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Après Trivy, Axios : une attaque chirurgicale et violente de la supply chain

31 mars 2026 à 15:19
Téma la taille du RAT !
Après Trivy, Axios : une attaque chirurgicale et violente de la supply chain

Une nouvelle attaque sur la supply chain, avec un projet (Axios) téléchargé plus de 100 millions de fois par semaine. Le pirate avait bien préparé son coup avec un effacement automatique des traces et des attaques prêtes pour Windows, macOS et Linux afin de récupérer des secrets et autres données sensibles sur les machines infectées.

Axios est, selon sa propre définition, un client HTTP qui « propose une bibliothèque facile à utiliser et à étendre, le tout dans un tout petit package ». L’installation est des plus simple, avec npm install axios par exemple.

« Aucune ligne de code malveillant à l’intérieur même » d’Axios

La bibliothèque JavaScript est extrêmement populaire, avec plus de 100 000 étoiles et 11 000 forks sur GitHub, et on la retrouve dans de nombreux projets. Axios est téléchargé plus de 100 millions de fois par semaine sur npm.

Problème, le compte d’un des développeurs a été piraté et des versions vérolées d’Axios ont été mises en ligne, les 1.14.1 et 0.30.4 pour être précis, comme l’explique sur X Feross Aboukhadijeh, CEO et fondateur de la plateforme de cybersécurité Socket.dev.

Un billet de blog a aussi été publié, expliquant que cette attaque permet au pirate « d’exécuter des commandes arbitraires, d’exfiltrer les données système et de persister sur les machines infectées ». Le danger est donc bien réel, avec des conséquences potentiellement graves.

StepSecurity, une autre société de cybersécurité, détaille le fonctionnement de l’attaque : « Il n’y a aucune ligne de code malveillant à l’intérieur même de la bibliothèque Axios, et c’est précisément ce qui rend cette attaque si dangereuse. Les deux versions empoisonnées injectent une fausse dépendance, plain-crypto-js version 4.2.1, un paquet qui n’est jamais importé dans le code source Axios, dont le seul but est d’exécuter un script post-installation qui déploie un cheval de Troie d’accès à distance [ou RAT, ndlr] multiplateforme ».

L’attaquant s’était bien préparé avec des charges utiles pour Windows, macOS et Linux, adaptées à chaque système pour être la plus discrète possible.

Plain-crypto-js 4.2.1 et c’est le drame

Pire encore, une fois installé, le logiciel malveillant fait tout pour supprimer ses traces. Il modifie sa version pour passer en plain-crypto-js 4.2.0 (publiée juste avant la 4.2.1 par le pirate, mais sans charge malveillante pour s’acheter une bonne conduite). Ainsi, un simple npm list après une infection indiquera plain-crypto-js 4.2.0 alors que la 4.2.1 vérolée a été en place et a déjà propagé sa charge malveillante dans le système.

Plain-crypto-js 4.2.0 est une copie de la bibliothèque crypto-js 4.2.0 (15 millions de téléchargements par semaine sur npm), un projet qui existe vraiment et tout ce qu’il y a de plus légitime. 18 heures après la mise en ligne de la version 4.2.0 de plain-crypto-js, la version 4.2.1 est mise à jour avec la charge malveillante. Avec cette « astuce », plain-crypto-js n’est plus un « nouveau » paquet sorti de nulle part, il a déjà un historique… certes fabriqué de toutes pièces pour paraitre légitime, mais un historique quand même.

La seule trace de son passage semble être la présence d’un répertoire node_modules/plain-crypto-js (une dépendance qui n’a jamais été ajoutée, officiellement, à Axios). Avec la commande find ~ -path "*/node_modules/plain-crypto-js" 2 >/dev/null vous pouvez faire une recherche automatique. Le serveur de commande et contrôle (C2) utilisé par les pirates est sfrclak[.]com:8000.

Un seul compte piraté et Axios embarque une charge malveillante

Pour arriver à leur fin, les attaquants ont piraté le compte du principal mainteneur du projet, Jason Saayman, et son adresse e-mail a été modifiée. Ils ont ajouté la dépendance vérolée à Axios, qui est passé en 1.14.1 pour l’occasion. 39 minutes plus tard, c’était au tour de la version 0.30.4 d’être mise en ligne avec la même modification, histoire de maximiser la surface d’attaque en ciblant deux branches.

Les deux versions sont publiées sur npm directement avec le compte « officiel » (mais piraté) de Jason Saayman. Elles sont donc validées via un token npm classique, sans avoir à passer par la vérification GitHub. Les deux ne sont d’ailleurs pas apparues sur la plateforme de code de Microsoft.

La charge est restée moins de 3 h en ligne

npm a rapidement retiré les deux versions pour revenir aux précédentes (1.14.0 et 0.30.3). La mouture 1.14.1 « était en ligne depuis environ 2 heures et 53 minutes, la 0.30.4 depuis environ 2 heures et 15 minutes », explique StepSecurity. Plain-crypto-js a également été supprimé. Sur npm, il est désormais indiqué que « ce paquet contenait un code malveillant et a été retiré du registre par l’équipe de sécurité de npm ». La page indique 108 téléchargements pour plain-crypto-js.

Socket.dev a trouvé la trace de plain-crypto-js dans les dépendances de deux autres projets : shadanai/openclaw et qqbrowser/openclaw-qbot. Socket.dev précise qu’il « est probable que ces deux paquets ont été ajoutés et publiés alors qu’Axios 1.14.1 était la version « latest », récupérant la dépendance malveillante de manière transitive plutôt que via une injection délibérée ».

« Une seule dépendance compromise peut se propager en cascade »

Autre conséquence, pour l’entreprise : « Cela rappelle que, à mesure que les outils d’IA et les pipelines de build automatisés accélèrent le rythme de publication des paquets, une seule dépendance compromise peut se propager en cascade à travers l’écosystème en quelques heures ».

Pensez à vérifier ce qu’il en est sur vos machines ! Avec l’IA générative et la génération automatique de code, vous pouvez très bien vous retrouver avec Axios installé sans même le soupçonner. Bien évidemment, il en est de même pour ceux qui utilisent Axios de manière consciente.

Pour Amit Geynis, responsable Malware Research chez JFrog (société spécialisée dans la gestion de la supply chain), « la compromission d’Axios rappelle que les attaques complexes et multi-plateformes de la chaîne d’approvisionnement se multiplient. La menace est à la fois réelle et systémique : l’installation d’un package s’accompagne de l’intégration de nombreuses dépendances associées, que vous ne contrôlez pas mais auxquelles vous devez pourtant accorder votre confiance ».

Cette histoire n’est pas sans rappeler la récente attaque contre Trivy puis LiteLLM, mais sans avoir de lien a priori selon plusieurs experts. Ces attaques rappellent une fois de plus (s’il en était besoin) le risque de la supply chain : les pirates n’attaquent pas directement des infrastructures mais vérolent des briques (open source) pour pénétrer des systèmes, récupérer des secrets et mots de passe, installer des logiciels, etc.

Anthropic : entre annonces et Mythos

31 mars 2026 à 12:40
My(ch)to
Anthropic : entre annonces et Mythos

Anthropic nouvelle reine de la com’ ? L’entreprise sait en tout cas faire parler d’elle… quitte parfois à embellir plus ou moins la réalité. Une chose est sûre, le marché, les médias et le grand public peinent parfois à bien comprendre les contours d’une annonce, ce qui renforce l’inquiétude et/ou les espoirs face aux possibilités de l’IA.

