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L’ICE veut multiplier ses sources de données auprès des publicitaires et des Big Tech

5 février 2026 à 16:20
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L’ICE veut multiplier ses sources de données auprès des publicitaires et des Big Tech

Les services de l’immigration et des douanes s’intéressent aux données collectées par les sociétés de technologies publicitaires pour renforcer leurs pratiques d’enquête.

Les données sensibles récupérées par l’industrie publicitaire peuvent-elles servir des enquêtes menées par les autorités gouvernementales ? Si l’on en croit le service de l’immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement, ICE) des États-Unis, la réponse pourrait être : oui.

L’émanation de son ministère de l’Intérieur (DHS, Department of Homeland Security) cherche en effet à mettre la main sur les vastes sommes de données de localisation que s’échangent des courtiers de données publicitaires. Présentée comme une étude de marché plutôt qu’un appel d’offres, une récente Request for Information (RFI) de l’entité indique en effet rechercher des renseignements « d’entreprises conformes aux normes de l’AdTech et de services de données de localisation ».

En parallèle, le DHS a tenté à plusieurs reprises d’obtenir des informations sur des comptes de réseaux sociaux critiquant le gouvernement Trump. De manière moins publique, rapporte TechCrunch, ses services se sont adressés à Meta, Google et d’autres pour obtenir des informations sur les comptes d’opposants au président des États-Unis, ou le contenu de leurs échanges en ligne – des requêtes contestées en justice par des ONG, dont l’American Civil Liberties Union (ACLU).

Évaluation de marché

Le document a été émis par le service des enquêtes du ministère de l’Intérieur (Homeland Security Investigations) des États-Unis, relève Biometric Update, ce qui souligne un intérêt actif des services de l’ICE pour des démonstrations de plateformes et d’outils permettant d’accéder à ce type de données.

Comme toutes les RFI, elle précise néanmoins, en majuscule : « IL S’AGIT UNIQUEMENT D’UNE DEMANDE D’INFORMATIONS. Il ne s’agit pas d’un appel d’offres. Cette demande d’informations est uniquement destinée à des fins d’étude de marché, de planification et de collecte d’informations. »

Plus loin, l’ICE explique travailler avec un « volume croissant de dossiers criminels, civils, légaux et administratifs venus de multiples sources internes et externes ». Et déclare chercher à estimer si le marché de l’adtech (technologies publicitaires) propose « des solutions commerciales prêtes à l’emploi existantes et émergentes comparables à celles proposées par les grands fournisseurs de données d’enquête et d’analyses juridiques/de risques ».

L’ADINT, investigation via données publicitaires

L’écosystème de l’ « adtech » est composé d’une multitude de sociétés aussi bien spécialisées dans le logiciel, les plateformes d’analyse de données, que des courtiers de données. Des sociétés comme Gravy Analytics, Datastream, ou l’américain Xander ont ainsi pour activité de réunir des données publicitaires de multiples origines en de vastes jeux de données qu’elles redistribuent ensuite à leurs clients, souvent pour leur permettre de viser plus précisément des « segments d’audience ».

Comme l’ont montré de multiples enquêtes, leurs pratiques de collectes de données de localisation, d’identifiants d’équipements, d’adresses IP ou autres peuvent se révéler très invasives, y compris dans des pays protégés par le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), comme en Union européenne, ou par des textes similaires.

L’ICE est d’ailleurs loin d’être le premier service à s’intéresser à ce type de jeu de données. En 2022, l’Electronic Frontier Foundation constatait qu’un petit courtier nommé Fog Reveal (Dissipation de brouillard) revendait aux forces de l’ordre locales des milliards de données géolocalisées. Concrètement, ce type d’outil permet de géolocaliser un téléphone portable, sans que les autorités n’aient nécessairement les mandats de perquisition appropriés.

Dans un colloque organisé en 2024 par la CNIL et la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), le directeur général de la Sécurité extérieure (DGSE) Nicolas Lerner avait évoqué le boom de ce que les professionnels du renseignement qualifient d’ADINT (pour Advertising Intelligence). Une pratique qui peut d’ailleurs aussi bien compromettre la sécurité des personnels des armées ou de services de renseignement que celle des citoyens, comme l’ont démontré des journalistes allemands de Bayerischer Rundfunk et netzpolitik.org.

En un simple coup de téléphone, l’un d’eux avait en effet obtenu un fichier de 3,6 milliards de points de localisation via la plateforme Datarade, ce qui avait notamment permis de repérer des dizaines d’appareils (et leurs mouvements) dans des établissements soupçonnés d’accueillir des membres de la NSA, ou encore dans une base aérienne cruciale dans les opérations de drones américaines.

Dans le cas présent, cela dit, l’intérêt exprimé par l’ICE ne peut se lire sans évoquer le croisement de jeux de données sensibles déjà réalisé par l’éphémère ministère de l’efficacité gouvernementale (DOGE) dans les premiers mois du second mandat de Donald Trump. Ni sans être rapproché des actions violentes de l’ICE contre des citoyens des États-Unis comme des ressortissants d’autres pays présents sur le territoire.

Elon Musk avait personnellement supervisé la dérive sexuelle de Grok

5 février 2026 à 14:43
Qui c'est qu'a la plus Grok ?
Elon Musk avait personnellement supervisé la dérive sexuelle de Grok

En 2025, le nombre de signalements par X de contenus à caractère pédosexuel a chuté de 81 % après que l’entreprise en ait internalisé la détection. Dans le même temps, Musk poussait les équipes de Grok à entraîner son chatbot débridé à reproduire des contenus à caractère sexuel.

Réagissant à la polémique autour de la vague massive de deepfakes en bikinis générés par Grok, le compte @Safety de X.com précisait le 14 janvier dernier : « Nous restons déterminés à faire de X une plateforme sûre pour tous et continuons à appliquer une politique de tolérance zéro envers toute forme d’exploitation sexuelle des enfants, de nudité non consentie et de contenu sexuel non désiré ».

« Nous prenons des mesures pour supprimer les contenus violents hautement prioritaires, notamment les contenus pédopornographiques (CSAM) et la nudité non consentie, et prenons les mesures appropriées à l’encontre des comptes qui enfreignent nos règles X. Nous signalons également aux autorités compétentes les comptes qui recherchent des contenus liés à l’exploitation sexuelle des enfants, si nécessaire. »

X.com n’a pas mis à jour son rapport de transparence depuis son rachat par Elon Musk en 2022. Et le parquet de Paris explique au Monde que X aurait commencé, l’an passé, à utiliser une technologie « maison », en remplacement du système Safer de détection de contenus pédopornographiques de l’organisation Thorn, qui avait elle-même été accusée de lobbying intense en faveur du projet #ChatControl de surveillance des messageries chiffrées.

Le 18 juin 2025, @Safety avait en effet annoncé « une mise à jour importante concernant notre travail continu de détection des contenus pédopornographiques (CSAM) et […] que nous avons lancé des efforts supplémentaires de correspondance de hachage CSAM […] grâce au travail incroyable de notre équipe d’ingénieurs en sécurité, qui a mis au point des systèmes de pointe pour renforcer encore nos capacités d’application de la loi ».

En 2024, précisait @Safety, « X a envoyé 686 176 signalements au National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC) et suspendu 4 572 486 comptes. Entre juillet et octobre 2024, @NCMEC
a obtenu 94 arrestations et 1 condamnation grâce à ce partenariat
 ».

Or, le parquet précise au Monde qu’« entre juin et octobre 2025, il a été constaté une baisse de 81,4 % des signalements concernant la France adressés par X au National Center for Missing & Exploited Children en matière de pédopornographie ».

Ce qui a entraîné les magistrats à étoffer leur enquête sur des faits de « complicité de détention d’images de mineurs représentant un caractère pédopornographique », de « complicité de diffusion, offre ou mise à disposition en bande organisée » de ces contenus.

« Faire progresser notre compréhension collective de l’univers »

Une enquête de trois journalistes du Washington Post intitulée « Dans les coulisses du pari de Musk pour attirer les utilisateurs qui a transformé Grok en générateur de porno » permet de mieux comprendre comment X et Grok en sont arrivés là.

