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Muse Spark, le nouveau pari IA de Meta pour faire oublier Llama

9 avril 2026 à 08:36
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Muse Spark, le nouveau pari IA de Meta pour faire oublier Llama

Avec Muse Spark, son nouveau grand modèle de langage (LLM), Meta joue gros. Il s’agit non seulement de faire oublier l’échec de Llama, la précédente génération de LLM maison, mais aussi de justifier l’investissement maousse costaud dans le labo dédié à la « superintelligence ».

Llama 4, lancé il y a quasiment un an jour pour jour, n’a pas été le succès tant espéré par Mark Zuckerberg qui veut sa part du gâteau de l’IA générative. Pire encore, des soupçons de triche dans plusieurs benchmarks ont définitivement entaché la réputation du grand modèle de langage. Un affront pour le patron de Meta, qui digère toujours l’échec de sa stratégie du métavers.

Une muse pour le cerveau de Meta AI

Hauts les cœurs et les portefeuilles : loin de se laisser abattre par le flop de Llama, Meta a mis la main à la poche pour s’offrir la crème de la crème des spécialistes de l’IA. Débauchés dans toute l’industrie de la tech, ils ont à leur tête Alexandr Wang, l’ancien dirigeant de Scale AI, dont le géant des réseaux sociaux a pris le contrôle l’été dernier en échange de 14,3 milliards de dollars. Pour se transformer en place forte de l’IA, Meta a même laissé partir des vétérans, comme son directeur scientifique Yann LeCun.

Ces experts, regroupés au sein du « Meta Superintelligence Lab » (MSL), planchent sur la nouvelle marotte de Mark Zuckerberg, la « personal superintelligence ». Un concept pour le moins flou censé « aider l’humanité à accélérer sur la voie du progrès », expliquait le CEO dans un mémo. « Plus important encore, la superintelligence pourrait ouvrir une nouvelle ère d’émancipation individuelle, où chacun disposerait d’une plus grande liberté d’action pour améliorer le monde selon ses propres choix », poursuivait-il.

Les grands discours sont une chose, la réalité en est une autre. La première réalisation concrète du MSL est baptisée Spark, premier LLM de la nouvelle famille Muse dont l’ambition se limite, si on peut dire, à alimenter le moteur IA de l’assistant du groupe. Présent dans l’application mobile Meta AI et en ligne à l’adresse meta.ai – aux États-Unis pour commencer –, le modèle se veut résolument utile.

L’utilisateur de Meta AI pourra par exemple obtenir un itinéraire complet pour un voyage familial en Floride, avec l’aide des sous-agents de Muse Spark : le premier va établir le parcours, le second va comparer plusieurs lieux, un troisième s’occupe de trouver des activités pour les minots. 

Tant qu’on a la santé

Avec ses capacités multimodales, le modèle peut « lire » une image et donner des informations sur les objets présents. Voilà qui n’a rien de franchement révolutionnaire, la plupart des IA grand public offrant le même type de fonctionnalités.

Pour tirer son épingle du jeu, Meta met en avant un aspect singulier de la perception multimodale de Muse Spark : son utilité dans le domaine de la santé. Meta AI serait ainsi en mesure de répondre de manière détaillée à des questions de santé, « y compris pour certaines questions impliquant des images et des graphiques ».

Feriez-vous vraiment confiance à une IA pour calculer des calories ?

Le secteur de la santé a été investi par les grands acteurs de l’IA : Anthropic, OpenAI, Microsoft et Perplexity se sont tous lancés avec des déclinaisons « Health » de leurs chatbots. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il vaut mieux éviter de remplacer son médecin traitant par ces versions IA pour le moment…

Meta veut placer ses muses partout

Muse Spark se veut tout aussi doué pour générer de petits jeux que pour le lèche-vitrine virtuel ou trouver des adresses de lieux sympas à découvrir (gare aux hallucinations tout de même). Ce n’est que le début, prévient Meta : « Attendez-vous à des résultats plus riches et plus visuels, avec des Reels, des photos et des publications directement intégrés aux réponses, tout en créditant leurs créateurs ». L’AI slop a encore de beaux jours devant elle.