Anthropic est une société américaine d’intelligence artificielle, fondée en 2021 par d’anciens d’OpenAI, qui commercialise et décline dans plusieurs formats son IA générative maison : Claude. Elle est basée à San Francisco, aux États-Unis.

Comme OpenAI, Anthropic multiplie les annonces dans sa « newsroom », avec plusieurs dizaines de communiqués rien que pour 2026. Dernièrement, Anthropic a fait parler d’elle non pas avec une annonce officielle, mais avec une bourde : un communiqué maison et des milliers de documents mis en ligne… soi-disant trop tôt à cause d’une « erreur humaine ».

Anthropic Mythos, une IA « légendaire » ? En tout cas, elle fait parler !


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Free Max à 29,99 € par mois, sans engagement : Internet illimité dans plus de 135 pays

31 mars 2026 à 08:33
Free chat dans 135 pays
Free Max à 29,99 € par mois, sans engagement : Internet illimité dans plus de 135 pays

Un nouveau forfait Free Max à 29,99 euros par mois permet de profiter d’un accès à Internet illimité dans pas moins de 135 pays. Il propose aussi des appels vers les mobiles en Europe et reprend ensuite les options du forfaits Free 5G+ à 19,99 euros par mois.

Free tenait ce matin une conférence de presse pour annoncer un nouveau forfait : Max. Il vient se placer au-dessus des forfaits à 2 euros et Free à 19,99 euros (hors promotions liées à des avantages Freebox). Il est proposé à 29,99 euros par mois et, comme les autres, il est sans engagement. Les anciens abonnés Free 2 € ou 5G+ peuvent évidemment migrer vers la nouvelle offre.

Internet mobile illimité en France et « depuis plus de 135 destinations »

Free Max propose de la 3G, 4G, 5G et 5G+ en illimité en France métropolitaine. 4G et 5G étaient déjà illimitées avec le forfait Free 5G+, mais pour les abonnés Freebox seulement (350 Go pour les autres), mais la 3G était limitée à 350 Go (3 Go seulement avec un smartphone 3G seulement). Cette distinction saute… mais rappelons que les réseaux 3G sont en fin de vie et que Free a éteint le sien fin 2025 et qu’il ne passe désormais que par Orange pour la 3G avec un débit limité à 384 kb/s.

Par contre il est aussi question d’illimité à l’étranger « en 5G ou 4G » dans plus de 135 destinations, dont l’Europe, les DOM, les États-Unis, le Canada, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Chine, le Japon, la Thaïlande, le Brésil… Le forfait Free 5G+ ne propose, pour rappel, « que » 35 Go depuis 117 destinations. Les nouvelles destinations ne sont (pour le moment ?) pas répercutées sur le forfait Free 5G+.

Appels illimités en France, mais aussi vers les mobiles en Europe

Comme avec le forfait Free 5G+, les appels vers les mobiles et fixes de France, mobiles aux États-Unis, au Canada, en Alaska, à Hawaï, en Chine et dans les DOM, ainsi que vers les fixes de 100 destinations, sont illimités. Nouveauté de Free Max, c’est aussi le cas des appels vers les mobiles d’Europe, de la Suisse et d’Andorre.

Sont également inclus, comme avec le forfait Free 5G+, l’option eSIM watch pour une montre connectée, le service VPN mVPN et l’appli Free TV+. L’abonnement est à 29,99 euros par mois, sans engagement. La carte SIM est facturée 10 euros.

19,99 euros par mois avec Avantages Free Family

Le forfait est compatible avec Avantages Free Family : « pour les abonnés Freebox et Box 5G, réduction de 10 €/mois sur le Forfait Free Max (soit 19,99 €/mois), dans la limite de quatre forfaits ». Free ajoute : le « nombre de réductions avantages abonné Freebox ou Box 5G et Free Family sur le Forfait Free 5G+ et Free Max [est] valable dans la limite de quatre forfaits ».

Il y a quelques jours, l’opérateur s’est d’ailleurs engagé sur ses tarifs des deux forfaits qui sont « bloqués jusqu’en 2027 ». Seule la Série Free promotionnelle n’est pas concernée. Rien n’est pour le moment précisé pour Max.

Voici enfin la liste complète des destinations comprises dans l’Internet mobile illimité, selon la brochure tarifaire du 31 mars 2026 : Açores (Les), Afrique du Sud, Aland (Iles), Alaska, Algérie, Allemagne, Angleterre, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Baléares (Les), Bangladesh, Bahreïn, Belgique, Biélorussie, Bolivie, Brésil, Bulgarie, Canada, Canaries (Les), Chatham (Ile), Chine, Chypre, Chypre du Nord, Colombie, Comores, Corée du Sud, Corfou (Ile), Costa Rica, Crète (Ile), Croatie, Cyclades (Les), Danemark, Écosse, Égypte, Émirats arabes unis, Équateur, Espagne, Estonie, États-Unis, Féroé (Iles), Fidji, Finlande, Géorgie, Gibraltar, Grèce, Guadeloupe, Guatemala, Guernesey, Guyane Française, Hawaï, Honduras, Hong-Kong, Hongrie, Île de Man, Îles Vierges américaines, Inde, Indonésie, Irlande, Irlande du Nord, Islande, Israël, Italie, Japon, Jersey, Kazakhstan, Kiribati, Koweït, Laos, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macao, Macédoine, Madagascar, Madère, Malaisie, Mali, Malte, Maroc, Martinique, Maurice (Ile), Mayotte, Mexique, Moldavie, Monaco, Monténégro, Nicaragua, Norvège, Nouvelle-Zélande, Oman, Ouzbékistan, Pakistan, Palaos, Panama, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pays de Galles, Pays-Bas, Pologne, Porto Rico, Portugal, République Tchèque, Réunion (Ile de La), Rhodes (Ile), Roumanie, Russie, Saint-Barthélemy, Saint-Marin, Saint-Martin (Antilles françaises), Salvador, Samoa, Sardaigne, Sénégal, Serbie, Sicile, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Sri Lanka, Suède, Suisse, Tanzanie, Tasmanie, Thaïlande, Tibet, Tunisie, Turquie, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Vatican, Vietnam, Wight (Ile de), Zanzibar (Ile).

2G : c’est le début de la fin chez Orange, il reste encore 2,41 millions de SIM en circulation

31 mars 2026 à 06:43
La 2G c’est comme Capri
2G : c’est le début de la fin chez Orange, il reste encore 2,41 millions de SIM en circulation

C’est le jour J : Orange commence à éteindre sa 2G en France métropolitaine. Un changement majeur qui va se dérouler sur toute l’année chez tous les opérateurs. L’Arcep fait les comptes : il reste encore 2,41 millions de SIM en circulation, qui représentent moins de 1 % du trafic.

Adieu la 2G Orange sur le « BAB »

C’est aujourd’hui, mardi 31 mars 2026, qu’Orange commence à éteindre sa 2G dans une zone très limitée pour le moment : « dans l’unité urbaine de Biarritz, Anglet, Bayonne (Côte basque 64) », soit une trentaine de communes selon l’Insee. Le 12 mai 2026, ce sera au tour du reste du département des Pyrénées-Atlantiques (64) et de celui des Landes (40).

