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☕️ La distribution GLF OS reçoit une importante mise à jour, baptisée Phoenix

5 décembre 2025 à 16:33

GLF OS, dont nous avions suivi le lancement début septembre, est une distribution Linux française spécialisée dans le jeu vidéo. Alors que les lignes commencent à bouger dans cet univers sous l’impulsion d’un Windows 10 privé de support et d’une couche d’émulation Proton ayant prouvé son efficacité, l’équipe derrière GLF OS vient de lancer une mise à jour importante.

La nouvelle mouture, nommée Phoenix, intègre le noyau Linux 6.17 et met à jour bon nombre de composants internes, dont GNOME 49.1 et KDE Plasma 6.5. Mesa passe en version 25.2.3, amenant le support de FSR4 pour les cartes AMD et Intel, ainsi qu’une meilleure stabilité pour les jeux AAA avec Proton. La distribution intègre également les pilotes NVIDIA 580.105, avec à la clé une meilleure prise en charge des GPU récents et des correctifs pour Wayland.

Plusieurs changements internes importants sont en outre à signaler. Le gestionnaire de démarrage Grub a été remplacé par systemd-boot, « garantissant l’installation de GLF OS sur un maximum de machines ». Un correctif pour l’hibernation de la machine a été implémenté, de même que la compatibilité avec le Stream Deck d’Elgato. Plusieurs extensions GNOME ont été ajoutées, comme Dash to panel, Openbar et Rounded Window Corner. Les miniatures pour les vidéos font également leur apparition dans Nautilus.

Pour les personnes souhaitant installer la version Studio, on note un temps d’installation fortement réduit. Cette variante intègre en effet plusieurs applications spécifiques, dont DaVinci Resolve, qui était compilée au dernier moment. Cette étape a été déplacée côté serveurs, aboutissant à une durée d’installation qui peut être réduite d’un facteur allant jusqu’à 6. Ce fonctionnement concerne d’ailleurs d’autres composants, comme les pilotes NVIDIA, réduisant le temps d’installation de toutes les versions, même si DaVinci était de loin le plus « gros caillou », comme nous le confirme Vinceff, fondateur du projet.

GLF OS est pour rappel développé sur la base de NixOS et est donc un système immuable. Une notification signale aux utilisateurs que des mises à jour sont en attente d’un redémarrage pour être appliquées.

Proxmox lance enfin son Datacenter Manager pour centraliser les opérations de gestion

5 décembre 2025 à 16:20
Là ! Une porte !
Proxmox lance enfin son Datacenter Manager pour centraliser les opérations de gestion

La société autrichienne Proxmox vient de lancer la première version finale de son Datacenter Manager. Le composant était attendu, car il permet de centraliser de nombreuses opérations de gestion et de garder une vue d’ensemble sur les infrastructures Proxmox VE. Dans un contexte tendu par le rachat de VMware par Broadcom, le nouveau produit pourrait offrir une porte de sortie aux entreprises.

Dans son communiqué publié hier soir, Proxmox reconnait volontiers qu’il manquait une brique essentielle dans son offre : « Gérer des centres de données en pleine croissance, répartis sur plusieurs sites ou clusters, présente constamment des défis majeurs pour les entreprises et les équipes. L’absence de supervision globale, des indicateurs fragmentés et la nécessité d’effectuer manuellement des opérations complexes dans divers environnements peuvent rapidement entraîner des inefficacités et une plus grande susceptibilité aux erreurs ».

Le nouveau Datacenter Manager est donc une réponse à cette problématique. Il joue le rôle d’agent de liaison entre les nœuds et clusters individuels et propose une vue unifiée.

Cap sur la centralisation et le pilotage

PDM, pour Proxmox Datacenter Manager, propose ainsi un tableau de bord pour avoir un œil sur les principales informations. Le tableau affiche ainsi l’état de santé des clusters Proxmox VE et instances Backup Server, agrège l’utilisation critique des ressources (CPU, mémoire et entrées/sorties pour le stockage), fournit une vue des KPI (key performance indicators) et indicateurs de performances, avec une promesse de vision immédiate des goulots et autres problèmes. Les données sont mises en cache, pour que le dernier état connu reste accessible.

