerf de la guerre du modèle.

Le lancement de l’Apple Card, en 2019, avait été entaché d’une polémique liée aux algorithmes en charge du calcul des autorisations de crédit, accusés de biais sexistes. Dans certains cas, ces derniers accordaient des autorisations de crédit supérieures à des hommes qu’à des femmes, pourtant en couple au sein d’un même foyer. Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, avait lui-même été victime du phénomène. L’enquête diligentée par le département des services financiers de l’état de New York s’était finalement conclue par un non lieu (PDF) en 2021.

Début 2024, Apple et Goldman Sachs ont en revanche écopé d’une amende de 89 millions de dollars prononcée par le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB) pour n’avoir pas géré de façon correcte des transactions litigieuses signalées par les utilisateurs de la carte, et pour défaut d’information sur certains pans de l’offre de crédit.

☕️ Bose arrête le support des enceintes SoundTouch mais ouvre leur API à la communauté

8 janvier 2026 à 07:57

Voilà une idée qui mériterait sans doute de faire des émules : Bose, qui avait annoncé en octobre dernier la fin du support technique et des services connectés associés aux enceintes de la gamme SoundTouch, vient d’offrir une alternative aux consommateurs concernés.

Le fabricant a en effet mis à jour, mercredi 7 janvier, la note d’information dédiée, pour signaler la mise à disposition de la documentation relative à l’API SoundTouch. « Nous rendons nos spécifications techniques disponibles afin que les développeurs indépendants puissent créer leurs propres outils et fonctionnalités compatibles avec SoundTouch ».

Les conditions d’utilisation de l’API en question (documentation en PDF) ont elles aussi été mises à jour en date du 7 janvier, pour refléter cette nouvelle permissivité.

Bose a commercialisé l’enceinte sans fil SoundTouch 20 de 2014 à 2023. A l’époque, la marque avait passé un accord avec Deezer – crédit Bose

Bose annonce par ailleurs que la date de fin programmée des services cloud opérés par ses soins sur les produits SoundTouch, initialement fixée au 18 février 2026, était désormais reportée au 6 mai 2026.

Après le 6 mai, les enceintes concernées ne recevront donc plus aucune mise à jour (notamment de sécurité). Ces dernières resteront cependant fonctionnelles sur un réseau local, lorsqu’elles sont alimentées par une application ou un service de musique exécuté depuis un autre appareil. En revanche, le pilotage centralisé des services musicaux depuis l’application Bose ne sera plus possible… à moins donc que de nouveaux clients non officiels prennent le relais, en vertu de l’API rendue disponible.

« Les systèmes SoundTouch par Bose ont été lancés en 2013. Depuis, la technologie a évolué et nous ne sommes plus en mesure de continuer le développement et l’assistance de l’infrastructure du cloud qui supporte cette ancienne génération de produits. Nous nous engageons toujours vers la création de nouvelles expériences sonores pour nos clients en nous appuyant sur des technologies modernes », justifie le constructeur.

xAI d’Elon Musk lève 20 milliards de dollars, en dépit des polémiques liées à Grok

7 janvier 2026 à 09:38
Billion dollar baby
xAI d’Elon Musk lève 20 milliards de dollars, en dépit des polémiques liées à Grok

xAI vient de réaliser un nouveau tour de table qui permet à l’entreprise spécialisée dans l’IA d’Elon Musk de disposer de 20 milliards de dollars supplémentaires pour financer ses développements. Une partie de cette manne devrait servir les pharaoniques projets d’infrastructure de l’entreprise, qui vient par exemple de signer l’acquisition de turbines à gaz destinées à leur fournir près de 2 GW d’énergie supplémentaires.

Grok a beau dérailler à pleins tubes, entre saillies négationnistes et deepfakes douteux, l’entreprise d’IA générative pilotée par Elon Musk semble n’avoir pas perdu la confiance des investisseurs. Elle vient en effet d’annoncer la conclusion de sa série E, soit son cinquième tour de financement après l’amorçage, sur une note positive : xAI affirme en effet avoir réuni 20 milliards de dollars, alors que son objectif initial se situait plutôt à 15 milliards de dollars.

Une valorisation supérieure à 200 milliards de dollars ?

La plupart des investisseurs historiques de xAI remettent au pot. Le tour de table associe ainsi plusieurs fonds états-uniens (Valor Equity Partners, Stepstone Group, Fidelity Management & Research Company), mais aussi des industriels du secteur (dont NVIDIA et Cisco) et des financeurs venus du Moyen-Orient, Qatar Investment Authority et le fonds émirati MGX, par ailleurs premier financeur du projet Campus IA en Île-de-France (voir notre reportage).

Ce nouvel apport d’argent frais intervient sept mois après la série D, réalisée en juin 2025 sur un montant d’environ 5 milliards de dollars. Précédemment, xAI avait levé 6 milliards de dollars en décembre 2024 et, déjà, 6 milliards en mai de la même année. Chaque opération de ce type est en principe l’occasion pour l’entreprise de renégocier à la hausse sa valeur, mais xAI ne précise pas la capitalisation retenue pour ce nouveau tour de table.

Le Financial Times affirmait pour sa part en novembre dernier que xAI raisonnait sur une valeur de l’ordre de 230 milliards de dollars au moment où l’entreprise cherchait à lever 15 milliards de dollars.

Notons qu’outre ces levées de fonds, réalisées en capital, xAI recourt également dans des proportions importantes à la dette bancaire : la série D bouclée en juin 2025 a par exemple été accompagnée d’un emprunt de 5 milliards de dollars, destiné notamment à la poursuite du financement de Colossus, le gigantesque datacenter de xAI installé à Memphis (Tennessee).

