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SFR active par défaut sa « navigation protégée » basée sur un filtrage DNS

1 juillet 2026 à 14:55
Puisqu'on te dit que c'est pour ton bien
SFR active par défaut sa « navigation protégée » basée sur un filtrage DNS

SFR communique en direction de ses clients pour annoncer la mise en place d’un nouveau service de « navigation protégée », censé bloquer l’accès aux sites problématiques. Il prend la forme d’un filtrage DNS, opéré à partir des données d’un prestataire français, EfficientIP, en passe d’être racheté par un fonds américain. Le dispositif est activé par défaut, alors même que l’opérateur ne donne aucune information précise sur son fonctionnement.

Annoncé par voie de communiqué de presse le 2 juin dernier (PDF), « SFR Navigation Protégée » est un nouveau service offert par l’opérateur au carré rouge à tous ses clients fibre, SFR ou Red by SFR. Il est présenté comme une « solution de protection intégrée, automatique et efficace directement au niveau du réseau » qui permet de bloquer de façon préventive l’accès aux sites frauduleux ou dangereux, dès lors que l’internaute surfe par l’intermédiaire de sa box.

Un filtrage DNS en forme de boîte noire

Depuis quelques jours, SFR communique plus directement auprès de ses clients fibre pour les informer de l’intégration de ce service à leur forfait. « Avec SFR Navigation Protégée, vous naviguez plus sereinement. Les sites dangereux identifiés par notre partenaire EfficientIP sont automatiquement bloqués et vous en êtes averti en temps réel. Vous n’avez rien à faire : pas d’installation, pas de réglage, le service est inclus et activé automatiquement », écrit l’opérateur dans un email dédié, expédié fin juin.

Les sites considérés comme frauduleux ou dangereux sont bloqués et le navigateur affiche un écran dédié – crédit SFR

EfficientIP, fondée en 2004 et installée en région parisienne, se présente comme un spécialiste de la gestion des aspects liés au DNS (qui traduit les adresses IP en noms de domaine), au DHCP (qui attribue les adresses IP au sein d’un réseau) et à l’IPAM (gestion des adresses IP). Outre une plateforme de gestion centralisée de ces différents aspects, la société vend plusieurs briques spécialisées, destinées notamment à la sécurité des réseaux télécom d’entreprise.

L’une d’elles, baptisée DNS Threat Pulse, prend justement la forme d’une liste de domaines malveillants que le client peut intégrer à ses propres serveurs DNS pour en bloquer préventivement l’accès. D’autres font appel à un moteur d’inspection, à l’image de DNS Guardian, qui tourne sur le serveur DNS et fait de l’inspection de trafic en temps réel pour, par exemple, détecter une tentative d’exfiltration de données.

Dans le lot, quelle est la solution mise en œuvre par SFR ? S’il insiste sur la simplicité inhérente à cette protection, l’opérateur ne donne aucun détail technique dans son email. La question n’est cependant pas triviale dans la mesure où le service est activé par défaut pour tous les clients, sans qu’ils aient à en faire la demande.

Son communiqué de début juin se veut légèrement plus disert : « Fort de plus de 10 ans d’expérience, EfficientIP s’appuie sur l’Intelligence Artificielle pour fournir à SFR une base de données de menaces constamment mise à jour et enrichie par la collecte et l’analyse de données à l’échelle d’Internet, assurant ainsi une défense de pointe contre les menaces émergentes ».

Présenté de la sorte, le service ressemble à une liste opérée par SFR au niveau de ses propres serveurs DNS, mais impossible de l’affirmer de façon catégorique. Contacté pour vérification, le FAI n’a pas répondu à nos questions.

Une protection activée par défaut chez tous les clients fibre

L’une des pages de FAQ de la marque Red by SFR accrédite la thèse d’un simple filtrage DNS. Elle explique en effet que l’on peut désactiver SFR Navigation Protégée « en paramétrant le service DNS tiers de son choix » au niveau de l’interface d’administration de sa box. La mesure ne sera cependant valable que de façon limitée. « En cas de désactivation, le service SFR Navigation Protégée sera réactiver [sic] lors de la prochaine réinitialisation de votre RED Box Fibre », indique en effet l’opérateur.

Pour procéder à une désactivation définitive, il n’y a pas d’autre choix que de formuler une demande explicite. « Le filtrage est actif par défaut sur votre ligne. Vous pouvez demander son retrait à tout moment auprès de notre Service Client », précise la FAQ hébergée cette fois sur le site principal SFR. Elle précise au passage que son filtrage « ne bloque pas l’accès aux sites illégaux (exemple : peer-to-peer) ».

Complaisamment relayée dans les médias en ligne début juin, l’annonce de ce nouveau service a tout de même fait quelques mécontents, comme cet internaute très remonté parce que sa box lui coupe l’accès à des sites « d’opinion en géopolitique » d’obédience pro-russe.

Plusieurs lecteurs de Next nous ont également signalé l’email reçu de leur opérateur, en s’émouvant que ce dernier s’arroge, même si c’est via un intermédiaire technique, une forme de contrôle sur les sites qu’ils visitent. Dans le lot, certains ont fait remonter l’information selon laquelle « l’entreprise française » sur laquelle s’appuie SFR n’était plus tout à fait française. Comme l’a révélé l’Informé mi-avril, EfficientIP vient en effet d’être racheté par un fonds californien, Francisco Partners.

Rappelons que les internautes qui souhaitent se protéger des sites malveillants sans en déléguer la gestion à leur opérateur peuvent tout à fait mettre en place leur propre filtrage DNS, en s’appuyant par exemple sur les listes proposées par DNS4EU, celles-là même que Free met en œuvre dans l’offre mVPN intégrée à ses forfaits mobiles.

Dans l’ombre de Mythos et Fable ressuscités, la Chine progresse rapidement

1 juillet 2026 à 14:01
La vie trouve toujours un chemin
Dans l’ombre de Mythos et Fable ressuscités, la Chine progresse rapidement

Anthropic l’a annoncé le 30 juin : Mythos 5 est de retour et Fable 5 à partir de ce 1ᵉʳ juillet. L’entreprise s’explique dans un billet, mais elle a perdu un temps précieux face à la Chine et ses modèles à poids ouvert. L’image d’Anthropic est également entachée par des rumeurs de surveillance d’utilisateurs chinois.

Petit rappel des faits sur les dernières semaines. Le 9 juin 2026, Anthropic lance Claude Fable 5 (version publique de son architecture Mythos, avec garde-fous). Mythos 5 (version sans ces garde-fous) reste soumis à un accès via son programme Glasswing, réservé à des organisations vérifiées.

Trois jours plus tard, le 12 juin, le Département du Commerce, par l’intermédiaire du secrétaire Howard Lutnick, envoie à Anthropic une directive de contrôle des exportations exigeant la suspension de tout accès à Fable 5 et Mythos 5 pour tout ressortissant étranger, où qu’il se trouve dans le monde, y compris les employés étrangers d’Anthropic. Techniquement incapable de filtrer les utilisateurs par nationalité en temps réel, Anthropic coupe l’accès aux deux modèles pour l’ensemble de ses clients, sur Claude.ai, l’API, AWS Bedrock, Google Cloud et Microsoft Foundry.

Le 26 juin, le gouvernement autorise le rétablissement de Mythos 5 pour environ 100 organisations vérifiées, centrées sur les infrastructures critiques et la cyberdéfense. Fable 5, la version grand public, reste hors service. Désormais, les modèles sont de retour, dans la même situation qu’avant le blocage imposé par Washington. Anthropic a cependant perdu un temps précieux et la situation reste floue.

Une relation complexe avec la Maison-Blanche

Les raisons qui ont poussé la Maison-Blanche ne sont pas entièrement claires aujourd’hui. Selon le propre billet d’Anthropic, la lettre reçue ne fournissait pas de détails précis sur la préoccupation de sécurité nationale, mais l’entreprise a compris que le gouvernement avait eu connaissance d’une méthode permettant de contourner, ou de « jailbreaker », Fable 5. Ce qui revenait presque à dire que l’on pouvait obtenir Mythos facilement. La technique en question consistait, selon Anthropic, à demander au modèle de lire une base de code spécifique et d’en corriger les failles logicielles.