Quelques semaines avant qu’Elon Musk ne quitte officiellement le DOGE du gouvernement de Donald Trump au printemps dernier, les employés de l’équipe chargée d’aider à définir la manière dont le chatbot Grok de xAI répond à ses utilisateurs reçurent en effet une « dérogation surprenante » de leur employeur, raconte le Post.

Elle leur demandait en effet de s’engager à travailler sur du « contenu vulgaire [profane en anglais], y compris sexuel ». La note les prévenait que leur travail les exposerait dès lors à « des contenus sensibles, violents, sexuels et/ou autres contenus choquants » qui, précisait la décharge, « peuvent être perturbants, traumatisants et/ou causer un stress psychologique ».

Peu après le retour de Musk chez xAI, une note des ressources humaines a demandé à l’équipe qui supervise des centaines de « tuteurs IA », chargés d’étiqueter les résultats de Grok afin de les améliorer, de demander aux candidats à un poste s’ils seraient à l’aise pour travailler avec du contenu « explicite ».

L’entreprise modifia également certains protocoles relatifs aux contenus à caractère sexuel. À l’origine, xAI conseillait à ses employés d’éviter d’examiner ce type de contenus sensibles, afin d’éviter d’apprendre au chatbot à pouvoir les reproduire, selon trois des personnes interrogées par le Post.

Mais le protocole fut modifié durant l’été 2025, de sorte qu’il soit acceptable d’étiqueter les images de personnes nues générées par l’IA. L’un des employés qui travaillait avec le générateur d’images de Grok raconte même avoir « souvent » reçu des demandes pour que Grok « déshabille » des gens depuis le printemps 2025, et estime que le bot s’y conformait environ 90 % du temps.

Des employés évoquent « une nouvelle orientation inquiétante » pour une entreprise qui demande explicitement à être présentée comme « une entreprise qui travaille à la mise au point d’une intelligence artificielle visant à accélérer les découvertes scientifiques humaines, dont la mission est de faire progresser notre compréhension collective de l’univers ». Une dérive leur laissant penser que l’entreprise était désormais prête à produire tout type de contenu susceptible d’attirer et de fidéliser les utilisateurs.

Accroître la popularité de Grok avec des contenus à caractère sexuel

Dans les mois qui ont suivi, ces employés ont ainsi été exposés à ce que le Post qualifie de « flot d’enregistrements audio à caractère sexuel », émanant notamment de « conversations obscènes » entre des occupants de Tesla et le chatbot de leur voiture, ainsi que des interactions à caractère sexuel d’autres utilisateurs avec Grok.

Après avoir quitté le DOGE en mai, Musk a maintenu une « présence constante » dans les bureaux de xAI, jusqu’à y passer parfois la nuit, souligne le Post. Certains employés ont été invités à ne pas prendre de vacances à la fin du printemps ou au début de l’été, mais également, et régulièrement, à y travailler la nuit et pendant des week-ends.

L’objectif assigné par Musk était d’accroître la popularité de Grok. Au fil de nombreuses réunions, il défendait une nouvelle mesure, les « secondes d’activité de l’utilisateur », censée mesurer de manière précise le temps passé par les gens à converser avec le chatbot.

À cet effet, xAI s’est mis à créer du contenu à caractère sexuel et des compagnes IA sexy. L’entreprise a aussi levé les restrictions préalablement mises en place en ignorant les avertissements internes au sujet des risques juridiques et éthiques liés à la production de tels contenus, selon des documents obtenus par le Post et des entretiens menés auprès de plus d’une demi-douzaine d’anciens employés de X et xAI, et plusieurs personnes proches de M. Musk.

Les équipes de X chargées de la sécurité avaient pourtant averti à plusieurs reprises la direction que ses outils d’IA pouvaient permettre aux utilisateurs de créer des images sexuelles d’enfants ou de célébrités à l’aide de l’IA, ce qui pourrait enfreindre la loi, selon deux de ces personnes.

Les sources du Post précisent qu’au sein de xAI, l’équipe chargée de la sécurité de l’IA de l’entreprise ne comptait en outre que deux ou trois personnes pendant la majeure partie de l’année 2025, contre des dizaines d’employés dans les équipes similaires chez OpenAI ou d’autres concurrents.

Le Post relève aussi que trois cadres supérieurs du petit groupe chargé de superviser la sécurité des produits, la sécurité de l’IA et le comportement des modèles avaient annoncé leur départ début décembre.

+ 72 % de téléchargements grâce aux deepfakes en bikinis

« La stratégie de Musk a porté ses fruits pour l’entreprise », relève le Post. Alors que Grok était autrefois classé plusieurs dizaines de places derrière ChatGPT dans le classement des applications gratuites de l’App Store d’Apple, il figure désormais dans le top 5, aux côtés du chatbot d’OpenAI et de Gemini de Google.

Selon la société d’études de marché Sensor Tower, le nombre moyen quotidien de téléchargements de l’application Grok dans le monde a bondi de 72 % entre le 1er et le 19 janvier par rapport à la même période en décembre.

Le 15 janvier, xAI publiait une offre de recrutement d’un superviseur de la sécurité chargé de « superviser la modération du contenu et le service client afin de lutter contre le spam, la fraude et les contenus préjudiciables, en appliquant les politiques de manière impartiale » afin de « faire de X un espace plus sûr et plus fiable pour les utilisateurs du monde entier ».

Le Post précise que ni Musk, ni xAI ni X n’ont répondu à sa demande détaillée de commentaires.

Nitasha Tiku, l’une des trois signataires de l’enquête du Post, fait partie de la centaine de journalistes à avoir appris leur licenciement hier. Les deux autres, Faiz Siddiqui et Elizabeth Dwoskin, semblent avoir été épargnés.

Anthropic et OpenAI se clashent sur l’introduction de la pub dans les chatbots IA

5 février 2026 à 13:21
Don't be evil?
Anthropic et OpenAI se clashent sur l’introduction de la pub dans les chatbots IA

Alors que mi-janvier OpenAI a confirmé l’arrivée de la publicité dans ChatGPT, Anthropic tient publiquement une position antipublicité dans les chatbots et promet que Claude n’en contiendra pas. L’entreprise de Dario Amodei va jusqu’à troller OpenAI en prévoyant de diffuser une publicité sur le sujet lors du Super Bowl.

La publicité est un modèle économique qui a envahi le web notamment avec son adoption massive par Google. La question de son introduction dans les chatbots d’IA générative était dans toutes les têtes depuis la sortie de ChatGPT mais elle est exposée au grand jour depuis qu’OpenAI teste sa mise en place. C’est l’occasion pour Anthropic, outsider des startups du milieu, de jouer le rôle de l’entreprise éthique en argumentant contre.

Les conversations avec les assistants IA, contexte différent du moteur de recherche et des réseaux sociaux

L’entreprise de Dario Amodei a d’abord annoncé dans un billet de blog ce mercredi que son chatbot IA restera sans pub. « Il existe de nombreux endroits propices à la publicité. Une conversation avec Claude n’en fait pas partie », affirme-t-elle. « Inclure des publicités dans les conversations avec Claude serait incompatible avec ce que nous voulons que Claude soit : un assistant véritablement utile pour le travail et la réflexion approfondie », ajoute Anthropic.

Et d’argumenter que si on a l’habitude de voir des pubs sur les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, « les conversations avec les assistants IA sont très différentes ». « Le format est conçu pour permettre des réponses ouvertes ; les utilisateurs partagent souvent le contexte et en révèlent davantage qu’ils ne le feraient dans une requête de recherche. Cette ouverture contribue à rendre les conversations avec l’IA précieuses, mais elle les rend également susceptibles d’être influencées d’une manière que les autres produits numériques ne sont pas », affirme encore Anthropic. Bref, elle assure vouloir « se concentrer sur les entreprises, les développeurs et l’épanouissement de ses utilisateurs » et ce, sans introduire de publicité.

Des pubs d’Anthropic sur le sujet, avec diffusion lors du Super Bowl

Mais Anthropic a aussi été plus loin que ce billet de blog. L’entreprise a mis en ligne sur son profil YouTube quatre publicités qui mettent en scène des situations où l’introduction de la pub dans une conversation avec un chatbot IA semble étrange.

« Infraction », « trahison », « déception », « tricherie », les quatre pubs d’Anthropic commencent avec l’un de ces mots clairement tournés vers son concurrent direct, OpenAI.