Accélérer le développement des infrastructures

Le renforcement continu des infrastructures de calcul fait partie des principaux objectifs annoncés par l’entreprise, qui se félicite d’avoir accru, à fin 2025, son « avantage décisif en matière de calcul grâce aux plus grands supercalculateurs d’IA au monde, Colossus I et II ». Elle revendique à cette date un parc installé de plus d’un million de GPU H100 (NVIDIA) ou équivalents.

« Ce financement accélérera le développement de notre infrastructure de pointe », affirme xAI dans son communiqué du 6 janvier. Le même jour, Elon Musk a confirmé, sur son réseau social, l’information selon laquelle l’entreprise venait de boucler l’acquisition de cinq gigantesques turbines dédiées à l’alimentation au gaz naturel de ses centres de données.

« xAI a acheté cinq turbines à gaz naturel de 380 MW supplémentaires à Doosan Enerbility de Corée du Sud. Les deux premières unités sont programmées pour une livraison fin 2026. Elles alimenteront un cluster additionnel équivalent à plus de 600 000 GB200 NVL72 », a affirmé le compte X SemiAnalysis, auquel Musk a sobrement répondu « True » (vrai), soulignant à quel point l’approvisionnement en énergie devient un enjeu crucial pour les grands noms de l’IA, dont les besoins dépassent souvent l’offre disponible en local.

Grok 5 en phase d’entraînement

Dans son communiqué, xAI salue les progrès continus effectués par ses modèles Grok. Après la version 4 sortie en juillet 2025 (non sans quelques heurts médiatiques), l’entreprise révèle que la prochaine génération en est au stade de l’entraînement, ce qui laisse supposer que le lancement de Grok 5 est imminent.

xAI affirme à ce niveau se concentrer « sur le lancement de nouveaux produits innovants destinés aux consommateurs et aux entreprises qui exploitent la puissance de Grok, Colossus et X pour transformer notre façon de vivre, de travailler et de jouer ».

Le réseau social X (racheté par xAI à Elon Musk en mars 2025) constitue en effet aujourd’hui la principale vitrine commerciale de Grok et donc de xAI. Les modèles maison y sont implémentés sous forme de chatbot, avec un onglet dédié, et une mise en œuvre immédiate des dernières fonctionnalités, à l’image de Grok Imagine, famille de modèles de génération d’images et de vidéos ultra-rapides qui « offrent des capacités de pointe en matière de compréhension, d’édition et de génération multimodales » selon l’entreprise.

Le handicap des polémiques

L’approche volontairement permissive de xAI en matière de modération participe grandement à la popularité de Grok sur X. La vague récente de demandes relatives à des photos de femmes dénudées ou à des détournements de photos illustrant des personnalités permet de confirmer la qualité des traitements opérés par Grok Imagine, mais les scandales récurrents, l’élargissement de l’enquête en France ou les critiques récentes de la ministre britannique Liz Kendall n’entravent-elles pas le succès commercial de xAI et donc le retour sur investissement attendu par les fonds qui financent l’entreprise ?

La question se pose d’autant plus que xAI ne communique aucun élément relatif à son chiffre d’affaires. L’entreprise dispose d’importants débouchés au travers des autres entreprises gérées par Elon Musk (au premier rang desquelles Tesla et SpaceX), mais elle aurait du mal à signer d’autres grands clients dans le monde professionnel, remarquait The Information le 15 décembre dernier. En dépit de quelques références prestigieuses telles que Morgan Stanley ou Palantir, les contrats se limiteraient souvent à des projets pilotes, là où OpenAI, Google, Microsoft ou Anthropic parviennent à boucler des déploiements à grande échelle.

Fin décembre, xAI a tout de même remporté un contrat à forte valeur symbolique auprès du Pentagone et des installations militaires états-uniennes.

En attendant, xAI revendique 600 millions d’utilisateurs actifs mensuels au travers des applications X et Grok. L’entreprise est encore loin des statistiques affichées par OpenAI, qui parle de son côté de 800 millions d’utilisateurs actifs par semaine, mais sa valorisation atteint déjà près de la moitié de celle de son principal concurrent (500 milliards de dollars estimés pour OpenAI avant une possible entrée en bourse).

Lego Smart Play : et les briques devinrent capables d’interactions contextuelles

6 janvier 2026 à 11:23
AFOLant
Lego Smart Play : et les briques devinrent capables d’interactions contextuelles

Lego lancera début mars les premiers sets d’une nouvelle collection baptisée Smart Play, articulée autour d’une brique intelligente, d’un tag et d’une figurine capables d’interactions croisées. Le groupe présente ce trio Smart Brique, Smart Tag et Smart Minifigurine comme une évolution majeure dans la façon de jouer avec ses kits de construction. Le tout sans écran, ni IA.

Dévoilée lundi à l’occasion du CES de Las Vegas, la gamme Lego Smart Play ne serait rien de moins que la « plus grande innovation » depuis l’introduction des mini-figurines, en 1978. Au-delà des superlatifs chers au marketing, l’annonce repose effectivement sur une nouveauté inédite chez le fabricant danois : l’intégration de fonctions connectées au niveau d’une brique de taille standard, la classique 2×4.

Une brique 2×4 centralise les interactions

Dotée d’un système électronique (un ASIC développé en interne) et d’une batterie rechargeable par induction (sur une base dédiée), cette Smart Brick fonctionne en adéquation avec deux éléments satellites : de petites tuiles (2×2 tenons) baptisées Smart Tags et des mini-figurines, elles aussi qualifiées de « smart ». Et ce sont les interactions entre ces trois éléments qui sont censées offrir une dimension supplémentaire aux jeux Lego.

« La technologie permet ainsi aux créations des constructeurs de devenir interactives, en réagissant aux actions par des sons et des comportements appropriés, pour une expérience de jeu véritablement réactive », promet le fabricant.

