Ma rubrique se fera enlever par des aliens la semaine prochaine, mais elle devrait voyager paranormalement jusqu’à la suivante. Gros doigt lumineux bienveillant sur vous, à très vite !
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L’ADN peut générer de longues chaines de données aléatoires, ce qui est parfait pour créer de grands masques jetables pour chiffrer des données, avec une protection « inviolable ». Le CNRS présente ses travaux, qui mélangent ADN et chiffre de Vernam.
Dans un précédent article, nous étions revenus sur les méthodes de chiffrement en informatique des dernières décennies. Nous avons également analysé la menace quantique ainsi que le chiffrement hybride qui mélange les deux mondes. Au milieu de tout cela, il existe depuis plus de 100 ans un algorithme de chiffrement inviolable : le masque jetable ou chiffre de Vernam.
Le principe de base est simple : il s’agit ni plus ni moins d’une permutation de l’alphabet, mais avec une clé aussi longue que le message à chiffrer. Il faut par contre respecter une condition : la clé (ou masque) ne doit être utilisé qu’une seule fois et elle doit être totalement aléatoire (et ce n’est pas si facile de faire du 100 % aléatoire).
Avec une clé de la taille du message et une rotation aléatoire de l’alphabet à chaque lettre, un message de 10 caractères pourrait être transformé en n’importe quel mot (ou groupe de mots) de 10 caractères, sans savoir lequel est le bon.
Imaginez avec un message chiffré plus court, par exemple ABC, il pourrait aussi bien s’agir de OUI, que NON, DIX, TES, ZUT… sans pouvoir trouver le message en clair si vous n’avez pas la bonne clé. On parle de sécurité inconditionnelle, « c’est-à-dire indépendante de la puissance de calcul d’un adversaire », et on peut le prouver dans le cas présent.
Avec l’ADN, de très grandes clés aléatoires
Le problème du chiffre de Vernam est double : d’abord, générer des clés de très grandes tailles et aléatoires, puis échanger physiquement les clés. Dans le premier cas, le CNRS propose une solution : l’ADN : « Chaque molécule d’ADN est composée de quatre bases chimiques (A, T, C et G), et les chimistes sont capables de synthétiser commercialement de longues chaines dont l’ordre des bases est statistiquement aléatoire. Ces séquences d’ADN peuvent ensuite être copiées à l’identique, à l’aide de processus enzymatiques, et ainsi partagées entre un expéditeur et un destinataire ».
L’ADN coche toutes les cases avec une densité de stockage et une stabilité remarquables : « correctement conservé, le polymère peut rester intact pendant des milliers d’années et il suffit de quelques milligrammes pour stocker des exaoctets d‘information binaire, soit l’équivalent d’un million de disques durs ». Stocker autant de données dans aussi peu de place avec un autre système c’est actuellement… compliqué.
Des candidats parfaits pour les masques, mais il faut toujours les échanger sans la moindre interception, sinon toute la sécurité s’effondre si une tierce partie récupère une copie des clés. L’avantage de l’ADN c’est qu’il ne prend pas beaucoup de place et qu’il est facile à transporter.
Pour le CNRS, les principales perspectives se trouvent dans « la protection des communications les plus sensibles, qu’il s’agisse d’échanges diplomatiques, militaires ou scientifiques ». Dans un second temps, cette technique « pourrait également trouver des applications dans des contextes extrêmes, notamment les communications spatiales ou les infrastructures numériques critiques où la fiabilité et l’inviolabilité des échanges constituent des enjeux majeurs ».
Dans le sillage de l’initiative européenne Stop Killing Games, l’UFC-Que Choisir a lancé des poursuites en justice à l’encontre d’Ubisoft. L’association de consommateurs reproche à l’éditeur français d’avoir fermé les serveurs qui permettaient au jeu The Crew de fonctionner, privant de ce fait les consommateurs de l’usage d’un jeu qu’ils avaient pourtant acheté sans date de fin de vie programmée.
La boucle est bouclée. C’est la fermeture programmée des serveurs du jeu de course The Crew qui a motivé l’émergence de l’initiative européenne Stop Killing Games, en 2024, et c’est quelques semaines après la reconnaissance formelle de cette initiative citoyenne par la Commission européenne qu’une procédure en justice à l’encontre d’Ubisoft voit le jour.
Ubisoft poursuivi pour la fermeture des serveurs de The Crew
En France, c’est l’UFC-Que Choisir qui initie ces poursuites devant le tribunal judiciaire de Créteil. « L’UFC-Que Choisir estime qu’en privant brutalement les joueurs de tout accès à The Crew, Ubisoft a porté atteinte aux droits essentiels des consommateurs », indique l’association dans un communiqué daté du 31 mars.
L’UFC-Que Choisir ne publie pas les éléments de la procédure, mais explique que cette dernière se concentre sur le principe de « licence d’utilisation », derrière lequel se retranchent les éditeurs de jeux vidéo pour, parfois, révoquer l’accès à un contenu.
« La licéité de toutes les clauses limitant les droits des joueurs doit être interrogée », affirme l’association, qui souhaite voir la justice s’exprimer sur la négation du droit de propriété conféré à l’acheteur d’un jeu, mais aussi sur cette faculté de retirer l’accès au contenu sans garantie de maintien d’un mode de fonctionnement alternatif.
Elle interroge également la subordination de l’utilisation du jeu à des services en ligne susceptibles d’être interrompus, et une pratique commerciale moins spécifiquement liée à The Crew : le refus de rembourser les sommes créditées par des joueurs sur leur compte en ligne.
Une partie de la charge porte également sur ce que l’association qualifie de pratique commerciale trompeuse : « les joueurs n’ont jamais été loyalement informés sur le caractère éventuellement temporaire de l’accès au jeu qu’ils achetaient ».
Toute la subtilité réside ici dans l’appréciation du caractère loyal de cette information. À la date de publication de cet article, le 3 avril 2026, les conditions d’utilisation d’Ubisoft disposent par exemple explicitement que l’éditeur peut modifier les contenus et services associés à ses jeux, notamment « afin de limiter ou d’interrompre les fonctionnalités obsolètes ou non viables du Contenu et/ou des Services lorsque cela est raisonnable ».
« Sauf indication contraire de notre part, nous ne garantissons pas la disponibilité d’un Service ou d’un Contenu pendant une période déterminée », énoncent encore ces conditions d’utilisation.
