Vue normale

La guerre avec l’Iran aura-t-elle un impact sur les investissements dans la tech ?

9 mars 2026 à 13:11
Si vis pacem, para silicium
La guerre avec l’Iran aura-t-elle un impact sur les investissements dans la tech ?

Le conflit qui s’étend au Moyen-Orient aura-t-il des répercussions économiques sur l’industrie de la tech ? La question se pose à plus d’un titre : les puissances pétrolières du Golfe sont en effet à la fois une terre de datacenters pour les grands acteurs du numérique, et un partenaire financier de premier plan pour leurs projets d’infrastructures autour de l’IA.

Déclenchée par l’attaque des États-Unis et d’Israël le 28 février dernier, la guerre d’Iran a rapidement touché, à des niveaux divers, l’ensemble du Moyen-Orient, et aucune perspective de résolution rapide n’émerge, alors que les belligérants poursuivent leurs campagnes de bombardements respectives. Faut-il s’attendre à un conflit qui dure, à l’image de la guerre en Ukraine ? S’il se prolonge pendant des mois, voire des années, il aura vraisemblablement un impact direct sur l’économie du secteur de la tech et du numérique.

Répercussions inflationnistes

Analystes et commentateurs n’ont pas attendu longtemps pour élaborer leurs scénarios du pire. Le cabinet IDC a par exemple sorti dès le 2 mars une première étude visant à décrire et tenter de chiffrer les conséquences de la guerre sur l’industrie de l’IT.

Trois des six impacts identifiés vont dans le sens d’une accélération des dépenses et donc des investissements, ce qui peut être vu comme un signal positif pour le secteur. IDC évoque ainsi un renforcement des stratégies de résilience informatique en matière de cloud et de datacenter (pour se prémunir des interruptions de service telles que celle connue par Amazon Web Services dans ses zones Moyen-Orient) et une priorité accrue accordée aux problématiques de souveraineté. De la même façon, le cabinet s’attend à ce que le conflit entraîne une augmentation des investissements en matière de cybersécurité.


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Sondage de DPO à l’appui, noyb affirme que la simplification RGPD est à côté de la plaque

6 mars 2026 à 14:17
À lobbying, lobbying et demi
Sondage de DPO à l’appui, noyb affirme que la simplification RGPD est à côté de la plaque

Que disent les délégués à la protection des données personnelles de la simplification du RGPD envisagée par la Commission européenne ? Un sondage organisé par l’association noyb révèle que leurs préoccupations portent essentiellement sur la simplification des démarches administratives, et non sur la redéfinition des données personnelles ou sur la limitation du droit d’accès, pourtant envisagés par Bruxelles en réponse aux demandes de l’industrie.

Dans l’univers tech, on entend souvent dire que l’excès de norme est un frein à l’innovation, et que le régulateur ferait bien de s’intéresser aux signaux qui remontent de la base (les entreprises) plutôt que de décider du cadre depuis le sommet.

L’association autrichienne noyb a décidé de prolonger la logique en descendant un cran plus bas : plutôt que d’interroger les entreprises, elle a cherché à connaître la position des individus qui, au sein de ces dernières, se situent en première ligne de la mise en œuvre du cadre réglementaire.

Ratio entre charge de travail et utilité perçue

En l’occurrence, les fameux Délégués à la protection des données (souvent abrégé en DPO, pour Data Protection Officer), instaurés par les articles 37 et suivants du non moins fameux Règlement général sur la protection des données (RGPD).

L’association a donc demandé à environ 500 de ces derniers quels étaient les points de friction liés au RGPD les plus fréquents dans leur quotidien. Elle en a profité pour essayer d’évaluer, toujours par la voie du sondage déclaratif, la part du temps de leur activité de DPO associée à chacune des grandes exigences du règlement. Elle a enfin tenté d’évaluer la façon dont ces DPO percevaient la valeur du service rendu à l’internaute en matière de respect de la vie privée.

Les enseignements de cette étude, présentés jeudi 5 mars, illustrent selon noyb à quel point la Commission européenne fait fausse route en matière de simplification du RGPD. Rappelons que Bruxelles a publié en novembre 2025 un paquet législatif dédié au numérique qui vise à amender plusieurs des grands textes de loi européens, dont le RGPD, la directive e-Privacy, le règlement sur l’IA, etc..

Qualifié de « digital omnibus » du fait de ce caractère fourre-tout, le texte est vivement attaqué pour les allègements qu’il propose en matière de défense de la vie privée. Mi-janvier, deux organisations européennes ont ajouté de l’huile sur le feu en arguant que certaines des mesures de ce Digital Omnibus seraient le reflet du message porté par les lobbys de l’industrie de la tech à Bruxelles. L’un des points de crispation concerne l’article 15 relatif au droit d’accès aux données personnelles, que la Commission européenne prévoit de réduire au motif qu’il y aurait des « abus ».

C’est donc dans ce contexte tendu que noyb dégaine son étude, dont les résultats se veulent donc représentatifs des attentes non pas d’un secteur d’activité, mais d’une fonction bien précise, dont l’avis semble tranché. L’association résume :

« Il s’avère que la plupart des professionnels ne souhaitent pas une réduction des protections, mais une simplification des obligations de documentation et des formalités administratives. Dans bien des cas, ils demandent même des lois plus claires plutôt qu’une plus grande « flexibilité », difficile à mettre en œuvre pour la plupart des entreprises. »

Les DPO ne veulent globalement pas moins de protections

Le sondage a été réalisé en juillet 2025, et une fois nettoyées, les données permettent à noyb de consolider (voir l’étude au format PDF) les réponses de 510 DPO, dont la moitié évolue dans des sociétés comptant plus de 500 employés. Il est à noter que l’association a recruté les sondés par ses propres canaux de communication (réseaux sociaux et newsletter centrée sur les enjeux liés au RGPD).

Pour ce qui est de la charge de travail, les répondants déclarent que les tâches les plus chronophages sont liées aux obligations déclaratives, à la mesure d’impact, et à la conformité en matière de sécurité. Les principes qui constituent le cœur du règlement, les obligations d’information ou la gestion du droit d’accès sont quant à eux considérés comme relativement indolores. D’après noyb, plus de 70 % des sondés répondent ainsi que le droit d’accès ne génère que « peu », « un peu » ou « pas » de travail.

L’association affirme que ce chiffre confirme sa propre lecture du phénomène, selon laquelle la plupart des entreprises ne font l’objet que de rares demandes d’accès, tandis que les acteurs susceptibles d’être fréquemment sollicités (secteur de la publicité par exemple) ont de toute façon des routines de traitement automatisées.

Le sondage évalue les différentes missions afférentes à la conformité RGPD en fonction de la charge de travail engendrée – crédit noyb

L’association interroge ensuite son échantillon de DPO sur leur perception de l’utilité des missions en question. Ici, ce sont les obligations liées à la sécurité, les principes fondamentaux du texte, et l’obligation d’information qui apparaissent comme les éléments les plus utiles, juste devant le droit à l’accès. Elle s’étonne dans ce contexte que Bruxelles propose de limiter le droit d’accès ou les obligations de transparence.

« Cette étude révèle un fossé immense entre les besoins des personnes qui travaillent concrètement au respect de la conformité et les problèmes alimentés par la « bulle du lobby bruxellois ». Nous n’aidons pas les entreprises européennes dans leur fonctionnement normal ; la proposition de la Commission empiète même souvent sur ce que les professionnels considèrent comme utile », résume Max Schrems, fondateur de noyb.

L’association évalue le rapport entre niveau de protection perçu et charge de travail pour les principales obligations du RGPD – crédit noyb

Le « one size fits all » ne fait pas consensus

noyb profite de son étude pour interroger les DPO sur l’intérêt, ou non, de créer des paliers en fonction desquels le niveau d’obligation pourrait varier, de façon par exemple à ce que les exigences réglementaires soient alourdies pour les grands acteurs spécialistes de la vente de données, et allégées pour les petites et moyennes entreprises chez qui la gestion de données personnelles n’est qu’une problématique satellite.

La question n’est pas totalement innocente : dans sa communication autour du paquet numérique, Bruxelles fait en effet valoir que la simplification du RGPD profitera à toutes les entreprises, sans prendre en compte cette différence d’impact. Qu’en disent les intéressés ? « Malgré le fait que beaucoup d’entre eux représentent de plus grandes entreprises (500 + employés), 70% des répondants ont déclaré qu’il y avait un besoin de règles plus strictes pour les grandes entreprises », argue noyb, qui défend donc l’idée d’un système de paliers, avec des règles très claires, ne laissant que peu de place à l’interprétation juridique, pour les PME.

L’association interroge également la perception des DPO sur la proposition, faite par Bruxelles, d’un système de liste blanche, pour automatiser le consentement de certains recueils et traitements à finalité claire (la mesure d’audience par exemple) et donc réduire la pression au niveau des fameux bandeaux de cookies.

noyb, qui avait exprimé en novembre dernier des craintes sur les possibilités réellement offertes par cette liste blanche, note à ce niveau que 84 % des sondés sont globalement favorables à l’idée, mais ajoute à l’équation une autre hypothèse, jusqu’ici écartée par Bruxelles : celle d’un fonctionnement par liste noire, qui interdirait donc les traitements « clairement illicites », à la façon de ce qu’énonce l’article 5 du règlement européen sur l’IA. L’idée recueille un accueil favorable (totalement ou partiellement) chez 91 % des sondés.

« Étonnamment, les spécialistes de la protection de la vie privée (…) ne pensent pas qu’une « liste noire » limiterait excessivement [les responsables de traitement]. Il semble que la sécurité juridique soit privilégiée par rapport à la flexibilité de la loi. On peut supposer que la garantie d’une concurrence loyale est un facteur justifiant l’établissement de « listes noires », étant donné que les concurrents seraient eux aussi soumis à des règles plus claires. », commente l’association, qui appelle par conséquent à un débat plus large autour du Digital Omnibus.





Quantique : Pasqal lève 340 millions d’euros et vise déjà le Nasdaq

6 mars 2026 à 08:08
L'anti dead cat bounce
Quantique : Pasqal lève 340 millions d’euros et vise déjà le Nasdaq

Pasqal, startup française du quantique, a annoncé coup sur coup une levée de fonds de 340 millions d’euros et son association avec un SPAC en vue de préparer son introduction en bourse, avec l’objectif d’une double cotation, à Paris et à New-York. L’opération valoriserait la société deux milliards de dollars.