Selon le Washington Post, l’une d’entre elles sera diffusée en version 30 secondes lors du Super Bowl. Elle met en scène un jeune homme dans un parc qui demande à un autre plus musclé comment obtenir des abdos en tablette de chocolat. Celui-ci commence à lui répondre avec une voix un peu robotique avant d’ajouter une publicité pour les semelles « StepBoost Max ».

Une offensive qui a du mal à passer pour Sam Altman

Sur X, Sam Altman s’est fendu d’un long post pour répondre à cette campagne. Reconnaissant sur le bout du clavier que ces pubs d’Anthropic sont drôles. « Mais je me demande pourquoi Anthropic opte pour quelque chose d’aussi clairement malhonnête. Notre principe le plus important en matière de publicité stipule que nous ne ferions pas exactement cela ; nous ne diffuserions évidemment jamais de publicités de la manière dont Anthropic les décrit. Nous ne sommes pas stupides et nous savons que nos utilisateurs rejetteraient cela », affirme-t-il, faisant comme si ces publicités n’assumaient pas d’être des caricatures.

« Je suppose que c’est dans la lignée de la double rhétorique d’Anthropic d’utiliser une publicité trompeuse pour critiquer des publicités théoriques trompeuses qui ne sont pas réelles, mais je ne m’attendais pas à voir cela dans une publicité diffusée pendant le Super Bowl », ajoute le CEO d’OpenAI.

En 2024 à l’école de business d’Harvard, il avait assuré « détester les pubs » et affirmé : « Je pense que les publicités ont joué un rôle important dans la mise en place d’un modèle économique pour les débuts d’Internet. Mais je pense aussi qu’elles créent en quelque sorte un décalage fondamental entre les motivations des utilisateurs et celles des entreprises qui fournissent les services ».

Et Sam Altman d’ajouter : « Je trouve que la combinaison des publicités et de l’IA est particulièrement dérangeante. Quand je pense à GPT qui me rédige une réponse, si je devais déterminer exactement qui paie pour influencer ce qui m’est présenté, je ne pense pas que cela me plairait ». Cette déclaration rejoint finalement la position actuelle d’Anthropic et montre que les affirmations des uns et des autres peuvent fluctuer au gré de leurs intérêts.

Le Pape peut-il susciter un véritable sursaut mondial face à l’IA ?

5 février 2026 à 11:15
Omnia vanitas
Le Pape peut-il susciter un véritable sursaut mondial face à l’IA ?

Deepfakes, agents autonomes, oligopoles des entreprises de la Silicon Valley : depuis son élection, Léon XIV multiplie les prises de position offensives sur l’intelligence artificielle. Le pape pourrait consacrer sa première encyclique à ces technologies qu’il juge porteuses de risques majeurs, appelant secteur privé et États à reprendre la main.

Le pape a déclaré la guerre aux deepfakes. Le 24 janvier 2026, Léon XIV adressait une sérieuse mise en garde contre les « réalités parallèles » créées par les systèmes d’intelligence artificielle (IA), capables d’usurper nos visages et nos voix. Le seul moyen de lutter contre le « contrôle oligopolistique » des algorithmes ? Que les « développeurs de modèles d’IA [fassent] preuve de transparence et de responsabilité sociale », tout comme les régulateurs supranationaux, « chargés de veiller au respect de la dignité humaine ».

Deux jours plus tard, la Commission européenne lançait une enquête sur Grok et la plateforme X, inondée d’images de femmes et d’enfants dénudés générées et diffusées à leur insu par le chatbot d’Elon Musk.

Depuis son élection en mai 2025, le pape Léon multiplie les prises de position en faveur d’une plus grande régulation du secteur. Next recense une quinzaine de prises de parole au sujet des risques liés aux intelligences artificielles depuis son élection il y a à peine neuf mois. À Rome, il se murmure que sa toute première encyclique pourrait être en partie consacrée à la révolution engendrée par ces nouveaux outils. Un document attendu puisque ces lettres solennelles, adressées à l’ensemble de l’Église catholique, permettent traditionnellement à chaque souverain pontife de poser les fondements de sa doctrine.


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Propriété de Jeff Bezos, le Washington Post licencie plus de 300 employés

5 février 2026 à 10:45
The Washington Post dies in darkness
Propriété de Jeff Bezos, le Washington Post licencie plus de 300 employés

Le Washington Post licencie plus de 300 personnes, principalement dans sa rédaction, après plusieurs années de résultats en déclin. L’influence croissante de son propriétaire Jeff Bezos a, ces derniers mois, participé directement au mécontentement d’une partie des abonnés.

Propriété du fondateur d’Amazon Jeff Bezos, le Washington Post a procédé au licenciement de 30 % de ses effectifs le 4 février, se séparant de fait plus de 300 personnes.

Cette saignée se traduit par la fermeture des pages sports et livres du journal, par la fin de son podcast quotidien d’actualité « Post Reports », et par diverses autres réductions du côté de la couverture des actualités internationales et locales. Des employés des activités commerciales sont aussi touchés.

Difficultés accrues depuis 2020

Créé en 1877, média emblématique aux États-Unis, connu notamment pour les révélations du scandale du Watergate, le Washington Post lutte depuis plusieurs années contre de difficultés économiques similaires à celles que rencontrent de nombreux autres médias. Le média a été racheté par Jeff Bezos en 2013, époque à laquelle le magnat des technologies avait aussi pris 3 % des parts du journal spécialisé dans les informations économiques et financières Business Insider (racheté deux ans plus tard par le groupe média allemand Axel Springer SE).

Pendant les premières années,le Washington Post a continué de s’étendre, jusqu’à ce que ses difficultés économiques s’accroissent au tournant de la pandémie. Fin 2023, Jeff Bezos a embauché Will Lewis comme directeur de la rédaction pour que ce dernier trouve une manière de rendre le Washington Post rentable. En 2024, ce dernier avait indiqué aux rédactions que le journal avait perdu la moitié de son audience en quatre ans et 77 millions de dollars en 2023 (pour comparaison, Amazon a dépensé 40 millions de dollars pour obtenir les droits sur le documentaire Melania et 35 millions de dollars supplémentaires pour en faire le marketing).

Remettre le média à flot reste une gageure dans un environnement médiatique où les chiffres de circulation papier continuent de chuter, concurrencés par les pratiques numériques. L’écosystème s’est par ailleurs vu capter l’essentiel de ses revenus publicitaires par les géants numériques, tandis que l’émergence des réseaux sociaux, puis l’explosion récente des systèmes d’IA générative sont venus concurrencer directement les productions journalistiques dans les tentatives d’obtenir l’attention du public. Pour certains observateurs, le choix de l’ancien cadre de médias britanniques Will Lewis était aussi une décision de Jeff Bezos questionnable, ne serait-ce que pour sa méconnaissance de l’écosystème médiatique américain.

Ingérences éditoriales

Depuis les candidatures à la présidence des États-Unis, en 2024, le multi-milliardaire a par ailleurs agi de manière toujours plus évidente dans la ligne éditoriale du média, initialement relativement centriste. Alors que les journaux d’ampleur nationale ont, aux États-Unis, pour tradition de soutenir l’un ou l’autre des candidats, Jeff Bezos a d’abord interdit au journal de publier son article de soutien à Kamala Harris, une décision directement sanctionnée par la perte de centaines de milliers d’abonnés.

Dans les mois qui ont suivi, la dessinatrice et prix Pulitzer Ann Telnaes démissionnait après s’être vue refuser la publication d’un dessin. Ce dernier représentait Jeff Bezos ployant le genou devant Donald Trump. Les pages opinion du journal ont ensuite dû s’adapter pour ne plus accueillir que des points de vue défendant « deux piliers : les libertés personnelles et les marchés libres », selon les instructions de Jeff Bezos. Cette décision a conduit à la démission du chef de la rubrique, David Shipley.

Un an après les premiers signes de cette reprise en main, le tirage du Washington Post atteignait en octobre 2025 un seuil de faible tirage, passant sous la barre des 100 000 exemplaires quotidiens tirés pour sa version papier pour la première fois en 55 ans (contre 600 000 pour son concurrent le New-York Times en août 2025). Le journal s’est par ailleurs trouvé directement pris dans la promotion d’outils d’intelligence artificielle que son propriétaire participe à promouvoir.