À terme, Muse Spark va se faire une petite place dans les autres produits et services de Meta : Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp ainsi que dans les lunettes connectées. L’entreprise compte aussi proposer son LLM à des tiers, mais au travers d’un « aperçu privé » sous la forme d’une API limitée à quelques partenaires triés sur le volet. Meta espère être en mesure d’ouvrir les futurs modèles Muse à l’open source. Google a pris ce virage avec Gemma4 annoncé la semaine dernière.

Ce premier modèle, qualifié de « petit et rapide », se décline en deux moutures, Instant pour les réponses rapides et Thinking quand il est nécessaire de se creuser un peu le ciboulot. Selon Meta, « les résultats sont sans équivoque : nous pouvons atteindre les mêmes performances avec un ordre de grandeur en moins [généralement cela fait référence à un rapport de 10x moins, ndlr] sur la puissance de calcul par rapport à notre modèle précédent, Llama 4 Maverick ». Un troisième mode, Contemplating, saura orchestrer plusieurs agents raisonnant en parallèle ; il sera déployé progressivement dans meta.ai.

Au vu des benchmarks fournis par Meta, le MSL a effectivement soigné les fonctions multimodales, Muse Spark surclassant la concurrence sur l’interprétation des images, des graphiques et des interfaces ; le contraire aurait été étonnant dans des benchmarks mis en avant par Meta.

C’est plus inégal sur les tâches de raisonnement pur (logique, maths), tandis que le modèle se débrouille plutôt bien en code, sans être leader incontestable. Il affiche également une vraie spécialisation dans le domaine de la santé. Meta admet des « gaps » de performance dans les systèmes agentiques et les flux de coding.

Sur le plan de la sécurité, Meta ne livre pas encore de rapport de sécurité complet, mais assure que Muse Spark adopte un comportement de refus « robuste » dans des domaines à haut risque (armes chimiques et biologiques). L’entreprise promet également que le modèle n’a pas présenté de capacités autonomes ni de « tendances dangereuses » qui lui permettraient de mettre en œuvre des scénarios de menace dans le domaine de la cybersécurité.

Muse Spark peut s’enorgueillir d’avoir décroché le plus haut niveau de « conscience de l’évaluation » observé à ce jour parmi les modèles testés par le labo indépendant Apollo Research. Mark Zuckerberg en est persuadé : les futurs modèles Muse permettront à Meta de créer des services qui ne se contentent pas de répondre aux questions, mais d’agir aussi comme des agents « capables d’effectuer des tâches à votre place ». Il se dit convaincu que ses LLM soutiendront « une vague de créativité, d’entrepreneuriat, de croissance et d’amélioration de la santé. »

MacBook Neo : un succès monstre qui complique la tâche d’Apple

9 avril 2026 à 06:46
Le juste prix, ou un prix trop juste ?
MacBook Neo : un succès monstre qui complique la tâche d’Apple

Avec son prix serré et une fiche technique solide, le MacBook Neo a, semble-t-il, trouvé son public. Sauf que maintenant, Apple doit composer avec le succès : le stock de puces s’épuise et les coûts grimpent en flèche.

Le MacBook Neo est une anomalie non seulement dans le catalogue d’Apple (qui s’attaque de front au marché de l’ordinateur portable d’entrée de gamme), mais aussi pour le reste de l’industrie. Cette machine à la fiche technique somme toute solide détonne en effet, au vu de l’explosion des prix de la mémoire. Et dans ce contexte, le constructeur parvient à la proposer à 699 euros… on a presque envie d’ajouter « seulement ».

Un problème de riche pour Apple

Pendant que les autres constructeurs se grattent la tête pour esquisser une alternative robuste au MacBook Neo, Apple serait maintenant confrontée à un problème de riche. La demande serait si forte que les stocks de l’ordinateur auraient fondu : sur l’Apple Store en ligne, il faut désormais attendre de 2 à 3 semaines avant de recevoir une commande. Mais produire de nouvelles unités n’est pas aussi simple que d’appuyer sur un bouton vert.

Pour réduire la facture des composants de son petit MacBook, Apple a pioché dans son large répertoire. Ainsi, la puce A18 Pro qui bat sous le capot de la machine n’est autre que la puce de l’iPhone 16 Pro de l’an dernier. Enfin, presque.