Bien que certaines rumeurs aient évoqué un modèle si puissant qu’il avait fait tomber les défenses de la NSA, il est difficile d’établir le sérieux de ces bruits de couloir. Anthropic, dans tous les cas, a vigoureusement contesté la proportionnalité de la mesure. L’entreprise a ainsi affirmé que le niveau de capacité démontré était largement disponible chez d’autres fournisseurs, y compris GPT-5.5 d’OpenAI. En outre, les tests menés avant le lancement, pendant des milliers d’heures avec le gouvernement américain, l’AISI britannique et des tiers, n’avaient identifié aucun jailbreak universel.

Pour Anthropic, cela revient à dire qu’un contournement spécifique et non-universel, permettant d’obtenir dans un cas précis des informations de type « recherche de vulnérabilité », a suffi à déclencher le retrait mondial de deux modèles commerciaux déployés auprès de centaines de millions d’utilisateurs.


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La Californie taxera-t-elle ses milliardaires (de la tech) ?

1 juillet 2026 à 13:32
Taxer les riches ?
La Californie taxera-t-elle ses milliardaires (de la tech) ?

En novembre, la population californienne devra voter sur un projet de taxation de ses milliardaires. Retour sur les enjeux.

La Californie adoptera-t-elle une taxe sur le patrimoine des milliardaires ? Portée par le syndicat du personnel de santé, le Service Employees International Union-United Healthcare Workers West (SEIU-UHW), la proposition prévoit de prélever 5 % d’impôt sur le patrimoine de tous les résidents de l’État au 1er janvier 2026 détenteurs de plus d’un milliard de dollars de patrimoine.

Quand bien même ce projet ne concerne que cet État précis, l’idée, elle, est devenue un sujet de débat à l’échelle nationale, en amont des élections de mi-mandat prévues en novembre aux États-Unis.

Alors qu’elle a largement dépassé le nombre de signatures nécessaires pour être soumise au vote de la population californienne, et serait selon certains sondages soutenue par 54 % de la population locale, elle rencontre une opposition croissante des principaux concernés. L’industrie de la tech et celle des cryptoactifs emploient désormais une partie de leur fortune à allumer des contre-feux.

Une taxe ponctuelle après la baisse des dépenses de santé

Tel qu’il est dessiné, le projet est pour le moment temporaire. Si elle est acceptée, la loi californienne sur l’imposition des milliardaires prélèverait donc 5 % de la fortune des milliardaires locaux. Le but : financer les programmes de santé, d’éducation et d’aide alimentaire de l’État, singulièrement éprouvé par la « belle loi unique » (« One Big Beautiful Bill Act ») de Donald Trump. Adopté le 5 juillet 2025, ce texte a notamment réduit les dépenses fédérales en matière de santé.

Auprès du Guardian, la directrice du SEIU-UHW indique que le projet de taxation des plus riches était une réponse directe à cette évolution législative, et qu’il visait à rétablir un déséquilibre existant selon lequel les « travailleurs normaux paient un taux effectif d’impôt plus élevé que les états-uniens les plus riches ». Au total, la Californie comptait au 1ᵉʳ janvier environ 200 foyers à la fortune supérieure au milliard de dollars.

Un an plus tôt, la joint venture Silicon Valley constatait que le seul berceau de l’industrie technologique, la Silicon Valley, comptait de son côté neuf milliardaires détenant 15 fois plus de liquidités que la moitié de la population de la zone. Parmi eux : Mark Zuckerberg, fondateur de Meta, Larry Page et Sergey Brin, fondateurs de Google, Jan Koum, cofondateur de WhatsApp, Jensen Huang, patron de NVIDIA, ou Laurene Powell Jobs, philanthrope et veuve du fondateur d’Apple. Le think tank qualifiait la situation de propice à « l’instabilité » et « la révolte ». Depuis, l’essentiel des acteurs de la tech a encore accru sa fortune à la faveur de l’expansion de l’industrie de l’intelligence artificielle.

Si la taxe était appliquée, elle pourrait rapporter 100 milliards de dollars, calculent ses promoteurs.

Sergey Brin et Chris Larsen vent debout

Pour la directrice du SEIU-UHW, « demander à ceux qui ont le plus profité de l’économie de contribuer plus – en particulier à stabiliser le système de santé, qui est menacé – en est une étape raisonnable ». Les grandes fortunes locales, elles, ne l’entendent pas de cette oreille.

Depuis le début des travaux pour collecter du soutien à la mesure, nombre d’entre eux ont reproduit le schéma éprouvé lors de la campagne présidentielle précédente, en versant des millions de dollars à des comités d’action politique (PAC).

Principaux financeurs de cette opposition, Sergey Brin a versé au moins 82 millions de dollars dans des travaux d’opposition à cette taxe, et le crypto-milliardaire Chris Larsen, au moins 13,2 millions de dollars. Derrière eux, le cofondateur de Palantir Peter Thiel, l’ex PDG de Google Eric Schmidt, le PDG de Doordash TonyXu, celui de Stripe Patrick Collision et plusieurs capitaux-risques ont aussi mis la main à la poche, liste le Guardian.

En quelques semaines, cela leur a permis de faire émerger deux contre-propositions de loi qui seront, elles aussi, soumises au vote en novembre. Avec le risque de confondre les électeurs lorsqu’ils seront face aux trois propositions de texte.

La forme de la réforme contestée plus largement

En dehors de ces magnats qui luttent pour préserver leur propre fortune, plusieurs organisations s’opposent aussi à la proposition de taxation du SEIU-UHW. L’association des enseignants californiens, des groupes de l’industrie de la construction, et d’autres du domaine de la santé, dont l’affiliation californienne du planning familial, critiquent la manière dont elle est écrite. Ils regrettent, notamment, que la proposition d’imposition ne permette aucun financement de long terme : si la loi passe, la taxe ne serait prélevée qu’une fois, à raison d’1% par an sur cinq ans.

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, est lui aussi au nombre des opposants. Il affirme que cette nouvelle imposition fera fuir les milliardaires de Californie. L’argument est fréquent, lorsque les questions d’imposition des hautes fortunes occupent le débat public. En France, où il est cité autour des projets de taxe sur les ultra-riches, dite taxe Zucman, les faits tendent pourtant à l’infirmer. De même, en Suède, qui a appliqué un impôt sur la fortune pendant près d’un siècle avant de le supprimer en 2007, l’évolution de ces taxations n’a eu qu’un effet infime sur la migration des plus riches.

Deux Français ont d’ailleurs participé à l’élaboration de la proposition du SEIU-UHW : les économistes Gabriel Zucman et Emmanuel Saez, spécialistes des questions de taxation des hauts patrimoines.

Sony met fin aux supports physiques pour les jeux PlayStation à partir de janvier 2028

1 juillet 2026 à 12:52
Les boutiques JV vont devoir vendre beaucoup de figurines pour survivre
Sony met fin aux supports physiques pour les jeux PlayStation à partir de janvier 2028

Sony a annoncé mercredi 1ᵉʳ juillet que les jeux PlayStation ne seraient plus distribués sur des supports physiques à compter de janvier 2028. Après cette date, les jeux ne seront donc disponibles qu’en version numérique, que ce soit sur le PlayStation Store ou les revendeurs tiers.

Que restera-t-il aux boutiques de jeux vidéo et à la grande distribution spécialisée ? Sony a scellé mercredi le sort des supports physiques pour tout ce qui touche aux consoles PlayStation, avec une date de fin fixée à janvier 2028.

Une « suite logique » selon Sony

« Face à l’évolution constante des préférences des consommateurs et du secteur du divertissement, qui délaissent les disques physiques au profit du numérique, la production de disques pour tous les nouveaux jeux sur consoles PlayStation sera arrêtée à partir de janvier 2028, écrit le groupe. Après cette date, les nouveaux jeux seront disponibles uniquement en format numérique sur le PlayStation Store et chez les revendeurs ».

PlayStation précise que cette décision ne concerne pas les jeux déjà sortis ou à paraître avant janvier 2028, et la justifie par l’évolution des habitudes de consommation. « Cette transition nous permettra de mieux répondre aux préférences de notre communauté en matière d’accès et de jeu », affirme Sony, qui prend soin de mentionner qu’il restera possible d’acheter les jeux « chez les revendeurs », en parallèle des services de son PlayStation Store.

Les détaillants en seront-ils réduits à distribuer de simples boîtes de jeu contenant un code de téléchargement ? C’est en tout cas le chemin qu’a dessiné Rockstar avec son très attendu GTA VI, qui tire lui aussi un trait sur le disque Blu-ray physique dès sa sortie sur console (PS5 et Xbox Series S/X) prévue le 19 novembre prochain.