Non contente d’avancer sur le développement d’ordinateurs quantiques à base d’atomes neutres, la startup française Pasqal fait cette semaine la démonstration de ses talents en matière d’ingénierie financière. Depuis son siège de Palaiseau, elle vient en effet de dévoiler une double opération, qui lui permet à la fois de muscler sa trésorerie immédiatement disponible et de préparer l’avenir en posant les bases d’une double introduction en bourse : d’abord sur le Nasdaq (l’indice des valeurs technologiques de Wall Street) à New-York puis sur Euronext à Paris.

170 millions d’euros en capital…

Dans le détail, Pasqal a annoncé mercredi avoir procédé à un tour de table qui lui permet de réunir au moins 340 millions d’euros (environ 395 millions de dollars), en deux temps. La première moitié de cette manne (soit 170 millions d’euros) est amenée sous forme de capital, avec un tour de table qui réunit, selon la startup, un groupe d’investisseurs internationaux de premier plan.

L’opération est emmenée par le fonds états-unien Parkway Ventures, le taïwanais Quanta Computer, le coréen LG Electronics et le français CMA CGM. Pasqal indique que ses investisseurs historiques, parmi lesquels le français ISAI, fonds européen pour l’innovation, le fonds souverain de Singapour Temasek et la branche investissement de Saudi Aramco remettent également au pot.

Bpifrance, qui compte parmi les investisseurs de Pasqal depuis sa série A de 2021, ne semble pas participer directement, mais la startup prend soin de préciser que la banque publique d’investissement « maintient un rôle stratégique à long terme dans la structure du capital ».

… et un engagement équivalent en vue de l’entrée en bourse

La seconde tranche de 170 millions d’euros prend quant à elle la forme d’un engagement sous forme de financement convertible (les investisseurs prêtent de l’argent à l’entreprise dans l’optique d’un remboursement sous forme d’actions). Cette seconde tranche intervient dans le contexte d’une introduction en bourse programmée en deux temps : à Wall Street d’ici fin 2026, puis à Paris sur Euronext dans les mois suivants.

Pour ce faire, Pasqal va s’adosser à un SPAC (special purpose acquisition company), une coquille vide introduite spécifiquement en bourse pour préparer le terrain à une autre société. En l’occurrence, le véhicule concerné est déjà identifié : il s’agit de la société Bleichroeder Acquisition Corp. II, qui compte un certain Michel Combes parmi ses fondateurs. Ancien PDG de SFR et directeur général d’Altice, Michel Combes a par la suite occupé un poste de directeur financier chez l’opérateur Sprint, avant de prendre la tête du japonais Softbank pendant deux ans.

Cette tranche convertible associe elle aussi un aréopage d’investisseurs institutionnels, parmi lesquels le fonds indien Inflection Point, et le fonds Large Ventures de Bpifrance.

Si l’opération va à son terme dans les conditions décrites ici, Pasqal sera valorisée 2 milliards de dollars avant conclusion des financements, et environ 2,6 milliards de dollars en prenant en compte la trésorerie disponible via ses différents véhicules.

Un ancrage français conservé

Pasqal, qui indique compter environ 275 employés, revendique 25 clients et partenaires pour ses premiers ordinateurs quantiques, ainsi qu’un carnet de commandes de l’ordre de 80 millions de dollars. L’entreprise affirme que ces fonds vont lui permettre d’accélérer significativement ses développements :

« En France, Pasqal prévoit de doubler sa capacité de production en 24 mois, d’augmenter ses effectifs de près de 20 % avec 50 nouvelles embauches au cours des 18 prochains mois et d’investir massivement dans la R&D pour développer un ordinateur quantique avancé et tolérant aux pannes d’ici la fin de la décennie. »

Pasqal, qui compte parmi les quelques pépites hexagonales du quantique aux côtés de sociétés comme Quandela, C12, Alice&Bob ou Quobly, assure par ailleurs de son intention de rester une société de droit français, avec un ancrage français, en dépit de la ventilation de son capital :

« La gouvernance envisagée (…) prévoit la nomination d’un nouveau président non exécutif de nationalité française. Cette structure de gouvernance a été élaborée en étroite collaboration avec les actionnaires et reflétera l’engagement de Pasqal à consolider son ancrage français tout en poursuivant son expansion internationale. L’entreprise devrait conserver son statut juridique français et son siège social à Palaiseau. »

☕️ OpenAI sort GPT-5.4, avec deux versions tournées vers les tâches « professionnelles »

6 mars 2026 à 06:47

OpenAI avance un nouveau pion dans la course effrénée que se livrent les acteurs de l’IA générative avec la sortie, jeudi 5 mars, de GPT‑5.4, dernière itération en date de son grand modèle de langage. Immédiatement disponible au travers de ChatGPT, des API proposées aux entreprises ou de Codex, l’outil dédié aux développeurs, GPT‑5.4 est décliné en deux versions : GPT‑5.4 Pro, « pour les personnes qui recherchent une performance maximale sur des tâches complexes », et GPT‑5.4 Thinking, qui promet des capacités plus poussées en matière de recherche en ligne, de taille de contexte et de gestion des requêtes complexes.

Dans un long article de présentation, rempli de tests de performance superlatifs, OpenAI indique avoir mis, avec GPT‑5.4, l’accent sur la capacité à créer et éditer des documents bureautiques (un nouveau plugin Excel est par ailleurs lancé en même temps), mais aussi sur la capacité à contrôler un ordinateur et à voir (c’est-à-dire à analyser le contenu de captures d’écran) le résultat de ses actions au fil de l’eau. Difficile de ne pas y voir une réponse directe aux comportements agentiques développés par Anthropic avec Claude Cowork.

OpenAI accompagne le déploiement de GPT‑5.4 d’une série de mesures de performance qui attestent, selon l’entreprise, de la supériorité de son nouveau modèle sur les deux références concurrentes du moment, à savoir Claude Opus 4.6 et Gemini 3.1 Pro.

Comparaison, selon OpenAI, des performances de GPT-5.4 avec les modèles précédents et la concurrence d’Anthropic et de Google – crédit OpenAI

GPT‑5.4 fait actuellement l’objet d’un déploiement progressif, et doit selon OpenAI s’imposer auprès des utilisateurs comme le nouveau modèle de référence. Le nouveau venu va d’ailleurs évincer GPT-5.2 Thinking qui sera mis à la retraite d’ici trois mois. Le changement n’est pas tout à fait anodin pour les gros consommateurs : GPT-5.4 est en effet facturé plus cher que son prédécesseur. En version API, il faut ainsi compter 2,5 dollars par million de jetons, quand GPT-5.2 était à 1,75 dollar.

Prix d’accès aux modèles GPT du moment, en dollars par million de jetons en entrée, puis en dollars par million de jetons en sortie – capture d’écran

Au fait, pourquoi GPT-5.4, alors que les versions Pro utilisaient jusqu’ici GPT-5.2, sorti en décembre, et que OpenAI a en parallèle sorti GPT-5.3 Codex début février et GPT-5.3 Instant début mars ? OpenAI l’explique de la façon suivante :

« GPT-5.4 est notre premier modèle de raisonnement principal intégrant les fonctionnalités de codage avancées de GPT-5.3-codex et déployé progressivement sur ChatGPT, l’API et Codex. Nous l’appelons GPT-5.4 pour refléter cette évolution et simplifier le choix entre les modèles lors de l’utilisation de Codex. Nos modèles Instant et Thinking évolueront à des rythmes différents au fil du temps. »

Les autorités saisissent Leakbase, forum historique de la cybercriminalité

5 mars 2026 à 09:32
Leakbase leaked
Les autorités saisissent Leakbase, forum historique de la cybercriminalité

Une action policière sous pilotage conjoint d’Europol et du FBI a conduit à l’arrestation de plusieurs administrateurs du site Leakbase, ainsi qu’à la saisie des serveurs et de la base de données du forum associé, haut lieu historique du vol de données et des échanges liés à la cybercriminalité sur le Web ouvert.

Leakbase n’est plus, au moins jusqu’à ce qu’une nouvelle incarnation ne tente de prendre le relais. Le département de la Justice des États-Unis et Europol ont en effet annoncé mercredi 4 mars la conclusion d’une opération policière internationale ayant conduit à la saisie des actifs associés à ce célèbre forum anglophone dédié au piratage, au vol de données et à la cybercriminalité.

Saisie des messages, soldes de crédits, et logs IP

Baptisé « Operation Leak », ce coup de filet a mobilisé les forces de police dans 14 pays, et permis l’arrestation ou l’interrogatoire d’internautes suspectés d’avoir pris part aux activités du site aux États-Unis, en Belgique, en Espagne, en Pologne, en Roumanie, au Royaume-Uni, au Portugal ou en Australie.

Il a aussi et surtout permis de saisir deux des noms de domaine utilisés par le forum (sa dernière porte d’entrée en date exploitait le TLD du Laos), et d’y remplacer le contenu du site par une bannière d’avertissement aux couleurs des forces de police associées à la démarche.

« Tout le contenu du forum, y compris les comptes utilisateurs, les messages, les détails liés aux crédits, les messages privés et les logs IP ont été sécurisés et préservés à des fins probatoires », affirme le message en question, qui invite par ailleurs les internautes repentis ou les sources potentielles à prendre contact avec le FBI.

Les autorités ont « défacé » Leakbase avec un bandeau annonçant la saisie

D’après ce dernier, la base de données de Leakbase référençait quelque 215 000 messages et 142 000 comptes membres en décembre 2025, des chiffres cohérents avec ce qu’annonçait la page d’accueil du forum peu avant sa fermeture. Le site agrégeait surtout, d’après les autorités, « une archive immense et constamment mise à jour de bases de données piratées, comprenant de nombreuses bases de données issues d’attaques de grande envergure, et contenant des centaines de millions d’identifiants de comptes ».

Un message d’avertissement aux cybercriminels

Moins connu que Breachforums, forum gratuit où sont proposés à la vente la plupart des vols de données qui défraient la chronique en France, Leakbase adoptait un fonctionnement plus complexe, avec forum sur accès payant, et un système de crédits, gérés par l’administration du site, pour acheter le droit de consulter les données ou les outils échangés.