En pratique ? Dissimulée au sein d’une construction Lego (par exemple, un véhicule), la Smart Brick met à profit sa panoplie de capteurs (accéléromètres, micro, détecteur de lumière) pour déclencher son haut-parleur et ses éclairages en fonction de ses interactions avec les tuiles et les mini-figurines situées à proximité.

Une brique « intelligente » émet du son et de la lumière en fonction des interactions mesurées avec les tuiles et les figurines du set

Dans cette logique, ce sont les tags et les mini-figurines qui amènent le contexte. Le tag va par exemple permettre de définir si la construction en cours est une voiture, un vaisseau spatial ou un hélicoptère, tandis que la figurine servira à déclencher des réactions liées au contexte de jeu :

« Lorsqu’elle est placée au-dessus ou à proximité d’un Smart Tag, la Smart Brique devient ce que le Smart Tag lui demande. Cela signifie qu’elle peut être tour à tour un hélicoptère puis une voiture. 
Mais elle peut aussi détecter la présence de Smart Minifigurines pour donner vie à vos histoires d’une manière inédite. La Smart Brique génère les sons, les humeurs et les réactions uniques de chaque Smart Minifigurine. »

Un système de positionnement intégré

Outre les nombreux kits dédiés à l’apprentissage de la programmation, les amateurs de Lego ont certainement en tête l’expérience des figurines Mario « connectées », qui offraient une dimension interactive, mais sortaient des standards de construction de la marque. Ici, pas de personnage alimenté par des piles LR6 : les éléments Smart Play ont vocation à prendre place au cœur des sets traditionnels, et c’est via des constructions emblématiques de l’univers Star Wars que le groupe danois va tester le marché.

En jaune, le chargeur à induction qui permet d’alimenter la Smart Brique

Les trois premiers produits compatibles Smart Play sortiront ainsi début mars avec un Tie Fighter (set 75421, 473 pièces, figurine Dark Vador, 70 euros), un X-Wing (set 75423, 584 pièces, figurines Luke Skywalker et Princesse Leia, 90 euros) et une scène baptisée Throne Room Duel & A-Wing (set 75427, 962 pièces, deux briques, trois figurines et cinq tags, 160 euros).

Les possibilités en matière d’interactions sont censées s’enrichir au fur et à mesure que le nombre de composants Smart augmente. Lego affirme en effet que chaque élément est capable de se positionner dans l’espace par rapport à ses homologues. « Cela signifie que ces éléments peuvent réagir à la présence des autres, savoir dans quelle position il se trouvent, si on les fait tourner, balancer, si on les lance… tout ! », promet le groupe dans un article dédié à la genèse du projet.

Pour ce faire, Lego indique avoir mis au point un protocole baptisé BrickNet, basé sur le Bluetooth, adossé à un système de positionnement magnétique propriétaire, le Neighbour Position Measurement (NPM). La combinaison des deux doit par exemple permettre de déclencher des interactions différentes selon que la figurine de Luke ou celle de Leia est installée au cockpit du X-Wing. C’est également elle qui servira à détecter si le vaisseau est posé, en mouvement, ou situé à proximité d’un autre set équipé en Smart Play.

Lego, qui revendique neuf ans de R&D et 25 brevets déposés, laisse en effet entendre que son environnement Smart Play a vocation à s’enrichir de nouveaux appareils et donc de nouvelles possibilités d’interactions.

Les principaux services en ligne de la Poste sont de nouveau inaccessibles

1 janvier 2026 à 10:57
Thrift Shop
Les principaux services en ligne de la Poste sont de nouveau inaccessibles

Les services en ligne de la Poste sont inaccessibles jeudi 1ᵉʳ janvier. Le groupe public a d’abord évoqué une cyberattaque sur son site laposte.fr, avant de revenir à un simple message d’indisponibilité. Ce nouvel incident intervient après une semaine de Noël déjà marquée par plusieurs jours d’interruption de service.

Programmés à minuit sur ses réseaux sociaux, les vœux de nouvelle année du groupe La Poste sonnent sans doute de façon un peu ironique aux oreilles des équipes chargées de veiller à la bonne marche des services informatiques du groupe. Jeudi matin, les principaux services en ligne de la Poste sont en effet tombés en carafe, à commencer par le site laposte.fr.

Une nouvelle attaque par déni de service ?

« Notre site est indisponible. Nos équipes mettent tout en œuvre afin de rétablir la situation au plus vite. Nous vous présentons nos excuses pour la gêne occasionnée », indiquait ce dernier vers 11h30.

Vers 8 heures jeudi matin, il affichait cependant un message évoquant une attaque informatique, indique par exemple BFM. « Le site laposte.fr et l’ensemble des systèmes d’information de La Poste fait actuellement face à une cyberattaque », était-il écrit. Le message change de nouveau ce midi : « La Poste subit actuellement une nouvelle attaque informatique qui empêche le fonctionnement des services en ligne de laposte.fr ».

La Poste, qui n’a pour l’instant pas communiqué sur ses réseaux sociaux, a simplement confirmé à l’AFP enquêter sur l’incident en cours, sans plus de précision.

« Nous vous informons qu’un incident est survenu ce matin à partir de 3h30, affectant l’ensemble de nos solutions connectées. Toutes nos équipes sont pleinement mobilisées pour rétablir le service dans les meilleurs délais. Nous vous remercions pour votre compréhension et vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée », informe une page dédiée au statut des services Colissimo.

L’hypothèse d’une nouvelle attaque par déni de service distribué (DDoS, pour distributed denial of service) semble à ce stade la plus probable : la Poste a en effet déjà subi une offensive de la sorte la semaine de Noël.

Débutée le 22 décembre, l’attaque avait provoqué une interruption de deux jours des principaux sites de la Poste, et des dysfonctionnements prononcés pendant deux jours supplémentaires. Le 26 décembre, le groupe indiquait toujours subir les assauts des pirates.