« Cette évolution est une suite logique pour Sony Interactive Entertainment, qui s’adapte aux tendances de consommation, la préférence générale pour les supports numériques dépassant largement celle pour les disques physiques », justifie une nouvelle fois Sony, qui s’apprête donc à catalyser encore le phénomène.

Les supports physiques console pèsent 7 % du marché du jeu vidéo en France

En France, le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) remarquait justement dans son rapport 2025, publié en avril dernier (PDF), que la galette à insérer dans sa console n’avait pas dit son dernier mot. « Si les ventes physiques sont en recul, à l’image des autres marchés européens, la France se distingue toujours par le dynamisme de son réseau de distribution et l’attachement de ses joueurs au format physique », faisait valoir son président, James Rebours.

Dans ce même rapport, le SELL estimait que les ventes de « software physique console », c’est-à-dire les jeux vendus par l’intermédiaire d’un disque, représentaient encore 7 % d’un marché global annuel du jeu vidéo estimé à 5,8 milliards d’euros. Chez Sony, les téléchargements ont pesé pour 78 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 sur le dernier exercice fiscal de Sony, clos le 31 mars dernier (PDF).

Le jeu vidéo console sur support physique représente 7 % du marché total du jeu vidéo français en 2025, contre 18 % pour les jeux dématérialisés – source rapport annuel du SELL, capture d’écran Next

Outre la question de l’impact sur le commerce en boutique, le passage au tout numérique soulève également la question de la revente des jeux dématérialisés, mais aussi celle de la conservation, à plus forte raison quand l’actualité récente montre que Sony peut supprimer à distance un catalogue de films pour des raisons de droits expirés

☕️ Des scientifiques harcelés sur X après avoir alerté sur l’obstruction climatique

1 juillet 2026 à 10:02


Depuis quelques jours, le climatologue Christophe Cassou et l’économiste du climat Vincent Viguié sont pris à partie sur les réseaux sociaux.

Leurs torts ? Avoir souligné l’urgence de s’adapter au changement climatique, et les problèmes que le déni climatique posait en la matière. Ou, avoir souligné que le débat sur la climatisation faisait, précisément, partie des stratégies d’obstruction à l’adaptation : si ces outils peuvent constituer des solutions temporaires, ils ne permettent en rien de répondre à l’ampleur des évolutions nécessaires pour s’adapter au contexte climatique, et encore moins pour aller vers une réduction des émissions de CO2.

Dans le cas de Christophe Cassou, l’extrait d’interview diffusé par BFM sur X n’intègre pas la nuance que le climatologue lui-même ajoute à ses propos un peu plus tard dans l’entretien (après avoir expliqué que les débats sur la climatisation relèvent de l’« enfumage », qui empêche d’« aborder les vraies questions », il admet que, pour autant, hôpitaux, écoles et divers autres établissements gagneraient à s’en équiper).

Illustration : Flock

Pour avoir détaillé ces faits scientifiques, relève le média BonPote, les deux hommes se retrouvent pris à partie par des internautes, des journalistes et des représentants politiques. Sur X, c’est par exemple le cas de François de Rugy (Les Républicains, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire, 76 000 followers) ou Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement National, député, 107 000 followers).

Ce genre de violence numérique n’a rien de neuf, en particulier sur cette plateforme où les communautés climatosceptiques sont actives depuis longtemps. Après le rachat de la plateforme par Elon Musk et la fin de ses pratiques de modération historiques, quantité de scientifiques et de défenseurs de l’environnement avaient fui la plateforme pour se protéger de la violence qui les y visait.

Pendant la semaine de canicule, ce genre de violence en ligne avait déjà visé de nombreux profils travaillant de près ou de loin sur les questions environnementales, en particulier des journalistes météo et d’autres climatologues.

Comme le souligne BonPote, il s’agit aussi, pour certains partis, de détourner l’attention de leurs actions en matière d’environnement : plus les partis sont positionnés à droite sur l’échiquier politique, plus ils ont voté de textes en faveur de la consommation d’énergies fossiles sur l’exercice parlementaire 2022 - 2025.

La présence de journalistes, comme la rédactrice en chef du service société du Point Géraldine Woessner (114 000 followers), parmi les internautes qui prennent à partie Christophe Cassou, interroge aussi sur le rôle des médias dans l’épisode.

Dans une récente tribune parue dans Le Monde, le journaliste Sylvestre Huet souligne ainsi que les médias, comme les représentants politiques (et dans une certaine mesure, les citoyens eux-mêmes) gagneraient à faire leur autocritique de manière urgente s’ils veulent réussir à expliquer pourquoi la mésinformation climatique continue de proliférer, y compris sous 40 °C.

Microsoft lance ses conteneurs WSL (Linux) en préversion

1 juillet 2026 à 08:32
C'est contre-naturaaaaaaan
Microsoft lance ses conteneurs WSL (Linux) en préversion

Durant sa conférence Build 2026, Microsoft a présenté « WSL container », une intégration native de gestion de conteneurs Linux dans WSL (Windows Subsystem for Linux). L’outil est désormais disponible en préversion, avec une version finale prévue pour l’automne.

L’objectif est de fournir un moyen intégré – et prêt pour l’entreprise – de créer, exécuter et gérer des conteneurs Linux sur Windows, sans nécessiter d’outillage tiers supplémentaire. La préversion publique est disponible depuis ce 29 juin. On peut la récupérer via la commande « wsl --update --pre-release » ou en la téléchargeant directement depuis GitHub, en version 2.9.3.

Pour le CLI et les applications

La fonction se déploie à travers deux composants. Le CLI d’abord (wslc.exe), via un nouveau binaire ajouté au PATH lors de la mise à jour. Il permet de gérer l’intégralité du flux de travail pour le développement de conteneurs Linux, avec exécution, débogage, tests et autres. Ensuite, une API conteneurs, via un paquet NuGet qui permet aux applications Windows natives d’utiliser des conteneurs Linux dans leur logique. Les langages C, C++ et C# sont pris en charge. Cette API s’intègre aussi avec MSBuild et CMake, permettant d’automatiser le build/déploiement de conteneurs dans le pipeline.

L’arrivée de cette fonction provoque également d’autres changements. Par exemple, le plugin Microsoft Defender for Endpoints (MDE) est mis à jour pour couvrir aussi les événements de conteneurs Linux, via une nouvelle version en préversion privée. Dans Intune, on trouve de nouveaux paramètres de gestion permettant de contrôler l’usage des distributions et conteneurs WSL. Signalons encore le support de wslc dans Visual Studio Code Dev Containers, pour l’instant en préversion 0.462.0. On peut l’activer en modifiant le paramètre « Docker Path » vers « wslc ».

Un nouveau système de fichiers

Plusieurs évolutions techniques importantes sont aussi de la partie. La plus significative est sans doute virtiofs, un nouveau système de fichiers par défaut qui rend l’accès aux fichiers Windows deux fois plus rapide, selon Microsoft. Il est pour l’instant limité aux conteneurs WSL, mais devrait être répercuté plus tard dans tout WSL.

Autre ajout majeur : un nouveau mode réseau. Baptisé « Consomme », il permet de relayer le trafic réseau Linux à travers Windows pour que les applications Linux bénéficient du même environnement réseau, des mêmes politiques de sécurité et des mêmes intégrations entreprise que les applications Windows. Enfin, Microsoft évoque de meilleures techniques de libération progressive de la mémoire vers l’hôte Windows « quand elle n’est pas utilisée par la machine virtuelle Linux ».

La disponibilité en version finale est fixée à l’automne 2026, donc dans quelques mois. Microsoft précise dans son billet de blog que des outils tiers existants comme Docker Desktop, Podman Desktop et Rancher Desktop, qui s’appuient sur WSL, « bénéficieront de tous de ces changements de plateforme de bas niveau ».

« Stop Killing Games » refuse le game over pour les jeux en fin de vie

1 juillet 2026 à 07:10
1-Up pour les vieux jeux
« Stop Killing Games » refuse le game over pour les jeux en fin de vie

Signée par plus d’un million d’Européens, la pétition « Stop Killing Games » a débouché sur une réponse a minima de la part de la Commission européenne : un code de conduite non contraignant pour l’industrie du jeu vidéo. Insuffisant, pour le représentant français de l’initiative citoyenne interrogé par Next.

Les jeux en fin de vie doivent-ils réellement mourir pour de bon… et laisser sur le carreau les joueurs qui les ont pourtant dûment achetés ? La question est d’autant plus importante que les jeux dépendent de plus en plus d’une connexion à des serveurs, y compris les jeux proposant une expérience solo. Contrairement aux titres hors ligne jouables à volonté (pour peu que le matériel soit compatible, ce qui est un autre problème), les jeux connectés peuvent être « débranchés » du jour au lendemain par les éditeurs.