Effets directs sur la qualité de l’information

En décembre, le journal déployait l’outil « Your Personal Podcast », qui devrait permettre au public de créer « leur propre briefing » et notamment de faire lire les articles par deux agents IA. Dès les premiers épisodes, les journalistes avaient demandé des comptes, le résultat multipliant des erreurs allant de problématiques de prononciation à de larges modifications du contenu des articles, de la mauvaise attribution voire de l’invention de citations, ou encore des éléments laissant entendre que certains propos de sources relevaient de la position du journal.

En réduisant les équipes chargées de fabriquer l’information de 800 à moins de 500 personnes, les licenciements annoncés ce 4 février amoindriront de même la capacité du journal à fournir de l’information de qualité. Auprès des équipes, son directeur exécutif Matt Murray a indiqué que le journal avait perdu trop d’argent, trop longtemps, rapporte The New-York Times. Il a expliqué qu’il faudrait repositionner le titre pour le rendre « plus essentiel dans la vie des gens dans ce qui devient un paysage médiatique plus bondé, plus compétitif et compliqué ».

Le plan de licenciement se fait dans un contexte plus large au sein des entreprises de Jeff Bezos. Fin janvier, Amazon annonçait en effet la suppression de 16 000 emplois. Caroline O’Donovan, la journaliste du Post en charge de suivre Amazon, fait d’ailleurs partie des personnes qui se sont vues remercier.

☕️ Mistral sort des modèles pour de la traduction vocale vers le texte instantanée

5 février 2026 à 08:03

La startup française d’IA générative vient de sortir la version 2 de sa famille Voxtral Transcribe, des modèles pour faire de la traduction vocale vers le texte (speech-to-text).

Dans son annonce, Mistral mentionne en fait deux modèles :

  • l’un en open source, Voxtral Mini 4B Realtime 2602, sous licence Apache 2.0, et via son API à 0,006 $ par minute ;
  • l’autre, Voxtral Transcribe 2, est disponible seulement via API à 0,003 $ par minute et sur les services de Mistral comme Mistral Studio et Le Chat.

Voxtral Realtime est « conçu spécialement pour la transcription en direct avec une latence configurable à moins de 200 ms, permettant l’utilisation d’agents vocaux et d’applications en temps réel », explique l’entreprise.

Quant à Voxtral Transcribe 2, il est plus fait pour transcrire des fichiers audio par lots.

Les deux modèles sont utilisables pour la traduction en treize langues : anglais, chinois, hindi, espagnol, arabe, français, portugais, russe, allemand, japonais, coréen, italien et néerlandais.

Pierre Stock, le responsable R&D chez Mistral, met en avant la taille relativement petite des modèles de son entreprise comparée à ceux des leaders américains. «Franchement, trop de GPU vous rend paresseux », affirme-t-il à Wired. « Vous testez aveuglément beaucoup de choses, mais vous ne réfléchissez pas à la voie la plus courte vers le succès ». Cette taille des modèles de Mistral peut permettre de bâtir des outils de traduction qui s’exécutent directement sur les smartphones.

L’entreprise donne plus d’explications pour l’utilisation de ses modèles dans sa documentation.

[Test] Trois VPS à moins de 5 euros par mois : performances, latence, débits…

5 février 2026 à 07:37
Vos données valent bien quelques euros
[Test] Trois VPS à moins de 5 euros par mois : performances, latence, débits…

Sur Next, nous préparons une série d’articles autour de la souveraineté de vos données afin de vous permettre de la reprendre en main. Plusieurs solutions peuvent passer par de l’autohébergement, avec le besoin d’avoir un petit serveur privé à disposition. Voici en préambule un comparatif de trois VPS à moins de 5 euros par mois. En bonus, une explication sur la différence de virtualisation entre LXC (chez YorkHost) et KVM (chez OVHcloud et Hetzner).

VPS-1 chez OVHcloud, CX23 chez Hetzner et VPS-4 chez YorkHost

Commençons par les présentations. OVHcloud est un acteur majeur du cloud en France et en Europe. La société est basée à Roubaix, dans les Hauts-de-France. Elle a lancé l’été dernier de nouveaux VPS à des tarifs agressifs. Nous avons loué un VPS-1 avec 4 vCore, 8 Go de mémoire et 75 Go de SSD pour moins de 5 euros par mois à condition de payer directement un an, sinon le tarif mensuel est de 5,5 euros.

Hetzner est une société allemande, qui a lancé de nouveaux VPS en juin 2024, avec une particularité : vous pouvez vous limiter à une IPv6 et économiser 60 centimes par mois. Par défaut la case IPv4 est cochée, mais elle est décochable. Attention, cela veut aussi dire se couper potentiellement d’une partie d’Internet accessible en IPv4 seulement. Nous prenons un CX23 avec 2 vCore, 4 Go de mémoire et 40 Go de stockage.

Enfin, Yorkhost a été lancé en 2020 par une « équipe passionnée de gaming et d’hébergement ». L’hébergeur propose d’ailleurs toute une panoplie de serveurs pour jeux et bots Discord. Ce qui nous intéresse aujourd’hui sont les VPS et plus particulièrement le VPS-4. C’est le modèle le plus entrée de gamme de notre comparatif avec un seul vCore.

Attention avec Yorkhost, l’hébergeur utilisait encore une pratique d’un ancien temps, bannie depuis longtemps : envoyer le mot de passe en clair à la création du compte… sans demander de le changer à la première connexion.

L’hébergeur a par contre été très rapide à corriger le tir dès que nous lui avons signalé le souci. La procédure de mot de passe perdu envoie un lien sur votre email permettant ensuite de créer un nouveau mot de passe, qui n’est cette fois-ci pas renvoyé par email.

Caractéristiques générales et type de cœurs CPU disponibles

Nous avons sélectionné trois hébergeurs avec des approches différentes au niveau de la virtualisation, du nombre de cœurs pour la machine virtuelle et de la génération des processeurs, permettant d’avoir une vision un peu plus large. Mais il existe d’autres hébergeurs qui proposent des VPS à moins de 5 euros par mois.

Les trois VPS du jour se tiennent dans un mouchoir de poche sur le prix pour un an : entre 50 et 55 euros. Attention, les tarifs d’OVHcloud sont plus chers avec un engagement de six mois ou un paiement mensuel.


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Deezer démonétise 85 % des écoutes de morceaux générés par IA

4 février 2026 à 15:42
♬ Slop ♬
Deezer démonétise 85 % des écoutes de morceaux générés par IA

Deezer a détecté que 39 % de toute la musique diffusée quotidiennement était générée par IA, et que les écoutes de ces morceaux pouvaient être boostées artificiellement jusqu’à 85 %. L’entreprise de streaming a donc décidé de démonétiser ces musiques à cette hauteur.

Deezer veut réguler l’utilisation de l’IA pour la génération de morceaux diffusés sur les plateformes de streaming. En juin dernier, l’entreprise expliquait avoir mis au point outil de détection et d’étiquetage automatique des contenus musicaux produits à 100 % par des modèles d’intelligence artificielle générative. Elle veut maintenant s’en servir pour décider de démonétiser une partie des vues des musiques que cet outil détecte.

Six mois après, l’entreprise revient avec des chiffres. Son outil lui a permis de détecter et d’étiqueter plus de 13,4 millions de titres IA. Et, « en janvier 2026, environ 60 000 titres générés par l’IA ont été diffusés chaque jour, soit environ 39 % de toute la musique diffusée quotidiennement », explique-t-elle.

« On ne pense pas que cela soit une très bonne chose pour l’industrie, car cela va entraîner une perte de confiance dans la valeur de la musique », affirme le directeur général de Deezer, Alexis Lanternier, au Figaro.

De la musique générée par IA pour créer de fausses écoutes

Mais surtout, pour l’entreprise, « la génération de faux streams reste la principale raison pour laquelle de la musique générée par l’IA est mise en ligne ». C’est-à-dire que pour Deezer, la plupart de la musique générée par IA n’est pas produite pour être vraiment écoutée mais pour engendrer des « écoutes » sur les plateformes de stream et les monétiser. Ainsi, elle explique que sur sa plateforme ce genre de fraude au stream ne représenterait que 8 % des écoutes en 2025, mais que sur les morceaux générés 100 % par IA, ce taux atteindrait jusqu’à 85 % la même année.