Le circuit graphique de la puce du MacBook Neo se contente en effet de 5 cœurs, contre 6 cœurs dans l’iPhone 16 Pro. Apple exploite ici une technique déjà mise en œuvre dans plusieurs autres de ses produits « bon marché » (tout est relatif) : le binning. Toutes les puces A18 Pro ne sont pas nées égales, il peut arriver à TSMC de produire des wafers présentant des défauts. Plutôt que de jeter les puces défectueuses, Apple les recycle dans d’autres appareils, ce qui est d’ailleurs une pratique commune dans toute l’industrie des processeurs.

Tim Culpan, un ancien de Bloomberg qui a manifestement conservé des sources au sein de la chaîne d’approvisionnement d’Apple, rapporte dans sa dernière newsletter que la commande initiale d’Apple auprès de Quanta et Foxconn était de 5 à 6 millions d’unités.

Le problème, c’est qu’avec une si forte demande, le stock de puces A18 Pro destinées au MacBook Neo serait au plus bas. L’A18 Pro de l’ordinateur est (ou était) fabriquée selon le node N3E (3 nm) de TSMC. Si Apple veut relancer la ligne de production de cette puce, il va falloir glisser un petit billet ou deux pour couper la file d’attente. C’est toujours possible, mais les marges du constructeur risquent d’y laisser quelques plumes. 

Apple peut également puiser dans les wafers prévus à l’origine pour d’autres appareils, mais la question du coût se pose là encore. L’A18 Pro du MacBook Neo n’est pas « gratuite », mais c’est du recyclage intelligent de silicium qui aurait sinon pu finir à la poubelle. Relancer une production est une toute autre affaire, ce d’autant qu’il faudrait désactiver un des cœurs GPU de ces puces pour que la fiche technique du portable reste dans les clous.

La question centrale du prix

À cela s’ajoutent d’autres coûts : les prix de la mémoire vive, le stockage SSD, et même de l’aluminium ne cessent de grimper. Apple a une puissance de feu telle qu’elle parvient à obtenir de ses fournisseurs des tarifs plus intéressants pour ces composants, mais il n’empêche qu’ils coûtent plus cher aujourd’hui qu’hier.

Pour s’en sortir sans trop grignoter ses précieuses marges, Apple peut toujours relever le prix du MacBook Neo. Mais ce serait contre-productif, car l’étiquette du portable est son principal atout, très mis en avant dans le marketing du groupe. L’entreprise peut aussi décider d’arrêter de vendre le modèle à 699 euros (256 Go) pour ne plus proposer que la version mieux équipée (512 Go et Touch ID) à 799 euros. Mais là encore, ça ferait perdre de l’intérêt à cette gamme pensée pour séduire les petits budgets.

La dernière échappatoire serait de faire le dos rond, d’accepter de perdre des ventes, et d’accélérer la production de la future génération du MacBook Neo. Selon Tim Culpan, Apple prépare un modèle équipé d’une puce A19 Pro, la même que celle des iPhone 17 Pro, qui intègre 12 Go de mémoire unifiée (contre 8 Go pour l’A18 Pro). Il s’attend à ce que le constructeur reprenne la même stratégie, en utilisant des A19 Pro contenant un GPU avec 5 cœurs actifs, au lieu de 6 habituellement. Ce nouveau modèle serait lancé l’année prochaine mais qui sait, peut-être qu’il faudra aller plus vite.

Microsoft a bloqué les comptes des développeurs de VeraCrypt, WireGuard et Windscribe

9 avril 2026 à 06:00
Les mises à jour restent au garage
Microsoft a bloqué les comptes des développeurs de VeraCrypt, WireGuard et Windscribe

Il y a quelque chose qui coince chez Microsoft. Les développeurs de VeraCrypt, WireGuard et Windscribe ont subi une suspension de leur compte, sans réelle explication de la part de l’éditeur. Résultat : impossible de livrer des mises à jour. La situation devrait heureusement se résoudre très bientôt, suite à l’intervention d’un vice-président de Microsoft.

Mise à jour, 10/04 — Tout finit par s’arranger pour le mieux. Mounir Idrassi, le développeur de VeraCrypt, nous a en effet informé que son accès au portail Microsoft Partner Center a été rétabli suite à l’intervention de Scott Hanselmann. C’est aussi le cas pour Windscribe et pour WireGuard.