Ce dashboard général peut être accompagné d’autres tableaux personnalisés, pour cibler une partie spécifique de la structure, ou des indicateurs particuliers. Le contrôle d’accès basé sur les rôles (RBAC) permet d’accorder des accès à ces vues personnalisées sans fournir pour autant un accès aux machines virtuelles ou aux hôtes.

Migration à chaud des machines virtuelles

Autre capacité attendue, la possibilité de migrer à chaud des machines virtuelles d’un cluster à un autre, facilitant notamment les opérations de maintenance. La même interface centrale permet de réaliser d’autres opérations comme le démarrage, l’arrêt ou la configuration des machines virtuelles, conteneurs et autres ressources de stockage. Là encore, le RBAC permet d’octroyer des permissions spécifiques à des utilisateurs et de centraliser les historiques et journaux, par exemple à des fins d’audits.

Et tant qu’à y être, PDM propose d’autres fonctions, notamment un moteur de recherche décrit comme « très puissant » et inspiré de ce que l’on trouve déjà dans Elastic Search et GitHub, surtout pour filtrer et trouver des ressources. Datacenter Manager prend également en charge le réseau défini par logiciel (SDN) et centralise les mises à jour dans un panneau dédié.

Proxmox Datacenter Manager est basé sur la distribution Debian 13.2, avec un noyau Linux 6.17 et le support de ZFS 2.3. L’éditeur ajoute que sa pile logicielle centrale est écrite en Rust et que l’interface (en responsive) fournit « une expérience utilisateur optimale ». Les images ISO sont disponibles depuis le site officiel. Pour rappel, les produits sont gratuits, mais l’entreprise vend des abonnements incluant notamment le support technique.

Une porte de sortie ?

Depuis le rachat de VMware par Broadcom, la situation s’est crispée pour de nombreux clients autour de la virtualisation. Des plaintes ont été déposées et une partie des entreprises cherche à briser sa dépendance aux produits VMware en regardant vers la concurrence. Proxmox fait partie des solutions envisagées, mais l’absence d’une solution pour centraliser la gestion de nombreux nœuds était un frein.

Chez moji (la société ayant racheté Next il y a un peu plus de deux ans), le SRE (Site Reliability Engineer) Alexandre Gliganic nous indique que le produit est testé depuis les premières versions alpha et que les nouvelles fonctions font la différence, notamment le tableau de bord unifié. L’entreprise se sert largement de Proxmox depuis plusieurs années.

« Pour moi, une des fonctionnalités les plus fortes, c’est la migration live inter-clusters. Avant, pour migrer une VM du cluster A vers le cluster B, il fallait passer par une migration à froid via le système de backup Proxmox (PBS), ou utiliser des commandes QEMU (pas très user-friendly pour la plupart des gens). Avec PDM, on ajoute simplement les deux clusters au système, on sélectionne la VM et on clique sur “migrer” vers le cluster cible. Et ça fonctionne directement », s’enthousiasme l’ingénieur.

Il met également en avant les tableaux de bord personnalisés : « On peut créer des dashboards personnalisés en fonction des rôles assignés aux utilisateurs PDM. C’est très pratique. Par exemple, pour que l’équipe support voie les métriques des clusters clients, mais pas celles des clusters internes ».

« Ce qui est intéressant avec PDM, c’est qu’on retrouve enfin une logique de gestion globale qui manquait à l’écosystème Proxmox, un peu comme ce que beaucoup d’équipes infra ont toujours eu avec des plateformes comme vCenter dans le monde VMware/ESXi », ajoute Alexandre Gliganic.

Faille de gravité maximale découverte dans React, des correctifs à installer en urgence

5 décembre 2025 à 13:20
Waf ! Waf !
Faille de gravité maximale découverte dans React, des correctifs à installer en urgence

Un chercheur a découvert dans le composant React Server Components une faille dont le score de gravité CVSS atteint la note maximale de 10. Des correctifs ont été rapidement publiés et il est recommandé de mettre à jour les applications et autres composants concernés le plus rapidement possible.

Dans une note publiée le 3 décembre, la fondation React a averti d’une faille extrêmement critique dans le framework (cadriciel) React Server Components. Estampillée CVE-2025-55182, elle a reçu la plus grande note possible au score CVSS, soit 10.