« Dans le cadre de l’enquête, les autorités ont saisi la base de données du forum. Cela a permis de démasquer plusieurs utilisateurs qui pensaient agir anonymement. Les forces de l’ordre ont pris contact directement avec plusieurs suspects via les mêmes plateformes en ligne utilisées pour faciliter les activités criminelles, affirme Europol, selon qui cette opération doit servir d’avertissement aux internautes enclins à franchir la ligne rouge : personne n’est véritablement invisible en ligne ».

Rappelons que les autorités ont mené entre 2023 et 2025 plusieurs coups de filet ayant conduit à l’arrestation des administrateurs de Breachforums, qui a depuis repris du service avec le succès que l’on connait.


☕️ OpenAI publie la version Windows de Codex, son agent IA dédié au code

5 mars 2026 à 08:10

Déjà accessible au travers de Visual Studio ou GitHub Codespaces, l’agent IA dédié au code d’OpenAI dispose désormais de son propre client dédié aux environnements Microsoft, via l’application Codex pour Windows. Annoncée le 4 mars, cette dernière est proposée au téléchargement par l’intermédiaire du Microsoft Store, sans alternative plus directe pour le moment.

Comme pour l’application macOS lancée début février, OpenAI promet que son client Windows couvre toute la richesse fonctionnelle de Codex avec, entre autres, la possibilité de faire tourner simultanément plusieurs tâches ou agents parallèles, la création d’environnements sécurisés et isolés les uns des autres, une gestion complète des commits, CI/CD, etc., ainsi que l’accès aux instructions, scripts et ressources censés permettre d’implémenter de façon simplifiée certaines tâches complexes, à commencer par la connexion à des services tiers via MCP (Model Context Protocol).

L’application Codex d’OpenAI est désormais disponible sur Windows – crédit OpenAI

OpenAI souligne également la présence d’une fonction d’import, pour rapatrier l’historique issu d’une précédente instance de Codex, et assure que l’outil offre une sécurité « par défaut », dans la mesure où les agents IA évoluent dans un environnement dédié (sandbox) tant que l’utilisateur ne leur a pas octroyé d’autres privilèges. La promesse ne se veut d’ailleurs pas exclusive à cette version Windows :

« L’application Codex utilise un sandboxing natif, open source⁠ et configurable au niveau système, comme dans la CLI Codex. Par défaut, les agents Codex ne peuvent modifier que les fichiers du dossier ou de la branche sur lesquels ils travaillent et utiliser une recherche web mise en cache. Ils demandent ensuite votre autorisation avant d’exécuter des commandes nécessitant des droits élevés, comme l’accès au réseau ».

Apple lance son MacBook Neo avec une puce d’iPhone, à partir de 699 euros

4 mars 2026 à 15:17
Le "continuum" Apple à son paroxysme ?
Apple lance son MacBook Neo avec une puce d’iPhone, à partir de 699 euros

Apple a confirmé mercredi le lancement de son premier ordinateur portable équipé d’une puce héritée de l’iPhone. Affiché à 699 euros dans sa version 256 Go, le MacBook Neo constitue donc la nouvelle porte d’entrée vers macOS avec un écran 13 pouces, une puce A18 Pro et jusqu’à 16 heures d’autonomie.

L’annonce ne constitue pas précisément une surprise dans la mesure où les principaux détails avaient déjà fuité, jusqu’au nom de l’appareil : Apple a donc mis à profit son événement du 4 mars pour présenter à la presse son dernier-né, le MacBook Neo : un ordinateur portable au format 13 pouces au tarif nettement plus agressif que le reste de la gamme, qui vient d’être renouvelée.

L’appareil est en effet lancé à 699 euros dans sa version 256 Go. Une seconde version facturée 799 euros permet quant à elle de profiter de 512 Go de stockage mais aussi d’un capteur TouchID au niveau du clavier. Outre la couleur du châssis, la capacité de stockage est la seule option proposée.

Le processeur de l’iPhone 16 Pro aux commandes

Si Apple présente le MacBook Neo comme équipé de la dernière version en date de macOS, l’appareil présente bien entendu un compromis par rapport aux actuels MacBook Pro et MacBook Air : exit les puces M4 ou M5, et place à un composant hérité de l’iPhone. En l’occurrence, il s’agit sur cette première version d’une puce A18 Pro, celle qu’Apple a introduit pour la première fois en septembre 2024 avec l’iPhone 16 Pro.

Dans la version intégrée au MacBook Neo, l’A18 Pro dispose d’une partie CPU à six cœurs (deux orientés performances, quatre centrés sur l’efficacité), accompagnée d’un GPU à cinq cœurs et d’un neural engine à 16 cœurs.

Donné pour 60 Go/s de bande passante mémoire, la puce est accompagnée de 8 Go de mémoire unifiée (LPDDR5). Des caractéristiques identiques à celles revendiquées par Apple pour l’iPhone 16 Pro, ce qui laisse penser que la partie NPU devrait là aussi délivrer 35 TOPS, et que l’appareil profitera de l’USB 3 à 10 Gb/s. Il est par ailleurs compatible Wi-Fi 6E et Bluetooth 6, et dispose d’une webcam 1080p.

Une autonomie et des fonctionnalités de MacBook

La firme de Cupertino annonce la prise en charge des fonctions Apple Intelligence, et promet des performances suffisantes pour tous les usages courants. « Le MacBook Neo est le binôme idéal pour étudier, qu’il s’agisse de réviser pour un examen, de synthétiser des notes de cours avec Apple Intelligence ou d’élaborer des présentations », cible notamment l’entreprise.

La dalle interne, IPS, affiche 2 408 x 1 506 pixels à 219 pixels par pouce, avec une luminosité max de 500 nits. Le châssis est donné pour 1,23 kg, avec une épaisseur de 1,27 cm, des lignes rectangulaires assouplies par une coque arrondie et quatre coloris au choix. L’écran n’est pas tactile, mais on retrouve le Trackpad Multi‑Touch des autres ordinateurs de la marque. De façon inédite, les hauts-parleurs se situent sur la tranche de l’ordinateur. Deux micros les accompagnent.

Doté de deux connecteurs USB format Type-C (un en USB 3 offrant la prise en charge d’un écran externe jusqu’au 4K à 60 Hz et DisplayPort 1.4, l’autre en USB 2), il propose également une prise casque 3,5 mm.

La batterie intégrée de 36,5 Wh offrirait jusqu’à 16 heures d’autonomie, avec une recharge via USB-C exigeant au moins 20W. Rappelons qu’en Europe, Apple ne fournit plus de bloc secteur avec ses ordinateurs portables : l’entreprise se limite à un simple câble de charge USB-C (1,5 m) et vend le chargeur en option.

Le MacBook Neo est dès à présent disponible à la précommande chez Apple, avec une disponibilité fixée au 11 mars, comme les autres produits lancés cette semaine par la marque. Rappelons que l’entreprise a annoncé depuis lundi l’iPhone 17e, l’iPad Air avec une puce M4 et le renouvellement de ses gammes MacBook Pro et MacBook Air.

Comparaison entre MacBook Neo et MacBook Air M5 selon Apple – capture d’écran

Accenture rachète Ookla, Speedtest et Downdetector pour 1,2 milliard de dollars

4 mars 2026 à 14:32
Accenture rachète Ookla, Speedtest et Downdetector pour 1,2 milliard de dollars

Accenture a annoncé mardi la conclusion d’un accord portant sur l’activité d’Ookla, la branche des services et solutions « connectivité » du groupe média Ziff Davis, qui réunit notamment Speedtest et Downdetector. La transaction est chiffrée à 1,2 milliard de dollars, en cash.

Pour beaucoup d’internautes, Speedtest et Downdetector font presque office de services en ligne réflexe : le premier pour vérifier que la nouvelle box promue à grands renforts de superlatifs par votre opérateur tient ses promesses… et le second pour essayer de comprendre si vous êtes le seul dans la panade face à cette satanée page Web qui boucle sur une erreur 500…

Accenture veut se renforcer sur la connectivité

Si ces services sont très identifiés du grand public et génèrent des audiences significatives (Speedtest est même disponible via les PowerToys Windows), ils s’intègrent également dans des solutions à la fois plus complexes et plus ambitieuses, destinées cette fois au marché des entreprises.

C’est vraisemblablement ce volet professionnel qui a alimenté la convoitise d’Accenture : le géant américain des services numériques (70 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur l’exercice 2025, 779 000 employés à la clôture de ce dernier) vient en effet d’annoncer l’acquisition d’Ookla (430 employés), la maison mère de Speedtest et Downdetector, également éditrice de Ekahau (mesure et optimisation de la performance des réseaux sans fil locaux) et Rootmetrics (mesure de la performance des réseaux mobiles sur le terrain), deux solutions intégrées suite à des croissances externes.

« Grâce à la suite Ookla, nous proposerons des services d’intelligence réseau de bout en bout, essentiels à la transformation numérique par l’IA, déclare Manish Sharma, directeur de la stratégie et des services chez Accenture, dans un communiqué. À l’ère de l’accès omnicanal et automatisé, une connectivité fluide et à faible latence est un atout concurrentiel majeur, et ces outils permettent aux entreprises de créer les environnements haute performance dont elles ont besoin. »

231 millions de dollars de chiffre d’affaires

Accenture ne communique pas le montant de la transaction, qui reste par ailleurs soumise aux habituelles approbations réglementaires, mais Ziff Davis, l’actuel propriétaire, l’évoque de façon explicite.

Le groupe, principalement connu pour ses activités dans les médias (il a par exemple racheté CNET en 2024), annonce une transaction chiffrée à 1,2 milliard de dollars, réalisée en cash, et souligne que l’activité correspondante a généré 231 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025, soit environ 16 % de ses recettes totales.

La publication, fin février, des résultats annuels de Ziff Davis, montre que sa branche « connectivité » a réalisé une croissance de 8 % sur un an. Le groupe ne précise en revanche pas le niveau de marge et la rentabilité associés.

L’UNSS admet une fuite comprenant les photos d’identité de collégiens et lycéens

4 mars 2026 à 10:20
L'UNSS, ses cross boueux et ses fuites de données...
L’UNSS admet une fuite comprenant les photos d’identité de collégiens et lycéens

Déjà victime d’un piratage en 2025, l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) a reconnu mardi avoir fait l’objet d’un vol de données issues de son outil de gestion de la relation avec les licenciés. Quelques jours plus tôt, le groupe Dumpsec affirmait être en possession de 890 000 photos émanant de l’UNSS.