« La nouvelle technique des fraudeurs est de créer plein de chansons avec de l’IA, et de les faire écouter par des comptes utilisateurs qu’ils auront créés », explique toujours au Figaro Alexis Lanternier : « leur but est de comprendre comment les algorithmes de recommandation de musique fonctionnent. Ils cherchent à fabriquer un buzz artificiel afin que l’algorithme décide de mettre ces musiques dans ses playlists et dans ses recommandations d’écoute ».

Deezer se lance dans la vente de son outil de détection auprès des autres acteurs

« Bien sûr, chaque stream frauduleux que nous détectons est démonétisé afin que les redevances des artistes, auteurs-compositeurs et autres titulaires de droits humains ne soient pas affectées », explique-t-il dans le communiqué de l’entreprise. Ainsi, ces fameux 85 % de fausses écoutes de musiques générées par IA sont retirés de la monétisation par l’entreprise.

En juin, elle expliquait déjà qu’elle avait enlevé toutes ces musiques entièrement générées par IA de ses recommandations algorithmiques.

L’entreprise espère convaincre les autres acteurs de la musique en ligne de s’aligner sur ses pratiques. Si, dans son communiqué, elle dit « ouvrir » « sa technologie de détection à l’industrie musicale », le terme n’est pas utilisé comme dans le monde du libre.

Ici Deezer se lance « dans la vente de sa technologie de détection de l’IA, offrant ainsi à l’ensemble du secteur musical une option pour favoriser la transparence dans le streaming musical et réduire les incitations à la fraude musicale par l’IA ». Elle espère convaincre des acteurs de la distribution comme CD Baby ou DistroKid, glisse-t-elle à nos consœurs du Figaro en ajoutant que la Sacem a déjà signé un contrat avec la plateforme.

☕️ Texas Instruments rachète Silicon Labs pour 7,5 milliards de dollars

4 février 2026 à 15:15

Poids lourd des semiconducteurs analogiques (17,68 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025), Texas Instruments ajoute une corde à son arc en formalisant, mercredi 4 février, un projet d’acquisition de son concurrent et compatriote Silicon Labs.

L’opération, réalisée intégralement en cash, est annoncée à 231 dollars par titre Silicon Labs, soit une valorisation globale d’environ 7,5 milliards de dollars pour cette entreprise de semiconducteurs dédiés aux problématiques de connectivité sans fil, notamment dans l’univers de l’Internet des objets (IoT).

« Le portefeuille de solutions de connectivité sans fil embarquées de pointe de Silicon Labs renforce notre technologie et notre propriété intellectuelle, nous permettant d’accroître notre capacité de production et de mieux servir nos clients », commente l’acquéreur.

Les produits sans fil de Silicon Labs trouvent des débouchés dans le grand public et au sein de produits industriels – capture d’écran

Texas Instruments précise par ailleurs que ses capacités industrielles sont tout à fait adaptées à la production des puces brevetées par Silicon Labs. L’entreprise (784,8 millions de dollars de chiffre d’affaires), cotée au Nasdaq et détenue principalement par de grands fonds institutionnels américains, opère en effet principalement sur un mode fabless : elle conçoit et commercialise des puces, mais en sous-traite la fabrication à des fondeurs spécialisés.

La synergie a d’autant plus de sens que Texas Instruments a, en partie pour répondre aux souhaits de l’administration Trump et conserver le bénéfice de certaines aides financières, engagé un plan d’investissement dans ses usines aux États-Unis à l’été 2025.

Microsoft envisagerait d’arrêter le forcing de Copilot et Recall dans Windows 11

4 février 2026 à 13:37
Total Recall
Microsoft envisagerait d’arrêter le forcing de Copilot et Recall dans Windows 11

D’après Windows Central, Microsoft aurait enfin accepté de tenir compte des nombreuses réactions négatives visant à démultiplier des agents IA Copilot dans son « système d’exploitation agentique » Windows 11.

En déclarant, en novembre dernier, que « Windows évolue vers un système d’exploitation agentique, connectant appareils, cloud et IA pour une productivité accrue et un travail sécurisé où que vous soyez », Pavan Davuluri, responsable de la division Windows chez Microsoft, ne s’attendait apparemment pas à recevoir l’accueil glacial que nous avions déjà chroniqué.

L’entreprise avait, dans la foulée, cherché à se justifier en expliquant comment on pourrait lancer et manipuler des agents depuis la barre des tâches, demander des résumés depuis un survol de la souris dans l’Explorateur, trouver plus efficacement ce que l’on cherche avec la nouvelle recherche sémantique, ou encore profiter de nombreux connecteurs pour presque tous les scénarios. Un Windows 365 for Agents était même prévu pour que des agents puissent créer des sessions distantes complètes pour réaliser leurs tâches… sans vraiment convaincre.

« Vous avez gagné : Microsoft revient sur la surcharge d’IA de Windows 11 »

« Au cours de l’année dernière, Microsoft a saisi toutes les occasions pour détériorer Windows 11 en plaçant des boutons Copilot partout où cela était possible dans les applications intégrées telles que l’Explorateur de fichiers et le Bloc-notes, même si leur implémentation était médiocre ou inutile », résume Zac Bowden de Windows Central dans un article intitulé « Vous avez gagné : Microsoft revient sur la surcharge d’IA de Windows 11, en réduisant Copilot et en repensant Recall dans le cadre d’un changement majeur ».

D’après notre confrère, cette vague de réactions négatives a été, au moins en partie, entendue : « selon des personnes proches des projets de Microsoft, la société est en train de réévaluer sa stratégie en matière d’IA sur Windows 11 et prévoit des changements visant à rationaliser, voire à supprimer certaines fonctionnalités d’IA qui ne sont pas pertinentes ».

Microsoft aurait ainsi suspendu, « du moins pour l’instant », le développement de boutons Copilot supplémentaires pour les applications intégrées, et aurait l’intention d’adopter une « approche plus prudente et réfléchie » quant à l’emplacement de ces boutons Copilot et à leur intégration à l’avenir, avance Windows Central.

Recall, « dans sa forme actuelle, a échoué »

Windows Recall serait lui aussi « en cours d’examen ». Des sources ont indiqué à notre confrère que Microsoft estime que Recall, « dans sa forme actuelle, a échoué », et que la société explorerait des moyens de faire évoluer le concept plutôt que de l’abandonner complètement, « en supprimant peut-être le nom Recall dans le processus, bien que cela ne soit pas confirmé ».

« La bonne nouvelle, c’est qu’il est clair que Microsoft a pris en compte les commentaires concernant son approche trop autoritaire en matière de boutons Copilot dans les applications Windows », conclut Windows Central :

« L’entreprise prend du recul pour réajuster la meilleure façon d’implémenter ces intégrations d’IA dans le système d’exploitation, dans l’espoir d’offrir une expérience d’IA plus significative et utile sur la plateforme, plutôt que d’ajouter de manière aléatoire l’icône Copilot à toutes les interfaces utilisateur possibles. »

Soutenir les utilisateurs finaux, ou les agents IA effectuant des travaux ?

Une évolution qui tranche avec le discours tenu par le CEO de Microsoft, Satya Nadella qui, en novembre, avait déclaré :  « Notre activité, qui aujourd’hui est une activité d’outils pour les utilisateurs finaux, deviendra essentiellement une activité d’infrastructure pour soutenir les agents effectuant des travaux ».

Début janvier, il avançait que le débat sur le « slop » (bouillie) n’aurait plus lieu d’être et comparait l’IA à « un échafaudage pour l’esprit humain ». Il reconnaissait cela dit que  « nous sommes encore dans les premiers kilomètres d’un marathon. Beaucoup de choses restent imprévisibles ». 

Et ce, d’autant plus que, fin décembre, l’entreprise décidait de forcer de plus en plus l’intégration de Copilot à sa suite bureautique Microsoft 365, tout en augmentant les prix, afin de rentabiliser les milliards investis dans OpenAI en particulier et l’IA en général.

Le vibe coding met en danger l’open-source selon des économistes

4 février 2026 à 12:58
Aux sources de la vibe
Le vibe coding met en danger l’open-source selon des économistes

En générant du code à partir de multiples sources des logiciels libres, le vibe coding détourne en même temps nombre d’utilisateurs des personnes qui ont créé ces logiciels. Les financements, les rapports de bugs et les discussions s’amenuisent en parallèle à la destruction des communautés d’utilisateurs, constatent des chercheurs en économie.