Article original, 9/04 — Mauvaise surprise pour les développeurs du logiciel de chiffrement VeraCrypt et du protocole VPN WireGuard, deux applications open source. Visiblement sans crier gare, Microsoft a suspendu leur compte. « Microsoft a résilié le compte que j’utilisais depuis des années pour signer les pilotes Windows et le bootloader », déplore Mounir Idrassi, l’auteur de VeraCrypt.

Microsoft aux abonnés absents

Il n’a reçu « aucun email ni avertissement préalable », affirme-t-il dans un message sur SourceForge remontant au 30 mars. Contacté par Next, il indique simplement qu’il « doit donc y avoir une nouvelle politique chez Microsoft », mais il regrette amèrement le « manque de transparence et de communication de la part de Microsoft »

Même discours ce 8 avril chez Jason A. Donenfeld, créateur et animateur principal de WireGuard. « Un jour, je me connecte pour publier une mise à jour et là, catastrophe : compte suspendu», décrit-il sur le forum de Hacker News.

Dans les deux cas, les développeurs n’ont personne vers qui se tourner chez Microsoft. « Je n’ai obtenu que des réponses automatisées et des bots. Je n’ai pas réussi à joindre un interlocuteur humain », regrette Mounir Idrassi.

Conséquences directes : impossible de publier des mises à jour

Dans les deux cas, les conséquences sont identiques : impossible de publier des mises à jour, ce qui est particulièrement problématique en cas de faille de sécurité. « Imaginez qu’il y ait une faille critique d’exécution de code à distance dans WireGuard, exploitée activement, et que je doive mettre à jour immédiatement (c’est purement hypothétique, pas de panique !) », explique Jason A. Donenfeld. « Dans un cas comme celui-là, Microsoft me laisserait avec les mains entièrement liées. »

Pour VeraCrypt, les mises à jour pour Linux et macOS restent possibles, mais Windows est la plateforme utilisée par la majorité des utilisateurs. Cette suspension de compte est « un coup dur pour le projet », et elle a « des conséquences sur mon activité professionnelle quotidienne », indique son développeur. Il précise à TechCrunch que pour le moment l’utilitaire continue de fonctionner normalement, et qu’aucune faille de sécurité n’a été identifiée récemment.

Si la situation devait rester en l’état, les utilisateurs de VeraCrypt ayant activé le chiffrement de leur système d’exploitation risquent de rencontrer un vrai gros problème à partir de cet été, prévient Mounir Idrassi : « Microsoft va révoquer l’autorité de certification qui a été utilisée pour signer le bootloader de VeraCrypt ». 

Une nouvelle certification Microsoft est nécessaire pour que le bootloader puisse continuer de fonctionner, mais sans accès à son compte, le développeur ne pourra pas appliquer cette nouvelle signature. Résultat : le démarrage de Windows chiffré avec VeraCrypt sera impossible. C’est l’équivalent d’« une condamnation à mort ».

Enfin un signe de vie

VeraCrypt et WireGuard ne sont pas les deux seuls dans cette panade. Le service VPN Windscribe a lui aussi subi une suspension de son compte Microsoft (vérifié depuis plus de 8 ans, selon l’éditeur). Mais dans ce dernier cas, l’éditeur a donné un signe de vie. Scott Hanselmann, vice-président de Microsoft et membre de l’équipe technique GitHub, a en effet répondu sur X que le problème devrait être réparé « sous peu ». 

En plus de Windscribe, le dirigeant a contacté Jason A. Donenfeld et Mounir Idrassi, ce que le développeur de VeraCrypt a confirmé auprès de Next. Il attend désormais de voir la suite qui sera donnée à son dossier :

« Le principal problème reste toutefois le manque de transparence et de communication de la part de Microsoft. J’ai été choqué de lire dans la notification affichée sur mon compte qu’aucun recours n’était possible ! […] Il s’agissait simplement d’un problème de communication et de vérification [selon Scott Hanselmann], mais il devrait y avoir une communication claire pour avertir les auteurs de ce type de situation. »

On peut espérer que la situation se débloque pour tout le monde rapidement. Dans sa réponse à Windscribe, Scott Hanselmann pointe vers un billet de blog du Hardware Dev Center remontant au 1ᵉʳ octobre 2025. Microsoft y détaille une nouvelle exigence de vérification de compte pour tous les partenaires du programme matériel Windows qui n’auraient pas complété l’opération de vérification depuis avril 2024. Ce programme s’occupe aussi de la certification des pilotes logiciels.