The Crew droit dans le mur

En dehors de la problématique de la préservation des jeux vidéo, le point de vue consumériste est donc lui aussi parfaitement légitime. Il s’est exprimé fortement au travers de la pétition lancée par le mouvement « Stop Killing Games », créé en 2024 par Ross Scott, youtubeur américain et activiste de la préservation des jeux. Une initiative née en réponse à la fermeture, en mars 2024, des serveurs de The Crew, la simulation de course éditée par Ubisoft.

La pétition à l’échelle de l’Europe a atteint le million de signatures en juillet 2025, une mobilisation suffisamment importante pour que la Commission européenne soit officiellement saisie du sujet. La réponse de Bruxelles, publiée le 15 juin dernier, n’a pas été à la hauteur des attentes : il n’y aura pas de législation, mais un code de conduite va être élaboré avec l’industrie.

Cette décision est décevante aussi bien pour le collectif « Stop Killing Games » que pour les joueurs ayant signé la pétition citoyenne. Elle n’en était pas moins attendue. « C’est malheureusement ce à quoi nous nous attendions de la part de la Commission européenne », explique Brendan Fourdan, l’organisateur français de l’Initiative Citoyenne Européenne « Stop Destroying Videogames ».


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Claude Sonnet 5 : plus agentique, plus malin et bientôt plus cher

1 juillet 2026 à 06:02
Un Sonnet, pas une Fable
Claude Sonnet 5 : plus agentique, plus malin et bientôt plus cher

Anthropic a dévoilé une mise à jour importante pour son modèle « milieu de gamme » Sonnet, désormais proposé en version 5. Il gagne en capacités agentiques et il est proposé avec un rabais jusqu’à la fin de l’été.

Anthropic décline ses différents modèles en trois familles principales : Haiku, le plus rapide et le plus économique ; Sonnet, le polyvalent qui vise le meilleur compromis prix/vitesse/intelligence ; et Opus, le haut de gamme et donc, le plus cher. Le labo IA a également lancé Mythos, son modèle expérimental le plus avancé, dont la version « grand public », Fable, a été temporairement bloquée par l’administration Trump jusqu’au 30 juin (on y reviendra dans un autre article).

En attendant que Fable puisse faire l’objet d’un déploiement commercial à plus grande échelle, Anthropic a entrepris d’améliorer Sonnet qui passe de la version 4.6 à la 5 directement, probablement pour se caler sur la nomenclature des nouveaux modèles. Sonnet 5 est censé mieux gérer les tâches dites « agentiques » : planifier une suite d’actions, utiliser un navigateur, manipuler un terminal, écrire ou corriger du code, vérifier son propre travail, poursuivre une tâche sans s’arrêter trop tôt.

L’entreprise affirme que cette nouvelle version de Sonnet réduit l’écart avec Opus 4.8, le modèle supérieur actuel. Ce dernier se montre toujours plus performant que son petit frère comme le montrent les benchmarks d’Anthropic, que ce soit sur le code agentique (63,2 % sur SWE-bench Pro, contre 69,2 % pour Opus 4.8 par exemple). Cela n’en reste pas moins un gain substantiel par rapport à Sonnet 4.6, sur tous les plans.

Un rabais estival avant la douloureuse

Anthropic insiste beaucoup sur la partie prix : Sonnet 5 revient à 3 dollars par million de tokens en entrée et 15 $/M en sortie. C’est le même tarif que Sonnet 4.6, mais il y a un mais. Le modèle reprend le tokenizer inauguré par Opus 4.7 qui fait consommer davantage de tokens au modèle. Anthropic admet que Sonnet 5 peut brûler jusqu’à 35 % de tokens supplémentaires pour un même texte.

Résultat : utiliser le nouveau modèle Sonnet va coûter plus cher. Pour faire passer la pilule, Anthropic offre généreusement un rabais sur le token (2 $/M en entrée, 10 $/M en sortie), mais… jusqu’au 31 août. Opus 4.8 est toujours le plus onéreux, à 5 $/M en entrée, et 25 $/M en sortie.

Sur le plan de la sécurité, Anthropic affirme que les hallucinations de Sonnet 5 sont moins fréquentes. Le modèle est aussi présenté comme plus résistant que Sonnet 4.6 aux injections de prompts et à certaines requêtes malveillantes. La société reconnait néanmoins que sur certains tests de comportement indésirable, Opus 4.8 lui reste supérieur, tout comme (évidemment, pourrait-on dire) Mythos Preview.

Puisqu’on parle du champion toutes catégories de la cybersécurité, restons encore un peu sur le sujet. Sonnet 5 n’a pas été entraîné pour ce genre de tâches, il est donc beaucoup moins capable qu’Opus 4.8 ou Mythos 5. Anthropic l’a doté de garde-fous activés par défaut, mais qui restent moins stricts que ceux de Fable 5. « [Sonnet 5] peut effectuer certaines tâches de cybersécurité courantes et non nuisibles », explique l’entreprise, mais ses performances en matière de développement d’outils exploitant des vulnérabilités sont « largement inférieures » à celles des deux modèles hauts de gamme.

Sonnet 5 devient le modèle par défaut pour les utilisateurs gratuits et les abonnés Pro. Il est aussi disponible pour les clients Max, Team et Enterprise, ainsi que dans Claude Code et pour l’API.

☕️ Apple veut sauver sa commission App Store devant la Cour suprême

1 juillet 2026 à 05:37


Ce n’est plus une saga, c’est une telenovela. Après avoir essuyé plusieurs refus de la part de la Cour suprême, Apple a fini par obtenir de la plus haute juridiction états-unienne l’examen d’une partie sensible du dossier Epic Games. En l’occurrence, la sanction pour violation d’une injonction judiciaire.

Illustration : Flock

La Cour suprême a donc accepté d’entendre l’appel d’Apple lors de sa prochaine session (elle débutera au mois d’octobre). Les juges vont examiner si les juridictions inférieures sont allées trop loin (PDF). On parle ici de la décision remontant à l’an dernier. La juge Yvonne Gonzalez Rogers, en charge de l’affaire Epic vs Apple, avait estimé que le constructeur avait enfreint une injonction imposée suite au procès entre les deux entreprises.

Apple a en effet l’obligation de laisser les développeurs mettre dans leurs applications des liens vers des moyens de paiement externes. Le groupe s’est exécuté, mais en se faisant tirer l’oreille en imposant une commission à hauteur de 27 % sur les achats effectués en dehors de l’App Store, dans les sept jours suivant un clic depuis l’app. Epic estimait que cela contournait complètement l’esprit de l’injonction : ce qu’Apple perdait d’un côté (sa dîme habituelle de 30 %), elle le récupérait de l’autre.

En décembre dernier, la juge s’était rangée du côté du plaignant en considérant qu’Apple n’avait pas respecté une décision de justice. La cour d’appel du 9e circuit – la juridiction directement inférieure à la Cour suprême – avait confirmé cette conclusion, tout en laissant Apple revenir devant Yvonne Gonzalez Rogers pour discuter du montant de la commission sur ces paiements externes.

Apple a rarement eu de chance devant la Cour suprême, mais cette fois, l’entreprise est parvenue à décrocher un examen. La Cour ne se penchera toutefois que sur la première question posée par Apple : une entreprise peut-elle être déclarée en violation d’une injonction pour en avoir enfreint « l’esprit », alors que le texte de cette injonction ne mentionne pas explicitement le comportement reproché ?

Apple avait deux arguments à faire entendre. Le premier est le seul retenu par la Cour (sur l’infraction supposée de l’injonction). Le second, qui portait sur la portée très large de cette injonction au-delà du seul cas Epic, reste en arrière-plan.

Par ailleurs, « les régulateurs du monde entier suivent cette affaire afin de déterminer quel taux de commission Apple peut appliquer aux achats concernés sur d’immenses marchés hors des États-Unis », a affirmé le constructeur dans un mémoire remis à la Cour suprême. Si la juridiction confirme les précédentes décisions judiciaires, Apple aurait beaucoup moins de marge pour réduire à quasi-néant l’attractivité des paiements externes sur le marché américain.

☕️ Google coupe le robinet des GIF Tenor

1 juillet 2026 à 05:09


Les GIF animés proposés dans Google Images, Google Messages et le clavier Gboard (sur mobile) proviennent de Tenor, une plateforme achetée en 2018 par le géant du web. Le moteur de recherche n’avait pas complètement verrouillé le service : une API permettait d’intégrer des images du catalogue de Tenor dans d’autres services en ligne, comme Twitter, Discord et d’autres.