En conséquence, « tous les téléphones mobiles limités à la 2G ne pourront plus accéder au réseau mobile Orange dans la zone concernée à partir du 31 mars 2026. Tous les équipements (IoT) utilisant exclusivement la 2G (alarmes, ascenseurs connectés, équipements industriels, solution de télémétrie, …) devront être remplacés ou mis à niveau pour rester opérationnels ».

En juin, Orange passera la seconde avec l’Ariège (09), la Haute-Garonne (31), le Gers (32), le Lot (46), le Lot-et-Garonne (47), les Hautes-Pyrénées (65) et le Tarn-et-Garonne (82). À partir de fin septembre, « la 2G sera définitivement arrêtée dans le reste de la France métropolitaine ». À la fin de l’année 2026, « la technologie 2G devrait donc avoir totalement disparu de l’ensemble du réseau mobile d’Orange en France métropolitaine ».

Techniquement, la 2G a déjà été arrêtée par Orange dans une zone en France : fin 2025, à la Réunion. Les autres territoires ultramarins seront aussi coupés progressivement cette année. La prochaine grosse échéance sera pour fin 2028 avec l’arrêt de la 3G, aussi bien en France métropolitaine que dans les outre-mer.

Bouygues Telecom et SFR aussi arrêteront la 2G d’ici à la fin de l’année. Chez Free Mobile, cela fait trois ans que la 2G est éteinte après une mise en service pendant… cinq mois seulement. Pour la 3G, SFR vise aussi fin 2028, tandis que Bouygues Telecom joue les prolongations jusqu’à fin 2029. Chez Free Mobile, la 3G est déjà éteinte depuis fin 2025, les clients passent forcément en itinérance chez Orange pour la 2G et la 3G.

Encore 2,41 millions de cartes SIM 2G seulement en circulation

L’Arcep profite de cette journée symbolique pour mettre à jour son observatoire trimestriel des cartes SIM utilisées dans les terminaux compatibles uniquement avec la 2G et la 3G.

Pour des usages voix, SMS et Internet mobile, il reste encore 2,4 millions de cartes SIM 2G/3G (3 % du parc) dans les smartphones des utilisateurs, dont 1,42 million en 2G seulement. « Entre fin septembre 2025 et fin décembre 2025, une baisse de 9,5 % est constatée sur le parc des terminaux compatibles avec la 2G uniquement », note l’Arcep.

Pour les services Machine to Machine (M-to-M), il reste 2,82 millions de cartes SIM 2G/3G, dont 0,99 million en 2G seulement. Cette fois-ci, la baisse sur trois mois est de 9,2 %, quasi stable par rapport au précédent relevé.

Quoi qu’il en soit, cela fait un total de 2,41 millions de cartes SIM 2G (clients classiques et M-to-M). C’est moins que fin juin 2025 où il était question de 2,85 millions de cartes SIM et de 2,66 millions fin septembre 2025. Si on prend en compte les cartes 2G/3G, on arrive à 5,22 millions de SIM encore dans des terminaux fin 2025. Elles étaient 5,89 millions fin juin 2025.

Pour l’Arcep, « la décroissance du parc des cartes SIM « 2G » est appelée à s’intensifier davantage à mesure que se rapproche l’extinction complète des réseaux 2G ».

Moins de 1 % du trafic passe en 2G/3G

Dans le même temps, le régulateur des télécoms publie un rapport sur l’impact de l’extinction des technologies 2G et 3G sur la couverture des réseaux mobiles : « Aujourd’hui la part du trafic en 2G/3G est estimée à moins de 1 % selon les experts du Comité et la majorité du trafic voix passe par la 4G […] Au regard de ces éléments, il n’apparait pas que l’arrêt des réseaux 2G puis 3G puisse se traduire par des variations substantielles du niveau de couverture du territoire par les réseaux mobiles ».

De plus, le comité d’experts de l’Arcep « estime que les opérateurs ont les moyens de gérer l’extinction de la 2G puis de la 3G sans une régression de la couverture mobile ».

L’Arcep fait aussi le point sur la situation chez nos voisins. En Europe, « 9 pays n’ont pas relevé d’impact sur la couverture des services voix à la suite de l’extinction des réseaux 2G/3G et leur « refarming » de leur spectre en 4G/5G ». Dans un seul pays, « l’impact de l’arrêt de la 3G sur les services voix a été adressé par des changements de terminaux dans les régions rurales concernées et la souscription d’abonnements en 4G pour bénéficier de la VoLTE ».

99,8 % des sites d’émission 2G et 3G sont équipés de 4G

L’Arcep enfin a mis à jour sa foire aux questions sur la fermeture de la 2G et de la 3G. Elle explique notamment que, du côté des réseaux mobiles, « aujourd’hui, plus de 99,8 % des sites d’émission 2G et 3G sont équipés de 4G ». Le régulateur rappelle que les quatre principaux opérateurs français « participent à la collecte, au recyclage et au reconditionnement des téléphones mobiles, en mettant notamment en place des offres de reprise avantageuses pour les consommateurs ».

Quoi qu’il en soit, la fin de la 2G n’est pas sans soulever des questions dans certains secteurs, notamment la santé connectée, les alarmes, les voitures, les ascenseurs… Pour ce dernier cas, le gouvernement a publié un décret afin de « garantir la sécurité des ascenseurs ».

Détentions d’armes : un pirate exfiltre des données du SIA (ministère de l’Intérieur)

30 mars 2026 à 13:10
Arme à Geddon
Détentions d’armes : un pirate exfiltre des données du SIA (ministère de l’Intérieur)

Après des revendications la semaine dernière, c’est désormais officiel : un pirate a récupéré des données du système d’information sur les armes du ministère de l’Intérieur. En plus du type d’arme, il dispose aussi de l’adresse des propriétaires.

Le système d’information sur les armes (alias SIA) est un service du ministère de l’Intérieur. « La création d’un compte dans le SIA est obligatoire pour les détenteurs d’armes particuliers majeurs ». Comme le rapporte l’Union Française des amateurs d’Armes, le ministère prévient d’une fuite de données (copie du courier, en pdf). L’information a également été confirmée au Parisien.

« Nous avons le regret de vous informer qu’il a été constaté l’accès, par action malveillante, à un des comptes d’une entreprise utilisatrice du système d’information sur les armes (SIA), entraînant l’extraction de données commerciales présentes dans ce compte, dont certaines sont susceptibles de contenir une ou plusieurs de vos données personnelles ».

Armes et adresses du propriétaire… un combo dangereux !

Cela comprend des informations « relatives à l’arme détenue ou acquise (type, classement, marque, modèle) », mais aussi des données sur leur propriétaire avec le nom et prénom, l’adresse électronique et enfin l’adresse postale. Comme avec la fuite de données de la Fédération française de tir (FFTir), le risque est de voir des personnes malintentionnées tenter de récupérer des armes.

En novembre dernier, la préfecture de police expliquait que « des tentatives de renseignement en vue de commettre des vols par ruse ou par effraction ont déjà été signalées ». Cybermalveillance ajoutait que ce n’était pas qu’une hypothèse : « des repérages suspects ont déjà été signalés aux forces de l’ordre ».

Rappel de l’époque : « la police, la gendarmerie ou la douane ne vous appelleront jamais pour venir chez vous récupérer vos armes suite à la fuite des données de licenciés de la FFTir ». La prudence est de mise face à de possibles sollicitations, d’autant que les attaques cyber ont de plus en plus d’incidences dans le monde physique avec des cybercriminels qui « recrutent des équipes sous-traitantes sur le terrain », rappelait Cybermalveillance la semaine dernière.