Le processus de vérification devait être effectué sous les 30 jours, à compter du 16 octobre 2025. Microsoft a mis à jour le billet le 3 mars : la vérification des comptes pour le programme a pris fin. « Les comptes qui n’ont pas finalisé avec succès cette vérification et ont reçu un statut « rejeté » ont été suspendus du programme Windows Hardware, et les soumissions provenant de ces comptes ne sont plus autorisées », ajoute l’entreprise.

Microsoft : « Tout est en train d’être corrigé »

Windscribe ne décolère pas : « Nous essayons de résoudre cela depuis plus d’un mois, et nous n’avançons pas. Le support est inexistant. Quelqu’un connaît-il un humain avec un cerveau qui fonctionne encore chez Microsoft et qui pourrait aider ? ». Le bruit engendré par cette affaire fait bouger les choses.

Il y a quelques heures à peine, Windscribe affirmait que « certaines personnes bienveillantes chez Microsoft ont pris contact et apparemment, cela est en cours de résolution ». Cette nuit toujours, Scott Hanselman ajoute avoir parlé à Mounir Idrassi et Jason Donenfeld : « Tout est en train d’être corrigé pendant qu’on parle ».

Anthropic dévoile Mythos, son modèle d’IA chasseur de failles… réservé à certains

8 avril 2026 à 13:13
Anthropic entrouvre la boîte de Pandore
Anthropic dévoile Mythos, son modèle d’IA chasseur de failles… réservé à certains

Après plusieurs semaines de rumeurs, Anthropic a levé le voile sur Mythos, son nouveau modèle d’IA présenté comme ultra-puissant sur la cybersécurité, mais aussi ultra-verrouillé dans son usage puisque seule une poignée d’élus peuvent en profiter. Pas question (pour le moment ?) de le rendre accessible au grand public.

Mythos n’est plus mytho. Après la fuite d’un billet de blog aux faux airs de coup de com’, Anthropic a fini par officialiser Claude Mythos, sous la forme du projet Glasswing. L’annonce intervient alors qu’Anthropic fait face à une autre fuite – sur Claude Code cette fois-ci –, provenant encore d’une « erreur humaine » et qui alimente de nouveau les gros titres.

Du Mythos à la réalité, avec des partenaires triés sur le volet

Ce nouveau modèle IA, qui se veut plus finaud qu’Opus (le modèle jusqu’alors le plus puissant au catalogue de la start-up) a suscité pas mal de fantasmes : ses capacités poseraient une menace pour la sécurité en ligne, de l’aveu même d’Anthropic. Ce n’est pas la première fois que l’entreprise joue des coudes pour mettre en avant son modèle.

Le Mythos du jour serait tout simplement « trop puissant » pour une diffusion publique. Quoi qu’il en soit, l’entreprise a laissé planer le doute, trop heureuse sûrement de rouler des mécaniques, alors que l’introduction en bourse se profile à l’horizon et que la guerre avec OpenAI fait rage.

L’entreprise a donc fini par dévoiler son plan de match et surprise : il n’est pas question de laisser Mythos entre les mains de n’importe qui. Elle a préféré lancer une nouvelle initiative qui permettra aux heureux élus de sécuriser leurs logiciels grâce au nouveau modèle.

AWS (Amazon Web Services), Apple, Google, la fondation Linux, Microsoft, NVIDIA, Cisco, Broadcom et d’autres encore ont accès à un aperçu de Mythos au sein du « projet Glasswing », en référence aux papillons avec des « ailes de verre ».


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Départs, réorganisation, portrait de Sam Altman, entrée en bourse : ça patine chez OpenAI

8 avril 2026 à 08:13
Sam, celui qui conduit c’est celui qui…
Départs, réorganisation, portrait de Sam Altman, entrée en bourse : ça patine chez OpenAI

Il se passe toujours quelque chose chez OpenAI, à tel point que la start-up se donne parfois des allures de poulet sans tête. Pas très rassurant à quelques encablures d’une introduction en Bourse.