Une opération encore non revendiquée

L’attaque déclenchée le 22 décembre avait été revendiquée le lendemain par le groupe Noname057, qui célèbre d’habitude plus rapidement ses succès. En ce 1ᵉʳ janvier, les canaux Telegram qui se revendiquent de Noname057 mentionnent une série d’attaques DDoS dirigées sur les sites Web de plusieurs collectivités allemandes et certains sont effectivement, d’après nos constatations, hors service jeudi vers midi. À cette heure, ils n’évoquaient cependant pas la Poste.

☕️ Agents IA : Meta s’offre la startup d’origine chinoise Manus

30 décembre 2025 à 13:10

Meta a annoncé lundi 29 décembre l’acquisition de la startup d’origine chinoise Manus, basée à Singapour depuis le mois de juin et spécialisée dans le développement d’agents IA, théoriquement capables de prendre en charge des missions complexes de façon autonome. « Nous continuerons d’exploiter et de commercialiser le service Manus, en plus de l’intégrer à nos produits », affirme Meta.

La maison-mère de Facebook évoque une intégration des agents de Manus à travers ses « produits grand public et professionnels, y compris dans Meta AI », mais ne donne aucune autre précision à ce stade.

Manus présente son service comme un « agent d’IA général autonome », doté d’un environnement complet (ordinateur virtuel avec accès à Internet, stockage persistant, capacité à installer ou exécuter des logiciels, etc.) et donc conçu pour réaliser de A à Z les tâches qui lui sont confiées.

La startup propose notamment de mettre cet agent à profit pour la construction de sites Web ou d’applications, à l’instar de Lovable. Elle propose également des scénarios d’usage liés à l’analyse de données ou à l’automatisation de certains processus tels que le recrutement, la prospection commerciale, etc.

Manus exploite l’architecture CodeAct qui lui confère la capacité d’écrire et d’exécuter son propre code

À la différence de Meta, qui peine à mettre sur le marché des produits IA finalisés et ne cesse de restructurer ses équipes, Manus semble déjà susciter une certaine traction. L’entreprise, qui a lancé commercialement son offre début 2025, affirme avoir dépassé 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents en seulement huit mois, un décollage qu’elle compare à celui de Lovable. Elle facture l’accès à son service sur abonnement, à partir de 20 dollars par mois, avec un nombre limité de jetons disponibles.

Meta aurait, d’après le Wall Street Journal, mis plus de deux milliards de dollars sur la table pour s’emparer de Manus.

La startup avait émergé sur la scène médiatique en mars dernier. Encore installée en Chine, elle avait bénéficié du coup de projecteur de la télévision d’État, ce qui avait été interprété, à l’époque, comme une volonté de Pékin de souligner la vivacité de la scène chinoise en matière d’IA. Quelques jours plus tôt, Manus avait annoncé un partenariat stratégique avec Alibaba autour de ses modèles open source Qwen.

☕️ NVIDIA détient désormais près de 4 % du capital d’Intel

30 décembre 2025 à 09:46

Avec 214 776 632 actions, NVIDIA figure désormais au rang des grands actionnaires institutionnels d’Intel. Les deux entreprises viennent en effet de boucler l’accord annoncé en septembre dernier, selon lequel NVIDIA s’engageait à acquérir près de 4 % de son concurrent en échange de 5 milliards de dollars.

Intel a confirmé le bon déroulé de l’opération, par l’intermédiaire d’une déclaration formelle enregistrée le 29 décembre par la SEC, le gendarme de la bourse aux États-Unis. L’opération avait reçu le feu vert de la FTC, en charge de la concurrence, le 18 décembre.

D’après ces documents, la transaction prend la forme d’un « placement privé », qui s’est donc conclu hors marché. L’engagement de NVIDIA portait sur un prix unitaire de 23,28 dollars par action, soit un montant légèrement supérieur à celui négocié par l’administration Trump pour formaliser son entrée au capital de la firme de Santa-Clara.

Le lien qui unit désormais les deux entreprises ne se limite pas à cette participation capitalistique. L’accord annoncé en septembre prévoit en effet que les deux groupes fassent converger certains de leurs produits et technologies, aussi bien sur le marché grand public que dans le monde du datacenter. Il est notamment question de CPU Intel intégrant une partie graphique fournie par NVIDIA, ou de la compatibilité à venir des puces Intel avec la technologie d’interconnexion NVLink.

Lip Bu Tan et Jensen Huang ont immortalisé la signature de leur accord le 18 septembre 2025 – capture d’écran

Le marché de la mémoire vive face au(x) mur(s) de l’IA

30 décembre 2025 à 09:17
Double Data Rise
Le marché de la mémoire vive face au(x) mur(s) de l’IA

Alimentées par les investissements liés à l’IA, les tensions en cours sur le marché des semiconducteurs ont déjà entraîné une hausse des prix qui semble partie pour durer. Dans quelle mesure cette envolée affectera-t-elle la capacité en DRAM des ordinateurs portables, les nouveautés annoncées au CES 2026 ou la disponibilité des cartes graphiques pour joueurs ? Entre bruits de couloir et déclarations officielles, les pronostics penchent en faveur d’une année mouvementée…

NVIDIA envisage-t-elle sérieusement de réduire sa production de cartes graphiques conçues pour le jeu et la 3D, pour concentrer l’essentiel de ses ressources sur la livraison de composants dédiés à l’IA ? La rumeur a fait surface mi-décembre, d’abord sur des forums chinois, avant d’être reprise par quelques sites anglophones spécialisés dans l’actualité hardware.

Elle évoque une réduction significative de la voilure, avec une production en baisse de 30 à 40 % par rapport aux livraisons de GPU GeForce enregistrées sur la première moitié de l’année 2025, alors que la disponibilité des récentes RTX 5000 s’était déjà révélée limitée.