Les éditeurs à l’unisson
L’enjeu n’est pas anodin pour les éditeurs, puisque le maintien en conditions opérationnelles d’un jeu dépendant de services en ligne suppose des coûts. Le secteur s’était d’ailleurs exprimé de façon coordonnée sur le sujet en juillet dernier, quand la mobilisation autour de Stop Killing Games battait son plein, par l’entremise de sa représentation européenne, Videogames Europe :
« Nous apprécions l’enthousiasme de notre communauté ; cependant, la décision d’interrompre les services en ligne est complexe, jamais prise à la légère, et doit être une option pour les entreprises lorsqu’une expérience en ligne n’est plus commercialement viable. Nous comprenons que cela puisse être décevant pour les joueurs, mais, le cas échéant, le secteur veille à ce qu’ils soient informés des changements envisagés, conformément à la législation locale sur la protection des consommateurs ».
À cette occasion, les éditeurs avaient battu en brèche l’idée de laisser prospérer des serveurs privés gérés par la communauté :
« Les serveurs privés ne constituent pas toujours une alternative viable pour les joueurs, car les protections mises en place pour sécuriser leurs données, supprimer les contenus illégaux et lutter contre les contenus communautaires dangereux seraient inexistantes et les détenteurs de droits seraient tenus responsables. De plus, de nombreux jeux sont conçus dès le départ pour être exclusivement joués en ligne ; de fait, ces propositions limiteraient la liberté de choix des développeurs en rendant la création de ces jeux vidéo excessivement coûteuse. »
En attendant l’examen de ce dossier par le tribunal judiciaire de Créteil, la question de la pérennité des jeux vidéo est désormais posée auprès de la Commission européenne. Saisie suite à une pétition au succès historique avec près de 1,3 million de signatures validées au moment de son enregistrement, elle est censée produire, d’ici au 27 juillet 2026, une réponse écrite listant ses éventuelles décisions en la matière.
Rappelons que l’UFC-Que Choisir a mené pendant près de dix ans un combat juridique contre Valve, l’éditeur de la plateforme Steam, pour tenter d’obtenir la suppression d’un certain nombre de clauses qu’elle considérait comme abusives, telles que l’impossibilité de revendre un jeu dématérialisé. Elle fondait à l’époque sa requête sur la règle juridique de « l’épuisement des droits ». Défaite devant la cour de cassation en octobre 2024, l’association a saisi la Commission européenne d’un recours en manquement en février 2025.
J’ai beaucoup trop de vacances… et donc de films de vacances
Toshiba dévoile sa nouvelle série de disques durs M12, qui sera disponible aussi bien en SMR qu’en CMR, avec 28 à 34 To de stockage. Le fabricant se prépare à aller encore plus loin avec l’arrivée du HAMR et le passage à 12 plateaux.
Après Seagate et Western Digital, c’est au tour de Toshiba de dépasser les 30 To avec des disques durs de 3,5 pouces. Le fabricant annonce en effet qu’il a commencé à expédier les premiers échantillons de disques durs de 3,5 pouces de 30 à 34 To, exploitant la technologie SMR.
Des HDD de 30 à 34 To en SMR (Host Managed)
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Quand Cloudflare explique à WP comment faire du WP
Avec EmDash, Cloudflare propose un CMS open source misant sur la modernité de ses composants (il est écrit en TypeScript) et la sécurité des plug-ins. Il se place en concurrent de WordPress et prétend même être son « successeur spirituel ». Des affirmations démontées par le co-créateur de WordPress Matt Mullenweg.
WordPress est « la » référence dans le domaine des CMS (content management system ou système de gestion de contenu en français). C’est un projet open source utilisé par des millions de sites web à travers le monde, aussi bien de petits blogs personnels jusqu’au site de la Maison-Blanche, en passant par des entreprises, des médias… Next est lui aussi sur WordPress depuis sa refonte.
Selon certaines estimations, WordPress serait utilisé par plus de 40 % des sites dans le monde. Les forces du CMS sont ses capacités de personnalisation, son nombre de plug-ins (plusieurs dizaines de milliers), sa multitude de thèmes (gratuits et payants), sans oublier sa très large communauté.
CMS open source en TypeScript, avec isolation des plug-ins…
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Google a annoncé jeudi 2 avril la prise en charge de Meet, son client de visioconférence, au sein de l’environnement Apple CarPlay :
« Cette fonctionnalité est conçue pour assurer une transition fluide entre votre appareil mobile iOS et votre véhicule, vous permettant ainsi de ne jamais manquer une conversation importante. Que vous soyez en trajet domicile-travail ou entre deux rendez-vous, vous pouvez désormais rejoindre des réunions d’un simple clic, consulter votre agenda et participer à des appels audio pour rester concentré sur la route. »
Google mentionne spécifiquement la nature audio uniquement des échanges pour lever tout soupçon : cette implémentation de Meet pour CarPlay n’autorise logiquement pas la vidéo, en émission comme en réception. Elle permet en revanche d’accéder aux réunions programmées directement sur l’écran de sa voiture.
Google Meet s’invite sur Apple CarPlay – crédit Google
La fonctionnalité est tournée en priorité vers les clients Google Workspace, mais elle est aussi accessible aux particuliers qui se connectent à des réunions Meet via un compte Google personnel, indique l’entreprise. Elle souligne par ailleurs qu’une version de Meet dédiée à Android Auto sera « bientôt » disponible.
Si Apple a été servi avant l’environnement maison, c’est probablement parce que Google a souhaité surfer sur l’introduction, via iOS 26.4, de nouveaux contrôles vocaux destinés à CarPlay. OpenAI a également saisi la balle au bond, en rendant l’application iOS ChatGPT accessible sur l’écran de bord. Le système n’autorise en revanche que des interactions vocales et audio.
OpenAI met un pied dans le monde des médias avec l’acquisition, annoncée jeudi 2 avril, de la chaîne tech TBPN, centrée sur la tech et l’univers de la Silicon Valley. TBPN, dont le talk show principal serait l’émission préférée de Sam Altman, doit permettre à l’entreprise d’accélérer la « conversation globale autour de l’IA ».
Ils alternent, selon les jours, entre la cravate, les polos de sport ou la veste de costume blanche, lisent l’édition papier du Wall Street Journal les pieds sur leur table jonchée de canettes de soda et sont à tu et à toi avec tout ce que la tech compte d’entrepreneurs en vue : bienvenue sur la chaîne TBPN (pour Technology Business Programming Network).