Malheureusement, les bonnes choses ont une fin. L’API Tenor a été débranchée ce mardi 30 juin. Google refuse désormais les nouvelles inscriptions aux clés API et les nouvelles intégrations. Depuis hier, tous les contrats de distribution d’API sont résiliés, les intégrations actuelles qui utilisent l’interface de programmation sont hors service.

Capture d’écran Tenor

Les requêtes API provenant de sites web et de services en ligne n’ayant pas trouvé de solution de remplacement échouent, avec un message d’erreur en lieu et place de l’image animée. Les utilisateurs de ces plateformes ne peuvent plus y trouver d’images Tenor pour les partager ou les sauvegarder. Il faudra se rendre directement sur Tenor et utiliser les outils d’intégration maison.

ArsTechnica rapporte que Twitter a migré aux alentours de mi-juin. Discord, WhatsApp et Bluesky ont de leur côté choisi Klipy comme fournisseur de GIF. Ce qui est plutôt ironique quand on y pense : Klipy a en effet été cofondé par Frank Nawabi, le créateur de Tenor – la plateforme compte d’ailleurs parmi ses investisseurs un certain… Google, qui a mis au pot durant le dernier tour de table de la startup le 17 juin.

Google avait prévenu en janvier des changements à venir pour Tenor, « dans le cadre de nos efforts continus pour concentrer nos ressources sur l’amélioration de nos produits principaux ». Il est vrai que le mastodonte de la pub en ligne et de l’IA, qui n’a jamais vraiment su rentabiliser Tenor, est au bord de la faillite. Quoi qu’il en soit, le glas symbolique a sonné : Tenor API vient de rejoindre le cimetière de Google.

Mémoire et stockage : jusqu’à x5 sur les prix en 18 mois

30 juin 2026 à 15:56
J’a du stock ! (Ho wait, c’est surtout de la DDR3 :o)
Mémoire et stockage : jusqu’à x5 sur les prix en 18 mois

On parle souvent des hausses de prix sur les composants, mais savez-vous à quel point elle est importante ? Nous suivons depuis 18 mois les prix d’une quarantaine de composants chez deux revendeurs. Sur la mémoire, ils sont multipliés par quatre en moyenne selon nos relevés, par deux sur les SSD et les HDD. Les processeurs s’en tirent généralement bien pour le moment.

Depuis fin 2024, le prix de la mémoire est en hausse, à cause d’une demande toujours plus forte de GPU pour l’intelligence artificielle générative. Les GPU intègrent une quantité croissante de mémoire pour prendre en charge des modèles toujours plus grands (et donc performants), raflant ainsi une grosse partie de la mise. Une pénurie s’installe rapidement car la production des trois principaux fabricants de puces – Micron, Samsung et SK hynix – est aspirée de toutes parts.

Les hausses de prix ne concernent pas que les composants, les produits finis en pâtissent aussi. Preuve en est avec les hausses régulières sur le Raspberry Pi, les VPS chez les hébergeurs et plus récemment Apple… qui n’y va pas avec le dos de la cuillère.

Mais quelle est précisément cette hausse ? Le prix de certains kits de mémoire vive a été multiplié par cinq ! Le lot de deux Patriot Viper Xtreme 5 DDR5 de 16 Go (soit 32 Go) est ainsi passé de 105 à 520 euros, excusez du peu.

Sur la mémoire, les prix sont parfois multipliés par cinq !

En moyenne, selon nos relevés, la hausse sur la mémoire est de plus de 300 %, soit des prix multipliés par plus de quatre. Alors qu’une barrette de 8 Go de DDR4 était vendue 20 euros fin 2024, elle est passée à 40 euros pendant l’été 2025, 85 euros au début de l’année, elle est désormais proposée à 90 euros.

Dans le tableau et le graphique ci-dessous, nous avons regroupé les prix d’une douzaine de kits de DDR4 et DDR5, relevés par nos soins sur des produits en stock (ou avec une date de livraison annoncée relativement proche). Il est en effet important de comparer des prix sur des produits que l’on peut réellement commander.

Par rapport à notre précédente actualité en janvier, quelques produits n’étaient plus disponibles, ce qui explique l’absence de prix pour le relevé de cette semaine.


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☕️ Apple tente de colmater les fuites autour de l’iPhone 18 Pro

30 juin 2026 à 15:48


Le vol de données subi par Tata Electronics se transforme en cauchemar pour Apple. Les documents confidentiels concernant les appareils du constructeur, tout particulièrement l’iPhone 18 Pro, ont dépassé les frontières du « dark web » pour se retrouver un peu partout sur internet. Au grand dam d’Apple.

L’entreprise californienne ferait ainsi la chasse très active aux fuites de Tata. Le sous-traitant indien, victime d’une cyberattaque il y a quelques semaines, s’est fait dérober de nombreux documents et fichiers confidentiels appartenant à ses clients, dont Tesla et Apple.

Le groupe de pirates qui serait à l’origine du vol de données, World Leaks, aurait mis en ligne plus de 200 000 fichiers sur le dark web. Dont des listes de composants et des photos de l’iPhone 18 Pro qui se sont retrouvées en accès libre ici et là sur Internet, comme le révèle Reuters. Des clips partagés sur X montrent une vidéo de ce qui est présenté comme l’iPhone 18 Pro soumis à un test de chute.

Les publications ont depuis été supprimés, sans qu’on sache si la demande venait d’Apple ou de Tata. Un fuiteur bien connu du milieu, Ice Universe, assure que le constructeur aurait « interdit les fuites sur Twitter ». Un de ses messages republiant les images a justement été retiré de X. L’internet n’oubliant jamais, ces documents sont visibles ailleurs, et il ne faut pas fouiller très longtemps : une simple recherche sur Reddit devrait étancher la soif des plus curieux.

Les images en question, qui remontent au début d’année, semblent indiquer que l’iPhone 18 Pro ressemblera beaucoup à son prédécesseur. Le smartphone, de couleur grise, en reprend le design industriel en plus uniforme (un seul ton de couleur), ainsi que le fameux plateau à l’arrière intégrant les trois capteurs photo. On trouve également des images de la carte mère, de la batterie, des capteurs photo, et de ce qui devrait être la puce A20 Pro (fabriquée par TSMC et a priori gravée avec le procédé 2 nm).

Pour Apple, ces documents en (quasi) libre-service sur internet sont susceptibles de ruiner le lancement de la nouvelle gamme d’iPhone 18 Pro cet automne. Une mauvaise nouvelle, après l’annonce de la hausse vertigineuse des prix de ses appareils la semaine dernière.

☕️ Voici LinuxMD, un Linux pour… la Mega Drive

30 juin 2026 à 15:05


Ce n’est pas une plaisanterie : le développeur Daniel Palmer propose sur GitHub une distribution visant la Mega Drive, la vénérable console que Sega avait lancé dans nos contrées en 1990 (aussi commercialisée sous le nom Genesis aux États-Unis). Elle avait alors provoqué un séisme vidéoludique, l’entreprise ayant coupé l’herbe sous le pied de Nintendo avec sa propre console 16 bits, la SNES.

L’information peut tellement surprendre que sur le dépôt, son auteur répond « non » à la question « Est-ce une blague ? ». Il précise que pour utiliser ce système, il est nécessaire d’avoir une Mega Drive (on s’en serait douté), la cartouche EverDrive qui permet de charger d’autres contenus sur la console, un câble USB pour relier l’EverDrive au PC et… « du temps à perdre », ajoute l’auteur.

Au sujet de l’émulation, c’est plus compliqué. L’auteur estime que LinuxMD ne fonctionnera « probablement pas » sur un émulateur classique, car plusieurs composants de l’EverDrive y seraient absents. En revanche, il fournit un fork de QEMU qui peut « émuler suffisamment » la Mega Drive et l’EverDrive pour fonctionner. En revanche, la sensation ne sera pas la même, prévient-il, car « QEMU émule le CPU beaucoup trop rapidement ».

De nombreuses instructions sont données, le concept étant clairement destiné à un public très niche d’enthousiastes ayant encore ce genre de matériel à disposition.

