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French response : quand la diplomatie française colle à l’ambiance de X

19 janvier 2026 à 16:12
Tweet clash diplomacy
French response : quand la diplomatie française colle à l’ambiance de X

La diplomatie française a intensifié son utilisation du compte French response pour ne pas laisser passer les attaques étrangères sur le réseau social d’Elon Musk. Ce compte réagit aussi aux attaques politiques du milliardaire états-unien comme du CEO de Telegram Pavel Durov.

« Ne rien céder dans la bataille des récits », c’est ainsi que Jean-Noël Barrot présentait le compte X French Response géré par la diplomatie française le 9 janvier pour les vœux aux ambassadrices et aux ambassadeurs.

Deux jours plus tard, ce compte répondait à Elon Musk sur son propre réseau avec une photo du CEO de X faisant un salut nazi lors de l’investiture de Donald Trump. Le milliardaire d’extrême droite avait précédemment provoqué son audience en demandant « Pourquoi le gouvernement britannique est-il si fasciste ? ».

En ce début d’année important géostratégiquement parlant, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères met en avant la stratégie lancée début septembre par son ministère pour contrer les discours étrangers critiquant la position de la France.

« Une posture franche, teintée d’humour, de dérision »

Pris via le prisme principal des manipulations de l’information venues de l’étranger, cette nouvelle communication du Quai d’Orsay se voit comme « une posture franche, teintée d’humour, de dérision, parfois d’autodérision, qui conduit à la viralité sur les réseaux sociaux, qui permet d’augmenter l’impact du message que nous voulons porter », a aussi assumé Jean-Noël Barrot devant les ambassadrices et les ambassadeurs du pays.

Car, si ce compte se permet de répondre à Elon Musk ou à Pavel Durov en pointant la prolifération de contenus pédocriminels sur Telegram pour contrer ses critiques contre la politique de l’Union européenne en la matière, il concentre surtout ses réponses vers des comptes russes et états-uniens diffusant la propagande de leurs pays respectifs, souvent avec les codes utilisés sur le réseau social X.

« Telegram lutte de longue date contre les détournements de sa plateforme, notamment la diffusion de contenus pédocriminels, via des équipes de modération spécialisées et des signalements émanant d’ONG internationales. Depuis 2018, ce dispositif s’est renforcé avec l’introduction de scans automatisés par empreinte numérique des contenus médias publiés sur la plateforme publique, ainsi que la publication de rapports de transparence quotidiens », a souhaité affirmer Telegram suite à cet article.

Ainsi, le compte du Quai d’Orsay répondait en octobre à Sputnik Afrika en remettant en question l’éthique de ses journalistes avec un mème. Comme nous l’expliquions à ses débuts, le compte a commencé en réfutant des propos du secrétaire d’État étasunien, Marco Rubio, en proposant un « factchecking » affirmant que « la reconnaissance de l’État palestinien n’a pas entraîné l’échec des négociations sur les otages ».

Plus direct encore depuis le début d’année

Plus récemment, French Response a pris des allures encore plus directement diplomatiques en réinterprétant ironiquement des photos utilisées par le département de la Sécurité intérieure américain pour illustrer la « panique » qui aurait envahi les leaders européens suite aux velléités répétées de Donald Trump de s’emparer du Groenland.

Pour le compte de la diplomatie française, « l’Europe ne panique pas, l’Europe vérifie juste que ses tempes ne se dégarnissent pas ». Ce dimanche, French Response lançait un « Make Dmitry Mannered Again (MDMA) » à un Dmitry Medvedev qui affirmait « Make America Great Again (MAGA)= Make Danmark Small Again (MDSA)= Make Europe Poor Again (MEPA). Avez-vous enfin compris, bande d’imbéciles ? ».

La France est donc entrée pleinement dans le jeu de la petite phrase publiée sur X pour faire rire et sourire les utilisateurs du réseau d’Elon Musk.

« J’étais circonspect, car cela revient à abaisser le débat public à du “tweet clash”, mais French Response a su reprendre tous les codes de la jeunesse, et tape juste », affirme le journaliste et consultant en lutte contre la désinformation Nicolas Hénin au Monde.

Dans son discours aux ambassadrices et ambassadeurs, Jean-Noël Barrot leur a promis : « vous verrez qu’aucune fausse information n’émane de ce compte ». Mais est-ce possible de jouer avec ces règles dans la cour d’un réseau dirigé par une des cibles de French Response et dont l’IA officielle est un superdiffuseur de désinformation et qui génère des messages antisémites et dénude des femmes sur demande ?

On peut se demander quel est réellement le but de ce compte. Toujours aux ambassadrices et ambassadeurs, le ministre explique qu’il a « une vertu, qui est de riposter lorsque des contenus portant atteinte à notre image sont diffusés. Mais “French Response” a aussi une vertu d’inhibition, parce que nos adversaires savent désormais que s’ils portent atteinte à notre image, ils peuvent être ridiculisés par “French Response ” ».