Les derniers jours ont été particulièrement turbulents chez OpenAI. En toute fin de semaine dernière, l’entreprise a ainsi annoncé une réorganisation de grande ampleur suite au congé maladie de Fidji Simo, « CEO des applications » et numéro 2 de la start-up, derrière Sam Altman.

En 2019, la Franco-Américaine a été diagnostiquée du syndrome de tachycardie orthostatique posturale. « Il est désormais clair que je suis allée un peu trop loin et que je dois vraiment essayer de nouvelles approches pour stabiliser ma santé », a-t-elle expliqué dans un mémo à ses équipes.

Retrait surprise de la numéro 2 d’OpenAI

Embauchée par le créateur de ChatGPT en mai 2025, elle occupait un poste complètement inédit au sein du groupe : directrice générale en charge des applications. L’ancienne vice-présidente de Facebook, devenue par la suite CEO d’Instacart, a poussé une stratégie de recentrage d’OpenAI et de ses précieuses ressources vers la génération de code et les services aux entreprises afin de mieux concurrencer Anthropic. La fermeture de Sora, le générateur de vidéos IA, et la suspension du développement du « mode adulte » de ChatGPT, participent à cette réorientation.

Fidji Simo voudrait aussi créer une « superapp » regroupant ChatGPT, Codex et le navigateur Atlas. En son absence forcée, ce projet ira-t-il à son terme ? Il est en tout cas entre les mains de Greg Bockman, le président d’OpenAI, qui prend cette superapp sous son aile. Brad Lightcap, le directeur des opérations, s’occupera des « projets spéciaux ». Fidji Simo était montée au créneau il y a encore quelques jours seulement pour expliquer le rachat de la chaîne tech TBPN (Technology Business Programming Network) par OpenAI.

Dans la foulée, la directrice marketing Kate Rouch a décidé de se retirer temporairement pour se consacrer à son rétablissement après un cancer. Elle occupait ce poste depuis un an et demi. Elle assurera la transition avec son remplaçant et « espère revenir dans un rôle différent à l’avenir si [sa] santé le lui permet ».

L’ombre de l’IPO

Ce bouleversement dans l’organigramme tombe à un moment délicat pour OpenAI, qui vient de boucler un tour de table à hauteur de 122 milliards de dollars, et qui s’apprêterait à se lancer à Wall Street cette année… Du moins si la direction de l’entreprise parvient à s’entendre sur cette question !

Le site The Information rapporte en effet les frictions entre la directrice financière Sarah Friar et le grand patron Sam Altman concernant le calendrier de l’introduction en bourse (IPO). Les procédures à mettre en place, le travail encore à accomplir en matière d’organisation, et les risques liés aux engagements de dépenses (notamment pour les équipements en serveurs) pourraient mettre à mal l’opération en 2026.

Bizarrement, la directrice financière relevait depuis août dernier non pas du directeur général Sam Altman, comme c’est généralement l’usage, mais… de Fidji Simo, qui vient donc de partir en congé maladie. Un vrai sac de nœuds !

Sur le strict plan financier, OpenAI aurait aussi prévenu les investisseurs que la marge brute réalisée en 2025 était inférieure aux prévisions. Elle a été grignotée par l’achat en urgence de capacités de calcul supplémentaires pour faire face à une demande plus forte que prévu. Sarah Friar s’inquiéterait également de la croissance des revenus, qui tournerait au ralenti.

Sam Altman se fait (encore) tirer le portrait

Le tableau ne serait pas complet sans le portrait de Sam Altman publié ce week-end par The New Yorker. À travers de nombreux témoignages et mémos internes, il dépeint un dirigeant habile, obsédé par la gagne, et qui entretiendrait un rapport, disons, très souple à la vérité.

Sam Altman en prend pour son grade. « Tu dois comprendre que Sam ne peut jamais être digne de confiance […] C’est un sociopathe. Il ferait n’importe quoi », aurait affirmé Aaron Swartz, informaticien, militant politique et hacktiviste américain qui s’est suicidé en janvier 2013. Le terme sociopathe a été utilisé spontanément par d’autres personnes, notamment du conseil d’administration d’OpenAI, expliquent nos confrères.