Derrière Shein et Temu, NordVPN, roi des sponsos tech sur les réseaux sociaux

30 juin 2026 à 14:12
preroll, midroll, postroll
Derrière Shein et Temu, NordVPN, roi des sponsos tech sur les réseaux sociaux

Avec son nouvel Observatoire des pratiques de l’influence, l’association Paye ton influence éclaire les pratiques publicitaires des marques de grande consommation. Que ce soit en matière de partenariats avec des influenceurs ou de publications sponsorisées, les géants de l’ultra fast-fashion Shein et Temu inondent TikTok, Instagram et YouTube.

Pour qui les créatrices et créateurs de contenu en ligne font-ils de la publicité ? Dans 16 % des cas, pour des marques de mode, dans 17 % des cas, pour des marques de beauté. La technologie arrive en troisième position (11,5 % des publicités), suivie par l’alimentation (11,3 %).

Deux des dix marques qui ont le plus de partenariats avec des influenceurs sont des marques à impact sociaux et écologiques « jugés négatifs », indique l’Observatoire des pratiques de l’influence : Temu et Shein. Ces enseignes correspondent aux « marques aux impacts négatifs avérés, comme la fast-fashion, les industries fossiles, etc », explique à Next Amélie Deloche, cofondatrice de l’association Paye ton Influence.

Dans l’analyse menée avec l’aide de l’ONG Data for Good, ce type de marques représente 10 % du panel de 1 308 enseignes repérées. Elles totalisent en revanche 18 % des publications sponsorisées étudiées. L’enjeu d’autant plus important que l’ensemble des internautes s’informe désormais plus via les plateformes, notamment sociales, que via les sites web ou applications de média. C’est donc là qu’ils sont le plus exposés à des publicités, en particulier lorsqu’ils ont entre 18 et 24 ans. En effet, dans cette tranche d’âge, plus d’une personne sur deux (52 %) déclare consommer son information sur les réseaux sociaux et plateformes de vidéos.

Lutter contre les impacts environnementaux de la consommation.

Créé en décembre 2021, Paye ton influence veut « provoquer le réveil écologique du secteur de l’influence et responsabiliser ses acteurs ». En pratique, il s’agit de dénoncer « les imaginaires à rebours des enjeux environnementaux popularisés par les influenceurs : surconsommation, partenariats avec des entités responsables d’impacts écologiques et sociaux importants, mise en avant de lobbies », indique l’association sur sa page Tipeee.


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La France abandonne sa taxe sur les petits colis, l’Union européenne prend le relais

30 juin 2026 à 13:40
3 € par colis, et plus si affinités
La France abandonne sa taxe sur les petits colis, l’Union européenne prend le relais

À partir du mercredi 1ᵉʳ juillet, les « petits colis » provenant de Chine ou d’ailleurs vont coûter plus cher. Une taxe de 3 euros va en effet s’appliquer sur les colis d’un montant d’une valeur inférieure à 150 euros entrant dans l’Union européenne. Il s’agit d’une mesure temporaire, qui prendra fin dans deux ans.

L’exemption dite « de minimis », un dispositif qui exonère les envois de faible valeur de certains droits et taxes, va temporairement disparaitre pour les colis entrants dans l’Union européenne à partir du 1ᵉʳ juillet. Ce droit de douane sera de 3 euros sur les fameux petits colis (d’une valeur de moins de 150 euros) commandés auprès de fournisseurs situés en dehors de l’UE.

La mesure européenne va remplacer la taxe française de 2 euros mise en place début mars et qui s’est révélée être un fiasco sur toute la ligne. Pour échapper à cette dîme, les plateformes acheminent leurs marchandises non plus vers la France, mais en Belgique ou aux Pays-Bas où une telle taxe nationale n’existe pas…

« Comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe petits colis », a expliqué le cabinet de Serge Papin, ministre du Commerce, à France Info. Ne restera donc, à partir de demain, que la taxe européenne.

Les plateformes de commerce en ligne et les consommateurs ne sont pas au bout de leurs peines. Car d’ici le mois de novembre, des frais de traitement européen doivent également s’appliquer, ce qui occasionnera un surcoût de 2 euros par colis. Dans les situations les plus simples, la taxe et les frais représenteront donc 5 euros.

La France voulait aller plus vite que la musique et s’est finalement brûlée les ailes. L’Hexagone espérait récolter 500 millions d’euros, or le rendement serait de 2,3 millions d’euros par mois selon le directeur général des Douanes cité par l’AFP. Il ajoute que la perte en volume serait de « l’ordre de 90 % depuis le 1ᵉʳ mars », avec 50 000 colis par jour au lieu de 500 000. Enfin, rien ne dit que les transferts repasseront par la France maintenant que ce droit de douane s’applique partout dans l’UE.

De minimis ad patres

Une nuance importante à garder en tête : le montant forfaitaire de 3 euros s’applique par catégorie de produit présente dans le colis, et non en fonction du nombre d’articles. Par exemple, un colis contenant 5 t-shirts sera taxé à hauteur de 3 euros. Mais si le colis contient 1 t-shirt et 1 montre, le montant est de 6 euros puisqu’il s’applique sur deux classifications douanières différentes (« vêtement » et « montre »).

Image : FedEx

L’UE explique qu’il ne s’agit pas d’une taxe sur les consommateurs : « [le dispositif] remplace une exonération douanière devenue obsolète et qui accorde, dans les faits, un avantage concurrentiel à certains modèles économiques. » En ligne de mire : Shein et Temu qui inondent les aéroports européens de leurs produits (pas toujours aux normes).

La facture refilée aux consommateurs

Quant à affirmer que ces 3 euros (ou plus) ne représentent pas une « taxe à la consommation », cela reste à voir. En principe, le droit de douane est acquitté par le vendeur ou l’importateur, et non par l’acheteur. Le consommateur ne peut être amené à le payer directement que dans de rares situations, lorsque son pays propose un système gratuit de déclaration douanière en ligne pour les particuliers.

Néanmoins, FedEx explique dans un document destiné à ses clients [PDF] qu’elle avancera le montant dû aux autorités au moment de l’importation, « puis en obtient le remboursement auprès du client ». Dans les faits, le coût risque donc fort d’être répercuté sur le consommateur final.

Quant aux accusations de protectionnisme en faveur des commerçants européens, l’UE balaie l’argument du revers de la main. L’objectif est de « rétablir des conditions de concurrence équitables », car les importations en lien avec le commerce en ligne ont « explosé ces dernières années » : près de 5,9 milliards d’articles en 2025.

Cette taxe 1 euro plus élevée que celle française risque également de réduire les volumes distribués par La Poste, et donc son activité globale. En octobre 2025, elle annonçait un accord avec Temu pour encadrer la collaboration commerciale entre les deux entreprises.

À cette occasion, comme le rappelle l’avocat Alexandre Archambault, La Poste chiffrait l’importance de la distribution de colis : 20 % proviennent d’Amazon, 20 % des plateformes chinoises. Et 80 % de la croissance sur ce marché est portée par les plateformes comme Alibaba, Shein, Temu et les autres. « Capter ces flux est donc une question de survie », plaidait la société. « Ils contribuent à la pérennité du groupe La Poste dans un contexte de chute des volumes de courrier, et participent au maintien de l’activité des facteurs ».

En octobre 2024 déjà, La Poste soulevait la question de la « montée des plateformes chinoises Temu et Shein, qui représentent 22 % des colis en Europe. C’était moins de 5 % il y a cinq ans ». À titre de comparaison, Amazon était à 21 % à l’époque.

Ce droit de douane s’appliquera jusqu’au 1ᵉʳ juillet 2028. Ensuite, les colis aujourd’hui concernés par l’exemption de minimis seront soumis aux droits de douane ordinaires, calculés selon la nature du produit importé.

Comment la Corée du Sud veut doubler sa capacité de production de RAM d’ici cinq ans

30 juin 2026 à 12:56
Le pays du matin vénère
Comment la Corée du Sud veut doubler sa capacité de production de RAM d’ici cinq ans

Entouré des représentants de Samsung et de SK hynix, le président sud-coréen Lee Jae Myung a annoncé lundi un plan d’investissement public privé sans précédent. Il doit permettre de doubler la capacité de production de mémoire vive du pays d’ici cinq ans, mais aussi de positionner le pays comme un leader en matière de datacenters et de robotique. Les différentes enveloppes évoquées dépassent allègrement la barre des 1 000 milliards d’euros, mais risquent de se heurter à quelques contingences matérielles…

C’est lors d’une allocution télévisée, et entouré des patrons de Samsung Electronics et de SK hynix, que le président sud-coréen Lee Jae Myung a dévoilé, lundi 29 juin, les trois « méga projets » qui permettront, selon lui, de positionner le pays en première position dans la course au progrès technologique. La démarche est présentée non pas comme un objectif de développement économique, mais comme une question de survie, selon ses propos rapportés par le Korea Herald :

« Seule une course contre la montre nous permettra de survivre. Nous devons sécuriser les éléments fondamentaux de l’intelligence artificielle plus rapidement que n’importe quel autre pays. Les semi-conducteurs, l’IA physique et les centres de données d’IA constituent les trois piliers d’un grand bond en avant. »

Le gouvernement sud-coréen justifie cette déclaration alarmante par un rappel du déclin que connaitrait l’économie nationale, avec un taux de croissance potentielle passé de 3,4 % en 2013 à 1,9 % en 2025 (données OCDE de février 2026), sous l’effet du vieillissement et de la baisse de la population active.