Une chaîne à la gloire de la Silicon Valley
Lancée fin 2024, TBPN diffuse chaque jour, pendant trois heures et en direct, une succession de séquences de commentaires d’actualités et d’interviews, principalement de fondateurs de startups. Sous leurs airs de yuppies, leurs vannes et le ton détendu, les deux animateurs revendiquent une approche soutenue sur le fond, légitimée par leur propre parcours. John Coogan et Jordi Hays ont en effet eux-mêmes créé plusieurs startups.
Jordi Hays et John Coogan présentent TBPN à raison de trois heures par jour – crédit TBPN
Âgés de respectivement 36 et 29 ans, ils affichent aussi et surtout une posture résolument pro-business. Les levées de fonds sont célébrées à coups de gong, les fondateurs invités sont exhortés à aller plus vite, plus loin, plus fort, et le duo ne se prive pas de jouer la carte de la provocation. Il envisageait d’ailleurs initialement d’appeler son émission Technology Brothers, en réaction au terme « tech bro », désormais connoté de façon négative. Vanity Fair résume leur état d’esprit dans un portrait publié en janvier dernier :
« Sur TBPN, le conflit d’intérêt est un atout, pas un défaut. Les deux animateurs sont chacun fortunés grâce à des cessions d’entreprises valant plusieurs millions de dollars et à des investissements providentiels. Ils savent ce que c’est que de lever des fonds d’amorçage, de finaliser une cession, d’évaluer une offre publique d’achat. Ils échangent régulièrement des SMS avec la moitié de la Silicon Valley. Ils évoquent nonchalamment les fêtes de Noël chez Thiel. »
Passé au format quotidien en janvier 2025, le carnet de bal des deux animateurs s’enorgueillit d’invités très prestigieux : Satya Nadella (Microsoft), Mark Zuckerberg (Meta), Marc Benioff (Salesforce), Alex Karp (Palantir) ou Sam Altman sont par exemple passés par son plateau pour commenter l’actualité du moment et, parfois, dévoiler quelques orientations stratégiques.
Et ça marche : d’après le Wall Street Journal, TBPN emploierait aujourd’hui onze personnes et serait rentable, avec environ 5 millions de dollars de chiffre d’affaires publicitaire en 2025, et une projection à plus de 30 millions de dollars pour 2026. Le show fédère déjà des annonceurs de premier plan : Shopify, Plaid, CrowdStrike, AppLovin ou Google pour Gemini font partie des sponsors, indique Adweek. En décembre 2025, consécration institutionnelle : il signe un partenariat avec la bourse de New York, qui relaie certains de ses programmes.
Les audiences sont relativement modestes, de l’ordre de 70 000 spectateurs par émission selon le WSJ, mais elles semblent suffisamment qualifiées pour que The Free Press qualifie TBPN de show le plus influent de la Silicon Valley en septembre 2025.
OpenAI s’offre un levier d’influence
« TBPN a construit quelque chose de vraiment spécial », salue Fidji Simo, la numéro deux d’OpenAI, en annonçant l’acquisition de la chaîne jeudi 2 avril.
Pourquoi racheter une chaîne YouTube alors que les propos de Sam Altman et les communications d’OpenAI sont déjà relayés, commentés et amplifiés par les médias du monde entier ?
« Nous ne sommes pas une entreprise comme les autres. Nous sommes à l’origine d’une véritable révolution technologique. Et notre mission, qui est de faire en sorte que l’intelligence artificielle générale profite à toute l’humanité, nous impose la responsabilité de contribuer à créer un espace de dialogue constructif et authentique sur les changements induits par l’IA, en plaçant au cœur de cette démarche les développeurs et les utilisateurs de cette technologie », écrit Fidji Simo.
Elle promet par ailleurs que l’équipe TBPN gardera son indépendance et sa liberté de ton, et affirme que les talents de communicants et les « instincts marketing » de John Coogan et Jordi Hays serviront à nourrir les équipes et les travaux d’OpenAI.
« TBPN est mon émission tech préférée. Nous voulons qu’ils continuent sur cette lancée et qu’ils fassent ce qu’ils font si bien. Je ne m’attends pas à ce qu’ils y aillent plus mollo avec nous, et suis sûr que je ferai ma part pour les y aider avec des décisions stupides à l’occasion », affirme de son côté Sam Altman.
« Bien que nous ayons parfois été critiques envers le secteur, après avoir fait la connaissance de Sam et de l’équipe d’OpenAI, ce qui nous a le plus marqués, c’est leur ouverture aux suggestions et leur engagement à réussir. Passer des simples commentaires à un impact concret sur la manière dont cette technologie est diffusée et comprise à l’échelle mondiale est extrêmement important pour nous », commentent les deux protagonistes du show.
Professeure de droit, spécialiste des violences de genre, Clare McGlynn a étudié la manière dont les robots conversationnels renforcent diverses problématiques de violence contre les filles et les femmes. Auprès de Next, elle appelle à ouvrir le débat.
« Ce que l’on constate est tout à fait similaire à n’importe quel épisode précédent de développement rapide de technologie, où les dommages que l’on voit émerger le plus tôt sont des violences contre les filles et les femmes. » Ces mots, ce sont ceux de Maeve Walsh, directrice de l’Online Safety Act Network.
Aux côtés de multiples autres expertes du monde du numérique comme de celui de l’accueil et de l’écoute des victimes de violences sexistes et sexuelles au Royaume-Uni, Maeve Walsh a été interrogée par la professeure de droit et spécialiste des violences de genre à l’université de Durham (Royaume-Uni) Clare McGlynn et son équipe. En 132 pages, cette dernière dresse une description précise de la manière dont les systèmes d’IA générative accessibles au grand public et les modèles d’IA compagnon influent voire renforcent diverses problématiques de violence de genre à composante numérique.
>> Qu’est-ce qui vous a poussée à lancer ce projet de recherche ?
Dans son ouvrage The New Age of Sexism (Simon and Schuster, mai 2025), l’écrivaine Laura Bates passe un chapitre à évoquer la question des robots conversationnels. Quand je l’ai lu l’an dernier, j’ai tout de suite pensé : ça va devenir un problème, il faut qu’on l’étudie.