Plainte déposée, les investigations continuent

Bien évidemment, comme la loi l’y oblige, cet incident a été notifié à la CNIL. De plus, « le ministère de l’Intérieur a déposé plainte et les services techniques poursuivent les investigations afin de déterminer précisément l’origine de l’incident », précise le communiqué. Ce dernier ajoute que les vérifications du ministère permettent de confirmer que « si l’accès à un compte tiers utilisateur contenant des données relatives à des transactions commerciales a été possible, le système d’information sur les armes n’a pas été atteint ».

Le ministère rappelle les bonnes pratiques : « changer régulièrement de mot de passe » et « ne jamais communiquer ses identifiants et mots de passe ». Cela n’aurait rien changé dans ce cas… et cela ne change rien au fait que des pirates disposent désormais d’adresses de personnes ayant des armes à leur domicile.

L’ampleur de la fuite n’est pas précisée. Selon l’Union Française des amateurs d’Armes, un pirate revendiquait la semaine dernière avoir dérobé des informations sur plus de 62 000 armes. Dans le lot, il y aurait 46 % de carabines, 29 % de fusils de chasse, 11 % de fusils à pompe et 8 % d’armes de poing. « Des chiffres, bien inférieurs au nombre d’armes détenues et référencées dans le SIA (plusieurs millions d’armes), tendent à faire penser que la fuite ne concerne pas l’ensemble du système », expliquait l’Union. Le ministère ne donne aucun chiffre.

Pour rappel, le SIA concerne les personnes « ayant un permis de chasser, détentrice d’une arme, ou souhaitant acquérir et détenir une arme », mais aussi celles titulaires « d’une licence de la Fédération française de tir pour la pratique du tir, du ball-trap ou du biathlon, détentrice d’une arme, ou souhaitant acquérir et détenir une arme », celles avec une « arme héritée ou trouvée », ainsi que les personne « détentrice ou souhaitant acquérir certaines armes de catégorie C » qui ne sont dans aucune des catégories précédentes.

Les capteurs quantiques avec une « précision extrême » prennent leurs aises

30 mars 2026 à 11:30
C’est quantique, tu peux pas test
Les capteurs quantiques avec une « précision extrême » prennent leurs aises

Les capteurs quantiques sont une « révolution » dont parlent les scientifiques depuis des années. Une piste prometteuse était de se repérer sans GPS. Une « première mondiale » vient d’être réalisée dans ce sens sur les chemins de fer nationaux britanniques. D’autres expériences ont également lieu ailleurs dans le monde.

Il y a déjà plus de cinq ans, le Centre National pour la Recherche Scientifique (CNRS) donnait les grandes lignes de la « révolution » des capteurs quantiques : « Médecine, génie civil, télécommunications, gestion des ressources naturelles… ». Leurs avantages par rapport aux capteurs traditionnels sont la sensibilité et la précision (deux points très importants quand on parle de capteur).

Des mesures ultrasensibles, mais avec des « temps morts »

Au cœur des dispositifs, des objets et des propriétés quantiques que les physiciens ont domptés depuis longtemps. Le CNRS explique le cœur du fonctionnement : les états quantiques des particules « sont extrêmement sensibles à la moindre perturbation de l’environnement ». Le Centre de recherche donne plusieurs exemples : interféromètres, microscopes magnétiques, accéléromètres…

Fin 2022, le CNRS revenait à la charge avec une application concrète : des capteurs quantiques pour se repérer sans GPS : « Basés sur une technologie quantique, ils peuvent effectuer des mesures ultrasensibles de l’accélération dans les trois dimensions quelle que soit leur orientation ». Avec un point de départ connu, il est donc possible de savoir avec précision où se trouve le capteur une fois qu’il a été déplacé. Des capteurs parfaits ? Pas si vite…


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Alimentée par les données personnelles, la menace cyber est « plus diverse et diffuse »

30 mars 2026 à 08:43
Sinon, vivement un 18Cyber pour les urgences
Alimentée par les données personnelles, la menace cyber est « plus diverse et diffuse »

Cybermalveillance.gouv.fr dresse le bilan des tendances de la menace cyber. Sans surprise, le trio de tête comprend l’hameçonnage, le piratage de compte et la violation de données personnelles. 2025 était aussi marquée par une recrudescence de spams téléphoniques et un passage des attaques dans le monde physique… des tendances qui devraient malheureusement perdurer cette année.

Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance, vient de publier son rapport d’activité 2025. La plateforme revendique pour la deuxième année consécutive plus de 5 millions de visiteurs, en légère baisse tout de même par rapport à 2024, année des Jeux olympiques.

Au fil des années, des types de menaces toujours plus vastes

La plateforme note toutefois une hausse de 20 % des demandes d’assistance, avec 504 810 demandes en 2025, contre 423 021 en 2024 et moins de 300 000 les années précédentes. La très grande majorité (93 %) des demandes émanaient de particuliers. Pour Cybermalveillance, « le lancement du 17Cyber (déc. 2024) a permis de simplifier les parcours des usagers en réduisant l’orientation vers des pages Internet externes ».


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C’est quoi une seconde sur la Lune ?

30 mars 2026 à 07:11
Et sur Mars ?
C’est quoi une seconde sur la Lune ?

Une seconde, c’est une seconde non ? En théorie oui, mais en pratique cela dépend de l’endroit où l’on se trouve. Une seconde sur la Terre, ce n’est pas exactement une seconde sur la Lune. Avec les volontés de retourner sur la Lune et surtout de s’y installer, le sujet prend de l’importance. Des chercheurs proposent trois propositions de définition de la seconde, et expliquent leur préférence.

À cause de la différence d’attraction gravitationnelle, le temps ne s’écoule pas de la même manière entre les deux astres (merci la relativité générale d’Einstein) : une horloge sur la Lune gagne 56 microsecondes par jour par rapport à une horloge sur la Terre.

L’importance de la précision de la seconde

Avec les programmes Artemis (NASA), LunaNET (NASA/ESA) et Moonlight (ESA), l’objectif des agences spatiales est clair : retourner sur la Lune et y établir des bases avec une présence à long terme. Cela « nécessite la mise en place d’une infrastructure dédiée à la navigation, au positionnement et aux télécommunications aux abords de notre satellite » naturel, explique l’Observatoire de Paris.

Sur Terre, pour rappel, il faut des horloges atomiques pour les systèmes de guidage par satellite (la précision du temps est indispensable pour avoir une précision sur la localisation). La constellation européenne Galileo en a fait les frais avec des pannes à répétition sur les horloges atomiques des satellites. Heureusement, chaque satellite en embarque quatre : deux au rubidium et deux autres à l’hydrogène, ce qui a permis de fortement limiter les dégâts.

Sur la Lune, « il est nécessaire de s’accorder au préalable sur l’utilisation d’une échelle de temps coordonné, jouant le même rôle que le temps universel coordonné (UTC) sur Terre, et permettant aux différents acteurs lunaires d’échanger des informations et de comparer leurs mesures ».

Trois propositions différentes pour une « seconde »


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☕️ Nouvelle fuite de données à la Commission européenne

30 mars 2026 à 06:06


La semaine dernière, le 24 mars précisément, la Commission européenne « a découvert une cyberattaque qui a affecté » sa plateforme Europa.eu, le site web de l’Union européenne. Elle affirme avoir réagi rapidement, mais reconnait tout de même que « les premières conclusions de l’enquête suggèrent que des données ont été extraites ». Les entités concernées sont contactées et informées.