Sur le moment, la décision est analysée comme une réaction aux tensions à l’œuvre sur le marché de la mémoire vive. Puisque la demande est largement supérieure à l’offre, NVIDIA envisagerait de la même façon de sacrifier, au moins temporairement, certaines références comme la version 16 Go de la RTX 5060 Ti, de façon à diriger ses approvisionnements limités vers des cartes plus haut de gamme (la RTX 5080 par exemple), nettement plus génératrices de marges.

NVIDIA enclin à favoriser les produits à forte rentabilité ?


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Téléchargement : fronde en cours autour du tracker YggTorrent

23 décembre 2025 à 14:14
In 'Arr trust the leechers
Téléchargement : fronde en cours autour du tracker YggTorrent

L’équipe qui gère le tracker YggTorrent, haut lieu francophone du téléchargement illégal, a mis en place un système d’abonnement payant qui rompt avec la logique historique de ratio. L’annonce a déclenché une fronde chez les utilisateurs, qui dénoncent la supposée avidité d’un projet censé valoriser le partage gratuit.

Au gré des ordonnances de blocage, YggTorrent change régulièrement de nom de domaine, mais reste l’un des repaires emblématiques de la scène francophone du téléchargement de films, séries, morceaux de musique et autres livres électroniques soumis au droit d’auteur. Présenté par ses administrateurs comme le successeur spirituel du célèbre T411, ce tracker BitTorrent semi-privé (l’inscription est généralement ouverte, mais indispensable) s’attire depuis lundi les foudres d’une partie de ses utilisateurs. Raison de la grogne ? La mise en place d’un nouveau système d’accès payant permettant de passer outre les fameux ratios de téléchargement.

Des euros, pas de ratio

La formule, résumée dans la capture d’écran qui suit, prévoit quatre niveaux, avec des tarifs qui s’échelonnent de 14,99 à 85,99 euros. En échange, le tracker octroie différents avantages et bonus, dont une période de freeleech, c’est-à-dire de téléchargement sans limites de volume de données, et sans qu’il soit nécessaire d’équilibrer le « ratio » qui constitue pourtant la colonne vertébrale du système YggTorrent.

La plateforme introduit de nouvelles restrictions et propose de payer pour les lever – capture d’écran Next

Tous les adeptes du P2P le savent : le système repose sur un équilibre entre ceux qui mettent à disposition des fichiers (les seeders) et ceux qui les téléchargent (les leechers). Ygg, comme bien d’autres trackers BitTorrent, a construit son fonctionnement sur le principe d’équilibre entre envoi et réception de fichiers. Autrement dit, chaque Go téléchargé doit être compensé par un Go envoyé (mis à disposition des autres utilisateurs via le protocole BitTorrent) afin de maintenir un ratio de 1. Dans ce modèle, la communauté valorise les seeders (ceux qui ont les ratios les plus élevés) et pénalise les leechers. L’accès à un compte Ygg est ainsi suspendu en cas de ratio inférieur à 1.

C’est cette mécanique, censée incarner au mieux les valeurs de partage, que remettent en cause les nouvelles options payantes instaurées par Ygg. La plateforme a toujours permis de payer pour augmenter sa capacité de téléchargement, mais cette fois, elle va nettement plus loin dans les restrictions opposées à ceux qui refusent de passer à la caisse. « Bravo YGG, vous avez réussi à rendre le piratage moins attractif que Netflix L’illégal qui devient payant ET compliqué, c’est le monde à l’envers (5 téléchargements max par jour + délai de 30 secondes) », ironise un internaute sur X.

Outre les options payantes, les utilisateurs dénoncent la mise en place de quotas renforcés pour lever certains verrous. Une approche quantitative qui compromet, selon eux, la qualité des uploads mis à disposition sur le tracker. Pour ne rien gâcher, l’équipe d’administration semble avoir banni certains comptes, pourtant anciens et réputés, qui exprimaient leur désapprobation. « Les pratiques d’YGG sont devenues clairement incompatibles avec toute idée de communauté saine. Censure, décisions unilatérales, absence totale de dialogue : on parle de dictature », résume un fil de discussion Reddit.

Plusieurs pseudonymes se réclamant d’équipes spécialisées dans la mise à disposition (les groupes spécialisés dans le rip ou la récupération de fichiers, qui constituent d’importants pourvoyeurs sur la scène du téléchargement illégal) participent à la fronde.

L’appât du gain plus efficace que les blocages DNS ?

« Le dimanche 21/12, en milieu d’après-midi, et en pleine période de fêtes, YggTorrent a déployé un nouveau paywall baptisé « Turbo », imposant soit de passer à la caisse, soit d’accepter une limite de 5 téléchargements par jour, ainsi qu’un délai de 30 secondes avant de pouvoir accéder au téléchargement du fichier, dénonce par exemple le compte de l’équipe QTZ, une team réputée qui compte à son actif plus de 3 000 torrents mis à disposition. Le site, qui n’est censé n’être (sic) qu’un simple outil de diffusion, s’est toujours positionné comme un intermédiaire entre les teams et les utilisateurs, non pas pour promouvoir la liberté et le partage, mais pour imposer une commission, souvent au détriment des plus vulnérables », embraie-t-il avant d’annoncer son retrait prochain de la plateforme.

Le message de QTZ a rapidement été modéré, mais il circule largement sur les réseaux sociaux, contribuant à alimenter la grogne – source

Dans la foulée de ces incidents, équipes d’uploaders et utilisateurs de la plateforme évaluent, de fil Reddit en salon Discord, leurs solutions de repli potentielles. Reste à voir si l’épisode provoquera réellement la chute d’Ygg, comme l’appellent de leurs vœux les plus véhéments détracteurs, alors que le site résiste aux actions de blocage intentées par les ayants-droits depuis près de dix ans.