Nous sommes au début d’une nouvelle ère, les robots conversationnels mainstream ont des millions d’utilisateurs [900 millions d’utilisateurs actifs par semaine pour ChatGPT, de 18 à 30 millions d’utilisateurs par mois selon les estimations pour Claude, ndlr], les compagnons IA sont aussi de plus en plus utilisés [Replika AI compterait plus de 40 millions d’utilisateurs, Character AI plus de 20 millions d’utilisateurs actifs mensuels, ndlr]. Or, après enquête, nous avons bien trouvé quelques travaux ici et là, sur la manière dont ces machines renforcent les enjeux de stalking, notamment. Mais rien ne rassemblait toutes les manières qu’ont les chatbots d’agir sur les enjeux de violences contre les femmes et les filles.
Le but de ce rapport consiste surtout à sensibiliser, à faire émerger le sujet. Les risques en termes de violences de genre ont augmenté à mesure que les robots conversationnels s’amélioraient. Ça s’est vu avec la disponibilité de Grok sur X, par exemple, qui permet de fournir des données problématiques à des stalkers, ou encore dans le cas de la vague de deepfakes pornographiques.
L’enjeu le plus « neuf » : les conduites problématiques « générées automatiquement »
>> Vous classifiez les risques des robots conversationnels en trois catégories. Pouvez-vous nous les détailler ?
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Cette semaine, le fondeur a annoncé qu’il allait « racheter 49 % des parts de sa coentreprise irlandaise Fab34 ». Il s’agit de récupérer la part qui avait été vendue il y a deux ans à peine au fonds Apollo, pour 11,2 milliards de dollars. Coût de l’opération cette fois-ci : 14,2 milliards de dollars.
Cette transaction a apporté à Intel « une plus grande souplesse financière et a permis à l’entreprise de libérer et de redéployer des capitaux pour faire avancer ses priorités stratégiques, notamment l’accélération du développement d’Intel 4 et 3, les plus avancés en Europe, ainsi que le processus Intel 18A, le plus avancé, développé et fabriqué aux États-Unis aujourd’hui ».
Fin 2023, la production de masse avec un procédé de gravure Intel 4 débutait dans la Fab 34 irlandaise. Meteor Lake (Core Ultra Série 1) exploite pour rappel Intel 4. Les Panther Lake (Core Ultra Series 3) sont pour leur part en Intel 18A et les premiers gravés aux États-Unis. L’usine irlandaise produit aussi des puces avec le procédé Intel 3, utilisé par des Xeon de 6ᵉ génération.
David Zinsner, CFO d’Intel, affirme que l’accord de 2024 « s’est avéré être la bonne solution au bon moment et a offert à Intel une flexibilité considérable, nous permettant ainsi d’accélérer dans la mise en œuvre d’initiatives essentielles. Aujourd’hui, nous disposons d’un bilan plus solide, d’une discipline financière renforcée et d’une stratégie commerciale modernisée ».
Suite à cette annonce, l’action d’Intel a bondi de près de 10 % et, encore aujourd’hui, elle est à 13 % de plus que son niveau fin mars.
Sur les trois premiers mois de l’année, les statistiques jouent un peu aux montagnes russes. Une petite baisse de 0,20 point début février pour arriver à 3,38 %. Puis de nouveau une baisse, mais plus franche cette fois-ci à 2,23 % début mars.
La part de marché de Linux est désormais de 5,33 %, sans que l’on comprenne pourquoi il y a de telles variations. La hausse est en effet de 3,10 points entre les statistiques de début mars et celles de début avril, loin d’être négligeable puisque la part de marché fait plus que doubler. macOS progresse de 1,19 point à 2,35 %, tandis que Windows perd 4,28 points à 92,33 %.
Dans le détail, SteamOS Holo 64 bit progresse de 0,65 point pour arriver à 24,48 % de part de marché sur les machines Linux seules. Un mystérieux « 0 64 bit » est en deuxième position avec 17,60 % tout de même (il vient de faire son entrée dans le classement), puis un autre identifié comme (64 bits) plus bas, qui fait aussi son entrée à+ 8,01 %.
Gamingonlinux tient à jour un tracker depuis 2018 et on peut voir la très forte progression de Linux sur Steam sur le dernier relevé de mars 2026 :
Bref, des chiffres à prendre pour le moment avec des pincettes tant ils soulèvent des questions. Ce ne serait pas la première fois que Valve mettrait à jour ses chiffres après les avoir publiés. Quoi qu’il en soit, la trajectoire sur le long terme est à la progression franche. Steam sur Linux a atteint les 2 % fin 2023 et les 3 % fin 2025 avec la fin du support de Windows 10. Si la barre symbolique des 5 % était confirmée, ce serait un nouveau palier important.
La sortie de la première bêta d’Ubuntu 26.04 s’accompagne d’une petite info passée inaperçue au moment de la publication : Canonical a discrètement révisé à la hausse la quantité de mémoire vive recommandée pour le bon fonctionnement sur un poste de travail.
Les notes de version qui préparent la sortie de la version finale, programmée au 23 avril prochain, indiquent en effet qu’Ubuntu Desktop 26.04 LTS exige au minimum un processeur double cœur cadencé à 2 GHz, 25 Go d’espace de stockage et 6 Go de mémoire vive.
La dernière version LTS (Long Term Support, avec cinq ans de support garanti et cinq ans de support optionnel) affichait des exigences similaires en matière de processeur et de stockage, mais elle se contentait de 4 Go de mémoire vive.
Fonds d’écran Ubuntu Resolute Raccoon
Cette révision à la hausse ne signifie pas qu’Ubuntu 26.04 ne fonctionnera pas sur des machines équipées de moins de 6 Go de mémoire vive. OmgUbuntu, qui s’est le premier fait l’écho de cette découverte, y voit plutôt une forme de constat honnête. Les besoins intrinsèques au système d’exploitation n’ont pas particulièrement évolué, mais la configuration recommandée doit prendre en compte l’évolution des usages.
Avec toujours plus de multitâche, et la propension de certaines applications courantes à consommer toujours plus de mémoire vive, 6 Go peuvent en effet apparaître comme un minimum recommandé pour exploiter de concert l’environnement par défaut (GNOME 50), un navigateur Web et les applications courantes du quotidien.
En ces temps marqués par une envolée des prix de la mémoire vive, qui conduit par exemple à des hausses de tarif significatives sur la gamme des mini-PC Raspberry Pi, certains y verront peut-être un signal supplémentaire pour penser sobriété numérique, quitte à basculer d’Ubuntu vers des distributions plus légères, voire minimalistes, notamment s’il s’agit de redonner vie à une machine un peu ancienne.