L’Union nationale du sport scolaire (UNSS) a reconnu mardi 3 mars avoir été victime d’une fuite de données qu’elle présente comme « issues de son outil de gestion OPUSS ». L’intrusion dont elle découle remonterait à plusieurs mois.

« Ces données avaient fait l’objet d’une exfiltration dispersée en novembre 2025, pour laquelle l’UNSS avait immédiatement alerté son prestataire technique. La mise en vente récente de ces données a conduit à une nouvelle mobilisation des équipes et à l’activation des procédures prévues en matière de cybersécurité », affirme l’organisation.

890 000 photos exposées ?

Son message fait suite à la publication, le 28 février dernier, d’un post de forum signé Dumpsec annonçant la mise en vente de deux fichiers issus de l’UNSS : un jeu de 7 millions d’enregistrements et un ensemble de 889 000 photos des collégiens et lycéens qui constituent la base des licenciés de l’organisation. Cette annonce a été relayée le jour même sur les réseaux sociaux, et c’est probablement ce qui a conduit l’UNSS à finalement réagir mardi.

L’Union ne commente pas le volume de données évoqué par l’auteur du post en question, mais elle confirme en revanche que des données personnelles et des photos d’adhérents ont été compromises :

« À ce stade des investigations, les données susceptibles d’être concernées comprennent des informations d’identification liées aux licences UNSS (nom, prénom, genre, date de naissance, établissement scolaire, classe, date d’inscription, URL de photographie d’identité). Les premières analyses indiquent que les données financières (RIB, mandats de prélèvement SEPA) ainsi que les données relatives au handicap ne seraient pas concernées par cet incident. »

Elle ajoute une précision qui appuie l’une des allégations des auteurs de l’annonce : « Les liens permettant d’accéder aux images ont été rendus inopérants ». Dans le post initial annonçant la fuite, ces derniers illustraient en effet leur promesse avec un lien pointant directement vers un répertoire du sous-domaine dédié à l’outil OPUSS sur le site de l’UNSS.

Le retour d’un prestataire déjà auréolé de nombreuses fuites

En réponse à cette fuite manifeste, l’UNSS indique avoir, « dès confirmation des faits », notifié l’incident aux autorités ainsi qu’à la Cnil, saisi l’ANSSI et engagé, avec son prestataire technique, une analyse approfondie des journaux de connexion afin d’identifier précisément l’origine et le périmètre de l’incident. Sur ce point, elle affirme que le « compte utilisateur identifié comme point d’entrée a été immédiatement neutralisé », mais ne donne aucune autre précision sur les modalités de cet accès.

L’UNSS n’indique nulle part sur son site la qualité du prestataire technique en question, et le lien censé pointer les mentions légales de la partie publique de l’intranet OPUSS est inopérant. En 2022, un certain Exalto se réjouissait toutefois de désormais compter l’UNSS parmi les clients de sa solution E-licence, destinée précisément au secteur des associations et fédérations sportives.

Or le procédé mis en œuvre (accès à un compte utilisateur avec probable élévation des privilèges via une faille de sécurité) rappelle précisément le mode opératoire impliquant E-licence et Exalto, révélé par Next début 2025 au cœur de la vague d’intrusions qui avait frappé plusieurs dizaines de fédérations sportives. Le code source de la page d’accès à OPUSS confirme que le portail exploite bien E-licence.

En attendant que l’UNSS (qui organise pour mémoire les fameux cross et bon nombre de rencontres sportives scolaires) demande des comptes à son prestataire, elle diffuse avec un bel enthousiasme les photos vers l’édition 2026 de son cross national sous forme de dossiers hébergés sur Google Drive.

En juin 2025, de jeunes pirates affirmaient déjà avoir mis la main sur 7 millions d’enregistrements issus de la base de données de l’UNSS.

Claude attaque la rétention de ChatGPT avec sa fonction d’import de la « mémoire »

3 mars 2026 à 15:47
Come to me
Claude attaque la rétention de ChatGPT avec sa fonction d’import de la « mémoire »

Alors que ses modèles connaissent une soudaine vague de popularité suite aux démêlés d’Anthropic avec l’administration Trump, l’entreprise éditrice de Claude vient d’ouvrir à tous les comptes, même gratuits, la fonction qui permet d’importer la « mémoire » de l’utilisateur d’une autre IA. Un levier malin pour encourager les migrations, qui illustre à la fois l’enjeu économique de rétention… et la valeur potentielle de cet historique.

En prononçant vendredi 27 février l’interdiction d’utiliser les modèles d’Anthropic au sein des armées et administrations américaines, Donald Trump a donné un coup de projecteur sur Anthropic et son CEO, Dario Amodei. Et Sam Altman, qui s’est empressé d’annoncer la signature d’un accord entre le Pentagone et son entreprise OpenAI, n’a rien fait pour limiter cet effet Streisand, au contraire.

Résultat des courses, la popularité de Claude a explosé sur les kiosques de téléchargement d’Apple et d’Android, jusqu’à devenir et rester encore aujourd’hui l’application gratuite la plus demandée du moment.

Claude est l’application gratuite numéro un du classement de l’App Store d’Apple, devant ses concurrentes ChatGPT et Gemini – capture d’écran Next

Import en deux clics

Anthropic a saisi cette balle séduisante au bond lundi, en ouvrant les vannes et en simplifiant l’accès à sa fonction Import Memory. Lancée à l’automne 2025, celle-ci était jusqu’ici réservée aux souscripteurs d’un abonnement payant. Elle permet d’injecter, dans Claude, l’historique et les informations contextuelles que l’utilisateur a pu accumuler en utilisant un modèle concurrent comme ChatGPT, Gemini, Le Chat et consorts.

Ce faisant, l’internaute peut conserver à la fois l’historique de ses conversations, projets, requêtes, etc., ainsi que les éventuels éléments personnels qu’il aurait enseignés au modèle pour adapter les sorties à ses attentes.

La fonction d’import est désormais accessible en un clic via l’onglet Capacités des paramètres du site Claude.ai. Anthropic fournit un prompt prêt à l’emploi (rédigé en anglais) qu’il suffit de copier dans le modèle que l’on quitte, puis une fenêtre destinée à l’import des résultats obtenus.

La fonction d’import propose une invite (prompt) prête à l’emploi – capture d’écran Next

Pour que la requête soit efficace, il faut bien entendu que l’internaute ait au préalable utilisé un modèle concurrent, et que les options de mémoire de ce dernier aient été pleinement activées, ce qui n’est par exemple pas le cas par défaut sur un compte ChatGPT gratuit. Dans ce scénario, l’utilisateur peut bien visualiser un historique de ses conversations avec le chatbot, mais ce dernier n’établit pas de lien entre les différents fils de discussion, même si les réglages correspondants sont activés dans les paramètres. Sur un compte gratuit pour lequel aucun élément de personnalisation n’a été rempli, ChatGPT répond donc par un fichier vide au prompt proposé par Anthropic.

La donne change avec un abonnement payant, comme nous avons pu en faire l’expérience. La sortie proposée par ChatGPT reprend les infos personnalisées qui ont été renseignées, et propose ensuite une sorte de digest des différents fils de discussion initiés par l’utilisateur. La sortie est globalement fidèle à la réalité des échanges passés, mais elle ignore certains projets ou thèmes abordés, et témoigne parfois d’une interprétation hasardeuse de la finalité initiale de la demande.

Dans la lignée de nos précédentes expérimentations, notre rapide test montre par ailleurs que la sortie n’est pas constante dans le temps : il ne s’agit donc pas d’un export (au sens accès à l’intégralité des données brutes par exemple), mais bel et bien du résultat de la requête transmise à un modèle probabiliste. ChatGPT (et les autres) proposent heureusement une fonction d’archivage qui permet quant à elle de récupérer la totalité de son historique, mais le fichier qui en découle n’est évidemment pas prévu pour être injecté en un clic dans Claude.

De la difficulté de retenir les utilisateurs ?

Est-ce de toute façon vraiment l’efficacité de cette fonction qui prime dans le contexte actuel ? Plusieurs spécialistes de la mesure d’audience affirment que le regain de popularité de l’application Claude s’est accompagné d’une vague de désinstallation de l’application ChatGPT. Autrement dit, les gens ne se seraient pas simplement intéressés à Claude : ils auraient vraiment décidé de changer de crèmerie.

Et c’est précisément pour étayer l’idée selon laquelle il est facile de passer, sans perte, d’une IA à une autre, qu’Anthropic a ouvert les vannes de sa fonction d’import : elle montre qu’au-delà de simplement essayer Claude pour voir, on peut très vite y transférer sa « mémoire ».

Dans la course aux financements que se livrent les géants de l’IA, il y a nécessairement une prime à celui qui réunit le plus grand nombre d’utilisateurs, et c’est encore plus vrai pour Anthropic et OpenAI qui ne peuvent pas, comme Microsoft ou Google, s’appuyer sur une base conséquente d’utilisateurs captifs via d’autres produits déjà très répandus (Windows, Office, Android, Chrome, etc.). Cette problématique de rétention est d’ailleurs l’un des arguments qui motive la course aux agents IA : il est plus difficile de se départir d’un outil auquel on a délégué des tâches concrètes de son quotidien…

Amazon promet 18 milliards d’euros d’investissements supplémentaires en Espagne

3 mars 2026 à 10:15
El ingenioso hidalgo
Amazon promet 18 milliards d’euros d’investissements supplémentaires en Espagne

Déjà très présent en Espagne, Amazon a annoncé lundi une nouvelle salve de projets qui représentent, en cumulé, 18 milliards d’euros d’investissements supplémentaires dans le pays. Dans les grandes plaines semi-désertiques d’Aragon, le géant américain évoque des datacenters, une usine d’assemblage de serveurs et un centre logistique. Un millième de son enveloppe est fléché vers le soutien à l’approvisionnement en eau dans la région.

Amazon double la mise en Espagne. Le géant américain a en effet profité du Mobile World Congress de Barcelone pour annoncer, lundi, une nouvelle salve d’investissements, à hauteur de 18 milliards d’euros, dans le pays. En 2024, Amazon s’était déjà engagé à y déployer 15,7 milliards d’euros sur dix ans. Ce second volet porte donc l’enveloppe totale promise à 33,7 milliards d’euros d’ici 2035.

C’est essentiellement en Aragón, cette communauté autonome du nord-est de la péninsule ibérique qui abrite déjà les datacenters espagnols d’Amazon Web Services (AWS), que devraient se concentrer ces investissements.