☕️ Rachat de Warner : Larry Ellison s’engage pour soutenir Paramount

23 décembre 2025 à 08:06

Engagé dans la course au rachat face à Netflix, Paramount n’a pas encore réussi à convaincre le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery, en dépit d’une offre à 30 dollars par action. À défaut de pouvoir rehausser son offre, déjà largement mieux-disante que celle de Netflix, le groupe dirigé par David Ellison a dégainé lundi une nouvelle carte : Larry Ellison, père du précédent et fondateur d’Oracle, accepte de s’engager personnellement à hauteur de 40,4 milliards de dollars dans l’aventure.

« Larry Ellison a accepté de fournir une garantie personnelle irrévocable de 40,4 milliards de dollars pour le financement en fonds propres de l’offre et pour toute réclamation en dommages et intérêts contre Paramount », précise le groupe dans un communiqué. Le trust Ellison (la structure qui gère les intérêts du milliardaire et d’une partie de sa famille) s’engage dans le même temps à maintenir la surface financière nécessaire à la couverture de cette promesse.

Netflix et Paramount se disputent la possibilité d’acquérir les studios Warner

Paramount propose par ailleurs d’assouplir un certain nombre des termes financiers de l’acquisition, et fait passer de 5 milliards à 5,8 milliards de dollars l’enveloppe de compensation prévue en cas d’échec de la transaction à l’étape réglementaire.

Cet assaut de garanties (dont Paramount souligne qu’elles n’avaient pas été réclamées par Warner) suffira-t-il à faire pencher la balance ?

En attendant le dénouement, il constitue un nouveau rebondissement dans ce qui s’annonçait au départ comme une opération réglée : début décembre, Netflix avait en effet annoncé la signature d’un accord en vue de réaliser l’acquisition de la branche studios du groupe Warner Bros. Discovery. Le conglomérat Paramount a cependant très vite laissé entendre qu’il était lui aussi sur les rangs, jusqu’à proposer, le 8 décembre dernier, cette contre-offre, désormais associée à de nouvelles garanties.

Clair Obscur est disqualifié des Indie Game Awards pour utilisation de l’IA générative

22 décembre 2025 à 14:50
Cachez cette IA que je ne saurais voir
Clair Obscur est disqualifié des Indie Game Awards pour utilisation de l’IA générative

Clair Obscur : Expedition 33 a reçu jeudi 18 décembre le prix du meilleur jeu lors de la cérémonie des Indie Game Awards, avant d’en être destitué. Le studio montpelliérain Sandfall Interactive a en effet admis avoir recouru à l’IA générative pendant le développement du jeu, alors que le règlement du concours en proscrit l’usage.

Déjà sacré jeu de l’année lors des Game Awards, Clair Obscur : Expedition 33 partait grand favori pour leur pendant dédié aux jeux indépendants, les Indie Game Awards. Et sans trop de surprise, compte tenu de son succès critique et commercial, c’est bien le jeu du studio français Sandfall Interactive qui a été déclaré Game of the Year (GOTY) lors de la cérémonie diffusée en ligne le 18 décembre dernier.

Deux jours plus tard, coup de théâtre : le comité en charge des nominations aux Indie Game Awards annonce la rétractation du prix : Sandfall Interactive est disqualifié, en raison du recours, admis publiquement, à une IA générative au cours du processus de développement du jeu.

The IGAs Nomination Committee is officially retracting Debut Game and Game of the Year, awarding both categories to new recipients. Additionally, we are retracting one of the Indie Vanguard recipients. Full details can be found in our FAQ under Game Eligibility: www.indiegameawards.gg/faq

[image or embed]

— The Indie Game Awards (@indiegameawards.gg) 20 décembre 2025 à 19:45

Omission à l’enregistrement du jeu…

Le règlement du concours proscrit formellement l’utilisation de l’IA générative. « Bien que les éléments en question aient été corrigés et que le jeu soit excellent, leur utilisation contrevient à notre règlement », résument les organisateurs du concours dans leur FAQ. Ils y explicitent aussi le quiproquo.

« Lors de la soumission de Clair Obscur: Expedition 33, un représentant de Sandfall Interactive avait confirmé qu’aucune IA générative n’avait été utilisée dans son développement », rapporte l’organisation.

Problème : entre temps, des déclarations d’un représentant du studio évoquant le recours à l’IA ont fait surface. D’après Polygon, ce revirement de situation pourrait découler d’un article du quotidien espagnol El País, daté de juin dernier, dans lequel intervient François Meurisse, directeur de la production chez Sandfall. « Nous utilisons un peu d’IA, mais pas beaucoup », y déclarait ce dernier.

Clair Obscur conserve son titre de jeu de l’année pour de nombreux joueurs et critiques – crédit Sandfall Interactive

… et oublis dans le code

À la sortie du jeu, certains internautes s’étaient émus d’y découvrir quelques visuels manifestement générés par IA, notamment sur Reddit. Cette découverte n’avait pas particulièrement été médiatisée à l’époque, mais elle avait conduit le studio à produire un droit de suite destiné à El País :

« Lorsque les premiers outils d’IA sont devenus disponibles en 2022, certains membres de l’équipe les ont brièvement expérimentés pour générer des textures provisoires. Après la sortie du jeu, ces textures provisoires ont été supprimées dans les cinq jours et remplacées par les textures définitives, prévues dès le départ mais qui avaient été oubliées lors du contrôle qualité ».

Aujourd’hui, il n’y aurait donc plus d’éléments produits via IA générative dans le jeu, mais c’est la reconnaissance de cet oubli qui a conduit l’équipe des Indie Game Awards à détrôner Clair Obscur, au profit de son dauphin, Blue Prince, qui se voit donc promu au titre de GOTY indépendant de l’année.