En pratique, la bêta d’Ubuntu 26.04 consomme environ 1,4 Go de mémoire vive au repos, témoigne un internaute sur Reddit.
Notons que les exigences affichées sont nettement moindres pour l’édition Ubuntu Server 26.04 LTS, puisqu’elles démarrent à 1,5 Go de mémoire vive et 4 Go d’espace de stockage.
Anthropic est encore sur le devant de la scène, pas suite à une annonce ou un délire de son intelligence artificielle mais à une nouvelle grosse bourde « humaine » entrainant la fuite de plus de 500 000 lignes de Claude Code. Next vous propose un tour du sujet, sous la forme de questions/réponses, afin de bien comprendre tous les enjeux.
Que s’est-il passé ?
Le 31 mars, un développeur, Chaofan Shou, découvre dans le paquet npm de Claude Code (celui qui est récupéré quand on installe l’application via la commande npm install @anthropic-ai/claude-code) un fichier .map qui n’aurait jamais dû se retrouver là.
Le code source de Claude Code n’est, pour rappel, pas publié par Anthropic. Le code récupéré par les utilisateurs est déjà compilé et minifié pour qu’ils puissent l’utiliser, mais sans jamais remonter à la source. Le fichier source map « fait le lien entre le code minifié ou transformé reçu par le navigateur et sa forme originale non modifiée, permettant de reconstituer et d’utiliser le code original lors du débogage », explique Mozilla.
Le source map c’est comme le livre de recettes de Claude Code
C’est un peu comme en cuisine. Le livre de recettes fait le lien entre le plat servi au client et les ingrédients bruts, avec la manière de les préparer et de les assembler. Le fichier .map fait la même chose entre le code source (non disponible) et le programme livrés aux utilisateurs. Comme un chef garde jalousement le détail de ses recettes, un développeur qui ne publie pas ses sources se doit de garder précieusement son source map.
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WhatsApp explique à TechCrunch avoir informé « environ 200 utilisateurs » d’iPhone, principalement en Italie, qu’ils avaient été manipulés pour installer une « fausse version malveillante » de l’application de messagerie contenant en réalité un logiciel espion :
« Nous les avons déconnectés, les avons avertis des risques pour leur vie privée et leur sécurité liés au téléchargement de faux clients non officiels, et les avons encouragés à le désinstaller et à télécharger l’application officielle WhatsApp. »
TechCrunch illustre son article avec une « capture d’écran de la notification envoyée par WhatsApp aux utilisateurs pour les inviter à télécharger l’application officielle », mais sans expliquer comment WhatsApp aurait réussi, ni à identifier les utilisateurs de la « fausse version malveillante » de l’application, ni à communiquer avec eux via cette dernière.
Capture d’écran de la notification envoyée par WhatsApp – TechCrunch
WhatsApp accuse le fabricant italien de logiciels espions SIO, qui précise sur son site travailler « en partenariat avec les forces de l’ordre, les organismes gouvernementaux, la police et les services de renseignement », d’être derrière cette opération.
L’an passé, TechCrunch avait déjà révélé que SIO était à l’origine d’une série d’applications Android malveillantes contenant son logiciel espion Spyrtacus, notamment de fausses versions de WhatsApp ainsi que de faux outils d’assistance client destinés aux opérateurs de téléphonie mobile.
L’utilisation d’applications frauduleuses contre des personnes placées sous surveillance est une tactique couramment employée par les autorités italiennes, souligne TechCrunch. Pour ce faire, elles sollicitent souvent la collaboration des opérateurs de téléphonie mobile, afin qu’ils envoient à leurs clients des liens de phishing vers un logiciel espion des forces de l’ordre.
SpaceX a déposé les documents préliminaires nécessaires auprès de la SEC, mais elle a choisi pour l’instant d’en garder les principales dispositions confidentielles. L’entreprise viserait une levée de fonds de l’ordre de 75 milliards de dollars, un montant sans précédent dans l’histoire.
SpaceX avance à pas feutrés, mais pressés, vers Wall Street. L’information n’a pas encore été rendue publique, mais elle est confirmée à Bloomberg par deux sources proches du dossier, selon qui l’entreprise spatiale d’Elon Musk a bien déposé les documents préliminaires auprès de l’US Securities and Exchange Commission (la SEC, gendarme états-unien de la bourse).
Une IPO réalisée en juin 2026
D’après Bloomberg, SpaceX viserait une introduction en bourse (IPO) aux alentours du mois de juin 2026, ce qui laisse donc à l’entreprise encore quelques semaines avant d’officiellement sortir du bois. Aux États-Unis, la loi Jobs Act autorise en effet une entreprise non cotée à procéder à un dépôt d’informations confidentielles pour ajuster son dossier en fonction des retours de la SEC et commencer les négociations avec les banques et autres établissements qui vendront la portion de capital ouverte aux marchés, sans pour autant exposer ses données financières à la concurrence.
Difficile toutefois de conserver le secret sur une opération pressentie comme la plus importante introduction boursière de tous les temps. SpaceX aurait en effet déjà démarché un large panel de banques, aux États-Unis, en Europe et en Asie, qui seront chargées de négocier avec les investisseurs institutionnels locaux d’éventuelles entrées au capital.
Le Financial Times évoque lui aussi une opération planifiée pour le mois de juin, mais les deux médias économiques avancent des hypothèses différentes en ce qui concerne la part de flottant (c’est-à-dire le volume d’actions proposées à l’échange direct sur les marchés boursiers). Le FT croit ainsi savoir que SpaceX se limiterait à 5 % de flottant, quand Bloomberg parle d’une proportion susceptible de monter à 30 % du capital de l’entreprise.
Au moins 75 milliards de dollars levés
D’après Reuters, SpaceX a déjà planifié une réunion sur son site texan avec les analystes financiers le 21 avril prochain, et prévoit dans la foulée d’organiser une visite du site de Memphis où sont installés les supercalculateurs de xAI, l’entreprise d’IA d’Elon Musk récemment fusionnée avec SpaceX, qui a déjà réuni 20 milliards de dollars en début d’année pour accélérer leur extension. Un webcast faisant office de communication vers le reste du monde serait également programmé au 4 mai.