« Il n’a que faire de la vérité » et n’hésiterait pas à « déformer, trafiquer, renégocier et renier des accords », selon une source. Il posséderait, selon une autre source de chez Microsoft citée par nos confrères, deux traits de caractère que l’on ne retrouve généralement pas chez une seule personne : « un fort désir de plaire aux autres, d’être apprécié dans toutes ses interactions [et] un manque de préoccupation, presque sociopathique, des conséquences que pourrait entraîner le fait de duper quelqu’un ».

L’année dernière, Sam Altman était déjà au cœur de l’attention des médias avec les « OpenAI Files », une collection de documents regroupant de nombreux témoignages, notamment d’anciens employés de l’entreprise. Le portrait n’était pas flatteur. Des cadres supérieurs des trois entreprises qu’il a dirigées ont tenté de le démettre de ses fonctions. Son comportement chez Y Combinator aurait été qualifié de « trompeur et chaotique », avec en plus des accusations d’absentéisme et de course à l’enrichissement personnel. Il aurait menti et cherché à semer la zizanie dans le conseil d’administration… n’en jetez plus.

Le dévoilement de ces coulisses et la réorganisation de la direction au plus haut niveau pourraient-ils faire capoter l’IPO d’OpenAI ? Sans doute pas, les intérêts sont trop élevés, d’autant qu’Anthropic aussi se joint à la fête avec la volonté d’une entrée en bourse cette année. Mais ces remous confirment à tout le moins qu’au-delà de la figure publique de Sam Altman, la gouvernance de l’entreprise reste fragile.

☕️ Votre PC tient-il la route ? Steam pourrait donner la réponse avec une estimation des FPS

8 avril 2026 à 06:46


Quel joueur ne s’est pas réveillé en pleine nuit, de la sueur glacée perlant à grosses gouttes sur le visage et dans le dos, en se demandant si tel jeu allait tourner correctement sur son PC ? Il faut dire que les outils à leur disposition sont limités : ils peuvent toujours se référer aux configurations recommandées par l’éditeur, mais souvent cela revient à croiser les doigts dans l’espoir que tout tourne au mieux !

Steam pourrait bien leur faciliter la vie. La dernière bêta du client de la boutique contient des références à un « estimateur de framerate » qui fonctionnerait de la manière suivante : soit en renseignant la configuration matérielle du PC (CPU, GPU, RAM), soit en laissant le logiciel fouiller tout seul pour obtenir ces informations.

© dex3108

Après avoir sélectionné un jeu, Steam serait en mesure de retourner une estimation du nombre d’images par seconde que l’on devrait obtenir sur sa machine. Sur PC, la boutique Xbox offre un outil assez proche, mais elle se contente de dire comment tel jeu fonctionnera sur l’ordinateur, en restant vague. Sur Steam, il s’agira d’obtenir une donnée chiffrée.

Depuis le mois de février, le client Steam en bêta invite tous ceux qui laissent un avis sur la page d’un jeu à inclure automatiquement les caractéristiques matérielles de leur machine. Ils peuvent également autoriser la collecte de données (anonymisées) sur la fréquence d’images. C’est aussi le cas depuis la mise à jour de la version stable de SteamOS pour le Steam Deck qui remonte au 9 mars.

Valve précise que la fonction « est actuellement en version bêta et se concentre sur les appareils fonctionnant sous SteamOS », mais comme on le voit l’éditeur semble voir plus large que les seuls appareils de son écosystème. Il est vrai cependant que c’est plus facile de commencer par SteamOS, où le parc matériel se restreint à une poignée de consoles portables. La console de salon Steam Machine est toujours dans les limbes…

Le framerate ne fait pas tout, et on attend de voir si l’outil de Steam inclura des variations de FPS en fonction de la résolution du jeu et des paramètres de qualité sélectionnés. Le principe reste intéressant, ne serait-ce que pour avoir une idée un peu plus claire des performances à attendre. À voir si cette fonctionnalité arrivera en version finale et, si c’est le cas, sous quelle forme elle sera proposée

Y a-t-il trop de Copilot dans l’avion ?