Deux usines et trois datacenters

Le groupe américain affirme que cette manne contribuera à hauteur de 31,7 milliards d’euros au PIB espagnol d’ici 2035, et générera l’équivalent de « 29 900 emplois directs, indirects et induits par an », aussi bien dans la construction de ses infrastructures que dans l’économie locale.

Si l’impact réel des datacenters en matière de création d’emploi reste sujet à débat, Amazon indique que la province espagnole d’Aragón a vocation à accueillir des installations industrielles, dédiées à l’assemblage et à la logistique des serveurs qui équipent ses infrastructures dans toute l’Europe.

« Le projet comprendra une usine de fabrication de serveurs pour l’assemblage et les tests, un entrepôt de production et de traitement des commandes, ainsi qu’une installation dédiée à la fabrication et à la réparation de serveurs d’IA et d’apprentissage automatique (ML), un élément clé de la stratégie d’économie circulaire d’Amazon », déclare le groupe dans un communiqué. Ces installations devraient représenter 1 800 emplois directs en vitesse de croisière.

À l’échelle de la région, Amazon affirme que ses projets induiront la création de 13 400 emplois aragonais, dont 4 200 emplois directs au sein de ses propres équipes. Le géant américain affirme que ses investissements devraient contribuer au PIB de l’Aragón à hauteur de 18,5 milliards d’euros d’ici 2035, soit une augmentation de plusieurs points du PIB annuel de la communauté autonome (41,8 milliards d’euros en 2023).

Outre ces usines d’assemblage et de reconditionnement de serveurs, c’est tout de même principalement dans les datacenters que devraient se concentrer les fonds promis. D’après le quotidien local El Heraldo de Aragón, Amazon prévoit en effet d’ajouter trois centres de données aux six que compte déjà la région de Saragosse, capitale de la communauté autonome.

Les projets d’Amazon sont soutenus par le président de la collectivité, le conservateur Jorge Azcón, réélu en février dernier et soutien affirmé du développement des infrastructures numériques, qu’il considère comme un « nouvel horizon économique ». El Mundo indique que l’administration aragonaise accélère les projets d’implantation de datacenters en leur octroyant le statut de projets d’intérêt général (Planes y Proyectos de Interés General de Aragón, ou PIGAS), qui simplifient grandement les formalités administratives associées.

Une contribution positive en eau à horizon 2030 ?

Cette simplification se fait-elle au prix de compromis sur les enjeux environnementaux et climatiques ? C’est la crainte exprimée par l’opposante socialiste Pilar Alegría, qui réclamait pendant sa campagne que les grands noms du numérique qui s’installent dans la communauté autonome soient frappés par une taxe de solidarité destinée aux populations locales, notamment pour compenser les risques soulevés en matière d’approvisionnement en énergie ou en eau.

Sur le volet énergétique, la majorité en place et Amazon rappellent d’une même voix que la province d’Aragón et ses grandes plaines désertiques sont un lieu propice au déploiement d’installations photovoltaïques. Amazon promet en la matière d’investir dans cent projets solaires et éoliens à l’échelle de l’Espagne, dont sept nouvelles fermes photovoltaïques. « En Aragón, les centres de données AWS compensent leur consommation d’électricité par de l’énergie 100 % renouvelable depuis leur ouverture en 2022 », affirme l’entreprise. Rappelons que la péninsule ibérique avait été frappée par une panne de courant de grande ampleur en avril 2025, dont la cause a été attribuée à un défaut des installations chargées de compenser ou réguler la tension sur le réseau.

Reste la question de l’eau, dans une zone où l’irrigation crée déjà des tensions et où les périodes de sécheresse sont parfois ponctuées par quelques épisodes d’inondations à grande échelle. Sur ce point, Amazon ne donne aucune indication précise quant à l’utilisation qui sera faite par ses infrastructures : fonctionneront-elles en circuit fermé (prélèvements marginaux une fois l’approvisionnement initial effectué) ou de façon ouverte, avec des pertes (et donc une consommation continue) à la clé ?

Dans sa communication, le groupe se contente de reprendre ses engagements globaux en matière d’eau, à savoir atteindre une contribution positive d’ici 2030. « Cela signifie que nous restituerons aux communautés et à l’environnement plus d’eau que nous n’en utilisons pour l’exploitation de nos centres de données. En 2024, AWS avait atteint 53 % de son objectif de bilan hydrique positif, contre 41 % en 2023 », explique-t-il.

En Aragón, cette ambition s’exprime par la participation à cinq projets hydriques, initialement annoncés en 2025. Ils concernent respectivement la détection des fuites sur le réseau d’eau potable, le réemploi de l’eau utilisée sur des parcelles agricoles voisines, la création d’un système visant à optimiser la gestion de l’eau à l’échelle de l’agglomération de Saragosse, la mise au point d’une IA destinée à l’irrigation agricole et la modernisation d’une conduite d’eau cruciale de la région. Ces cinq projets sont financés à hauteur de 17,2 millions d’euros, soit un millième de l’enveloppe globale évoquée lundi.

☕️ L’iPad Air passe à la puce M4, toujours à partir de 669 euros

3 mars 2026 à 07:33

Apple a procédé lundi au renouvellement annuel de sa tablette iPad Air, le modèle censé offrir le meilleur compromis entre portabilité et performances. L’édition 2026, toujours déclinée en versions 11 et 13 pouces, est identique en apparence à celle de l’iPad Air M3 lancée en 2025.

La seule nouveauté se situe sous le capot, avec le passage à une puce M4, déjà vue dans les MacBook Pro et l’iPad Pro l’an dernier. On retrouve donc ici la logique de gamme descendante d’Apple, où les produits phares de l’année N se retrouvent intégrés dans les produits plus abordables en année N+1.

Cette puce M4 devrait donc conférer un surcroît de performances à l’iPad Air, d’autant qu’elle se voit accompagnée de 12 Go de mémoire unifiée, contre 8 Go au sein de la puce M3 de la précédente génération. L’introduction des derniers coprocesseurs Apple (N1 et C1X) permet le passage au Wi-Fi 7 ainsi qu’au Bluetooth 6 et promet une connectivité améliorée sur les versions 5G.

iPad Air M4 – crédit Apple

Pour le reste (voir comparatif des spécifications), pas grand-chose à signaler, si ce n’est bien sûr la fourniture par défaut d’iPad OS 26. La tablette est toujours donnée pour 6,1 mm d’épaisseur dans sa version 11 pouces, pour un poids de 464 grammes (soit 4 grammes de plus que le modèle M3), avec une autonomie se montant, selon Apple, jusqu’à 10 heures « pour naviguer sur le Web en Wi‑Fi ou regarder des vidéos ».

Dotée d’un connecteur USB type-C, la tablette est toujours compatible avec les claviers physiques de la marque, ainsi qu’avec le stylet Apple Pencil Pro.

Côté prix, il faut compter 669 euros pour le modèle 11 pouces en Wi-Fi avec 128 Go de stockage, contre 869 euros pour l’équivalent en version 13 pouces. En versions Wi-Fi + Cellular (avec connectivité 5G donc via e-SIM), le prix passe à 839 euros pour la version 11 pouces 128 Go, et 1 039 euros pour le modèle 13 pouces.

Quatre coloris et quatre capacités sont proposés, jusqu’à 1 To. Dans sa configuration la plus haut de gamme (iPad Air 13 pouces 1 To Wi-Fi + Cellular), l’iPad Air atteint 1 669 euros.

Guerre en Iran : trois datacenters AWS touchés aux Émirats Arabes Unis et à Bahreïn

3 mars 2026 à 07:04
Les contingences physiques du nuage
Guerre en Iran : trois datacenters AWS touchés aux Émirats Arabes Unis et à Bahreïn

Amazon Web Services (AWS) signale que trois de ses datacenters du Moyen-Orient sont affectés par le conflit qui oppose Israël et les États-Unis à l’Iran. Deux de ses infrastructures situées aux Émirats Arabes Unis auraient été directement touchées, tandis qu’un site situé à Bahreïn a subi des dommages indirects. Amazon prévient que l’interruption de service associée est susceptible de se prolonger.

Le géant américain du cloud AWS fait partie des victimes collatérales de la réponse militaire de l’Iran à l’attaque lancée le 28 février dernier par les États-Unis et Israël. Via la page dédiée au statut de ses infrastructures, il a en effet signalé lundi avoir subi les conséquences des bombardements partis d’Iran au niveau de trois de ses sites, aux Émirats Arabes Unis et à Bahreïn.

Deux sites directement touchés, une victime collatérale

Amazon dispose de trois datacenters aux Émirats Arabes Unis. Deux d’entre eux (référencés comme mec1-az2 et mec1-az3 dans la nomenclature AWS) ont été directement touchés par des frappes de drones parties d’Iran, affirme l’entreprise sur la page « statut » de ses infrastructures.

Elle y décrit comment les premières perturbations sont survenues dans la nuit de dimanche à lundi, suite au déclenchement de la riposte iranienne contre les EAU. L’une de ses zones a d’abord été affectée par un problème d’alimentation électrique, avant que l’entreprise ne signale, quatre heures plus tard, avoir constaté que des objets avaient frappé le datacenter, entraînant un départ d’incendie.

« Les pompiers ont coupé l’alimentation électrique du bâtiment et des générateurs pendant l’intervention pour maîtriser l’incendie. Nous attendons toujours l’autorisation de rétablir le courant et, dès que ce sera fait, nous veillerons à rétablir l’alimentation et la connectivité en toute sécurité », décrivait alors AWS.

Quelques heures plus tard, bis repetita : un problème d’alimentation électrique, puis une interruption de service plus large, sont annoncés pour la deuxième zone concernée aux EAU. Dans un nouveau point d’étape, publié mardi 3 mars vers 2 heures du matin (heure de Paris), AWS confirme que les deux sites concernés ont bien été touchés directement par des tirs, et conseille à ses clients qui opèrent des services dans la région de basculer, dans la mesure du possible, vers d’autres infrastructures.

Par ricochet, la troisième zone dont dispose AWS aux EAU souffre en effet de problèmes de disponibilité, et la plupart des services courants sont signalés comme hors service ou fortement dégradés sur toute la « région » correspondant aux Émirats (ME-CENTRAL-1), mais aussi à celle, voisine, de Bahreïn (ME-SOUTH-1). Parmi les trois zones que compte cette dernière, un site a en effet lui aussi subi les conséquences des bombardements, sans avoir été directement visé : « une frappe de drone à proximité de l’une de nos installations a causé des dommages matériels à notre infrastructure », décrit ainsi l’entreprise.