Dans son billet de blog, la fondation indique que le signalement de la faille a été fait le 29 novembre par le chercheur Lachlan Davidson. Elle réside dans les versions 19.0, 19.1.0, 19.1.1 et 19.2.0 des composants suivants : react-server-dom-webpack, react-server-dom-parcel et react-server-dom-turbopack.

Exploitée, la faille peut permettre l’exécution de commandes arbitraires à distance. Elle a même reçu un nom : React2Shell. Initialement, deux failles avaient été signalées. La seconde, dans Node.js et numérotée CVE-2025-66478, a cependant été rejetée par le NIST américain, car il s’agissait finalement du même mécanisme.

Une grande facilité d’exploitation

Selon la société Wiz qui s’est penchée sur la question, une grosse partie du problème tient à l’exploitation particulièrement simple de cette faille, faisant exploser son score CVSS. Deux composantes sont mises en avant : la faille est exploitable dans toutes les configurations, et il ne suffit que d’une requête HTTP spécialement conçue pour déclencher la suite.

La société explique qu’il s’agit d’un cas de désérialisation logique. Il découle de la manière dont les React Server Components (RSC) gèrent les requêtes. Une personne non authentifiée pourrait ainsi créer une requête HTTP malveillante à n’importe quel point de terminaison Server Function qui, au moment où React s’occupe de la désérialisation, entraine l’exécution d’un code JavaScript arbitraire sur le serveur.

Dans son billet, la fondation React n’en dit pas plus, car elle explique attendre une diffusion plus importante des correctifs avant de donner plus de détails.

Toute bibliothèque utilisant RSC (comme Vite RSC, Parcel RSC, React Router RSC preview, RedwoodJS, ou encore Waku) est concernée par la faille et il faut donc surveiller l’arrivée de mises à jour, déjà publiées dans de nombreux cas. « La vulnérabilité affecte les configurations par défaut du framework, ce qui signifie que les déploiements standards sont immédiatement exploitables sans conditions particulières », indique la société de sécurité Endor Labs.

Que faire ?

L’urgence est d’appliquer les nouvelles versions 19.0.1, 19.1.2 et 19.2.1 des trois composants react-server-dom. Jusqu’à ce qu’ils puissent être déployés, il est conseillé d’appliquer des règles WAF (Web Application Firewall).

Plusieurs entreprises de premier plan ont d’ailleurs réagi à ce sujet. Cloudflare a annoncé dès le 3 décembre avoir mis à jour son WAF pour protéger ses clients. L’éditeur ajoute que même si les nouvelles règles bloquent les éventuelles attaques, il reste recommandé de mettre à jour aussi vite que possible les composants logiciels concernés.

Même son de cloche chez Google pour sa Cloud Armor, qui décrit les nouvelles règles du pare-feu applicatif comme une mesure temporaire d’atténuation. On retrouve les mêmes éléments de langage chez Akamai et AWS.

Leroy Merlin et Médecin Direct piratés, des données médicales dans la nature

5 décembre 2025 à 09:50
Et ça continue, encore et encore
Leroy Merlin et Médecin Direct piratés, des données médicales dans la nature

Coup sur coup, deux entreprises françaises ont reconnu des fuites de données. La quantité d’informations a priori dans la nature n’est cependant pas la même dans les deux cas, la fuite chez Médecin Direct étant la plus grave.

Alors que France Travail annonçait une nouvelle fuite de données il y a quelques jours, deux nouveaux piratages ont été confirmés en France. Pour le magasin de bricolage, SaxX a averti d’une fuite le 2 décembre. À ce moment, l’enseigne commençait à envoyer des e-mails pour prévenir les clients concernés que leurs données avaient été piratées. Dans la capture du courrier, on pouvait lire que celles-ci comprenaient le nom, le prénom, le numéro de téléphone, l’adresse e-mail, l’adresse postale et la date de naissance. Leroy Merlin précisant également que les coordonnées bancaires et les mots de passe n’étaient pas touchés.

Ce 4 décembre, Leroy Merlin a confirmé l’information au Monde, via l’AFP. « Les clients concernés ont été informés dès que nous avons pris connaissance de l’attaque », a ainsi indiqué l’enseigne, qui a ajouté que des vérifications étaient « en cours » pour mesurer l’étendue du problème. Comme toujours dans ce genre de cas, la CNIL a été prévenue (les entreprises y sont tenues par la loi) et une plainte va être déposée. Il est demandé aux clients, encore une fois, d’être vigilants sur l’usage frauduleux qui pourrait être fait de leurs données.