Le gouvernement sud-coréen justifie son plan massif par le ralentissement structurel de sa croissance potentielle – capture d’écran Next

Les trois méga projets englobent donc trois domaines de pointe connexes : les semiconducteurs, incarnés principalement en Corée du Sud par la fabrication de mémoire vive, dont Samsung et SK hynix sont les leaders mondiaux, la robotique et les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle, autrement dit les datacenters.

Doubler la production de RAM d’ici cinq ans

La fabrication de mémoire vive, et plus particulièrement des mémoires HBM exploitées dans les GPU ou les puces spécialisées dédiées à l’intelligence artificielle, figure déjà au centre des préoccupations industrielles de la Corée du Sud. Fin 2024, le pays avait ainsi déjà encouragé (financièrement et au moyen de facilités réglementaires) les projets d’investissement portés par Samsung et SK hynix, qui doivent donner naissance à d’immenses complexes dans la région de Yongin, au sud de Séoul.

La crise de la mémoire vive et les trajectoires d’investissements dans l’IA (plus de 700 milliards de dollars promis en 2026 par les seuls hyperscalers) semblent avoir aiguisé les appétits sud-coréens. « Nous vivons un moment véritablement décisif, car le paysage de l’économie mondiale est en pleine mutation, a encore déclaré le président sud-coréen. Les grandes puissances, dont les États-Unis et la Chine, sont engagées dans une concurrence acharnée aux enjeux colossaux ».

Résultat des courses : Lee Jae Myung aligne des chiffres qui donnent le tournis. La ventilation exacte entre financements publics et fonds privés n’est pas précisée, mais il est question de 400 billions de wons (environ 225 milliards d’euros) d’investissements supplémentaires portés par SK hynix, tandis que Samsung investirait une somme équivalente, pour un nouveau complexe industriel dédié à la mémoire HBM situé dans la banlieue de Gwangju, plus au sud-ouest. Ce dernier bénéficierait donc d’une enveloppe totale de près de 500 milliards de dollars.


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Un appel d’offres dévoile d’inquiétants détails du système IT de l’Agence du médicament

30 juin 2026 à 10:03
Legacy mon amour !
Un appel d’offres dévoile d’inquiétants détails du système IT de l’Agence du médicament

Il est assez rare d’avoir le détail de l’infrastructure informatique d’une institution française. Au détour d’un appel d’offres, l’Agence nationale de sécurité du médicament détaille les systèmes d’exploitation et logiciels utilisés sur ses serveurs… certains ne sont plus à jour depuis de nombreuses années.

Au début de l’année, un appel d’offres pour un accord-cadre a été lancé pour l’hébergement des infrastructures informatiques et des prestations de services de l’ANSM, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé. Cette agence se présente comme la « garante de la sécurité des patients ».

Via son appel d’offres consulté par Next, elle veut une « infrastructure évolutive et au plus près de « l’état de l’art », d’une richesse de niveaux de services (différentes classes de stockages, différentes classes de serveurs virtuels, …) payables à l’usage ». Le montant maximum de l’accord-cadre est de 3 millions d’euros sur quatre ans, en hausse par rapport aux 2,4 millions d’euros votés lors du conseil d’administration de l’été 2025.

Cette infrastructure doit avoir la capacité d’héberger des données de santé, et donc être certifiée HDS. Sur demande, l’hébergeur devra aussi être en mesure de proposer un hébergement qualifié SecNumCloud par l’ANSSI (et notamment d’assurer une étanchéité aux lois extraterritoriales). Le prestataire, s’il n’est pas lui-même HDS ou SecNumCloud, pourra passer par un partenaire.

5 points sur 100 pour « la démarche de souveraineté »

La qualification n’est pas immédiatement exigible, mais le prestataire « doit justifier, dès la présentation de son offre, de l’engagement formel de la démarche de qualification auprès de l’ANSSI, dite étape « J0 ANSSI » ». Ce jalon, rappelle l’Afnor, est « la validation par l’ANSSI d’un dossier de candidature. La phase d’évaluation avec audit sur site a lieu après la validation de ce jalon 0 ». Il y a ensuite J1, J2 et J3 à passer avant la qualification finale.


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☕️ Wine 11.12 disponible avec le support de la mise à l’échelle fractionnaire pour Wayland

30 juin 2026 à 09:30


Nouvelle version pour Wine, la couche de compatibilité permettant aux applications Windows de fonctionner sur un système Linux. Wine sert pour rappel de base à Proton, une autre couche de compatibilité. Développée par Valve et spécialisée dans les jeux, elle est au cœur de la distribution SteamOS, qui équipe le Steam Deck et la nouvelle Steam Machine.

Cette mouture 11.12 apporte de petites améliorations çà et là, mais elle introduit surtout la prise en charge de la mise à l’échelle fractionnaire pour Wayland. Cela signifie que cette capacité d’affichage est supportée sur l’ensemble des sessions Wayland.

La mise à l’échelle fractionnaire, ou « fractionnal scaling », est un mécanisme logiciel utilisé par les systèmes d’exploitation pour adapter la taille de l’interface graphique (textes, icônes, fenêtres) sur des écrans à haute densité de pixels (HiDPI ou 4K). On peut la comparer à une loupe. C’est cette technique qui est utilisée quand les réglages d’un système proposent du 125, 150 ou 175 % sur le niveau de zoom de l’interface.

Dans le cas de Wine, la mise à l’échelle de son interface devrait donc être nette, alors que le passage par X11/XWayland utilisé jusqu’à présent pouvait entraîner du flou et d’autres petits artefacts visuels.

Wine 11.12 apporte quelques autres nouveautés, comme le regroupement des bibliothèques libswresample et libswscale de FFmpeg, la mise à jour du moteur Mono avec Mono 11.2, ou encore un retour de XSLPattern dans le parseur MSXML. Une trentaine de bugs ont également été corrigés, dont certains avec de vieilles applications, comme Office 2007. On trouve même un correctif pour… Microsoft Money 97.

Avec le modèle GLM-5.2, la Chine pourrait rebattre les cartes de la cybersécurité

30 juin 2026 à 08:58
De grandes responsabilités
Avec le modèle GLM-5.2, la Chine pourrait rebattre les cartes de la cybersécurité

La stratégie américaine d’embargo pour contrer le secteur technologique chinois serait-elle contreproductive ? La question se pose, alors qu’une société chinoise pourrait bouleverser la cybersécurité en diffusant un modèle capable de rivaliser avec les LLM d’OpenAI et Anthropic.

La Chine parvient à égaler les performances du modèle Mythos d’Anthropic dans certains scénarios de cybersécurité. Une affirmation du Wall Street Journal ce 27 juin, qui se demande dans quelle mesure les décisions de la Maison-Blanche ont pu jouer dans une telle remontée. Depuis DeepSeek et la vaporisation temporaire de 600 milliards de dollars de capitalisation pour NVIDIA, on pouvait cependant s’attendre à ce que la Chine égalise de nouveau le score. Ou en tout cas vienne flirter une nouvelle fois avec les performances des grands modèles de frontière américains.

Le nouveau modèle chinois qui attire les regards se nomme GLM-5.2, lancé le 13 juin par l’entreprise Zhipu AI, renommée Z.ai. Plusieurs benchmarks lui attribuent de très bons résultats, particulièrement en cybersécurité. Au point de rebattre les cartes d’une situation déjà fébrile dans ce domaine, avec un modèle disponible gratuitement depuis HuggingFace.

GLM-5.2, le trublion

GLM-5.2 est un modèle conséquent de 753 milliards de paramètres. Son architecture est de type MoE (Mixture of Experts) avec environ 40 milliards de paramètres actifs à la fois par token (jeton). Un ratio d’activation de 5,4 % qui peut le rendre beaucoup moins onéreux à exécuter qu’un modèle dense (non-MoE) de taille équivalente. La fenêtre contextuelle est d’un million de tokens.

