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Paris Normandie publie des articles générés par IA pour induire les préfectures en erreur

13 janvier 2026 à 16:08
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Paris Normandie publie des articles générés par IA pour induire les préfectures en erreur

Arrêt sur images et le Syndicat national des journalistes ont découvert que deux sites de presse quotidienne régionale (PQR) ont publié près de 900 articles en 50 jours « avec l’aide de l’IA » concernant ce qui se passe dans des départements limitrophes.

Next avait déjà documenté que de petits groupes et éditeurs de presse, notamment régionaux, publiaient des articles « en tout ou partie générés par IA » (GenAI). Puis que de grands groupes, comme Ouest-France et 20Minutes, hébergeaient eux aussi des contenus GenAI (rédigés par des tiers), ou encore que le groupe Reworld poussait ses équipes de rédaction à recourir à l’IA, quitte à publier n’importe quoi.

Tous deux nés en 1944 et depuis rachetés par le groupe belge Rossel, Paris Normandie et le Courrier Picard viennent quant à eux de recruter un journaliste chargé d’utiliser la GenAI pour « bâtonner de la dépêche », et remplir leurs sites web d’articles paraphrasant des contenus tiers. Une initiative qui, pour la première fois depuis que nous enquêtons sur le phénomène, fait vivement réagir les syndicats de journalistes.

« L’utilisation de l’IA, notamment des technologies génératives, doit être encadrée par des principes éthiques solides pour maintenir la confiance du public et l’intégrité de notre métier », souligne la Charte d’utilisation de l’intelligence artificielle (.pdf) au sein du groupe Rossel, propriétaire d’une centaine de marques média (Le Soir, La Voix du Nord, 20minutes, etc.).

À l’instar de la vingtaine des chartes d’utilisation de l’intelligence artificielle adoptées par les médias analysées par l’INA, celle du groupe Rossel s’engage à une obligation de « transparence » envers ses lecteurs :

« Toute utilisation de l’IA générative pour créer du contenu destiné à être publié, et non pas seulement pour une assistance à la production, doit être clairement signalée aux lecteurs, afin de maintenir une transparence rigoureuse. Si l’IA est utilisée pour collecter ou analyser des données, les méthodes et les sources doivent être transparentes et vérifiées. »

Ce qui fut le cas des 835 articles publiés en moins de 50 jours (soit près de 17 articles par jour), 6 jours sur 7 (24 et 25 décembre compris, ainsi que les 31 décembre et 1er janvier), sur les sites de Paris Normandie et du Courrier Picard. Ces derniers, qui ont commencé à être mis en ligne le 18 novembre dernier, se concluaient en effet systématiquement par une discrète mention : « Un journaliste a réalisé cet article avec l’aide de l’IA », sans plus d’explication.

Les dernières mentions répertoriées par leur moteur de recherche datent de ce jeudi 8 janvier. Une enquête d’Arrêts sur images (ASI) venait en effet d’expliquer que ces deux quotidiens régionaux utilisaient l’IA « pour réécrire les contenus d’autres médias et des communiqués ».

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