« Les systèmes internes de la Commission n’ont pas été affectés par la cyberattaque. La Commission continuera à suivre la situation et à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ses systèmes et données internes », ajoute l’institution.

IA Act Europe

Selon Bleeping Computer, la fuite viendrait d’un compte Amazon Web Services (AWS) compromis. « L’auteur de la menace qui a revendiqué l’attaque a contacté BleepingComputer en début de semaine, déclarant avoir volé plus de 350 Go de données (dont plusieurs bases de données) », ajoutent nos confrères.

Afin d’appuyer ses dires, le pirate a fourni à Bleeping Computer des « captures d’écran comme preuve qu’il avait accès à des informations appartenant à des employés de la Commission européenne ainsi qu’à un serveur de messagerie utilisé par des employés ». Il ajoutait « qu’il ne tenterait pas d’extorquer la Commission en utilisant les données prétendument volées comme levier, mais qu’il avait l’intention de divulguer les données en ligne ultérieurement ».

La Commission avait déjà été victime d’une cyberattaque le 30 janvier, « qui a peut-être permis d’accéder aux noms et aux numéros de téléphone portable de certains membres de son personnel ». La brèche avait été colmatée dans les 9 heures, selon la Commission. Cette dernière précisait qu‘« aucune compromission des appareils mobiles n’a été détectée ».

Aux USA, des sénateurs veulent connaitre la consommation d’énergie des datacenters

27 mars 2026 à 09:40
De toutes les matières, c’est les watts qu’ils préférent
Aux USA, des sénateurs veulent connaitre la consommation d’énergie des datacenters

Pour avoir des données fiables et globales sur la consommation des datacenters, deux sénateurs font appel à l’U.S. Energy Information Administration (EIA). L’Arcep le fait, mais cela se limite à la France et on manque cruellement de données au niveau mondial.

La consommation des datacenters est un sujet qui revient régulièrement sur le devant de la scène, mais sur lequel il est difficile d’avoir des chiffres précis et fiables. Certains opérateurs de datacenters et géants du numérique détaillent leurs consommations, mais de manière disparate.

Des rapports oui, des données fiables… c’est plus compliqué

On retrouve parfois le détail datacenter par datacenter, parfois par pays, continent ou au global, mais d’autres ne donnent aucune information chiffrée et se contentent de grands discours. C’est le cas d’Amazon dans les GAFAM par exemple. Mais, même quand il y a de nombreuses informations, les rapports sont parfois truffés d’erreurs… à se demander s’ils sont réellement lus.

Il n’y a qu’à voir le numéro d’équilibriste de l’ADEME sur le sujet en janvier, qui voulait prévoir la consommation à l’horizon 2035 et 2060. Comme nous l’expliquions alors, ce rapport a le mérite d’exister et d’essayer de faire avancer les choses, mais il doit s’apprécier avec toutes ses imperfections et ses manques, à cause de la transparence très limitée de certains acteurs. Difficile de se projeter sans avoir de chiffres solides à la base.

Et si c’était l’Energy Information Administration qui récoltait les données ?

Aux États-Unis, deux sénateurs (Josh Hawley et Elizabeth Warren) tentent une approche plus directe pour avoir des données fiables : ils « ont envoyé une lettre à la U.S. Energy Information Administration (EIA) pour lui demander de recueillir des détails sur la consommation d’énergie auprès des centres de données – et sur l’impact de cette utilisation sur le réseau », comme le rapporte Techcrunch.

Ils veulent obtenir des « déclarations annuelles complètes sur la consommation d’énergie », indique Wired, qui était le premier à en parler. Ses informations sont « essentielles pour une planification précise du réseau [électrique] et contribueront à l’élaboration de politiques visant à empêcher les grandes entreprises d’augmenter les coûts de l’électricité pour les familles américaines ». Google, par exemple, a multiplié par deux sa consommation électrique entre 2020 et 2024.

« Ce n’est pas la seule information dont tu as besoin, mais c’est certainement un morceau du puzzle », explique Ari Peskoe (directeur du programme de droit de l’environnement et de l’énergie de la Harvard Law School) à nos confrères. La consommation en eau est aussi une donnée importante à prendre en compte.

En France, l’Arcep collecte des données et publie des bilans

Que ce soit pour l’électricité ou l’eau, il faut des informations détaillées en fonction des emplacements géographiques. Cela n’a pas les mêmes conséquences de consommer de l’eau dans des zones avec un fort stress hydrique et/ou une électricité fortement carbonée.

En France, l’Arcep collecte des données, y compris pour les datacenters avec la consommation électrique, en eau, la surface utilisée… Récemment, elle s’est aussi intéressée à l’IA générative et a élargi son rayon d’action sur la collecte de données.

Dans son dernier rapport pour un numérique soutenable, l’Arcep détaillait la consommation en France, au global pour l’année 2023 (avec 21 opérateurs analysés) : 2,4 TWh d’électricité (en hausse de 8 % sur un an), 681 000 m³ d’eau en consommation directe, mais 6 millions de m³ en consommation indirecte. À titre de comparaison, l’Agence internationale de l’énergie atomique (sous l’égide de l’ONU) expliquait que « les datacenters avaient consommé environ 460 TWh d’électricité en 2022 ».

☕️ Effets délétères de TikTok : l’Éducation nationale relance la machine judiciaire

27 mars 2026 à 09:15


Dans un communiqué, le ministère de l’Éducation nationale explique que, « dans le cadre de la procédure d’enquête en cours depuis le 4 novembre 2025 au sujet des agissements du réseau social TikTok, le ministère de l’Éducation nationale vient de transmettre au parquet de Paris un signalement ».

Le parquet de Paris avait en effet ouvert une enquête préliminaire « sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs » suite au signalement du député (socialiste) Arthur Delaporte, pour qui « le constat est sans appel : TikTok a délibérément mis en danger la santé, la vie de ses utilisateurs ».

Le ministère explique de son côté que « les réseaux sociaux, considérés de manière générale, sont impliqués dans plusieurs suicides d’élèves de collège et de lycée, ainsi que l’ont montré les enquêtes administratives diligentées à ce propos par l’inspection générale du ministère ».

C’est dans ce contexte que le ministre Édouard Geffray « a décidé d’informer la procureure de la République de Paris de faits susceptibles de caractériser plusieurs infractions pénales, liés aux bulles informationnelles dans lesquelles l’algorithme de TikTok enferme ce public vulnérable ».

Le communiqué revient sur « la capacité addictive de la plateforme et la formation de « spirales » de contenus dangereux, notamment liés aux troubles du comportement alimentaire (TCA), à la dépression, à l’automutilation et au suicide ». Il précise que « le seul visionnage de vidéos suffit à déclencher l’engrenage ».

D’autres griefs sont indiqués : favoriser l’exposition des mineurs à des contenus à caractère pornographique ainsi que le système de recommandation de TikTok avec « l’extraction massive de données personnelles des utilisateurs, en violation probable de la législation en vigueur ».

Le ministre explique à Radio France avoir fait un test avec un nouveau compte où il disait avoir 14 ans : « En moins de 20 minutes, sans avoir liké quoi que ce soit […] on s’est retrouvé avec des vidéos dépressives […], des véritables tutoriels de scarifications […], des vidéos d’incitation au suicide ».

