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Souveraineté numérique : la France et l’Allemagne présentent un front commun

20 novembre 2025 à 15:53
Les écrits restent
Souveraineté numérique : la France et l’Allemagne présentent un front commun

Le Sommet sur la souveraineté numérique européenne, qui s’est tenu à Berlin le 18 novembre, a été le théâtre de nombreuses annonces. La France et l’Allemagne semblent enfin s’aligner sur un lot de mesures et d’engagements, avec un changement marqué outre-Rhin pour une préférence européenne. Le Sommet a fait de la souveraineté numérique un axe majeur de développement, au moins sur le papier.

Elle était attendue : la rencontre franco-allemande à Berlin du 18 novembre a montré un moteur européen semblant de nouveau en phase. Car la France et l’Allemagne ont beau être voisines, elles ont chacune des conceptions très différentes sur le numérique, particulièrement sur la souveraineté.

Un fossé qui s’était notamment illustré dans la conception de la directive EUCS, qui devait grader les solutions cloud en matière de sécurité. Le niveau le plus élevé, High+ (basé sur SecNumCloud 3.2) avait disparu, sous pression notamment de l’Allemagne, pour supprimer les prérequis de protection contre l’extraterritorialité des lois étrangères. L’Allemagne est depuis longtemps un allié proche des États-Unis, avec qui elle a de nombreux accords commerciaux. L’European Sovereign Cloud d’Amazon, présenté en juin, va ainsi s’implanter chez nos voisins.

La France cependant, avec des offres comme celles de Bleu et S3ns, ou encore les contrats multiples décrochés par Microsoft dans le domaine de l’éducation, n’est pas nécessairement mieux placée. La stratégie nationale en matière de souveraineté a récemment été épinglée dans un rapport très direct de la Cour des comptes, faisant la liste de tous les errements français dans ce domaine et pointant un manque flagrant de cohésion.

Dans un contexte tendu entre guerre en Ukraine qui s’éternise, ondes de choc d’une Maison-Blanche reprise par Donald Trump et tensions croissantes avec la Chine, le Sommet était attendu.

Simplification, cohérence et souveraineté

Le sommet a réuni « plus de 900 décideurs, industriels, investisseurs, chercheurs et représentants de la société civile provenant des 27 États membres de l’Union européenne (UE) et des institutions européennes », a indiqué l’Élysée.


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ChatGPT for Teachers, une version gratuite pour le corps enseignant américain

20 novembre 2025 à 10:32
Qui suis-je ? Ou vais-je ?
ChatGPT for Teachers, une version gratuite pour le corps enseignant américain

OpenAI a montré ce 19 novembre toute son ambition dans le domaine de l’éducation. L’entreprise lance une version gratuite et spécifique de son ChatGPT pour les enseignants, avec une volonté claire de devenir incontournable.

OpenAI a annoncé hier soir dans un billet de blog la disponibilité d’une version gratuite et spécifique de ChatGPT à destination des enseignants aux États-Unis. Pourquoi ce domaine en particulier ? Parce que selon l’entreprise, sur les 800 millions d’utilisateurs que compte son chatbot, les enseignants seraient les premiers à l’avoir adopté et les plus actifs.

L’offre a donc été spécialement conçue pour le corps enseignant, affirme OpenAI. Elle est basée sur GPT-5.1 Auto pour répartir les demandes et l’ensemble des fonctions. Une mémoire adaptée aurait été mise en place, pour retenir autant de contexte que possible et simplifier le travail quotidien. La sécurité est déclarée comme conforme aux normes FERPA (Family Educational Rights and Privacy Act). L’outil peut être intégré à d’autres comme Canva, Google Drive et Microsoft 365. Envoi de fichiers, génération d’images et autres sont aussi présents.

Des fonctions spécifiques ont été ajoutées. Par exemple, la possibilité de créer des espaces de travail partagés pour créer des modèles de plans de cours. Les enseignants pourront également planifier leurs travaux sur plusieurs semaines, générer des exemples pour un devoir, gérer la conformité avec les normes ISTE (pdf), voir des exemples créés par d’autres enseignants, des contrôles administratifs pour les groupes, etc.

Cette offre a été pensée pour les 400 000 enseignants certifiés du primaire à la terminale, « dans les principaux districts aux États-Unis ». La vérification du statut se fait via SheerID, qui joue le rôle d’intermédiaire de confiance auprès d’OpenAI.

Gratuit jusqu’en 2027, et après ?

« Chaque élève aujourd’hui grandit avec l’IA, et les enseignants jouent un rôle central pour les aider à apprendre à utiliser ces outils de manière responsable et efficace. Pour soutenir ce travail, les éducateurs ont besoin d’espace pour explorer l’IA par eux-mêmes. ChatGPT for Teachers est conçu pour les aider à faire exactement cela : offrir une expérience pratique et concrète qu’ils peuvent ramener dans leurs classes. Et en la rendant gratuite pour des millions d’enseignants, nous espérons faciliter une utilisation sûre et réfléchie de l’IA dans l’apprentissage par toutes sortes d’écoles »

Surtout, ce ChatGPT for Teachers est mis à disposition gratuitement jusqu’en juin 2027. Pour OpenAI, c’est évidemment un pari qui peut lui rapporter gros : en offrant un service conçu spécifiquement pour ce qu’elle-même présente comme les besoins des enseignants, l’entreprise pourrait bien s’assurer une place de choix dans leur quotidien. En juin 2027, quand la gratuité prendra fin, les personnes qui estimeront avoir gagné suffisamment de temps avec l’outil pourraient ainsi envisager l’abonnement payant.

« Après cela, nous pourrions ajuster les prix, mais notre objectif est de garder ChatGPT pour les enseignants abordable pour les enseignants. Si quelque chose change, nous préviendrons pour que les enseignants et les écoles puissent décider s’ils continuent ou non », affirme OpenAI. Et l’opportunité est bien là, si l’on en croit une étude que Gallup avait publiée en juin dernier : 32 % des enseignants utilisaient l’IA toutes les semaines, avec un gain de temps hebdomadaire moyen estimé à 5,9 heures.

Pour l’instant, on ne sait rien d’une éventuelle extension du service à d’autres marchés, mais on imagine mal OpenAI se contenter du marché américain dans sa volonté de devenir le nouvel acteur incontournable de l’éducation.

La crainte de la perte d’autonomie

Le discours de l’entreprise est entièrement tourné vers « l’autonomisation » des enseignants et veut frapper au cœur : puisque les élèves recourent déjà massivement à l’IA générative, les enseignants doivent jouer un rôle central dans l’apprentissage de ces outils, « de manière responsable et efficace ». ChatGPT for Teachers se propose donc de remplir les deux missions : acclimater les professeurs à cette technologie et leur faire gagner du temps dans la préparation des cours, qui eux-mêmes vont changer. « L’IA dans l’éducation fonctionne mieux lorsque les enseignants dirigent », assure OpenAI.

L’annonce d’OpenAI était attendue. L’IA bouscule les méthodes conventionnelles de l’enseignement et certaines entreprises avancent leurs pions. Microsoft a par exemple annoncé une version éducative de son Copilot, pensée pour les élèves et étudiants. L’assistant se transforme alors en « professeur socratique » pour aider à faire travailler les matières, les examens, etc. Différentes fonctions sont présentes pour rendre l’ensemble interactif, notamment un tableau blanc dans lequel inscrire des réponses manuscrites, des schémas et autres.

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