☕️ Défense : Harmattan AI lève 200 millions de dollars, Dassault Aviation au capital
Fondée en avril 2024 et spécialisée dans le développement de systèmes de défense autonomes, la startup française Harmattan AI annonce lundi avoir bouclé une levée de fonds de 200 millions dollars, sur la base d’une valorisation fixée à 1,4 milliards de dollars.
L’entreprise peut donc désormais s’enorgueillir du statut de licorne (nom donné aux startups dont la capitalisation dépasse le milliard de dollars), mais aussi d’un soutien industriel de premier plan.
Cette deuxième levée de fonds (série B) est en effet emmenée par Dassault Aviation (avions d’affaires Falcon et chasseurs Rafale), qui se positionne à la fois comme investisseur et comme partenaire, avec la perspective de débouchés commerciaux au sein de la « prochaine génération de systèmes de combat aérien » conçus par l’avionneur.

Dassault n’évoque pas le programme européen SCAF (système de combat aérien du futur), objet de discordes entre les différents états membres impliqués, mais mentionne explicitement le Rafale F5, prochain standard de son avion de combat attendu à horizon 2035, et le système de drone de combat UCAS qui doit l’accompagner. « Cette collaboration s’inscrit dans une stratégie globale visant à intégrer une IA souveraine, contrôlée et supervisée aux systèmes de combat de Dassault Aviation », affirme le groupe.
Harmattan AI, qui revendique déjà « plusieurs milliers de systèmes livrés chaque mois », devrait mettre à profit les fonds réunis pour muscler ses effectifs, comme en témoigne la longue liste de postes ouverts. Les recrutements s’opèrent entre Paris (son siège social), Wissous (à côté d’Orly, où l’entreprise assemble ses appareils) mais aussi Londres et Lausanne, où la startup cofondée par Mouad M’ghari et Martin de Gourcuff (ancien de Parrot, puis de Withings) dispose de bureaux.
Bien que très jeune, Harmattan AI dispose déjà de solides références. Le 30 juin dernier, elle a remporté l’appel d’offres européen lancé par la DGA française portant sur l’acquisition de 1 000 drones destinés à l’armée de terre. En septembre 2025, elle a annoncé un contrat similaire avec le ministère de la Défense britannique, portant cette fois sur 3 000 appareils.