☕️ Fausses promos, pression, articles ajoutés : des pratiques encore nombreuses en Europe

27 mars 2026 à 07:25


La Commission européenne a visiblement pris son temps, mais les résultats d’un « balayage » sur les promotions pendant le Black Friday et le Cyber Monday vient d’être mis en ligne. C’est la conclusion d’une enquête menée par les autorités de protection des consommateurs de 23 États membres (dont la France), ainsi que d’Islande et de Norvège.

Le bilan est sans appel : « Les autorités de protection des consommateurs ont vérifié 314 commerçants en ligne et ont constaté que 30 % faisaient référence à des remises de manière incorrecte lors de ces ventes ». Cela ne devrait surprendre personne, l’UFC-Que Choisir a déjà tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises. au sujet de ces fausses promotions.

La Commission rappelle que, pour afficher une réduction (en pourcentage ou en euros), « le prix de référence doit être le prix le plus bas appliqué au cours des 30 derniers jours ». Cette règle a été sacralisée par la Cour de justice de l’Union européenne fin 2024 ; elle avait été saisie par une juridiction allemande.

D’autres griefs sont également indiqués par la Commission européenne, à savoir que « 36 % ont tenté d’ajouter des articles facultatifs aux paniers des consommateurs. Parmi ceux-ci, quatre sur dix l’ont fait sans demander clairement leur consentement ».

18 % des enseignes « ont utilisé des techniques de vente sous pression, telles que l’affirmation qu’un produit est épuisé ou l’utilisation de compte à rebours », or d’après les constatations de la Consumer Protection Cooperation, « plus de la moitié de ces cas étaient trompeurs ». La Commission rappelle qu’une « technique de vente sous pression peut être considérée comme trompeuse, par exemple, lorsque son affirmation de rareté est fausse ».

Dans 10 % des cas, une « tarification progressive » était mise en place, avec des « frais supplémentaires ajoutés tardivement dans le processus d’achat, tels que des frais d’expédition ou de service ».

La Commission rappelle enfin qu’ajouter des articles sans consentement, afficher des prix de manière trompeuse, prétendre qu’un produit est épuisé ou cacher des frais « sont des pratiques illégales en vertu du droit de la consommation de l’UE ». Après ce balayage, « les autorités nationales de protection des consommateurs peuvent prendre des mesures à l’encontre des entreprises concernées ». À voir maintenant s’il se passera quelque chose du côté de la répression des fraudes, ou autres.


☕️ La bêta d’Ubuntu 26.04 LTS (Resolute Raccoon) est disponible

27 mars 2026 à 07:02


Cette version 26.04 est importante car c’est une LTS, c’est-à-dire une Long Term Support avec cinq ans de support classique et cinq ans de plus avec Ubuntu Pro. Les LTS sont mises en ligne tous les deux ans, la précédente était donc la 24.04. C’est particulièrement utile dans le cas de serveurs et VPS, comme expliqué dans notre tuto.

Parmi les nouveautés, il y a le passage au noyau Linux 7.0 avec la version 50 de GNOME (avec uniquement Wayland) disponible depuis une semaine environ. Signalons aussi PHP 8.5.2, Samba 4.23, Docker 29, Mesa 26. Les notes de version se trouvent par ici.

Le fond d’écran « raton-laveur résolu » rejoint le bestiaire Ubuntu

Sans oublier que « le retour de mot de passe est désormais activé par défaut afin d’améliorer l’expérience utilisateur ». Sudo-rs affiche pour rappel des * quand on tape son mot de passe. Un retour à l’ancien fonctionnement est possible : sudo visudo et ajoutez Defaults !pwfeedback au fichier de configuration.

Pour les téléchargements, c’est par ici que ça se passe. Pour récupérer un des dérivés – Kubuntu (KDE Plasma), Xubuntu (Xfce), Lubuntu (LxQt), Ubuntu Budgie, Ubuntu Mate, Ubuntu Cinnamon… – c’est par là.

La version finale d’Ubuntu 26.04 est prévue pour le 23 avril.

☕️ Le Parlement européen repousse la régulation de l’IA et veut interdire la nudification

26 mars 2026 à 16:48


La décision était attendue, le Parlement avait prévenu la semaine dernière. C’est désormais officiel (et sans surprise), les députés ont adopté ce jeudi – à une large majorité avec 569 voix pour, 45 contre et 23 abstentions – une « position sur une proposition de simplification (omnibus) modifiant la législation sur l’intelligence artificielle (AIA) ».

Pour les systèmes d’IA à haut risque, les députés proposent, comme prévu, la date du 2 décembre 2027, au lieu du 2 août 2026, soit près d’un an et demi de retard. Également validée, la proposition de repousser au 2 août 2028 « les systèmes d’IA couverts par la législation sectorielle européenne sur la sécurité et la surveillance du marché ».

Autre délai repoussé, celui sur les « règles relatives au marquage numérique des contenus audio, image, vidéo ou des textes créés par l’IA afin d’indiquer leur origine ». Désormais, les députés visent le 2 novembre 2026 alors que cela devait entrer en vigueur cet été. Cela concernera donc les actualités générées par IA, comme le signale déjà notre extension, qui a dans sa base de données près de 12 000 sites.

Au passage, les députés veulent introduire l’interdiction des systèmes de « nudification », c’est-à-dire les applications qui utilisent l’IA pour « créer ou manipuler des images sexuellement explicites ou intimes et qui ressemblent à une personne réelle identifiable, sans le consentement de cette personne ».

Le Parlement précise que cette « interdiction ne s’appliquera pas aux systèmes d’IA dotés de mesures de sécurité efficaces empêchant les utilisateurs de créer de telles images ». Cette semaine, l’Internet Watch Foundation a d’ailleurs sonné l’alerte face à la multiplication d’images et de vidéos pédocriminelles crédibles générées par IA.

Les députés sont également favorables « à ce que les fournisseurs de services puissent traiter des données à caractère personnel afin de détecter et de corriger les biais dans les systèmes d’IA, mais ils ont introduit des garanties pour s’assurer que cela ne se fasse qu’en cas de stricte nécessité ».

Après ce vote, les négociations avec le Conseil sur la version définitive de la loi peuvent désormais commencer, avec ensuite un trilogue avant le vote définitif. La proposition de simplification adoptée ce jour fait partie du septième paquet omnibus sur la simplification proposé par la Commission européenne depuis novembre 2025.

Protection des mineurs en Europe : quatre sites pornos hors la loi, enquête sur Snapchat

26 mars 2026 à 16:20
Quelles surprises…
Protection des mineurs en Europe : quatre sites pornos hors la loi, enquête sur Snapchat

Ce jeudi, la Commission européenne a publié deux communiqués autour de la protection de l’enfance et des mineurs. Snapchat est sous le coup d’une enquête formelle, tandis que les conclusions préliminaires sont tombées pour PornHub, Stripchat, XNXX et XVideos, qui « enfreignent la loi sur les services numériques ».

Le premier communiqué concerne Snapchat, avec l’ouverture d’une procédure formelle pour déterminer si le réseau social « garantit un niveau élevé de sûreté, de confidentialité et de sécurité pour les enfants en ligne, conformément à la législation sur les services numériques (DSA) ».

De nombreux griefs contre Snapchat, une enquête ouverte

Les griefs de la Commission sont nombreux car elle estime que la plateforme a peut-être enfreint les règles en « exposant des mineurs à des tentatives de manipulation et à des recrutements à des fins criminelles, ainsi qu’à des informations sur la vente de biens illégaux, comme des drogues ou des produits à restriction d’âge, tels que les cigarettes électroniques et l’alcool ».