SpaceX devrait logiquement présenter lors de ces événements les modalités de son IPO, le nombre d’actions mis en circulation et enfin le prix unitaire de ces actions au lancement. Depuis des mois, les commentateurs spéculent sur la valorisation et la levée de fonds qui en découleraient. Toutes les rumeurs convergent vers un objectif de 75 milliards de dollars de capitaux frais réunis par SpaceX, avec une valorisation qui se situerait aux alentours de 1 750 milliards de dollars. SpaceX éclipserait ainsi largement l’IPO de Saudi Aramco, et propulserait au passage la fortune personnelle d’Elon Musk (représentée par sa participation au capital de ses entreprises) vers de nouveaux records.
Le rapprochement entre SpaceX et X / xAI participerait de cette ambition, tout comme l’annonce du projet Terafab, qui en dépit de ses objectifs chiffrés démesurés, souligne bien la volonté d’Elon Musk de créer un continuum, le plus intégré possible, entre ses différentes entreprises. Reste à en conserver le contrôle. Sur ce point, SpaceX envisagerait une structure à double classe d’action (comme la plupart des grandes entreprises de la tech), qui confèrerait à son fondateur et principal actionnaire un pouvoir de contrôle important, voire la majorité des droits de vote.
Réagissant à l’arrivée du printemps, et donc au retour des pollens, un quarteron de sites d’infos « en tout ou partie générés par IA » du groupe Reworld Media ont relayé le fait qu’il serait « interdit » d’ouvrir ses fenêtres, pour se prémunir des allergies. Une information « hallucinée » par IA qui a depuis été reprise par des dizaines d’autres sites d’infos… eux aussi générés par IA.
Article mis à jour le 3 avril avec les précisions du rédacteur en chef de Presse-Citron
De façon très « putaclic », ces articles ne mentionnent la soi-disant « interdiction » que dans leurs seuls titres. Le premier se borne en effet à préciser que, « selon un article de La Chaîne Météo, ouvrir ses fenêtres pourrait devenir plus problématique qu’on ne le pense en cette saison, notamment pour une certaine partie de la population », sans pour autant mentionner le lien de l’article qu’il cite pourtant comme source.
Le second précise quant à lui qu’ « avec l’arrivée du printemps, les experts conseillent d’éviter de faire sécher son linge dehors aux heures les plus ensoleillées », sans que l’on comprenne donc pourquoi cela serait « interdit », comme l’indique le titre.
Là encore, l’article ne fournit pas le lien vers sa source, se contentant de la mention « selon un article du site Her ». Il pourrait s’agir d’une reprise « hallucinée » par IA générative (GenAI) d’un article paru deux jours plus tôt sur le site du magazine Elle (« Her », en anglais).
Intitulé « Allergies aux pollens : à quel moment ouvrir ses fenêtres sans aggraver ses symptômes ? », l’article de La Chaîne Météo, publié le 7 mars, expliquait certes que « lorsque les pollens envahissent l’atmosphère, ouvrir ses fenêtres peut aussi faire entrer les allergènes dans la maison », mais sans bien évidemment mentionner quelque « interdiction » que ce soit, ni que cela serait « dangereux ».
Il précisait que le matin, la rosée plaque les grains de pollen au sol, alors qu’a contrario, « les concentrations les plus élevées sont souvent observées entre 11 h et 16 h », ce pourquoi « les allergiques ont donc intérêt à éviter d’aérer à ce moment de la journée, surtout par temps chaud et sec ». En fin d’après-midi, lorsque la température baisse après le coucher du soleil, des « douches de pollens » les font retomber au sol entre 18 et 22 h, « il est donc préférable d’attendre plus tard dans la soirée pour ouvrir vos fenêtres ».
Maisons & Travaux, Melty et Pleine Vie font partie de la quinzaine des 80 sites web du groupe Reworld Media (qui se présente comme « le 1er groupe média thématique français, le 3e groupe média sur le web en audience ») que nous avons identifiés comme étant « en tout ou partie générés par IA».
Occasion de rappeler que Next a aussi développé et rendu publique une extension web (gratuite) pour les navigateurs basés sur Chrome et Firefox permettant à ses utilisateurs d’être alertés lorsqu’ils consultent un site d’infos « en tout ou partie générées par IA », et donc a priori « prompts » (!-) à relayer de telles « hallucinations » générées par IA.
« Pourquoi de plus en plus de mairies interdisent d’ouvrir les fenêtres »
L’article de Maisons & Travaux au sujet de cette soi-disant « interdiction » a depuis été repris par Biba et Presse-Citron. Si le premier appartient lui aussi au groupe Reworld, il ne fait pas partie de notre base de données de sites GenAI. Presse-Citron non plus, qui appartient quant à lui au groupe Keleops (01net, Journal du Geek, iPhon.fr).
À défaut de savoir s’ils avaient été « en tout ou partie générés par IA », les titres de ces deux articles ont depuis été (discrètement) modifiés de sorte d’en retirer le terme « interdit », indice laissant supposer que des êtres humains veillent potentiellement au grain, afin de corriger, a posteriori, ceux qui seraient fallacieux, voire mensongers.
Contacté, Romain Vitt, rédacteur en chef de Presse-Citron, reconnaît « des incohérences dans l’article », mais qui relèvent d’« erreurs humaines, et qui ne sont pas liées à l’utilisation de l’intelligence artificielle » : « nous avons une politique stricte, on utilise des outils, développés en interne, qui en aucun cas ne permettent de rédiger des contenus à la place des humains », précise-t-il.
Letribunaldunet.fr, dont l’article, qui mentionne lui aussi La Chaîne Météo comme source, était initialement intitulé « Fenêtres interdites 11 h-16 h en mars : la raison choque » (comme le démontre le titre de l’archive consultable sur la Wayback Machine) l’a quant à lui depuis retitré « C’est officiel : aérer votre maison à ce moment précis en mars peut vous envoyer aux urgences ». Il n’en fait pas moins partie, lui aussi, des sites d’infos que nous avons identifiés comme étant « en tout ou partie générés par IA ».
Des dizaines de sites d’info GenAI relaient l’info hallucinée de Maisons & Travaux
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À 14h58, l’influent musicien publie un premier tweet avec une capture d’écran du compte de Linh-Lan Dao, dans lequel il lui propose de jouer à « ni oui ni non ». Dans un deuxième, répondant à l’un de ses abonnés, il évoque à son sujet un « wok de légumes ». Dans un troisième, avec une autre photo de la journaliste, il interpelle le rédacteur en chef de la journaliste.
Illustration : Flock
Rapidement, les messages malveillants s’accumulent. Le 10 avril, la journaliste porte plainte pour cyberharcèlement et acte d’intimidation envers une personne chargée d’une mission de service public. Elle est arrêtée sept jours.