Une anecdote révélatrice des tensions qui animent l’industrie

L’incident n’aura sans doute pas un grand impact sur la carrière de Clair Obscur, mais illustre bien comment le sujet de l’IA générative est source de crispation dans le monde du jeu vidéo, où tout le monde explore plus ou moins discrètement les capacités offertes par les outils en vogue du moment.

Un sondage (PDF) commandité par Google et réalisé au début de l’été révélait par exemple que 87 % des développeurs dans le monde du jeu vidéo recourent déjà à des modèles d’IA générative dans le cadre professionnel.

D’après ce sondage commandité par Google, 63 % des professionnels du jeu vidéo expriment une inquiétude quant aux risques liés aux problématiques de propriété (intellectuelle ou des données) dans le champ de l’IA

Ils sont dans le même temps 63 % à craindre les risques que cet usage peut faire encourir en matière de propriété intellectuelle ou d’utilisation des données personnelles… avec en fond la crainte d’un scandale préjudiciable en termes d’image et donc de ventes. Mi-novembre, Ubisoft s’était par exemple fait épingler en ligne pour avoir oublié des visuels générés par IA dans certains écrans du dernier épisode de la série Anno.

Les récentes déclarations de Swen Vincke, fondateur et CEO de Larian Studios, illustrent cette ambivalence. Auréolé du succès de Baldur’s Gate 3 (sorti en 2023), il donne à Bloomberg un aperçu de Divinity, son nouvel opus, et laisse entendre, avec moult pincettes, qu’il encourage le recours à l’IA générative mais sans l’imposer, surtout au sein des équipes créatives. Assurant d’un côté qu’il n’y aura aucun élément généré par IA dans le code final, il indique que les créatifs recourent aux modèles pour explorer de nouvelles idées, développer des concepts, ou écrire des textes bouche-trous.

Le propos a déclenché une vague de critiques en ligne, à laquelle Swen Vincke a dû répondre le 16 décembre dernier. « Putain les gars, on ne pousse pas pour remplacer les concept artists par de l’IA ! (…) Nous utilisons des outils d’IA pour explorer les références, tout comme nous utilisons Google et les livres d’art. Dès les premières étapes de la conception, nous nous en servons comme d’une ébauche de composition que nous remplaçons ensuite par des illustrations conceptuelles originales. Il n’y a pas photo ».

« it’s in the game », mais pour combien de temps ?

Le sujet n’en reste pas moins explosif, comme en témoignent les déboires récents de Postal Bullet Paradise. Annoncée le 3 décembre dernier, cette suite spirituelle du célèbre Postal² avait été confiée à un petit studio, Goonswarm Games, et devait sortir sur Steam. La fiche dédiée a très rapidement été inondée de commentaires dénonçant le recours à l’IA générative, conduisant Running With Scissors, détenteur de la licence, à annuler le jeu après seulement 24 heures ! Goonswarm Games a dans la foulée annoncé sa fermeture, tout en niant avoir utilisé l’IA.

Quelques jours plus tôt, c’est le CEO de Nexon, en charge du développement d’Arc Raiders, qui s’est retrouvé exposé, pour avoir déclaré à un média japonais, repris par PC Gamer, qu’il n’avait pas vraiment d’autre choix que d’utiliser l’IA puisque tout le monde dans l’industrie l’utilise déjà. Sa sortie n’est pas passée inaperçue dans la communauté de ce jeu multijoueurs, où plusieurs internautes ont appelé au boycott (sans toutefois d’effet réellement visible sur la fréquentation du jeu, à en croire les statistiques de Steam).

Si certains joueurs s’estiment lésés quand un jeu acheté plein tarif révèle des visuels ou des voix générés par IA, c’est aussi par crainte de voir leur industrie de cœur, déjà sous forte tension, se paupériser. Fin octobre, une enquête de Business Insider a par exemple révélé comment Electronic Arts encourageait l’utilisation de l’IA générative dans la plupart des processus internes, qu’ils soient techniques, créatifs ou même humains.

L’article décrit par exemple des documents internes qui donnent des exemples de prompts pour se faire aider par un modèle de langage dans la gestion des conflits de management. Il souligne également que les gains de productivité associés à l’IA sont utilisés comme arguments pour justifier les campagnes de licenciements.

Air France aura déployé Starlink sur l’ensemble de sa flotte d’ici fin 2026

22 décembre 2025 à 08:07
Qui a remis une pièce dans la machine ?
Air France aura déployé Starlink sur l’ensemble de sa flotte d’ici fin 2026

Air France indique avoir déjà équipé 30 % de sa flotte d’une connexion à très haut débit Starlink et promet que la totalité de ses avions le seront d’ici fin 2026. Ce qui devait n’être qu’un simple point d’étape a relancé la polémique : Air France aurait-elle pu, ou dû, opter pour une solution européenne de type Eutelsat ?

Les communicants d’Air France ne s’attendaient probablement pas à un tel engagement. Jeudi 18 décembre, la compagnie aérienne a diffusé sur son compte X une petite séquence de 27 secondes illustrant la pose d’un module de connexion satellitaire Starlink sur le dos d’un Airbus A220. Quatre jours plus tard, le message d’origine affiche plus de 11 millions de vues, sans sponsorisation.

Sa visibilité a notamment été dopée par un retweet d’Elon Musk, patron de SpaceX (maison-mère de Starlink), qui l’a saluée d’un « très bon » en français dans le texte. Elle a aussi profité de commentaires nettement plus négatifs, dénonçant une erreur au regard des enjeux de souveraineté.

Starlink sur toute la flotte Air France d’ici fin 2026

« Nous poursuivons l’installation du wifi très haut débit à bord de nos avions, permettant de profiter gratuitement d’une qualité de service stable, rapide et sécurisée. En cette fin d’année, déjà 30% de notre flotte est équipée et la totalité le sera fin 2026 », écrit Air France.