Plusieurs points seront analysés, à commencer par la vérification d’âge (13 ans minimum) à l’entrée de la plateforme. La Commission européenne soupçonne en effet que « l’autodéclaration en tant que mesure d’assurance de l’âge est insuffisante ». Des inquiétudes également de l’Europe concernant « les paramètres du compte par défaut de Snapchat ne fournissent pas suffisamment de confidentialité, de sureté et de sécurité pour les mineurs ».

La modération est aussi pointée du doigt, avec un manque d’efficacité « pour empêcher la diffusion d’informations orientant les utilisateurs vers la vente de produits illégaux […] De plus, elle ne semble pas empêcher efficacement les utilisateurs, y compris les enfants et les adolescents, d’accéder à ce type de contenu ».

Les mécanismes de signalement sont également scrutés de près car, selon la Commission, ils « ne sont ni faciles d’accès ni faciles à utiliser, et pourraient utiliser ce qu’on appelle des dark patterns dans leur conception ».

La Commission lance donc son enquête approfondie afin de collecter des preuves, et demander des comptes à Snapchat si besoin.

« PornHub, Stripchat, XNXX et XVideo enfreignent la législation »

Une autre enquête, toujours axée sur la protection des mineurs, se termine dans le même temps. Elle concerne quatre sites pornos : « La Commission conclut à titre préliminaire que PornHub, Stripchat, XNXX et XVideos enfreignent la législation sur les services numériques pour avoir permis aux mineurs d’accéder à leurs services ».

Selon la Commission, les plateformes « n’ont pas identifié et évalué avec diligence les risques que leurs plateformes présentent pour les mineurs qui accèdent à leurs services ». De plus, même lorsque des risques étaient identifiés, elles « n’ont pas procédé à une évaluation approfondie ».

La réputation avant les risques sociétaux pour les mineurs

Toujours selon l’Europe, les plateformes avec du contenu pornographique ont mis « l’accent de manière disproportionnée sur leurs préoccupations, notamment les dommages liés à la réputation, plutôt que de se concentrer sur les risques sociétaux pour les mineurs, comme l’exige le DSA ».

La Commission ajoute que « Pornhub, Stripchat, XNXX et XVideos n’avaient pas mis en œuvre de mesures efficaces pour empêcher les mineurs d’accéder à leurs services ». Les conditions d’utilisation précisent qu’il faut être majeur, mais « un simple clic confirmant qu’ils ont plus de 18 ans » suffit aux mineurs pour passer. Même problème que pour Snapchat donc.

Pornhub, Stripchat, XNXX et XVideos « doivent mettre en œuvre des mesures »

La Commission estime donc « que Pornhub, Stripchat, XNXX et XVideos doivent mettre en œuvre des mesures de vérification de l’âge respectueuses de la vie privée afin de protéger les enfants contre les contenus préjudiciables ». Ce sont des conclusions préliminaires, qui « ne préjugent pas du résultat final de l’enquête ».

Les quatre plateformes ont désormais la possibilité d’examiner les documents des dossiers d’enquête et de répondre. Elles peuvent aussi, de manière volontaire, prendre des mesures pour corriger le tir. Si les conclusions de la Commission sont validées, des sanctions pourront être prises.

En France, depuis cet été, l’Arcom a intensifié sa lutte et mis en demeure 17 sites pornos de mettre en place des mesures de vérification de l’âge. Dans la foulée, nous avions testé plusieurs méthodes pour prouver son âge à l’entrée des plateformes.

Problème, quelques clics suffisaient parfois pour passer outre, tandis que d’autres validaient parfois n’importe quoi.

Nous sommes par exemple passés avec une fausse carte d’identité de Gabriel Attal récupérée sur Internet, une carte au nom de Dora l’Exploratrice, une vidéo du visage d’une personne sur une banque d’image (avec le watermark)… Pire encore, nous avons refait un tour début février et la situation est toujours catastrophique.

☕️ AMD annonce son Ryzen 9 9950X3D2 Dual Edition (AM5) avec 208 Mo de cache

26 mars 2026 à 14:44


Tout juste un an après le lancement des Ryzen 9 9900X3D et 9950X3D, AMD remet le couvert avec le Ryzen 9 9950X3D2 Dual Edition avec un « 2 Dual Edition » en plus à la fin de sa référence. La différence ? La technologie AMD 3D V-Cache est présente sur les deux chiplets du processeur.

Le CPU dispose donc toujours de 16 cœurs et 32 threads Zen 5 répartis sur deux chiplets de 8C/16T chacun. Le Ryzen 9 9900X3D a 128 Mo de mémoire cache L3 (série X3D oblige), pour un total de 144 Mo de cache avec les 16 Mo de cache L2 (1 Mo par cœur).

Le Dual Edition double presque la mise avec 208 Mo de cache au total, soit 192 Mo de cache L3 (toujours 16 Mo de cache L2). Avec une simple division, on en déduit que chaque chiplet dispose de 96 Mo de cache L3. Dans tous les cas, le cache L1 est de 1 280 Ko.

La fréquence de base est de 4,3 GHz avec jusqu’à 5,6 GHz en mode boost, soit 100 MHz de moins que le Ryzen 9 9950X3D (5,7 GHz). Autre changement, le TDP du CPU Dual Edition passe à 200 watts, soit une hausse de 30 watts.

Selon AMD, cela permet « des gains de performances de 5 à 10 % par rapport au Ryzen 9 9950X3D ». La disponibilité est prévue pour le 22 avril, mais il y a fort à parier qu’il coûte plus de « 5 à 10 % » que son grand frère. Dans tous les cas, ce sera « le premier processeur de bureau intégrant la technologie AMD 3D V-Cache sur deux chiplets ».

Le processeur utilise un socket AM5 (compatible avec les chipsets 620, X670E, X670, B650E, B650, X870E, X870, B840 et B850). ASRock avait vendu la mèche il y a quelques jours en publiant (et retirant rapidement) une fiche précisant que ses cartes mères AM5 étaient compatibles, comme le rapporte VideoCardz.

☕️ WhatsApp fait le plein de nouveautés : stockage, comptes multiples, transferts, Meta AI…

26 mars 2026 à 14:27


WhatsApp annonce une salve de nouveautés pour son application mobile. Sur la gestion du stockage, la messagerie instantanée de Meta (Facebook, WhatsApp, Instagram…) explique que « vous pouvez désormais rechercher et supprimer les fichiers volumineux directement dans les discussions », via une nouvelle option Gérer le stockage dans les discussions.

C’était déjà possible sur Android, mais c’est désormais aussi le cas sur iOS : sur un seul téléphone, vous pouvez avoir deux comptes connectés en même temps.

WhatsApp ajoute que la « fonctionnalité de transfert de discussions permet désormais de déplacer votre historique de discussion depuis iOS vers Android, en plus du transfert sur une même plateforme ». C’était déjà possible auparavant, mais tout est à présent centralisé dans l’application et WhatsApp promet que, maintenant, « vos conversations, photos et vidéos sont facilement accessibles en quelques appuis seulement ».

Une annonce de nouveautés sur un produit Meta sans parler d’IA ? Bien sûr que non : « Vous pouvez désormais utiliser Meta AI pour retoucher des photos directement dans vos discussions avant de les envoyer ».

Autre nouveauté, « l’aide à la rédaction peut désormais suggérer une réponse en fonction de votre conversation afin que vous puissiez trouver le message idéal, tout en gardant vos discussions complètement privées ».