Médecin Direct : des données médicales dans la nature

Dans le cas de Médecin Direct, une plateforme de téléconsultation, le problème est plus grave. SaxX a publié hier la capture du courrier envoyé aux clients concernés. On peut y lire que des informations ont pu être dérobées. D’abord à caractère personnel, avec globalement les mêmes données que pour Leroy Merlin, auxquelles s’ajoute le numéro de sécurité sociale, s’il a été donné.

Surtout, des données de santé ont pu être exfiltrées : « l’objet de la téléconsultation, les données renseignées dans le questionnaire de pré-consultation, les données échangées par écrit avec le professionnel de santé », précise le courrier. « En revanche, les documents que vous avez pu transmettre ou recevoir à l’occasion de la téléconsultation ne sont pas concernés ». Le pire semble évité, mais les informations décrites peuvent quand même s’avérer très sensibles, selon les cas. On apprend également dans l’e-mail que l’intrusion aurait été détectée le 28 novembre.

À 01net, l’entreprise française a confirmé la fuite, sans développer : « Nos services fonctionnent normalement et nous avons renforcé nos mécanismes de surveillance et de protection. Notre plateforme dispose des niveaux de sécurité conformes au cadre réglementaire strict applicable à la télémédecine. Une enquête sur l’origine de cet incident a été diligentée et nous ne pouvons pas partager davantage de détails à ce stade ».

Dans les deux cas, SaxX affirme que c’est le groupe de pirates Dumpsec qui aurait revendiqué l’attaque. Ils seraient à l’origine d’une grande vague de piratages ces derniers mois, dont les 1 300 mairies que nous évoquions il y a peu.

Les risques sont toujours les mêmes. Ces informations, même quand elles ne sont pas sensibles comme peuvent l’être les données médicales, peuvent être utilisées dans le cadre de campagnes de phishing. Plus les pirates ont d’informations, plus ils peuvent personnaliser leurs tentatives. Avec suffisamment d’informations, le risque peut grimper jusqu’à l’usurpation d’identité.

☕️ Pour Linus Torvalds, Musk est « trop stupide pour travailler dans une entreprise tech »

5 décembre 2025 à 08:41

Linus Torvalds est connu pour ses positions franches. On se souvient du doigt d’honneur fait à NVIDIA en 2012, en témoignage de sa colère face au comportement d’une entreprise très peu intéressée par l’open source. Nous avions résumé une partie de ces problèmes dans notre article sur la transition X11/Wayland.

En octobre 2024, Linus Torvalds s’en était pris à Intel et AMD, critiquant leur « matériel bogué » et l’avalanche de modifications logicielles rendues nécessaires par les multiples failles découvertes, bal ouvert début 2018 par Spectre et Meltdown. La même année, il avait d’ailleurs fait une pause pour s’occuper de son caractère, souvent jugé brutal. Mais il lui est arrivé aussi de siffler la fin de la récréation en intervenant dans des débats houleux pour calmer le jeu, notamment dans les discussions vives autour de l’intégration de Rust dans le noyau.

Cette fois, le père du noyau Linux s’en est pris à Elon Musk. Il y a quelques jours, Linus Torvalds apparaissait dans une vidéo du youtubeur Linus Sebastian (chaine Linus Tech Tips), centrée sur le montage d’un nouveau PC pour les besoins du développeur. Les deux Linus discutaient de divers sujets, dont la productivité au travail face à l’IA.

Le youtubeur a ainsi évoqué le cas d’une « grande entreprise » où les développeurs devaient indiquer leur nombre de lignes de code écrites, avec possibilité de licenciement si ce n’était pas assez. Torvalds avait bien sûr un avis très tranché sur la question : « Oh oui, non, tu ne devrais même pas être contrarié là-dessus. C’est juste de l’incompétence. Quiconque pense que c’est un indicateur valable est trop stupide pour travailler dans une entreprise tech ».

Linus Sebastian lui a alors demandé s’il savait de qui il était en train de parler. Devant le « non » de Torvalds, le youtubeur lui a répondu : « Oh. Euh… il a été une figure importante de l’amélioration de l’efficacité du gouvernement américain récemment ». Et Torvalds d’enchainer : « Oh, apparemment j’avais vu juste ».

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