À la barre, rapporte La Revue des médias, Linh-Lan Dao rapporte les effets de cette campagne sur son travail, le fait qu’elle se sente « beaucoup moins sereine au moment de la publication », que sa productivité baisse, qu’elle s’efface de X.
Booba, lui, n’est pas présent. Lus par le président, ses mots racontent une personne qui recourt aux réseaux pour « s’exprimer et faire sa promo un peu comme tout le monde », réfutant être un « gourou ». La procureure rappelle que le rappeur était mis en examen pour d’autres faits de cyberharcèlement, contre l’agente d’influenceurs Magali Berdah, au moment des faits qui lui sont reprochés contre Linh-Lan Dao.
L’avocate de Linh-Lan Dao, elle, précise que la décision qui sera prise « intéresse au premier rang Booba, Linh-Lan Dao (…), mais aussi les journalistes ». Comme le rapportait Reporters sans Frontières dans un rapport de 2018, ou le journaliste Samuel Laurent dans son ouvrage J’ai vu naître le monstre (Les Arènes, 2021), les journalistes sont en effet régulièrement ciblés sur les réseaux sociaux, ce qui peut abimer leur capacité à informer correctement. Les femmes journalistes sont particulièrement visées, relèvent des travaux de l’UNESCO.
Les principales institutions de l’Union européenne ont interdit à leur personnel d’utiliser dans leurs communications officielles des vidéos et images générées par intelligence artificielle, révèle Politico.
Alors que le recours aux deepfakes en particulier et à l’intelligence artificielle en général fait l’objet d’une attention croissante, la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont en effet déclaré à Politico avoir mis en place des politiques interdisant à leurs équipes de presse d’utiliser des visuels entièrement générés par l’IA.
Une interdiction qui contraste fortement avec l’approche adoptée à Washington, où le président américain Donald Trump a fréquemment recours à du contenu généré par l’IA pour faire passer ses messages afin d’attirer l’attention, et faire parler de lui.
Le Poynter Institut, une ONG spécialisée dans la vérification des faits, avait calculé en octobre dernier que Donald Trump avait eu recours à l’intelligence artificielle dans 36 publications sur son compte Truth Social depuis son investiture. Parmi celles-ci figuraient une image le représentant en pape et une vidéo dans laquelle on le voyait jeter des excréments sur des manifestants.
Le compte Truth Social du président Donald Trump utilise principalement l’intelligence artificielle pour diffuser des images sensationnalistes le présentant comme un personnage divin, puissant ou intransigeant. (Captures d’écran faites par Poynter sur Truth Social)
Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, explique à Politico que la Commission avait pour objectif de « renforcer la confiance des citoyens » et que, pour cette raison, « l’authenticité » était une priorité dans ses communications.
Il précise cela dit que la Commission autorisait le recours à l’intelligence artificielle pour optimiser les séquences vidéo, par exemple afin d’améliorer la qualité de l’image.
Le Parlement européen a publié des lignes directrices à l’intention de son personnel concernant l’utilisation des outils d’IA générative, qui « insistent sur la nécessité de faire preuve de vigilance face aux risques inhérents », souligne le porte-parole.
Alexandre Archambault relève de son côté que ces déclarations interviennent alors que le compte X de la Commission européenne avait illustré dimanche dernier le lancement d’un programme censé accélérer l’innovation disruptive de la défense européenne avec une image générée par IA montrant un avion de chasse Soukhoï Su-27 russe. Un tweet qui a depuis été supprimé, comme l’avaient remarqué le journaliste Vincent Lamingeon et l’avocat @Collabblues.
Entre demandes record et tensions géopolitiques, les prix de la mémoire vive tutoient toujours des plus hauts historiques et la fondation Raspberry Pi vient d’acter, une fois de plus, le phénomène, en annonçant une hausse de prix assez significative sur la plupart de ses cartes et micro-ordinateurs.
Pour un Raspberry Pi 5 16 Go (déclinaison lancée en janvier 2025 à 120 dollars), la hausse de prix s’établit à 100 dollars, soit un quasi doublement. Pour les modèles les plus courants, les Raspberry Pi 4 et 5 équipés de 4 Go de mémoire vive, la hausse est fixée à 25 dollars.
La hausse appliquée sur les différents modèles est résumée dans le tableau ci-dessous, publié mercredi 1ᵉʳ avril par la fondation.
Hausse de prix des principales références Raspberry Pi annoncée le 1er avril 2026
Ces tarifs ont déjà été répercutés et même parfois accentués par les revendeurs officiels qui travaillent avec la fondation. Chez le français Kubii, un Pi 5 16 Go s’affiche désormais à 369 euros, contre 130,50 euros pour la version 4 Go et 51,60 euros pour le modèle de base à 1 Go. En plus des hausses, le revendeur Reichelt précise sur la page du Raspberry Pi 5 que, « en raison des pénuries d’approvisionnement et de prix de la mémoire accrue, ce produit est disponible en quantités limitées, avec un maximum de 10 unités par client ».
La fondation Raspberry Pi souligne elle aussi l’intérêt de privilégier les modèles les plus abordables, et invite de ce fait les utilisateurs à dimensionner correctement leurs besoins en mémoire vive. Elle annonce d’ailleurs à cette occasion le lancement d’une déclinaison 3 Go de son Raspberry Pi 4, affichée à 83,75 dollars.
Le Raspberry Pi 4 se décline maintenant en version 3 Go
« Nous avons pu maintenir le prix du Raspberry Pi 400 avec 4 Go de mémoire à 60 dollars, et celui des versions 1 Go et 2 Go des Raspberry Pi 4 et Raspberry Pi 5 entre 35 et 65 dollars. Ce sont des ordinateurs Raspberry Pi modernes, performants et polyvalents, proposés à des prix abordables », fait-elle valoir. Les produits plus anciens, équipés de DDR2, restent quant à eux à prix inchangé.
Une hausse de prix avait déjà été annoncée début février, tandis que le Raspberry Pi 4 a été mis à jour pour introduire une « Dual RAM variant » destinée à simplifier l’approvisionnement en autorisant l’intégration de deux puces mémoire au lieu d’une.
Artemis II a décollé, la capsule Orion et ses quatre membres d’équipage sont en orbite autour de la Terre. Dans quelques heures ils feront route vers la Lune, ensuite ils reviendront sur Terre. C’est la première fois depuis 50 ans que des humains vont faire le tour de notre satellite naturel.