Cette diplomatie numérique se limite par contre pour l’instant au réseau social d’Elon Musk. Le ministère ne revendique pour l’instant pas de compte du même genre sur des réseaux sociaux comme TikTok, Instagram ou BlueSky sur lesquels il devrait sans doute adapter son discours à des environnements plus policés.

OpenAI, Google et DeepL : la traduction est-elle en train de faire sa révolution ?

19 janvier 2026 à 13:49
J'ai pété la trad
OpenAI, Google et DeepL : la traduction est-elle en train de faire sa révolution ?

OpenAI propose une section spécifique pour la traduction dans ChatGPT. Nous l’avons prise en main, avec quelques surprises à la clé. Pendant ce temps, l’équipe de DeepMind de Google met à disposition trois nouveaux modèles spécialement créés pour la traduction. De son côté, DeepL vient de lancer son agent capable de réaliser « les mêmes tâches informatiques qu’un humain ».

OpenAI a lancé une nouvelle section à son fameux chatbot : « Traduire avec ChatGPT ». Depuis ses débuts, ChatGPT peut générer la traduction d’un texte demandée par son utilisateur. Mais pour utiliser ce genre de fonctionnalité, il est souvent plus agréable d’utiliser une interface dédiée. Et si la qualité d’une traduction n’arrive toujours pas à la hauteur de celle d’un professionnel, elle est quand même meilleure quand on utilise un modèle créé pour. Ainsi, ChatGPT n’a pas écrasé les solutions de traduction qui étaient sur le marché avant son arrivée. Google Translate et DeepL sont notamment encore très utilisés.

OpenAI veut, semble-t-il, s’essayer sur ce terrain. L’entreprise n’a fait aucune annonce officielle, mais en milieu de semaine dernière, plusieurs de nos confrères (BleepingComputer par exemple) ont repéré une nouvelle section ChatGPT Translate. Le service ne semble pour le moment exister que sous la forme d’une page web, sans application dédiée.

Comme repéré par Engadget, il existe une version archivée de cette page sur la Wayback Machine d’Internet Archive en date du 19 novembre, avec exactement la même interface que l’actuelle. L’outil pourrait donc trainer depuis longtemps sur les serveurs d’OpenAI, mais des signes récents de mises à jour montrent que l’entreprise travaille dessus.

Elle ressemble assez fortement à Google Translate : deux boites de texte, l’une pour taper ou coller le texte source et une autre pour afficher le résultat de la traduction, survolées par des menus déroulants pour choisir les langues de traduction. Cet outil est par contre directement intégré dans ChatGPT.

Du développement en prod ?


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☕️ HubEE, le hub d’échange de l’État piraté, au moins 160 000 documents volés

19 janvier 2026 à 08:31

La plateforme d’échange de fichiers de l’État, HubEE, a subi une attaque le 9 janvier dernier. Le pirate a pu s’introduire dans le système et a eu accès à au moins 70 000 dossiers contenant au total 160 000 documents.

Ce vendredi 16 janvier, la direction interministérielle du numérique (DINUM) a communiqué sur le sujet, expliquant avoir mis en place le jour de l’attaque des « mesures conservatoires » pour « bloquer l’attaquant » ainsi que des mécanismes d’authentification et de surveillance des flux pour pouvoir ensuite rétablir le service à partir du 12 janvier.

La DINUM explique que certains documents qu’a pu obtenir le pirate contenaient des données personnelles sans donner de précision sur leur nature ni sur le nombre de documents concernés. « À ce jour, les données exfiltrées n’ont pas été publiées et la DINUM a mis en place une veille active », explique-t-elle.

La Direction de l’information légale et administrative avait envoyé, au cours de la semaine dernière, un email à certains utilisateurs expliquant qu’ « un des sous-traitants de http://Service-public.gouv.fr a rencontré un incident de sécurité entre le 4 et le 9 janvier ». Ce message ajoutait que « cet incident de sécurité a occasionné la divulgation d’une partie de vos données personnelles renseignées lors d’une démarche en ligne que vous avez réalisée sur notre site. Il peut s’agir de vos données d’identification et le cas échéant de pièces justificatives produites à l’appui de votre demande ».

Elle précisait ensuite sur X que « Service.public.gouv.fr n’a pas été victime de cyberattaque. Le site est fonctionnel et son intégrité est totalement préservée. Les démarches en ligne opérées via le site (8,2 millions gérées en 2025) transitent par une plateforme technique d’échanges entre administrations. C’est sur cette plateforme que certaines données nécessaires aux démarches en ligne ont été détournées. Des mesures immédiates ont permis de juguler I’intrusion ».

Mais ce sont, selon l’information publiée par la Dinum vendredi, plutôt des données en possession de quatre directions ministérielles qui seraient concernées : la direction de l’information légale et administrative (DILA), la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), la direction générale de la Santé (DGS) et la caisse nationale des allocations familiales (CNAF).

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