« Dans le modèle commercial traditionnel [de l’open source], où les revenus des développeurs dépendent entièrement de l’engagement direct des utilisateurs, l’écosystème open source ne peut survivre à l’adoption généralisée de l’IA », affirment quatre chercheurs en économie.

Dans une étude mise en ligne sur la plateforme de preprint arXiv et non relue par leurs pairs, Miklós Koren, Gábor Békés, Julian Hinz et Aaron Lohmann, constatent que l’arrivée du vibe coding sur le marché du logiciel a eu des conséquences importantes sur les logiciels libres.

Les deux premiers sont chercheurs en économie à l’Université de Centre Europe (située à Budapest, cofondée et financée par George Soros). Julian Hinz est pour sa part à l’université allemande de Bielefeld et comme Aaron Lohmann, il travaille aussi pour le think tank allemand Kiel Institute.

En suivant le déclin de Stack Overflow ?

Les plateformes de discussions autour du code sur lesquelles les IA génératives ont aussi été entrainées, ont été touchées avant, à l’image de Stack Overflow. Si les volte-face de Stack Overflow à propos de l’IA ont sans doute eu des effets, en 2024, des chercheurs montraient les liens entre l’arrivée massive des LLM dans les outils de développement et la baisse de partage de connaissance sur la plateforme.

Pour illustrer un effet similaire sur les projets open-source, ces quatre chercheurs citent un message récent d’Adam Wathan, responsable de l’entreprise Tailwind Labs qui édite le projet Tailwindcss. Ce dernier explique que son entreprise a licencié 75 % de son équipe en raison de « l’impact brutal » de l’IA.

« Le trafic vers notre documentation a baissé d’environ 40 % depuis début 2023, malgré la popularité croissante de Tailwind », explique-t-il suite à une pull request qui demandait l’ajout d’une fonctionnalité permettant l’optimisation de l’utilisation de cette documentation par les modèles de langage. « Cette documentation est le seul moyen pour les gens de découvrir nos produits commerciaux, et sans clients, nous ne pouvons pas nous permettre de maintenir le framework ».

La monétisation sur la découverte du projet menacée

Les économistes expliquent dans leur étude que tous les projets open-source qui veulent monétiser leur logiciel ne s’appuient pas sur la même stratégie : « Une grande partie des activités monétisées liées aux logiciels libres concerne les services aux entreprises : le segment des grandes entreprises représentait plus de 69,0 % du marché des services open source en 2022 ».

Mais ils ajoutent qu’ « en revanche, une grande partie de l’utilisation des logiciels libres concerne la production en petites équipes et individuelle, où l’adoption peut être élevée, mais où la monétisation repose sur la découverte par le biais des canaux communautaires plutôt que sur des achats formels ». Et ce sont notamment ces projets, comme Tailwind, qui selon eux se trouvent menacés par le vibe coding.

Un détournement des utilisateurs par l’IA

Dans cet article, les économistes modélisent mathématiquement cet écosystème de l’open source reliant l’adoption des logiciels par les utilisateurs aux gains des développeurs. Puis ils ajoutent à leur modélisation l’arrivée du vibe coding. Ils regardent ensuite comment le marché évolue au sein de cette modélisation, et si les développeurs ne monétisent leur travail que via l’engagement direct et non via des alternatives s’appuyant sur l’IA (par exemple en faisant payer l’accès à des API), des dons ou autres.

De cette modélisation, les quatre chercheurs concluent qu’ avec le vibe coding, « les utilisateurs peuvent adopter plus facilement les paquets, et les développeurs peuvent s’appuyer plus efficacement sur le code existant » et la productivité augmente.

Mais « le canal de détournement de la demande fait passer les utilisateurs d’une interaction directe (lecture de la documentation, dépôt de rapports de bogues, collaboration avec les responsables de la maintenance) à une utilisation médiatisée par l’IA ». Dans les modèles commerciaux open source traditionnels basés sur la visibilité et l’engagement, ce détournement érode la base de revenus qui soutient la contribution.

Un changement de modèle économique plutôt qu’un ralentissement de l’adoption de l’IA ?

Dans leurs remarques, ces quatre chercheurs se positionnent contre un ralentissement de l’adoption de l’IA, car « les avantages sont trop importants et la technologie trop utile », mais ils plaident plutôt pour une adaptation des modèles économiques des petites entreprises d’open-source qui ne s’appuient actuellement que sur les interactions directes. Transferts directs, modes de monétisation alternatifs mais aussi et surtout « la redistribution au niveau des plateformes » sous forme de « Spotify de l’open source », seraient, selon eux, des solutions viables.

Encore faut-il, pour cette dernière solution évoquée, que la communauté de l’open-source accepte de lier directement une grande partie de ses revenus à un ou des acteurs centraux qui dirigeraient ces plateformes.

☕️ L’interopérabilité entre matériels Google Meet et Microsoft Teams se met en place

4 février 2026 à 12:06

L’idée faisait partie des engagements formulés en mai dernier par Microsoft pour éviter des sanctions européennes. Elle a depuis fait son chemin, au moins pour les clients entreprises : il sera en effet bientôt possible, sous conditions, de faire communiquer directement les solutions matérielles de visioconférence Google Meet avec leurs équivalents dédiés à Microsoft Teams.

C’est Google qui a annoncé le premier la mise en œuvre de cette interopérabilité native, réservée pour l’instant aux clients professionnels souscripteurs de l’offre Workspace. À ce stade, la passerelle n’est fonctionnelle qu’entre un appareil Google Meet fonctionnant sous Chrome OS et une Salle Teams, opérée depuis un matériel certifié Teams. L’administrateur du compte Workspace garde la possibilité de la désactiver.

Jusqu’ici, l’établissement d’une connexion entre une salle visio Teams et son équivalent Meet supposait le recours à un composant externe tel que Pexip Connect.

La connexion entre Meet et Teams est réservée aux appareils certifiés. Ici, un aperçu de la gamme Google Meet – capture d’écran Next

Dans la majorité des cas, la connexion entre une salle Meet et un outil tiers (Webex, Zoom, Teams via Pexip et maintenant Teams en natif) n’autorise que les fonctions visio de base : la présentation, la prise en charge du double écran, ou le chat interne à la visio ne sont par exemple pas pris en charge, comme le souligne la documentation de Google.

Reste à voir maintenant si et comment cette interopérabilité pourrait être étendue aux solutions exclusivement Web ou logicielles des deux rivaux.

La Wayback Machine victime indirecte des crawlers des IA génératives ?

4 février 2026 à 10:17
Imprimer Internet avant que ça ne s'arrête ?
La Wayback Machine victime indirecte des crawlers des IA génératives ?

De plus en plus de sites web, dont ceux de média importants, font tout pour bloquer l’outil d’archivage du web d’Internet Archive, la Wayback Machine. Ils soupçonnent les entreprises d’IA génératives de récupérer leurs contenus de manière indirecte via cet outil pour entrainer leurs modèles. D’autres outils d’archivage moins conventionnels comme Common Crawl ou Anna’s Archive sont aussi visés par les éditeurs de sites.

Plusieurs médias commencent à activement prendre des mesures pour bloquer l’archivage de leurs articles par la Wayback Machine. Ce site géré par I’organisation à but non lucratif Internet Archive permet d’accéder à 1 000 milliards de pages qu’elle a sauvegardées en presque 30 ans.

Mais depuis l’arrivée de l’IA générative, leurs crawlers parcourent le web à l’affût de toutes les pages qui pourraient renforcer l’entraînement des modèles de langage et de leur système de RAG (Retrieval-augmented generation) qui leur permettent de citer des documents récents. Et ils posent de sérieux problèmes aux sites web en augmentant de façon disproportionnée le nombre de visites des robots, mettant en péril les infrastructures. Ainsi, l’année dernière des responsables de sites scientifiques mais aussi la Fondation Wikimédia avaient alerté sur le problème.

Les sites de média ne font pas exception, d’autant que leurs contenus sont particulièrement prisés des entreprises d’IA générative qui basent leur connaissance de l’actualité essentiellement sur le travail des journalistes qui travaillent pour ces médias. Une bonne partie d’entre eux utilisent bien le fichier robots.txt pour les bloquer. Ainsi, selon un relevé du journaliste Ben Welsh, la moitié des 1 157 sites de presse qu’il a recensés bloque maintenant le robot d’OpenAI et 44 % celui qu’utilise Google pour Gemini.