8 avril 2026 à 06:01
L'heure de pointe dans le cockpit
Y a-t-il trop de Copilot dans l’avion ?

Trop de copilotes tuent-ils le Copilot ? C’est la question soulevée par un spécialiste de l’IA qui a dénombré des dizaines de versions différentes de Copilot chez Microsoft. L’éditeur en met partout, à toutes les sauces.

Sorti de Copilot, point de salut chez Microsoft. L’éditeur a la fâcheuse habitude de nommer bizarrement ses logiciels et services ; son IA ne fait pas exception. La course à l’IA générative l’a ainsi poussé à coller l’étiquette Copilot sur un peu tout et n’importe quoi.

Pour le commun des mortels, Copilot évoque un chatbot ou un bouton mystérieux dans une application. Pour Microsoft, c’est une marque à insérer au chausse-pied partout où c’est possible : on travaille dans Microsoft 365 Copilot, avec le mode Copilot du navigateur Edge qui affiche GitHub Copilot, le tout, bien sûr, sur un PC Copilot+ (dont le clavier comprend… une touche Copilot).

Des Copilot dans tous les sens

Cette boulimie presque incontrôlable a été mesurée par Key Bannerman, spécialiste IA, qui s’est amusé à cartographier les différents Copilot. Il en a compté 78, et deux de plus se sont ajoutés depuis : Gaming Copilot (une IA pour l’aide en jeu sur PC et les consoles Xbox), et Microsoft Dragon Copilot, un assistant IA pour le secteur de la santé. Sans oublier Copilot Health annoncé en mars.

La carte donne le vertige :

© Key Bannerman

Copilot existe sous la forme de chatbots, d’applications de bureau, de plateformes pour les entreprises, d’outils pour développeurs, d’apps dans d’autres apps, dans des logiciels professionnels ou encore dans le matériel (la fameuse touche Copilot des Copilot+PC). Il existe même un Microsoft Copilot Studio pour créer d’autres Copilot !

Pour Key Bannerman, chaque équipe en interne doit prouver « qu’elle fait partie de l’histoire de l’IA », au risque sinon de se dissoudre dans le grand rien. Renommer tout et n’importe quoi Copilot ne serait qu’« un instinct de survie ».

L’IA générative a allumé la mèche d’une course à l’échalote entre les grands noms de la tech. Google aussi a tendance à apposer l’étiquette Gemini un peu partout. Mais, chez Microsoft, l’inflation de Copilot donne surtout l’impression que personne n’est au manche de l’avion — ou plutôt si : 80 copilotes.

De l’IA au chausse-pied

Reste à savoir à quoi sert tout ce petit monde. Un changement discret, réalisé en octobre dans les conditions d’utilisation de Copilot, a rebondi sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Microsoft y explique — en gras et bien visible — que « Copilot est uniquement destiné à des fins de divertissement […] Ne vous fiez pas à Copilot pour obtenir des conseils importants. » Un message qui contraste avec le discours de l’entreprise, promouvant une IA « utile » pour les utilisateurs comme pour les entreprises.

Microsoft prévoit toutefois de modifier prochainement les termes et conditions de Copilot. « La formulation “à des fins de divertissement” est un héritage de l’époque où Copilot a été lancé comme un service d’accompagnement à la recherche dans Bing », a expliqué un représentant du groupe à PCMag. Une formulation qui ne reflète plus la manière dont l’IA est désormais utilisée. Ça va mieux en le disant.

C’est une manière pour l’éditeur de rappeler que son IA générative peut faire des erreurs. Un message plus ou moins similaire se trouve chez d’autres. Anthropic par exemple rappelle que « Claude est une IA et peut faire des erreurs », de même chez OpenAI avec ChatGPT qui peut aussi « commettre des erreurs ».

Trop de Copilot tue-t-il le Copilot ? Microsoft avait reçu un accueil glacial en fin d’année dernière, lors de la présentation d’une vision d’un Windows « agentique ». À tel point que l’éditeur a annoncé une réduction de la voilure des fonctions IA dans le système d’exploitation.

En mars, lors de l’annonce de changements en profondeur pour Windows 11, Microsoft laissait entendre que les intégrations inutiles de Copilot allaient disparaitre, à commencer par Capture et croquis, Photos, Widgets et Bloc-notes.

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