La sélection de Starlink comme fournisseur d’accès, destiné à la fourniture d’une connexion Wi-Fi haut débit à destination des passagers, n’est pas précisément un scoop. Air France avait fait part de son projet en septembre 2024.

La compagnie expliquait alors que la constellation de satellites en orbite basse de Starlink allait lui permettre de proposer « une qualité de service de connectivité en très haut débit » à tous ses passagers, avec une structure de coût lui permettant d’envisager la gratuité pour les passagers, et ce « dans toutes les cabines de voyage ».

Avant cette annonce, Air France disposait déjà d’offres de connectivité à bord de certains de ses appareils, mais le service était payant pour l’utilisateur final, limité en bande passante, et fragmenté d’un point de vue industriel. La compagnie recourait en effet à des solutions différentes selon les appareils et le type de ligne, avec des contrats IFC (In-flight connectivity) passés chez Anuvu (ex Global Eagle), Panasonic Avionics (qui s’appuie en partie sur les capacités d’Eutelsat) ou Intelsat.

Starlink, sélectionnée en 2024 à l’issue d’un appel d’offres, présentait dans ce contexte l’intérêt d’offrir une solution à la fois intégrée et performante. « Nous avons consulté de nombreux acteurs et l’offre de Starlink est actuellement, de loin, la plus attractive du marché. Elle constitue une nette rupture en termes de qualité et de compétitivité. C’est une révolution », illustrait Alexandre Groshenny, responsable du projet dédié chez Air France, auprès de l’Usine Nouvelle. À l’époque, l’annonce du choix de Starlink n’avait pas particulièrement provoqué de réaction politique.

« Choisir Starlink plutôt qu’Eutelsat n’est pas acceptable »

Le point d’étape du 18 décembre a quant à lui suscité quelques commentaires ouvertement désapprobateurs. « Voir Air France choisir Starlink plutôt qu’Eutelsat n’est pas acceptable. Les entreprises européennes doivent comprendre qu’il s’agit désormais d’un enjeu majeur de souveraineté. Pour ma part je limiterai dorénavant mon usage de cette compagnie », a par exemple déclaré samedi Gilles Babinet, ancien coprésident du conseil national du numérique (CNNum).

« Air France, entreprise française historique, confie l’échange de données de ses voyageurs aux US et à Musk. À quand une véritable politique de souveraineté ? », s’interrogeait dès vendredi Cyprien Ronze-Spilliaert, chercheur associé au Centre de recherches de la gendarmerie nationale.

Le sujet a également ému plusieurs élus LFI dans le week-end, jusqu’à Jean-Luc Mélenchon, qui s’est exprimé dimanche soir, lui aussi sur X. « Air France choisit Starlink de Musk pour ses connexions Wi-Fi en vol plutôt que l’entreprise française et sa liaison géostationnaire plus écologique et aussi sûre. Le grand patronat de ce type n’a pas de patrie. Sauf pour les subventions et les aides sans contreparties. L’assistanat des très grandes sociétés doit cesser. »

Air France avait-elle le choix ? En réponse à ces critiques, plusieurs internautes rappellent que la fourniture d’un Wi-Fi performant est un enjeu de compétitivité commerciale pour la compagnie nationale. Or, Starlink dispose de sérieux atouts concurrentiels, notamment face à Eutelsat.

Au dernier décompte (non officiel), la constellation de SpaceX dispose en effet de plus de 9 000 satellites en orbite basse (LEO, pour low earth orbit) à environ 550 km de la Terre. Ils offrent une latence réduite, des débits conséquents et une couverture virtuellement mondiale.

Le leader européen dispose quant à lui d’une offre hybride qui associe ses satellites géostationnaires à une flotte récente d’environ 600 satellites en orbite basse (1 200 km), la constellation OneWeb LEO d’Eutelsat. L’opérateur vient justement de lever 1,5 milliard d’euros pour renforcer ses ressources en orbite basse, mais aussi préparer la future constellation européenne souveraine IRIS².

Une longueur d’avance pour Starlink

En attendant que ces investissements programmés portent leurs fruits, Starlink conserve une longueur d’avance, autant sur les capacités disponibles que sur l’accessibilité tarifaire. C’est d’ailleurs ce qui explique que François Bayrou, alors Premier ministre, avait annoncé recourir à la solution d’Elon Musk fin 2024 à Mayotte pour rétablir en urgence les communications sur l’archipel après la tempête Chido. Une décision vertement critiquée par Orange, dont le responsable des affaires publiques estimait qu’elle laissait « pantois sur le terrain de la souveraineté numérique ».

Remise sur le devant de la scène cette semaine avec Air France, la question de la souveraineté des accès et la bataille commerciale sous-jacente entre Starlink et Eutelsat pourraient bientôt connaître un nouveau rebondissement. La SNCF préparerait en effet son propre appel d’offres en vue d’équiper les TGV d’une liaison satellitaire, et l’entreprise d’Elon Musk semble déjà bien placée.

Une société de droit américain… et Elon Musk aux manettes

Au-delà du patriotisme économique, pourquoi le choix de Starlink soulève-t-il la question de la souveraineté ? SpaceX a son siège à Hawthorne en Californie. L’entreprise est de ce fait soumise aux lois des États-Unis, et plus particulièrement aux textes à dimension extraterritoriale (dont le Cloud Act et le FISA), qui ouvrent une possibilité d’accès, par l’administration ou les agences fédérales américaines, aux données des utilisateurs finaux. Difficile enfin de ne pas prendre en compte l’identité du dirigeant de SpaceX, particulièrement quand ce dernier multiplie, sur son réseau social, les attaques contre l’Europe, allant jusqu’à appeler au démantèlement de l’Union européenne.

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