Rétablissement progressif des services

Suite à ces incidents, Amazon décrit un double chantier de remise en état, aussi bien matériel que logiciel, sans pouvoir s’avancer quant à un horizon temporel de retour à la normale :

« Dans les deux régions, les clients constatent une augmentation des taux d’erreur et une disponibilité réduite pour certains services, notamment Amazon EC2, Amazon S3, Amazon DynamoDB, AWS Lambda, Amazon Kinesis, Amazon CloudWatch, Amazon RDS, ainsi que la console de gestion et l’interface de ligne de commande AWS. Nous mettons tout en œuvre pour rétablir la disponibilité complète du service dans les plus brefs délais, mais nous prévoyons que la reprise sera longue compte tenu de l’ampleur des dégâts matériels. »

L’entreprise indique privilégier le rétablissement de services clés tels que S3 ou DynamoDB, qui sous-tendent le fonctionnement de ses infrastructures, et promet ensuite de mettre l’accent sur les outils de migration et d’export, afin que les clients des zones concernées puissent transférer leurs données et leurs charges de travail vers des environnements fonctionnels.

Elle invite par ailleurs ses clients opérant dans la région à anticiper les conséquences potentielles du conflit :

« Nous recommandons aux clients dont les charges de travail s’exécutent au Moyen-Orient d’envisager dès maintenant de sauvegarder leurs données et, le cas échéant, de migrer leurs charges de travail vers d’autres régions AWS. Nous leur conseillons de mettre en œuvre leurs plans de reprise d’activité, de restaurer leurs données à partir de sauvegardes distantes stockées dans d’autres régions et de mettre à jour leurs applications afin de rediriger le trafic hors des régions affectées. »

Neuf zones et trois régions au Moyen-Orient

AWS dispose pour mémoire de trois « régions » au Moyen-Orient, avec une présence sous forme d’infrastructures physiques à Bahreïn depuis 2019, étendue aux Émirats Arabes Unis en 2022 et à Israël en 2023, tandis qu’un lancement a été annoncé pour 2026 en Arabie Saoudite (sans plus de précision). Chacun des trois pays déjà ouverts dispose de trois « zones de disponibilité » (un ou plusieurs centres de données à part entière dotés d’une alimentation redondante et d’une connectivité propre). Aux Émirats Arabes Unis, les trois zones d’AWS se répartissent entre Abu Dhabi et Dubaï.

AWS revendique trois régions et neuf zones au Moyen-Orient, auxquelles doit s’ajouter l’Arabie Saoudite – capture d’écran, source

Apple lance son iPhone 17e à partir de 719 euros

2 mars 2026 à 15:07
256 is the new 128
Apple lance son iPhone 17e à partir de 719 euros

Apple a ouvert le bal des nombreuses annonces produit attendues cette semaine avec le lancement de l’iPhone 17e, son nouveau modèle d’entrée de gamme, positionné à 719 euros en version 256 Go et 969 euros dans sa déclinaison 512 Go.

Apple n’a finalement pas attendu sa conférence de presse du 4 mars prochain pour dévoiler ses premières nouveautés. Alors que le Mobile World Congress ouvre ses portes à Barcelone, la firme de Cupertino a en effet ouvert lundi les précommandes pour le nouveau smartphone qui constitue désormais son entrée de gamme, l’iPhone 17e.

Les lignes sont similaires à celles de l’iPhone 16e présenté il y a tout juste un an, avec un écran 6,1 pouces (2 532 x 1 170 pixels à 460 ppp), un châssis décliné en trois coloris, et un unique capteur photo sur le dos de l’appareil. Comme sur l’iPhone 17, la face avant est désormais protégée par un revêtement Ceramic Shield 2 qui atténuerait les reflets et offrirait surtout « une résistance aux rayures 3x supé­rieure à celle de l’iPhone 16e ».

Une puce A19 amputée d’un cœur GPU

Doté d’un cadre en aluminium, l’iPhone 17e est animé par une puce A19, similaire donc à celle qui anime l’iPhone 17… à une petite différence près : la partie GPU, dotée de cinq cœurs sur l’A19 de l’iPhone 17, passe ici à seulement quatre cœurs, enrichis d’accélérateurs neuronaux qui complètent l’action du NPU 16 coeurs intégré.

Apple intègre également à son dernier né le modem C1X inauguré avec l’iPhone Air, qui promet des performances « deux fois plus rapides » que celles du modem C1 de l’iPhone 16e. Dans les faits, le nouveau venu (dépourvu de puce UWB) offre le même niveau de prise en charge que son prédécesseur, et reste donc cantonné au Wi-Fi 6 et au Bluetooth 5.3, là où l’iPhone 17 adopte Wi-Fi 7 et Bluetooth 6.

Sur la partie photo, pas de réel changement par rapport au 16e : Apple conserve son capteur principal à 48 mégapixels (avec vidéo jusqu’en 4K à 60 images par seconde), associé à un zoom optique x2, et positionne une caméra TrueDepth 12 mpx en face avant.

Recharge sans fil MagSafe jusqu’à 15W

Toujours compatible Apple Intelligence, l’iPhone 17e inaugure en revanche la recharge sans fil MagSafe jusqu’à 15W, là où le 16e se limitait à la recharge sans fil Qi jusqu’à 7,5W. Apple profite sans surprise de l’occasion pour sortir de nouveaux accessoires dédiés.

Côté mensurations, l’iPhone 17e est donné pour 7,8 mm d’épaisseur, et 170 grammes sur la balance. Des proportions identiques à celles du 16e (qui pèse trois grammes de moins) et légèrement mieux-disantes que celles de l’iPhone 17 (7,95 mm d’épaisseur, 177 grammes). Apple affiche une autonomie de 26 heures en lecture vidéo pour ce 17e.

Apple indique que les précommandes de l’iPhone 17e ouvriront mercredi 4 mars à 15h15, pour une disponibilité en magasin programmée au 11 mars. Trois coloris (rose, blanc, noir) et deux capacités sont proposés. Mise à prix : 719 euros pour la version 256 Go et 969 pour un modèle 512 Go. On pourra consulter la fiche produit, ou le module de comparaison de modèles pour affiner l’étude des caractéristiques.

☕️ Claviers : Drop.com cessera ses activités fin mars pour devenir une vitrine de Corsair

2 mars 2026 à 10:21

Massdrop, devenu Drop en 2019, aura fait les belles heures des amateurs de claviers mécaniques personnalisés, à coup de commandes groupées et de collections de keycaps improbables. Le site, racheté par Corsair en 2023, fermera en effet ses portes, sous sa version actuelle, à compter du 31 mars prochain, et les commandes des internautes ne seront plus traitées après le 25 mars.

C’est l’équipe Drop.com qui annonce la nouvelle dans son forum :

« Suite à l’intégration de Drop à Corsair après son acquisition en 2023, Drop cessera d’être une boutique en ligne indépendante à compter du 31 mars (…) Drop.com deviendra un espace central mettant en avant les collaborations entre nos marques, du Seigneur des Anneaux à Cyberpunk 2077 en passant par Fallout Nuka Cola, et présentant une sélection de produits issus de l’écosystème Corsair. Attendez-vous à des annonces de sorties exclusives, des éditions limitées et des produits fruits de partenariats et de créativité. »

Pour l’équipe Drop, cette évolution reste pertinente au regard de la mission historique du site, « donner vie à des idées audacieuses grâce à des collaborations pertinentes ». Reste à voir si la communauté, qui soulignait déjà la baisse de régime de la plateforme sur les dernières semaines, adhérera à cette promesse recentrée autour de la marque Corsair, alors que Drop.com ciblait historiquement les amateurs de claviers personnalisés et adeptes du do it yourself.

Sur r/MechanicalKeyboards, les commentaires ne sont pas particulièrement enthousiastes.

Drop annonce sa fermeture – capture d’écran

Une partie du catalogue Drop (dont le clavier CSTM80) restera disponible à la vente au travers du site de Corsair et des distributeurs de la marque, indique la plateforme, qui promet par ailleurs que sa maison mère assurera le service après-vente même après sa fermeture.

Drop, basé à San Francisco, a construit sa notoriété grâce à trois éléments : son catalogue de produits experts, sa capacité à négocier pour ses membres des achats groupés (pour obtenir des prix intéressants grâce à l’effet volume) et ses collaborations avec les marques en vue de créer des séries limitées ou des références personnalisées. Drop ciblait principalement les fans de claviers mécaniques et les audiophiles (la plateforme a par exemple réalisé de nombreuses collaborations avec Sennheiser).

Donald Trump ordonne à toutes les administrations US de rompre avec Anthropic

28 février 2026 à 07:30
Excommunicado
Donald Trump ordonne à toutes les administrations US de rompre avec Anthropic

Donald Trump a publiquement ordonné vendredi soir à toutes les agences des États-Unis de cesser d’utiliser Claude et les produits d’intelligence artificielle d’Anthropic. La startup, dont le CEO Dario Amodei a refusé de modifier ses conditions d’utilisation pour le Pentagone, est désormais considérée comme un « fournisseur à risque pour la sécurité nationale ».

Cette fois, la rupture est consommée. Donald Trump s’en est ouvertement pris vendredi soir à Anthropic, dans un message virulent publié sur son réseau, Truth Social :

« J’ordonne à TOUTES les agences fédérales du gouvernement américain de CESSER IMMÉDIATEMENT toute utilisation de la technologie d’Anthropic. Nous n’en avons pas besoin, nous n’en voulons pas, et nous ne travaillerons plus avec eux ».

Trump menace Anthropic de conséquences civiles et pénales

Dans son message, le président développe l’idée selon laquelle c’est la façon dont Anthropic porte atteinte à la démocratie qui justifie cette mise au ban. « Les États-Unis d’Amérique ne permettront jamais à une entreprise d’extrême gauche, adepte du woke, de dicter la manière dont nos forces armées mènent et gagnent les guerres ! Cette décision revient à votre commandant en chef et aux excellents dirigeants que je nomme pour diriger nos forces armées », écrit-il encore, principalement en majuscules.