Comme le faisait remarquer Cloudflare en août dernier, certaines entreprises d’IA générative masquent leurs crawlers web en modifiant leur agent utilisateur pour se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.

Mais, selon Robert Hahn, directeur des affaires commerciales et des licences du journal britannique The Guardian, certains passeraient aussi par des voies indirectes comme Internet Archive pour récupérer les contenus des médias. « Beaucoup de ces entreprises spécialisées dans l’IA recherchent des bases de données structurées et facilement accessibles », affirme-t-il au blog du Nieman Lab, « l’API d’Internet Archive serait un endroit évident où brancher leurs machines et extraire la propriété intellectuelle », tout en admettant que la Wayback Machine en elle-même serait « moins risquée ». Le responsable du média britannique confirme donc avoir pris des mesures, en collaboration avec Internet Archive, pour retirer les articles du Guardian de cette API et de l’outil de l’organisation.

En France, le Monde bloque, Le Figaro et Libération laissent passer


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☕️ Mozilla promet que son kill switch dédié aux fonctions IA arrivera avec Firefox 148

4 février 2026 à 09:37

Firefox 148, dont la sortie est prévue le 24 février, permettra-t-il d’éteindre la polémique ? Mozilla a annoncé lundi que la prochaine version mensuelle de son navigateur intègrerait un réglage permettant de désactiver, en une seule fois, l’ensemble des fonctionnalités du logiciel, actuelles ou futures, faisant appel à des outils d’IA générative.

« Vous pouvez également consulter et gérer des fonctionnalités d’IA individuelles si vous choisissez de les utiliser. Cela vous permet d’utiliser Firefox sans IA pendant que nous continuons à créer des fonctionnalités d’IA pour ceux qui le souhaitent », décrit Mozilla, qui ménage les susceptibilités mais ne change donc pas son fusil d’épaule.

La fonction permettra de bloquer les « améliorations IA » – crédit Mozilla

Anthony Enzor-DeMeo, CEO de Mozilla, a pour mémoire identifié l’IA comme l’un des axes stratégiques de travail autour de Firefox lors de sa prise de fonction, en décembre 2025. « Nous agirons avec urgence. L’IA change les logiciels. Les navigateurs deviennent le point de contrôle de la vie numérique. La réglementation modifie les défauts. Ces changements jouent en faveur des forces de Mozilla », déclarait-il à cette occasion.

Si les acteurs comme OpenAI et Perplexity incarnent une concurrence nouvelle pour Mozilla, via leurs projets de navigateurs Web, cette inflexion stratégique a fait polémique dans la communauté Firefox, ce qui a conduit la Fondation à rapidement promettre que le logiciel ne perdrait pas son âme… et surtout qu’il y aurait bien un « kill switch » pour désactiver les fonctions IA en un clic.

Près d’un tiers des professionnels du jeu vidéo ont été licenciés en deux ans

4 février 2026 à 09:17
Shall we play a game ?
Près d’un tiers des professionnels du jeu vidéo ont été licenciés en deux ans

Le secteur des jeux vidéo est lui aussi touché par les salves de licenciements qui, suite au Covid puis à l’emballement autour de l’IA générative, touchent les entreprises de la tech’ : la moitié des entreprises de jeux vidéo auraient procédé à des licenciements ces 12 derniers mois. Plus de la moitié des professionnels du jeu vidéo estiment par ailleurs que l’IA générative a un impact négatif sur leur métier, contre 18 % en 2024. Dans le même temps, ceux qui estiment qu’elle a un impact positif sont passés de 21 à 7 % seulement.

28 % des employés de l’industrie des jeux vidéo, et 33 % de ceux travaillant aux États-Unis, ont été licenciés au cours de ces deux dernières années. La moitié précise que leur employeur actuel a procédé à des licenciements ces 12 derniers mois. Ce qui est aussi le cas des deux tiers des employés de studios AAA (du nom donné aux jeux les plus budgétés ou vendus), et du tiers des salariés de studios indépendants.

Les chiffres émanent d’un sondage de la Game Developers Conference (GDC, l’un des plus grands évènements de l’industrie du jeu vidéo, réservé aux professionnels) effectué auprès de 2 300 professionnels, dont 64 % d’hommes et 24 % de femmes. 54 % vivent aux USA, 8 % au Canada, 6 % au Royaume-Uni, 3 % en Suède ou en Australie et 2 % en France, en Inde, en Espagne ou en Allemagne.

Un sondage mené auprès de 50 étudiants et de 105 professeurs indique en outre que les trois quarts (74 %) des étudiants, mais aussi et surtout 87 % des enseignants se disent préoccupés par les perspectives d’emploi dans l’industrie du jeu vidéo, signe d’un « pessimisme généralisé », souligne la GDC :

« Au cours des dernières années marquées par des licenciements, on nous a promis une éventuelle “correction de cap”. On nous a dit que la vague de licenciements post-pandémique, qui a suivi les investissements et les embauches de l’ère COVID, finirait par se résorber. Certains espéraient que ce serait le cas cette année. Ce n’est pas le cas. Non seulement les licenciements ont continué à frapper l’industrie du jeu vidéo, mais ils ont même empiré. »

Ils soulignent le manque d’emplois pour les débutants, la concurrence accrue des travailleurs licenciés plus expérimentés et le remplacement par l’intelligence artificielle. Davantage d’étudiants se tournent d’ailleurs vers le développement indépendant, lancent leurs propres studios ou poursuivent leurs études supérieures.

82 % soutiennent les syndicats, mais seuls 12 % sont syndiqués


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☕️ L’Espagne s’apprête à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans

4 février 2026 à 07:59

Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a indiqué ce 3 février que son gouvernement interdirait l’accès réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. Les plateformes devront « déployer des systèmes de vérification d’âge efficace pas de simples onglets à cocher, mais de vraies barrières qui fonctionnent » a-t-il déclaré à l’occasion du Sommet mondial des gouvernements, à Dubaï.

Une telle interdiction prendrait la forme d’un amendement à la loi actuellement au Parlement espagnol. Si le texte cherche pour le moment à restreindre l’accès de tous les mineurs aux réseaux sociaux, explique Politico, la nouvelle version interdirait clairement aux moins de 16 ans de s’y inscrire. L’interdiction devrait être approuvée en Conseil des Ministres dès la semaine prochaine.

Avec la France, le Danemark, la Grèce et l’Italie, l’Espagne fait d’ailleurs partie des cinq pays qui testent le dispositif européen de vérification de l’âge. L’annonce de son Premier ministre rejoint d’ailleurs les projets français (porté par Emmanuel Macron) et danois de limitation de l’accès aux moins de 15 ans. Le Parti Social Démocrate portugais (centre-droit) a par ailleurs déposé le 2 février une proposition de loi selon laquelle les mineurs de 16 ans devraient obtenir le consentement parental pour pouvoir accéder à des réseaux sociaux.

☕️ Premier lancement Ariane 64, « la fusée la plus puissante d’Europe », la semaine prochaine

4 février 2026 à 07:17

Ariane 6 existe en deux versions : 62 et 64. La différence ? Deux boosters pour la première, quatre pour la seconde, qui a donc bien plus de puissance au décollage pour emporter des charges plus lourdes. Le premier lancement d’Ariane 64 est programmé pour la semaine prochaine, le 12 février entre 17h45 et 18h13.

« Ariane 6 peut emporter environ 21,6 tonnes en orbite basse, soit plus du double des 10,3 tonnes qu’elle pouvait mettre en orbite avec seulement deux propulseurs », détaille l’Agence spatiale européenne (ESA).

« Le vol VA267 verra Ariane 6 emporter 32 satellites pour la constellation Leo d’Amazon en orbite basse ». Ce sera le sixième vol d’Ariane 6, mais surtout le « premier avec quatre propulseurs », explique l’ESA. La mission est prévue pour durer un peu moins de 2 h entre le décollage et la séparation des derniers satellites.

Les satellites sont disposés dans le haut de la fusée, qui est équipée d’une longue coiffe de 20 m de haut et 5.4 m de diamètre. Les satellites LEO sont assemblés sur « quatre girafes debout les unes sur les épaules des autres ».