Des humains autour de la Lune, après une « brève interruption de 54 ans »
Le lancement a bien eu lieu cette nuit à 00h35 heure française, sans encombre : « les astronautes de la mission Artemis II de la NASA sont en vol, se préparant pour le premier survol lunaire habité depuis plus de 50 ans », se félicite l’Agence spatiale américaine. D’humeur badine, le patron de l’Agence spatiale américaine (Jared Isaacman) parle d’une « brève interruption de 54 ans ».
Une fois dans l’espace, la fusée SLS a placé la capsule Orion en orbite. Cette dernière a déployé ses panneaux solaires afin de recevoir de l’énergie du Soleil. Quelques petits imprévus sont tout de même venus se joindre à la fête : « la communication avec les astronautes a brièvement été perdue, et les toilettes ne fonctionnent pas encore », explique l’AFP. Il y a évidemment une solution de secours pour les astronautes. Le vaisseau spatial devrait rester une journée en orbite afin de vérifier et tester les capacités de maniabilité d’Orion.
L’Europe rappelle sa présence : elle fournit le module de service
« Bien qu’aucun astronaute de l’ESA ne participe à ce vol, l’Agence spatiale européenne y est associée », rappelle Daniel Neuenschwander, directeur de l’exploration humaine et robotique à l’Agence spatiale européenne (ESA).
Cette dernière ajoute en effet que « l’Europe fournira l’énergie nécessaire à ce voyage grâce au module de service européen de l’ESA, qui est au cœur du système de propulsion du vaisseau spatial Orion. Ce module alimente les astronautes en air et en eau, fournit de l’électricité grâce à ses quatre panneaux solaires, contrôle la température du vaisseau spatial et assure la propulsion nécessaire aux manœuvres clés dans l’espace lointain ».
Trois types de moteurs sont présents sur le module. Le principal est allumé quand il faut des changements de vitesse importants, nécessaires pour envoyer Orion vers la Lune par exemple. « Il est assisté par huit moteurs auxiliaires, qui sont utilisés pour les corrections orbitales et servent de secours au moteur principal si nécessaire. Pour un contrôle précis, 24 moteurs plus petits, répartis en six modules, sont utilisés pour faire tourner et orienter le vaisseau spatial ». Ils sont utilisables individuellement ou en groupe, et « permettent à Orion d’ajuster sa position avec une précision exceptionnelle ».
Artemis I, II et III… puis IV et/ou V pour se poser sur la Lune
Avant Artemis II avec des astronautes à bord, la mission Artemis I était une répétition générale fin 2022. La capsule Orion avait fait deux tours autour de la Lune avant d’amerrir après un peu moins de trois semaines de voyage. La durée de la mission d’Artemis II est plus courte, une dizaine de jours, avec à son bord quatre astronautes : Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen. Les trois premiers sont de la NASA, le quatrième de l’Agence spatiale canadienne.
Après un petit tour autour de la Lune (sans tenter de se poser, ce qui n’arrivera pas avant Artemis IV), la capsule reviendra sur Terre, avec un amerissage dans l’océan Pacifique, au large des côtes californiennes. « Le module de service européen se séparera du module d’équipage Orion peu avant son amerrissage et se consumera sans danger dans l’atmosphère », explique l’ESA.
Nous avions, pour rappel, détaillé il y a déjà six ans le plan des missions Artemis, dont la première était alors prévue pour 2021 et Artemis II dont il est question aujourd’hui pour… 2022. Il y a quelques semaines, la NASA a revu ses plans : Artemis III ne se posera finalement pas sur la Lune.
La mission « effectuera un rendez-vous en orbite terrestre basse avec les atterrisseurs lunaires commerciaux. C’est-à-dire soit avec le Starship de SpaceX, soit avec le Blue Moon de Blue Origin, soit avec les deux », explique la Cité de l’espace.
Artemis III est prévu pour 2027 et le retour sur la Lune décalé à 2028 avec Artemis IV ou Artemis V car la NASA se réserve « deux opportunités de se poser sur la surface lunaire », précisent nos confrères. La NASA souhaite accélérer la cadence de production de SLS et arriver à une cadence de lancement d’environ dix mois. De cette manière, deux tentatives pourraient avoir lieu la même année.
La guerre des satellites aura bien lieu. D’après le Financial Times, Amazon a engagé des discussions portant sur l’acquisition de Globalstar, l’opérateur satellite qui fournit à Apple, depuis 2022, les appels d’urgence intégrés à ses téléphones et montres connectées. Les négociations se révéleraient toutefois particulièrement complexes d’après le quotidien économique, précisément à cause d’Apple.
La firme de Cupertino n’est en effet pas qu’un simple client : elle détient 20 % du capital de Globalstar depuis 2024. L’acquisition s’était faite pour 400 millions de dollars, et elle s’accompagnait d’une promesse d’investissement, à hauteur de 1,1 milliard de dollars, dans les capacités de Globalstar.
En échange, Apple obtenait une participation dans le réseau de Globalstar, mais aussi et surtout la promesse (formalisée dans les documents boursiers de l’époque) de disposer de 85 % de la capacité de l’opérateur pour assurer la qualité de service à destination de ses propres appareils.
Apple pourrait être la pomme de discorde de l’acquisition supposément en cours – illustration Flock
L’opération risque donc de se révéler doublement complexe. D’abord, parce qu’Apple cherchera logiquement à valoriser au maximum sa participation passive en cas de transaction. Ensuite, parce que l’entreprise cherchera à défendre l’engagement capacitaire pris par Globalstar lors de la signature de l’accord de 2024.
Pour Amazon, l’enjeu serait logiquement de renforcer sa constellation Leo (ex-Kuiper), concurrente de Starlink, qui vient d’ailleurs de remporter deux contrats avec les compagnies aériennes Delta Airlines et Jetblue, pour un accès à Internet en vol.
Aucune des parties prenantes n’a pour l’instant confirmé les discussions. La vente de Globalstar, fondée en 1991 et cotée à Wall Street, avait déjà été évoquée en octobre 2025 par Bloomberg, qui citait alors SpaceX comme acquéreur potentiel.
En attendant le dénouement, Globalstar fait l’objet d’une vive spéculation en bourse, et voit son cours atteindre des sommets sans précédent. L’entreprise est ainsi valorisée aux alentours de 9 milliards de dollars. Elle a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 273 millions de dollars.