Donald Trump menace ouvertement Anthropic sur son réseau social – capture d’écran

Indiquant autoriser une période de six mois pour que le ministère de la Défense conclue ses chantiers en cours, il formule une dernière menace : « Anthropic ferait mieux de se ressaisir et de se montrer coopératif pendant cette période de transition, sinon j’utiliserai tous les pouvoirs de la présidence pour les contraindre à se conformer, avec d’importantes conséquences civiles et pénales à la clé. »

Un « risque pour la sécurité nationale »

Pete Hegseth, ministre de la Défense (renommé secrétariat d’État à la Guerre dans l’administration Trump) a concrétisé une partie de cette menace vendredi soir en déclarant, sur X, qu’Anthropic devait désormais être considéré comme un « fournisseur à risque pour la sécurité nationale ».

Ce passage en liste noire n’est pas anodin : il étend l’interdiction d’utiliser les produits Anthropic à toutes les entreprises qui contractent avec l’armée, comme le précise Hegseth :

« Suite à la directive du Président enjoignant au gouvernement fédéral de cesser toute utilisation de la technologie d’Anthropic, j’ordonne au Département de la Guerre de désigner Anthropic comme une menace pour la sécurité nationale en matière de chaîne d’approvisionnement. Avec effet immédiat, aucun contractant, fournisseur ou partenaire entretenant des relations commerciales avec l’armée américaine n’est autorisé à mener une quelconque activité commerciale avec Anthropic. »

Sur X, les notes de la communauté complètent son message en précisant : « Anthropic indique clairement que les décisions militaires relèvent du gouvernement et refuse simplement d’accorder des licences pour son produit pour certains usages, conformément aux pratiques courantes de la liberté contractuelle ».

Une décision « punitive »

Dario Amodei, CEO d’Anthropic, a réagi samedi 28 février au micro de CBS. Il fait remarquer que c’est la première fois que la sanction proclamée par Hegseth s’applique à une société basée aux États-Unis, et dit voir dans cette démarche « une mesure de représailles et de punition ».

Rappelons qu’Anthropic faisait jusqu’ici partie des fournisseurs de solutions d’intelligence artificielle destinées à la défense américaine, dans le cadre d’un contrat estimé à 200 millions de dollars. L’entreprise refuse toutefois que ses outils soient utilisés dans deux scénarios, la surveillance de masse et le pilotage d’armes autonomes, ce qu’elle vient de rappeler dans un nouveau communiqué :

« Nous avons maintenu nos exceptions pour deux raisons. Premièrement, nous ne pensons pas que les modèles d’IA de pointe actuels soient suffisamment fiables pour être utilisés dans des armes entièrement autonomes. Autoriser l’utilisation des modèles actuels à cette fin mettrait en danger les combattants et les civils américains. Deuxièmement, nous estimons que la surveillance massive des citoyens américains sur le territoire national constitue une violation des droits fondamentaux. »

Cette position a valu au CEO une convocation au Pentagone, et un ultimatum de trois jours posé par Pete Hegseth le 24 février dernier. Entre temps, Amodei a publiquement réaffirmé sa volonté de coller aux conditions d’utilisation actuelles, et donc de refuser de céder aux demandes de l’administration Trump, dans un billet publié le 26 février. Ce dernier a manifestement contribué à jeter de l’huile sur le feu. « Les soldats américains ne seront jamais pris en otage par les caprices idéologiques des géants de la tech. Cette décision est irrévocable », affirme Hegseth.

Sam Altman au rapport

Le patron d’OpenAI a quant à lui saisi la balle au bond. Trois heures seulement après l’annonce des sanctions frappant Anthropic, Sam Altman a annoncé, sur X, avoir conclu un accord avec la Défense. Ce dernier porte sur l’intégration de modèles OpenAI au sein des activités militaires, et prévoirait deux garde-fous concernant précisément les points sur lesquels achoppait Anthropic :

« Deux de nos principes de sécurité les plus importants sont l’interdiction de la surveillance de masse intérieure et la responsabilité humaine quant à l’usage de la force, y compris pour les systèmes d’armes autonomes. Le ministère de la Guerre adhère à ces principes, les intègre dans sa législation et ses politiques, et nous les avons inscrits dans notre accord », affirme Altman, qui se pose en pacificateur dans le conflit en cours :

« Nous demandons au ministère d’appliquer les mêmes conditions à toutes les entreprises spécialisées en intelligence artificielle, ce qui, selon nous, devrait être acceptable pour tous. Nous avons exprimé notre ferme volonté de voir les tensions s’apaiser et de privilégier des accords raisonnables plutôt que des actions juridiques et gouvernementales. »

OpenAI lève 110 milliards de dollars auprès d’Amazon, Softbank et NVIDIA

27 février 2026 à 15:01
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OpenAI lève 110 milliards de dollars auprès d’Amazon, Softbank et NVIDIA

La bourse attendra : OpenAI a dévoilé vendredi les modalités d’un nouveau tour de table record, avec 110 milliards de dollars réunis, sur la base d’une valorisation à 730 milliards de dollars. L’entreprise dirigée par Sam Altman en profite pour annoncer un partenariat renforcé avec Amazon, et assure que son accord avec Microsoft n’est pas remis en cause.

Moins d’un an après sa dernière levée de fonds (40 milliards de dollars en 2025), OpenAI remet le couvert avec un tour de table aux proportions pharaoniques. L’entreprise a en effet annoncé, vendredi 27 février, avoir réuni 110 milliards de dollars auprès de trois investisseurs : Amazon, premier contributeur avec 50 milliards de dollars, puis NVIDIA et Softbank, tous deux engagés à hauteur de 30 milliards de dollars.

« D’autres investisseurs financiers devraient nous rejoindre au fur et à mesure que le tour de table progresse », précise l’entreprise, qui ne compte donc pas en rester là. Il faut toutefois noter que ces montants sont des engagements d’investissement qui doivent donc encore se vérifier : Amazon par exemple promet 50 milliards de dollars mais en deux temps : d’abord 15 milliards, puis 35 milliards « dans les prochains mois, lorsque certaines conditions seront remplies ».

OpenAI valorisée 730 milliards de dollars

« La demande en IA augmente parmi les consommateurs, les développeurs et les entreprises. Répondre à cette demande et fournir l’accès à nos produits à tous exige trois choses : du calcul, de la distribution et du capital », résume OpenAI selon qui ces fonds vont permettre à ses infrastructures, comme à ses modèles, de passer à l’échelle.

L’entreprise en profite pour actualiser ses chiffres : elle ne communique aucun chiffre d’affaires, mais affirme que ChatGPT compte 900 millions d’utilisateurs actifs par semaine, dont 50 millions d’abonnés payants particuliers. Plus de 9 millions d’utilisateurs seraient abonnés à l’une des offres entreprise, et la base d’utilisateurs de Codex, son outil dédié aux développeurs, aurait été multipliée par trois depuis le début de l’année, pour atteindre 1,6 million d’utilisateurs hebdomadaires.

OpenAI précise que cette levée de fonds se fait sur la base d’une valorisation fixée à 730 milliards de dollars, avant réalisation du tour. La capitalisation de l’entreprise a donc plus que doublé en moins d’un an, puisqu’elle était fixée à 300 milliards lors de la précédente levée de fonds. L’entreprise indique que la participation de la fondation OpenAI au sein de l’entreprise commerciale est désormais valorisée 180 milliards de dollars.

Un partenariat dantesque (et circulaire) avec Amazon

Si Amazon (par ailleurs investisseur historique d’Anthropic) prend la tête de ce tour de table, c’est parce que les deux groupes ont convenu d’un partenariat renforcé entre OpenAI et Amazon Web Services (AWS).

Selon les termes de ce dernier, les deux groupes vont concevoir ensemble et lancer dans les prochains mois un environnement d’exécution stateful (capable de conserver l’état et le contexte), sous-tendu par les modèles d’OpenAI et distribué au travers d’Amazon Bedrock à destination des entreprises et développeurs qui cherchent à développer leurs propres agents ou applications IA.

AWS devient par ailleurs le distributeur tiers exclusif d’OpenAI Frontier, la plateforme tout juste annoncée via laquelle l’éditeur de ChatGPT propose à ses grands clients de déployer leurs applications.

AWS devient le distributeur agréé pour OpenAI Frontier, dont ce schéma résume le fonctionnement – crédit OpenAI

Dans le même temps, OpenAI s’engage à consommer (et donc à payer) l’équivalent de 2 GW de puissance de calcul sur le réseau de puces Trainium déployé dans les infrastructures d’AWS, précisément pour sous-tendre le fonctionnement de Frontier et des autres outils de déploiement évoqués.

Les deux partenaires indiquent que cet engagement prolonge l’accord à 38 milliards de dollars annoncé en novembre dernier et le porte à un total de 100 milliards de dollars sur huit ans.

Enfin, ils collaboreront à des modèles personnalisés, destinés aux applications commerciales d’Amazon vers le consommateur grand public.

5 GW chez NVIDIA

De la même façon, la participation de NVIDIA, finalement fixée à 30 milliards de dollars, bien loin des 100 milliards un temps évoqués, est assortie d’un engagement significatif de la part d’OpenAI, qui prévoit de consommer l’équivalent de 2 GW en entraînement sur des systèmes équipés de puces Vera Rubin, et 3 GW en capacités dédiées spécifiquement à l’inférence.

« Ce projet s’appuie sur les systèmes Hopper et Blackwell déjà opérationnels chez Microsoft, OCI et CoreWeave. Ensemble, cet investissement et ce développement de l’infrastructure renforcent notre capacité à entraîner et à déployer des modèles de pointe à l’échelle mondiale », précise à ce sujet OpenAI.

OpenAI et Microsoft toujours main dans la main

À ces deux annonces (levée de fonds et partenariat étendu avec Amazon), OpenAI ajoute une troisième communication, ciblée cette fois sur un autre partenaire et investisseur absent du tour de table : Microsoft.

Alors que les projets récemment renforcés de l’éditeur de Redmond en matière d’IA laissaient craindre à certains observateurs une forme de désengagement, OpenAI et Microsoft renouvellent leurs vœux dans une déclaration conjointe.

« Alors (…) qu’OpenAI annonce de nouveaux financements et de nouveaux partenaires, nous tenons à préciser que ces annonces s’inscrivent dans le cadre de notre partenariat actuel. Les annonces d’aujourd’hui ne modifient en rien les termes de la relation entre Microsoft et OpenAI, tels que présentés » en octobre 2025, affirment les deux entreprises.