Comme toujours avec la messagerie, « ces fonctionnalités sont en cours de déploiement et seront bientôt disponibles pour tous ».

Le WorldModel : comment Yann LeCun et son équipe veulent révolutionner l’IA

26 mars 2026 à 13:29
JEPA tout compris, vous pouvez répéter ?
Le WorldModel : comment Yann LeCun et son équipe veulent révolutionner l’IA

Apprendre à partir du monde plutôt que du langage, c’est le but des « world models ». Yann LeCun et son équipe d’AMI Labs viennent de dévoiler leur premier modèle du genre, LeWorldModel. Comment ça marche ? Quelles différences avec les LLM (grands modèles de langage) ? Quelles sont les limitations et les espoirs ? Next vous explique tout.

Après avoir quitté Meta, Yann LeCun s’est associé à d’autres chercheurs de renom pour lancer AMI Labs (Advanced Machine Intelligence) au début de l’année. Début mars, la start-up levait 890 millions d’euros. Elle vient de présenter son premier modèle : LeWorldModel ou LeWM de son petit nom. C’est un modèle qui apprend et qui, à partir d’actions données, essaye d’anticiper le futur.

LeWorldModel, JEPA, régulariseur gaussien… Wait, what ?!

Présentation rapide : « LeWM est un « world model » basé sur JEPA qui évite l’effondrement des représentations grâce à un simple régulariseur gaussien (SIGReg), s’entraîne de bout en bout à partir des pixels avec seulement deux termes de perte, et atteint des performances de contrôle compétitives pour une fraction du coût de calcul ».

Vous n’avez pas tout compris ? Pas de panique, Next vous explique de façon simple l’approche d’AMI Labs pour apprendre le monde à partir d’images et de vidéos. Le concept n’est pas nouveau, mais la manière de faire est différente et demande moins de puissance de calcul, alors que c’est actuellement le nerf de la guerre des IA (génératives).

Pour être plus performantes, ces IA ont de plus en plus de paramètres (ils se comptent en centaines de milliards), mais ce gain de taille se fait au prix de calculs et d’un besoin en quantité de mémoire (pour charger les paramètres) toujours plus importants. Pour rappel, une requête à ChatGPT avec un seul token, c’est déjà des centaines de milliards de calculs pour répondre.

Apprendre et raisonner « comme les animaux et les humains »

Il y a maintenant plus de quatre ans, alors qu’il était chez Meta, Yann LeCun parlait de « sa vision d’un système d’IA capable d’apprendre et de raisonner comme les animaux et les humains ».


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☕️ Saturne épluchée comme un oignon avec deux superbes images de Webb et Hubble

26 mars 2026 à 08:23


L’Agence spatiale européenne (ESA) revient sur la mise en ligne de deux images avec les vues les plus détaillées de Saturne. L’agence spatiale américaine fait de même. Publication coordonnée logique puisque les télescopes James Webb et Hubble « se sont associés pour capturer de nouvelles vues de Saturne ».

« Les observations dans l’infrarouge et la lumière visible révèlent des couches et des tempêtes dans l’atmosphère de la planète aux anneaux ». Une image vient de Hubble et « révèle de subtiles variations de couleur sur la planète », elle a été capturée en août 2024. La seconde de Webb quelques mois plus tard, avec une vue infrarouge qui « détecte des nuages et des produits chimiques à de nombreuses profondeurs dans l’atmosphère ».

À gauche, l’image de James Webb du 29 novembre 2024, à droite celle de Hubble du 22 aout 2024. La NASA propose aussi une vue plus large de Saturne, avec ses six plus grandes lunes, dont la plus imposante, Titan, est tout à gauche :

C’est un travail d’équipe, expliquent les agences spatiales. Les scientifiques peuvent en effet découper l’atmosphère de Saturne à plusieurs altitudes, comme on épluche un oignon : « Chaque télescope raconte une partie différente de l’histoire de Saturne, et ces observations aident les chercheurs à comprendre comment fonctionne l’atmosphère de Saturne ».

Le temps des saisons sur Saturne est bien différent de celui sur Terre, car chaque saison dure environ 7 ans et la planète met plus de 29 ans à faire sa révolution. « Ces images montrent la planète passant de l’été boréal à l’équinoxe de 2025 ». C’est une période particulière durant laquelle ses anneaux « disparaissent ».

« La Terre passe dans le plan équatorial de Saturne autour du moment de l’équinoxe de Saturne. À ce moment, depuis la Terre, les anneaux ne se voient que par la tranche, c’est-à-dire selon un trait si mince qu’il donne l’illusion de leur disparition », explique l’Observatoire de Paris. Ils ne dépassent alors pas les 40 mètres d’épaisseur.

Ce phénomène s’est produit le 23 mars, mais l’Observatoire avait prévenu que, « malheureusement, lors de cette configuration 2025, il ne sera pas observable […] Saturne sera à cette période noyée dans la lumière du Soleil en journée et non visible la nuit. Elle ne sera donc pas observable ».

Rendez-vous le 1ᵉʳ avril… 2039 pour la prochaine disparition des anneaux. « Saturne sera à l’opposition et le phénomène sera alors facile à observer ».

☕️ Au CERN, une première mondiale : le transport d’antimatière dans un… camion

26 mars 2026 à 07:27


L’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) avait annoncé il y a cinq ans deux expériences pour transporter de l’antimatière… dans une camionnette. Elle rappelait alors que son usine d’antimatière était « le seul endroit au monde où l’on produit des antiprotons de basse énergie ». C’est-à-dire des « équivalents » des protons dans l’antimatière.

Le CERN prévoyait que les expériences soient opérationnelles en 2023. Le calendrier s’est étiré, mais l’expérience BASE est finalement « parvenue à transporter un piège rempli d’antiprotons d’un bout à l’autre du site principal du CERN ». L’ensemble pèse 1 tonne et peut passer des portes standards de laboratoire.

Dans le détail, l’expérience comprend un nuage de 92 antiprotons dans un piège de Penning cryogénique portatif. Le dispositif est ensuite déconnecté de l’installation, chargé dans un camion, transporté et l’expérience a été poursuivie après le transport. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour eux ça veut dire beaucoup.

Le CERN parle d’un véritable tour de force : « l’antimatière est très difficile à conserver, car elle s’annihile au contact de la matière ». C’est une première mondiale selon le CERN. L’objectif est de transporter des antiprotons vers d’autres laboratoires en Europe, notamment l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf pour effectuer des mesures de très haute précision sur l’antimatière.

Ce n’est pas encore gagné car pour arriver à l’université Heinrich-Heine, cela prendrait au moins huit heures de route. Christian Smorra, chef du projet BASE-STEP, explique que « cela signifie que l’aimant supraconducteur du piège devra rester à une température inférieure à 8,2 kelvins pendant tout ce temps. Donc, en plus de l’hélium liquide, il nous faudrait un groupe électrogène pour alimenter un réfrigérateur cryogénique dans le camion. Nous étudions actuellement les possibilités ».

Une fois cette étape franchie, il reste le « défi le plus important » : transférer les antiprotons jusqu’à l’expérience sans qu’ils disparaissent. Mais le jeu en vaut la chandelle pour les scientifiques car ils pensent pouvoir ainsi mesurer l’antimatière avec « une précision au moins 100 fois supérieure », précise Stefan Ulmer, porte-parole de l’expérience BASE.

Une petite foire aux questions est disponible sur cette page.

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