« Comme il s’agit du premier vol avec une longue coiffe, ce lancement est le plus haut jamais réalisé par Ariane 6. Une fois assemblée sur la rampe de lancement du port spatial européen en Guyane française, elle atteindra 62 mètres de haut, soit à peu près la hauteur d’un immeuble de 20 étages ».

Ariane 6 enchaine pour le moment les succès, malgré quelques couacs lors des missions secondaires du vol inaugural.

[Tuto] Comment certifier gratuitement une adresse IP avec Let’s Encrypt

3 février 2026 à 16:41
IP IP IP Houra !
[Tuto] Comment certifier gratuitement une adresse IP avec Let’s Encrypt

Après une phase de test, Let’s Encrypt permet désormais à tout le monde de certifier une adresse IP, permettant ainsi d’y accéder de manière sécurisée en HTTPS, comme c’est possible depuis des années avec un nom de domaine. Il reste quelques bugs, mais ça marche avec le serveur web caddy. On vous explique comment faire.

En juillet dernier, Let’s Encrypt émettait son premier certificat pour une adresse IP, comme cela existe depuis très longtemps sur les noms de domaine. La disponibilité générale de cette fonctionnalité était attendue pour courant 2025, elle est finalement arrivée début 2026.

caddy et profile ACME shortlived

Ni une ni deux, nous réinitialisons un VPS pour tenter l’expérience (avec Ubuntu 25.10), puis on installe caddy. Attention, comme nous allons le voir, cette méthode ne permet pas d’avoir la dernière version, passez donc au paragraphe suivant sans exécuter les deux lignes ci-dessous pour éviter des manipulations inutiles.


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IA : Deux plateformes mises en demeure de supprimer le clonage de voix de doubleurs français

3 février 2026 à 15:38
« Tu es un sorcier Harry. » «Je... je suis un quoi ? »
IA : Deux plateformes mises en demeure de supprimer le clonage de voix de doubleurs français

Deux plateformes américaines ont été mises en demeure par huit comédiens français de supprimer sous huit jours les clonages par intelligence artificielle de leurs voix.

Huit comédiennes et comédiens de doublage français ont mis en demeure deux sociétés américaines, VoiceDub et Fish Audio, de retirer de leurs plateformes tous les « modèles de clonage exploitant [leur] voix » sous huit jours, et réclament 20 000 euros de dommages et intérêts.

Dans un courrier du 30 janvier, les membres de cette action collective inédite indiquent vouloir mettre fin à ces « actes parasitaires », rapporte l’Agence France-Presse (AFP). Parmi eux, Françoise Cadol, qui double notamment les actrices Angelina Jolie et Sandra Bullock, ou encore Richard Darbois, voix française de Richard Gere, Patrick Swayze, ainsi que du personnage de la franchise Toy’s Story, Buzz l’Éclair.

« Alerter les pouvoirs publics »

En septembre 2025, Françoise Cadol a déjà obtenu le retrait du clonage de sa voix des versions remasterisées de Tomb Raider IV, V et VI publiées par Aspire Media. La comédienne a vu sa carrière de doublage au cinéma prendre une nouvelle ampleur après avoir prêté sa voix à Lara Croft, le personnage de la franchise de jeu vidéo.

Auprès de l’AFP, la comédienne regrette cette fois-ci que l’usage des voix de doubleurs et doubleuses se fasse « sans notre autorisation (…) on est néantisé, piraté. C’est notre métier, on vit de notre voix. » De même que les opportunités de travailler s’amoindrissent dans le domaine de la traduction, à mesure que des éditeurs se tournent vers l’intelligence artificielle, comédiennes et comédiens voient les possibilités de doubler des acteurs internationaux s’amenuiser.

Avec cette mise en demeure collective, Françoise Cadol et ses collègues espèrent alerter « les pouvoirs publics pour faire émerger une solution pratique qui permette de [se] défendre ».

Problématique transverse dans l’audiovisuel

Plusieurs professionnels du domaine ont créé l’initiative Touche Pas à ma VF, qui promeut un « doublage créé par des humains pour des humains » et pousse le public à se mobiliser pour les aider à protéger leur métier. D’abord mobilisés en ligne, ils ont aussi manifesté ces derniers mois pour tenter d’obtenir une réponse de la ministre de la Culture, Rachida Dati. Lancée en 2024, leur pétition comptabilise désormais plus de 247 000 signatures.

Hors de l’hexagone, les problèmes d’utilisation de l’image et de la voix des professionnels de l’audiovisuel créent aussi des remous depuis l’explosion des outils d’IA générative. Officiellement présentée lors du festival du film de Zurich à l’automne 2025, l’ « actrice » créée par IA Tilly Norwood avait fait scandale, alors que sa créatrice la présentait comme à même de remplacer Natalie Portman ou Scarlett Johansson.

Cette dernière, par ailleurs interprète de l’intelligence artificielle représentée dans le film Her de Spike Jonze, a dû recourir à son avocat pour obliger OpenAI à cesser d’utiliser une version de sa voix générée par IA.

Plus récemment, l’acteur Matthew McConaughey a fait breveter des extraits vidéos de son image et des enregistrements de sa voix auprès de l’Institut américain de la propriété intellectuelle pour tenter de les protéger de tout usage non consenti de ces éléments par des sociétés développant des systèmes d’intelligence artificielle.

Renater va « proposer aux établissements une solution pour s’armer au niveau cyber »

3 février 2026 à 14:51
Interview
Renater va « proposer aux établissements une solution pour s’armer au niveau cyber »

Centre des opérations de cybersécurité pour les établissements du supérieur et de la recherche, services numériques collaboratifs, backbone à 1 Tb/s d’ici 2030 ou encore passage d’IPv4 à IPv6 Next aborde toutes ces questions avec le directeur du réseau Renater, Boris Dintrans.

Le réseau Renater de l’enseignement supérieur et de la recherche français existe sous ce nom depuis 1993. Il va passer tout son backbone à 1 Tb/s d’ici 2030 (comme nous l’expliquions schématiquement, un backbone est une grosse liaison au « cœur » des réseaux). La structure qui le gère, le GIP Renater, prévoit aussi de mettre en place un « Security Operations Center » (SOC) pour que les universités et autres établissements puissent faire face à l’augmentation de la menace cyber. Next a interrogé son directeur, Boris Dintrans, pour mieux comprendre comment ces questions étaient prises en main au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche en France.

>> Next : Pouvez-vous nous rafraîchir la mémoire sur l’état actuel du réseau Renater ?

Boris Dintrans : Le backbone Renater de métropole a actuellement une cinquantaine de nœuds de raccordement [voir la carte de la météo du réseau]. La très grande majorité du réseau est à 100 Gb/s natif, notamment sa boucle ouest qui remonte à Marseille et arrive sur Paris.

Les sorties vers l’internet mondial sont de deux fois 400 Gb/s sur GÉANT [ndlr : un consortium de réseaux de l’enseignement et de la recherche en Europe dont le rôle est d’interconnecter entre eux les NREN européens ] à Paris et GÉANT à Lyon (localisé en réalité à Genève, au CERN) ainsi que des sorties internet via des transitaires internationaux (les deux principaux transitaires au niveau mondial) à deux fois 100 Gb/s sur Paris et deux fois 100Gb sur Marseille.

Renater a aussi des dessertes à 100 Gb/s sur certains sites, comme à Paris au TGCC (très gros centre de calcul du CEA) ou entre ses data centres parisiens Paris 1 et Paris 2 200G entre Paris 1 et Orsay 200G, entre Orsay et Paris 2 100G et des connexions à 200G entre les deux data centres de Renater de Marseille.

En fonction des points de raccordement, on peut dépasser les 100G pour des besoins importants bien spécifiques (par exemple pour de grosses infrastructures comme celles de gestion des données du grand collisionneur de hadrons au CERN).

« Le plan stratégique de Renater prévoit que le backbone passera de 100 Gb/s à 1 Tb/s d’ici 2030 »

>> Quelles sont les évolutions prévues pour le réseau Renater ?

Dans le cadre d’EuroHPC (interconnexion des supercalculateurs européens), Renater va évoluer, grâce notamment à un projet mené avec GÉANT remporté fin 2025. L’idée est de créer un backbone à 1,6 Tb/s entre tous les centres de calculs qui auront été financés par EuroHPC.


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