Si AWS devient le partenaire de choix pour les environnements stateful, Azure reste par ailleurs le fournisseur exclusif des API stateless d’OpenAI, et la distribution directe des services d’OpenAI tels que Frontier se fera elle aussi toujours à partir de l’infrastructure Azure.

☕️ Windows Server va (enfin) permettre de démarrer sur une partition ReFS

27 février 2026 à 14:05

ReFS, pour Resilient File System, est le système de fichiers propriétaire conçu par Microsoft à destination des très grands espaces de stockage, avec une capacité maximale fixée à 35 Po par volume, contre 256 To en standard sur NTFS.

Introduit sous Windows (8.1) et Windows Server (2012), il y a près de 14 ans, ReFS présentait une limitation majeure : la prise en charge de ReFS sur un volume système utilisé pour le démarrage n’était pas officiellement assurée.

Sur ce point, la donne s’apprête à changer : Microsoft a en effet annoncé jeudi la prise en charge du démarrage sur ReFS au sein de Windows Server. Pour l’instant, la fonctionnalité n’est distribuée que par l’intermédiaire des préversions de test (Insider Preview), mais elle devrait logiquement être étendue à tous les canaux après une période de test.

« Les charges de travail [workloads, en anglais]modernes exigent davantage de la part du volume de démarrage que ce que NTFS peut fournir. ReFS a été conçu dès le départ pour protéger l’intégrité des données à grande échelle. En activant ReFS pour le volume de démarrage du système d’exploitation, nous garantissons que même les données système les plus critiques bénéficient d’une résilience avancée, d’une évolutivité à l’épreuve du temps et de performances améliorées », se réjouit l’éditeur.

L’option est proposée sur les builds de Windows Server ultérieures au 11 février.

Les avantages comparés de ReFS et NTFS pour un volume de démarrage selon Microsoft – capture d’écran

Pour aller plus loin sur le sujet, consultez notre dossier dédié :

En pleine croissance, Jack Dorsey licencie 4 000 personnes chez Block au nom de l’IA

27 février 2026 à 09:49
Vous êtes le sel de la terre
En pleine croissance, Jack Dorsey licencie 4 000 personnes chez Block au nom de l’IA

Jack Dorsey a annoncé jeudi soir le licenciement de 4 000 personnes, soit 40 % des effectifs, chez Block, la société qui réunit notamment Square et Tidal. L’entrepreneur affirme qu’il n’a pas d’autre choix que de réorganiser son groupe autour d’équipes plus réduites assistées par des outils d’intelligence artificielle.

La décision risque de résonner de façon prophétique aux oreilles de tous ceux qui s’inquiètent de l’impact de l’IA générative sur le monde du travail : Jack Dorsey, cofondateur de Twitter et personnalité emblématique de la scène tech californienne, a publiquement annoncé, et expliqué, sa décision de licencier sans délai 4 000 personnes, soit 40 % de l’effectif total, de son groupe Block.

« Je préfère prendre une décision ferme et claire dès maintenant »

« Nous ne prenons pas cette décision parce que nous sommes en difficulté. Notre entreprise est solide. Notre marge brute continue de croître, nous servons toujours plus de clients et notre rentabilité s’améliore. Mais quelque chose a changé », écrit Jack Dorsey sur son ancien réseau social.

Ce quelque chose, c’est bien sûr l’intelligence artificielle :

« Nous constatons déjà que les outils d’intelligence que nous créons et utilisons, associés à des équipes plus petites et plus horizontales, permettent une nouvelle façon de travailler qui change fondamentalement ce que signifie construire et gérer une entreprise. Et ce phénomène s’accélère rapidement. »

Dorsey explique avoir été confronté à deux options : échelonner les licenciements « au fur et à mesure que ce changement se produit », ou « être honnête sur la situation » et donc agir en conséquence.

« Je préfère prendre une décision ferme et claire dès maintenant et construire sur des bases solides plutôt que de gérer une réduction progressive des effectifs pour atteindre le même objectif. Une entreprise plus petite nous offre également la possibilité de développer notre activité de manière optimale, selon nos propres conditions, au lieu de réagir constamment aux pressions du marché. »

S’il admet que procéder à une coupe franche d’une telle envergure « présente un risque », Dorsey se dit prêt à assumer sa décision, et appelle les employés épargnés à le suivre dans cette nouvelle configuration :

« Nous allons bâtir cette entreprise en plaçant l’intelligence au cœur de tout ce que nous faisons : notre façon de travailler, de créer et de servir nos clients. Nos clients ressentiront eux aussi ce changement, et nous les accompagnerons dans cette transition vers un avenir où ils pourront développer directement leurs propres fonctionnalités, à partir de nos capacités et accessibles via nos interfaces. C’est mon objectif actuel. »

Block s’envole à Wall Street

Block, qui avait déjà réalisé une belle journée en bourse jeudi (+ 5%) s’est envolée de 23 % dans les échanges après-marché, sans qu’on sache si l’appétit des investisseurs découle précisément de cette annonce choc, ou des excellentes performances affichées par le groupe.

L’entreprise a en effet publié jeudi soir les résultats financiers de son quatrième trimestre 2025 : elle fait état d’un chiffre d’affaires de 2,87 milliards de dollars, en hausse de 24 % sur un an, qui s’accompagne d’un bénéfice net de 485 millions de dollars sur le trimestre. Sur l’année, Block enregistre 10,36 milliards de dollars de chiffre d’affaires, une croissance de 17 % sur un an.

Dans la lettre aux actionnaires (PDF) qui accompagne cette publication, Jack Dorsey renouvelle et complète ses explications. Il y pronostique une vague de licenciements à très grande échelle dans toute l’industrie :

« Je pense que la plupart des entreprises sont en retard. D’ici un an, je crois que la majorité des entreprises arriveront à la même conclusion et procéderont à des changements structurels similaires. Je préfère y parvenir honnêtement et selon nos propres conditions plutôt que d’y être contraints par la force des choses. »

Block réunit pour mémoire Square (services financiers pour e-commerçants), Cash App (service de paiement mobile et d’envoi d’argent, sur le modèle d’un Wero), Afterpay (paiement fractionné et crédit à la consommation), Tidal (service de streaming musical lancé en 2015), Bitkey (portefeuille bitcoin) et Proto (minage de cryptomonnaies).

Une fuite chez un éditeur de logiciels médicaux expose 11 à 15 millions de Français

27 février 2026 à 08:21
Une fuite chez un éditeur de logiciels médicaux expose 11 à 15 millions de Français

Cegedim Santé a admis jeudi soir avoir été victime d’une intrusion réalisée au travers de son logiciel de santé MonLogicielMedical.com. Révélée par le 20 heures de France 2, la fuite de données pourrait toucher entre 11 et 15 millions de Français. Elle ne concernerait cependant que le dossier administratif des patients, et non leurs dossiers médicaux.

« Dans les zones obscures du web, le secret médical est désormais un secret de polichinelle pour des millions de patients », attaque la voix-off. Dans sa séquence L’Œil du 20 heures, diffusée jeudi soir, France 2 a révélé avoir consulté une base de données émanant d’une intrusion réalisée chez un éditeur de logiciels médicaux. Le fichier en question aurait été disponible « en libre accès », et contiendrait des informations « exposant entre 11 et 15 millions de personnes, selon notre estimation ».

Un copieux fichier émaillé de données à caractère médical

France 2 ne précise pas comment le décompte du nombre de personnes exposées et l’éventuelle déduplication ont été opérés. Le reportage met en revanche en scène la vérification de certaines de ces données : on voit ainsi l’une des journalistes de l’équipe appeler au téléphone une femme dont les informations figurent dans le fichier. Sans surprise, celle-ci manifeste son étonnement à l’idée que son traitement médical circule sur Internet.

Le sujet affirme que « dans certains cas », la base de données consultée « fait état du dossier médical du patient », avec ce qui ressemble à des annotations laissées par le médecin. Certaines de ces informations revêtent un caractère très personnel avec allusion à la sexualité, à l’état de santé, à la religion ou à des événements familiaux.

« Des personnalités politiques de premier plan sont également présentes dans cette base, à l’image de potentiels candidats à l’élection présidentielle, de hauts fonctionnaires et de responsables de la sécurité nationale », indique encore France 2, qui affirme avoir échangé avec l’auteur du partage du fichier en question et affiche son pseudonyme.

La publication d’origine, qui proposait donc le fichier en accès libre, a été supprimée suite à la diffusion du sujet de France 2, mais un compte qui se revendique du groupe Dumpsec propose toujours, à la vente cette fois, la base de données en question. L’auteur de ce nouveau post affirme d’ailleurs qu’il dispose d’un volume de données nettement plus conséquent que l’extrait qui a été diffusé en accès libre un peu plus tôt.

Cegedim confirme une intrusion

La base de données en question provient, selon les auteurs, de Cegedim, un éditeur de progiciels spécialisé, notamment, dans les solutions à destination des professionnels de santé. Celui-ci a réagi jeudi soir à la diffusion du sujet de France 2. Dans un communiqué (PDF), il indique avoir identifié, fin 2025, « un comportement anormal de requêtes applicatives sur des comptes médecins utilisateurs du logiciel MLM (MonLogicielMedical.com) ». Ce dernier est utilisé par 3 800 médecins en France, et 1 500 d’entre eux seraient concernés par l’attaque.

« Tous les médecins concernés ont été contactés début janvier et accompagnés s’ils le souhaitaient, par des équipes dédiées, dans leurs démarches de notification à la CNIL et d’information de leurs patients conformément à leurs obligations de responsable de traitement au sens du RGPD », écrit Cegedim, qui affirme par ailleurs avoir pris toutes les mesures nécessaires pour sécuriser son logiciel, et respecté les obligations réglementaires qui lui incombent en pareille situation.

L’éditeur récuse cependant l’information selon laquelle des dossiers médicaux ont été accédés : « Les dossiers médicaux structurés des patients sont restés intègres. » D’après lui, les informations consultées ou extraites par les pirates « proviennent exclusivement du dossier administratif du patient : nom, prénom, sexe, date de naissance, téléphone, adresse, email et commentaire administratif en texte libre à la discrétion des médecins ». C’est donc de ce champ commentaire que proviendraient les détails parfois intimes évoqués par France 2 dans son sujet.

Fin 2024, Cegedim avait été épinglé par la Cnil pour traitement de données de santé sans autorisation au sein d’un autre de ses logiciels de gestion.

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