Si l’on parle de ce modèle, c’est qu’au-delà de ses performances, il est également open source (licence MIT) et à poids ouverts. Traduction : en plus d’un accès commercial par l’API de l’entreprise (1,40 dollar par million de jetons en entrée, 4,40 dollars en sortie), n’importe qui peut récupérer le modèle et le modifier à volonté avant de l’utiliser. À condition bien sûr d’avoir le matériel nécessaire.

Quelles performances ?

Dans sa communication, Z.ai met en avant les très bons résultats généraux de GLM-5.2 de manière générale. S’agissant initialement d’un modèle pensé pour la programmation, les benchmarks utilisés sont classiques : 62,1 % pour SWE-bench Pro (résolution de problèmes sur GitHub), 81 sur Terminal-Bench 2.1 (tâches d’agents), ou encore 99,2 sur AIME 2026 (problèmes mathématiques).

Sur les travaux de longue durée, les résultats obtenus sont proches de ceux d’Opus 4.8 d’Anthropic. Par exemple, sur FrontierSWE, GLM-5.2 obtient 74,4 %, contre 75,1 % pour Opus. Sur PostTrainBench, le score est de 34,3 contre 37,2. Sur SWE-Marathon en revanche, le modèle chinois accuse un retard : 13 %, se faisant largement distancer par les 26 % d’Opus 4.8.

L’entreprise chinoise met en avant certains choix architecturaux, dont l’utilisation d’une technique baptisée IndexShare (publication arXiv), permettant d’optimiser le coût de fonctionnement. Cela permet, selon Z.ai, de diviser par trois le coût en calculs par token quand on grimpe jusqu’au maximum de la fenêtre de contexte (un million). Elle affirme qu’au sein du modèle, 75 % des couches sautent entièrement l’étape d’indexation coûteuse, tout en maintenant la qualité des schémas d’attention adaptative.

L’ensemble fait dire à certains observateurs, comme Flowtivity, que GLM-5.2 est en fait meilleur que la grande majorité des grands modèles de frontières américains, car son fonctionnement est nettement moins onéreux (six fois moins cher que GPT-5.5 selon Z.ai). L’ajout d’IndexShare permettrait au modèle de fonctionner sur du matériel « accessible » (mais pas un MacBook Pro avec 16 Go de RAM, tel que celui utilisé pour nos tests de RAG).

Et dans la cybersécurité ?

C’est ici que les choses sérieuses commencent, peut-on dire. Dans une évaluation comparative réalisée par Semgrep, GLM-5.2 a obtenu un score F1 de 39 % sur la détection IDOR, battant Claude Code (32 %) pour environ 0,17 dollar par vulnérabilité trouvée, tout en restant inférieur au pipeline multimodal de Semgrep (53 - 61 % F1).

Même son de cloche chez Graphistry le 23 juin : avec un taux de résolution de 28 sur 59 sur les benchmarks CTF (Capture The Flag) de cybersécurité, GLM-5.2 est le « top modèle » à poids ouverts et rivalise directement avec les modèles propriétaires. Dans les tests, on peut voir par exemple que Claude Code avec Opus 4.7 est 19 % plus rapide, mais il est aussi 2,2 fois plus cher à l’utilisation.

C’est ce qui fait dire à Graphistry que GLM-5.2 est le premier modèle à poids ouverts testé par leurs soins pouvant être recommandé pour une « expérience de cybersécurité de qualité frontière ».

Comment de tels résultats ont-ils été obtenus si rapidement ?

C’est l’une des grandes questions autour de GLM-5.2. Les soupçons n’ont d’ailleurs pas tardé, dans les jours qui ont suivi la publication du modèle : Z.ai a-t-elle distillé agressivement les grands modèles de frontière américains ? Pour rappel, la distillation est initialement une technique légitime d’apprentissage machine : un modèle étudiant apprend à imiter les sorties d’un modèle enseignant. Cependant, il y a problème quand elle est faite en violation des conditions d’utilisation des API, via des comptes proxy et à l’échelle industrielle. Une technique formellement interdite dans les conditions pour toutes les API commerciales. Pour les « copieurs », le résultat obtenu est un transfert de capacités sans garde-fous.


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En pleine canicule, l’arnaque au climatiseur prend une nouvelle ampleur

30 juin 2026 à 08:31
Trop beau pour être vrai
En pleine canicule, l’arnaque au climatiseur prend une nouvelle ampleur

Présenté comme « révolutionnaire », le climatiseur Epicooler, qui jouit de nombreuses vidéos YouTube et supposés tests indépendants positifs, cache en fait une arnaque.

Les publicités pour le faux climatiseur tournent depuis des semaines, en ligne. Il s’appelle Epicooler, il est présenté comme « révolutionnaire », « sans installation », affiché autour de 110 euros. Une affaire, pour faire face aux canicules ambiantes. Problème : ce climatiseur n’en est pas un, et souvent, la commande n’est même pas honorée.

Rien que l’affichage du prix est trompeur : sur les publicités, l’Epicooler est annoncé à 110 euros, mais la facture grimpe à 157,97 euros, ou 241,96 euros si vous en achetez deux. Raison avancée : les « frais de port et de douanes ». Sur Signal-Arnaques comme sur Trustpilot, les avis négatifs s’accumulent.

Un climatiseur qui défie les lois de la physique

Surtout, la description du produit lui-même pose problème. L’Epicooler est présenté comme un « climatiseur portable sans installation », théoriquement à même de refroidir une pièce de 51 m² sans compresseur ni tuyau d’évacuation. L’opportunité semble en or, sauf que matériellement, elle décrit un phénomène impossible : sans ces deux éléments, impossible d’évacuer la chaleur.

Comme le remarque Clubic, la foire aux questions du site web d’Epicooler vend (un peu) la mèche. Pour expliquer l’absence de tuyau, elle indique que « l’eau de condensation s’évapore à l’intérieur de l’unité », c’est-à-dire qu’elle n’est pas évacuée, donc que la chaleur reste dans la pièce. De fait, comme le rapportent de multiples utilisateurs mécontents, l’objet n’est qu’un simple ventilateur.

Site d’affiliation et commandes non honorées

Outre la marchandise trompeuse, tout ce qui entoure sa vente relève de l’arnaque. Débités, certains clients n’ont rien reçu du tout. Créé en avril 2026, le site epicooler.fr lui-même n’est qu’une collection de liens affiliés et porte les traces de multiples copies en fonction des marchés visés – l’Australie, notamment, est visée depuis plusieurs mois.

Derrière le nom Epicooler et ses copies Coolizi, Breezo ou Jiubery, Clubic a identifié la société lituanienne UAB Dara Digital. C’est cette dernière qui expédie (ou pas) les engins à ses clients. C’est aussi elle qu’on retrouve derrière d’autres objets vendus comme « miracles », dont la buse à haute pression Jetterix, les écouteurs SonaBuds ou encore les patchs chauffants WellHeat, supposés soulager les tensions musculaires.

Mais revenons à nos climatiseurs qui ne climatisent pas, et sont aussi vendus sous le nom de Coolizi. Sur le site de cette autre marque est référencée la société Dedata International, dont l’adresse juridique se trouve aux États-Unis, et celle physique, dans un immeuble de domiciliation de Hong Kong. Le numéro de TVA, quant à lui, est maltais, ce qui laisse supposer que la société récupère ainsi la TVA européenne.

Pour promouvoir le tout, le réseau d’arnaque semble avoir mis la main sur des chaînes YouTube et divers blogs, via lesquels des heures de reviews et de tests visiblement générés par IA donnent des retours élogieux du produit. De quoi piéger de nombreux internautes : Médiamétrie a constaté qu’un quart des Français visitaient régulièrement des sites entièrement générés par IA, et que les plus de 50 ans étaient les plus exposés à ces contenus de faible qualité, représentant 75 % des internautes attirés par les sites GenAI.

En pleine période de fortes chaleurs (et de soldes prolongés !) attention, donc, aux cyberarnaques. Pour protéger les autres internautes, il est utile de rapporter les escroqueries sur les plateformes Signal Conso et Pharos.

Et pour éviter de tomber soi-même dans le panneau, le ministère de l’Économie propose une série de mesures mêlant vérification de la réputation du site internet et de ses mentions légales à celle des avis consommateurs, en passant par le fait de privilégier des sites français ou européens, ou par un réflexe simple : si l’offre est trop alléchante, méfiance.

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